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Sylvia
Niveau 10

Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Sylvia le Mer 8 Avr 2009 - 17:45
Avez-vous déjà travaillé avec des élèves dispraxiques, dislexiques, disorthographiques? J'en ai trois cette année, dont un qui possède les trois "handicaps" à la fois. C'est vraiment très difficile! Un des parents estime que l'équipe éducative ne fait rien pour aider son enfant. Et pourtant, j'aménage des textes, je lui demande de reformuler les consignes, je le sollicite, certains cours sont même photocopiés. Ce parent s'est même offusqué de voir que l'enfant travaille sur des documents traitant de l'ancien français. C'est dans le programme de 5ème, je ne peux faire l'impasse même pour un élève en difficultés. J'avoue que je ne sais plus quoi faire. Je n'ai jamais été formée pour et les parents s'imaginent que les problèmes de leurs enfants doivent disparaitre tout de suite. Il demandent des résultats immédiats alors que c'est un travail de longue haleine.
J'aimerais connaître vos expériences. Auriez-vous également dans vos tiroirs des documents qui pourraient m'être utiles?
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Nestya
Bon génie

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Nestya le Mer 8 Avr 2009 - 17:55
J'ai des élèves dislexiques et je ne fais pas de cours différenciés, je n'ai pas le temps et je n'ai pas que ça à faire. Par contre, je fais des évaluations différentes ou un bârême différent.
Quant aux parents, il faut leur remettre les pendules à l'heure. Tu as un programme à faire et tu as d'autres élèves dont tu dois t'occuper. Nous ne sommes pas formés pour nous occuper correctement de ces élèves et avec des classes parfois surchargées, on ne peut pas faire grand chose. Si ce n'est orienter les parents vers un orthophoniste.

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"Un lecteur vit un millier de vies avant de mourir. Celui qui ne lit pas n'en vit qu'une."
George R.R.Martin
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nad'
Sage

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par nad' le Mer 8 Avr 2009 - 17:59
Pourquoi tu ne conseillerais pas aux parents de demander une AVS, une Assistance de Vie Scolaire ?
elea84
Niveau 10

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par elea84 le Mer 8 Avr 2009 - 18:00
tu fais de ton mieux et c'est déjà beaucoup. Je sais ce que tu ressens, car avec des collègues nous nous sommes lancé un défi cette année. Nous avons pris en charge une classe de 6ème avec 23 élèves dont 10 élèves dys(lexique, graphique, orthographique, phasique). Nous n'avons aucune formation et seulement un désir de faire quelque chose pour ces élèves après avoir assisté à une journée de stage.
En français, j'applique le même programme pour tous, mêmes textes, mêmes contrôles la plupart du temps.
En début d'année, je faisais plus court pour eux ou bien je leur laissais un temps supplémentaire. Pour les dictées je leur donne un texte à trous qui porte uniquement sur le ou les points de grammaire que nous avons vu dans la séquence.
Lors des rédactions, je ne tiens pas compte de l'othographe bien sûr et pour mes disgraphiques je comble les trous (j'en ai un qui oublie régulièrement les petits mots: déterminants, mots de liaison ou parfois des bouts de phrases!)
Pour une des élèves j'ai poussé les parents à faire un dossier auprès de la MDPH pour qu'elle est un ordinateur. Depuis octobre elle prend des cours pour apprendre à taper. Elle n'ose pas l'utiliser encore en classe, mais ça lui servira l'année prochaine.
Certains parents ne sont même conscients ce qu'implique le handicap de leur enfant.
Pour ton élève, quel est son suivi? Orthophoniste ou autre?
A-t-il une AVS? (l'une des miennes en a une 6h/semaine et on a demandé toujours auprès de la MDPH que ce temps soit doublé l'année prochaine)
S'il est dyspraxique, l'ordinateur peut être aussi une bonne idée, s'il a des difficultés à écrire.
Pour les documents j'aurai peut être des choses début mai, car ma principale nous organise un stage d'une journée avec une conseillère pédagogique qui s'est occupée d'une Cliss (j'hésite sur l'orthographe?) pour enfants atteints de troubles dys.
Continue comme tu le fais, pour ces enfants le plus important est déjà de savoir que leur problème est connu et reconnu.
Quant aux parents, il faut malheureusement subir... Ma collègue d'anglais qui s'occupe de cette 6ème a un élève dyslexique en 5ème . Elle a essayé d'appliquer les mêmes méthodes qui fonctionnent du tonnerre avec les 6°. Mais le 5° refuse de travailler, car dixit sa mère "l'orthophoniste lui a dit que l'anglais était impossible pour lui", donc il n'essaie même plus!
Bon courage et n'hésite pas à me contacter si tu veux échanger. Toutes les idées sont les bienvenues de mon côté aussi!
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alprechac2
Expert

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par alprechac2 le Mer 8 Avr 2009 - 18:00
Il y a beaucoup de dyslexiques reconnus dans mon établissement et j'en ai beaucoup en classe.

On explique bien aux parents que l'on n'est pas apte à faire progresser leurs enfants : on n'est pas des orthophonistes. Il ne peut pas y avoir de résultats immédiats.
Mais on a beaucoup de parents qui prennent la dyslexie de leur enfant comme prétexte (les enfants aussi d'ailleurs le font) et refusent de reconnaître que leur enfant ne fait pas non plus tous les efforts qu'il pourrait. C'est toujours très délicat lors des rdv parents.

Comme autres aménagements : j'imprime les documents pour les dyslexiques en caractères comic sans MS ou verdana (polices reconnues comme étant plus lisibles), en plus gros et surtout en plus aéré. J'aménage évidemment les barêmes de dictée, de rédaction ... on fait des dictées fautives en 3e. Il faut placer les enfants devant, et on fait des binômes avec un élève qui se débrouille bien et peut jeter de temps en temps un coup d'oeil (notamment lors de la prise des devoirs, pour éviter que l'élève dys se trompe de n° d'exercie en recopiant). Les seuls documents que j'ai spécifiques dyslexiquessont les dictées fautives, que je peux te communiquer si tu m'envoies ton adresse mail en MP.

Il ne faut pas que tu te culpabilises car tu fais déjà beaucoup de choses et comme tu le soulignes, nous n'avons pas été formés. On fait ce que l'on peut.
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Sylvia
Niveau 10

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Sylvia le Mer 8 Avr 2009 - 18:01
Ta réponse me rassure mais que cela est difficile de le faire comprendre aux parents. L'un m'a dit que c'était notre boulot, qu'on était payé pour cela!
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Nestya
Bon génie

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Nestya le Mer 8 Avr 2009 - 18:04
@Sylvia a écrit:Ta réponse me rassure mais que cela est difficile de le faire comprendre aux parents. L'un m'a dit que c'était notre boulot, qu'on était payé pour cela!
Absolument pas, c'est le boulot de l'orthphoniste de remédier à ces problèmes!

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George R.R.Martin
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Sylvia
Niveau 10

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Sylvia le Mer 8 Avr 2009 - 18:05
Merci pour toutes vos réponses!
Mon mail est sylvia.michel2wanadoo.fr@wanadoo.fr
Vos propositions de documents sont les bienvenues.
Les trois élèves sont suivis par un orthophoniste, un seul a un AVS, il disposera l'année prochaine d'un ordinateur.
elea84
Niveau 10

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par elea84 le Mer 8 Avr 2009 - 18:06
@Sylvia a écrit:Ta réponse me rassure mais que cela est difficile de le faire comprendre aux parents. L'un m'a dit que c'était notre boulot, qu'on était payé pour cela!

Je réalise à quel point j'ai de la chance cette année. Tous les parents sont ravis de l'initiative et du travail fourni par l'équipe, mais la classe fonctionne bien. Je suis étonnée par la volonté et le travail que fournissent mes élèves dys.
Pour tes parents à la c....., rappelle-leur qu'aider leur enfant à surmonter son handicap relève d'une orthophoniste, d'un médecin ou autre et que toi, tu dois gérer une classe complète sans négliger les autres.
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Nestya
Bon génie

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Nestya le Mer 8 Avr 2009 - 18:06
Et puis dans mon collège, nous avons des élèves dyslexiques, des élèves primo arrivants...Si je devais faire un cours aménagé pour tout le monde, je n'aurais plus aucune vie privée. Il faut faire comprendre aux parents que le collège ne fournit pas des cours à la carte!

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Sylvia
Niveau 10

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Sylvia le Mer 8 Avr 2009 - 18:07
Je les place en binômes au premier rang mais malgré tout cela reste insuffisant aux yeux d'un parent.
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babette
Érudit

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par babette le Mer 8 Avr 2009 - 18:07
J'ai comme, tout le monde je pense, des élèves dyslexiques et/ou dysorthographiques. Pour les aider je fais quelques trucs classiques et simples:
- lire le texte d'un contrôle à haute voix,
- expliquer les questions, les consignes,
- enlever 2/3 questions à chaque test et éventuellemnt faire un barème spécial,
- quand la leçon à noter est longue je leur propose de leur donner photocopiée
- ne compter l'orthographe que dans les tests d'orthographe jamais ailleurs.
- Sur une heure d'étude la documentaliste me prend 7 élèves pour qu'ils travaillent sur le logiciel "lirebel".

Je trouve que cela est déjà pas mal, je ne vois pas quoi faire de plus! Depuis le début d'année j'ai deux parents qui se sont plaints en me faisant un petit courrier du genre: mon fils a beaucoup travaillé pour ce contrôle, je trouve décourageant qu'il n'ait eu que 10/20, pouvez vous m'expliquez sa note? Un truc hallucinant :Gné: , j'ai écrit un petit mot bien senti à ce parent parce que mince faut quand même pas pousser mémé dans les orties!!! Fais comme tu peux on ne peux pas non plus faire des cours particuliers dans une classe à 25 ou 30 élèves.
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Maissa
Fidèle du forum

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Maissa le Mer 8 Avr 2009 - 18:10
En principe, il faut que le diagnostic soit donné par le médecin scolaire (après consultation du dossier, prise de contact avec l'orthophoniste et tests).
Ensuite, se tient une commission et lors de cette réunion des recommandations précises sont faites aux enseignants.
En dehors de cette procédure, tu n'es pas obligée de répondre aux injonctions des parents.
Nombreux sont les parents qui justifient les difficultés de leurs enfants en disant qu'ils sont ceci ou cela mais dès qu'on leur demande de prendre contact avec le médecin scolaire, ils reculent...
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lilith888
Esprit éclairé

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par lilith888 le Mer 8 Avr 2009 - 21:21
Je ne connaissais pas cette démarche avec le médecin scolaire.
Je vais faire un peu ma parano, mais je trouve que la galaxie des dys s'étend dangereusement. Si on regarde le pourcentage normal et la réalité par classe, l'écart est affolant.
Loin de moi de jeter la pierre, mais, si, effectivement il y a vraiment des élèves présentant un trouble (j'en ai 2 sur 4 classes), combien sont diagnostiqués par les orthophonistes peut-être à tort ? (allez, soyons fous et parano : combien sont faussement diagnostiqués pour faire chauffer la carte bleue des parents au profit de l'orthophoniste ? Ou parce que les parents sont amis avec l'orthophoniste et que c'est bien plus pratique comme alibi pour expliquer la fainéantise scolaire ?)
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estelle
Niveau 6

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par estelle le Mer 8 Avr 2009 - 22:14
j'ajouterai un truc essentiel à la liste de Babette: valoriser autant que possible l'élève dys
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Nestya
Bon génie

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Nestya le Mer 8 Avr 2009 - 22:22
@lilith888 a écrit:Je ne connaissais pas cette démarche avec le médecin scolaire.
Je vais faire un peu ma parano, mais je trouve que la galaxie des dys s'étend dangereusement. Si on regarde le pourcentage normal et la réalité par classe, l'écart est affolant.
Loin de moi de jeter la pierre, mais, si, effectivement il y a vraiment des élèves présentant un trouble (j'en ai 2 sur 4 classes), combien sont diagnostiqués par les orthophonistes peut-être à tort ? (allez, soyons fous et parano : combien sont faussement diagnostiqués pour faire chauffer la carte bleue des parents au profit de l'orthophoniste ? Ou parce que les parents sont amis avec l'orthophoniste et que c'est bien plus pratique comme alibi pour expliquer la fainéantise scolaire ?)
C'est vrai que vu, le nombre grandissant de dys, la question se pose. Mais je m'interroge aussi sur le travail des orthophonistes, surtout ceux de la ville où je travaille. J'ai des élèves de 6èmes-5èmes qui sont dys-quelques chose et qui sont soit disant guéris. Ils ont vu un orthophoniste quelques années auparavant et celui-ci a déclaré aux parents que le problème était réglé. Or, je trouve encore dans la copie de ces élèves de nombreuses confusions de sons. N'ayant plus confiance en cet orthophoniste, mes collègues de français orientent maintenant les parents vers un centre d'orthophonie sur Lille où il y a plus de moyens et où les gamins passent un bilan complet.

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George R.R.Martin
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lilith888
Esprit éclairé

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par lilith888 le Mer 8 Avr 2009 - 22:37
Je pense qu'il faudrait de toute urgence qu'il y ait un diagnostic "neutre" de ces troubles pour éviter toutes sortes de malveillances et de détournements.

C'est pour ça que le médecin scolaire me semble une solution adéquate, mais hélas, trop peu connue et appliquée
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Dinaaa
Esprit éclairé

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Dinaaa le Mer 8 Avr 2009 - 23:06
J'ai une élève pluri-dys (!) cette année, elle est suivie par une AVS 9h par semaine et... cela se passe mal.

J'ai, comme les autres, aménagé pas mal de choses pour elle, ça a été dit + haut, je n'y reviens pas, ajoutant seulement que je la fais beaucoup travailler à l'oral, elle est interrogée systématiquement plusieurs fois à chaque cours (et dans une classe de 29, c'est un traitement de faveur !)

Je suis sa PP, donc chargée de relayer l'info aux collègues, et souvent, on m'envoie paître. La collègue d'anglais a même refusé la présence de l'AVS dans ses cours. Il faut reconnaître que l'AVS est (à mon avis strictement personnel) complètement à côté de la plaque, se contentant, soit d'engueuler la gamine, soit de recopier intégralement pour elle, allant jusqu'à faire les contrôles de sa main.

Les parents râlent, trouvent que nous ne faisons pas assez pour leur fifille. Leur fifille ne fait RIEN à la maison, partant du principe que sans AVS, elle peut pas (ça fait 5 ans qu'elle a une AVS, elle est devenue totalement dépendante).

Une UPI dyslexie existe à 10km de chez nous, transports en commun direct, mais les parents refusent d'y envoyer leur fille. Pourtant là-bas elle aurait des enseignants formés au problème.

J'ai l'impression d'être la seule à me battre contre des moulins à vent.

Quant aux nombreux parents qui viennent me voir en début d'année pour me prévenir que leur petit chéri est "dys", je les envoie dans les orties en expliquant que sans un diagnostique du médecin scolaire, aucun aménagement de la scolarité n'est possible.

Et je prie le ciel pour mes enfants ne soient pas "dys" ! :boxe:
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doublecasquette
Prophète

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par doublecasquette le Mer 8 Avr 2009 - 23:09
Croyez-vous qu'un médecin scolaire peut diagnostiquer tout ça de façon sûre ?
Les médecins généralistes demandent un bilan orthophonique et se basent sur le rapport pour prescrire ou non des séances, mais ils n'effectuent pas le bilan eux-mêmes.

L'année dernière, on m'a signalé qu'un nouvel élève était très certainement dyspraxique. J'ai lu des tas de trucs à droite à gauche et plus je lisais, plus cela me semblait grave.
Et puis, le gamin est arrivé (au milieu du CE1) avec un PPRE long comme ça ! Il ne savait pas lire, tout juste déchiffrer, et encore, seulement les mots très simples, à condition que la phrase ne soit pas trop longue.
Il n'arrivait même pas à recopier, encore moins à écrire seul ne serait-ce qu'un mot, ne suivait pas en classe, partait dans ses nuages à la moindre occasion... en français et en maths (c'était pareil en maths, savait tout juste compter et faire une addition archi-simple).
Dans les autres matières, c'était un gosse vif, intelligent, ayant beaucoup de connaissances, ne décrochant jamais.
Et puis, sa mère et moi, nous lui avons appris à lire, avec une bonne vieille méthode syllabique, et, bizarrement, sa dyslexie-dyspraxie-dys-tout ce que vous voulez s'est résorbée petit à petit jusqu'à disparaître complètement.
Evidemment, au collège, c'est moins simple, mais selon Colette Ouzilou ("Dyslexie, une vraie-fausse épidémie"), il n'y a que très peu de dyslexiques vrais, tous les autres, ce sont des victimes d'une méthode de lecture aberrante au CP.
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Dinaaa
Esprit éclairé

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par Dinaaa le Mer 8 Avr 2009 - 23:22
@doublecasquette a écrit:Croyez-vous qu'un médecin scolaire peut diagnostiquer tout ça de façon sûre ?
Les médecins généralistes demandent un bilan orthophonique et se basent sur le rapport pour prescrire ou non des séances, mais ils n'effectuent pas le bilan eux-mêmes.
>> Ce que je veux dire, c'est que je demande aux parents de constituer un dossier qui sera validé par le médecin scolaire, car sinon beaucoup se cachent derrière une pseudo-dis... pour ne pas s'avouer que leur gosse est juste faiblard.
L'année dernière, on m'a signalé qu'un nouvel élève était très certainement dyspraxique. J'ai lu des tas de trucs à droite à gauche et plus je lisais, plus cela me semblait grave.
Et puis, le gamin est arrivé (au milieu du CE1) avec un PPRE long comme ça ! Il ne savait pas lire, tout juste déchiffrer, et encore, seulement les mots très simples, à condition que la phrase ne soit pas trop longue.
Il n'arrivait même pas à recopier, encore moins à écrire seul ne serait-ce qu'un mot, ne suivait pas en classe, partait dans ses nuages à la moindre occasion... en français et en maths (c'était pareil en maths, savait tout juste compter et faire une addition archi-simple).
Dans les autres matières, c'était un gosse vif, intelligent, ayant beaucoup de connaissances, ne décrochant jamais.
Et puis, sa mère et moi, nous lui avons appris à lire, avec une bonne vieille méthode syllabique, et, bizarrement, sa dyslexie-dyspraxie-dys-tout ce que vous voulez s'est résorbée petit à petit jusqu'à disparaître complètement.
Evidemment, au collège, c'est moins simple, mais selon Colette Ouzilou ("Dyslexie, une vraie-fausse épidémie"), il n'y a que très peu de dyslexiques vrais, tous les autres, ce sont des victimes d'une méthode de lecture aberrante au CP.
>> Je vois qu'on a le même type d'analyse. Combien d'orthophonistes le reconnaîtront ?
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doublecasquette
Prophète

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par doublecasquette le Jeu 9 Avr 2009 - 10:22
Jusqu'à maintenant, j'ai presque toujours eu de la chance avec les orthophonistes sauf une fois.
Sans doute parce que, cette fois-là, il s'agissait d'un dyslexique "vrai" et qu'il aurait fallu prendre d'autres mesures que les parents refusaient. Le redoublement, par exemple, aurait sans doute permis à cet élève, par ailleurs sans grosses difficultés intellectuelles, de consacrer une année scolaire à perfectionner "ses repères dans l'écrit". Par ailleurs, si les orthophonistes perdaient moins de temps dans la semaine à prendre pendant leurs séances des élèves qui font chez elles ce que l'école ne leur fait pas faire, elles auraient le temps de prendre les vrais dyslexiques trois ou quatre fois par semaine et de construire chez eux d'autres repères que ceux qui "marchent" avec les élèves sans difficultés réelles.

Un autre cas fut celui du fils d'une collègue instit qui ne s'est rendu compte des difficultés de son fils que lorsque celui-ci était en fin de CM2. Bien entendu, il n'était pas question de remettre en cause la méthode de lecture, ni celle d'acquisition de l'orthographe lexicale ou grammaticale. Il ne fut pas non plus question d'opter pour l'orthophoniste lambda et la lecture du livre de Colette Ouzilou que j'avais aimablement prêté ne donna lieu qu'à des critiques acerbes et psychologisantes.

La dyslexie ne pouvait venir que de la naissance du petit frère, du statut d'aîné mal accepté par l'enfant, d'une éventuelle hérédité chargée (un vague cousin qui aurait sans doute été dyslexique), d'une mauvaise résolution de l'Oedipe du bonhomme ou d'une éventuelle précocité intellectuelle (très à la mode, la précocité intellectuelle et qui excuse tout, du môme mal élevé qui crache à la figure de ses parents et se jette sous les roues des voitures en hurlant à celui qui n'en fiche pas une rame en classe, dès qu'un enfant acquiert un savoir-faire trois jours avant son petit voisin né le même jour que lui, il est précoce, mais ça, c'est un autre débat) et l'urgence était de faire reconnaître cette déficience par l'institution afin que l'enfant n'ait pas à se confronter à l'écrit au cours de ses années de collège.
Il fut même question de l'équiper d'un matériel spécial (pupitre droit et lunettes spéciales très chères à faire faire chez un ami du gourou-orthophoniste qui faisait pousser le cri primal à l'enfant pour qu'il évacue son mal-être). Je ne sais pas si cela se fit ou s'il réussit à échapper à cette honte, difficilement supportable par le pré-ado de base.

Grâce à tout ceci, le gamin passa de 6° en 5°, de 5° en 4°, de 4° en 3°, sans jamais avoir la chance d'apprendre à lire et à écrire. Cette année, il est en Seconde professionnelle où il revit enfin, paraît-il, après 9 années de cauchemar et 4 années d'expérimentations médicalo-psychologiques !
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sand
Esprit sacré

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par sand le Jeu 9 Avr 2009 - 13:48
Oulah, on est dans la caricature, là !
Les délires psycho, les gamins intenables systématiquement étiquetés précoces, c'est une réalité.
Mais il existe des enfants qui souffrent de dyspraxie, de troubles visio-spatiaux et qui trouvent de très bons professionnels pour les aider à surmonter leurs difficultés. Et on peut faire un petit effort pour que ces enfants-là suivent une scolarité à peu près normale, non ?
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doublecasquette
Prophète

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par doublecasquette le Jeu 9 Avr 2009 - 13:55
@sand a écrit:Oulah, on est dans la caricature, là !
Les délires psycho, les gamins intenables systématiquement étiquetés précoces, c'est une réalité.
Mais il existe des enfants qui souffrent de dyspraxie, de troubles visio-spatiaux et qui trouvent de très bons professionnels pour les aider à surmonter leurs difficultés. Et on peut faire un petit effort pour que ces enfants-là suivent une scolarité à peu près normale, non ?
Ah oui, bien sûr. Mais combien sont-ils réellement ? En 35 ans bientôt d'exercice en primaire (maternelle et élémentaire), j'ai dû en rencontrer une petite dizaine dans mes classes... Et dans mon enfance, aux multiples déménagements, une petite dizaine également.
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sand
Esprit sacré

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par sand le Jeu 9 Avr 2009 - 21:06
Leur laissait-on une chance, à ces enfants-là, il y vingt ans ? Je me souviens des classes de transition et autres classes d'adaptation dans lesquelles on mettait tous les enfants qui ne suivaient pas bien.
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doublecasquette
Prophète

Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

par doublecasquette le Jeu 9 Avr 2009 - 21:29
Y étaient-ils plus malheureux que maintenant où ils traînent leur échec scolaire vaille que vaille du CP à la 3° sans quasiment aucune chance qu'on leur laisse juste un petit peu plus de temps que les autres ?
Sont-ils plus heureux avec leur PPRE épais comme une valise, leur différenciation qui les signale à tous comme les vilains petits canards, leurs visites chez l'orthophoniste, le psychomotricien, le psy tout court, sans jamais arriver à raccrocher les wagons ?
Je connais deux ou trois adultes qui ont suivi ce parcours (classes de perfectionnement en primaire, 6° et 5° de transition ou pratiques, CPPN). Ils n'en gardent pas un mauvais souvenir, loin de là, et racontent comment "le maître" avait du temps pour eux et leur réexpliquait ce qu'ils n'avaient pas compris.
Mais revenons aux dyslexiques qui normalement n'auraient pas à l'époque atterri dans ces structures qui étaient réservées aux élèves ayant un QI inférieur à 85, si mes souvenirs sont bons.
Et particulièrement aux faux dyslexiques, ceux qui, normalement, n'auraient jamais dû avoir ce type de problème.
Savez-vous que, dans certains CE1, plus d'un tiers ou de la moitié des élèves sont "non-lecteurs" à la rentrée ? Qu'il n'est pas rare qu'il y ait encore 4 ou 5 "non-lecteurs" dans une classe de 25 CE2 ?

Un trouble de la lecture censé toucher 4 à 5 % de la population peut-il, tout à coup, en toucher 33 à 50 % ? Ou même si l'on se base sur le fait que l'on ne peut réellement diagnostiquer la dyslexie que lorsque l'enfant a 18 mois de retard d'acquisition de la lecture, en toucher tout à coup ne serait-ce que 16 à 20 % ?
Est-ce possible ?
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Re: Dispraxique, dislexique, disorthographique

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