Poésie de la Ville : des idées ?

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Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Singing in The Rain le Lun 28 Oct 2013 - 10:44

Je suis en train de chercher des poèmes évoquant le thème de la ville pour mon chapitre Poésie du XXème Nouveau regard sur le monde en 3ème.

Avez-vous des idées de poètes ayant écrit sur la Ville ? des poèmes précis ?


Singing in The Rain
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Anacyclique le Lun 28 Oct 2013 - 10:45

Tous les chemins vont vers la ville.

Du fond des brumes,
Là-bas, avec tous ses étages
Et ses grands escaliers et leurs voyages
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d'un rêve, elle s'exhume.

Là-bas,
Ce sont des ponts tressés en fer
Jetés, par bonds, à travers l'air;
Ce sont des blocs et des colonnes
Que dominent des faces de gorgonnes;
Ce sont des tours sur des faubourgs,
Ce sont des toits et des pignons,
En vols pliés, sur les maisons;
C'est la ville tentaculaire,
Debout,
Au bout des plaines et des domaines.

Des clartés rouges
Qui bougent
Sur des poteaux et des grands mâts,
Même à midi, brûlent encor
Comme des oeufs monstrueux d'or,
Le soleil clair ne se voit pas:
Bouche qu'il est de lumière, fermée
Par le charbon et la fumée,

Un fleuve de naphte et de poix
Bat les môles de pierre et les pontons de bois;
Les sifflets crus des navires qui passent
Hurlent la peur dans le brouillard:
Un fanal vert est leur regard
Vers l'océan et les espaces.

Des quais sonnent aux entrechocs de leurs fourgons,
Des tombereaux grincent comme des gonds,
Des balances de fer font choir des cubes d'ombre
Et les glissent soudain en des sous-sols de feu;
Des ponts s'ouvrant par le milieu,
Entre les mâts touffus dressent un gibet sombre
Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,
Immensément, par à travers
Les toits, les corniches et les murailles,
Face à face, comme en bataille.

Par au-dessus, passent les cabs, filent les roues,
Roulent les trains, vole l'effort,
Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues
Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.
Les rails raméfiés rampent sous terre
En des tunnels et des cratères
Pour reparaître en réseaux clairs d'éclairs
Dans le vacarme et la poussière.
C'est la ville tentaculaire.
La rue – et ses remous comme des câbles
Noués autour des monuments –
Fuit et revient en longs enlacements;
Et ses foules inextricables
Les mains folles, les pas fiévreux,
La haine aux yeux,
Happent des dents le temps qui les devance.
A l'aube, au soir, la nuit,
Dans le tumulte et la querelle, ou dans l'ennui,
Elles jettent vers le hasard l'âpre semence
De leur labeur que l'heure emporte.
Et les comptoirs mornes et noirs
Et les bureaux louches et faux
Et les banques battent des portes
Aux coups de vent de leur démence.

Dehors, une lumière ouatée,
Trouble et rouge, comme un haillon qui brûle,
De réverbère en réverbère se recule.
La vie, avec des flots d'alcool est fermentée.

Les bars ouvrent sur les trottoirs
Leurs tabernacles de miroirs
Où se mirent l'ivresse et la bataille;
Une aveugle s'appuie à la muraille
Et vend de la lumière, en des boîtes d'un sou;
La débauche et la faim s'accouplent en leur trou
Et le choc noir des détresses charnelles
Danse et bondit à mort dans les ruelles.
Et coup sur coup, le rut grandit encore
Et la rage devient tempête:
On s'écrase sans plus se voir, en quête
Du plaisir d'or et de phosphore;
Des femmes s'avancent, pâles idoles,
Avec, en leurs cheveux, les sexuels symboles.
L'atmosphère fuligineuse et rousse
Parfois loin du soleil recule et se retrousse
Et c'est alors comme un grand cri jeté
Du tumulte total vers la clarté:
Places, hôtels, maisons, marchés,
Ronflent et s'enflamment si fort de violence
Que les mourants cherchent en vain le moment de silence
Qu'il faut aux yeux pour se fermer.
Telle, le jour – pourtant, lorsque les soirs
Sculptent le firmament, de leurs marteaux d'ébène,
La ville au loin s'étale et domine la plaine
Comme un nocturne et colossal espoir;
Elle surgit: désir, splendeur, hantise;
Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux,
Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise,
Ses rails sont des chemins audacieux
Vers le bonheur fallacieux
Que la fortune et la force accompagnent;
Ses murs se dessinent pareils à une armée
Et ce qui vient d'elle encore de brume et de fumée
Arrive en appels clairs vers les campagnes.

C'est la ville tentaculaire,
La pieuvre ardente et l'ossuaire
Et la carcasse solennelle.

Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini
Vers elle.


Emile Verhaeren, Les Campagnes hallucinées, 1893


Dernière édition par Anacyclique le Lun 28 Oct 2013 - 10:56, édité 1 fois

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Anacyclique le Lun 28 Oct 2013 - 10:49

Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s’effeuillant dans l’air noir,
L’omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l’égout,
Voilà ma route - avec le paradis au bout.

Verlaine (in La bonne chanson)

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par dorémy le Lun 28 Oct 2013 - 10:55

Chanson de la Seine, Prévert :

La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit...
Sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse,
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris.
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Et quand elle se promène
Tout au long de ses quais
Avec sa belle robe verte
Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse,
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s'en va vers le Havre
Et s'en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris

dorémy
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par dorémy le Lun 28 Oct 2013 - 10:56



J'voudrais faire un slam pour une grande dame que j'connais depuis tout petit,
J'voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi,
J'voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j'ai grandi,
J'voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu'on appelle Saint-Denis.

Prends la ligne D du RER et erre dans les rues sévères d'une ville pleine de caractère,
Prends la ligne 13 du métro et va bouffer au McDo ou dans les bistrots d'une ville pleine de bonnes gos et de gros clandos,
Si t'aimes voyager, prends le tramway et va au marché. En une heure, tu traverseras Alger et Tanger.

Tu verras des Yougos et des Roms, et puis j't'emmènerais à Lisbonne,
Et à 2 pas de New-Deli et de Karashi (t'as vu j'ai révisé ma géographie), j't'emmènerai bouffer du Mafé à Bamako et à Yamoussoukro,
Et si tu préfères, on ira juste derrière manger une crêpe là où ça sent Quimper et où ça a un petit air de Finistère,
Et puis en repassant par Tizi-Ouzou, on finira aux Antilles, là où il y a des grosses re-noi qui font « Pchit, toi aussi kaou ka fé la ma fille ! ».

Au marché de Saint-Denis, faut que tu sois sique-phy. Si t'aimes pas être bousculé tu devras rester zen,
Mais sûr que tu prendras des accents plein les tympans et des odeurs plein le zen,
Après le marché on ira ché-mar rue de la République, le sanctuaire des magasins pas chers,
La rue préférée des petites rebeus bien sapées aux petits talons et aux cheveux blonds peroxydés.

Devant les magasins de zouk, je t'apprendrai la danse. Si on va à la Poste j't'enseignerai la patience...
La rue de la République mène à la Basilique où sont enterré tous les rois de France, tu dois le savoir ! Après Géographie, petite leçon d'histoire,
Derrière ce bâtiment monumental, j't'emmène au bout de la ruelle, dans un petit lieu plus convivial, bienvenu au Café Culturel,
On y va pour discuter, pour boire, ou jouer aux dames. Certains vendredi soir, y'a même des soirées Slam.

Si tu veux bouffer pour 3 fois rien, j'connais bien tous les petits coins un peu poisseux,
On y retrouvera tous les vauriens, toute la jet-set des aristocrasseux,
Le soir, y'a pas grand chose à faire, y'a pas grand chose d'ouvert,
A part le cinéma du Stade, où les mecs viennent en bande : bienvenue à Caillera-Land.

Ceux qui sont là rêvent de dire un jour « je pèse ! » et connaissent mieux Kool Shen sous le nom de Bruno Lopez,
C'est pas une ville toute rose mais c'est une ville vivante. Il s'passe toujours quelqu'chose, pour moi elle est kiffante,
J'connais bien ses rouages, j'connais bien ses virages, y'a tout le temps du passage, y'a plein d'enfants pas sages,
j'veux écrire une belle page, ville aux cent mille visages, St-Denis-centre mon village,
J'ai 93200 raisons de te faire connaître cette agglomération. Et t'as autant de façons de découvrir toutes ses attractions.

A cette *** de cité j'suis plus qu'attaché, même si j'ai envie de mettre des taquets aux arracheurs de portables de la Place du Caquet,
St-Denis ville sans égal, St-Denis ma capitale, St-Denis ville peu banale.. où à Carrefour tu peux même acheter de la choucroute Hallal !,
Ici on est fier d'être dyonisiens, j'espère que j't'ai convaincu. Et si tu m'traites de parisien, j't'enfonce ma béquille dans l'...
J'voudrais faire un slam pour une grande dame que j'connais depuis tout petit,
J'voudrais faire un slam pour celle qui voit ma vieille canne du lundi au samedi,
J'voudrais faire un slam pour une vieille femme dans laquelle j'ai grandi,
J'voudrais faire un slam pour cette banlieue nord de Paname qu'on appelle Saint-Denis.

dorémy
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Anacyclique le Lun 28 Oct 2013 - 10:57


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par dorémy le Lun 28 Oct 2013 - 11:06

Vendémiaire

Hommes de l'avenir souvenez-vous de moi
Je vivais à l'époque où finissaient les rois
Tour à tour ils mouraient silencieux et tristes
Et trois fois courageux devenaient trismégistes

Que Paris était beau à la fin de septembre
Chaque nuit devenait une vigne où les pampres
Répandaient leur clarté sur la ville et là-haut
Astres mûrs becquetés par les ivres oiseaux
De ma gloire attendaient la vendange de l'aube

Un soir passant le long des quais déserts et sombres
En rentrant à Auteuil j'entendis une voix
Quui chantait gravement se taisant quelquefois
Pour que parvînt aussi sur les bords de la Seine
La plainte d'autres voix limpides et lointaines

Et j'écoutai longtemps tous ces chants et ces cris
Qu'éveillait dans la nuit la chanson de Paris

J'ai soif villes de France et d'Europe et du monde
Venez toutes couler dans ma gorge profonde

Je vis alors que déjà ivre dans la vigne Paris
Vendangeait le raisin le plus doux de la terre
Ces grains miraculeux aui aux treilles chantèrent

Et Rennes répondit avec Quimper et Vannes
Nous voici ô Paris Nos maisons nos habitants
Ces grappes de nos sens qu'enfanta le soleil
Se sacrifient pour te désaltérer trop avide merveille
Nous t'apportons tous les cerveaux les cimetières les murailles
Ces berceaux pleins de cris que tu n'entendras pas
Et d'amont en aval nos pensées ô rivières
Les oreilles des écoles et nos mains rapprochées
Aux doigts allongés nos mains les clochers
Et nous t'apportons aussi cette souple raison
Que le mystère clôt comme une porte la maison
Ce mystère courtois de la galanterie
Ce mystère fatal fatal d'une autre vie
Double raison qui est au-delà de la beauté
Et que la Grèce n'a pas connue ni l'Orient
Double raison de la Bretagne où lame à lame
L'océan châtre peu à peu l'ancien continent

Et les villes du Nord répondirent gaiement

Ô Paris nous voici boissons vivantes
Les viriles cités où dégoisent et chantent
Les métalliques saints de nos saintes usines
Nos cheminées à ciel ouvert engrossent les nuées
Comme fit autrefois l'Ixion mécanique
Et nos mains innombrables
Usines manufactures fabriques mains
Où les ouvriers nus semblables à nos doigts
Fabriquent du réel à tant par heure
Nous te donnons tout cela

Et Lyon répondit tandis que les anges de Fourvières
Tissaient un ciel nouveau avec la soie des prières

Désaltère-toi Paris avec les divines paroles
Que mes lèvres le Rhône et la Saône murmurent
Toujours le même culte de sa mort renaissant
Divise ici les saints et fait pleuvoir le sang
Heureuse pluie ô gouttes tièdes ô douleur
Un enfant regarde les fenêtres s'ouvrir
Et des grappes de têtes à d'ivres oiseaux s'offrit

Les villes du Midi répondirent alors

Noble Paris seule raison qui vis encore
Qui fixes notre humeur selon ta destinée
Et toi qui te retires Méditerranée
Partagez-vous nos corps comme on rompt des hosties
Ces très hautes amours et leur danse orpheline
Deviendront ô Paris le vin pur que tu aimes

Et un râle infini qui venait de Sicile
Signifiait en battement d'ailes ces paroles

Les raisins de nos vignes on les a vendangés
Et ces grappes de morts dont les grains allongés
Ont la saveur du sang de la terre et du sel
Les voici pour ta soif ô Paris sous le ciel
Obscurci de nuées faméliques
Que caresse Ixion le créateur oblique
Et où naissent sur la mer tous les corbeaux d'Afrique
Ô raisins Et ces yeux ternes et en famille
L'avenir et la vie dans ces treilles s'ennuyent

Mais où est le regard lumineux des sirènes
Il trompa les marins qu'aimaient ces oiseaux-là
Il ne tournera plus sur l'écueil de Scylla
Où chantaient les trois voix suaves et sereines

Le détroit tout à coup avait changé de face
Visages de la chair de l'onde de tout
Ce que l'on peut imaginer
Vous n'êtes que des masques sur des faces masquées

Il souriait jeune nageur entre les rives
Et les noyés flottant sur son onde nouvelle
Fuyaient en le suivant les chanteuses plaintives
Elles dirent adieu au gouffre et à l'écueil
A leurs pâles époux couchés sur les terrasses
Puis ayant pris leur vol vers le brûlant soleil
Les suivirent dans l'onde où s'enfoncent les astres

Lorsque la nuit revint couverte d'yeux ouverts
Errer au site où l'hydre a sifflé cet hiver
Et j'entendis soudain ta voix impérieuse
O Rome
Maudire d'un seul coup mes anciennes pensées
Et le ciel où l'amour guide les destinées

Les feuillards repoussés sur l'arbre de la croix
Et même la fleur de lys qui meurt au Vatican
Macèrent dans le vin que je t'offre et qui a
La saveur du sang pur de celui qui connaît
Une autre liberté végétale dont tu
Ne sais pas que c'est elle la suprême vertu

Une couronne du trirègne est tombée sur les dalles
Les hiérarques la foulent sous leurs sandales
Ô splendeur démocratique qui pâit
Vienne le nuit royale où l'on tuera les bêtes
La louve avec l'agneau l'aigle avec la colombe
Une foule de rois ennemis et cruels
Ayant soif comme toi dans la vigne éternelle
Sortiront de la terre et viendront dans les airs
Pour boire de mon vin par deux fois millénaire

La Moselle et le Rhin se joignent en silence
C'est l'Europe qui prie nuit et jour à Coblence
Et moi qui m'attardais sur le quai à Auteuil
Quand les heures tombaient parfois comme les feuilles
Du cep lorsqu'il est temps j'entendis la prière
Qui joignait la limpidité de ces rivières

O Paris le vin de ton pays est meilleur que celui
Qui pousse sur nos bords mais aux pampres du nord
Tous les grains ont mûri pour cette soif terrible
Mes grappes d'hommes forts saignent dans le pressoir
Tu boiras à longs traits tout le sang de l'Europe
Parce que tu es beau et que seul tu es noble
Parce que c'est dans toi que Dieu peut devenir
Et tous mes vignerons dans ces belles maisons
Qui reflètent le soir leurs feux dans nos deux eaux
Dans ces belles maisons nettement blanches et noires
Sans savoir que tu es la réalité chantent ta gloire
Mais nous liquides mains jointes pour la prière
Nous menons vers le sel les eaux aventurières
Et la ville entre nous comme entre des ciseaux
Ne reflète en dormant nul feu dans ses deux eaux
Dont quelque sifflement lointain parfois s'élance
Troublant dans leur sommeil les filles de Coblence

Les villes répondaient maintenant par centaines
Je ne distinguais plus leurs paroles lointaines
Et Trèves la ville ancienne
A leur voix mêlait la sienne
L'univers toout entier concentré dans ce vin
Qui contenait les mers les animaux les plantes
Les cités les destins et les astres qui chantent
Les hommes à genoux sur la rive du ciel
Et le docile fer notre bon compagnon
Le feu qu'il faut aimer comme on s'aime soi-même
Tous les fiers trépassés qui sont un sous mon front
L'éclair qui luit ainsi qu'une pensée naissante
Tous les noms six par six les nombres un à un
Des kilos de papier tordus comme des flammes
Et ceux-là qui sauront blanchir nos ossements
Les bons vers immortels qui s'ennuient patiemment
Des armées rangées en bataille
Des forêts de crucifix et mes demeures lacustres
Au bord des yeux de celle que j'aime tant

Les fleurs qui s'écrient hors de bouches
Et tout ce que je ne sais pas dire
Tout ce que je ne connaîtrai jamais
Tout cela tout cela changé en ce vin pur
Dont Paris avait soif
Me fut alors présenté

Actions belles journées sommeils terribles
Végétation Accouplements musiques éternelles
Mouvements Adorations douleur divine
Mondes qui vous rassemblez et qui nous ressemblez
Je vous ai bus et ne fut pas désaltéré

Mais je connus dès lors quelle saveur a l'univers

Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers
Sur le quai d'où je voyais l'onde couler et dormir les bélandres

Écoutez-moi je suis le gosier de Paris
Et je boirai encore s'il me plaît l'univers

Écoutez mes chants d'universelle ivrognerie

Et la nuit de septembre s'achevait lentement
Les feux rouges des ponts s'éteignaient dans la Seine
Les étoiles mouraient le jour naissait à peine

dorémy
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par clemiecamie le Lun 28 Oct 2013 - 11:39

Les villes invisibles de Calvino aussi.
Mes troisièmes en ont lu des extraits l'année dernière en cursive, ça leur avait plu.

clemiecamie
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par malo21 le Lun 28 Oct 2013 - 13:14

Moins littéraire mais texte qui dit encore beaucoup de choses, Monopolis dans Starmania.

malo21
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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:24

Les clefs de la ville

Les clefs de la ville
Sont tachées de sang
L’Amiral et les rats ont quitté le navire
Depuis longtemps
Sœur Anne ma sœur Anne
Ne vois-tu rien venir
Je vois dans la misère le pied nu d’un enfant
Et le cœur de l’été
Déjà serré entre les glaces de l’hiver
Je vois dans la poussière des ruines de la guerre
Des chevaliers d’industrie lourde
À cheval sur des officiers de cavalerie légère
Qui paradent sous l’arc
Dans une musique de cirque
Et des maîtres de forges
Des maîtres de ballet
Dirigeant un quadrille immobile et glacé
Où de pauvres familles
Debout devant le buffet
Regardent sans rien dire leurs frères libérés
Leurs frères libérés
À nouveau menacés
Par un vieux monde sénile exemplaire et taré
Et je te vois Marianne
Ma pauvre petite sœur
Pendue encore une fois
Dans le cabinet noir de l’histoire
Cravatée de la Légion d’Honneur
Et je vois
Barbe bleue blanc rouge
Impassible et souriant
Remettant les clefs de la ville
Les clefs tachées de sang
Aux grands serviteurs de l’Ordre
L’ordre des grandes puissances d’argent.


Jacques Prévert, Histoires (1946)


Dernière édition par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:55, édité 2 fois

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:28

Enfant, sous la troisième

Écrit et lu par Jacques Prévert (recueil Histoires ; texte paru pour la première fois dans "Paris des rues et des chansons" par René Maltête, Éditions du Pont Royal, 1960)


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:42

Sur le Pont Neuf


Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
D'où sort cette chanson lointaine
D'une péniche mal ancrée
Ou du métro Samaritaine

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Sans chien sans canne sans pancarte
Pitié pour les désespérés
Devant qui la foule s'écarte

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
L'ancienne image de moi-même
Qui n'avait d'yeux que pour pleurer
De bouche que pour le blasphème

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Cette pitoyable apparence
Ce mendiant accaparé
Du seul souci de sa souffrance

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Fumée aujourd'hui comme alors
Celui que je fus à l'orée
Celui que je fus à l'aurore

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Semblance d'avant que je naisse
Cet enfant toujours effaré
Le fantôme de ma jeunesse

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Vingt ans l'empire des mensonges
L'espace d'un miséréré
Ce gamin qui n'était que songes

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Ce jeune homme et ses bras déserts
Ses lèvres de dents dévorées
Disant les airs qui le grisèrent

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Baladin du ciel et du cœur
Son front pur et ses goûts outrés
Dans le cri noir des remorqueurs

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Le joueur qui brûla son âme
Comme une colombe égarée
Entre les tours de Notre-Dame

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Ce spectre de moi qui commence
La ville à l'aval est dorée
A l'amont se meurt la romance

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Ce pauvre petit mon pareil
Il m'a sur la Seine montré
Au loin des taches de soleil

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Mon autre au loin ma mascarade
Et dans le jour décoloré
Il m'a dit tout bas Camarade

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Mon double ignorant et crédule
Et je suis longtemps demeuré
Dans ma propre ombre qui recule

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Assis à l'usure des pierres
Le refrain que j'ai murmuré
Le rêve qui fut ma lumière

Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
Passant avec tes regards veufs
O mon passé désemparé
Sur le Pont Neuf


Louis Aragon, Le roman inachevé (1956)


Dernière édition par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:54, édité 1 fois

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 14:54

Dans la rue

Voyez cet homme qui se penche sur la pierre –
Et de toute son oreille il voudrait ausculter Paris –
Comme il baisse la tête et comme ses paupières
Par l'amour alourdies
Battent, battent comme des papillons de pierre
Pour s'immobiliser sur l’œil clos à demi !
– Ami, ce n'est pas ainsi
Que l'on fait dans une ville,
Une ville comme Paris.
Ton étrangeté se remarque
Et tu n'en es pas le monarque
Toi qui te crois seul dans la rue.
– Et si je sens Paris, la joue contre ses murs
A la pierre accolée,
Si les âges affluent à l'humain coquillage
Par la rugosité de la pierre en son âge,
Quand j'appuie fortement mon oreille réelle
Et même un peu le cœur
Sur ce calcaire récepteur ?
– Va, va c'est par les yeux
Que l'on saisit la ville,
Qu'on entend dévaler les larges avenues
Et chuchoter parfois, sérieusement docile,
Une petite rue.
Que peut l'oreille ? L’œil élargit ton domaine,
Il voyage de la couleur au mouvement,
Le long de la semaine
Tout lui est ornement.
Redresse-toi, l'on commence à te regarder,
Et tu es menacé de quelque attroupement.
Sache mieux te garder,
Fais semblant de chercher par terre quelque chose,
Ramasse si tu peux d'un geste retardé
Sur le pavé de bois une invisible rose
Et mêle-toi sans plus à tous les Parisiens
Comme un passant de plus
Mais qui revient de loin,
Les oreilles cachées par la mélancolie
Pour n'avoir pas su écouter
De belles pierres sans rougir.


Jules Supervielle, Oublieuse mémoire (1949)

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 15:02

D'un autre ciel


Que veux-tu que je devienne
Je me sens mourir
Secours-moi
Ah Paris... le Pont Neuf
Je reconnais la ville
Un peu jouir
Un peu pleurer
Ma vie
Est-ce vraiment la peine d'en parler
Tout le monde en dirait autant
Et comment voudriez-vous que l'on passât son temps
Je pense à quelque autre paysage
Un ami oublié me montre son visage
Un lieu obscur
Un ciel déteint
Pays natal qui me revient tous les matins
Le voyage fut long
J'y laissai quelques plumes
Et mes illusions tombèrent une à une
Pourtant j'étais encore au milieu du printemps
Presque un enfant
J'avançais
Un train bruyant me transportait
Peu à peu j'oubliais la nature
La gare était tout près
On changeait de voiture
Et sur le quai personne n'attendait
La ville morte et squelettique
Là-bas dresse ses hauts fourneaux
Que vais-je devenir
Quelqu'un touche mon front d'une ombre fantastique
Une main
Mais ce que j'ai cru voir c'est la fumée du train
Je suis seul
Oui tout seul

Personne n'est venu me prendre par la main


Pierre Reverdy, La Lucarne ovale (1916)

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Le grincheux le Lun 28 Oct 2013 - 15:04

Les feux de Paris, Aragon

Toujours quand aux matins obscènes
Entre les jambes de la Seine
Comme une noyée aux yeux fous
De la brume de vos poèmes
L'île Saint-Louis se lève blême
Baudelaire je pense à vous

Lorsque j'appris à voir les choses
Ô lenteur des métamorphoses
C'est votre Paris que je vis
Il fallait pour que Paris change
Comme bleuissent les oranges
Toute la longueur de ma vie

Mais pour courir ses aventures
La ville a jeté sa ceinture
De murs d'herbe verte et de vent
Elle a fardé son paysage
Comme une fille son visage
Pour séduire un nouvel amant

Bien n'est plus à la même place
Et l'eau des fontaines Wallace
Pleure après le marchand d'oubliés
Qui criait le Plaisir Mesdames
Quand les pianos faisaient des gammes
Dans les salons à panoplies

Où sont les grandes tapissières
Les mirlitons dans la poussière
Où sont les noces en chansons
Où sont les mules de Béjane
On ne s'en va plus à dos d'âne
Dîner dans l'herbe à Robinson

Devant la foule des fortifs
Il a fui le ballon captif
Le ciel était comme un grand trou
Toutes les rengaines sont mortes
Le caf'conc a fermé ses portes
Luna-Park et la Grande-Roue

La belle Lanthelme où est-elle
Qu'on enterra dans ses dentelles
Et couverte de ses bijoux
Les yeux ouverts sous la voilette
Comme un bouquet de violettes
Un lait pâle peignant ses joues

Il en trembla comme une feuille
Le voleur brisant le cercueil
Qui vit tout cela devant lui
Parfums profonds qui s'exhalèrent
Ah comme encore elle a dû plaire
À ce visiteur de minuit

Il faut pardonner à cet homme
N'était-il pas ce que nous sommes
Pensant à nos jeunes années
Nous remuons nos propres cendres
Et c'est toujours un peu descendre
Dans une tombe profanée

Qu'est-ce que cela peut te faire
On ne choisit pas son enfer
En arrière à quoi bon chercher
Qu'autrefois sans toi se consume
C'est ici que ton sort s'allume
On ne choisit pas son bûcher

Ôte à la nuit ses longs gants noirs
Mets la pierre sur ta mémoire
Ton pied sur la blancheur des os
Détourne-toi de ce sommeil
Lève haut ta lampe et réveille
Les arbres d'encre et leurs oiseaux

A tes pas les nuages bougent
Va-t'en dans la rue à l'oeil rouge
Le monde saigne devant toi
Tu marches dans un jour barbare
Le temps présent brûle aux Snack-bars

Son aube pourpre est sur les toits
Les grands boulevards s'illuminent
De corail et d'aigue-marine
Par un miracle d'harmonie
Qui jette une torche aux fenêtres
Et fait des lèvres de salpêtre
Aux morts-vivants de l'insomnie

Cette nuit n'est plus qu'un strip-tease
Un linge sombre une chemise
Qui s'envole sur un corps nu
Et les maisons montrent leur hanche
Dans la réclame jaune et blanche
Incendiant les avenues

Les femmes de bronze et de pierre
Que déshabille la lumière
D'un pont à l'autre de Paris
Se penchant sur les bateaux-mouches
Dont les projecteurs effarouchent
À terre les couples surpris

Au diable la beauté lunaire
Et les ténèbres millénaires
Plein feu dans les Champs-Elysées
Voici le nouveau carnaval
Où l'électricité ravale
Les édifices embrasés

Plein feu sur l'homme et sur la femme
Sur le Louvre et sur Notre-Dame
Du Sacré-Cœur au Panthéon
Plein feu de la Concorde aux Ternes
Plein feu sur l'univers moderne
Plein feu sur notre âme au néon

Plein feu sur la noirceur des songes
Plein feu sur les arts du mensonge
Flambe perpétuel été
Flambe de notre flamme humaine
Et que partout nos mains ramènent
Le soleil de la vérité

_________________
Le carnet du grincheux
Chroniques de misanthropie ordinaire
http://grincheux.de-charybde-en-scylla.fr/
http://loubardes.de-charybde-en-scylla.fr/

Le grincheux
Sage


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Asha Kraken le Lun 28 Oct 2013 - 15:07

Je ne sais pas s'il est toujours édité mais il y avait un Folio junior poésie sur la ville. Et un lien au cas où : www.ac-orleans-tours.fr/fileadmin/user.../La_ville_en_poesie.htm‎

Asha Kraken
Érudit


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 15:28

Contre!


Je vous construirai une ville avec des loques,moi !
Je vous construirai sans plan et sans ciment
Un édifice que vous ne détruirez pas,
Et qu'une espèce d'évidence écumante
Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire au nez,
Et au nez gelé de tous vos Parthénon, vos arts arabes, et de vos Mings.

Avec de la fumée, avec de la dilution de brouillard
Et du son de peau de tambour,
Je vous assoierai des forteresses écrasantes et superbes,
Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
Contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussières de sable sans raison.

[...]


Henri Michaux, La Nuit remue (1935 ; poème daté de 1933)

Alcyone
Habitué du forum


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par aurore07 le Lun 28 Oct 2013 - 15:33

Zone d'Apollinaire est un classique. Sinon dans le site weblettres le dossier 48 propose des titres (je te les copie). Je pense que tu trouveras ton bonheur.
-  APOLLINAIRE G., Alcools, « La Chanson du Mal-Aimé ».
-  APOLLINAIRE G., Alcools, « Zone ».
-  APOLLINAIRE G., Calligrammes, « Les Fenêtres ».
-  ARAGON L., Le Paysan de Paris (prose).
-  ARAGON L., Le Roman inachevé, « Rappelez-vous ce que de Londres... »
-  ARAGON L., « Il ne m’est Paris que d’Elsa ».
-  AUSTER P. (sur New-York).
-  BAUDELAIRE C., Les Fleurs du mal, « Rêve parisien », « A une passante », « Les Fenêtres ».
-  BAUDELAIRE C., Les Fleurs du mal, notamment la section « Tableaux parisiens » (« Paysage », « Les Sept Vieillards », « Les Petites vieilles »...).
-  BAUDELAIRE C., Petits poèmes en prose / Le Spleen de Paris, « Les Foules ».
-  BENABAR, Saturne (chanson ; registre satirique).
-  BERTRAND A., « Harlem » (poème en prose).
-  BRETON A., Clair de terre, 1923, « Tournesol ».
-  BRETON A., L’Amour fou (extrait).
-  CELINE L.-F., Le Voyage au bout de la nuit, Rancy (prose), et le passage où le personnage découvre Manhattan et compare New-York à l’enfer (la première nuit, il regarde la ville de la fenêtre de sa chambre d’hôtel) ; voir également les illustrations de Tardi.
-  CENDRARS B., 19 poèmes élastiques, « Contrastes ».
-  CENDRARS B., Pâques à New-York.
-  CENDRARS B., « Documentaires ».
-  COPPEE, « Je suis un pâle enfant du vieux Paris... »
-  COUTURE C., « La Ballade de Serge K » (chanson ; errance solitaire et nocturne dans la ville, inspirée de la mort-suicide de Serge Kos, jeune ouvrier licencié des usines Peugeot).
-  CROS C., Le Coffret de Santal, 1873, « Plainte ».
-  DESNOS R., Corps et biens, « Vie d’ébène ».
-  DIB M., « Port » (errance d’un exilé à Bordeaux).
-  DU BELLAY J., « Nouveau venu qui cherches... »
-  ELUARD P., Aujourd’hui (poèmes politiques).
-  FOMBEURE, Grenier des saisons, 1942.
-  HARDELLET A., La Cité Mongol, ed. Poésie / Gallimard (Paris des années 50 ; voir notamment « La Ronde de nuit »).
-  HUGO V., « Les Années funestes ».
-  HUGO V., Les Orientales, « Rêverie ».
-  JACCOTTET P., L’Effraie, « Les Nouvelles du soir ».
-  LACARRIERE J., « Ce bel aujourd’hui ».
-  LAUTREAMONT, Les Chants de Maldoror (extraits : les voyageurs de l’omnibus, la rue Vivienne).
-  NOUGARO C., « Toulouse » (chanson).
-  ORWELL G., 1984 (incipit, en prose).
-  PEREC G., La Disparition (incipit, en prose).
-  QUENEAU R., Courir les rues, ed. Poésie / Gallimard.
-  REDA J., Les Ruines de Paris, ed. Poésie / Gallimard (de belles et insolites promenades).
-  REVERDY P., La Lucarne ovale, « D’un autre ciel ».
-  RIMBAUD A., Illuminations, « Villes », « Les Ponts ».
-  RODENBACH G., poèmes symbolistes (« Ô ville, toi ma sœur à qui je suis pareil... » ; « La ville est morte, morte, irréparablement... »).
-  ROMAINS J., La Vie unanime.
-  ROMAINS J., Les Hommes de bonne volonté, IX « La Banlieue nord » (prose).
-  ROUBAUD J., La Forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains. Cent cinquante poèmes 1991-1998 (recueil consacré exclusivement à Paris et qui rend hommage aux œuvres de Queneau et Perec, entre autres ; voir notamment dans la première partie « Recourir les rues » le poème « Métro » qui se construit un peu comme le Je me souviens de Perec ; voir aussi le poème « Portrait minéralogique de Paris 1992 » ou les poèmes de la section « Hommage à Sébastien Bottin »).
-  ROY C., « Complainte du réseau métropolitain ».
-  SAINT-JOHN PERSE, Eloges / Images à Crusoé, 1909, « La Ville ».
-  SENGHOR L. S., Éthiopiques, « New-York ».
-  SUPERVIELLE J., Débarcadères, « Marseille ».
-  VERHAEREN E., Les Villes tentaculaires, 1983, « La Ville », « Les campagnes hallucinées »...
-  VERLAINE P., La Bonne chanson, « Le Bruit des cabarets ».
-  VIAN B., « La rue Watt » (chanson).
-  VIAN B., poème « Les villes ten-ten, les villes ta-ta, les cilles cu-cu »...
-  VIGNY (de) A., Poèmes antiques et modernes, « Paris ».
-  WHITMAN W., Le Chant de la hache.
-  ZOLA E., La Curée, chapitre 2 (en prose, sur la construction du Paris haussmannien).

aurore07
Niveau 1


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par John le Lun 28 Oct 2013 - 15:36

Il y a toute une anthologie Gallimard (par J. Réda) intitulée "Les poètes et la ville", très bien faite.

Il y a aussi tout un recueil de Roubaud :
http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Poesie-Gallimard/La-Forme-d-une-ville-change-plus-vite-helas-que-le-coeur-des-humains

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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Alcyone le Lun 28 Oct 2013 - 15:39

A New York

(pour un orchestre de jazz : solo de trompette)


New York ! D'abord j'ai été confondu par ta beauté, ces grandes filles d'or aux jambes longues.
Si timide d'abord devant tes yeux de métal bleu, ton sourire de givre
Si timide. Et l'angoisse au fond des rues à gratte-ciel
Levant des yeux de chouette parmi l'éclipse du soleil.
Sulfureuse ta lumière et les fûts livides, dont les têtes foudroient le ciel
Les gratte-ciel qui défient les cyclones sur leurs muscles d'acier et leur peau patinée de pierres.
Mais quinze jours sur les trottoirs chauves de Manhattan
– C'est au bout de la troisième semaine que vous saisit la fièvre en un bond de jaguar
Quinze jours sans puits ni pâturage, tous les oiseaux de l'air
Tombant soudain et morts sous les hautes cendres des terrasses.
Pas un rire d'enfant en fleur, sa main dans ma main fraîche
Pas un sein maternel, des jambes de nylon. Des jambes et des seins sueur ni odeur.
Pas un mot tendre en l'absence de lèvres, rien que des cœurs artificiels payés en monnaie forte
Et pas un livre où lire la sagesse. La palette du peintre fleurit des cristaux de corail.
Nuits d'insomnie ô nuits de Manhattan ! si agitées de feux follets, tandis que les klaxons hurlent des heures vides
Et que les eaux obscures charrient des amours hygiéniques, tels des fleuves en crue des cadavres d'enfants.


Léopold Sédar Senghor, Ethiopiques (1956)

Alcyone
Habitué du forum


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Re: Poésie de la Ville : des idées ?

Message par Singing in The Rain le Lun 28 Oct 2013 - 18:37

flower Merci pour ce brainstorming très intéressant flower 

Singing in The Rain
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