Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par Igniatius le Lun 31 Mar 2014 - 20:05

@Finrod a écrit:Leur auto-satisfaction est au contraire très instructive,elle signifie :

Nous sommes très heureux d'avoir placé les bonnes personnes et constitué les bons réseaux dans les ESPE pour défendre nos thèses.
Nous allons enfin pouvoir diffuser à grande échelle chez les jeunes enseignants, plus vulnérables ouverts, l'idée que c'est à eux de gérer seuls la violence ("cf on peut déminer des situations avec quelques gestes"), que cela fait parti de leurs responsabilités voir qu'ils peuvent même en être la source (appréciations) et ont donc de sérieux efforts à faire sur eux même.
Nous allons expliquer à tous les enseignants qu'il est normal d'avoir des élèves décrocheurs qui ne savent pas lire en 3-ème (cf les 5%) et que l'on fait passer de classe en classe, et que c'est à eux de s'en occuper avec bonne volonté, ils sont là pour ça.

F. Jarraud a écrit:Mais il reste une part d'ombre, celle de la violence institutionnelle d'un système éducatif de plus en plus injuste socialement

Next step my friends. Be Happy.


Devant une telle attaque des enseignants, on ne peut pas se contenter de s'indigner ou de se résigner.

Il est honteux que des personnes se disant éclairées affirment ainsi détenir des vérités universelles en niant toute possibilité de dialogue.
Il est minable de décharger toute les responsabilités du système, l'une après l'autre, sur des enseignants épuisés, proches du burn out qu'on accable de tous les maux quand ils sont le dernier maillon qui tient encore ce système debout.
C'est du pur fanatisme que de mettre en cause le jugement de l'enseignant, qui deviendrait la source primaire de la violence. J'ai vu des élèves décrocheurs, comme nous tous, et les collègues qui savaient les gérer le mieux étaient ceux qui les traitaient exactement de la même manière que les autres pour le comportement (et plus en général pour la pédagogie) !  

Et enfin, la pire humiliation que peu infliger ce système est sans doute celle de l'abandon de tous ces élèves que l'on fait passer de classe en classe pour cacher cet échec, celui de toute l'EN. Je pense que Michel Delord et ses camarades du GRIP ont suffisamment démontré que tout le monde pouvait y arriver à condition de recevoir un enseignement explicite, structuré, progressif et sanctuarisé.  Mais loin de reconnaitre ce traitement détestable infligé à ces élèves, voilà qu'eux le revendiquent et nous expliquent mielleusement que nous, enseignants, avons la charge de récupérer cet échec programmé et perpétuel.
Ils n'ont honte de rien, ils ne se fixent même pas l'objectif d'améliorer la situation, comme si ces 5% (qui sont en fait souvent >20% !), n'avaient aucun réel espoir, si ce n'est celui d'être accompagnés.


J'ai dépassé le stade de l'indignation, celui des nausées et si j'ai versé une larme, elle a depuis longtemps séché sur ma joue.

Contre un tel obscurantisme, il faut se battre. Nous sommes en démocratie, nous devrons avoir la force de porter la parole des enseignants.

J'allais l'écrire !
Il est clair qu'en moins d'un an, la commission a réussi à identifier les vraies sources de la violence entre élèves (qui vole une trousse...) et les a réglées.
Mais le vrai problème de la violence à l'école est d'abord créé par l'institution elle-même, par les profs.

Ils sont dingos.

A part être rédacteur au Café Péda, il fait quoi dans la vie le François Jarraud ?

Igniatius
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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par the educator le Mar 1 Avr 2014 - 8:14

On peut tout simplement supprimer l'obligation scolaire puisque l'enseignement est source de violence.
Il n'y a pas d'obligation scolaire en France, aux dernières nouvelles.

Pour moi, ça poserait plutôt la question des carences éducatives dans les familles.
C'est donc aux familles de fournir des écoliers?

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par stratus31 le Mar 1 Avr 2014 - 8:54

@atrium a écrit:On peut tout simplement supprimer l'obligation scolaire puisque l'enseignement est source de violence. Automatiquement, la violence baissera.  professeur 

+5000!!!
 cheers 

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par atrium le Mar 1 Avr 2014 - 15:20

@the educator a écrit:
On peut tout simplement supprimer l'obligation scolaire puisque l'enseignement est source de violence.
Il n'y a pas d'obligation scolaire en France, aux dernières nouvelles.

Pour moi, ça poserait plutôt la question des carences éducatives dans les familles.
C'est donc aux familles de fournir des écoliers?

Oui, il n'y a pas d'obligation scolaire. Il suffit donc d'assurer soi-même l'éducation de son enfant pour qu'il ne soit pas exposé à la violence, c'est ça?

Tu penses que la violence est uniquement celle des écoliers? Pas celle des individus? C'est un point de vue intéressant; dans ce cas là,c'est pour ça que tu penses que la violence vient des enseignants. On se demande bien pourquoi il y a de la violence dans la rue ou dans les familles. C'est bizarre, non?

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par atrium le Mar 1 Avr 2014 - 15:33

Histoire de savoir un peu de quoi on parle (en anglais, désolé):

http://www.nytimes.com/1994/10/23/us/historical-study-of-homicide-and-cities-surprises-the-experts.html

L'article entier est très intéressant et s'appuie sur des études faites dans plusieurs pays.

Un extrait:

As people began to go to work in factories, their behavior was constrained by the foreman and the whistle, Professor Lane has written. Behavior was also improved by the spread of public schools, which acted as "agents of social control," and institutions like the Y.M.C.A. and Sunday schools, which taught morality. Similar developments helped lower New York's homicide rate in the late 19th and early 20th centuries, Professor Monkkonen said.

Les passages sur le taux d'homicide au Moyen-Age sont édifiants.

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par Olympias le Mar 1 Avr 2014 - 15:43

@Igniatius a écrit:
@Finrod a écrit:Leur auto-satisfaction est au contraire très instructive,elle signifie :

Nous sommes très heureux d'avoir placé les bonnes personnes et constitué les bons réseaux dans les ESPE pour défendre nos thèses.
Nous allons enfin pouvoir diffuser à grande échelle chez les jeunes enseignants, plus vulnérables ouverts, l'idée que c'est à eux de gérer seuls la violence ("cf on peut déminer des situations avec quelques gestes"), que cela fait parti de leurs responsabilités voir qu'ils peuvent même en être la source (appréciations) et ont donc de sérieux efforts à faire sur eux même.
Nous allons expliquer à tous les enseignants qu'il est normal d'avoir des élèves décrocheurs qui ne savent pas lire en 3-ème (cf les 5%) et que l'on fait passer de classe en classe, et que c'est à eux de s'en occuper avec bonne volonté, ils sont là pour ça.

F. Jarraud a écrit:Mais il reste une part d'ombre, celle de la violence institutionnelle d'un système éducatif de plus en plus injuste socialement

Next step my friends. Be Happy.


Devant une telle attaque des enseignants, on ne peut pas se contenter de s'indigner ou de se résigner.

Il est honteux que des personnes se disant éclairées affirment ainsi détenir des vérités universelles en niant toute possibilité de dialogue.
Il est minable de décharger toute les responsabilités du système, l'une après l'autre, sur des enseignants épuisés, proches du burn out qu'on accable de tous les maux quand ils sont le dernier maillon qui tient encore ce système debout.
C'est du pur fanatisme que de mettre en cause le jugement de l'enseignant, qui deviendrait la source primaire de la violence. J'ai vu des élèves décrocheurs, comme nous tous, et les collègues qui savaient les gérer le mieux étaient ceux qui les traitaient exactement de la même manière que les autres pour le comportement (et plus en général pour la pédagogie) !  

Et enfin, la pire humiliation que peu infliger ce système est sans doute celle de l'abandon de tous ces élèves que l'on fait passer de classe en classe pour cacher cet échec, celui de toute l'EN. Je pense que Michel Delord et ses camarades du GRIP ont suffisamment démontré que tout le monde pouvait y arriver à condition de recevoir un enseignement explicite, structuré, progressif et sanctuarisé.  Mais loin de reconnaitre ce traitement détestable infligé à ces élèves, voilà qu'eux le revendiquent et nous expliquent mielleusement que nous, enseignants, avons la charge de récupérer cet échec programmé et perpétuel.
Ils n'ont honte de rien, ils ne se fixent même pas l'objectif d'améliorer la situation, comme si ces 5% (qui sont en fait souvent >20% !), n'avaient aucun réel espoir, si ce n'est celui d'être accompagnés.


J'ai dépassé le stade de l'indignation, celui des nausées et si j'ai versé une larme, elle a depuis longtemps séché sur ma joue.

Contre un tel obscurantisme, il faut se battre. Nous sommes en démocratie, nous devrons avoir la force de porter la parole des enseignants.

J'allais l'écrire !
Il est clair qu'en moins d'un an, la commission a réussi à identifier les vraies sources de la violence entre élèves (qui vole une trousse...) et les a réglées.
Mais le vrai problème de la violence à l'école est d'abord créé par l'institution elle-même, par les profs.

Ils sont dingos.

A part être rédacteur au Café Péda, il fait quoi dans la vie le François Jarraud ?
Devine...

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par the educator le Mar 1 Avr 2014 - 15:53

On se demande bien pourquoi il y a de la violence dans la rue ou dans les familles. C'est bizarre, non?
Ils ont du etre élèves à un moment donné Wink

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Re: Violence scolaire : "Un bilan très positif de la délégation" d'Eric Debarbieux.

Message par atrium le Mar 1 Avr 2014 - 18:00

@the educator a écrit:
On se demande bien pourquoi il y a de la violence dans la rue ou dans les familles. C'est bizarre, non?
Ils ont du etre élèves à un moment donné Wink

On est sur une piste là. Il suffirait de créer un observatoire pour faire une étude comparant la violence dans les populations scolarisées et les populations peu ou pas scolarisées. Tu t'occupes des financements? Il me faudra un peu de sous pour voir ça de près en passant quelques mois en immersion en Amérique Centrale.  Wink 

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