Olivier Galland, sociologue : "Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé".

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Olivier Galland, sociologue : "Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé".

Message par John le Mer 4 Déc 2013 - 23:52

Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé. Certes, l'entrée dans la vie adulte est plus compliquée qu'autrefois. Détenir un diplôme n'est pas suffisant pour se construire un avenir. Mais ils intègrent très tôt qu'ils vont devoir façonner leur propre parcours et ils acceptent assez bien cette phase de tâtonnement. [...]

En France, encore plus qu'ailleurs, l'école effectue un tri féroce. Ceux que l'institution rejette connaissent de grandes difficultés. Le clivage entre les jeunes qui ont fait des études et les autres est de plus en plus profond. Dans les années 1960, les non-diplômés trouvaient encore des emplois non qualifiés au sein de l'industrie.

Aujourd'hui, leur risque d'être au chômage est deux fois et demie plus élevé que pour les jeunes diplômés. Il y a en réalité deux jeunesses en France. Tandis que l'une se cherche, mais finit par trouver sa place entre 25 et 30 ans, l'autre est en échec et en souffrance. La responsabilité en incombe en grande partie à notre système scolaire : 150 000 jeunes aujourd'hui - près de 20 % d'une génération - sont des décrocheurs et sortent du système scolaire sans qualification. [...]

La loi de refondation de l'école accrédite l'idée que l'école souffre d'un problème de moyens, alors que ça n'est pas le sujet principal. Ensuite, ce cadeau à la communauté éducative n'a fait l'objet d'aucune contrepartie. Plus grave, la loi de refondation de l'école ne remet absolument pas en question cette culture scolaire totalement dépassée.  

A aucun moment, par exemple, elle n'évoque la nécessité d'inculquer d'autres compétences, comme la capacité d'apprendre à apprendre, d'interagir avec les autres ou, même, de savoir maîtriser ses émotions. Selon l'idéologie dominante, en France, c'est aux familles de transmettre ces savoir-faire. Or, au sein des milieux défavorisés, cette transmission ne se fait pas du tout, ou très mal, et cela pénalise les enfants dans leur scolarité.

[...] Une grande partie des 20% de jeunes qui décrochent vient de milieux défavorisés. Cela traduit l'inégalité engendrée par un système qui persiste à brandir l'égalité ou l'équité comme vertu cardinale. Les répercussions sur ces jeunes sont assez dramatiques. Voir la première institution de la République à laquelle vous êtes confronté vous claquer la porte au nez et vous laisser tomber n'est pas indolore.  

Et si ces échecs scolaires se conjuguent avec des conflits familiaux, le risque de dérive est important. Or, rien n'est fait pour cette jeunesse mise à l'écart par l'école. C'est inacceptable. Sans compter le fait que l'on prend le risque d'alimenter un sentiment d'injustice, voire de révolte, comme on l'a vu, en 2005, dans les banlieues.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/education/olivier-galland-l-ecole-effectue-un-tri-feroce_1304828.html#to3rzoFsO1VEkRyH.99[/quote]

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Re: Olivier Galland, sociologue : "Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé".

Message par C'est pas faux le Mer 4 Déc 2013 - 23:58

Olivier Galland a écrit:A aucun moment, par exemple, elle n'évoque la nécessité d'inculquer d'autres compétences, comme la capacité d'apprendre à apprendre, d'interagir avec les autres ou, même, de savoir maîtriser ses émotions. Selon l'idéologie dominante, en France, c'est aux familles de transmettre ces savoir-faire. Au sein des milieux défavorisés, cette transmission ne se fait pas du tout, ou très mal, et cela pénalise les enfants dans leur scolarité.
L'école, comme centre de rééducation. Et quel mépris pour les petites gens. Des contre-exemples de défavorisés très bien, voire parfaitement éduqués, nous en avons tous plein.

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Re: Olivier Galland, sociologue : "Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé".

Message par John le Jeu 5 Déc 2013 - 0:04

Chez les pauvres, on ne maîtrise pas ses émotions, on interagit pas avec les autres, et on ne sait pas apprendre à apprendre.

Je suis effectivement atterré par la relecture de ce paragraphe No 

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Re: Olivier Galland, sociologue : "Sortons d'un discours misérabiliste. La plupart des jeunes se disent heureux et en bonne santé".

Message par grandesvacances le Jeu 5 Déc 2013 - 0:08

@C'est pas faux a écrit:
Olivier Galland a écrit:A aucun moment, par exemple, elle n'évoque la nécessité d'inculquer d'autres compétences, comme la capacité d'apprendre à apprendre, d'interagir avec les autres ou, même, de savoir maîtriser ses émotions. Selon l'idéologie dominante, en France, c'est aux familles de transmettre ces savoir-faire. Au sein des milieux défavorisés, cette transmission ne se fait pas du tout, ou très mal, et cela pénalise les enfants dans leur scolarité.
L'école, comme centre de rééducation. Et quel mépris pour les petites gens. Des contre-exemples de défavorisés très bien, voire parfaitement éduqués, nous en avons tous plein.
Oui, quel tissu de préjugés !
Ces savoir-faire, comme il dit, beaucoup de familles modestes les transmettent très bien. Faut pas se faire des films.

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