"Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

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"Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Docteur OX le Lun 25 Nov 2013 - 20:03

Alain Bentolila est linguiste - à l'origine spécialiste des parlers créoles -, et il est l'un des meilleurs connaisseurs du système scolaire français, particulièrement l'école primaire. Il a créé et dirigé l'Echill (Échec scolaire et illettrisme), créé et dirigé le réseau des observatoires de la lecture, qui fédère plus de 7 000 enseignants en France et à l'étranger, et a été le conseiller scientifique de l'Observatoire national de la lecture (1). Né en Algérie en 1949, il est resté lié sentimentalement et professionnellement au Maghreb - il fut ainsi le directeur scientifique du projet medersat.com, qui a créé au Maroc plus de 500 écoles rurales, et vise entre autres à combler le retard pris dans les régions à majorité linguistique amazigh - la langue berbère.

Il a obtenu en 1997 le grand prix de l'Académie française pour son ouvrage De l'illettrisme en général et de l'école en particulier et préside depuis 2010 le Centre de formation à distance des maîtres (CI-Fodem) à l'université Paris-Descartes.

C'est à ces divers titres que je l'avais sollicité pour intervenir dans le documentaire réalisé en 2007 par Emmanuel Amara, Éducation nationale : un grand corps malade.

Il a bien voulu répondre aux questions fondamentales que nous nous posons aujourd'hui. Plutôt que de jouer le jeu classique de l'interview, il a préféré répondre globalement : le lecteur trouvera ci-dessous le fruit d'une réflexion qui court sur plus de quarante ans, et est à même de faire le diagnostic le plus fin sur l'état des apprentissages premiers en particulier et sur l'école de la République en général.
"Naguère, des repères partagés"

Il fut un temps où la sélection était telle que l'on garantissait aux enseignants de leur "livrer" des classes sinon homogènes, du moins raisonnablement hétérogènes : les "milieux de classe" étaient majoritaires et donnaient à l'ensemble une stabilité qui permettait d'avancer sans trop de chaos. Cette "hétérogénéité contrôlée" n'était pas simplement d'ordre social ; elle tenait au fait qu'une majorité d'élèves partageaient une certaine idée de l'école et étaient convaincus de la nécessité d'y venir. L'école était considérée comme un lieu particulier. On s'y comportait de façon particulière. On en acceptait les règles, on se soumettait à ses rituels par crainte plus que par plaisir, mais sans exaspération. En bref, les élèves entraient en petit nombre en sixième en possédant les rudiments de leur métier d'élève. Ajoutons que la régularité des contrôles et l'exigence des examens imposaient aux programmes clarté et pérennité. On y acquérait une culture et des savoirs communs, certes assez stéréotypés et rigides, mais qui constituaient des repères partagés et des signes de reconnaissance endogènes. "Paris vaut bien une messe", "Roland de Roncevaux", "le vase de Soissons" ne constituaient certes pas un paradigme de savoirs d'une exceptionnelle qualité, mais, tous, nous partagions ces clichés et surtout nous savions où nous les avions appris et qui nous les avait appris.

"Instruire des enfants de moins en moins éduqués"

"Lorsque s'est levée la barrière d'une sélection qui, reconnaissons-le, était injuste et cruelle, un nombre considérable d'enfants, auparavant écartés, se sont trouvés précipités dans un système qui n'était pas conçu pour eux. Le filtre culturel et social ayant été retiré, l'école s'est trouvée mise au défi d'instruire des enfants de moins en moins éduqués: de l'école, on leur en avait donné des représentations confuses et parfois négatives ; du langage, ils n'avaient acquis qu'une maîtrise très approximative ; en guise de repères culturels, très vite, ils n'ont eu que l'éclairage glauque d'une télévision de plus en plus débile ; quant à la médiation familiale, ils n'en connaissaient souvent que le silence, l'indifférence et, parfois, la violence. Ces "nouveaux écoliers" ont posé, année après année, à un système scolaire figé, un problème dont la gravité n'a fait que croître jusqu'à menacer aujourd'hui son intégrité.

Lorsqu'il fut décidé d'ouvrir largement les portes de l'école à tous les enfants de ce pays, nous avons collectivement pris l'engagement de les y recevoir tous tels qu'ils étaient : ceux issus de catégories sociales peu favorisées, mais aussi ceux, de plus en plus nombreux, "venus d'ailleurs", en équilibre culturel et religieux instable. Cet engagement ne pouvait être tenu au sein d'une école qui était construite pour accueillir des privilégiés préalablement triés. Il eût fallu que cette école se transformât en profondeur dans ses contenus, sa pédagogie, la formation de ses maîtres et ses finalités professionnelles. Elle est en fait restée quasiment identique à elle-même. Même si elle a donné le change en multipliant des filières qui n'étaient en fait que des voies de garage, elle a navigué entre complaisance et cruauté, maquillant l'échec en abaissant régulièrement ses ambitions, ses exigences et... ses moyens. Si elle a réussi la massification de ses effectifs, elle a complètement raté sa démocratisation.

Les illettrés et les "désenchantés"

Aujourd'hui, à l'entrée au collège, 15 % des enfants se trouvent en situation de grande difficulté de lecture et encore bien plus d'écriture. L'école primaire les a maintenus en survie sans vraiment parvenir à les remettre à niveau ; le collège les achève. Il y a là comme une espèce de scandale. Mais ne pensez pas que seuls les 15 % de futurs illettrés sont en divorce scolaire ; le nombre des désenchantés augmente régulièrement, lassés par une scolarisation qui ne leur semble plus "à leur goût". Un immense malentendu s'est en fait noué au fil des années entre une école qui ne sait plus quoi inventer pour tenter de séduire, de rassembler et de fidéliser sa clientèle, et un groupe de plus en plus important de "non-convaincus" qui ne comprennent pas bien ce qu'ils font là et qui, pour beaucoup, préféreraient être ailleurs. Pour qu'un ministre en soit venu à soudoyer les élèves pour qu'ils daignent faire preuve d'un peu d'assiduité, c'est qu'il avait renoncé à croire à la naturelle nécessité de l'éducation.

L'absence de repères linguistiques et culturels fièrement affichés, le renoncement à montrer que le beau et le vrai ne se négocient pas, l'affichage complaisant d'un "plaisir d'apprendre" effaçant l'idée même de l'effort et du dépassement, l'abandon enfin de toute évaluation rigoureuse et honnête ont peu à peu affaibli pour certains parents et pour bien des élèves la légitimité de l'école. Ils sont passés de "nous ne sommes pas faits pour les études" à "ces études ne sont pas faites pour nous". Une enquête très récente sur l'absentéisme des collégiens montre de façon très nette que le taux d'absentéisme non motivé n'est corrélé ni avec la catégorie socioprofessionnelle des familles ni avec les résultats scolaires. En d'autres termes, ce ne sont pas seulement des élèves en situation de précarité et d'échec qui "sèchent" les cours ; le manque d'envie est très largement partagé par tous ceux qui constituent la masse désenchantée des scolarisés. Ce sont tous ces élèves qui sortiront du système éducatif une fois leur "temps scolaire" accompli, sans le moindre diplôme ou avec un maigre CAP. Ils constituent, rappelons-le, 40 % d'une promotion.

Le rôle majeur de la langue orale

Ne l'oublions pas ! L'échec se noue très tôt ; bien des enfants arrivent à l'école primaire avec une langue orale très éloignée de la langue qu'ils vont rencontrer en apprenant à lire et à écrire. Ne craignons pas de le dire, ils parlent une langue française quasiment étrangère à celle sur laquelle va reposer leur apprentissage de la lecture et de l'écriture. Le langage dont disposent certains élèves à la veille d'entrer au cours préparatoire est ainsi incompatible dans ses structures syntaxiques et son lexique avec une entrée sans rupture dans le monde de l'écrit. Apprendre à lire n'est pas apprendre une langue nouvelle, c'est apprendre à coder différemment une langue que l'on connaît déjà. Si un enfant se trouve enfermé dans un usage trop éloigné de la langue commune, il se trouvera d'emblée coupé de la langue écrite et condamné à un apprentissage plus que laborieux de la lecture et de l'écriture.

La priorité de l'école maternelle française est donc de donner à tous les enfants qui lui sont confiés une maîtrise du français oral qui leur permettra de dominer les mécanismes du code écrit pour construire du sens et non pour "faire du bruit". L'acquisition d'un vocabulaire riche et précis doit notamment être un de ses objectifs essentiels. Car l'engrenage est terrifiant. Lorsqu'on a souffert d'un déficit et d'une rigidité de langage à cinq ans, on ne peut prétendre qu'à quelques aptitudes au décodage des mots à huit ans alors que l'on devrait comprendre des textes simples. On parvient difficilement à repérer quelques informations ponctuelles à douze ans alors que le collège attend des lecteurs autonomes, polyvalents et endurants. On endosse ainsi très tôt le costume de l'échec et on ne le quitte plus. Face à cet échec programmé que l'on essaie pitoyablement de maquiller en baissant année après année nos exigences, combien absurdes apparaissent les discussions sur les rythmes scolaires.
Un "rempart contre la barbarie"

Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales. Assumez votre mission de résistance à l'inculture et à la passivité intellectuelle. Ne vous contentez pas d'assurer simplement un service d'enseignement, mais mobilisez toutes vos forces pour la formation des jeunes esprits. Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
http://www.lepoint.fr/societe/comment-l-ecole-fabrique-l-echec-scolaire-25-11-2013-1761585_23.php

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par atrium le Lun 25 Nov 2013 - 20:06

En bref: fermez vos gueules, bossez, laissez-vous faire, on compte sur vous.

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Padre P. Lucas le Lun 25 Nov 2013 - 20:22

Bentolila a écrit:Lorsqu'il fut décidé d'ouvrir largement les portes de l'école à tous les enfants de ce pays, nous avons collectivement pris l'engagement de les y recevoir tous tels qu'ils étaient : ceux issus de catégories sociales peu favorisées, mais aussi ceux, de plus en plus nombreux, "venus d'ailleurs", en équilibre culturel et religieux instable. Cet engagement ne pouvait être tenu au sein d'une école qui était construite pour accueillir des privilégiés préalablement triés. Il eût fallu que cette école se transformât en profondeur dans ses contenus, sa pédagogie, la formation de ses maîtres et ses finalités professionnelles. Elle est en fait restée quasiment identique à elle-même.
Bravo l'artiste !
Buisson serait content d'apprendre qu'il a construit une école destinée à accueillir les privilégiés !

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Docteur OX le Lun 25 Nov 2013 - 20:27

@atrium a écrit:En bref: fermez vos gueules, bossez, laissez-vous faire, on compte sur vous.
mouais, y a peu de ça quand même. Neutral 

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par midjie le Lun 25 Nov 2013 - 20:33

@atrium a écrit:En bref: fermez vos gueules, bossez, laissez-vous faire, on compte sur vous.
+1... Avec l'impression, en filigrane, qu'on nous dit que nous n'en faisons toujours pas assez....
J'ai vraiment l'impression que personne ne remarque qu'on est déjà pressés comme des citrons et qu'on est à bout de souffle...
Faut plus rien demander aux PE... La coupe est pleine, faut juste leur f** la paix... et déclarer officiellement sur la place publique que la barque a été trop chargée....
Mais bon, on peut toujours rêver.....

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Padre P. Lucas le Lun 25 Nov 2013 - 20:36

Bentolila a écrit:Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales.
Qu'un type qui a pondu "Gafi le fantôme" vienne m'interpeller en ces termes me fait franchement rigoler. Jean-Paul, tu devrais surveiller tes fréquentations.
"Retourne te coucher pompier pyromane !"

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par carolette le Lun 25 Nov 2013 - 20:38




Alain Bentolila

Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales. Assumez votre mission de résistance à l'inculture et à la passivité intellectuelle. Ne vous contentez pas d'assurer simplement un service d'enseignement, mais mobilisez toutes vos forces pour la formation des jeunes esprits. Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
J'en reste sans voix… Ou plutôt, j'ai envie de hurler !

Mais à quelle profession demande-t-on d'avoir le sens du sacrifice en guise de valorisation et/ou d'augmentation ?

carolette
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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par InvitéeSS le Lun 25 Nov 2013 - 20:41

@carolette a écrit:


Alain Bentolila

Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales. Assumez votre mission de résistance à l'inculture et à la passivité intellectuelle. Ne vous contentez pas d'assurer simplement un service d'enseignement, mais mobilisez toutes vos forces pour la formation des jeunes esprits. Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
J'en reste sans voix… Ou plutôt, j'ai envie de hurler !

Mais à quelle profession demande-t-on d'avoir le sens du sacrifice en guise de valorisation et/ou d'augmentation ?
+1. Tu le dis bien mieux que je ne l'aurais dit, d'autant que j'étais en train d'écrire quelque chose qui m'aurait certainement valu un avertissement (au mieux...).

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par philann le Lun 25 Nov 2013 - 20:43

[quote="supersoso"]
@carolette a écrit:



+1. Tu le dis bien mieux que je ne l'aurais dit, d'autant que j'étais en train d'écrire quelque chose qui m'aurait certainement valu un avertissement (au mieux...).
Sans être instit' je crois que j'aurais eu les mêmes mots!!
Si votre fonction est si essentielle (ce dont je ne doute pas...) que l'on vous paye en conséquence !!Evil or Very Mad 

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2014-2015: poste fixe dans les Hauts de Seine Very Happy Very Happy Very Happy
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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par arcenciel le Lun 25 Nov 2013 - 20:44

@midjie a écrit:
@atrium a écrit:En bref: fermez vos gueules, bossez, laissez-vous faire, on compte sur vous.
+1... Avec l'impression, en filigrane, qu'on nous dit que nous n'en faisons toujours pas assez....
J'ai vraiment l'impression que personne ne remarque qu'on est déjà pressés comme des citrons et qu'on est à bout de souffle...
Faut plus rien demander aux PE... La coupe est pleine, faut juste leur f** la paix... et déclarer officiellement sur la place publique que la barque a été trop chargée....
Mais bon, on peut toujours rêver.....
+1

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par arcenciel le Lun 25 Nov 2013 - 20:45

@carolette a écrit:


Alain Bentolila

Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales. Assumez votre mission de résistance à l'inculture et à la passivité intellectuelle. Ne vous contentez pas d'assurer simplement un service d'enseignement, mais mobilisez toutes vos forces pour la formation des jeunes esprits. Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
J'en reste sans voix… Ou plutôt, j'ai envie de hurler !

Mais à quelle profession demande-t-on d'avoir le sens du sacrifice en guise de valorisation et/ou d'augmentation ?
+1

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Al le Lun 25 Nov 2013 - 20:49

@Docteur OX a écrit:http://www.lepoint.fr/societe/comment-l-ecole-fabrique-l-echec-scolaire-25-11-2013-1761585_23.php


Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
Ecrire ça est parfaitement honteux. Personne ne devrait se sacrifier pour exercer son métier.
Mais je remarque que l'idée est assez ancrée, chez les enseignants en situation de souffrance qui tardent à quitter un métier qui les détruit par exemple. Quand on souffre, c'est normal, puisqu'on doit se sacrifier. Comme ça on reste et on continue de faire un métier dans des conditions que personne de normalement constitué ne supporterait.

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Marie Laetitia le Lun 25 Nov 2013 - 20:50

Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales. Assumez votre mission de résistance à l'inculture et à la passivité intellectuelle. Ne vous contentez pas d'assurer simplement un service d'enseignement, mais mobilisez toutes vos forces pour la formation des jeunes esprits. Vous êtes, soyez-en persuadés, notre meilleur rempart contre la barbarie ; et si cette mission mérite une valorisation sociale et financière significative, elle vous impose en retour un engagement sans faille, un dévouement constant et parfois même un certain sens du sacrifice. Cela dépasse, et de fort loin, la défense des avantages acquis.
C'est moi ou le monsieur découvre un peu l'eau tiède? Il croit que l'on fait quoi, tous les matins? Que l'on part défendre nos avantages acquis?  

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Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)

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Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. (...) Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Padre P. Lucas le Lun 25 Nov 2013 - 20:54

Ne vous inquiétez surtout pas pour Bentolila, sa petite entreprise ne craint pas la crise aaf 

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par arcenciel le Lun 25 Nov 2013 - 20:57

Et son dernier couplet est télécommandé par Peillon? Hollande?

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Loïse le Lun 25 Nov 2013 - 21:06

@midjie a écrit:
@atrium a écrit:En bref: fermez vos gueules, bossez, laissez-vous faire, on compte sur vous.
+1... Avec l'impression, en filigrane, qu'on nous dit que nous n'en faisons toujours pas assez....
J'ai vraiment l'impression que personne ne remarque qu'on est déjà pressés comme des citrons et qu'on est à bout de souffle...
Faut plus rien demander aux PE... La coupe est pleine, faut juste leur f** la paix... et déclarer officiellement sur la place publique que la barque a été trop chargée....
Mais bon, on peut toujours rêver.....
+1. Marre.

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En bon français : Tout peut être amélioré avec du bacon !
N'hésitez pas à me signaler mes fautes d'orthographe par mp !

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par atrium le Lun 25 Nov 2013 - 21:09

@Padre P. Lucas a écrit:Ne vous inquiétez surtout pas pour Bentolila, sa petite entreprise ne craint pas la crise aaf 
Et pourtant, ses produits ne sont pas terribles:




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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par midjie le Lun 25 Nov 2013 - 21:23

Argh !! L'île aux mots !!! Le bouquin avec une progression en grammaire à s'arracher les cheveux...
C'est simple, je l'ai en classe (c'est le manuel acheté par l'école, il y a quelques années), je ne l'utilise qu'en lecture... Et encore, c'est surtout pour les jours de flemme...

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Loïse le Lun 25 Nov 2013 - 21:26

J'en ai assez que des inconnus médiatiques (ou créateurs de mauvaises méthodes) viennent nous faire la morale. "Vous faites mal votre métier. MOI JE SAIS COMMENT FAIRE. Vous avez échoué. Bouh. Vous êtes nuls. NULS." Juste, marre. Oui, il y a du vrai dans ce qu'ils disent. Mais on se fait engueuler par les inspecteurs, par les CPC, par les parents, par les élèves, par les collègues, et maintenant, par ceux qui doivent nous soutenir. Et les avantages acquis, j'aimerais bien qu'on me les montre, juste pour rire.

Et l'Île au mot, j'ai débuté avec en CM2... Pendant deux jours... Ensuite j'ai renoncé à utiliser un manuel...

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N'hésitez pas à me signaler mes fautes d'orthographe par mp !

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par atrium le Lun 25 Nov 2013 - 21:26

@midjie a écrit:Argh !! L'île aux mots !!! Le bouquin avec une progression en grammaire à s'arracher les cheveux...
C'est simple, je l'ai en classe (c'est le manuel acheté par l'école, il y a quelques années), je ne l'utilise qu'en lecture... Et encore, c'est surtout pour les jours de flemme...
Il faut te ressaisir, il a dit le monsieur! Tu es le rempart entre lui et la barbarie! Very Happy

Edit: mais non! Il a écrit qu'il faut te réveiller! Feignasse, va!



Dernière édition par atrium le Lun 25 Nov 2013 - 21:28, édité 1 fois

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par doublecasquette le Lun 25 Nov 2013 - 21:26

@Padre P. Lucas a écrit:
Bentolila a écrit:Institutrices, instituteurs, réveillez-vous ! Sachez que la nation compte sur vous pour transmettre à ses enfants notre patrimoine de valeurs culturelles, scientifiques et morales.
Qu'un type qui a pondu "Gafi le fantôme" vienne m'interpeller en ces termes me fait franchement rigoler. Jean-Paul, tu devrais surveiller tes fréquentations.
"Retourne te coucher pompier pyromane !"
Un type qui a inventé les groupes de petits parleurs en maternelle et a remplacé par des ateliers hebdomadaires tournant la séance quotidienne de langage où tout un chacun pouvait entendre parler tout le monde, apprendre à suivre en grand groupe, prendre la parole avec l'aide de l'instit mais aussi écouter de beaux textes, apprendre poèmes et comptines, ferait mieux de se taire et de se regarder dans la glace avant d'oser parler de patrimoine et de valeurs culturelles !

Tralala, c'est moi, DC !

_________________
Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
Et les mots inconsidérés,
Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
et là : http://www.slecc.fr/forum_0910/index.php

Et puis par là : http://doublecasquette3.eklablog.com/

doublecasquette
Prophète


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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par midjie le Lun 25 Nov 2013 - 21:31

@atrium a écrit:
@midjie a écrit:Argh !! L'île aux mots !!! Le bouquin avec une progression en grammaire à s'arracher les cheveux...
C'est simple, je l'ai en classe (c'est le manuel acheté par l'école, il y a quelques années), je ne l'utilise qu'en lecture... Et encore, c'est surtout pour les jours de flemme...
Il faut te ressaisir, il a dit le monsieur! Tu es le rempart entre lui et la barbarie! Very Happy

Edit: mais non! Il a écrit qu'il faut te réveiller! Feignasse, va!

Razz 
Ben il va attendre longtemps que je me réveille... Twisted Evil J'ai pas coché la case "sacrifice" sur mon arrêté de nomination !!! Laughing 

_________________
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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Padre P. Lucas le Lun 25 Nov 2013 - 21:37

@doublecasquette a écrit:Un type qui a inventé les groupes de petits parleurs en maternelle et a remplacé par des ateliers hebdomadaires tournant la séance quotidienne  de langage où tout un chacun pouvait entendre parler tout le monde, apprendre à suivre en grand groupe, prendre la parole avec l'aide de l'instit mais aussi écouter de beaux textes, apprendre poèmes et comptines, ferait mieux de se taire et de se regarder dans la glace avant d'oser parler de patrimoine et de valeurs culturelles !
Et les leçons de mots en maternelle !
Du goudron !chat  Des plumes !

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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par Loïse le Lun 25 Nov 2013 - 21:44

@midjie a écrit:
@atrium a écrit:
@midjie a écrit:Argh !! L'île aux mots !!! Le bouquin avec une progression en grammaire à s'arracher les cheveux...
C'est simple, je l'ai en classe (c'est le manuel acheté par l'école, il y a quelques années), je ne l'utilise qu'en lecture... Et encore, c'est surtout pour les jours de flemme...
Il faut te ressaisir, il a dit le monsieur! Tu es le rempart entre lui et la barbarie! Very Happy

Edit: mais non! Il a écrit qu'il faut te réveiller! Feignasse, va!

Razz 
Ben il va attendre longtemps que je me réveille... Twisted Evil J'ai pas coché la case "sacrifice" sur mon arrêté de nomination !!! Laughing 
Mais si, à côté de la case "obéir à tous les médiatiques qui connaissent ton travail mieux que toi", dans la sous partie "masochisme" !

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Almost anything can be improved with the addition of bacon.
Jasper Fforde, Shades of Grey
En bon français : Tout peut être amélioré avec du bacon !
N'hésitez pas à me signaler mes fautes d'orthographe par mp !

Loïse
Niveau 8


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Re: "Comment l'école fabrique l'échec scolaire" d'Alain Bentolila / JP Brighelli

Message par atrium le Lun 25 Nov 2013 - 21:45

Bon Ok. Nous ne mourrons donc pas sur le limes pour protéger les patriciens professeurs de linguistique médiatiques.

Engagez-vous, rengagez-vous qu'ils disaient.


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It's okay to be a responsible member of society if only you know what you're going to be held responsible for.

John Brunner, The Jagged Orbit

atrium
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