2011 - Conflit entre la direction et les enseignants du lycée français de Pékin.

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2011 - Conflit entre la direction et les enseignants du lycée français de Pékin.

Message par Libé-Ration le Mar 8 Oct 2013 - 6:48

http://chine.aujourdhuilemonde.com/le-lycee-francais-de-pekin-en-greve-pour-philippe-richard[/mention] a écrit:Le Lycée Français de Pékin en grève pour Philippe Richard
02/06/2011 | Benjamin Gauducheau (Aujourd'hui la Chine).
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Depuis le début de l'affaire qui oppose Philippe Richard à l'administration, aucune solution n'a été trouvée, malgré toutes les tentatives de l'enseignant, des parents et des professeurs qui le soutiennent. En dernier recours, ces derniers se sont mis en grève lundi.

"On a tout essayé : pétitions, lettres, interpellations des représentants des Français à l'étranger, etc. Mais rien n'a marché, et nous nous mettons en grève à regret, car c'est notre dernier recours", se désole Christophe Dupont, enseignant à l'école primaire française de Pékin et représentant syndical SNUIPP.
Petit rappel des faits : Au début de l'année, Philippe Richard, enseignant au lycée français en poste depuis 23 ans, apprend le non-renouvellement de son détachement en Chine à la fin de l'année scolaire. 
Le détachement, soit la procédure par laquelle l'éducation nationale "prête" des enseignants à l'AEFE, l'organisme interministériel en charge des écoles françaises à l'étranger, est pourtant renouvelé normalement tous les trois ans, sauf cas exceptionnels.
Cette année, M.Richard est l'un des rares pour qui le détachement n'est pas reconduit. Pour lui, c'est la fin programmée de 22 ans en Chine, où le célibataire, par ailleurs très apprécié du public chinois pour ses chansons, a toute sa vie. 
Au lycée, c'est l'incompréhension, d'autant que Philippe Richard jouit en général d'une très bonne réputation auprès des élèves et des parents. 
Mais les demandes d'explications des parents et des professeurs se heurtent à des réponses floues, voire contradictoires, de l'administration. On explique à demi-mot que Philippe Richard a eu des manquements professionnels, sans pour autant donner d'explication claire.
Parents et enseignants finissent par apprendre via un télégramme diplomatique qu'ils se procurent, que l'enseignant est accusé d'avoir refusé d'accueillir un enfant handicapé dans sa classe à la rentrée. Un manquement au principe d'égalité qui constitue une faute professionnelle grave. L'intéressé nie formellement.
Ce qui est reproché à l'administration
Très vite, la solidarité s'organise chez les professeurs, mais aussi chez les parents, qui créent une coordination de soutien.
Plusieurs choses sont reprochées à l'administration. 
Tout d'abord, le fait de prétexter d'un manquement professionnel pour ne pas renouveler le détachement de M.Richard. 

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En théorie, rappelle Christophe Dupont, "s'il y a une faute, cela doit se régler par la procédure normale, par une rupture de contrat motivée, et non pas par ce biais. Ce que nous disons, c'est que c'est une façon de le licencier sans toucher au contrat, et sans qu'il n'ait jamais eu l'occasion de se défendre. C'est une fin de non-recevoir".
Mais surtout, il y a l'accusation portée, que l'intéressé et ses défenseurs réfutent. Fin mars, les arguments de la direction sont d'ailleurs discrédités par un mail envoyé par le père de l'enfant handicapé à un membre de la coordination. 
Dans ce mail, dont ALC a eu connaissance, le père dément formellement et point par point les accusations portées à monsieur Richard par l'administration.
"Compte-tenu de ces éléments et de leur chronologie, la sanction touchant aujourd’hui Monsieur Richard (...), ne peut pas être liée à une quelconque maltraitance, même psychologique, envers (mon fils) ou sa famille qui ne saurait continuer à être prise insidieusement en otage", écrit-il..
Mais alors, quelles sont les raisons qui poussent l'administration à sanctionner ainsi Philippe Richard? Interrogé par ALC, le proviseur du lycée, M.Sachet, refuse de commenter le fond du dossier, "par respect pour un homme dont on ne veut pas étaler la vie privée en public, ce qui serait d'ailleurs condamnable".
Ce positionnement, que l'administration adopte depuis le début, est vivement critiqué par le comité de soutien.
Un parent d'élève : "Si c'est vraiment par respect, il faut qu'ils sachent que cela a l'effet inverse, et entâche au contraire la réputation de Philippe : ils sous-entendent qu'il a fait une faute grave, mais refusent mystérieusement d'expliquer de quoi il retourne. A partir de là, les parents peuvent s'imaginer toutes sortes de choses..!"
Un règlement de comptes ?
Pour M.Sachet, le non renouvellement du contrat de M.Richard a été décidé et appliqué dans les règles. "Cette décision a été progressive, nous avons donné plusieurs fois des avertissements à M.Richard. L'administration n'était pas satisfaite de son travail, il s'agit d'une fin de contrat dans le cadre d'une procédure qui a été scrupuleusement respectée".
Cependant, le mutisme de l'administration amène à se poser des questions sur les véritables raisons de sa décision.
Pour certains, il semble que Philippe Richard paye à travers cela ses prises de position répétées contre l' équipe de la direction, arrivée il y a trois ans. Le style de gestion adopté par cette nouvelle direction est peu apprécié par l'équipe enseignante. On déplore le manque de communication, certain allant même jusqu'à qualifier la gestion de "militaire".
Philippe Richard partage cette défiance. "Il y a un véritable problème, il n'y a aucune écoute, raconte-t-il. On tue la motivation des enseignants et le dynamisme du lycée, explique-t-il. En 22 ans, je n'ai jamais vu ça".
Apparemment peu enclin à ne pas réagir devant le spectacle d'un lycée qui, selon lui, "tombe en lambeau", il communique régulièrement ses insatisfactions et ses suggestions à ses supérieurs.
"Il faut dire que Philippe a tendance à être très insistant, concède M.Dupont. Il peut continuer à envoyer des e-mails tant qu'il n'obtient pas de réponse, et je conçois que cela puisse agacer". 
En septembre dernier, Philippe Richard était par ailleurs devenu représentant syndical.
S'agit-il, alors d'une façon de se débarrasser d'un gêneur ? La direction nie en bloc.
"J'ai tout fait pour que nous n'en arrivions pas là, assure M.Sachet. Je lui ai offert de nombreuses possibilités.".
Quelles suites pour l'affaire ?
Aujourd'hui, et depuis lundi dernier, des enseignants du lycée français de Pékin est en grève, et eux aussi estiment avoir tout fait pour ne pas en arriver là. Pétitions, lettres à la direction de l'AEFE, interpellations d'élus et même de sénateurs, demandes répétées d'explication...
Rien n'a marché, et c'est "en dernier recours" qu'ils ont pris cette décision, qui importune beaucoup de parents. Certains sont d'ailleurs excédés par la tournure que prend l'affaire.
"On n'a rien à voir avec cette histoire, et d'ailleurs la direction ne veut même pas nous donner les raisons de l'affaire. Je ne me prononce pas sur le fond, mais je me sens prise en otage : on paye très cher pour cette école, et nos enfants ne font rien de la journée", explique Isabelle Robillard, dont la fille est dans la classe de M.Richard.
"D'ailleurs, je ne remets pas en question ses compétences, mais je constate que cette année, comme il est préoccupé par son sujet, il a été très souvent absent, au détriment des enfants", conclue-t-elle, en appelant à "un peu de dignité".
Les grévistes, eux, sont déterminés. Si elle n'obtient pas d'effet, la grève, qui est "tournante" (c'est-à-dire que les professeurs décident individuellement de faire grève au jour le jour, et sans en informer quiconque au préalable) devrait durer jusqu'à la fin de l'année, assure un enseignant gréviste.
"On enseigne d'abord ce que l'on est, explique cet enseignant. Donc si on reste indifférent au sort de Philippe... Vous savez, les enfants voient très bien ce qui se passe".
Du côté de la direction, on "respecte leur décision de faire la grève, car cela est un droit", mais M.Sachet assure que "la décision est déjà prise".
Quant à Philippe Richard, il est aussi déterminé que ceux qui le soutiennent, et s'insurge de n'avoir jamais eu, dans toute l'affaire, l'occasion de se défendre.
C'est pourquoi il a porté l'affaire devant le tribunal administratif de Nantes, qui traitera l'affaire en urgence, et devrait statuer d'ici fin la mi-juillet. Le tribunal pourrait alors, le cas échéant, casser la décision de l'AEFE, et obliger l'équipe dirigeante à le ré-intégrer.
On peut aller lire les commentaires, c'est édifiant...

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Re: 2011 - Conflit entre la direction et les enseignants du lycée français de Pékin.

Message par Libé-Ration le Mar 8 Oct 2013 - 6:52

http://etranger.sgen-cfdt.org/spip/?Rapport-d-activite-2008-2011[/mention] a écrit:A. l’AEFE
La majorité des adhérents exercent dans le réseau AEFE qui constitue le cœur d’activité du syndicat. Les préoccupations qu’ils relaient sont surtout d’ordre statutaire et les questions de politique éducative donnent de façon générale moins lieu à communication et échange de leur part. De fait, les militants parisiens se penchent essentiellement sur les questions statutaires et abordent dans une moindre mesure les problématiques liées aux réformes mises en œuvre et à la nécessaire évolution de l’école. Il conviendrait de voir en congrès si ce déséquilibre qui s’impose malgré soi ne fait pas dévier insidieusement le syndicat de ce qui le démarque de la plupart des autres organisations syndicales.
Le constat porté sur l’action revendicative à l’AEFE ne permet guère l’optimisme. De façon générale, sont à noter :

  • une absence significative d’aboutissement de nos revendications pour les personnels : l’immobilisme de l’administration auquel se conjugue un type de syndicalisme majoritaire catégoriel rend difficile toute réforme d’ampleur. La politique du gouvernement pèse également, non seulement pour ce qui est des moyens attribués mais aussi parce qu’elle contribue insidieusement à créer un climat général qui durcit les rapports professionnels et conduit à des évolutions négatives voire douloureuses en matière de gestion des ressources. L’AEFE n’échappe pas à cette triste évolution. De notre point de vue, les difficultés s’y multiplient ; la gestion des ressources humaines se tend pour la plupart mais s’attendrit pour certains. Ce que l’administration souhaite imposer pour la plupart (un retour en France par exemple avec séjour de trois ans imposé avant de prétendre à un nouveau départ) ne vaut pas pour d’autres. Le recrutement d’un expatrié sur profil et hors barème crée qui plus est la suspicion sur la nature des compétences qui ont permis la sélection faisant naître le soupçon de prébendes. Pour conclure, le climat général n’est pas sain à l’AEFE et il l’est encore moins à l’administration centrale à Paris où un défaut manifeste de pilotage rend les conditions de travail des personnels difficiles. L’état du service pédagogique en est la preuve : 5 départs sur 8 IPR-IA dont 4 volontaires en 2011.

  • un dialogue social difficile. Il semblerait qu’il n’y ait plus guère d’écoute à l’AEFE. Les rapports sociaux se tendent certainement parce que nous sommes considérés comme des empêcheurs de tourner en rond car de plus en plus contraints à faire entendre notre voix haut et fort. L’AEFE nie parfois l’évidence : l’exemple des fonctionnaires sans papiers en est un parmi d’autres. Et son déni est souvent compris comme un signe de mépris. Les dossiers de défense des personnels ont parallèlement augmenté de façon vertigineuse au cours de cette dernière année et il est à craindre que cette tendance ne relève pas du hasard mais d’un vrai durcissement. Nous avions auparavant, même si nos arguments et notre plaidoirie n’aboutissaient pas toujours, la certitude d’être écoutés : certains dossiers étaient réouverts à la lueur de notre approche des difficultés. La version que nous en avions était recoupée avec celle de l’administration. Aujourd’hui, faute d’être entendu, la négociation politique disparaît au profit du juridique et du contentieux.

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Re: 2011 - Conflit entre la direction et les enseignants du lycée français de Pékin.

Message par Libé-Ration le Mar 8 Oct 2013 - 6:58

http://chine.aujourdhuilemonde.com/inquietudes-au-lycee-francais-de-pekin[/mention] a écrit:Inquiétudes au Lycée Français de Pékin
24/02/2011 | Aujourd'hui la Chine.
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Notre premier article sur l’affaire Philippe Richard au Lycée français de Pékin a suscité beaucoup de réactions. Où en est la situation aujourd’hui?

Le site de l'école maternelle à Pékin
Il y a un peu plus d’une semaine, Stéphane Sachet, le proviseur a annoncé aux parents, après une longue discussion dans le froid, la décision de non-renouvellement du contrat de l’instituteur.
Philippe Richard en poste depuis plus de 20 ans ne pourra donc plus enseigner à la rentrée à Pékin, mais il reste à l’Education nationale et pourrait donc retrouver du travail en France. 
L’incompréhension est grande chez les parents qui ne comprennent pas ce qui est reproché à l’instituteur.
Stéphane Sachet tenu au devoir de réserve ne peut donner plus d’explications et il a fallu attendre plusieurs jours pour qu’il puisse communiquer officiellement. 
Ce mercredi, il nous a reçu dans son bureau: « C’est une procédure exceptionnelle et rare, motivée par des éléments professionnels avérés et sérieux. Je ne peux pas communiquer les motifs pour des raisons déontologiques. Ce qui malheureusement donne lieu à une suspicion. C’est difficile pour tout le monde mais tout a été fait pour ne pas en arriver là. Il faut relativiser, il n’y a pas de sanction, pas de jugement, pas d’interdiction d’enseigner et il peut travailler en France »
Mais en une semaine la situation avait évolué car Philippe Richard qui devait rester à son poste jusqu’à la fin de l’année est en arrêt maladie depuis lundi. 
Une réunion tendue
Une réunion proposée par l’école lundi soir a rassemblé les parents dans une salle de l’école maternelle.
Ils se sont assis en face d’une brochette administrative: Stéphane Sachet, Jean-Paul Dubois ( directeur du primaire), Anthony Chaumuzeau ( Conseiller culturel), Valérie Baraben ( Conseillère adjoint de coopération et d’action culturelle), la remplaçante de Philippe Richard et Thierry De Wilde, l’Attaché de sécurité intérieure.
La tension était palpable des deux côtés. Thierry De Wilde s’est chargé d’expliquer l’arrêt maladie 
«  Il nous a expliqué que suite à une ‘plaisanterie menaçante’ proférée vendredi dernier par Philippe Richard, deux parents sont venus à l’ambassade exprimer leurs craintes pour leurs enfants. Selon Thierry De Wilde, l’instituteur aurait dit ‘si c’est comme ça il ne me reste qu’à m’enfermer dans ma classe avec les enfants’ ce qui a justifié la convocation de l’instituteur et sa mise en arrêt maladie jusqu’au 15 mars. Mais il nous a dit aussi que l’arrêt sera de toutes façons reconduit jusque fin juin. » explique une maman.
« Thierry De Wilde nous a dit: ’nous sommes en Chine, un professeur qui s’enferme dans sa classe est considéré comme un preneur d’otages et pour les flics chinois, il n’y a pas d’autre solution qu’une balle dans la tête ‘ et que donc pour éviter ça et pour le bien des enfants, il n’y avait pas d’autre choix que de le mettre en arrêt maladie, ce qu’a fait le médecin de l’ambassade » poursuit-elle.
« La discussion a vite tourné au dialogue de sourds: d’un coté nous voulions savoir comment nous nous en étions arrivés là, qu’est ce qui était réellement reproché à Philippe Richard dans ce dossier top secret, si Philippe Richard avait vraiment menacé de se suicider comme l’a dit à un moment Thierry De Wilde, comment ils pouvaient savoir que l’arrêt maladie serait reconduit jusqu’à la fin de l’année et de l’autre, des gens de plus en plus mal à l’aise - certains n’ont meme pas ouvert la bouche - qui ne pouvaient dire autre chose que ‘tous les enseignants nous soutiennent’, ‘ nous ne pouvons vous dire ce qui est reproché à Philippe Richard’, ‘les parents ne peuvent pas évaluer la qualité d’un enseignant’, ’nous n’avons pas à mettre sur la place publique le fond de l’affaire’ » regrette un père d’une ancien élève de l’instituteur.
« Nous étions très émus, certains d’entre nous, avions du mal à ne pas pleurer. D’abord parce que nous pensons que tout cela aurait pu être évité et que Philippe Richard est un enseignant exceptionnel dont nos enfants auraient pu encore profiter, ensuite parce que c’était extrêmement violent d’entendre tout ça: ‘balle dans la tête’, ’suicide’, ‘arrêt maladie’, ‘c’est pour le bien de tous’, ‘vous ne pouvez pas comprendre’, ‘il a fait quelque chose de grave en début de l’année mais on ne peut pas vous dire quoi’. Il y a eu une vraie cassure ce soir. Les enseignants ne se sont pas exprimés mais je serais à leur place, je me poserais des questions, s’il suffit qu’un parent les dénonce pour se retrouver en arrêt maladie de force… » s’exprimait avec émotion un autre père.
Face à cette émotion, difficile pour l’administration d’expliquer sa position. Anthony Chaumuzeau l’a fait comme il l’a pu : «  Les faits sont avérés et graves. Après ce qui s’est passé en septembre, nous devions réagir. Cette situation n’a pas été provoquée par l’administration qui n’a pas poussé Mr Richard à la faute. Mr Richard s’est placé en totale contradiction avec le service public et sa politique de non-discrimination. La procédure a été totalement respectée. Mais nous ne pouvons faire état de ce qu’il s’est passé. Les faits sont graves mais il n’y a pas de sanction disciplinaire et il n’y a pas de radiation ». 
Si cela ne peut être dit officiellement, ce qui est reproché à Philippe Richard concerne l’accueil d’un enfant handicapé dans sa classe. 
« J’ai eu peur de faire des bêtises car je n’ai pas été formé pour ce genre de situations. Il n'était pas question pour moi de refuser qui que ce soit mais d'être bien informé sur la situation. D’ailleurs l’enfant est toujours dans la classe et ce depuis le début de l'année. » a-t-il expliqué à ALC. Pas de discrimination selon lui mais un règlement de comptes de sa hiérarchie. 
Une explication réfutée par Stéphane Sachet «  il n’y a pas de problème entre la hiérarchie et Mr Richard ».
Les craintes des parents
«  Je me suis rendu chez le médecin de l’ambassade comme l’a exigé ma hiérarchie car si je refusais, j’étais ‘dispensé d’enseignement’. Il m’a demandé comment j’allais, j’ai dit bien. Il m’a demandé si j’avais l’impression d’être suivi dans la rue, j’ai dit non. A la fin de l’entretien j’ai du signer l’arrêt maladie qui indiquait que c’était fait ‘ à la demande de l’intéressé’. C’est faux et je vais bien » indique Philippe Richard à ALC au téléphone. 
Mais un pas a été franchi: l’équilibre psychologique de l’instituteur a été mis en cause et personne ne peut prendre le risque de faire courir le moindre danger aux enfants.
« Je ne le connais pas et je ne suis pas médecin mais s’il revient à l’école, je retire mon enfant » indique un maman inquiète.
«  Il ne veut évidemment rien faire de dangereux mais cette situation montre encore une fois l’incapacité des uns et des autres de calmer le jeu. Et comment voulez-vous vous battre contre une décision administrative aux motifs inconnus, contre un arrêt maladie et contre des rumeurs qui deviennent de plus en plus effrayantes ? Mais nous pouvons exprimer calmement notre désaccord contre une décision que nous considérons comme injuste et qui dépasse cette histoire d’ailleurs puisqu’elle met en cause tout le fonctionnement du Lycée, non ? » se demande une autre maman. 
«  On est en Chine, c’est dangereux d'exprimer notre désaccord vendredi matin et si la police intervient ? » s’inquiète une troisième.
« Moi ce qui m’inquiète, je vous l’avoue ce n’est pas la police chinoise évidemment, c’est vraiment absurde d’agiter cet épouvantail, mais c’est d’être pénalisé dans ma demande de bourse. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas l’obtenir alors meme si je ne suis pas d’accord avec ce qu’il se passe, je ne peux pas l’exprimer à cause de ça » explique un père.
«  Contrairement à ce qui dit le proviseur nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’il s’est passé. Mais ce n’est pas facile de s’exprimer et de trouver une voix commune car les intérêts des uns et des autres sont différents. Mais je peux vous dire que l’ambiance n’est pas bonne et que nous allons nous réunir pour en parler » témoigne une enseignante. 
Une « action calme et symbolique pour exprimer l'incompréhension face à la situation» est prévue ce vendredi matin au Lycée français de Pékin.

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Re: 2011 - Conflit entre la direction et les enseignants du lycée français de Pékin.

Message par Libé-Ration le Mar 8 Oct 2013 - 7:00

http://chine.aujourdhuilemonde.com/sale-temps-au-lycee-francais-de-pekin[/mention] a écrit:Sale temps au lycée français de Pékin
16/02/2011 | Aujourd'hui la Chine.
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Une procédure exceptionnelle de « non-renouvellement du détachement » touche un instituteur, bien connu à Pékin, Philippe Richard. Après plus de 20 ans en Chine, il va devoir quitter le pays cet été. Mais cette décision n’est pas acceptée par tout le monde.

L'entrée principale du Lycée
Mardi 15 février devant le Lycée de Pékin, à 08H45 un petit attroupement s’est constitué: des parents mécontents de ce qui arrive à Philippe Richard et qui veulent comprendre pourquoi une telle procédure est en cours.
Depuis un certain temps, en effet, le milieu francophone de Pékin bruisse de rumeurs: Philippe Richard risque de ne plus pouvoir travailler en Chine, en tant qu’instituteur au Lycée.
Philippe Richard est ici depuis plus de 20 ans, il a maintes fois représenté la France en Chine car sous le nom de Filipou, il mène différentes activités, qui d’une manière ou d’une autre, met en contact les Chinois et les francophones. Il a d’ailleurs été plusieurs fois récompensé par la France, qui lui a , par exemple, attribué la médaille d’honneur du Sénat.
Que ce soit avec une chanson au moment de la catastrophe du Sichuan ou avec un clip pour la francophonie, Filipou est connu de tous et est surtout, très apprécié des enfants.
Visiblement des parents aussi, puisque certains d’entre eux n’ont pas hésité à braver le froid pour se rassembler devant la grille du lycée.

Philippe Richard à la CCTV
CCTV
Une rencontre réfrigérante
«  Nous sommes là parce que nous voulons comprendre ce qui lui arrive et pour le soutenir » explique une maman.
La décision est vite prise de rencontrer le proviseur Stéphane Sachet. Celui-ci accepte de parler avec les parents. Mais dehors, « car il n’y a pas de salle assez grande pour vous recevoir ».
Un signe qu’il est vraiment temps que l’école déménage puisqu’une vingtaine d’adultes constitue une foule trop importante, pour être reçue à l’intérieur.
Résultat: quelques pieds et mains gelés au bout de 40 minutes de discussion. Maigre consolation, le proviseur était sorti sans manteau et a donc payé lui aussi le prix de son manque d’hospitalité. Mais tout ça est une autre histoire, revenons au cas de Philippe Richard.
Les origines du problème
Il est donc instituteur à l’école maternelle, c’est une forte tête et depuis trois ans ( depuis donc l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante) ses relations avec la hiérarchie se sont petit à petit dégradées. Trois ans donc de mauvaises rapports et de critiques de part et d’autre.

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La rentrée 2010 est compliquée et l’arrivée dans sa classe d’un enfant handicapé met le feu aux poudres.
Philippe Richard demande à l’école des informations sur le comportement adéquat. « J’ai eu peur de faire des bêtises car je n’ai pas été formé pour ce genre de situations. Il n'était pas question pour moi de refuser qui que ce soit mais d'être bien informé sur la situation » explique-t-il à ALC.
L’administration de l’école s’empare des demandes de Philippe Richard pour stigmatiser son attitude. Le bruit commence donc à courir qu’il a refusé d’accueillir un enfant handicapé dans sa classe. Cependant, l’enfant est toujours dans sa classe et ses parents n’ont rien à redire par rapport à son instituteur.
Mais un avis défavorable est émis par la direction pour le renouvellement de son détachement. Une très mauvaise ambiance s’abat sur le Lycée et rien ne vient apaiser la querelle entre Philippe Richard et sa hiérarchie.
Les parents s’en inquiètent, rapidement avertis par le bouche-à-oreille et par la détresse de l’instituteur. Il vit en Chine depuis plus de 20 ans et un départ est tout simplement impossible à envisager. Même s’il reste à l’Education nationale et qu’il peut trouver un poste en France.

Les attentes des parents

Mardi donc, les parents veulent essayer de convaincre Stéphane Sachet d’au moins leur expliquer ce qui est vraiment reproché à Philippe Richard. Mais le proviseur s’abrite derrière son devoir de réserve pour ne rien dire, ou presque.
‘«  Ce n’est pas un problème avec sa hiérarchie ni avec les enfants nous a dit le proviseur alors on ne comprend pas ce qu’il a fait de si grave ? » marmonne un père excédé.
«  On ne nous a jamais demandé notre avis en tant que parents, ce qu’on pense de Philippe Richard » dit une maman au proviseur. Il répond que, les parents ne sont pas habilités à juger la qualité des enseignants.
Grogne parmi ses interlocuteurs: «  Il faut nous considérer comme des partenaires de l’école. Nos enfants et nous-mêmes sommes contents de Philippe Richard. Comment dire que notre avis ne compte pas ?  »
Stéphane Sachet finit par dire que de toute façon la « décision » a été prise. Philippe Richard ne travaillera plus au Lycée à la rentrée.
Les parents sont sous le choc: «  La décision a déjà été prise ?? Mais quel est le motif ?? »
Le proviseur refuse de répondre et demande aux parents de faire confiance à l’institution.
Nous l’avons contacté pour avoir plus d’informations. Voici sa réponse: « C’est une histoire délicate, un communiqué est en cours de rédaction en accord avec Paris. Nous voulons donner l’information la plus juste, qui soit pensée et réfléchie car on ne peut pas communiquer n’importe quoi sur le travail de quelqu’un » explique Stéphane Sachet au téléphone. Plusieurs jours sans communication tuent un peu le message et son éventuel contenu. Et ne répondent pas aux questions qui se posent.
Des questions sans réponse
La première évidemment concerne le motif. Le Lycée ne souhaite pas s’exprimer pour l’instant. Et Philippe Richard ne sait pas s’il peut le faire ou pas.
- Si le motif ne concerne pas ses relations avec la hiérarchie ni avec les enfants, qu’est ce qui est suffisamment grave pour l’empêcher de travailler à la rentrée? Et pourquoi le laisser encore travailler ?
- En quoi l’histoire de l’accueil de l’enfant handicapé a joué dans ce dossier ?
- Si Philippe Richard était dans le collimateur depuis trois ans, pourquoi lui confier un enfant fragile? Faut-il voir cela comme une marque de confiance ( car il est très apprécié de ses élèves) et alors pourquoi toute cette histoire ou une volonté, connaissant le personnage, de le pousser à commettre une faute ?
- Si le motif de non-renouvellement du détachement est lié à l’accueil de l’enfant handicapé, pourquoi avoir laissé celui-ci dans la classe de Philippe Richard ?
Au-delà du cas de Philippe Richard, deux autres questions se posent:
- Pourquoi la voix des parents ne peut être entendue lorsqu’un probleme de ce genre arrive ? Une attitude très française comparée au système anglo-saxon qui prend en compte l’opinion des parents. Ce qui passe encore plus mal à l’étranger quand les familles doivent débourser des sommes très importantes pour scolariser leurs enfants.
- Comment l’AEFE prend les décisions de non-renouvellement ? Il arrive souvent que les enseignants aient une véritable vie et une famille dans le pays où ils se sont installés. Comment peut-on décider sans en tenir compte que leur carrière se termine là ? Sans débat contradictoire comme l’indiquent le syndicats. Le réseau des écoles à l’étranger répond à une volonté d’éduquer nos enfants et de tenir compte de leurs intérêts. A ne pas comparer avec une entreprise privée qui peut décider unilatéralement de délocaliser ses employés.
Une décision contestée
Un parent d'élève tient à souligner les incohérences du dossier: "Mais appelons un chat un chat ! Le non-renouvellement du détachement que lui a signifié élégamment le directeur M. Dubois en l'interrompant mercredi pendant sa classe est, de fait, une sanction exceptionnelle. L’administration pour sa part préfère s’abriter derrière une terminologie anesthésiante et parle de « décision ». C’est plus neutre. Mais pourquoi redouter le terme de sanction ? Parce que, chacun en conviendra, il ne peut y avoir de sanction exceptionnelle sans faute exceptionnelle.
Y a-t’il faute exceptionnelle ? Mystère.
Y a-t’il eu convocation d’un conseil de discipline pour en juger ? Non.
Sa relation conflictuelle avec ses supérieurs est-elle la cause de tout ? Le Proviseur nous assure que non.
La faute est-elle donc professionnelle ? Pas d’avantage.
Y a t’il eu motivation de la sanction à l’intéressé ? Non.
Vous ne comprenez pas …? Moi non plus !
"
Ce délicat dossier concernant Philippe Richard, et plus largement le système de l’enseignement à l’étranger, intervient dans un contexte difficile pour le Lycée de Pékin. Le nouvel établissement que tout le monde attend depuis des années n’a toujours pas vu le jour, le nombre d’élèves a baissé cette année et le dialogue avec les parents est souvent difficile.
Certains d’entre eux ne comptent d’ailleurs pas renoncer à exiger plus d’explications dans l’affaire Richard, symbolique selon eux de l’arbitraire qui règne souvent dans la gestion du Lycée.

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