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InvitéJ
Niveau 1

Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 18:43
Bonjour à tous,

Je suis étudiante en M1 Culture et Médias. Je rédige actuellement un mémoire sur la difficulté scolaire.

Sur le site eduscol.education.fr, il est mentionné: "Chaque enseignant doit pouvoir apprécier ce que chaque élève sait et quels sont les obstacles qu'il rencontre dans les apprentissages, tant pour concevoir son enseignement que pour apporter les aides nécessaires."

Je voudrais en savoir plus sur les moyens dont vous disposez pour appliquer ce principe au quotidien.

Je me pose aussi d'autres questions:
- à partir de quel moment déclare-t-on un élève comme étant en difficulté scolaire (après combien d'évaluations, ou est-ce un bilan que l'on fait à mi trimestre ou en fin de trimestre) ?
- comment ne pas seulement "mal noter" (au risque de décourager l'élève) ?
- comment les enseignants s'y prennent-ils pour communiquer avec les élèves qui décrochent, pour les remotiver, leur redonner l'estime de soi ?
- comment faire pour qu'il n'y ait pas un trop grand écart entre ceux qui décrochent et le reste de la classe ?
- lorsque la difficulté scolaire s'associe à des problèmes de comportement, comment l'autorité de l'enseignant se met-elle en place ?

Et d'une manière plus générale, j'aimerais connaître votre avis sur le système d'évaluation français. Le trouvez-vous efficace ? Que voudriez-vous voir changer ?

Désolée de vous assommer avec toutes ces questions. J'espère que vous pourrez m'aider.

Merci de m'avoir lue ! Smile


Dernière édition par John le Jeu 1 Mai 2014 - 11:22, édité 2 fois (Raison : titre précisé)
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Blan6ine
Érudit

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Blan6ine le Lun 28 Avr 2014 - 18:51
Bonjour Julie JoJo,
Bienvenue parmi nous!
Puisque tu commences par nous poser des questions, voici la mienne: comment un étudiant en Culture et Médias se retrouve à un rédiger un mémoire sur la notation à l'école primaire? Quelle méthodologie suis-tu? S'agit-il justement de travailler à partir de témoignages?
Je laisserai mes collègues du primaire qui le souhaitent répondre à tes questions. Toutefois, vu le nombre de questions et l'impossibilité d'y répondre succinctement, je crains qu'ils n'aient l'impression de rédiger ce mémoire à ta place...
Bon travail à toi!
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PabloPE
Érudit

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par PabloPE le Lun 28 Avr 2014 - 19:09
Je crois même que c'ets impossible d'y répondre, enfin moi j'en suis incapable. Un enfant en difficulté, je le sais, je le "sens", je n'ai même pas besoin de voir ses notes. De toutes façons je ne les note pas.
Ensuite j'interviens en CM, du coup je connais la plupart d'entre eux depuis 4/5 ans voire plus si ce sont les petits frères de mes anciens élèves. Et nous mangeons ensemble avec mes collègues tous les midis.
Quant à la communication avec eux, ça dépend tellement de l'enfant que il n'y a pas "une" manière mais bien 30 manières différentes par année.

_________________
http://www.villeseducatrices.fr/ressources/page/Appel_de_Bobigny_et_textes_complementaires.pdf




"Et moi qui
me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun."
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Provence
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Provence le Lun 28 Avr 2014 - 19:27
Julie JoJo a écrit:

Sur le site eduscol.education.fr, il est mentionné: "Chaque enseignant doit pouvoir apprécier ce que chaque élève sait et quels sont les obstacles qu'il rencontre dans les apprentissages, tant pour concevoir son enseignement que pour apporter les aides nécessaires."

Je voudrais en savoir plus sur les moyens dont vous disposez pour appliquer ce principe au quotidien.
C'est un peu le coeur du métier: nous connaissons scolairement nos élèves. La citation choisie me paraît enfoncer des portes ouvertes...
"Le médecin tâchera de poser au mieux le diagnostic afin de proposer un remède efficace au patient".

Je me pose aussi d'autres questions:
- à partir de quel moment déclare-t-on un élève comme étant en difficulté scolaire (après combien d'évaluations, ou est-ce un bilan que l'on fait à mi trimestre ou en fin de trimestre) ?
Pas de déclaration officielle de la chose. C'est du bon sens: on voit bien quand un gamin est largué. Pas besoin de bilan pour ça. On fait passer des tests officiels dans le cadre d'une demande de réorientation, par exemple en SEGPA.

- comment ne pas seulement "mal noter" (au risque de décourager l'élève) ?
Je ne sais que répondre. Que veux-tu dire exactement?

- comment les enseignants s'y prennent-ils pour communiquer avec les élèves qui décrochent, pour les remotiver, leur redonner l'estime de soi ?
Par la parole (et en se montrant honnête)...
Une remarque cependant: tu parles de remotivation; cela suppose qu'il existait une motivation et qu’elle a été perdue. Ce n'est pas toujours le cas. Et, plutôt de parler de motivation, je préfère parler de volonté: c'est souvent ce qui manque aux élèves, en plus de l'habitude de l'effort continu.

- comment faire pour qu'il n'y ait pas un trop grand écart entre ceux qui décrochent et le reste de la classe ?
Si tu trouves, tu me dis?
j'ai un élève de 3e qui a le niveau d'un gamin de CE2. Je n'ai pas le pouvoir de le rendre plus rapide, plus instruit ni plus intelligent.

- lorsque la difficulté scolaire s'associe à des problèmes de comportement, comment l'autorité de l'enseignant se met-elle en place ?
Je ne comprends pas bien la question.

Et d'une manière plus générale, j'aimerais connaître votre avis sur le système d'évaluation français. Le trouvez-vous efficace ? Que voudriez-vous voir changer ?
Je trouve ce système efficace et clair (en collège) et j'aimerais justement qu'on arrête de vouloir tout changer tout le temps. Je ne comprends rien aux livrets d'évaluation du primaire que nous recevons dans les dossiers de nos élèves. C'est, à mon avis, une perte de temps à remplir pour aboutir à un truc illisible pour les familles.
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 20:27
@ Blandine
(J'ai cru vous répondre, mais je ne sais pas, le message n'a pas l'air de s'afficher)
Ce n'est pas mon intention que l'on fasse mon travail à ma place.
Certes, le sujet de mon mémoire s'éloigne de l'intitulé de mon master, mais il m'intéresse. Je travaille actuellement en tant que surveillante dans un collège, et j'ai une sœur qui a été en très grande difficulté scolaire.
Je suis actuellement une classe de 5ème SEGPA. Je fais des entretiens et des observations. J'essaie de comprendre comment l'on détecte et l'on prend en charge la difficulté dans le primaire, pour pouvoir orienter correctement l'élève vers les enseignements adaptés du secondaire (si besoin).

@ Provence
Au sujet du comportement, j'ai rencontré un professeur qui refuse d'exclure un élève de son cours (quand il y a un conflit lui et l'enfant), car ça signifie pour lui que l'élève a "gagné".
Sur le fait de "mal noter", je reconnais que ce point est mal formulé. Un devoir entraîne le plus souvent une note. Une succession de mauvais résultats va entamer la volonté de l'élève, non ? Comment ne pas seulement pointer du doigt ce qu'il ne sait pas faire et mettre en lumière les points positifs, pour le pousser à travailler davantage ?
Pour le grand écart entre les décrocheurs et le reste de la classe, je voulais savoir si vous aviez assez de temps à consacrer aux premiers, sans en faire perdre aux seconds.

@PabloPE
De quelle manière évaluez-vous vos élèves ? Comment prennent-ils le fait de ne pas avoir de note ?
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Provence
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Provence le Lun 28 Avr 2014 - 20:36
Julie JoJo a écrit:
Je suis actuellement une classe de 5ème SEGPA. Je fais des entretiens et des observations. J'essaie de comprendre comme l'on détecte et l'on prend en charge la difficulté dans le primaire, pour pouvoir orienter correctement l'élève vers les enseignements adaptés du secondaire (si besoin).
Les professeurs discutent entre eux. Les conseils de classe offrent l'occasion d'un bilan. Le professeur principal suit aussi ses élèves.

@ Provence
Au sujet du comportement, j'ai rencontré un professeur qui refuse d'exclure un élève de son cours (quand il y a un conflit lui et l'enfant), car ça signifie pour lui que l'élève a "gagné".
Ça signifie surtout que l'élève peut continuer à enquiquiner la classe et que les conditions de travail des autres élèves ne sont pas optimales.


Sur le fait de "mal noter", je reconnais que ce point est mal formulé. Un devoir entraîne le plus souvent une note. Une succession de mauvais résultats va entamer la volonté de l'élève, non ? Comment ne pas seulement pointer du doigt ce qu'il ne sait pas faire et mettre en lumière les points positifs, pour le pousser à travailler davantage ?
Comme nous ne sommes pas des brutes, nous encourageons les progrès lorsqu'ils existent. Quant à travailler davantage, c'est une suggestion cruelle: j'ai connu des élèves qui trimaient comme des brutes pour un résultat proche du néant. Tout le monde n'a pas non plus les mêmes capacités. Le travail ne peut vaincre toutes les difficultés.

Pour le grand écart entre les décrocheurs et le reste de la classe, je voulais savoir si vous aviez assez de temps à consacrer aux premiers, sans en faire perdre aux seconds.
Non. Et ma priorité va au groupe, pas à l'élève seul.
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ycombe
Modérateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par ycombe le Lun 28 Avr 2014 - 20:43
Julie JoJo a écrit:Bonjour à tous,

Je suis étudiante en M1 Culture et Médias. Je rédige actuellement un mémoire sur la difficulté scolaire.

Sur le site eduscol.education.fr, il est mentionné: "Chaque enseignant doit pouvoir apprécier ce que chaque élève sait et quels sont les obstacles qu'il rencontre dans les apprentissages, tant pour concevoir son enseignement que pour apporter les aides nécessaires."

Je voudrais en savoir plus sur les moyens dont vous disposez pour appliquer ce principe au quotidien.

Je me pose aussi d'autres questions:
- à partir de quel moment déclare-t-on un élève comme étant en difficulté scolaire (après combien d'évaluations, ou est-ce un bilan que l'on fait à mi trimestre ou en fin de trimestre) ?
Au premier exercice qu'on lui donne.

Bon pour ma part je suis en collège, prof de math, et il me suffit de deux jours pour repérer les élèves en très grande difficulté scolaire. Comme il a déjà été dit, pas besoin de notes pour ça.


- comment ne pas seulement "mal noter" (au risque de décourager l'élève) ?
Tu devrais y réfléchir un peu plus au lieu de partir d'un a priori aussi discutable. Ce n'est pas la note qui décourage l'élève, c'est l'échec. La note est juste un message, dont le sens doit être clair pour tous les acteurs (élèves, profs, famille, institution). Pour un élève en échec, le message doit être que l'élève est en échec. Le surnoter pour ne pas le décourager est une falsification de la réalité qui peut faire beaucoup de mal au moment où la réalité ne pourra plus être masquée (au moment de l'orientation par exemple).



- comment les enseignants s'y prennent-ils pour communiquer avec les élèves qui décrochent, pour les remotiver, leur redonner l'estime de soi ?
En réclamant des classes moins chargées et des heures pour prendre à part les élèves en difficulté. Comme ces moyens on ne les a pas, ben... on fait ce qu'on peut, c'est à dire pas grand chose. Statistiquement le collège fait assez peu échouer, l'échec s'est installé avant. Mais il ne parvient pas à remédier.

En 20 ans de carrière, j'ai vu une élève en difficulté s'en sortir. Le résultat d'une volonté familiale forte et d'un travail personnel conséquent. C'est donc possible, je le dis à tous mes élèves. Mais la contrepartie (le travail impressionnant) ne les attire pas vraiment.


- comment faire pour qu'il n'y ait pas un trop grand écart entre ceux qui décrochent et le reste de la classe ?
Si tu trouves, tu nous tiens au courant? L'hétérogénéité devient insupportable en maths en 4ème/3ème, et d'après l'inspection générale c'est le moment ou le décrochage se transforme en problèmes de comportement.



- lorsque la difficulté scolaire s'associe à des problèmes de comportement, comment l'autorité de l'enseignant se met-elle en place ?
Ça, ça dépend vraiment de la personnalité du chef d'établissement.  J'en ai connu un qui enlevait les punitions et les retenues mises par les profs, autant dire que l'autorité de l'enseignant, dans ce cas là…


Et d'une manière plus générale, j'aimerais connaître votre avis sur le système d'évaluation français. Le trouvez-vous efficace ? Que voudriez-vous voir changer ?
J'aimerais qu'on revienne à un certain pragmatisme, et qu'on reconnaisse que mettre tous les élèves dans les même classes (surchargées) jusqu'à 15 ans sans tenir compte de leur personnalité et de leur niveau ne marche pas et nuit à la réussite de beaucoup d'élèves sans améliorer la situation des élèves en échec.

Bref que tant que la question de la réussite scolaire n'est pas réglée en amont, il faut créer des filières adaptées aux élèves en difficulté au niveau du collège.

Autant dire qu'il faut tirer le bilan de la loi Jospin qui a supprimé l'orientation en fin de cinquième.

_________________
Assurbanipal: "Passant, mange, bois, divertis-toi ; tout le reste n’est rien".

Franck Ramus : "Les sciences de l'éducation à la française se font fort de produire un discours savant sur l'éducation, mais ce serait visiblement trop leur demander que de mettre leur discours à l'épreuve des faits".
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 22:23
@ycombe
Au sujet de l'écart entre les plus faibles et le reste du groupe, je ne comprends pas cette façon dont vous et d'autres avez de répondre "quand tu trouveras dis nous". Parce-que je suppose que vous ne les laissez pas dans un coin, au fond de la classe, et que vous essayez de les faire s'intéresser un minimum à ce que vous leur dites. Histoire qu'ils comprennent certaines choses.

Pour les mauvaises notes, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que surnoter n'arrangera pas la situation de l'élève. Je me demande si une série de mauvais résultats suffit à dire que l'élève est en difficulté. Vous êtes plusieurs à me dire que non, que la note ne fait pas tout, que limite cela se joue au premier coup d’œil. J'aimerais bien savoir comment.

Je crois que ces deux points ont été mal formulés. Je ne voudrais pas que quiconque ici y voit une critique.

Vous qui avez une longue carrière derrière vous, est-ce que les classes ont toujours été aussi pleines ? Est-ce c'était plus facile pour vous d'enseigner il y a 15 ans ?
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henriette
Médiateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par henriette le Lun 28 Avr 2014 - 22:25
Je vis la même réalité qu'ycombe dans ma matière, et je fais le même constat que lui, et Provence.

Il arrive un moment où on ne peut plus ménager la chèvre et le chou, faire le grand écart face à l'hétérogénéité des classes avec des effectifs à 30. A un certain stade, ça ne marche plus.

J'en suis navrée pour les élèves les plus en difficulté, qu'on repère effectivement très rapidement, même dans une classe à 30. Mais moi, je n'ai pas de solution miracle. Ce que je vais dire est assez dur, mais j'assume : au final, je ne "sacrifie" pas le groupe classe pour 4 élèves complètement décrochés.

Face aux lacunes abyssales, aux difficultés de chaque instant que rencontrent certains élèves, je n'ai pas les moyens matériel (plus d'heures dans ma matière, des heures en demi-groupe, des effectifs moins chargés) pour faire autre chose que du cataplasme sur jambe de bois pour que l'institution se donne bonne conscience en disant mais non, on ne les abandonne pas.

Si, en pratique on le fait, malheureusement, pas de gaîté de cœur, mais on le fait.
On finit par le faire parce que les 26 autres, ils ont le droit aussi d'avoir un prof qui s'occupe d'eux, qui les fait progresser, etc.

Et pour tout élève perturbateur, décrocheur ou pas, ma position est claire aussi : certes, c'est souvent un pauvre gamin, qui n'a pas de repères, une situation familiale lourde, voire une pathologie médicalement reconnue, j'en conviens ; mais il y a aussi 29 élèves qui n'ont rien fait de mal non plus, et ont le droit de pouvoir travailler dans des conditions normales, de finir les programmes, etc.
Donc c'est le souci constant de l'intérêt du groupe classe qui dictera ma conduite dans ce cas-là aussi : je n'hésiterai pas à exclure si vraiment, malgré tous les accompagnements, suivis, parades mis en œuvre, je ne peux pas faire cours correctement à cause du comportement d'un gamin (précision, cela ne m'arrive que très rarement, mais quand cela arrive, je n'ai aucun scrupule à le faire).

Une dernière chose : j'ai chaque année des élèves dont les PE avaient recommandé le passage en SEGPA, mais dont les parents ont refusé ce passage, pour les mettre en 6e. Avec le succès qu'on imagine.
On essaye alors de leur faire garder un minimum la tête hors de l'eau, en visant une 3e d'insertion ou une inscription en 4e dans une MFR (louées soient-elles, ces MFR, car elles arrivent, elles, à un sauver un certain nombre), mais on n'y arrive pas toujours, et pour eux, honnêtement, le collège est un calvaire : c'est lamentable de les laisser y souffrir ainsi en se construisant une image d'eux-mêmes totalement dévalorisée. Comment vont-ils grandir ? Quels adultes peuvent-ils devenir ? Mais dire ça, ce n'est pas politiquement correct, bien sûr.
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henriette
Médiateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par henriette le Lun 28 Avr 2014 - 22:27
Julie JoJo a écrit:@ycombe
Au sujet de l'écart entre les plus faibles et le reste du groupe, je ne comprends pas cette façon dont vous et d'autres avez de répondre "quand tu trouveras dis nous". Parce-que je suppose que vous ne les laissez pas dans un coin, au fond de la classe, et que vous essayez de les faire s'intéresser un minimum à ce que vous leur dites. Histoire qu'ils comprennent certaines choses.

Pour les mauvaises notes, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que surnoter n'arrangera pas la situation de l'élève. Je me demande si une série de mauvais résultats suffit à dire que l'élève est en difficulté. Vous êtes plusieurs à me dire que non, que la note ne fait pas tout, que limite cela se joue au premier coup d’œil. J'aimerais bien savoir comment.

Je crois que ces deux points ont été mal formulés. Je ne voudrais pas que quiconque ici y voit une critique.

Vous qui avez une longue carrière derrière vous, est-ce que les classes ont toujours été aussi pleines ? Est-ce c'était plus facile pour vous d'enseigner il y a 15 ans ?

Bien sûr, on fait tout ce qu'on peut. Mais c'est trop souvent en vain : il faut que tu comprennes qu'il arrive un moment où ce n'est plus possible, à cause du manque complet de bases, et des problèmes importants de compréhension. Si on te parachute dans un cours de Japonnais 4e année, quelqu'efforts que fasse le prof, tu crois que tu arriveras à ne pas décrocher ?
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Provence
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Provence le Lun 28 Avr 2014 - 22:37
Julie JoJo a écrit:@ycombe
Au sujet de l'écart entre les plus faibles et le reste du groupe, je ne comprends pas cette façon dont vous et d'autres avez de répondre "quand tu trouveras dis nous". Parce-que je suppose que vous ne les laissez pas dans un coin, au fond de la classe, et que vous essayez de les faire s'intéresser un minimum à ce que vous leur dites. Histoire qu'ils comprennent certaines choses.

Ni plus ni moins qu'au reste de la classe. Un cours de collège est collectif, par nature. Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.                                                                                                                                           

Pour les mauvaises notes, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que surnoter n'arrangera pas la situation de l'élève. Je me demande si une série de mauvais résultats suffit à dire que l'élève est en difficulté. Vous êtes plusieurs à me dire que non, que la note ne fait pas tout, que limite cela se joue au premier coup d’œil. J'aimerais bien savoir comment.
Je ne vais pas résumer en trois mots dix ans d'expérience, mais quand, le premier jour, tu constates que le gamin que tu as en face de toi ne comprend pas les questions que tu lui poses et ne parvient pas à écrire une phrase convenable, tu te doutes bien que tout ne va pas être simple...

Vous qui avez une longue carrière derrière vous, est-ce que les classes ont toujours été aussi pleines ? Est-ce c'était plus facile pour vous d'enseigner il y a 15 ans ?

En dix ans, j'ai vu les collègues de lettres en charge d'un nombre plus important de classes et d'élèves, les groupes de sciences disparaître peu à peu, les dispositifs de soutien aussi... Pendant ce temps, on a multiplié les grandes déclarations sur l'intégration du handicap à l'école, le travail personnalisé... On a chargé la mule et on lui a demandé, en plus, de régler des problèmes qui ne relevaient pas d'elle.
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 22:55
@Henriette
Merci beaucoup pour votre réponse. Je comprends très bien qu'à un moment donné, il n'y a plus rien à faire, et qu'il faut bien avancer dans le programme. Si je synthétise ce qui a été dit jusqu'ici, vous faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez, jusqu'à ce que l'élève soit réorienté.
User17706
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par User17706 le Lun 28 Avr 2014 - 23:00
Le fil est très intéressant.

Je synthétiserais différemment, cependant. Les témoignages jusqu'ici apportés font état, essentiellement, de difficultés qui se trouvent tellement en amont du stade où l'enseignant, au moment où il les remarque, est supposé intervenir, que:

1. elles se voient quasi instantanément,
2. il est plus ou moins exclu d'avance qu'il puisse y remédier dans le cadre de la classe.

(Je me contente de résumer, je ne témoigne pas.)

Peut-être y aura-t-il d'autres témoignages.

_________________
'Tis a blushing, shamefaced spirit that mutinies in a man’s bosom. It fills a man full of obstacles. It made me once restore a purse of gold that by chance I found. It beggars any man that keeps it. It is turned out of towns and cities for a dangerous thing, and every man that means to live well endeavors to trust to himself and live without it.
____________

When everybody is swept away unthinkingly by what everybody else does and believes in, those who think are drawn out of hiding because their refusal to join is conspicuous and thereby becomes a kind of action.
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 23:01
@Provence
Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.

Que dire... Effectivement, je n'en sais rien. Si j'avais la science infuse, je ne serai pas venue vous poser toutes ces questions. Je ne crois pas avoir dit qu'il fallait sacrifier le groupe au profit des décrocheurs. Je demandais seulement comment vous faites pour que ceux qui sont à la traîne ne le soient pas encore plus.
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henriette
Médiateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par henriette le Lun 28 Avr 2014 - 23:10
Julie JoJo a écrit:@Provence
Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.

Que dire... Effectivement, je n'en sais rien. Si j'avais la science infuse, je ne serai pas venue vous poser toutes ces questions. Je ne crois pas avoir dit qu'il fallait sacrifier le groupe au profit des décrocheurs. Je demandais seulement comment vous faites pour que ceux qui sont à la traîne ne le soient pas encore plus.

Mais le problème, c'est que justement ils sont à la traîne, et de plus en plus : quand tu as un élève de 5e qui est incapable de lire une phrase sans buter sur chaque mot, en sauter, les inverser, lire la première syllabe puis deviner le reste, et que tu n'as que 4 heures par semaine, tu fais comment ?
Moi, je ne sais pas faire pour que, l'année d'après, le gamin - car, cycle central oblige, il passera bien sûr en classe de 4e, même avec des résultats catastrophiques dans toutes les matières - ne soit pas encore plus perdu qu'il ne l'était.
Je suis désabusée, parce qu'en 20 et quelques rentrées, j'ai vu les effectifs croître, les heures fondre, l'hétérogénéité s'amplifier, des gamins nous arriver ne sachant parfois pas lire, écrire même pas phonétiquement, et que rien n'est fait pour leur proposer vraiment quelque chose qui puisse avoir une chance de les aider - et qu'au final, c'est toute la classe qui paye les pots cassés.
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 23:13
@PauvreYorick
Bonsoir,
Intéressant peut-être, mais j'ai l'impression que l'on passe son temps à me faire la morale...  No 
Enfin. Votre est synthèse est très juste. Vous ne témoignez peut-être pas, mais ça m'aide beaucoup.
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Méréthide
Habitué du forum

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Méréthide le Lun 28 Avr 2014 - 23:19
Julie JoJo a écrit:@Provence
Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.

Que dire... Effectivement, je n'en sais rien. Si j'avais la science infuse, je ne serai pas venue vous poser toutes ces questions. Je ne crois pas avoir dit qu'il fallait sacrifier le groupe au profit des décrocheurs. Je demandais seulement comment vous faites pour que ceux qui sont à la traîne ne le soient pas encore plus.

Pour répondre au bout d'gras :
Je suis en lycée pro et ma formatrice m'a recommandé de préparer des fiches support sur tout et n'importe quoi (du nombre pi à la résolution d'une équation du 1er degré en passant par l'utilisation de la calculatrice).
L'IPR quand à lui m'a dit qu'en plus des aides ponctuelles (les fameuses fiches) il fallait prévoir des séances avec des objectifs différenciés permettant à tous d'arriver à un but (différents suivant leur capacités/connaissances propres).

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Provence
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Provence le Lun 28 Avr 2014 - 23:22
Julie JoJo a écrit:@Provence
Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.

Que dire... Effectivement, je n'en sais rien. Si j'avais la science infuse, je ne serai pas venue vous poser toutes ces questions.
C'est comme si tu allais voir un médecin en lui demandant: "Expliquez-moi comment on soigne les gens."
On en peut pas résumer en quelques lignes une activité plus complexe qu'elle n'en a l'air. Tes questions sont beaucoup trop imprécises pour obtenir une réponse satisfaisante.
Pourquoi avoir choisi un sujet de mémoire dans un domaine que tu ne connais pas?

Je ne crois pas avoir dit qu'il fallait sacrifier le groupe au profit des décrocheurs. Je demandais seulement comment vous faites pour que ceux qui sont à la traîne ne le soient pas encore plus.
On prie.
Comme on te l'a expliqué, quand on ne peut rien faire, on ne fait rien (ou on essaie, on s'épuise et on y laisse sa santé).
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henriette
Médiateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par henriette le Lun 28 Avr 2014 - 23:26
@Méréthide a écrit: Julie JoJo a écrit:@Provence
Je crois que tes questions montrent surtout que tu n'as aucune conscience de ce qu'est enseigner.

Que dire... Effectivement, je n'en sais rien. Si j'avais la science infuse, je ne serai pas venue vous poser toutes ces questions. Je ne crois pas avoir dit qu'il fallait sacrifier le groupe au profit des décrocheurs. Je demandais seulement comment vous faites pour que ceux qui sont à la traîne ne le soient pas encore plus.



Pour répondre au bout d'gras :
Je suis en lycée pro et ma formatrice m'a recommandé de préparer des fiches support sur tout et n'importe quoi (du nombre pi à la résolution d'une équation du 1er degré en passant par l'utilisation de la calculatrice).
L'IPR quant à lui m'a dit qu'en plus des aides ponctuelles (les fameuses fiches) il fallait prévoir des séances avec des objectifs différenciés permettant à tous d'arriver à un but (différents suivant leur capacités/connaissances propres).

Honnêtement, mes élèves de collège, même en leur fournissant toutes les fiches supports du monde, je suis sûre qu'ils ne les liront même pas.
La pédagogie différenciée me laisse aussi assez sceptique pour les cas les plus sérieux : ceux que je connais, ces trois ou quatre vrais décrocheurs, pour qu'ils fassent une activité en classe, il faut que je sois à côté d'eux en permanence, quasiment "en perfusion", sinon, à la moindre minuscule difficulté, ils baissent les bras (si tant est qu'ils les aient levés).
A 30 dans la classe, ce n'est pas gérable.
Et l'IPR, il a conscience du temps que prend le fait de préparer des séances différenciées pour chaque élève ? C'est facile à dire, "yaka".
User17706
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par User17706 le Lun 28 Avr 2014 - 23:27
Julie JoJo a écrit: j'ai l'impression que l'on passe son temps à me faire la morale...
Oh, il faut défalquer l'effet de ton (d'autant que sur le web, il est facile d'être plus sec qu'on ne le voudrait, ou de lire un propos plus sec qu'il n'est écrit), mais je pense que c'est en partie lié à la citation de départ d'eduscol, que je rappelle :
Eduscol a écrit:Chaque enseignant doit pouvoir apprécier ce que chaque élève sait et quels sont les obstacles qu'il rencontre dans les apprentissages, tant pour concevoir son enseignement que pour apporter les aides nécessaires.
Un enseignant avec un peu de bouteille et un peu d'attention n'a en général guère de mal à identifier les difficultés des élèves. Cette citation, d'origine officielle, en irrite plus d'un parce qu'elle laisse précisément croire qu'il y a, du diagnostic au traitement, une conséquence fluide et en quelque sorte naturelle (comme s'il ne fallait pas, outre la volonté de traiter, les moyens de le faire : c'est-à-dire le temps et, dans certains cas, le cadre institutionnel approprié, comme une aide véritablement personnalisée, càd pas en groupe de 15). Elle irrite encore plus ceux des professeurs qui ont le sentiment que, de réforme en réforme, les moyens de traitement dont ils disposaient ne cessent de s'amenuiser, alors même que le nombre d'élèves en grande difficulté ne décroît pas, bien au contraire.

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'Tis a blushing, shamefaced spirit that mutinies in a man’s bosom. It fills a man full of obstacles. It made me once restore a purse of gold that by chance I found. It beggars any man that keeps it. It is turned out of towns and cities for a dangerous thing, and every man that means to live well endeavors to trust to himself and live without it.
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When everybody is swept away unthinkingly by what everybody else does and believes in, those who think are drawn out of hiding because their refusal to join is conspicuous and thereby becomes a kind of action.
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Méréthide
Habitué du forum

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Méréthide le Lun 28 Avr 2014 - 23:30
Je pense comme toi henriette, mais en cette année de stage, je prends tout ce que l'on veut bien me donner, tout en me doutant que ... ça restera pour une grande majorité de la poudre de perlimpimpin.
Mais (*mode optimiste*) si sur 40 ans ça en permet d'aider un ou deux ça sera toujours ça de pris.

Enfin ça c'est les pistes "officielles" de travail. C'est peut être ce qu'attend Julie ?
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henriette
Médiateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par henriette le Lun 28 Avr 2014 - 23:32
Je me doute bien, Méréthide : en stage, tu fais comme on te dit, c'est déjà bien assez difficile comme ça.
Bon courage !
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ycombe
Modérateur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par ycombe le Lun 28 Avr 2014 - 23:38
Julie JoJo a écrit:@ycombe
Au sujet de l'écart entre les plus faibles et le reste du groupe, je ne comprends pas cette façon dont vous et d'autres avez de répondre "quand tu trouveras dis nous". Parce-que je suppose que vous ne les laissez pas dans un coin, au fond de la classe, et que vous essayez de les faire s'intéresser un minimum à ce que vous leur dites. Histoire qu'ils comprennent certaines choses.
Il faut faire deux cas: en gros en 6ème/5ème ils arrivent encore à comprendre de quoi on parle et essaient encore tant bien que mal (sauf les cas les plus lourds). À partir de la 4ème, dans ma matière et dans d'autres il y a une vraie entrée dans l'abstraction. Là on commence vraiment à parler chinois, et les problèmes de comportement s'installent.

On les force à prendre le cours et à copier les corrections, tant qu'on peut. Il y a belle lurette qu'ils refusent les fiches différenciées parce que cela les mets à l'écart, personnellement j'y ai renoncé.


Pour les mauvaises notes, je suis tout à fait d'accord avec vous sur le fait que surnoter n'arrangera pas la situation de l'élève. Je me demande si une série de mauvais résultats suffit à dire que l'élève est en difficulté. Vous êtes plusieurs à me dire que non, que la note ne fait pas tout, que limite cela se joue au premier coup d’œil. J'aimerais bien savoir comment.
Tu donnes un exercice simple et bateau en début d'année, un truc que tous devraient savoir faire. Il y en a qui ne comprennent même pas ce dont tu parles. C'est un bon indice sur les élèves en grande difficulté. Quelques exercices écrits ou oraux suffisent à les cibler sans erreur.

D'autres indices spécifiques à ma matière: le gamin qui compte sur ses doigts pour la moindre addition (genre 11+4), qui ne sait pas poser une addition sans erreur d'alignement ou qui ajoute des kilos de pommes avec des euros (non ça c'est l'élève normal).


Dernière édition par ycombe le Lun 28 Avr 2014 - 23:48, édité 2 fois
InvitéJ
Niveau 1

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par InvitéJ le Lun 28 Avr 2014 - 23:43
@Provence
Bon, je ne vois pas ce que le choix de mon sujet vient faire là-dedans, ce n'est pas le propos. Je ne connais pas le domaine aussi bien que vous tous, mais encore une fois, le sujet que j'ai choisi m'intéresse. Je veux bien vous accordez le fait que mes questions soient imprécises, mais si vous me le permettez, mais je vais laisser à d'autres la possibilité d'y répondre (autant que faire se peut).
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Provence
Enchanteur

Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

par Provence le Lun 28 Avr 2014 - 23:50
Julie JoJo a écrit:@Provence
Bon, je ne vois pas ce que le choix de mon sujet vient faire là-dedans, ce n'est pas le propos.

 heu 
Un petit peu, si, tout de même...
Pourquoi refuser de répondre?


Je veux bien vous accordez le fait que mes questions soient imprécises, mais si vous me le permettez, mais je vais laisser à d'autres la possibilité d'y répondre (autant que faire se peut).
Je ne comprends pas pourquoi tu te vexes. C'est assez déplaisant, compte tenu du temps que j'ai passé à réfléchir et à répondre à tes questions...
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Re: Etudiante en M1 Culture et Médias - Questions sur la difficulté scolaire

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