Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

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Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par adelaideaugusta le Sam 7 Déc 2013 - 12:51

"Comme tous les trois ans, la désormais fameuse enquête  « Pisa »est de retour. Je rappelle qu’il s’agit d’une étude conduite dans 65 pays par l’OCDE sur les performances des élèves de 15 ans, donc juste avant la fin de la scolarité obligatoire, en mathématiques, sciences et lecture. Deux tendances semblent se dessiner : certains pays ont progressé plus que nous et les inégalités se sont accrues entre les bons élèves et les autres, ce qui donne à première vue le sentiment d’un « décrochage » de notre pays. Comme tous les trois ans, nombre d’observateurs se sont pour cette raison engouffrés dans une même erreur méthodologique : sans y réfléchir une seconde, ils ont considéré comme allant de soi que Pisa évaluait nos systèmes éducatifs. Or, c’est largement faux.
L’enquête ne porte ni sur la qualité de recrutement des enseignants, ni sur la pertinence des programmes, le nombre d’élèves par classe ou les méthodes pédagogiques, mais exclusivement sur les performances de nos élèves. C’est dire que bien d’autres facteurs que le système scolaire peuvent entrer en ligne de compte, à commencer par l’état de la société et, surtout, des familles.
A confondre en permanence, comme le font les commentateurs pressés, éducation et enseignement, on finit par ne plus rien comprendre à ce qui se passe dans le parcours de nos enfants. Pis : à force de se défausser à bon compte sur le « système », on finit par dédouanner les parents de tâches qui sont les leurs.
Pardon d’y insister, mais les mots ont un sens : l’enseignement est pour l’essentiel l’affaire des professeurs, dans un espace public, celui de l’établissement où les enfants s’appellent les « élèves », parce qu’on est censé, en effet, les élever, les emmener, d’un niveau « n », à un niveau « n+1 » ; de son côté, l’éducation est l’affaire des parents, dans un espace privé, celui de la famille, en direction des enfants. Or, je prétends une chose : si l’éducation n’a pas précédé l’enseignement, ce dernier devient tout simplement impossible.
J’ajoute ceci, qui me fut confié à voix basse par par un des chercheurs chargés au ministère de l’évaluation et de la prospective : si l’on faisait abstraction des 15 % d’établissement situés dans les quartiers en perdition, la France serait tout simplement classée première. Pourquoi : parce que jamais le niveau des enseignants n’a été globalement aussi élevé qu’aujourd’hui, notamment dans le primaire, où le concours de recrutement des professeurs des écoles est d’une exigence jamais atteinte par le passé – sans comparaison avec ce qui s’est fait dans les années 1970 où l’on recrutait à tour de bras, parfois avec le seul bachot.
Quand je rends visite aux maîtresse d’école de mes filles, je suis épaté par la qualité de leur expres​sion(elles font infiniment moins de fautes de français que nos politiques), par leur tenue, leurs compétences, leur culture, et leur volonté de faire réussir les élèves. Non, ce n’est pas là, je l’affirme, que le bas blesse. Bien entendu, comme partout, il y a aussi de mauvais professeurs, mais il y en avait aussi, et bien davantage, dans le lycée de mon enfance.
(…)Quand les parents ne font pas leur travail, les professeurs ne peuvent plus faire le leur, et au lieu d’incriminer sans cesse les méthodes, les personnels ou les programmes, (qui n’ont jamais empêché aucun bon enseignant de faire un bon cours), les familles faraient bien de balayer devant leur porte !
Je ne le dis pas au hasard : observez donc les pays qui arrivent en tête du classement Pisa : ce sont tous, sans exception, ceux dans lesquels une éducation traditionnelle vigoureuse est restée en place, avec une réelle valorisation du travail, ( loin de nos trente-cinq heures !), seul ticket d’entrée dans la réussite scolaire.  La Finlande n’échappe pas à la règle, d’autant qu’elle eut l’intelligence de mettre en place un système de tutorat qui, en plus d’une éducation morale encore largement intacte dans les familles, permet d’épauler les élèves en difficulté dès que le décrochage apparaît. Je ne dis évidemment pas que le système éducatif français ne doit pas s’améliorer, ni chercher à corriger les inégalités, mais il ne pourra le faire qu’en collaboration avec les parents, et quand ces derniers auront à nouveau pris la mesure des devoirs qui leur incombent."


Dernière édition par adelaideaugusta le Sam 7 Déc 2013 - 13:24, édité 2 fois

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par PauvreYorick le Sam 7 Déc 2013 - 13:03

Il y a des choses justes et c'est rhétoriquement très maladroit, parce que ça va être interprété comme un bottage en touche total, étayé par du bruit de couloir, en outre.

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par Celadon le Sam 7 Déc 2013 - 13:07

Le bas blesse ? De contention, alors ?
Ceci dit, on ne peut qu'applaudir au couplet sur le rôle des parents.

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par elena3 le Sam 7 Déc 2013 - 13:14

si l’on faisait abstraction des 15 % d’établissement situés dans les quartiers en perdition, la France serait tout simplement classée première.

Voilà tout est dit. En n'oubliant pas que l'OCDE est d'obédience ultra-libérale, que l'on compare des pays comme la Finlande et la Chine (population de 6 millions pour l'un et de 1,3 millards pour l'autre;) c'est à dire que l'on compare deux populations dont l'une serait plus de 200 fois plus importante.(!!) Qu'il y ait des inégalités, j'espère que nos élus locaux et nationaux n'ont pas attendu ces "évaluations" internationales pour s'en rendre compte !

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par adelaideaugusta le Sam 7 Déc 2013 - 13:26

"J’ajoute ceci, qui me fut confié à voix basse par par un des chercheurs chargés au ministère de l’évaluation et de la prospective : si l’on faisait abstraction des 15 % d’établissement situés dans les quartiers en perdition, la France serait tout simplement classée première. Pourquoi : parce que jamais le niveau des enseignants n’a été globalement aussi élevé qu’aujourd’hui, notamment dans le primaire, où le concours de recrutement des professeurs des écoles est d’une exigence jamais atteinte par le passé – sans comparaison avec ce qui s’est fait dans les années 1970 où l’on recrutait à tour de bras, parfois avec le seul bachot.
Quand je rends visite aux maîtresse d’école de mes filles, je suis épaté par la qualité de leur expres​sion(elles font infiniment moins de fautes de français que nos politiques), par leur tenue, leurs compétences, leur culture, et leur volonté de faire réussir les élèves. Non, ce n’est pas là, je l’affirme, que le bas blesse. Bien entendu, comme partout, il y a aussi de mauvais professeurs, mais il y en avait aussi, et bien davantage, dans le lycée de mon enfance."

Vous trouvez que ce qu'il dit là est juste ??

Vous croyez vraiment à cette histoire de 15 % ??

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par PauvreYorick le Sam 7 Déc 2013 - 13:41

@adelaideaugusta a écrit: Vous trouvez que ce qu'il dit là est juste ??
Impossible de le savoir sans savoir si cette histoire de 15% est vraie.
@adelaideaugusta a écrit: Vous croyez vraiment à cette histoire de 15 % ??
Impossible de le savoir sans disposer des données ou sans les extrapoler à partir des résultats. (Et si on vire les 15% d'élèves les moins performants pour la France, pourquoi pas pour les autres pays aussi? c'est quand même un peu louche comme remarque.)

PS. Sans les balises de citation, et avec une ponctuation (espaces, notamment) souvent absente, les messages sont un peu difficiles à lire.

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par elena3 le Sam 7 Déc 2013 - 19:20

Impossible de le savoir sans disposer des données ou sans les extrapoler à partir des résultats. (Et si on vire les 15% d'élèves les moins performants pour la France, pourquoi pas pour les autres pays aussi? c'est quand même un peu louche comme remarque.)
Si les inégalités sont les plus marquées, oui, en "virant" les 15% les plus faibles, la remarque est juste.
Après, il faut "croire" ce que dit PISA. C'est parfois bizarre son classement...
http://www.education.gouv.fr/pisa2012/?feuilleCSS=chrome#education-et-inegalites

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Re: Pisa : la faute à l'école, ou aux familles? Chronique de Luc Ferry.

Message par PauvreYorick le Dim 8 Déc 2013 - 18:14

Entendons-nous bien: les conclusions de cette chronique sont peut-être justes, et en tout cas, je ne les conteste pas ici. Je regrette seulement qu'il n'ait pas mieux pour les argumenter, le coup des 15% est extrêmement bancal.

L'expression «la faute aux familles» dans le titre me paraît aussi très maladroite.

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