Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

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Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par John le Sam 28 Déc 2013 - 2:40

Une vidéo de 37'19'' avait été mise en ligne sur le site de la MGEN le 19 décembre 2013. Il s'agissait d'une interview "exclusive" de Vincent Peillon pour la MGEN, réalisée par la journaliste de RTL et LCP Elizabeth Martichoux. Cette vidéo a été signalée comme telle sur neoprofs.org durant la journée du jeudi 26 décembre, puis commentée par quelques membres (le fil a été vu plus de 2000 fois en 24h).
http://www.neoprofs.org/t70054-interview-exclusive-de-vincent-peillon-sur-le-site-de-la-mgen?highlight=mgen

Le lendemain, vendredi 27 décembre, la vidéo apparaissait toujours sur le site de la MGEN, mais elle avait été amputée des deux tiers de son contenu : elle ne durait plus que... 13'45''. La raison de cette censure partielle est à l'heure actuelle totalement obscure.

Pour celles et ceux qui n'auraient plus accès à la version intégrale de l'interview, voici donc quelques citations tirées de la vidéo originale, et dont la plupart ont totalement disparu du site de la MGEN :

1) Sur la MGEN
Vincent Peillon : "[...] La MGEN porte des valeurs auxquelles je suis moi très attaché, mais toute l'éducation nationale [sic]. Des valeurs de mutualité, de solidarité, qui sont tout à fait fondamentales, dans notre histoire, dans l'histoire de l'école, mais d'ailleurs dans l'histoire de la République elle-même. Deuxièmement, ce que je souhaite, c'est, je l'ai dit, et c'était d'ailleurs le résultat de la consultation, c'est une école de la bienveillance : elle doit être bienveillante à l'égard des enfants, parce que les enfants de France ne sont pas les enfants les plus heureux à l'école, et ne pas être heureux à l'école, ça n'aide pas à bien apprendre, mais c'est vrai aussi de nos professeurs. Il faut que nous soyons capables d'accompagner au mieux les élèves, les professeurs, on voit bien toutes les difficultés qu'ils peuvent rencontrer, et puis même ceux qui à un moment sont retraités, mais continuent leur vie. La MGEN fait un travail, chacun le sait, exceptionnel de ce point de vue-là, elle est très proche, très proche des enseignants, elle est très intégrée dans la vie de l'Education nationale."

2) "Qu'est-ce que vous souhaitez à tous les personnels de l'Education pour 2014 ?"
"Je leur souhaite d'abord beaucoup de bonheur personnel. Je crois beaucoup, y compris dans la tâche éducative, que ça fait partie des objectifs que l'on doit se fixer. Qu'ils aient un esprit sain dans un corps sain. Je crois que nous avons besoin de bienveillance entre nous, d'amitié, c'est une vieille notion grecque, de bonheur pour les enfants. C'est pas faire souffrir, faire peur, aller avec la boule au ventre, qui permet de réussir. Pareil pour les enseignants : je veux qu'ils soient bien dans leur métier, considérés à l'extérieur, mais aussi considérés par eux-mêmes, par la noblesse de la tâche qu'ils accomplissent. Je leur souhaite d'abord de bonnes fêtes de fin d'année, une très belle année 2014, beaucoup de bonheur personnel, et puis ce que je souhaite, c'est aussi ce dont j'ai besoin donc je le dis, c'est qu'ils s'impliquent et qu'ils m'aident à conduire cette refondation. On ne peut pas faire la refondation de l'école sans les professeurs, donc j'ai besoin d'eux.

3) Les résultats de la France aux tests Pisa
Sur les mauvais résultats de la France aux tests Pisa, Vincent Peillon rappelle la corrélation en France, déjà ancienne, entre inégalités sociales et inégalités scolaires, et il met en avant la loi de programmation qui marque le quinquennat Hollande en matière d'éducation.

4) L'accueil des enfants de moins de trois ans
"Prenons un exemple. Toutes les études montent, nous le savons, c'est confirmé, que l'accueil des moins de trois ans est efficace, et surtout efficace pour les familles qui en termes économiques et culturels sont les plus défavorisées. Cet accueil des moins de trois ans avait été supprimé depuis 2002, c'est-à-dire divisé par trois. Nous mettons les moyens là."

5) Sur le numérique
9'15'' : "Si vous avez une tablette, et que personne ne sait vous apprendre à vous en servir, d'un point de vue pédagogique, ça ne sert à rien. Donc il faut accompagner. D'ailleurs, la France en a fait l'expérience. Car les régions, les conseils généraux, ont fortement équipé, à un moment donné, leurs écoles, leurs collèges, leurs lycées, mais comme on ne formait pas en même temps les professeurs, qu'on n'avait pas de logiciels pédagogiques, qu'on n'avait pas de nouvelles pédagogiques adaptées à ces enseignements, ça n'a rien donné".
10'15'' : "Le numérique doit être pensé d'un point de vue éducatif et pédagogique. Mais c'est un bon exemple par rapport à ce qu'on évoquait juste avant. Vous savez, en France, beaucoup d'élèves prennent des cours particuliers quand les parents ont les moyens de le faire. Je me suis servi là par exemple, c'est le premier service du numérique, pour faire un tutorat individualisé pour des élèves en sixième, 30 000, qui sont en zone d'éducation prioritaire, et qui depuis 15 jours ont enfin la possibilité, quand ils rentrent chez eux, sur trois matières fondamentales, d'avoir un accompagnement. Il y a un travail qui est fait au collège, [...] il y a quand même un présentiel, un tutorat, une personne, et puis il y a un travail qui est fait avec le CNED. Et le soir, ils peuvent réviser leurs leçons, mais avoir quelqu'un derrière l'écran qui leur répond, qui les guide, qui les aide à faire leurs travaux. Ce sont des élèves qui n'ont pas les moyens d'être aidés à la maison, qui n'ont pas les moyens d'avoir des cours particuliers. Ca s'appelle un service public. [...] C'est un travail qui va prendre un certain temps. Mais nous avons démarré. Nous créons là, dans quelques jours, le service public du numérique éducatif".  

6) Est-ce que c'est vrai que les établissements en zone d'éducation prioritaire ont parfois moins de moyens que certains établissements de centre-ville, de grande réputation ?
"Un rapport de la cour des comptes avait montré ce problème il y a maintenant deux ou trois ans. Ca avait fait grand scandale, mais maintenant on a la mémoire courte. On se scandalise deux jours, et on ne change rien derrière. [...] En réalité, on donnerait plus d'argent à des élèves qui en ont a priori le moins besoin, mais en plus il faut qu'on imagine que derrière on crée une culpabilisation chez ces enfants des zones prioritaires, puisqu'on leur dit "Regardez, en théorie, on vous donne plus, et en plus vous réussissez pas". Et donc, nous avons besoin de rénover l'éducation prioritaire. [...] En réalité, notre école primaire est la plus pauvre de tous les pays de l'OCDE, avec des taux d'encadrement pour les enfants qui ne sont pas bons [...]. Par contre, nous avons un lycée français [...] qui est extrêmement cher, 30% de plus que la moyenne des pays de l'OCDE. Et, lorsqu'on dit qu'il faut inverser, parce que le commencement est important, parce qu'il faut que les fondements soient solides pour construire la suite, on se heurte à plein de résistances qui sont encore importantes, on l'a vu encore récemment avec la question des classes préparatoires. [...] Nous mettons beaucoup plus d'argent public pour les élèves de classes préparatoires que pour les élèves des premiers cycles universitaires et des autres niveaux d'enseignement."

7) Sur les CPGE
14'00'' : "Les professeurs des classes préparatoires, manifestement, n'ont pas compris mon intention et d'ailleurs, alors que je voulais juste établir de la transparence entre eux (il y a des situations qui vont de 1 à 3 chez les professeurs des classes préparatoires), ils ont cru que je voulais leur prendre des moyens pour les donner à d'autres, donc déshabiller Paul pour habiller Jacques, et donc j'ai souhaité qu'on reprenne la discussion : elle n'est pas arrêtée".
15'00'' : "Vous savez, c'est toujours la même chose : quand vous êtes confronté à ce genre de problèmes, il y a des gens qui s'expriment, et qui s'expriment de façon violente et injuste. Je ne les ai pas pris en considération. Ca n'est pas grave. Dire "Nous sommes l'élite", "on nivelle par le bas", tout ça avec beaucoup de mépris à l'égard de certains... Ils ont donné des chiffres qui n'étaient pas exacts. J'ai donné les vrais chiffres sur la mesure. [...] Et puis il y en a d'autres qui ont soulevé de vrais problèmes. Moi, mon impératif, il était un impératif de transparence, de justice, d'équité, à l'intérieur des corps du secondaire, puisque c'est tout une réforme du secondaire. [...] Il y a certains qui dépassent très largement l'utilisation des heures supplémentaires, c'est pas le cas partout [...]. Je souhaite qu'en janvier on reprenne la discussion".

8) Sur les rythmes scolaires
18'30'' : "Les enfants pour qui tout va très bien : à la rigueur, ils vont pas à l'école et tout se passe bien".
21'00'' : "Il y a un espèce (sic) d'abaissement, d'abattement, de repli sur soi, de pessimisme, d'égoïsme qui s'est mis en place. [...] Et cette réforme, moi je l'accepte et je le dis aux autres : les autres réformes, ce sont des moyens supplémentaires [...], mais la réforme des rythmes, elle demande, aux adultes, dans l'intérêt des enfants, un effort. Elle le demande aux professeurs : je leur ai demandé de revenir le mercredi matin, c'est pas simple et il y a beaucoup de professeurs qui avaient 4 jours de travail, et là le mercredi s'étaient organisés différemment, beaucoup d'ailleurs de mères de famille et de mères de jeunes enfants. Je le demande aux collectivités locales [...] et je le demande même aux parents - ça m'a surpris ! [...]. Donc je demande à tous les adultes un effort".
21'30'' : "Lorsque je révise les statuts, c'est généralement des moyens supplémentaires".
22'00'' : "Je vois que l'académie de médecine s'est réexprimée cette semaine pour dire que cette réforme, elle est indispensable, elle est d'ailleurs évidente. Tout le monde était pour, il y a deux ans, mais c'est une réforme qui nous confronte tous à l'effort que nous pouvons faire pour un intérêt qui nous dépasse. Car évidemment, pour les parents, professeurs et la collectivité locale, l'intérêt n'est pas immédiat. C'est pour les enfants."
23'00'' : "Tous les enseignants nous disent : "on est quand même mieux avec le mercredi matin, ils sont plus calmes, c'est un temps un peu différent".
23'45'' : "ll faut, pour un pays, pour se redresser, entre 5 et 10 ans".

9) Le métier d'enseignant
24'00'' : Elizabeth Martichoux : "Si on prend des comparaisons européennes, on s'aperçoit que le salaire des enseignants a quelque chose de scandaleusement bas en France."
Vincent Peillon : "Non, "scandaleusement" est excessif.
On a aussi, vous l'avez vu, des différences en France. La salaire d'un professeur des écoles qui est en éducation prioritaire, qui fait un travail fondamental, par exemple en cours préparatoire, est très faible, parce que c'est l'élitisme français et la hiérarchie. Nous sommes là les héritiers d'un siècle et demi. Le salaire d'un professeur de classe préparatoire est beaucoup plus élevé. C'est français, il faut bien savoir que c'est français. Les obligations de service d'un professeur des écoles sont beaucoup plus importantes (24 heures + 3 heures) qu'un professeur agrégé (15h), un professeur certifié (18h) ou un professeur de chaire supérieure (10h + des dérogations). Qu'est-ce qui justifie qu'un professeur agrégé qui fait le même travail qu'un professeur certifié ait trois heures de moins ? C'est son titre d'origine, c'est pas la difficulté du travail. [...] Donc ça veut dire que, si on veut parler sérieusement des traitements des enseignants en France, il faut prendre tous les paramètres. Si je prends le comparatif avec l'Allemagne qui est pris souvent, nos professeurs des écoles sont moins payés, et ils travaillent plus que les professeurs allemands ! Nos professeurs du secondaire sont moins payés, mais ils travaillent beaucoup moins ! Et donc une réforme du traitement des professeurs ne peut pas ne pas prendre en compte le temps de travail et les obligations de service. Maintenant, nous avons pris un certain nombre de mesures d'ordre indemnitaire, d'ordre d'accès à la hors-classe, et puis pour les débuts de carrière, en remettant en place l'année de stage payée plein temps en travaillant à mi-temps, et qui vont directement vers les professeurs qui le méritent bien".
Vincent Peillon affirme clairement qu'il n'ouvrira pas le dossier consistant à rapprocher les certifiés et les agrégés, et il regrette que les médias n'aient pas davantage parlé des décharges qu'il a mises en place pour les ZEP.

10) Sur "l'intégration" [des élèves musulmans] et le récent rapport remis à Jean-Marc Ayrault.
Ce sont de faux débats français. La loi de 2004 a été votée à la fois par la gauche et par la droite. Et d'ailleurs, depuis que cette loi est votée, les choses se passent très bien : nous n'avons pas de contentieux, pas de difficulté, pas de blessure. J'en parlais avec Jean-Louis Bianco, qui préside l'observatoire de la laïcité, et qui m'avait demandé de faire un état des lieux dans l'Education nationale pour savoir s'il y avait des difficultés : non. [...] Il n'y aura pas de remise en cause de la loi de 2004. [...] La France est beaucoup plus apaisée qu'on le croit sur la laïcité. C'est pour ça que je trouve terrible quand quelques politiques, avec des arrière-pensées électorales, souvent désignant une seule catégorie de la population (les musulmans), partent en guerre - contre quoi ? des moulins à vent ! [...] Chacun sait que Jean-Marc Ayrault l'avait votée lui-même, la loi de 2004, le ministre de l'intérieur, le président y étaient favorables... Donc qu'est-ce que c'est que ces faux débats ? [...] Il y a en France des populations d'origines diverses, mais les études sérieuses montrent, et nous le vivons ici, qu'elles aiment la laïcité, parce que c'est un facteur d'émancipation. Alors il y a partout des méchants, quelques fondamentalistes, quelques intégristes : il faut les combattre. Mais majoritairement, il faut dire que ce modèle marche. Enfin dernier point : le premier ministre a quand même raison de dire qu'il faut que nous réfléchissions à notre politique d'intégration. [...] Accroissement des inégalités, mais échec de la France, première et deuxième générations d'enfants issus de l'immigration, qui réussissent moins, y compris comparativement aux autres pays. Donc ça veut dire qu'il y a sans doute encore trop de discrimination, trop de difficultés. C'est notre responsabilité à l'égard de ces enfants de France, de leur permettre de réussir au même titre que les autres. Et donc il faut quand même poser cette question. [...] Parce que l'intégration, c'est aussi une valeur républicaine.

11) La violence scolaire.
"C'est très difficile pour les spécialistes de ces questions de bien mesurer les choses, parce que nos mesures sont récentes, donc on n'a pas de comparatif. De la violence, il y en a toujours eu, du harcèlement, il y en a toujours eu. Maintenant nous le mesurons, et nous ne le tolérons plus. Nous avons des enquêtes de victimisation, autant pour ce qui concerne les élèves que pour les professeurs, qui peuvent aussi en être victimes, parfois même de leur collègues, dans les études que nous avons. Et donc nous luttons contre ces questions. L'école doit être un lieu de sérénité, de sécurité, de bienveillance [...]. Nous avons créé lorsque nous sommes arrivés un nouveau métier : les auxiliaires de prévention et de sécurité. Pour la première fois dans l'histoire de l'éducation nationale, j'ai intégré à l'administration de l'éducation nationale une délégation qui met le mot de sécurité dans son titre, puisque c'est une délégation à la prévention des insécurités, et nous travaillons très activement. Nous avons relancé un plan contre le harcèlement [...].

12) Les européennes et le ministère.
V. Peillon : "Nous sommes dans un pays démocratique, et généralement, un homme politique est quelqu'un qui a un mandat électif. Le mien, c'est député européen. Si je n'allais pas à ces élections, je devenais une personnalité de la société civile. Deuxièmement, faisons un peu d"instruction civique. Si nous pouvons, et si le ministre de l'Education nationale peut avoir un peu de poids dans le gouvernement, c'est pas simplement parce qu'il a écrit des livres de professeur de philosophie, c'est parce qu'il pèse politiquement par des mandats, par des amitiés dans le parti socialiste, et quand vous avez des arbitrages budgétaires à faire, mieux vaut le faire. Troisièmement, ce ministre, il est comme ça, mais il a quelques passions : tout le monde l'a bien compris, la République, le combat contre le Front national, une certaine idée de l'Europe, et il se fait que nous avons là un grand rendez-vous. Tous le Français disent que le Front national va être le premier parti de France. Moi, j'avais aux dernières élections, et je l'aurai là, face à moi, Jean-Marie Le Pen et donc je ne vais pas me défausser d'un combat qui est en parfaite harmonie avec mon travail de ministre."

13) Une anecdote qui a "contribué au bonheur" du ministre
"Il y en a beaucoup, mais la dernière en date : j'étais dans une CLIS avec un jeune professeur des écoles qui faisait le double de moi, et qui maniait ses petites tablettes avec 8 enfants. Je me suis assis, j'étais accompagné de Valérie Trierweiler, ou l'inverse, je me suis assis à la table pour travailler avec eux [...]. Un élève était très jeune [...], un garçon dont la difficulté était précisément l'anxiété [...], et la façon dont ce professeur, même dans son intonation de voix, dans les gestes apaisants qu'il pouvait poser... il faisait honneur à notre maison, et c'est souvent ce qu'on constate quand on va dans les écoles, et qui ne sont pas là pour dire "c'est nous les méritants", et qui agissent au quotidien pour cette mission qui est la plus belle, avec un sens formidable de l'intérêt général et des valeurs humaines.


Dernière édition par John le Sam 28 Déc 2013 - 12:34, édité 1 fois

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par évolutions le Sam 28 Déc 2013 - 8:04

Un grand bravo à toi John pour ce travail de transcription qui est à mon sens une tâche longue et épuisante mais qui a le mérite, pour le cas présent, de ne pas laisser une information du ministre censurée. Puis-je me permettre d'ajouter un passage qui ne figure pas dans ta production à la suite de ce qui est écrit en gras. J'ai déjà mis 15 mn pour faire ce petit extrait que j'ai souligné alors chapeau bas pour ce travail.

"24'00'' : Elizabeth Martichoux : "Si on prend des comparaisons européennes, on s'aperçoit que le salaire des enseignants a quelque chose de scandaleusement bas en France."

Vincent Peillon : "Non, "scandaleusement" est excessif. On a aussi, vous l'avez vu, des différences en France. La salaire d'un professeur des écoles qui est en éducation prioritaire, qui fait un travail fondamental, par exemple en cours préparatoire, est très faible, parce que c'est l'élitisme français et la hiérarchie. Nous sommes là les héritiers d'un siècle et demi. Le salaire d'un professeur de classe préparatoire est beaucoup plus élevé. C'est français, il faut bien savoir que c'est français. Les obligations de service d'un professeur des écoles sont beaucoup plus importantes (24 heures + 3 heures) qu'un professeur agrégé (15h), un professeur certifié (18h) ou un professeur de chaire supérieure (10h + des dérogations). Qu'est-ce qui justifie qu'un professeur agrégé qui fait le même travail qu'un professeur certifié ait trois heures de moins ? C'est son titre d'origine, c'est pas la difficulté du travail. [...] Donc ça veut dire que, si on veut parler sérieusement des traitements des enseignants en France, il faut prendre tous les paramètres. Si je prends le comparatif avec l'Allemagne qui est pris souvent, nos professeurs des écoles sont moins payés, et ils travaillent plus que les professeurs allemands ! Nos professeurs du secondaire sont moins payés, mais ils travaillent beaucoup moins ! Et donc une réforme du traitement des professeurs ne peut pas ne pas prendre en compte le temps de travail et les obligations de service. Maintenant, nous avons pris un certain nombre de mesures d'ordre indemnitaire, d'ordre d'accès à la hors-classe, et puis pour les débuts de carrière, en remettant en place l'année de stage payée plein temps en travaillant à mi-temps, et qui vont directement vers les professeurs qui le méritent bien".

Elisabeth Martichoux : "Vous avez... vous venez de définir un objectif hein, essayer de réduire un p'tit peu les écarts de salaire et de charge de travail, c'est bien ça, entre les agrégés et les professeurs des écoles".

Vincent Peillon : "Je n'ai pas fixé comme objectif, je vous ai fait un diagnostic heu, de la situation...".

Elisabeth Martichoux : " Donc ça n'est pas un objectif, ça n'est pas, pour vous, un objectif à terme ?".

Vincent Peillon : " Dans l'immédiat, heu, nous ne sommes pas dans la situation d'ouvrir les dossiers qui bloqueraient l'ensemble du système".

Elisabeth Martichoux : "D'accord".
...


Vincent Peillon affirme clairement qu'il n'ouvrira pas le dossier consistant à rapprocher les certifiés et les agrégés, et il regrette que les médias n'aient pas davantage parlé des décharges qu'il a mises en place pour les ZEP.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Sam 28 Déc 2013 - 8:17

Sur les décharges en ZEP c'est à mon sens la meilleure mesure prise par ce gouvernement : il est effectivement bon de le rappeler

Vincent Peillon a écrit:Si vous avez une tablette, et que personne ne sait vous apprendre à vous en servir, d'un point de vue pédagogique, ça ne sert à rien. Donc il faut accompagner. D'ailleurs, la France en a fait l'expérience. Car les régions, les conseils généraux, ont fortement équipé, à un moment donné, leurs écoles, leurs collèges, leurs lycées, mais comme on ne formait pas en même temps les professeurs, qu'on n'avait pas de logiciels pédagogiques, qu'on n'avait pas de nouvelles pédagogiques adaptées à ces enseignements, ça n'a rien donné.
Un aveu qui a le mérite de la franchise. Mais malheureusement voilà qui me rappelle certain président de conseil général de Corrèze équipant les collégiens de son département en iPads pour plusieurs millions d'euros... Razz

Ce passage n'apparaît plus dans la vidéo écourtée.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par David30 le Sam 28 Déc 2013 - 9:12

M. Peillon considère que les professeurs ne sont pas bien payés, alors pourquoi leur demande t-il de faire encore un effort en retournant à l'école le mercredi matin! C'est sans doute qu'il pense qu'ils n'en font pas assez...

J'ai une suggestion à faire au ministre de l'EN et à ses conseillers (payés entre 10 et 15 000 euros mensuels) : demander aux professeurs de travailler gratuitement, ça c'est une bonne idée révolutionnaire !

David30
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Message par Roumégueur Ier le Sam 28 Déc 2013 - 9:29


Roumégueur Ier
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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Iphigénie le Sam 28 Déc 2013 - 9:40

@Luigi_B a écrit:Sur les décharges en ZEP c'est à mon sens la meilleure mesure prise par ce gouvernement : il est effectivement bon de le rappeler

Vincent Peillon a écrit:Si vous avez une tablette, et que personne ne sait vous apprendre à vous en servir, d'un point de vue pédagogique, ça ne sert à rien. Donc il faut accompagner. D'ailleurs, la France en a fait l'expérience. Car les régions, les conseils généraux, ont fortement équipé, à un moment donné, leurs écoles, leurs collèges, leurs lycées, mais comme on ne formait pas en même temps les professeurs, qu'on n'avait pas de logiciels pédagogiques, qu'on n'avait pas de nouvelles pédagogiques adaptées à ces enseignements, ça n'a rien donné.
Un aveu qui a le mérite de la franchise. Mais malheureusement voilà qui me rappelle certain président de conseil général de Corrèze équipant les collégiens de son département en iPads pour plusieurs millions d'euros... Razz

Ce passage n'apparaît plus dans la vidéo écourtée.
oh, si, ça a bien donné pour Apple.
Comme le grand plan d'équipement en tableaux numériques dont les premiers seront obsolètes quand les derniers seront installés. Mais on s'en fout, on coche des cases... :x

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Fraser le Sam 28 Déc 2013 - 9:59

Bravo pour ce travail veneration


@John a écrit:Une vidéo de 37'19'' avait été mise en ligne sur le site de la MGEN le 19 décembre 2013. Il s'agissait d'une interview "exclusive" de Vincent Peillon pour la MGEN, réalisée par la journaliste de RTL et LCP Elizabeth Martichoux. Cette vidéo a été signalée comme telle sur neoprofs.org durant la journée du jeudi 26 décembre, puis commentée par quelques membres (le fil a été vu plus de 2000 fois en 24h).
http://www.neoprofs.org/t70054-interview-exclusive-de-vincent-peillon-sur-le-site-de-la-mgen?highlight=mgen

Le lendemain, vendredi 27 décembre, la vidéo apparaissait toujours sur le site de la MGEN, mais elle avait été amputée des deux tiers de son contenu : elle ne durait plus que... 13'45''. La raison de cette censure partielle est à l'heure actuelle totalement obscure.

Nous ne serions pas seuls ?  Enlevementalien


Dernière édition par forrester1 le Sam 28 Déc 2013 - 10:48, édité 2 fois

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par stench le Sam 28 Déc 2013 - 10:27

@John a écrit:Si je prends le comparatif avec l'Allemagne qui est pris souvent, nos professeurs des écoles sont moins payés, et ils travaillent plus que les professeurs allemands ! Nos professeurs du secondaire sont moins payés, mais ils travaillent beaucoup moins ! Et donc une réforme du traitement des professeurs ne peut pas ne pas prendre en compte le temps de travail et les obligations de service.

Il doivent donc travailler "beaucoup" plus pour gagner plus d'argent  affraid 

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Sam 28 Déc 2013 - 10:31

Sur la comparaison Allemagne-France, voir ce post avec les chiffres : http://www.neoprofs.org/t70054p80-interview-exclusive-de-vincent-peillon-sur-le-site-de-la-mgen#2324685

Sur une base 100 pour la France, ça donne ça :


Dernière édition par Luigi_B le Sam 28 Déc 2013 - 14:16, édité 1 fois (Raison : Ajout du graphique)

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Message par Cath le Sam 28 Déc 2013 - 10:49

Beau boulot.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Gryphe le Sam 28 Déc 2013 - 13:30

Merci John.  idee 

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Modulo le Sam 28 Déc 2013 - 14:31


 veneration 

Je n'étais que tristesse de ne pouvoir voir la vidéo au complet, heureusement que tu es là !

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Ven 3 Jan 2014 - 0:42


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Message par Leclochard le Ven 3 Jan 2014 - 11:14

@Luigi_B a écrit:Sur la comparaison Allemagne-France, voir ce post avec les chiffres : http://www.neoprofs.org/t70054p80-interview-exclusive-de-vincent-peillon-sur-le-site-de-la-mgen#2324685

Sur une base 100 pour la France, ça donne ça :

C'est plus favorable aux Allemands. Ils sont réellement mieux payés: moins de 20% de travail en plus pour un revenu supérieur de 80 %. C'est un peu comme si en faisant trois heures supplémentaires, un certifié augmentait de 80% son traitement...  Shocked Avec une réforme comme ça on aurait beaucoup de volontaires pour les faire.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Ven 3 Jan 2014 - 11:21

Ça pour être plus favorable...

A noter que j'ai bêtement écrit "temps de travail statutaire" pour aller plus vite mais il faut lire "nombre d'heures d'enseignement statutaire ". Merci archeboc.

Graphique corrigé:


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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Cath le Ven 3 Jan 2014 - 11:26

La différence de salaire s'amenuise en cours de carrière, c'est ça ?

Cath
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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Hélips le Ven 3 Jan 2014 - 11:33

une petite question sur ton graphique : ce sont des heures de cours ou ce sont des "périodes" de cours ?

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Ven 3 Jan 2014 - 11:36

@Cath a écrit:La différence de salaire s'amenuise en cours de carrière, c'est ça ?

Oui si on se fonde sur les maxima théoriques. Un professeur du secondaire gagne quand même 26% de plus à l'échelon maximum au collège en Allemagne (Regards sur l'éducation 2012).

Il faut savoir de plus que "34 années d’ancienneté sont nécessaires pour atteindre l’échelon maximum en France, contre seulement 24 années en moyenne dans les pays de l’OCDE" (source : http://educationdechiffree.blog.lemonde.fr/2013/01/24/le-salaire-des-enseignants-francais-a-la-loupe/)

une petite question sur ton graphique : ce sont des heures de cours ou ce sont des "périodes" de cours ?
Les heures de cours (total annuel), comme indiqué sur le graphique corrigé. Le lien vers les chiffres est indiqué plus haut.


Dernière édition par Luigi_B le Ven 3 Jan 2014 - 11:45, édité 1 fois (Raison : Chiffre corrigé (collège))

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Message par Cath le Ven 3 Jan 2014 - 11:40

Je crois que Helips fait allusion à la durée des "heures" de cours en Allemagne : 45 min.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Hélips le Ven 3 Jan 2014 - 11:41

oui c'est ça ! Et c'est une vraie question hein, pas une critique du graphique !

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Luigi_B le Ven 3 Jan 2014 - 11:43

Ah d'accord. Je ne sais vraiment pas. Regards sur l'éducation, la publication de l'OCDE, ne donne pas de précision à ce sujet.



Disons que si les périodes de cours en Allemagne sont considérées comme des heures, c'est encore pire pour nous...  araignée

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par henriette le Ven 3 Jan 2014 - 11:47

Il faudrait que je retrouve mes EDT de l'époque, mais quand je travaillais au LFA, j’avais bien plus d' "heures" de cours du fait qu'elles duraient 45 et non 55 minutes. 22 heures si mes souvenirs sont bons.

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Message par Leclochard le Ven 3 Jan 2014 - 13:05

@Luigi_B a écrit:Ça pour être plus favorable...


En même temps, trois heures supplémentaires, c'est énorme en lettres. Ca voudrait dire une classe de plus. Sur une carrière, c'est une grosse charge de boulot. Malgré la belle augmentation, tiendrait-on à ce rythme ? Les jeunes sans enfant accepteraient mais avec une famille, ce serait vraiment compliqué ou alors il faudrait brader les cours et les devoirs. On en revient au débat qu'on avait eu ici: certain(e)s ne sont pas intéressé(e)s par le fric et ont d'abord choisi le métier pour les vacances et la liberté d'organisation.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Ingeborg B. le Ven 3 Jan 2014 - 13:10

Il faut aussi tenir compte du système scolaire. En Allemagne, les enseignants ont plus d'heures de cours et de tâches annexes obligatoires dans leur établissement mais moins de travail à la maison. De plus, les salaires, obligations, la formation et les conditions de recrutement diffèrent selon les Länder... Donc, difficile de comparer des systèmes totalement différents.

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Re: Interview de Vincent Peillon par la MGEN : des extraits de la version intégrale.

Message par Pseudo le Ven 3 Jan 2014 - 13:13

@John a écrit:
2) "Qu'est-ce que vous souhaitez à tous les personnels de l'Education pour 2014 ?"
"Je leur souhaite d'abord beaucoup de bonheur personnel.

Si en plus ils se mêle de notre bonheur personnel, on a pas le cul sorti des ronces !  Shocked 
S'il te plait, Vincent, ne me pourri que ma vie professionnelle, merci d'avance !

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