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Sapotille
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Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Sapotille le Mar 12 Nov 2013 - 16:41

L'article :
Une Inspection au Primaire, ou Comment Big Brother contrôle les méthodes d’apprentissage de la lecture.



La source :
http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/brighelli-comment-big-brother-controle-l-apprentissage-de-la-lecture-12-11-2013-1754474_1886.php


Pendant que Vincent Peillon amuse la galerie (les maires, et les mères et pères — et les journalistes) avec des problèmes de rythmes scolaires et d’animation des fins d’après-midi, au lieu d’imposer une demi-journée de plus de transmission des savoirs indispensables, la liquidation de l’Ecole continue.

Les chargés de pouvoir du ministre — les Inspecteurs du Primaire, ou IEN — parcourent les classes pour imposer la doxa des ex-IUFM néo-ESPE : faire tout ce que l’on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…

Le vrai pouvoir (un pouvoir se reconnaît d’abord et surtout à son pouvoir de nuisance) est là, au ras des écoles, et non rue de Grenelle. Que peut réellement un ministre, susceptible demain d’être appelé à d’autres fonctions — surtout s’il se présente, comme Peillon, aux élections européennes ? En revanche, un administratif nommé pour une quarantaine d’années, et inamovible, peut faire autant de mal (ou de bien, n’exagérons pas, il est des Inspecteurs compétents et compatissants) que sa formation, ses convictions et ses ambitions le lui permettent. N’oublions pas que c’est un IEN, Pierre Frackowiak (1), qui a conseillé Ségolène Royal en 2007 sur les questions scolaires, et qui a continué, au sein de la Commission Education du PS, à distiller ses conseils mortifères.

Comment apprend-on à lire dans l’école de Vincent Peillon ? Et surtout, comment conseille-t-on, via l’Inspection, ce bras armé de l’enseignement de l’ignorance, les professeurs des écoles qui contournent les doctrines officielles pour apprendre vraiment quelque chose à leurs élèves ?

Une amie institutrice — jeune, dynamique, installée dans l’un de ces faubourgs de grande ville semi-industrielle où la misère fait bon ménage avec le sous-développement intellectuel, membre du GRIP dont j’ai parlé précédemment () et usant des fameux manuels SLECC auxquels le ministre refuse toute subvention cohérente — m’a communiqué le récit d’une « préparation à l’Inspection » où, comme on va le voir, on l’a longuement sermonnée et morigénée : n’avait-elle pas la prétention d’apprendre à lire à des gamins particulièrement défavorisés, puisqu’ils étaient regroupés dans ce que l’Education Nationale, dans sa manie des sigles incompréhensibles, appelle RAR (Réseau Ambition Réussite) depuis qu’elle ne les appelle plus ZEP (Zones d’Exclusion Programmée — pardon : Zones d’Education Prioritaire, l’école du ghetto et l’antichambre du décrochement scolaire ? N’était-elle pas parvenue, en quatre mois, à faire lire à peu près couramment des enfants arrivés en CE1 (oui, oui, vous lisez bien : un bon nombre d’élèves de CE1 ont traversé la Maternelle et le CP comme Alice traverse le miroir — sans être même mouillés par un quelconque apprentissage) ?

Prétention et réussite insupportables : si cela allait à se savoir, que deviendraient les ESPE sur lesquels Peillon fonde de si beaux espoirs ? S’il était avéré que quelques instituteurs compétents et motivés peuvent impunément braver avec succès la doxa pédagogiste, où irions-nous ? Les parents mis au courant (heureusement, ceux des RAR se manifestent RARement…) n’en viendraient-ils pas à exiger que ces méthodes efficaces soient généralisées ? Tabernacle, comme disent nos cousins de la Belle Province. Où irions-nous ?

Je laisse la parole à ma collègue — j’ai juste modifié ce qu’il faut pour éviter qu’une administration revancharde ne lui tombe dessus. Mais si cela arrivait tout de même, cela me permettrait, à vrai dire, d’en remettre une couche, mais en mettant les noms, cette fois, à commencer par ceux des idéologues fous qui sévissent dans le Primaire depuis tant d’années…

Je voudrais au passage que ce récit serve d’incitation au dévoilement des exactions commises par l’administration de l’Education nationale sur toutes celles et tous ceux qui s’acharnent, contre vents, marées et pédagogues fous, à inculquer aux élèves les savoirs qui leur permettront, demain, d’aller au plus haut de leurs capacités, au lieu de stagner dans les marais de l’ignorance et du sous-emploi.



« J’avais en 2012-2013 une vingtaine de CP-CE1 dans une classe de ZEP-REP–RRS-RAR (les sigles successifs et poétiques par lesquels on désigne les laissés-pour-compte du système). Officiellement, j’avais 15 CE1 et 5 CP. En réalité, parmi les 15 CE1, pas un seul ne savait lire à la rentrée de septembre. La plupart devinaient les mots à partir des deux premières lettres — l’un des effets merveilleux des méthodes idéo-visuelles en usage dans la plus grande partie du système scolaire.

« Le meilleur de mes élèves était ainsi incapable de reconnaître qu’il était écrit « merci » et non « mercredi », même si cela ne voulait rien dire. J’avais donc une dizaine d’élèves « faux lecteurs », et une poignée qui ne savaient même pas faire semblant de deviner.

« Il y avait aussi dans le groupe une petite Fehime dont les parents avaient refusé le redoublement, qui parlait à peine, ne reconnaissait aucune lettre (pas même celles de son prénom) et avait encore moins compris le son qu’elles faisaient. Elle avait un dossier épais comme un mur de prison : on soupçonnait une dysphasie, une déficience mentale et on prévoyait une AVS et éventuellement une orientation en CLIS (2) aussitôt que son grand-frère serait parti dans sa classe pour déficients mentaux.

C’était ma première classe en RAR et mon premier CP-CE1 en tant que maîtresse. J’avais déjà été stagiaire dans plusieurs classes de CP-CE1 et j’avais pu comparer différentes méthodes. Avant la rentrée j’avais choisi de travailler avec des manuels SLECC… Or j’étais T2, ce qui signifie que c’était ma deuxième année depuis ma titularisation, et l’année de la première inspection. Afin de préparer le passage de l’inspecteur, un conseiller pédagogique passe voir les enseignants débutants, théoriquement pour conseiller, comme son nom l’indique. En réalité chaque visite donne lieu à un compte-rendu qui ressemble singulièrement à… un rapport d’inspection. Double flicage, au tirage et au grattage…

« Une conseillère est donc passée me voir deux fois, et m’a demandé l’autorisation de venir pour une troisième visite accompagnée d’une candidate au CAFIPEMF, le concours qui permet de devenir à son tour formateur pour enseignants du primaire (3). J’ai accepté — avais-je le choix d’ailleurs ?

« Le jour venu, elles se sont installées au fond de la salle, avec de quoi prendre beaucoup de notes, et ont passé la demi-matinée (8h30-10h00) à bavarder entre elles pendant que je faisais mon numéro.


« Nous étions en janvier et tous mes élèves, même la petite Fehime, lisaient à peu près, même s’ils ne connaissaient pas encore tous les sons vraiment « complexes » à savoir « ille » ou « tion »…

« Après le calcul mental et un petit moment d’orthographe, les CE1 avaient un exercice à faire sur l’apostrophe, que nous venions de découvrir ensemble. Belle occasion, que ces dames ne ratèrent pas, pour me reprocher de faire travailler mes élèves sur une notion trop difficile pour eux (savoir quand écrire le ou l’, à la fin du mois de janvier…), même si elle est au programme. J’aurais dû les faire travailler sur les sons complexes — comme « an », « on »,  « in « , qu’ils maîtrisaient déjà…

« J’ai alors pris à part les CP et 3 CE1 qui lisaient encore moins bien que leurs copains, et je leur ai distribué un petit livre, Epaminondas (disponible ici : http://www.ruedesinstits.com/page_copines_lectures_CP.htm)

« Pour montrer combien j’étais docile et obéissante — c’est un exercice apprécié de la hiérarchie —, j’ai commencé par leur demander de « faire des hypothèses sur le contenu du livre au vu de sa couverture ».

« Malheureusement, si je puis dire, mes élèves savaient lire, et lorsque je leur ai demandé ce dont allait parler le texte, au lieu de perdre du temps à patauger dans des suppositions plus ou moins fantaisistes, ils m’ont tout de suite répondu que c’était un conte africain, qui parlait sans doute d’un petit garçon nommé Epaminondas. Ils avaient du mal à comprendre pourquoi je leur posais une question dont la réponse était aussi évidente, puisqu’il était écrit « Epaminondas, un conte d’Afrique » sur la couverture. Ils auraient voulu passer tout de suite à la lecture.

« Horresco referens, comme disait ce bon vieux Virgile — je frémis en le racontant. Il aurait fallu, d’après ces deux grandes compétences présentes pour me conseiller, effacer tout ce qui était écrit sur la couverture, pour obliger les élèves à ne pas lire (4).

« Ensuite, j’ai fait lire les élèves tour à tour, en prenant bien soin d’interroger surtout les élèves qui en avaient le plus besoin, pour qu’ils ne soient pas « étouffés » par mes meilleurs lecteurs (3 CP, dont un, arrivé en France moins de trois ans auparavant, qui n’avait appris à parler français qu’à l’école et n’avait pas bénéficié du Boscher (5) de Mamie…).

Etrangement, dans le rapport de visite (6),  il est écrit que ce sont « les élèves les meilleurs décodeurs » qui ont lu. Mes petits « en difficulté » sont donc passés pour des têtes de classe, peut-être parce que même eux déchiffraient sans problème et que cela passe pour le privilège des meilleurs élèves en RAR…

J’ai profité du texte pour expliquer ce qu’était un baobab, un boubou ou une jarre, photographies à l’appui. Je leur ai aussi demandé d’écrire certains mots, pour les entraîner à faire fonctionner dans les deux sens ce qu’ils avaient appris.

« 10 heures et quart sonnent alors. Je fais descendre les petits dans la cour de récréation et je remonte pour faire mon autocritique — on se croirait dans l’Aveu, le film de Costa-Gavras où Yves Montand finit par accepter l’idée qu’il est un agent américain infiltré en Europe de l’Est. On me demande d’évaluer mon travail, on m’interrompt si je commence à décrire les progrès de mes élèves (pourtant la conseillère avait vu Fehime perdue en septembre et lectrice en janvier — mais s’en souvenait-elle ?) et la candidate au CAFIPEMF me demande : « Quel était l’objectif dans la séance de lecture ?» Ma réponse ne la satisfait pas, et elle insiste : « Votre objectif était-il de travailler le code ou la compréhension ? »

« J’ai le malheur de répondre que mon objectif était de travailler la lecture, c’est-à-dire justement le code et la compréhension simultanément. Cela ne convient pas du tout, il faut un objectif précis à chaque séance : soit je travaille le code à coup de « ba-be-bi-bo-bu », soit je travaille la compréhension, en faisant observer des images sans les textes puis en lisant moi-même le récit à voix haute pour que les élèves n’aient plus qu’à le comprendre. Concrètement, il faudrait que je fasse du code tous les matins (ba-be-bi-bo-bu avec les CP et bon-ban-bin avec les CE1) et de la compréhension tous les après-midi. « Il est indispensable de ne pas encombrer l’esprit des élèves avec le décodage et de l’encodage », m’a-t-elle répété, une phrase reprise dans le rapport final.

« Sans vouloir faire de mauvais esprit, cela m’a rappelé la fameuse phrase dont se moque David Lodge dans Un tout petit monde — « tout décodage est un nouvel encodage » —, où l’on comprend bien que ce sont d’autres mots suffixés en –age que l’auteur a en tête, tout comme dans ce vieil opuscule intitulé Assez décodé ! où René Pommier attaquait (avec une mauvaise foi étourdissante) Barthes et ses complices en sémiotique.

« Résultat des courses, je fus invitée à suivre une « animation pédagogique » sur la compréhension en cycle 2, en février et en mars — des heures utilement perdues puis qu’elles me permirent de concevoir une dizaine de séances sur un album illustré intitulé l’Afrique de Zygomar, et, surtout, de justifier l’existence d’un formateur — et son traitement. »


Voilà. Avec des Inspecteurs de ce calibre, l’Ecole n’a même pas besoin d’ennemis.

Je rappelle qu’il existe des méthodes d’apprentissage de la lecture efficace à 100%, qui font des lecteurs actifs et des scripteurs habiles. Qu’il suffirait de les diffuser largement — et de nommer à la tête des ESPE (jamais institution porteuse d’ESPoir n’a aussi mal porté son nom) des enseignants compétents, et non la bande de bras cassés hérités des IUFM, qui pour rien au monde n’enverraient leurs enfants dans les écoles dans lesquelles ils sévissent.



Jean-Paul Brighelli


(1)                                 Sur l’ineffable Frackowiak, voir http://www.meirieu.com/FORUM/fracko_refonder_inspec.pdf

(2)                                 Classe pour L’Inclusion Scolaire : voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_pour_l'inclusion_scolaire

(3)                                 http://www.education.gouv.fr/botexte/bo020613/MENE0201294C.htm

(4)                                 Texte du rapport : « Il aurait fallu enlever le titre du conte et son sous-titre pour que les élèves puissent faire des hypothèses concernant ce conte. L’observation de la hutte et du personnage aurait permis aux élèves d’imaginer où se passait cette histoire. Ce qui serait vérifié par la suite. » Une façon intelligente, je n’en doute pas, de perdre le maximum de temps pour un résultat nul.

(5)                                 http://ecolereferences.blogspot.fr/2011/09/methode-boscher-en-ligne-consulter.html

(6)                                 Extrait significatif dudit rapport : “Si l’objectif est un objectif de compréhension, il est indispensable de ne pas encombrer l’esprit des élèves avec le décodage et de l’encodage. L’enseignante doit lire elle-même le texte pour éliminer toutes les difficultés liées à la lecture et faire travailler les élèves sur toutes les stratégies de compréhension. Le conte d’Epaminondas n’est pas le plus approprié pour inférer, tout semble dit dans l’histoire de façon très explicite.” Ah, si les élèves devinent, si possible en se trompant, c’est bien plus dynamique, n’est-ce pas…


Dernière édition par John le Mar 12 Nov 2013 - 21:28, édité 2 fois (Raison : Ajout du nom d'auteur et de la précision "au primaire" dans le titre.)
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User5899 le Mar 12 Nov 2013 - 17:10
Merci Smile
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arcenciel
Grand Maître

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par arcenciel le Mar 12 Nov 2013 - 17:24
C'est démoralisant. Jusqu'à quand vont-ils sévir?
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egomet
Grand sage

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par egomet le Mar 12 Nov 2013 - 17:25
Ah oui... C'est assez fort de substances illicites, cette histoire de séparer encodage et décodage.

On va faire les carrosseries pendant ce plan quinquennal et on fera les moteurs pendant le suivant.

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Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Mes livres, mes poèmes, quelques réflexions pédagogiques assez terre-à-terre: http://egomet.sanqualis.com/
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Sapotille
Empereur

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Sapotille le Mar 12 Nov 2013 - 17:30
@egomet a écrit:Ah oui... C'est assez fort de substances illicites, cette histoire de séparer encodage et décodage.

On va faire les carrosseries pendant ce plan quinquennal et on fera les moteurs pendant le suivant.

lol! 
Hélas !
Trois fois hélas ...
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arguin
Niveau 8

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par arguin le Mar 12 Nov 2013 - 17:36
ZEN ....SOYONS ZEN ....aal 

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NLM76
Esprit éclairé

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par NLM76 le Mar 12 Nov 2013 - 17:52
Les chorizontes ont encore frappé... Alors, y a-t-il de valeureux CPC ou de valeureux IDEN qui viendront ici défendre les inepties de leurs collègues ?

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Sites du grip et des gripiens :
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Celadon
Demi-dieu

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Celadon le Mar 12 Nov 2013 - 18:18
Par quel miracle toute cette mélasse aurait-elle disparu ? Comme dit dans le texte, les mêmes de Grenelle sévissent toujours et forment les suivants... affraid 
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coindeparadis
Guide spirituel

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par coindeparadis le Mar 12 Nov 2013 - 18:26
Il semble que les ESPE renouent avec les IUFM du début des années 90...

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Celadon
Demi-dieu

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Celadon le Mar 12 Nov 2013 - 18:37
Pourquoi ? Il y a eu un gap quelque part ? Quand ?
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Dorinde
Fidèle du forum

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Dorinde le Mar 12 Nov 2013 - 18:50
juste un grand désespoir après avoir lu...en tant que prof de collège, et en tant que maman d'un petit bout en CP qui subit tout cela...
le seul espoir: des enseignants qui font passer leurs élèves avant leurs inspections, sinon nous sommes fichus et nos enfants encore plus!
phi
Expert spécialisé

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par phi le Mar 12 Nov 2013 - 19:23
cafe


Dernière édition par phi le Jeu 14 Nov 2013 - 23:06, édité 1 fois
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doublecasquette
Devin

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par doublecasquette le Mar 12 Nov 2013 - 19:38
@egomet a écrit:Ah oui... C'est assez fort de substances illicites, cette histoire de séparer encodage et décodage.

C'est une recommandation qu'on donne à tout le monde, même aux vieilles barbes, palmées de violet, à deux ans de la retraite :

Extrait d'un rapport d'inspection:
La décorrélation de l'apprentissage du code de l'exercice de la compréhension en lecture est favorable, notamment en début d'apprentissage.

Et un peu plus loin dans le même rapport:
Quant aux enjeux de compréhension, ils gagnent à être traités de façon ordonnée et distincte du déchiffrage pour conserver la fluidité de la lecture et la concentration des élèves.

_________________
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/
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Celadon
Demi-dieu

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Celadon le Mar 12 Nov 2013 - 19:40
La décorrélation suppose qu'il Y A corrélation et que leur position est purement idéologique et contre nature.
User17706
Enchanteur

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User17706 le Mar 12 Nov 2013 - 19:42
Et un immense merci à la collègue qui a pu faire le rapport circonstancié que Brighelli a bien eu raison de diffuser de la sorte.

C'est mieux de lire l'article du Point directement, où la différence de graisse permet de distinguer d'un seul coup le corps du témoignage du chapeau introductif et de la conclusion de Brighelli.

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'Tis a blushing, shamefaced spirit that mutinies in a man’s bosom. It fills a man full of obstacles. It made me once restore a purse of gold that by chance I found. It beggars any man that keeps it. It is turned out of towns and cities for a dangerous thing, and every man that means to live well endeavors to trust to himself and live without it.
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When everybody is swept away unthinkingly by what everybody else does and believes in, those who think are drawn out of hiding because their refusal to join is conspicuous and thereby becomes a kind of action.
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Olympias
Prophète

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Olympias le Mar 12 Nov 2013 - 19:43
Merci. Dans ce domaine, le changement c'est pour quand ??? Laisser les enseignants travailler pour apprendre quelque chose à leurs élèves...
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Celadon
Demi-dieu

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Celadon le Mar 12 Nov 2013 - 19:45
Imaginons la disparition subite du corps d'inspection dans le primaire, ainsi que des conseillers péda de tout poil.
Il y a fort à parier que les résultats PISA franchiraient plusieurs dizaines d'échelons en direction du haut.
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Olympias
Prophète

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Olympias le Mar 12 Nov 2013 - 19:47
@Celadon a écrit:Imaginons la disparition subite du corps d'inspection dans le primaire, ainsi que des conseillers péda de tout poil.
Il y a fort à parier que les résultats PISA franchiraient plusieurs dizaines d'échelons en direction du haut.
Ne me fais pas trop rêver...je vais y croire....
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Nita
Empereur

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par Nita le Mar 12 Nov 2013 - 19:58
:shock: 

tempête sous un crâne   

idee 

J'ai enfin compris où je m'avais trompu : "Lire, ce n'est pas comprendre, c'est ne pas comprendre".

Étais-je sotte...

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User17706
Enchanteur

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User17706 le Mar 12 Nov 2013 - 20:03
@egomet a écrit:On va faire les carrosseries pendant ce plan quinquennal et on fera les moteurs pendant le suivant.
C'est même pire. C'est comme si on proposait, dans un cours de sculpture, de faire d'abord la forme de la sculpture (mais sans la matière, faut pas tout mélanger), et ensuite sa matière (mais sans forme, hein, progression oblige).

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'Tis a blushing, shamefaced spirit that mutinies in a man’s bosom. It fills a man full of obstacles. It made me once restore a purse of gold that by chance I found. It beggars any man that keeps it. It is turned out of towns and cities for a dangerous thing, and every man that means to live well endeavors to trust to himself and live without it.
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User19866
Expert spécialisé

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User19866 le Mar 12 Nov 2013 - 20:07
De notre côté, en formation, on nous vante les mérites des "méthodes pédagogiques nouvelles" que les enseignants français ont "le tort" de ne pas adopter par "excès de conservatisme injustifié".

La mise au pas s'effectue donc à tous les niveaux.
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User5899 le Mar 12 Nov 2013 - 20:26
DC, laissez les palmés nager en eaux troubles tranquillement Razz
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arguin
Niveau 8

KEZAKO ?

par arguin le Mar 12 Nov 2013 - 20:29
Dalathée2 a écrit:De notre côté, en formation, on nous vante les mérites des "méthodes pédagogiques nouvelles" que les enseignants français ont "le tort" de ne pas adopter par "excès de conservatisme injustifié".

La mise au pas s'effectue donc à tous les niveaux.
KEZAKO les "méthodes pédagogiques nouvelles" ?:gratte: 
Quant au "conservatisme".... les enseignants un tant soit peu transmissifs ne sont plus très loin de la retraite !Wink...sauf rares exceptions Suspect
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coindeparadis
Guide spirituel

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par coindeparadis le Mar 12 Nov 2013 - 20:34
Ben non, je suis une prof "un tant soit peu transmissive "(qui doit "mettre davantage ses élèves en activité") et j'en ai encore pour 20 ans !Twisted Evil 

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User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

par User5899 le Mar 12 Nov 2013 - 20:36
@arguin a écrit:
Dalathée2 a écrit:De notre côté, en formation, on nous vante les mérites des "méthodes pédagogiques nouvelles" que les enseignants français ont "le tort" de ne pas adopter par "excès de conservatisme injustifié".

La mise au pas s'effectue donc à tous les niveaux.
KEZAKO les "méthodes pédagogiques nouvelles" ?:gratte: 
Quant au "conservatisme".... les enseignants un tant soit peu transmissifs ne sont plus très loin de la retraite !Wink...sauf rares exceptions Suspect
:shock:
Ma génération en a encore pour 15-20 ans Rolling Eyes
Et moi, j'ai un grave défaut : je parle à mes élèves, "qui enregistrent un savoir mort" affraid
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Re: Jean-Paul Brighelli : "Faire tout ce que l'on peut pour ne pas apprendre à lire, ni à calculer, ni…" : Une inspection pédagogique ordinaire au primaire.

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