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John
Médiateur

Gers, Bourgogne, Rennes, Saint-Etienne, Saint-Nazaire, Castres... : protestations multiples contre l'expulsion de jeunes sans papiers.

par John le Mar 22 Avr 2014 - 3:06
Chalon : 250 lycéens dans la rue pour soutenir deux de leurs camarades géorgiens menacés d'expulsion
Menacés d'expulsion, Maka et Sergo sont deux jeunes géorgiens en première année de CAP au lycée automobile. Copains de classe et enseignants ont décidé de les soutenir activement pour qu'ils puissent rester en France. 1200 signatures avaient déjà été rassemblées avant la manifestation d'aujourd'hui[...]

Ces deux frères et soeurs, âgés de 19 et 17 ans, ont reçu il y a un mois et demi, tout comme les cinq autres membres de leur famille, une OQTF (Obligation à quitter le territoire français). Depuis deux jours, ils sont officiellement expulsables.

En première année de CAP au lycée Du Gast, les deux jeunes font l'unanimité parmi leurs camarades et leurs enseignants. « Maka et Sergo sont deux éléments moteurs dans leur classe et au sein de l’établissement. », disent ainsi ces derniers.
Tous ont donc décidé de les soutenir afin qu’une solution soit trouvée et qu'ils puissent rester en France. Une pétition a d’abord été signée sur l’établissement, avant de l’être aussi sur d’autres lycées chalonnais. Aujourd’hui, c'est donc une manifestation qui a été décidée par les élèves et les professeurs de l'établissement, avec le soutien de RESF (Réseau éducation sans frontière : www.educationsansfrontieres.org)
Selon son porte-parole, M. Portefaix, « il n’y a pas besoin de beaucoup pour assainir la situation de Maka, Sergo et leur famille : la suspension de l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) et accorder leur carte de séjour aux personnes majeures de la famille afin qu’ils puissent continuer à vivre en paix ici, à travailler et étudier ».
http://bourgogne.france3.fr/2014/04/01/chalon-250-lyceens-dans-la-rue-pour-soutenir-deux-de-leurs-camarades-georgiens-menaces-d-expulsion-450903.html

Gers : trois écoliers sans papiers menacés d'expulsion
Tony a 5 ans, il est en grande section à l'école maternelle Arago. Sa sœur Elsa est âgée de 7 ans et suit la classe en CP. Denis va sur ses 9 ans, il est en CM1. Ils sont albanais du Kosovo et en France, à Auch, depuis trois ans, arrivés comme demandeurs d'asile. Leur père, malgré un travail de maçon en CDI à Toulouse qui l'attend, n'a pas obtenu les papiers nécessaires pour résider et travailler en France. Cette famille a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) le 27 février 2014. Ils avaient un mois pour partir mais le père attend l'autorisation éventuelle de pouvoir travailler.

Toute l'école Arago est mobilisée pour éviter cette expulsion. Surtout Alexandrine Riveyrand, la maman de Norah, 6 ans, la meilleure copine d'Elsa. « Elles jouent chaque jour ensemble depuis la petite section de maternelle, livre la jeune maman. Elles sont un groupe de cinq copines, inséparables, qui s'invitent mutuellement à leurs anniversaires. Elsa est une petite fille pleine de vie qui travaille très bien à l'école. » Des arguments qui ne pèsent pas lourd dans la décision de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et dans l'application de la loi par l'État. Alexandrine se démène pour cette famille qu'elle a appris à connaître, pour l'égalité des enfants mais aussi pour sa fille.

« Nous avons expliqué à Norah qu'elle va peut-être devoir quitter sa copine. On dit à nos enfants que le Père Noël existe, qu'il apporte des cadeaux à tous les enfants du monde parce qu'ils sont égaux… Mais je dois expliquer à ma fille que sa meilleure copine n'a pas les mêmes droits qu'elle. Norah m'a demandé si elle aussi devra partir un jour. J'essaie de lui dire que des gens ont décidé que les étrangers ne doivent pas vivre ici avec nous. Elle a du mal à comprendre. Je lui dis aussi qu'on n'est pas obligé d'obéir, qu'il existe, aussi, des gens qui se battent pour que les enfants puissent vivre ensemble. »[...]

La famille albanaise s'est résolue à quitter le Kosovo car le père s'est fait rouer de coups après avoir exprimé ses idées. Sa femme a peur qu'à leur retour, le destin de son mari ne s'avère encore pire. Depuis le 16 décembre dernier, le Kosovo a été déclaré « pays sûr ». Pour Christian Chassaing, secrétaire général de la préfecture du Gers, la situation est claire : « Leur demande d'asile a été déboutée par l'Ofpra, ils ont fait un recours devant la Cour nationale des droits d'asile qui, après deux ans d'instruction, a décidé qu'ils ne peuvent pas être demandeurs d'asile. Le préfet ne fait qu'appliquer la loi. Si on leur accorde des papiers, on risque de créer un appel d'air de l'immigration. La loi oblige à s'occuper d'eux le temps d'étudier leur dossier, c'est ce que la France a fait. Ils ont été déboutés, ils doivent partir. » Le contrat de travail du père de famille est tout de même à l'étude. Aujourd'hui, à l'école Arago, entre 17 et 18 heures, les parents font signer une pétition.
http://www.sudouest.fr/2014/04/01/trois-enfants-menaces-d-expulsion-au-kosovo-1511102-2277.php

Rennes : Aly, étudiant sans papier a été libéré
Aly, l'étudiant sans papier guinéen retenu depuis mardi au centre de rétention de St- Jacques a été libéré, mais il reste sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Plusieurs personnes l'ont soutenu lors de l'audience, dont Matthieu Theurier et Valérie Faucheux. [...]
Arrivé en France en 2008 avec un visa étudiant, Aly était l'année dernière en master 2 à Rennes 2, mais il n'a pas validé son diplôme. Il est actuellement en licence d'informatique à Rennes 1. Aly travaillait en CDI depuis 3 ans dans un fastfood.Cet automne, Aly Touré, étudiant guinéen s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour. La préfecture lui a délivré une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en novembre, confirmée par le tribunal administratif en février.
http://bretagne.france3.fr/2014/03/28/rennes-manifestation-de-soutien-aly-etudiant-sans-papiers-444561.html

Six cent personnes contre les expulsions d'étudiants à Saint-Étienne
Depuis la reprise des expulsions, le rythme des arrestations semblent s'être accéléré dans la Loire, comme en témoigne le transfert au centre de rétention de Lyon d'une famille kosovarde entière la semaine passée. Des mouvements de soutien spontanés se sont tenus à différents endroits du département, à chaque fois en solidarité envers des élèves visés par une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui risquent l'expulsion à n'importe quel moment. Les professeurs et lycéens avaient donc décidé de faire entendre leur voix et d'afficher clairement leur soutien à des jeunes qui ne demandent qu'une chose : rester en France.
Les professeurs des lycées concernés par ces expulsions étaient largemenent représentés dans le cortège. Parmi eux, Vincent Lieutard, prof de Biotechnologie au Lycée Pierre-Desgranges à Andrézieux. Il enseigne à deux élèves, Talib et Mirouche, sous le coup d'une OQTF. La mobilisation des profs "c'est naturel", selon lui.
http://www.francebleu.fr/infos/600-personnes-contre-les-expulsions-d-etudiants-st-etienne-1456533

Le préfet avait à l’époque argumenté que la scolarité de Fayçal n’était pas une formation qualifiante alors qu’il est en seconde année de Bac pro. Refusant cet argument, le tribunal administratif de Nantes avait annulé l’OQTF.
Dès le jeudi 3 avril au matin, le collectif UCIJ (Unis contre l’immigration jetable) avec des professeurs et des lycéens de la ville, se sont rassemblés devant le commissariat. Fayçal a été libéré à 11 heures, mais il est sous le coup d’une nouvelle OQTF.

Saint-Nazaire : mobilisation pour Fayçal
Le mouvement lycéen se développe
L’après-midi, 200 élèves ont manifesté dans toute la ville et, le lendemain, ils étaient près d’un millier, obtenant du sous-préfet l’annulation de la seconde OQTF et une autorisation provisoire de séjour jusqu’au 12 juillet.
La mobilisation continue pour obtenir une carte de séjour au titre « vie privée et familiale » permettant à Fayçal la poursuite d’études jusqu’à l’obtention du Bac pro et après. L’information circule autour des lycéens regroupés dans le CACED (Collectif actions contre l’extrême droite). Un collectif de soutien s’est constitué avec tous les partenaires, élèves, enseignants, UCIJ, CSPSP (Collectif de soutien aux personnes sans papiers), MRAP, CACED et syndicats.
Mercredi dernier, l’UCIJ s’est rassemblé après avoir appris l’arrestation d’Ali, jeune turc. Sans titre de séjour, il a été libéré à midi sans OQTF. Pour Fayçal, les lycéens ont manifesté jeudi et vendredi pour lui obtenir un titre de séjour avant les vacances de juillet. Les discussions pour associer la population commencent entre jeunes et comité de soutien. La perspective de la manifestation du 1er Mai se précise.
http://npa2009.org/content/saint-nazaire-44-contre-les-expulsions-la-mobilisation-paye

Castres: Un lycéen guinéen menacé d'expulsion
Des professeurs et lycéens du lycée professionnel privé de La Salle sous le coup de l'émotion : un élève, Moussa, un Guinéen de 17 ans, est menacé d'expulsion. Ce garçon fait l'unanimité en sa faveur.

Il s'appelle Moussa Diallo. Âgé de 17 ans, depuis octobre dernier il est élève en première CAP «pro-élec» (préparation et réalisation d'ouvrage électrique) à Castres, au lycée de La Salle. Depuis quelques jours, ce garçon a été placé en centre de rétention administrative à Toulouse. À tout moment, il peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion. Moussa fait l'unanimité en sa faveur au sein du lycée comme au sein de la maison pour enfants Francis-Barrau (MECS) à Revel où il a été accueilli... après avoir été «laché» dans la nature par le réseau de passeurs à qui ses parents l'auraient confié [...]

«Le conseil général de la Haute-Garonne a fait le choix d'étendre la solidarité à des mineurs réfugiés sur notre territoire et confiés par le juge des enfants au Service de l'aide sociale l'enfance qui les estime en danger faute de parents près d'eux susceptibles d'exercer l'autorité parentale», précise Marie-Claire Rial, directrice de la MECS à Revel.

Lundi dernier donc, l'annonce de son «arrestation» et de la menace qui le frappe a profondément ému nombre de professeurs du lycée de La Salle, et de camarades de Moussa.
http://www.ladepeche.fr/article/2014/04/02/1854082-castres-un-lyceen-guineen-menace-d-expulsion.html

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