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Ronin
Guide spirituel

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Ronin le Mer 18 Déc 2013 - 12:11
Je n'ai pas de chiffres pour l'ensemble du pays. J'ai par contre régulièrement des situations de collégiens que l'on nous envoie à l'hôpital et dont on se rend compte qu'il devrait être en segpa, en ulis ou encore en itep. Au-delà des cas ou ce sont les parents qui s'opposent à ces orientations, nous avons souvent des jeunes pour qui la MDPH qui rejette la demande d'orientation pour cause de manque de places, et donc nous avons des ados qui finissent par défaut au collège, se déscolarisent rapidement, passent par la classe-relais pour finir à mission d'insertion...

Dans mon petit département, il manquait à la rentrée 2011, 53 places en IME pour des enfants reconnus handicapés, avec une notification IME validée par la MDPH. Les chiffres m'ont été donnés par l'enseignante référente de l'époque. Un certain nombre de ces enfants ce sont retrouvés chez eux, avec la maman ou les grands-parents contraints de se débrouiller. Pour certains, accueil à l'école de secteur mais pour faire de la garderie en attendant une place. Certains sont aussi restés à l'hôpital de jour en attendant une place. Du coup on a des places qui ne se libèrent pas à l'hôpital pour des plus petits qui attendent à leur tour et ainsi de suite.

Je pense que tes chiffres correspondent à une réalité d'un meilleur accueil des adultes handicapés qui ne peuvent pas travailler du tout dans les esat et ont besoin de foyer occupationnel.

Pour conclure sur la question des entrées en IME, il existe un autre problème. Les IME accueillent les jeunes de 6 à 20 ans. Depuis l'amendement Creton, un IME ne peut faire sortir un jeune de 20 ans qui n'a pas d'orientation, soit dans le monde du travail ordinaire ( rare ) soit dans le monde du travail protégé ( esat, les plus fréquents ) soit en foyer. Or, de par le manque de débouchés professionnels, certains jeunes adultes restent jusqu' à 22-23 ans en IME et donc, par effet domino, ne libèrent pas de places pour l'entrée de nouveaux petits de six ans.

Pourquoi ne trouve-t-on pas de places en ESAT ? parce que les emplois protégés peu qualifiés qui étaient occupés avant par les adultes handicapés ( emballage de produits, fabrication de cartons etc ) sont soit délocalisés, soit faits par des machines ( robots d'usines ) soit il y a une pression de concurrence avec les travailleurs non-handicapés mais non-qualifiés en situation précaire qui ne peuvent, eux aussi, occuper que ce type d'emplois. Avec les mutations économiques et en particulier la raréfaction des emplois pas ou peu qualifiés dans les secteurs primaires et secondaires, les jeunes non qualifiés et les travailleurs handicapés se retrouvent souvent en concurrence pour ce type d'emplois. De fait ( mais le Grincheux aurait sans doute des chiffres précis à donner ) ces emplois disparaissent, soit qu'ils soient délocalisés, remplacés par les machines, ou intégrés aux missions des travailleurs qualifiés. C'est alors tout le parcours des jeunes handicapés et des jeunes malades mentaux qui est bloqué.
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Nasopi
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Nasopi le Mer 18 Déc 2013 - 12:14
Oui, de toute façon, on est d'accord, on manque cruellement de places dans les institutions spécialisées, mais ça, ce n'est pas nouveau, ça ne date pas de 2005.

@Ronin a écrit:
Je pense que tes chiffres correspondent à une réalité d'un meilleur accueil des adultes handicapés qui ne peuvent pas travailler du tout dans les esat et ont besoin de foyer occupationnel.

Un peu plus loin, ils précisent dans un tableau que parmi ces 41450 places, 12000 et quelques (je ne me souviens plus du chiffre exact) sont destinées aux enfants.

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Ronin
Guide spirituel

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Ronin le Mer 18 Déc 2013 - 12:30
Ce qui est nouveau c'est que la loi de 2005 en insistant sur l'inclusion, parfois justifiée, parfois en dépit du bon sens, justifie de ne pas se presser d'ouvrir des places en institution tout en prétendant n'avoir jamais fait autant pour le handicap, tout en faisant porter la responsabilité de l'échec des inclusions sur le poids des enseignants de primaire et de collège.

Et ça c'est nouveau, faux, grave et contre-productif.

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Nasopi
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Nasopi le Mer 18 Déc 2013 - 16:11
@Ronin a écrit:Ce qui est nouveau c'est que la loi de 2005 en insistant sur l'inclusion, parfois justifiée, parfois en dépit du bon sens, justifie de ne pas se presser d'ouvrir des places en institution

Oui, c'est justement pour ça que j'aurais aimé avoir des chiffres précis, pour voir s'il y a réellement eu un changement de rythme dans l'ouverture de places avant et après la loi de 2005.
On est bien d'accord pour dire qu'il y a urgence dans l'ouverture de places en institution, mais après, penser que du jour au lendemain on va pouvoir créer toutes les places qui manquent, c'est illusoire. Il faut plusieurs années pour ouvrir une nouvelle institution. Par exemple, en ce moment, l'IME des enfants est en train de créer une MAS pour adultes : entre le financement, toutes les questions administratives qui traînent, les travaux qui prennent du retard, ça fait déjà des années que le projet est en cours, et la MAS n'est toujours pas ouverte. Du coup, il se passe ce que tu décris dans ton message précédent : des adultes qui ne peuvent pas partir (le plus âgé a 27 ans), des adolescents qui restent bloqués chez les enfants, et pour les petits qui arrivent, et bien l'IME n'accepte plus les inscriptions depuis plusieurs mois, et a malgré tout une liste d'attente de trois ans ! Dès que la MAS ouvrira, 12 places vont se libérer d'un coup, à tous les niveaux. Mais en attendant, les enfants grandissent, et n'ont pas de prise en charge adaptée à leur âge.

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Ronin
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Ronin le Mer 18 Déc 2013 - 18:44
Je ne pense pas que les places peuvent se créer du jour au lendemain. Je vais être plus clair et polémique. Je pense que la pénurie de places a été volontairement organisée pour des raisons économiques tout en réalisant un gros gain politique en récupérant la satisfaction des associations de parents et en permettant de forcer à des inclusions parfois hasardeuses ou impossibles, au détriment des enfants et des enseignants mais en permettant à Jacques Chirac de se donner une image de président humaniste tout en réalisant des économies.

Avant que la loi ne soit adoptée, une pétition a circulé pour dénoncer ce cynisme et décrire ce qui allait se passer. Je n'ai pas preuve si ce n'est un faisceau de présomption tellement énorme que l'on ne peut conclure autrement. Je rajoute qu'à l'époque, le snudi-fo avait également alerté sur les risques, tant pour l'école que pour les enfants handicapés et que dès 2007, certains parents qui se réjouissaient de la loi faisaient déjà machine arrière, ayant compris qu'ils avaient été roulés dans la farine, avec leur consentement. On ne reviendra pas en arrière, Bercy s'y opposera.

Pour finir sur la question des budgets, je rappelle que d'ici 2019 plus aucune personne autiste ne devra se trouver en hôpital psychiatrique, pas de soucis, les budgets sont déjà réorientés...
Quant à la question de l'argent, on se fout de nous. Parce que, sous la droite comme sous la gauche, lorsqu'une question politique brûlante vient mettre en péril une réélection, l'argent coule à milliards, 2 pour la Bretagne, 3 pour Marseille. Sous la droite, les cadeaux fiscaux se comptent en centaines de millions ou en milliards aussi. Tu ne me feras pas croire qu'il serait impossible de financer 10 000 ou 20 000 places en institution et/ou hôpital pour les handicapés, les autistes, les malades mentaux si la volonté politique existait réellement et pas des miettes pour paraître généreux.

Quand nos ministres et nos députés devront mettre leurs gamins en Belgique ou garder chez eux des enfants psychotiques ou des jeunes schizophrènes, tu verras qu'étonnement ils se rendront compte que de l'argent on peut en trouver.
Ma mère, en IME il y a très longtemps et emmerdée par une secrétaire de préfecture qui se battait l'oeil des handicapés avait fini par aller à la préfecture avec tout les jeunes de son IME et avait annoncé qu'elle ne quitterait pas les lieux tant que l'on aurait pas signé son papier. Le machin administratif qui traînait depuis trois mois fût signé en cinq minutes, étonnant non ?

Une psy de mes connaissances en butte à un problème du même genre avec un scribouillard a fait le même coup à l'aéroport l'année dernière, même résultat.

Des passes-droits il en existe pour les politiques, leurs enfants, leurs amis, les vedettes, les grands patrons. Et quoi, pour ces mômes c'est pas possible ? foutaises, on nous fait croire que ce n'est pas possible.

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Nasopi
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Nasopi le Mer 18 Déc 2013 - 19:39
@Ronin a écrit:
Quant à la question de l'argent, on se fout de nous. Parce que, sous la droite comme sous la gauche, lorsqu'une question politique brûlante vient mettre en péril une réélection, l'argent coule à milliards, 2 pour la Bretagne, 3 pour Marseille. Sous la droite, les cadeaux fiscaux se comptent en centaines de millions ou en milliards aussi. Tu ne me feras pas croire qu'il serait impossible de financer 10 000 ou 20 000 places en institution et/ou hôpital pour les handicapés, les autistes, les malades mentaux si la volonté politique existait réellement et pas des miettes pour paraître généreux.

Bien sûr, on est entièrement d'accord.
Pour la question de la loi de 2005, je pense les associations de parents beaucoup moins naïves que tu ne le crois. En tout cas, pour ce que j'ai pu en lire, la plupart d'entre elles ont des propos extrêmement nuancés concernant cette histoire d'intégration scolaire. Et d'ailleurs, ce n'est certainement pas un hasard si elles continuent à ouvrir des institutions spécialisées autant qu'elles peuvent, l'Etat se reposant sur elles en grande partie (ça aussi, c'est un scandale).

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coindeparadis
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Mer 18 Déc 2013 - 20:34
Je suis tout à fait d'accord avec Ronin. D'ailleurs l’amendement Creton n'est pas un hasard. Nasopi, tu cites un type de parents particuliers. J'ai surtout rencontré des parents perdus dans ce nouveau dédale, et se sentant plus stigmatisés depuis 2005 (sans doute à cause de la fusion CDES /COTOREP). Sans compter que certains parents auraient autant besoin de soutien psychologique que leurs enfants...

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atrium
Neoprof expérimenté

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par atrium le Mer 18 Déc 2013 - 20:37
@coindeparadis a écrit:Je suis tout à fait d'accord avec Ronin. D'ailleurs l’amendement Creton n'est pas un hasard. Nasopi, tu cites un type de parents particuliers. J'ai surtout rencontré des parents perdus dans ce nouveau dédale, et se sentant plus stigmatisés depuis 2005 (sans doute à cause de la fusion CDES /COTOREP). Sans compter que certains parents auraient autant besoin de soutien psychologique que leurs enfants...

C'est ce que je constate aussi en ZEP. Ils se sentent isolés et se raccrochent à la loi (mon enfant a le droit d'aller à l'école du quartier). Les parents qui sont membes d'une association sont déjà mieux informés et mieux soutenus. Le dialogue est plus facile, ou moins difficile, dans ces conditions.
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coindeparadis
Guide spirituel

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Mer 18 Déc 2013 - 20:43
Je pense aussi que c'est lié à la nature du handicap. Une déficience intellectuelle, on relève le caractère inné, ce qui déculpabilise. La maladie mentale, l'autisme, les troubles du comportement jettent un froid : et si les parents étaient responsables ... ?

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palomita
Érudit

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par palomita le Mer 18 Déc 2013 - 21:04
Il est clair que faire voter une loi sans y mettre les moyens nécessaires , c'est une belle hypocrisie .
Je rejoins entièrement l'avis de Nasopi sur le travail de terrain mené par les associations de parents pour la création par exemple de SESSAD, d'IME et de structures adaptées au type de handicap pour les adultes .

  Sans généraliser, dans mon coin, le SESSAD autisme a été créé après la loi de 2005, de même que la CLIS qui lui est rattachée .Le but est de favoriser l'inclusion en classe ordinaire  ( et non l'intégration , il y a une nuance sémantique importante ) mais pas à n'importe quel prix  .
Le problème, c'est qu'il y a un manque criant de places et que les listes d'attente sont de plusieurs années . Que deviennent les enfants en attendant ? Faut-il les priver de scolarisation dès la maternelle ?

 Alors bien sûr, c'est vrai que l'accueil des enfants en classe ordinaire n'est pas la panacée , mais il a le mérite d'exister et les progrès sont au rendez-vous pour grand nombre d'enfants handicapés .
 Il est évident qu'il faudrait former les AVS au type de handicap de l'enfant et réduire les effectifs par classe dès lors qu'un enfant avec handicap est accueilli . Le professeur devrait également bénéficier de l'aide d'intervenants extérieurs formés qui pourraient prendre les enfants avec eux dans une salle spécifique au sein de l'école en fonction des besoins . Et c'est là que je reviens sur l'hypocrisie des pouvoirs publics qui ne mettent rien en place pour favoriser l'inclusion des enfants .

 En ce qui concerne les parents ( et là, désolé, c'est mon coeur de maman qui parle) ,on se démène tous les jours pour que nos enfants puissent avoir des prises en charge adaptées et en nombre suffisant car, car en dépit de la loi, rien ne nous est facilité.
 On s'épuise à monter des dossiers , à courir d'une prise en charge à l'autre, à adapter les apprentissages pour les revoir après l'école , à aller d'une réunion à l'autre , à défendre les droits de nos enfants auprès de la MDPH, tout en gérant les troubles spécifiques de nos enfants et le regard de la société qui n'est pas toujours tendre avec eux.
  Il faut se battre pour tout, même pour les AVS non formées , dont on ne sait jamais si elles seront là le jour de la rentrée ( le rectorat ne recrute pas assez d'AVS pour la rentrée et /ou n'anticipe pas les recrutements ) ou si elles ne démissionneront pas en cours d'année parce qu'elles auront trouvé un autre emploi mieux rémunéré...le tout en croisant les doigts pour qu'elles aient un minimum de formation .

 Alors, je l'avoue, ça m'énerve  d'entendre que les parents se font  des illusions sur les capacités de leur enfant à suivre en classe ordinaire et veulent l'y maintenir coûte que coûte. Les parents se battent au contraire tous les jours pour anticiper l'après- scolarisation classique là où l'Etat n'anticipe rien et se contente des structures existantes - et insuffisantes- qui sont souvent mal adaptées. Les parents savent bien qu' à un moment ou un autre, il faudra quitter le milieu ordinaire - sauf exception - mais que leur propose-t-on à la place ?
  La plupart des parents que je connais sont des parents très investis , qui se démènent pour leur(s) enfant(s) porteurs de handicap ; certains ont dû quitter leur emploi pour s'occuper de leurs enfants ( souvent des mamans ) . D'autres ont fait le choix de l'école à la maison pour leur éviter les voies de garage du médico-social . Mais combien peuvent se le permettre?
Nous sommes sans arrêt en recherche de solutions pour que nos enfants aient accès aux apprentissages sans qu 'ils se retrouvent en grande souffrance à l'école et plus tard dans le monde du travail . Mais les solutions, on le comprend vite , ce sera à nous de les créer , car l'Etat ne bouge pas le petit doigt si les parents ne sont pas derrière.

  Désolée pour ce coup de colère- et pour le pavé Embarassed  je sais que les maîtresses font ce qu'elles peuvent avec le peu de moyens qu'on leur donne , mais je n'ai pas pu m'empêcher de réagir en tant que maman de deux jeunes enfants concernés par cette loi.
 Merci d'avoir lancé le débat , je partage certains constats même si mon point de vue est forcément différent

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Olympias
Prophète

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Olympias le Mer 18 Déc 2013 - 21:15
@Ronin a écrit:Je ne pense pas que les places peuvent se créer du jour au lendemain. Je vais être plus clair et polémique. Je pense que la pénurie de places a été volontairement organisée pour des raisons économiques tout en réalisant un gros gain politique en récupérant la satisfaction des associations de parents et en permettant de forcer à des inclusions parfois hasardeuses ou impossibles, au détriment des enfants et des enseignants mais en permettant à Jacques Chirac de se donner une image de président humaniste tout en réalisant des économies.

Avant que la loi ne soit adoptée, une pétition a circulé pour dénoncer ce cynisme et décrire ce qui allait se passer. Je n'ai pas preuve si ce n'est un faisceau de présomption tellement énorme que l'on ne peut conclure autrement. Je rajoute qu'à l'époque, le snudi-fo avait également alerté sur les risques, tant pour l'école que pour les enfants handicapés et que dès 2007, certains parents qui se réjouissaient de la loi faisaient déjà machine arrière, ayant compris qu'ils avaient été roulés dans la farine, avec leur consentement. On ne reviendra pas en arrière, Bercy s'y opposera.

Pour finir sur la question des budgets, je rappelle que d'ici 2019 plus aucune personne autiste ne devra se trouver en hôpital psychiatrique, pas de soucis, les budgets sont déjà réorientés...
Quant à la question de l'argent, on se fout de nous. Parce que, sous la droite comme sous la gauche, lorsqu'une question politique brûlante vient mettre en péril une réélection, l'argent coule à milliards, 2 pour la Bretagne, 3 pour Marseille. Sous la droite, les cadeaux fiscaux se comptent en centaines de millions ou en milliards aussi. Tu ne me feras pas croire qu'il serait impossible de financer 10 000 ou 20 000 places en institution et/ou hôpital pour les handicapés, les autistes, les malades mentaux si la volonté politique existait réellement et pas des miettes pour paraître généreux.

Quand nos ministres et nos députés devront mettre leurs gamins en Belgique ou garder chez eux des enfants psychotiques ou des jeunes schizophrènes, tu verras qu'étonnement ils se rendront compte que de l'argent on peut en trouver.
Ma mère, en IME il y a très longtemps et emmerdée par une secrétaire de préfecture qui se battait l'oeil des handicapés avait fini par aller à la préfecture avec tout les jeunes de son IME et avait annoncé qu'elle ne quitterait pas les lieux tant que l'on aurait pas signé son papier. Le machin administratif qui traînait depuis trois mois fût signé en cinq minutes, étonnant non ?

Une psy de mes connaissances en butte à un problème du même genre avec un scribouillard a fait le même coup à l'aéroport l'année dernière, même résultat.

Des passes-droits il en existe pour les politiques, leurs enfants, leurs amis, les vedettes, les grands patrons. Et quoi, pour ces mômes c'est pas possible ? foutaises, on nous fait croire que ce n'est pas possible.

  De surcroît, on oublie aussi que l'école est là pour instruire et qu'elle n'est pas une structure de soins.
L'argent est là. Quand les collectivités territoriales dépensent chaque année 2 milliards d'euros en communication, je m'interroge


Dernière édition par Olympias le Mer 18 Déc 2013 - 21:19, édité 1 fois
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coindeparadis
Guide spirituel

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Mer 18 Déc 2013 - 21:18
Palomita, on ne remet pas en question la difficulté d'élever un enfant handicapé, et l’énergie que cela demande. Mais tous les enfants ne sont pas capables d'être "inclus", tous les inclus n'ont pas d'AVS et j'ai connu des élèves qui demandaient à retrouver une scolarisation en établissement médico-social à temps plein. Ils étaient en souffrance face aux exigences du système ordinaire. Plutôt qu’une généralisation qu'induit la loi de 2005, il faut permettre que soit proposées des solutions particulières pour des élèves "à besoins particuliers".

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palomita
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par palomita le Mer 18 Déc 2013 - 22:26
Le problème, c'est que normalement une loi s'applique à tous et que si on fait du cas par cas, on n'est plus dans l'égalité face à la loi .
D'ailleurs, la loi n'empêche en rien les élèves qui le souhaitent de rejoindre le médico-social à temps plein à leur demande s'ils s'y sentent mieux que dans le milieu ordinaire .
Et bien évidemment qu'il existe des élèves pour lesquels c'est la solution la plus adaptée, je ne conteste pas du tout ce point.
Pour autant, le cas inverse existe aussi ; or, avant la loi de 2005, ces enfants n'avaient pas accès à l'école et le placement en hôpital de jour ou en IME n'était pas adapté non plus pour eux . C'est le cas par exemple pour mes enfants . Et oui, il est important que les parents apportent leur point de vue sur la question car nous sommes concernés au premier chef par cette loi et ses conséquences .

Après, il est certain aussi que la " pseudo" inclusion à la française n'est que de la poudre aux yeux et c'est contre l'hypocrisie et le manque de moyens qui se cachent derrière que je m'insurgeais.

De toute manière, je pense que le problème du handicap en France dépasse largement les frontières de la scolarisation , mais que la scolarisation est le point de départ et détermine l'avenir des futurs adultes porteurs de handicap dans notre société.

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coindeparadis
Guide spirituel

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Mer 18 Déc 2013 - 22:32
@palomita a écrit:  Le problème, c'est que normalement une loi s'applique à tous et que si on fait du cas par cas, on n'est plus dans l'égalité face à la loi .
 D'ailleurs, la loi n'empêche en rien les élèves qui le souhaitent de rejoindre le médico-social à temps plein à leur demande s'ils s'y sentent mieux que dans le milieu ordinaire .
 Et bien évidemment qu'il existe des élèves pour lesquels c'est la solution la plus adaptée, je ne conteste pas du tout ce point.
  Pour autant, le cas inverse existe aussi ; or, avant la loi de 2005, ces enfants n'avaient pas accès à l'école et  le placement en hôpital de jour ou en IME n'était pas adapté non plus pour eux . C'est le cas par exemple pour mes enfants . Et oui, il est important que les parents apportent leur point de vue sur la question car nous sommes concernés au premier chef par cette loi et ses conséquences .

Après, il est certain aussi que la " pseudo" inclusion à la française n'est que de la poudre aux yeux et c'est contre l'hypocrisie et le manque de moyens qui se cachent derrière que je m'insurgeais.

  De toute manière, je pense que le problème du handicap en France dépasse largement les frontières de la scolarisation , mais que la scolarisation est le point de départ et détermine l'avenir des futurs adultes porteurs de handicap dans notre société.
 
Ce que je dis c'est qu'il faut proposer différentes voies pour répondre à différents besoins , sans pour autant être hors la loi : inclusion à temps plein, à temps partiel ou pas du tout. Or, certains enfants se trouvent projetés dans le circuit ordinaire, pour respecter des quotas , alors que leur fragilité ne le permet pas. Sachant que selon le temps passé en inclusion, l'élève sera comptabilisé ou non dans les effectifs, ce qui jouera et sur l'établissement ordinaire, et sur le prix de journée dans l'établissement spécialisé. Et là on s'aperçoit que ce qui motive c'est une histoire de gros sous, pas le bien-être de l'enfant.
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palomita
Érudit

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par palomita le Mer 18 Déc 2013 - 22:51
D'accord avec toi sur ce point : il faut proposer une palette de possibilités  mais sur le terrain, hélas, les possibilités sont souvent réduites et l'inégalité est grande sur le territoire entre les zones assez bien loties et les autres.
 Pour l'inclusion à temps partiel voire très partiel, elle se pratique déjà ; je connais des enfants qui ne sont scolarisés qu'une heure par jour ( car absence d'AVS ) , d'autres qui ne sont pas acceptés sur les heures où l'AVS est absente ( donc, si un enfant a une notification de 9 heures d'Avs, il ne sera présent que 9 heures sur 24 ).
Et cela permet à l'Etat d'avancer des chiffres encourageants soulignant les gros progrès réalisés en terme de scolarisation des élèves handicapés !

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Volubilys
Sage

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Volubilys le Jeu 19 Déc 2013 - 6:34
Enfin, dire que tous les enfants handicapés peuvent suivre dans une classe normale, c'est quand même nier le handicape et les besoins spécifiques qui en découlent. Certains parents se servent de ce levier pour nier les difficultés : leur enfant n'a pas de soucis  car il est scolarisé dans l'école de secteur, même s'ils n'y apprends rien et qu'il met l'école à feu et à sang.

L'inclusion à tout prix nie aussi le droit aux autres enfants de vivre une scolarité sereine. Sérieusement, mes élèves en ont marre de se faire insulter, provoquer et frapper par mon inclus, ils en ont marre des crises de colère effrayantes qui me monopolisent et me mettent à fleur de peau, ils en ont assez du temps que l'on perd en classe car l'inclus refuse de faire comme tout le monde (s'asseoir par exemple) et que pour l'y contraindre ça va me prendre 10 min... Ces 21 élèves là, tout le monde s'en tape, l'important c'est que l'élève handicapé soit inclus.

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Je vous prie de m'excuser si mes messages contiennent des coquilles, je remercie les personnes qui me les signaleront par mp pour que je puisse les corriger.
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roxanne
Devin

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par roxanne le Jeu 19 Déc 2013 - 7:03
Je vais dire un truc pas très politiquement correct et je vais essayer d'être nuancée dans mon propos . Bien-sûr que la scolarisation doit être ^proposée au plus grand nombre et adaptée .Mais j'ai aussi l'impression que la société n'accepte pas toujours les limites qu'imposent un handicap et que tout doit être possible pour tous . Pour sortir de l'école, j'ai vu dernièrement un reportage qui m'a mise mal à l'aise .On voyait un groupe qui allait sur l'Annapurna avec des personnes en fauteuil .Très bien, beau défi .Sauf que c'était les guides locaux qui poussaient, portaient, et parfois risquaient leurs vies pour les emmener au sommet . Alors Est-ce risquer la vie d'autres pour prouver que le handicap n'empêche rien c'est normal ? Est-ce que tout le monde peut tout faire ? Je ne sais pas, c'est une question .Question évidemment facile à poser lorsqu'on a l'usage de tous ses membres ..C'est cependant une maman d'un enfant dont on a dit à la naissance qu(il ne serait jamais un grand sportif ..
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Nasopi
Bon génie

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Nasopi le Jeu 19 Déc 2013 - 8:00
@atrium a écrit:Les parents qui sont membes d'une association sont déjà mieux informés et mieux soutenus. Le dialogue est plus facile, ou moins difficile, dans ces conditions.

Oui, c'est sûr.

@Volubilys a écrit:Enfin, dire que tous les enfants handicapés peuvent suivre dans une classe normale, c'est quand même nier le handicape et les besoins spécifiques qui en découlent.

Personne n'a dit ça ici.

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Nasopi
Bon génie

Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Nasopi le Jeu 19 Déc 2013 - 8:44
@roxanne a écrit:Je vais dire un truc pas très politiquement correct et je vais essayer d'être nuancée dans mon propos . Bien-sûr que la scolarisation doit être ^proposée au plus grand nombre et adaptée .Mais j'ai aussi l'impression que la société n'accepte pas toujours les limites qu'imposent un handicap et que tout doit être possible pour tous . Pour sortir de l'école, j'ai vu dernièrement un reportage qui m'a mise mal à l'aise .On voyait un groupe qui allait  sur l'Annapurna avec des personnes en fauteuil .Très bien, beau défi .Sauf que c'était les guides locaux qui poussaient, portaient, et parfois risquaient leurs vies pour les emmener au sommet . Alors Est-ce risquer la vie d'autres pour prouver que le handicap n'empêche rien c'est normal ? Est-ce que tout le monde peut tout faire ? Je ne sais pas, c'est une question .Question évidemment facile à poser lorsqu'on a l'usage de tous ses membres ..C'est cependant une maman d'un enfant dont on a dit à la naissance qu(il ne serait jamais un grand sportif ..

Je pense que la difficulté est de trouver un juste milieu entre deux écueils : soit faire comme si le handicap n'existait pas (comme dans l'exemple que tu cites), soit, au contraire, surprotéger les personnes handicapées, comme si elles ne pouvaient rien faire sous prétexte qu'elles sont handicapées. Par exemple, certaines personnes sont choquées quand elles voient qu'à la maison, mes enfants mettent le couvert, débarrassent, rangent leur chambre... Elles disent : "Les pauvres, ils sont handicapés" ; et alors ? Ca fait partie des choses qui sont parfaitement à leur portée, et qui même les mettent en valeur.

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coindeparadis
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Jeu 19 Déc 2013 - 8:55
@roxanne a écrit:Je vais dire un truc pas très politiquement correct et je vais essayer d'être nuancée dans mon propos . Bien-sûr que la scolarisation doit être ^proposée au plus grand nombre et adaptée .Mais j'ai aussi l'impression que la société n'accepte pas toujours les limites qu'imposent un handicap et que tout doit être possible pour tous . Pour sortir de l'école, j'ai vu dernièrement un reportage qui m'a mise mal à l'aise .On voyait un groupe qui allait  sur l'Annapurna avec des personnes en fauteuil .Très bien, beau défi .Sauf que c'était les guides locaux qui poussaient, portaient, et parfois risquaient leurs vies pour les emmener au sommet . Alors Est-ce risquer la vie d'autres pour prouver que le handicap n'empêche rien c'est normal ? Est-ce que tout le monde peut tout faire ? Je ne sais pas, c'est une question .Question évidemment facile à poser lorsqu'on a l'usage de tous ses membres ..C'est cependant une maman d'un enfant dont on a dit à la naissance qu(il ne serait jamais un grand sportif ..

Je crois que, au delà de la question du handicap, c'est cette idéologie de la performance et de la perfection qu'il faut pointer. Nous sommes une société où tout le monde doit être beau, mince, sportif, en bonne santé et avec des ressources suffisantes pour consommer. Le socle de compétences, c'est déjà cela : cette volonté de regarder la personne sous le prisme de l'efficacité. Et l'on pratique la dénégation quand on se retrouve face à des individus, un peu moins beaux, jeunes, sportifs et consommateurs. Ce qu'on voit avec le handicap, on le retrouve avec les personnes âgées et le crédo "maintien à domicile à tout prix". Peu importe que le logement soit insalubre, la personne désorientée, incapable de payer une aide à domicile... Tout est fait pour que la réponse standardisée soit la même pour tous : c'est le culte de l'uniformité.
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Ronin
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par Ronin le Jeu 19 Déc 2013 - 11:36
Je crois aussi qu'il y a confusion entre handicap/pathologie mentale/troubles du comportement.

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coindeparadis
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

par coindeparadis le Jeu 19 Déc 2013 - 12:01
@Ronin a écrit:Je crois aussi qu'il y a confusion entre handicap/pathologie mentale/troubles du comportement.
Tout est mis dans le même panier ! Et cela depuis que la notion de handicap psychique a été créée ...
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Re: Primaire et collège : Les conséquences de la loi de 2005 sur le handicap

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