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Ergo
Enchanteur

Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ergo le Mer 27 Nov 2013 - 17:40
Mon petit cousin, EIP, est atteint de phobie scolaire. Il n'a quasiment pas fait de CM1 puis avec sa prise en charge psychiatrique, a pu faire une année de CM2 quasiment normale. En 6e, par contre, ça commence à se compliquer: au début, il y allait mais avec des crises au moment des récréations et de la cantine (sauf qu'il voulait faire comme tout le monde et y aller quand même). Il a manqué deux jours avant les vacances de la Toussaint puis là, ça fait trois semaines qu'il n'y va plus.

Via l'ent, ma cousine est en contact avec la plupart des enseignants. Sa nièce est également élève dans l'établissement donc elle récupère les cours en fin de journée et les lui transmet.
Et mon petit cousin est toujours suivi par une psychiatre.

Hier, il y a eu une équipe éducative pour essayer de trouver des solutions: ils ont proposé de le scolariser le matin uniquement mais ce matin, il est allé jusqu'au collège et n'a pas pu y entrer. humhum Et ma cousine commence à s'inquiéter sérieusement (est-ce qu'il va redoubler alors qu'il a déjà du mal à aller à l'école?): elle voudrait le mettre au CNED mais la psychiatre est contre et elle est assez désemparée par le manque d'informations dont elle dispose (tout en étant en contact avec une association pour les EIP).

Il a été suivi par un psychomotricien mais en suivi collectif avec des enfants qui n'avaient pas du tout le même problème que lui donc il a fini par arrêter.

Du coup, je me tourne vers ceux qui auraient des informations sur des procédures possibles ? Ma PA m'a parlé ergothérapeute et psychomotricien mais ça a un coût...


Dernière édition par John le Mer 27 Nov 2013 - 22:06, édité 1 fois (Raison : Ouverture d'un nouveau fil sur ce sujet.)

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Stay afraid, but do it anyway. What's important is the action. You don't have to wait to be confident. Just do it and eventually the confidence will follow. ---Carrie Fisher
Spartacus
Niveau 8

6e phobie scolaire

par Spartacus le Mer 27 Nov 2013 - 22:35
bonjour Ergo,

Je connais extrêmement bien la question de l'intérieur et de l'extérieur comme enseignant. Je vais la faire brève :
Si un enfant EIP développe une phobie scolaire, c'est parce qu'il est réellement différent et ne PEUT PAS trouver sa place dans un environnement ordinaire. Parfois il redoute l'école parce qu'il est détecté pour ce qu'il est et qu'on ne lui rend pas la vie facile.
Il est très problématique de faire suivre un tel enfant par un psychiatre : c'est lui laisser penser qu'il n'est pas normal. Chez un EIP cela peut être destructeur.
Il est très important que ses parents le soutiennent et défendent sa différence. Si par malheur ils lui laissent penser qu'ils sont du côté de l'école, prennent les patins des adultes et du psy, et lui demandent de s'intégrer à tout prix, ils risquent de lui demander quelque chose qu'il ne peut positivement pas faire. C'est de la souffrance pour aujourd'hui et du ressentiment accumulé pour demain.
Dernier point : si la souffrance est trop grande et persistante, la scolarisation à distance est une excellente chose, à titre provisoire ou définitivement. L'expérience montre que ces enfants qui partent dans la vie avec un handicap et seraient sans doute devenus peureux et socialement mal insérés, devienne des adultes très sociaux, parfaitement intégrés, très autonomes.
Il est important de comprendre que les problèmes que connaissent les EIP ne se dissiperont pas. Un enfant EIP - dit faussement précoce, ce qui laisse penser que la différence va se tasser avec le temps - sera le plus souvent un adulte EIP avec les mêmes caractéristiques. Un EIP qu'on oblige à inhiber ses tendances profondes sera un adulte qui éprouvera toute sa vie de gros problèmes d'adaptation. Problèmes qui seront infiniment moindres si on lui permet  d'avancer à son rythme.
Il est aussi très important de ne pas renvoyer de négatif à ces enfants en les obligeant à côtoyer des enfants ayant des problèmes psy. Se sentir associés à l'anormalité est également destructeur. L'intelligence n'est pas une tare et ne doit pas être ni dévalorisée, ni  renvoyée à du pathologique, ni nié.
La pire des chose est de s'imaginer que les choses peuvent rentrer dans l'ordre. La phobie est le symptôme de caractéristiques qui vont demeurer. Les parents qui sous la pression des "pros" de tous ordres, demandent aux enfants de "normaliser" leur comportement, s'exposent à un sérieux retour de flamme. Souvent ils n'admettent cette réalité que lorsque l'enfant est déjà brisé. Malheureusement nous sommes dans un système où ce sujet est très mal connu et assez mal vu... Même les associations sont très timorées. Il n'y a que les parents pour pouvoir prendre la bonne décision pour leur enfant. Souvent sans trop tenir compte des psy. Parfois contre les psy...
Dernier point : penser aux frères et soeurs, surtout si le QI est élevé. Dans une fratrie, l'écart excède rarement 20 points. Il y a généralement une grande homogénéité dans une famille. Il faut être attentif à une détresse qui pourrait se présenter très différemment. Les filles restent plus insérées, car elle sont plus conformiste et plus scolaires. Elles souffrent différemment. Souvent de façon invisible.
Tu peux me mettre un MP. Je te donnerai quelques liens vers des associations, sites ou forums.
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Ergo
Enchanteur

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ergo le Jeu 28 Nov 2013 - 7:27
Tu peux les mettre ici, les liens pourront être utiles à d'autres. Wink Merci pour ta réponse. Ma cousine est déjà en lien avec les associations. C'est davantage les moyens possibles à mettre en oeuvre par l'EN que j'aimerais connaître.

Ma cousine ne cherche pas à "normaliser" son enfant. Il est suivi par un psychiatre parce qu'il a été dépressif. Cela lui a permis de suivre quand même un CM2.
Pour l'instant, c'est lui qui veut quand même y retourner.

Il n'est pas autonome, c'est ce qui inquiète par rapport au CNED par exemple. Au collège, justement, personne ne mentionne qu'il est EIP - ça a supris ma cousine à l'équipe éducative parce que pour elle, c'est le point de départ et c'est ça qu'il faut prendre en compte. Après, au fond, j'imagine bien que le retour à l'école est quasiment impossible (à plus ou moins long terme de toute façon mais 6e, ça fait tôt quand même).

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InvitéPas
Niveau 10

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par InvitéPas le Jeu 28 Nov 2013 - 8:55
@Spartacus a écrit:bonjour Ergo,

Je connais extrêmement bien la question de l'intérieur et de l'extérieur comme enseignant. Je vais la faire brève :
Si un enfant EIP développe une phobie scolaire, c'est parce qu'il est réellement différent et ne PEUT PAS trouver sa place dans un environnement ordinaire. Parfois il redoute l'école parce qu'il est détecté pour ce qu'il est et qu'on ne lui rend pas la vie facile.
Il est très problématique de faire suivre un tel enfant par un psychiatre : c'est lui laisser penser qu'il n'est pas normal. Chez un EIP cela peut être destructeur.
Il est très important que ses parents le soutiennent et défendent sa différence. Si par malheur ils lui laissent penser qu'ils sont du côté de l'école, prennent les patins des adultes et du psy, et lui demandent de s'intégrer à tout prix, ils risquent de lui demander quelque chose qu'il ne peut positivement pas faire. C'est de la souffrance pour aujourd'hui et du ressentiment accumulé pour demain.
Dernier point : si la souffrance est trop grande et persistante, la scolarisation à distance est une excellente chose, à titre provisoire ou définitivement. L'expérience montre que ces enfants qui partent dans la vie avec un handicap et seraient sans doute devenus peureux et socialement mal insérés, devienne des adultes très sociaux, parfaitement intégrés, très autonomes.
Il est important de comprendre que les problèmes que connaissent les EIP ne se dissiperont pas. Un enfant EIP - dit faussement précoce, ce qui laisse penser que la différence va se tasser avec le temps - sera le plus souvent un adulte EIP avec les mêmes caractéristiques. Un EIP qu'on oblige à inhiber ses tendances profondes sera un adulte qui éprouvera toute sa vie de gros problèmes d'adaptation. Problèmes qui seront infiniment moindres si on lui permet  d'avancer à son rythme.
Il est aussi très important de ne pas renvoyer de négatif à ces enfants en les obligeant à côtoyer des enfants ayant des problèmes psy. Se sentir associés à l'anormalité est également destructeur. L'intelligence n'est pas une tare et ne doit pas être ni dévalorisée, ni  renvoyée à du pathologique, ni nié.
La pire des chose est de s'imaginer que les choses peuvent rentrer dans l'ordre. La phobie est le symptôme de caractéristiques qui vont demeurer. Les parents qui sous la pression des "pros" de tous ordres, demandent aux enfants de "normaliser" leur comportement, s'exposent à un sérieux retour de flamme. Souvent ils n'admettent cette réalité que lorsque l'enfant est déjà brisé. Malheureusement nous sommes dans un système où ce sujet est très mal connu et assez mal vu... Même les associations sont très timorées. Il n'y a que les parents pour pouvoir prendre la bonne décision pour leur enfant. Souvent sans trop tenir compte des psy. Parfois contre les psy...
Dernier point : penser aux frères et soeurs, surtout si le QI est élevé. Dans une fratrie, l'écart excède rarement 20 points. Il y a généralement une grande homogénéité dans une famille. Il faut être attentif à une détresse qui pourrait se présenter très différemment. Les filles restent plus insérées, car elle sont plus conformiste et plus scolaires. Elles souffrent différemment. Souvent de façon invisible.
Tu peux me mettre un MP. Je te donnerai quelques liens vers des associations, sites ou forums.
Merci pour ce long message !

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Ronin
Guide spirituel

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ronin le Jeu 28 Nov 2013 - 9:21
Et si la phobie n'avait aucun rapport avec la précocité ?

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Spartacus
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Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Spartacus le Jeu 28 Nov 2013 - 12:05
@Ronin a écrit:Et si la phobie n'avait aucun rapport avec la précocité ?
C'est possible. Mais l'expérience prouve que c'est très fortement corrélé.
Aux parents de creuser. Mais s'ils ont dû procéder à une évaluation, c'est déjà le signe qu'on a soupçonné une relation que le test est venu confirmer.

@Ergo a écrit:Tu peux les mettre ici, les liens pourront être utiles à d'autres.
Non, parce que je me réserve de donner mon avis (20 ans de galère) qui n'engage que moi. Sinon, les adresses et les forums sont disponibles sur le net.

Si ton petit cousin est dépressif, la cause de sa dépression ce n'est pas une cause interne (fragilité, pb psy...) mais cela vient de la confrontation avec un monde, des apprentissages, des objectifs... qui le rende dépressif. Le "soigner" lui, c'est refuser de prendre en compte son VRAI problème et le placer devant l'injonction de changer sa nature profonde. Ce qu'il ne peut pas faire.

Il faut savoir que ses parents seront toujours seuls pour prendre la bonne décision. En effet, même les associations (qui sont également des organes de négociation avec les pouvoir publics) rechignent à encourager les parents à placer le problème sur le plan du don. On va parler de "différence", mais quand on a dit ça on n'a rien dit du tout... Au pire on déclenche des réactions pavloviennes.
Certaines associations au contraire ont des trucs à vendre, des professionnels amis... Ils peuvent pousser au clash avec l'institution scolaire, sachant qu'une fois arrivé au point de non retour, les parents n'auront plus qu'à prendre leurs enfants et à trouver une solution d'urgence dans l'urgence (celle qu'on va leur vendre).
D'une façon générale, qd on se retrouve avec un EIP qui présente des troubles des apprentissages, des phobies ou toute autre conséquence due à la confrontation avec la collectivité scolaire, sauf à de très très rares exceptions, on ne peut compter que sur soi. Tous les autres acteurs de cette situation, et souvent même ceux qui font profession du bien de l'enfant et de l'enfant EIP, pousseront d'une façon ou une autre à la "normalisation". Les deux passages suivants de ton messages me laisse penser qu'on est déjà dans cette configuration :

...mais la psychiatre est contre... (le CNED)
Au collège, justement, personne ne mentionne qu'il est EIP - ça a supris ma cousine à l'équipe éducative parce que pour elle, c'est le point de départ et c'est ça qu'il faut prendre en compte.
Il faudrait éloigner le gamin de l'école assez longtemps pour qu'il retombe sur ses pieds.
Savoir si les difficultés sont davantage cognitives ou relationnelles.
Le faire évaluer par un vrai pro. Arielle Adda par exemple. Fine, assez modérée, capable de faire des prédictions qui se révèlent prophétiques avec les années.
Savoir si on est sur du HQI ou du THQI (haut QI ou très haut QI). Souvent, les HQI sont des élèves insérés et brillants. C'est dans les THQI qu'on se heurte à des problèmes lourds en milieu scolaire. (en gros)
Se renseigner sur les méthodes de Gestion mentale, par exemple (mais pas de PNL). Très adaptée au enfants réceptifs.
Pour la scolarisation à distance, si il s'avère que c'est la seule solution pour épargner l'enfant, ne pas craindre pour la socialisation. Tous les témoignages vont dans le sens d'un bonne insertion sociale à l'âge adulte. Le phobique scolaire au contraire a un fort risque de devenir socialement out, à cause de ses mauvais souvenir enfants.
C'est quelque chose d'assez lourd à mettre en place. Il faut de la disponibilité (grand parents, alternance de parents ne travaillant pas à temps plein...) et souvent un enfant "très différent" pourra continuer de poser des problèmes d'apprentissage (certains sont littéralement incapables d'apprendre une langue). Autre remarque : les cours du CNED sont assez inappropriés, car très chargés, trop... L'EIP n'a pas besoin qu'on lui apprenne beaucoup de chose, mais des choses complexes. C'est d'ailleurs pourquoi les sauts de classes ne sont pas une solution valable sur le long terme.
Chez les EIP, notamment ceux qui rencontrent des difficultés d'apprentissage (30% sont en échec sco) leur "cerveau" ne se met en branle qu'à partir d'un certain degré de difficulté. Ce qui est simple pour les autres devient donc une barrière qui peut les faire passer pour des "moins intelligents". Qui peut le plus ne peut pas forcément le moins. C'est d'ailleurs sur ce type de raisonnement qui méconnait la réalité d l'EIP, qu'on s'appuie pour émettre des doutes ou jeter le discrédit sur ces enfants.
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Ajupouet
Habitué du forum

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ajupouet le Jeu 28 Nov 2013 - 15:24
Merci Spartacus fleurs 
Ça fait du bien de lire tes mots.
Ma grande THQI est instruite en famille, sans regrets.
Elle m'a dit il y a peu, de retour de deux mois en immersion complète dans une famille en Espagne " tu sais, le plus dur, c'est de se donner le droit d'être soi-même "...



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doublecasquette
Devin

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par doublecasquette le Jeu 28 Nov 2013 - 15:37
@Spartacus a écrit:

Chez les EIP, notamment ceux qui rencontrent des difficultés d'apprentissage (30% sont en échec sco) leur "cerveau" ne se met en branle qu'à partir d'un certain degré de difficulté. Ce qui est simple pour les autres devient donc une barrière qui peut les faire passer pour des "moins intelligents". Qui peut le plus ne peut pas forcément le moins. C'est d'ailleurs sur ce type de raisonnement qui méconnait la réalité d l'EIP, qu'on s'appuie pour émettre des doutes ou jeter le discrédit sur ces enfants.
Oui et c'est pour ça que le conseil que je donnerais aux parents, c'est ce que j'ai fait pour mon fils (155 de QI verbal à onze ans en échec scolaire + phobie + dépression), leur tenir la tête hors de l'eau et les faire passer de classe en classe. Arrivé en Master, le minable 10 de moyenne générale de sixième se transforme en 15 les doigts dans le nez, à condition de ne pas trop exprimer sa révolte. Mais bon, en route, il y a d'atroces souffrances, de grosses angoisses et des moments d'intense découragement. Bon courage au petit et à ses parents !

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Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
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Papote aussi par là : http://salledesmaitres.forumactif.org/
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Chocolat
Guide spirituel

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Chocolat le Jeu 28 Nov 2013 - 17:23
L'objectif principal de l'EN est une joyeuse normalisation de surface avec nivellement par le bas, qui ne prend pas du tout en charge les différences de type EIP.
Une prise de conscience commence à faire son chemin, et il faut exiger la mise en place d'aménagements spécifiques.

On le fait bien pour les enfants présentant des troubles du langage et du comportement, alors pourquoi pas pour les EIP ?
Parce que la réponse classique (et parfaitement stupide) a toujours été un truc du style "et bien s'ils sont si intelligents que ça, ils n'ont qu'à se débrouiller !". Rolling Eyes 
C'est une injustice, d'autant plus que leur prise en charge est bien plus facile à mettre en place que celle des autres; et comme ce sont des enfants très sensibles, ils souffrent beaucoup, surtout au collège.

http://eduscol.education.fr/cid59724/eleves-intellectuellement-precoces.html

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/eleves_intellectuellement_precoces_/99/4/Module_formation_EIP_268994.pdf

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La réforme du collège décryptée sur un site indépendant et apolitique :
http://www.reformeducollege.fr/
Spartacus
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Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Spartacus le Jeu 28 Nov 2013 - 18:00
Merci les gens!
Moi qui m'attendais à une levée de boucliers... Very Happy Very Happy Very Happy 

Voici un petit poème dédié aux surdoués. Il est écrit par un psy polonais qui s'est intéressé au personnes HQI ou THQI. Il en a tiré une théorie géniale, celle de la "désintégration positive". Pour lui, une grande partie de ce que l'on a coutume d'appeler des "névrosés" ne sont en réalité que des gens doués qui n'ont pas pu exprimer leur véritables nature-personnalité-caractéristiques. Il en a tiré un petit poème que je dédie à tous les petits et grands qui s'y reconnaitrons :

Du livre de K. Dabrowski " la névrose n'est pas une maladie"

Je vous salue névrosés !
Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible, n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes.
Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes.
Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance.
Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde, parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde.
Pour votre peur de l’absurdité de l’existence.
Pour votre subtilité à ne pas dire aux autres ce que vous voyez en eux
Pour votre difficulté à gérer les choses pratiques et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu.
Pour votre réalisme transcendantal et votre manque de réalisme au quotidien.
Pour votre sens de l’exclusivité et votre peur de perdre vos amis proches.
Pour votre créativité et votre capacité à vous extasier.
Pour votre inadaptation à « ce qui est » et votre capacité d’adaptation à « ce qui devrait être ».
Pour toutes vos capacités inutilisées.
Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous.
Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres. Parce que votre pouvoir immense est toujours mis à bas par une force brutale.
Et pour tout ce que vous êtes capable de deviner, tout ce que vous n’exprimez pas, et tout ce qui est infini en vous.
Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies
Soyez salués!


Pour ceux qui veulent en savoir plus :

http://wiki.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:dabrowski
InvitéPas
Niveau 10

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par InvitéPas le Jeu 28 Nov 2013 - 19:30
@doublecasquette a écrit:
@Spartacus a écrit:

Chez les EIP, notamment ceux qui rencontrent des difficultés d'apprentissage (30% sont en échec sco) leur "cerveau" ne se met en branle qu'à partir d'un certain degré de difficulté. Ce qui est simple pour les autres devient donc une barrière qui peut les faire passer pour des "moins intelligents". Qui peut le plus ne peut pas forcément le moins. C'est d'ailleurs sur ce type de raisonnement qui méconnait la réalité d l'EIP, qu'on s'appuie pour émettre des doutes ou jeter le discrédit sur ces enfants.
Oui et c'est pour ça que le conseil que je donnerais aux parents, c'est ce que j'ai fait pour mon fils (155 de QI verbal à onze ans en échec scolaire + phobie + dépression), leur tenir la tête hors de l'eau et les faire passer de classe en classe. Arrivé en Master, le minable 10 de moyenne générale de sixième se transforme en 15 les doigts dans le nez, à condition de ne pas trop exprimer sa révolte. Mais bon, en route, il y a d'atroces souffrances, de grosses angoisses et des moments d'intense découragement. Bon courage au petit et à ses parents !
Peux-tu en dire davantage ? Je ne comprends pas le rapport.

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Lilypims
Grand sage

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Lilypims le Jeu 28 Nov 2013 - 19:41
@Spartacus a écrit:
Le faire évaluer par un vrai pro. Arielle Adda par exemple. Fine, assez modérée, capable de faire des prédictions qui se révèlent prophétiques avec les années.
Mais une fois que c'est fait, est-ce qu'on vit mieux ? Je veux dire : la vie est-elle plus facile et pourquoi ?
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Ergo
Enchanteur

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ergo le Jeu 28 Nov 2013 - 20:06
Merci pour les précisions, Spartacus. Je relirai ça à tête reposée et transmettrai.
Le problème va bien se situer dans la prise en charge. Pour l'instant, ma cousine a fait appel à des cours particuliers mais ça a un coût...

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Gryphe
Médiateur

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Gryphe le Jeu 28 Nov 2013 - 21:14
L'EIP n'a pas besoin qu'on lui apprenne beaucoup de chose, mais des choses complexes.
Merci.

Ergo, j'espère que tu trouveras de l'aide.
En tout cas, la lecture de ce topic est très intéressante.
Merci Spartacus et merci aux autres qui ont répondu aussi.
Bon courage à tous ceux qui galèrent. trefle
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Thalie
Grand sage

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Thalie le Jeu 28 Nov 2013 - 21:55
Merci Spartacus.
Tout ce que tu dis rejoint ce que je lis depuis une dizaine de jours sur ce thème. J'ai entendu parler de Dabrowski cette semaine en naviguant sur les forums de HQI et j'ai assisté vendredi à une conférence de Jeanne Siaud-Facchin sur ce thème, c'est elle qui parle des "zèbres".
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Ajupouet
Habitué du forum

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Ajupouet le Ven 29 Nov 2013 - 9:31
Passacaille, ( Doublecasquette, tu me diras si je détourne ta pensée)

Le problème vient essentiellement d'un fonctionnement cérébral différent. Faire redoubler l'enfant ne changera rien à ce fait.
Leur faire garder la tête hors de l'eau, c'est le minimum que l'on doive faire pour les aider. Éviter le décrochage complet, en somme, et leur donner un minimum de méthodes. Une fois dans le supérieur, leur différence de fonctionnement peut devenir enfin un atout, et plus un handicap.

Pour le CNED, je rejoins Spartacus. Ce n'est pas du tout adapté. Qu'est ce que c'est lourd et ch...nt!
Cette année, ici, nous faisons de l'enseignement plus à la carte :
Cours de base sur Maxicours à volonté, exercices d'entraînement dans des livres choisis, beaucoup de lectures, entraînement à la rédaction et évaluations par des cours par correspondance privés. Pour le fun, programmation , astronomie( sur des MOOCS) .
Pour les langues, ma grande est effectivement assez hermétique aux cours scolaires. Donc elle part régulièrement en immersion complète à l'étranger ( 2 mois l'année passée en Espagne, trois mois cette année en pays anglophone). C'est tellement plus efficace! On regarde en plus les films en vo sous titrés en vo, et puis ça progresse très très bien en langues, sans stress.
Ma grande fait en plus du théâtre , sa passion.
* mode fierté on * Elle vient de décrocher le premier rôle * mode fierté off*
Bref, c'est un peu compliqué à organiser, on n'ose pas au début, mais quand on a trouvé l'équilibre, c'est tellement gratifiant.

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Spartacus
Niveau 8

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Spartacus le Ven 29 Nov 2013 - 10:07
@Lilypims a écrit:
@Spartacus a écrit:
Le faire évaluer par un vrai pro. Arielle Adda par exemple. Fine, assez modérée, capable de faire des prédictions qui se révèlent prophétiques avec les années.
Mais une fois que c'est fait, est-ce qu'on vit mieux ? Je veux dire : la vie est-elle plus facile et pourquoi ?
Non, on ne vit pas mieux. Mais ça permet aux parents de devenir acteurs, de prendre la main sur ce qui leur arrive, de ne pas rester dépendants d'associations et de médecins et d'enseignants qui tous (à de rares exceptions près) vont tout faire pour que la situation se normalise en laissant l'enfant à l'école. Quand on se retrouve avec un EIP, le réflexe est de se retourner vers les professionnels parce qu'on est désemparés. Ce qu'il faut faire au contraire, c'est devenir soi-même l'expert de son propre enfant. Les conseilleurs ne sont pas le payeurs. Si les conseils qui surfent souvent sur les idées  généralement admises sur la question (les associations sont composées souvent de simple parents) se révèlent inappropriées, personne ne sera responsable, et quand on commencera à s'alarmer, ce sera parce que les dégâts seront déjà très lourd.

Non, on ne vit pas mieux, parce c'est illusoire de penser que les choses puissent rentrer dans l'ordre : l'ordre pour les EIP, c'est ce qui leur est dicté de l'intérieur. C'est cet impératif interne qui en se confrontant à la norme extérieur, révèle une différence et provoque des réactions en chaîne. L'EIP est très souvent un enfant sans problème jusqu'au moment d'aller à l'école. Ne pleure pas, parle vite et bien, marche de bonne-heure, sociable, raisonnable, curieux, apprend souvent à lire seul avant 4 ans, ouvert... C'est la confrontation avec l'école qui révèle le hiatus et déclenche des réactions cognitives, comportementales et relationnelles inappropriées. Premièrement en révélant un fonctionnement différents des autres enfants, ensuite en suscitant des réactions qui sont de la part de l'enfant la conséquence de ses tentatives d'adaptations maladroites qui se révèlent souvent désastreuse pour lui, entraînant dépression, rejet, blocages cognitifs... C'est généralement à ce stade qu'on remarque que quelque chose ne tourne pas rond. Comme c'est la confrontation avec la collectivité scolaire qui déclenche les troubles de comportements, j'ai coutume de dire que ce sont des enfants "malades de l'école".

On ne vit pas mieux non plus parce que l'EIP n'est précoce que de nom. Comme je l'ai déjà dit, un enfant (T)HQI restera un adulte (T)HQI, avec son hypersensibilité à plein de choses, sa curiosité, une sentiment d'étrangeté permanent (que les autres ressentiront et qui sera souvent à l'origine d'un rejet)... Même en sachant pourquoi on se sent étrange, cela ne rend pas les chose plus simple. Que dire alors de ceux qui après avoir été d'échec en échec se découvrent HQI, par exemple à la faveur de problèmes posés par leurs propres enfants à l'école, comme c'est souvent le cas... Un enfant HQI identifié, c'est bien souvent toute une famille qui devra s'approprier le problème.

Je sais que ce type de discours peut défriser les égalitaristes à tout crin. Je rappelle que sont concernés par la question 1 enfant sur 20. Soit 1 ou 2 par classe.

Pas le temps de poursuivre... En plus c'est plein de fautes, mais je dois partir.
Je reviens en soirée pour répondre sur les autres points.

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Lilypims
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Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Lilypims le Ven 29 Nov 2013 - 17:23
Merci, Spartacus.

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Amaliah
Empereur

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Amaliah le Ven 29 Nov 2013 - 17:50
Je te lis avec grand intérêt, Spartacus. Merci pour tes interventions.
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Nessy
Niveau 3

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par Nessy le Mar 3 Déc 2013 - 9:19
@Lilypims a écrit:
@Spartacus a écrit:
Le faire évaluer par un vrai pro. Arielle Adda par exemple. Fine, assez modérée, capable de faire des prédictions qui se révèlent prophétiques avec les années.
Mais une fois que c'est fait, est-ce qu'on vit mieux ? Je veux dire : la vie est-elle plus facile et pourquoi ?
Je dirais que l'évaluation permet de mettre des mots sur un vécu. Cela ne rend pas la vie plus facile, mais permet de mieux comprendre le fonctionnement de son enfant et souvent le sien propre (les chiens ne font pas des chats !). Se sentir un extra-terrestre au quotidien est plus facile à vivre quand on comprend pourquoi on éprouve ce sentiment.

Ceci étant, l'accompagnement d'un enfant HPI (Haut potentiel intellectuel) en milieu scolaire, même (surtout?) lorsque l'on est soi-même enseignant relève parfois du parcours du combattant, justement parce qu'il a des besoins particuliers sans avoir le profil du brillant premier de classe (enfin pas toujours) et une hypersensibilité qui le fragilise terriblement dans les relations humaines.
Peu de collègues sont formés sur la précocité, et ils ne sont pas toujours réceptifs à la problématique de ces enfants.
Je rejoins Spartacus sur le fait que c'est aux parents de prendre les décisions qu'ils ressentent comme bonnes pour leur enfant, pas aux professionnels de tous bords qu'ils rencontrent. L'enfant a besoin de sentir qu'il peut faire confiance à ses parents et s'appuyer sur eux.
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gnafron2004
Sage

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par gnafron2004 le Mar 3 Déc 2013 - 11:40
question d'une ignare totale en la matière : est ce que les écoles de type montessori sont plus adaptées au enfants/adolescents EIP ? aux phobiques scolaires, qu'ils soient EIP ou pas ?
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doublecasquette
Devin

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par doublecasquette le Mar 3 Déc 2013 - 18:41
Passacaille a écrit:
@doublecasquette a écrit:
@Spartacus a écrit:

Chez les EIP, notamment ceux qui rencontrent des difficultés d'apprentissage (30% sont en échec sco) leur "cerveau" ne se met en branle qu'à partir d'un certain degré de difficulté. Ce qui est simple pour les autres devient donc une barrière qui peut les faire passer pour des "moins intelligents". Qui peut le plus ne peut pas forcément le moins. C'est d'ailleurs sur ce type de raisonnement qui méconnait la réalité d l'EIP, qu'on s'appuie pour émettre des doutes ou jeter le discrédit sur ces enfants.
Oui et c'est pour ça que le conseil que je donnerais aux parents, c'est ce que j'ai fait pour mon fils (155 de QI verbal à onze ans en échec scolaire + phobie + dépression), leur tenir la tête hors de l'eau et les faire passer de classe en classe. Arrivé en Master, le minable 10 de moyenne générale de sixième se transforme en 15 les doigts dans le nez, à condition de ne pas trop exprimer sa révolte. Mais bon, en route, il y a d'atroces souffrances, de grosses angoisses et des moments d'intense découragement. Bon courage au petit et à ses parents !
Peux-tu en dire davantage ? Je ne comprends pas le rapport.
Je ne comprends pas bien ce que tu ne comprends pas et pourquoi tu ne vois pas le rapport.
Je vais essayer avec un exemple précis. Soit un EIP de douze ans face à un contrôle d'histoire sur les Lumières.

Une image: la première page de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert.
Question: quel est le nom de cet ouvrage, qui l'a réalisé, en quelle année ?
Tout le monde récolte les points sauf le petit EIP qui ne sait pas quoi répondre à ces questions. Que pourrait-il bien répondre ? Qu'attend-on de lui ? Alors, il ne répond pas, et ce d'autant plus qu'il a quantité de choses à raconter sur le sujet et qu'il n'y a que trois demi-lignes sur la feuille photocopié pour mettre sa réponse, que la sonnerie retentit alors qu'il en est encore à planer sur Diderot ou sur D'Alembert.
Pour l'EIP qui me concerne, j'ai procédé, pour l'épreuve scientifique du bac L à un véritable dressage qu'il était assez grand pour supporter. Il avait 4 ou 5 de moyenne d'année ...
J'ai d'abord préparé trois fiches bristol recto-verso où étaient clairement réunies toutes les notions à connaître en SVT et Physique pour passer cette épreuve ultra-facile.
Nous avons pris les annales, un réveil, et j'ai passé deux heures trois fois par semaine, d'avril à juin, à lui faire faire les annales. Hormis connaître les phrases clés inscrites sur les fifiches, tout le reste consiste à recopier en phrase affirmative la question posée et une partie du texte de l'un ou l'autre document fournis. Je l'ai forcé à le faire: recopier mot à mot, méthodiquement, et apprendre à tenir deux heures chronométrées sur cet exercice fastidieux. Au bout de quelques épreuves, il s'est écrié : "Mais c'est ça qu'on me demande ? Que ça ? Ils ne veulent rien d'autre ? ". Ben oui, ce n'est que ça, pas plus et encore faut-il que l'EIP soit assez grand pour le comprendre et le mettre en application: contraindre son cerveau à recopier des évidences pendant deux heures, en s'appliquant, en soulignant, en numérotant. Bilan de ce décryptage: 19.5/20 au bac alors qu'il n'avait jamais réussi à obtenir la moyenne en Physique chimie ou en SVT depuis la Sixième.
Je n'aurais pu le soumettre plus précocément au traitement de choc que je lui ai imposé ce printemps-là  car il n'avait pas auparavant la maturité nécessaire pour subir un tel dressage sans risquer de devenir encore plus fou qu'il ne le semblait mais encore fallait-il l'avoir amené jusque là.

Nombre d'EIP ne comprennent absolument pas ce qu'on leur demande quand il s'agit de recopier ce qui est inscrit sur un document qu'on leur fournit. Ils sont incapables de donner peu et plus ce qu'on leur demande est facile et simple, moins ils y arrivent, d'autant plus que, pour reprendre l'exemple de départ, un nom comme Diderot va leur faire battre la campagne à mille lieues sans qu'ils soient encore en mesure de rédiger le texte structuré qui pourrait décrire leur pensée dite arborescente ou en étoile (à opposer à la pensée linéaire dont d'autres disposent aisément).

Donc, si on a réussi à leur tenir la tête hors de l'eau et à leur faire peu à peu acquérir à peu près la méthode commune, et à éviter qu'ils soient éjectés par la petite porte du système scolaire, ils arriveront enfin parfois à exprimer leur niveau de connaissances et les déductions qui en découlent lorsque les épreuves scolaires qu'on leur imposera seront suffisamment ouvertes et d'une durée compatible avec ce qu'ils ont à rédiger.

Je suis loin d'avoir tout dit mais j'espère que ce sera plus clair ainsi.

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Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
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Pour les phrases venant de lèvres inconnues
Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.



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User17706
Enchanteur

Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par User17706 le Mar 3 Déc 2013 - 20:14
C'est très clair et très intéressant. Je serais curieux de savoir s'il y a des références de solide réputation sur l'opposition linéaire / arborescent. Genre la référence d'un bouquin que quelqu'un ayant l'expérience de la chose conseillerait personnellement.

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doublecasquette
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Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par doublecasquette le Mar 3 Déc 2013 - 21:02
PauvreYorick a écrit:C'est très clair et très intéressant. Je serais curieux de savoir s'il y a des références de solide réputation sur l'opposition linéaire / arborescent. Genre la référence d'un bouquin que quelqu'un ayant l'expérience de la chose conseillerait personnellement.
L'enfant surdoué de Jeanne Siaud-Facchin. C'est pour tout public mais ça explique assez bien cette démarche en arborescence. Il y a peut-être mieux mais ça permet de comprendre la feuille blanche et le petit élève totalement " à l'ouest ", à côté de ses pompes. Ça a peut-être un peu vieilli.


En résumé : L'enfant surdoué
Comment aider l'enfant surdoué à s'épanouir et à mettre à profit ses immenses capacités ?
Le Mot de l'éditeur : L'enfant surdoué
Comment aider l’enfant surdoué à s’épanouir et à mettre à profit ses immenses capacités ? Être surdoué, c’est une richesse, mais c’est aussi une différence que les parents et les enseignants connaissent mal. • Qu’est-ce qu’un enfant surdoué ??Comment le reconnaître ? • En quoi sa personnalité est-elle différente ? • En quoi son mode de pensée est-il différent ? • Comment l’aider dans son développement affectif ? • Faut-il le mettre dans une école spécialisée ? • Comment lui parler de sa « précocité » ? • Comment organiser sa vie au quotidien ? « Un guide pratique pour aider un enfant surdoué à s’épanouir. Des précisions sur les critères véritables qui font que l’on peut dire d’un enfant qu’il est surdoué. » Psychologies Magazine. « Un livre lumineux. » Le Point. Ancienne attachée des Hôpitaux de Paris et de Marseille, Jeanne Siaud-Facchin est psychologue clinicienne. Spécialiste reconnue des surdoués, elle a créé Cogito’Z, premiers centres français de prise en charge des troubles des apprentissages scolaires. L’Enfant surdoué est devenu la référence dans son domaine. Elle est également l’auteur de Trop intelligent pour être heureux ?, qui est un immense succès. Nouvelle édition, entièrement revue et augmentée.

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doublecasquette
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Re: Que faire pour un 6eme EIP atteint de phobie scolaire ?

par doublecasquette le Mar 3 Déc 2013 - 21:10
J'ai ça, qui est assez clair, du même auteur :
https://sites.google.com/site/aadrad02/qu-est-ce-que-la-douance/conference-de-j-siaud-facchin-anpeip-lyon-le-24-11-07

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