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Seifer
Neoprof expérimenté

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Seifer le Dim 19 Aoû 2018 - 23:09
@Babarette a écrit:
@etatmonde a écrit:Eh bien, pour moi c'est un sujet délicat... Il s'agit d’œuvres qui demeurent très lues et pourtant sont en décalage par rapport aux programmes officiels...
Les classiques des souterrains si je puis dire...
Aujourd'hui, j'espère avoir suffisamment de courage pour affronter les œuvres majestueuses que représentent les classiques intemporels et y trouver de l'intérêt !
Sinon la littérature vers laquelle je tends ça serait plutôt celle-là : ATD 1/4 Monde

Crains-tu de donner une réponse? Tu as le droit d'aimer ce que tu veux, justement, ça m'intéresse de savoir ce qui a changé la vie de quelqu'un et qui est "hors des clous" (je suis désormais presque bibliothécaire).

@Saltaojos a écrit:Je découvre ce fil, qui me remotive à fond pour Guerre et Paix (jamais lu).

Dans les œuvres qui m'ont chamboulée :
- très jeune : Harry Potter (seuls 4 tomes édités à l'époque) m'a fait découvrir "l'envie de savoir la suite" et les nuits passées à lire, puis Daniel Pennac (La Fée Carabine, Cabot-Caboche) pour la découverte de l'humour et pour mes premières larmes de lectrice ;
- ado : les tragédies de Racine, dévorées les unes après les autres tout à fait par hasard, et un peu plus tard Les Liaisons dangereuses, alors au programme du bac, dévorées aussi alors que je m'étais lancée dans cette lecture "par obligation".

Ensuite, j'ai été bouleversée par Les Frères Karamazov, et par Salammbô.

Donc à part mes premiers "chocs" littéraires (assez attendus dans les années 1990-2000), plutôt des classiques Very Happy

Oh, mais oui ! J'ai oublié Harry Potter. Ce livre a vraiment littéralement changé ma vie, je me suis fait des amis grâce à cette oeuvre. Adolescente, cela m'accompagnait partout et ça a beaucoup influencé ma vie quotidienne. Ce n'est plus vraiment le cas, mais jamais je ne pourrai me séparer de mes livres et j'ai toujours la nostalgie de ces romans.

@dita a écrit:Ce topic, c'est marrant, parce que si ma question était posée à des non profs, 50nuances de Grey serait plébiscité.

Pour les auteurs contemporains qui n'ont as une écriture digne de les expliquer richement aves les élèves, je suis d'accord. Avez-vous remarqué, cependant, que Nothomb et Ernaux ont fait leur entrée dans les catalogues ?
Que pensez vous de Michon et de Claudel, qui sont tout de même d'une autre facture qu'une Kerangal, par exemple ?

Sinon, pour la question, j'ai lu plusieurs fois La Recherche, La Comédie humaine, les Rougon-Macquart et quantité d'autres classiques, avec délices.
Mais s'il y a des œuvres qui ont changé ma vie, ce ne sont pas ceux là.

J'ai même eu une citation d'Annie Ernaux comme sujet de CAPES !

Ah, nous l'avons eu en même temps alors ! Razz
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Babarette
Vénérable

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Babarette le Dim 19 Aoû 2018 - 23:25
Faut croire :-)

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“Google peut vous donner 100 000 réponses, un bibliothécaire vous donne la bonne.” Neil Gaiman.

elephantrose lecteur
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Leclochard
Empereur

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Leclochard le Lun 20 Aoû 2018 - 9:18
Ceux qui ont manifesté les plus grandes prises de liberté avec la langue: Gargantua, La Recherche, Voyage au bout de la nuit (l'abject comme matière première).

Survivre à l'effondrement économique (Piero San Giorgio) :  Prise de conscience de l'intenable situation. Il m'a conduit à lire beaucoup d'ouvrages sur le sujet, à m'informer, réfléchir et agir.

Il doit y avoir bien d'autres que j'ai oubliés.


Dernière édition par Leclochard le Lun 20 Aoû 2018 - 9:32, édité 1 fois

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Isidoria
Doyen

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Isidoria le Lun 20 Aoû 2018 - 9:31
Je ne crois pas que le fait qu’un extrait d’une œuvre figure au bac en fasse un classique. C’est qu’un passage a mérité l’attention ou que l’oeuvre elle-même présente un intérêt par rapport à une question/un sujet. Je ne crois pas que de Kerangal soit un classique, c’est une œuvre considérée comme forte aujourd’hui, le temps nous dira si elle perdure. Je n’ai encore lu que Corniche Kennedy d’elle, qui ne m’a pas fait une impression énorme. Il faut que je lise Réparer les vivants mais je crois qu’il faut détacher le succès actuel de la catégorie « classique ».
Si on prend l’exemple de la peinture, un tableau comme le déjeuner sur l’herbe a d’abord été rejeté, reconnu par une petite partie de la société seulement car il était trop moderne pour l'époque, trop audacieux, c’est le temps qui en a fait un incontournable. N’en est-il pas de même en littérature?
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Leclochard
Empereur

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Leclochard le Lun 20 Aoû 2018 - 9:40
@Isidoria a écrit:Je ne crois pas que le fait qu’un extrait d’une œuvre figure au bac en fasse un classique. C’est qu’un passage a mérité l’attention ou que l’oeuvre elle-même présente un intérêt par rapport à une question/un sujet. Je ne crois pas que de Kerangal soit un classique, c’est une œuvre considérée comme forte aujourd’hui, le temps nous dira si elle perdure. Je n’ai encore lu que Corniche Kennedy d’elle, qui ne m’a pas fait une impression énorme. Il faut que je lise Réparer les vivants mais je crois qu’il faut détacher le succès actuel de la catégorie « classique ».
Si on prend l’exemple de la peinture, un tableau comme le déjeuner sur l’herbe a d’abord été rejeté, reconnu par une petite partie de la société seulement  car il était trop moderne pour l'époque, trop audacieux, c’est le temps qui en a fait un incontournable. N’en est-il pas de même en littérature?

Ca dépend: Proust a mis du temps à s'imposer. Inversement, Céline a été reconnu immédiatement comme un écrivain majeur.
L'oeuvre géniale négligée par les contemporains, ce n'est pas si courant. On a une perception déformée. Ce qui est vrai, c'est que le temps fait le tri et qu'il y a des modes. Beaucoup d'auteurs tombent dans l'oubli.

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Fires of Pompeii
Grand Maître

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Fires of Pompeii le Lun 20 Aoû 2018 - 9:51
Moi je n'en peux plus de Gaudé et compagnie au brevet.

Voilà, c'était pour pacifier le débat.

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Je ne dirai qu'une chose : stulo plyme.
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Isidoria
Doyen

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Isidoria le Lun 20 Aoû 2018 - 10:28
Oui, Leclochard, en effet j’aurais dû écrire et inversement,...
De Gaudé, FOP, je ne garde que Le soleil des Scorta qui est à mon sens une fresque familiale très romanesque, pour le reste... je n’ai pas trop accroché à La Mort du roi Tsongor.

Ah et j’y pense, je viens de découvrir Sorj Chalandon, les premières pages du Quatrième mur m’ont happée, j’ai dévoré ce roman, même si la fin m’a un peu déçue.
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Maga
Niveau 1

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Maga le Ven 24 Aoû 2018 - 12:53
Bonjour,

Je m'incruste à votre discussion :-)

Un livre parmi d'autres qui m'a marqué est "Le petit Prince" d'Antoine de Saint Exupéry. Il est le prémier livre que j'ai lu en français. Etant étrangère dans ce beau pays, la France, j'étais enchanté et ému par ce petit livre de grand sagesse.

"Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants."

Bonne journée à tous!

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“I don't think..." then you shouldn't talk, said the Hatter.”
― Lewis Carroll, Alice in Wonderland
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HesperC
Niveau 2

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par HesperC le Sam 25 Aoû 2018 - 12:20
Je rejoins le fil, sur la pointe des pieds.

Pour ma part, tout a commencé avec Notre-Dame de Paris. Plus précisément, cet extrait :

«Comme Claude Frollo avait parcouru dès sa jeunesse le cercle presque entier des connaissances humaines positives, extérieures et licites, force lui fut, à moins de s’arrêter ubi defuit orbis, force lui fut d’aller plus loin et de chercher d’autres aliments à l’activité insatiable de son intelligence. L’antique symbole du serpent qui se mord la queue convient surtout à la science. Il paraît que Claude Frollo l’avait éprouvé. Plusieurs personnes graves affirmaient qu’après, avoir épuisé le fas du savoir humain, il avait osé pénétrer dans le nefas. Il avait, disait-on, goûté successivement toutes les pommes de l’arbre de l’intelligence, et, faim ou dégoût, il avait fini par mordre au fruit défendu. Il avait pris place tour à tour, comme nos lecteurs l’ont vu, aux conférences des théologiens en Sorbonne, aux assemblées des artiens à l’image Saint-Hilaire, aux disputes des décrétistes à l’image Saint-Martin, aux congrégations des médecins au bénitier de Notre-Dame, ad cupam Nostrae Dominæ ; tous les mets permis et approuvés que ces quatre grandes cuisines appelées les quatre facultés, pouvaient élaborer et servir à une intelligence, il les avait dévorés, et la satiété lui en était venue avant que sa faim fût apaisée ; alors il avait creusé plus avant, plus bas, dessous, toute cette science finie, matérielle, limitée ; il avait risqué peut-être son âme, et s’était assis dans la caverne à cette table mystérieuse des alchimistes, des astrologues, des hermétiques, dont Averroès, Guillaume de Paris et Nicolas Flamel tiennent le bout dans le moyen âge, et qui se prolonge dans l’Orient, aux clartés du chandelier à sept branches, jusqu’à Salomon, Pythagore et Zoroastre.»

Non pas vraiment par révélation esthétique – je ne suis pas touchée par le style hugolien que je trouve... Assez plat –, mais par l'ensemble des connaissances que j'ai dû explorer. Je devais avoir à peu près dix ans, je n'avais pas internet, et je m'étais rendue spécialement pour la première fois dans une médiathèque pour éclaircir ce passage. Ce passage a troublé mon existence, et amorcé ma curiosité vorace. J'ai plongé directement dans l'Eve future de Villiers de l'Isle Adam, puis A Rebours de Huysmans. Par la suite, je me suis posée en vouant un culte pour Léon Bloy : Le Désespéré, La femme pauvre, puis un tournant décisif : L'exégèse des Lieux Communs. Ce dernier ouvrage a quelque peu changé ma vie : je me suis intéressée aux lieux communs, puis aux collocations, puis aux écritures spontanées globales. Jusqu'au dégoût.
Aujourd'hui, je ne lis quasiment plus que de la Poésie. Je n'ai pas été happée par Les Fleurs du Mal, même si j'avoue verser ma larme en écoutant «Madrigal triste» par Jean-Louis Murat. J'ai vite éloigné les recueils en prose, pour des œuvres que je trouvais merveilleuses par la métrique. Je pense à Paul Valéry, mais aussi à Pontus de Tyard.


Dernière édition par HesperC le Sam 25 Aoû 2018 - 15:28, édité 1 fois
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Balthazaard
Sage

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Balthazaard le Sam 25 Aoû 2018 - 13:23
" Le hasard et la nécessité de Monod" , un choc quand je l'ai lu à 17 ans.
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Tem-to
Vénérable

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Tem-to le Sam 25 Aoû 2018 - 18:58
Aucun livre n'a changé ma vie. En revanche, certains m'ont très grandement aidé à passer des moments de ma vie que j'ai détestés. Je vais essayer de le faire chronologiquement.

Oui-Oui va à l'école. J'ai eu l'impression, tout enfant, que je pouvais enfin m'admettre quand je l'ai découvert, sous ma serviette dans l'assiette, dans la salle à manger où la table avait été mise avec le plus de pompe possible, un dimanche midi. C'était un cadeau de mes parents. Je savais que c'était leur façon de me signifier clairement : bravo : tu sais lire i. Pour ce geste et sa mise en scène, j'ai pour eux une reconnaissance éternelle. Quant au livre, son intérêt n'était pas pour l'histoire mais pour l'objet qu'à mes yeux il était (et demeure).
EN CM2, au moins une fois par semaine, le maître nous lisait "Le tour de France de deux enfants" et des livres de la série des "Frères Hardy". J'adorais ça.

Je détestais l'ennui. Aussi, pendant les moments oisifs des vacances, j'ai lu beaucoup de livres des bibliothèques rose, verte, rouge et or...
A partir du collège et au fur et à mesure que je grandissais j'ai dévoré toute la série des Mousquetaires et Le comte de Monte Cristo, Le Capitaine Fracasse, beaucoup de Bob Morane, Le Monde perdu.

A la jonction collège-lycée, j'ai enfilé la totalité des nouvelles de Maupassant dans les deux tomes de La Pléiade. C'était un cadeau de Noël que j'avais demandé en précisant bien : "dans La Pléiade". J'étais le seul lecteur de la famille et je voulais pousser mon "avantage"  Razz
Fort comme la mort et Mont-Auriol m'avaient aussi beaucoup impressionné.
Joseph Kessel ou sur la piste du Lion de Yves Courrières, les deux tomes de O Jérusalem de Dominique Lapierre et Larry Collins pendant les vacances.

Au lycée, Illusions perdues et Splendeurs et misères des courtisanes. Je me souviens qu'au lycée, avant LA rencontre, je bâclais mes journées pour les lire après dîner, dans mon lit, jusqu'à pas d'heure. Bien sûr, après LA rencontre, quand j'y repensais, je reniais ces deux romans : "Non non, Honoré se trompe !". Et j'ai beaucoup moins lu à part Les sept piliers de la sagesse parce que je m'étais fait un copain kabyle qui m'intriguait : il m'entraînait errer au rayon parfumerie du Printemps pour mieux comprendre Baudelaire.
J'ai commencé ma période poésie à cause de LA rencontre. Je ne me souviens plus bien quels poèmes ni quels auteurs. Tout ce dont je me souviens, c'est que je m'étais fait le pari (tenu), quinze jours durant, de ne parler par devers moi qu'en vers jusque dans mes réflexions les plus prosaïques sur le quotidien de la vie. J'essayais (sans connaître la signification du mot) de ne pas être trop hétérométrique (Aphrodissia, si tu passes par là  ). Je faisais attention à ce que cela ne m'échappe pas à voix haute parce que les gens faisaient une drôle de tête. Phèdre dont je déteste l'histoire mais dont la langue et le rythme m'avait hypnotisé, était passée par là.

Après le lycée est arrivée une étrange nuit longue d'un an, faite d'ennui, de cynisme et de dégoût. C'était l'armée. Dans cette nuit d'un an, il y a eu LA nuit. Celle qu'illuminaient, toutes les deux heures, les va-et-vient d'une comète. Ces passages dans mon ciel étaient les réverbérations de l'épée de Cyrano de Bergerac qui défouraillait pour me soutenir et me désennuyer. J'ai dû faire partie d'une des dernières années du système de la conscription. J'ai tellement fait l'imbécile que je me suis retrouvé au service général au bout de trois mois. J'avais 20 ans, j'avais refusé les EOR par idéalisme.
C'était une nuit d'hiver entre un vendredi et un samedi où il gelait à pierre fendre et où j'étais de garde de 20h à 8h devant la caserne, à Laon, dans un régiment de transmission que j'ai certainement contribué à faire dissoudre puisqu'il n'existe plus  abi Deux heures idiotes et renouvelées de pied de grue dans mon stupide uniforme entre le portail et la nationale, suivies de deux autres heures elles aussi renouvelées au repos, dans le dortoir contigu des réquisitionnés. J'avais pris Cyrano pour occuper mon repos entre les tours de garde : je déteste qu'on me hachure mes heures de sommeil alors autant lire, d'autant plus que le lendemain, si on m'avait sucré ma permission du week-end (j'avais encore dû faire le fou), je pouvais dormir.
Cyrano, c'était quand même bien autre chose que les BD pornos qui circulaient parmi mes congénères dans le dortoir. J'savais même point qu'ça existait des BD pornos d'une qualité de dessins toute aussi affligeante qu'irréaliste anatomiquement. Ingres n'est qu'un petit joueur. Bref : Cyrano n'a pas aidé que Christian ! Je me répétais, pour tenir le coup pendant mes factions, les tirades que je venais de lire pendant mes repos.

Pendant vingt-scinq ans, deux premières vies professionnelles au cours desquelles j'ai mise en place ma vie privée m'ont complètement éloigné de ce qu'on appelle la littérature patrimoniale.

Il y a cinq ans, changement de vie professionnelle et avant de devenir prof, deux années à ne vivre non stop que pour cette littérature patrimoniale en Master MEEF (mis à part les autres cours tournant autour du pédagogisme). Deux années que j'ai aimées de lectures convulsives, de délicieuses prises de tête à me coltiner le fond et la forme des textes. Je faisais peur à ma famille.
Des hallucinations à la pelle.
On va citer les plus marquantes, les livres que je ne connaissais pas du tout ou incomplètement. Plus je vais en citer, plus il m'en viendra à l'esprit, alors je vais quand même essayer de limiter en suivant comme je peux l'histoire littéraire, sans citer les ouvrages critiques ou essais :

Gilgamesh, L'Enéide, Perceval ou le Conte du Graal, différents Rabelais, certains poèmes de Villon et Rutebeuf, La Princesse de Clèves, Les Liaisons dangereuses, Bérénice, Jacques le fataliste et son maître, La Nouvelle Héloïse, Manon Lescaut, Paul et Virginie.
Lorenzaccio et dans Les Confessions d'un enfant du siècle de Musset le passage sur le mal du siècle, le recueil Les Filles du feu, La Chartreuse de Parme, la préface de Cromwell par Hugo, tout son théâtre, son passage sur l'argot dans Les Misérables, son passage sur Frollo brandissant un livre face à Notre-Dame de Paris dans le roman éponyme, L'Homme qui rit, la préface de Chatterton par Vigny.
Trois contes de Flaubert (surtout les deux derniers), la série des Rougon-Macquart, les poésies de Verlaine et Rimbaud, certaines de Mallarmé, A rebours, L'Enfant de la haute mer de Supervielle, La guerre de Troie n'aura pas lieu, La Vie de Galilée et La Résistible ascension d'Arturo Ui, la trilogie de Pan ainsi qu'Un Roi sans divertissement, la mouvance dada, Nadja, Aurélien, L'Enfant et la rivière, L'Ecume des Jours, Les Fleurs bleues, W, Les Choses, Tous les matins du monde...

A part ça, aucun livre n'a changé ma vie

Actuellement Lucien Leuwen est bien parti pour me marquer.


Dernière édition par Tem-to le Dim 26 Aoû 2018 - 7:34, édité 2 fois

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Il nous faut donner des gages de vanité : la société n'accepte pas qu'on en soit dénué.
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Honchamp
Expert

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Honchamp le Sam 25 Aoû 2018 - 20:56
"Retour à Reims" de Didier Eribon.
Ce n'est pas que l'histoire d'un gamin qui se révèle homosexuel.
C'est l'histoire d'un gamin de milieu populaire, pas miséreux, et de  sa famille : mode de vie, relations familiales, rôle de l'école, découverte d'autre chose.

Une révélation pour moi, j'y ai retrouvé tellement de choses !
Comme Eribon est sociologue, non seulement il raconte, mais il analyse.

Avant Eribon, "La place" et "Une femme", d'Annie Ernaux.
Le côté catho en moins, et pas tout à fait à la même époque, (-:, j'y ai retrouvé pas mal de choses de ma jeunesse. Dont les sources de mal-être, quand il y a des "rugosités" entre les différents milieux dans lesquels on évolue.

"En finir avec Eddy Bellegueule" d'Edouard Louis est dans la même filiation. Mais beaucoup plus âpre,plus cru, plus violent.
Pas connu ça chez moi. Mais des famille Bellegueule, dans des villages  que j'ai fréquentés, oui.  J'en connais encore d'ailleurs.

Mais Eribon, à lire. C'est en poche.

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"Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assise par terre comme ça.."
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cannelle21
Grand Maître

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par cannelle21 le Sam 25 Aoû 2018 - 21:48
J'ai toujours aimé lire. D'aussi loin que je me souvienne, je me revois avec un bouquin entre les mains, à commencer par les Comtesse de Ségur.
Mon premier coup de coeur a été pour La baleine blanche, de Lanzmann que mon père m'avait refilé pour que je le laisse tranquille un après-midi. Je devais avoir dix ans : j'ai ri, pleuré, éprouvé mes premiers émois à la lecture d'un texte.
Ensuite il y a eu L'Assommoir. J'étais infecte en cours. Mon professeur m'a donné une fiche de lecture à faire sur ce roman pour me punir. Je l'ai dévoré. J'avais 12 ans. J'ai décidé de devenir professeur de français car je trouvais très injuste de donner L'Assommoir comme punition.
A l'adolescence, j'ai lu et relu l'oeuvre de Cioran. J'y voyais une sorte de message. Le livre de l'intranquillité m'a fait le même effet plus tard. Ce sont les deux oeuvres que je garde en permanence sur ma table de nuit pour m'y abîmer en périodes de détresse.
Enfin, à chaque fois que mon petit coeur est meurtri, je lis et relis Bérénice.

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Il y a des gens si bêtes que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de solitude.
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Zagara
Grand Maître

Re: Les livres qui ont changé votre vie

par Zagara le Sam 25 Aoû 2018 - 21:59
Philippe Auguste de Baldwin, premier livre d'histoire que j'ai lu entièrement comme un roman.
Un des trois livres qui m'ont fait comprendre que je devais me consacrer à la médiévale.
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Re: Les livres qui ont changé votre vie

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