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John
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Slate : Louise Tourret revient sur le principe de la classe inversée avec David Bouchillon et Olivier Quinet.

par John le Sam 29 Mar 2014 - 17:04
L’innovation est une «vieille» tradition scolaire. Certaines pédagogies sont éternellement «nouvelles», Mais certaines nouveautés vraiment plus nouvelles mérite qu'on s'y arrête. C’est le cas de la classe inversée, flipped classroom dans son idiome d’origine. Ce ne sont pas les élèves qui font cours au prof et ça ne consiste pas non plus à faire classe dans le couloir ou assis sur les tables.

La classe inversée, c’est le temps des devoirs et celui de leçon qui sont intervertis. Le cours est lu et appris par les élèves hors du cours, chez eux, en salle de permanence, pendant un moment spécifiquement aménagé mais surtout sans le professeur. Et les exercices, sont réservés à la classe, avec, là, l’aide du prof.

Au cœur de la méthode, le caractère actif qu’elle donne à l’heure de cours et l’efficacité attendue d’un suivi de la compréhension et des difficultés des élèves pas à pas. Parce que les exercices sont fait avec l'enseignant, la classe inversée permet de se donner l’occasion d’intercepter tout de suite les obstacles qu’ils rencontrent. [...]

Les élèves peuvent travailler en petit groupe, s’expliquer les choses entre eux, résoudre un problème en collectivement. (Travailler en équipe, c’est traditionnellement une compétence que l’école peine à enseigner.)

Alors que donne la classe inversée? On sait depuis longtemps que des professeurs enthousiastes et motivés produisent toujours des effets positifs sur les résultats des élèves, donc oui les effets sont, en toute logique, bénéfiques pour cette pédagogie qui est toujours choisie par des enseignants à la recherche d'innovation pour leurs cours.

David Bouchillon est professeur d’Histoire-Géographie au collège. Quand on parle de classe inversée, on tombe tout de suite sur lui (en l’occurrence pour moi c’était via Twitter mais il a déjà été cité dans plusieurs papiers et sa classe a fait l’objet d’un reportage sur France 2). Pourquoi a-t-il voulu changer de méthode ?
Les élèves se désinvestissent au collège, l’avantage de la classe inversée est la remise au travail des élèves, les rendre actifs et acteurs de leurs apprentissages.

Et pour Olivier Quinet, autre professeur d’Histoire Géo, également en collège, la classe inversée porte ses fruits en terme de résultats :
Les élèves sont preneurs car il y a moins de travail à la maison. Ils apprennent mieux. Il y’a peu de «vie» (comprenez du désordre) dans la classe mais ça les rend plus autonomes. Je les fais rédiger davantage, lors d’exercices non notés, cela leur permet de s’exprimer plus facilement par écrit, et finalement d’obtenir meilleurs résultats aux évaluations. Je n’ai plus de copies blanches! Le seul problème pour certain c’est qu’ils ne peuvent plus dormir en cours! Pour le moment, les trois quatre élèves les plus en difficultés ne rattrapent pas leur retard mais le «ventre mou» a vraiment vu son niveau augmenter.

Alors pourquoi la classe inversée se diffuse-t-elle spécifiquement en ce moment ? La réponse tient en un mot: L'Internet. Au départ, et en principe, un enseignant n’a pas besoin d’internet pour inverser sa classe. Un polycopié peut suffire (je viens d’un monde dans lequel on avait des polycopiés). Mais de fait c’est plutôt sur écran que les élèves vont se familiariser avec la leçon et apprendre leur cours grâce à des modules de une, deux trois minutes. Ces petites vidéos s’appellent des capsules.

Les enseignants peuvent aussi utiliser des ressources en lignes (et pas forcément celles de la Khan academy qui correspond peu aux standards des apprentissages des mathématiques en France parce qu’il y a aussi des ressources sur Sesamaths, maclasseinversée, iclasse130 le site de David Bouchillon) – mais surtout ils peuvent les fabriquer!
Article intégral : http://www.slate.fr/story/85067/ecole-inversee-concept-parti-en-bas-bientot-au-top

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