Les critiques de presse sur la Reine Margot au moment de sa sortie.

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Les critiques de presse sur la Reine Margot au moment de sa sortie.

Message par Guibou le Jeu 8 Mai 2014 - 12:39

Salut à tous ,
Je vous transmets ce que les journaux ont pensé du film au moment de sa sortie en salle.Cela veut aider.

La Reine Margot (Patrice Chéreau)



Le Canard Enchaîné
« On n’oublie ni l’ampleur de la mise en scène ni le faste des décors et des costumes. On n’oublie pas non plus l’interprète principale : à des moments qu’on peut juger trop rares, Isabelle Adjani, reine Margot lumineusement belle, traverse le tumulte avec une grâce souveraine ».
Jean-Paul Grousset, 11/05/1994



La Croix
« - Le film a une lumière crépusculaire...
- Il est sombre, pessimiste mais, je crois, pas désespéré. On dit que je suis fasciné par la violence mais c’est parce que je ne la comprends pas. J’aimerais que le public décèle toute la vitalité du film, vitalité qui est la mienne.
- Avez-vous cherché votre inspiration dans la peinture ?
- La scène qui se passe aux Pays-Bas est évidemment proche de la peinture hollandaise. C’était comme un poteau indicateur. Sinon, j’ai surtout cherché de l’aide chez Goya ou chez Géricault, pour filmer les massacres, les cadavres ».
Patrice Chéreau, propos recueillis par Jean-Luc Macia, 12/05/1994



La Croix
« Dans une lumière crépusculaire, admirable (signée Philippe Rousselot), ce ne sont qu’amoncellements de cadavres, flots de sang, tueries expéditives dans de sombres venelles (...). Tous les génocides se ressemblent et ce n’est pas particulièrement beau à voir. Paradoxe : le film de Chéreau est beau. Parce que porté par un souffle romantique prodigieux, par la virtuosité étourdissante de la mise en scène, par une trajectoire shakespearienne plus que feuilletonesque, qui nous emporte au cœur d’un tourbillon narratif, parfois abscons mais toujours fascinant ».
Jean-Luc Macia, 12/05/1994



Les Echos
« Un très beau film. Rouge et noir, surprenant, un film de bruit et de fureur, de malédictions et de trahisons, une épopée funèbre, spectaculaire certes mais aussi cohérente, puissante voire fascinante, dans son parti pris qui pourra dérouter, mais difficilement déplaire de quasi... morbidité (...). Les spectateurs pourront trouver, peut-être, le film un peu froid. Mais les amateurs de beau grand spectacle devraient être comblés ».
Annie Coppermann, 13/05/1994



L’Evénement du Jeudi
« Même dans les mouvements amples des massacres ou des cavalcades, qui évoquent successivement Goya et Nuit et brouillard, Chéreau parvient à restituer les limites, la clôture de la scène ; il réinvente, sur l’écran, l’espace théâtral et ses fausses sorties. Et lorsque, exceptionnellement, on quitte ces antichambres oppressantes du meurtre (...), Chéreau réussit à trouver un équivalent cinématographique à une conception de la mise en scène éprouvée sur les planches ».
Julie Jordan, 12/05/1994



L’Evénement du Jeudi
« - Est-ce que La Reine Margot appartient complètement au cinéma, ou le film se situe-t-il plutôt à une frontière indécise entre théâtre, cinéma et opéra ?
- Il y a des moments dans le film qui relèvent de cette frontière connue de moi seul, sur laquelle je m’obstine parce que je ne veux renoncer à rien. Mais Margot, c’est du cinéma parce que c’est un pur produit du récit cinématographique. Au théâtre, je ne pourrais ni raconter cette histoire, ni m’occuper de tant de personnes à la fois. Le cinéma m’a permis enfin de me rapprocher des corps, de rôder près des visages, d’assister, atterré, aux ravages de l’Histoire ».
Patrice Chéreau, propos recueillis par Anne Andreu, 12/05/1994



L’Evénement du Jeudi
« Evitant le piège de la reconstitution historique, Chéreau film en direct la fureur d’une époque en décomposition (...). Du mélodrame d’Alexandre Dumas, Patrice Chéreau a tiré un grand opéra funèbre où, pour la première fois, il donne toute sa mesure au cinéma, fait surgir du néant des images insensées où l’amour toujours rime avec la mort. Film choral, conçu autour d’une troupe d’acteurs exceptionnels, où chacun tient sa place comme au théâtre ».
Anne Andreu, 19/05/1994



L’Express
« Un film baroque où se croisent de multiples inspirations. On reconnaît le drame historique, la noblesse et le vice du théâtre élisabéthain, des images tout droit sorties des tableaux du ténébreux peintre sévillan Zurbaran, et la tension de l’intrigue inspirée de Coppola et Scorsese (...). Noir, rouge, blanc : les trois couleurs dominent le film, se succèdent et se mêlent avec un soin méticuleux du détail qui est la marque de Patrice Chéreau. Comme le sont la direction d’acteurs et sa passion des comédiens. Il sait faire, pas de doute. Tous sont formidables dans ce film en permanence au bord de la crise de nerfs ».
Jacques Buob, 12/05/1994



Le Figaro
« - Vous avez dit et redit que vous ne vouliez pas faire un film historique. Pourquoi ?
- Dans un film historique, il y a toujours un côté « Vous voyez, c’était comme ça autrefois ! » On s’attarde sur la cheminée, le donjon, le pont-levis. Je ne voulais pas de cela ! Je ne voulais pas d’obstacles aux êtres vivants. J’ai recherché au contraire la proximité ».
Patrice Chéreau, propos recueillis par Marie-Noëlle Tranchant et Frédéric Ferney, 13/05/1994



Le Figaro
« Tout se passe en fait comme si Patrice Chéreau ne s’était pas intéressé à l’histoire qu’il raconte pour concentrer tous ses efforts sur la décoration. Il en résulte une galerie de tableaux, scènes de cours et de rues, de bals et de lits où seuls comptent les meubles, les marqueteries, les pignons ou les pommeaux des dagues. Le catalogue est réussi mais n’en finit pas (...). Bref, un film qui oscille entre le gadget et le dérisoire ».
Claude Baignères, 14/05/1994



Le Figaro Magazine
« Ce film qui rassemble un sujet splendide et une distribution somptueuse reste un film de metteur en scène. Patrice Chéreau n’a jamais cédé à la facilité d’étaler complaisamment les énormes moyens dont il a disposé. Il ne les utilise que pour mettre en lumière l’extraordinaire tension qui unit et détruit ces êtres brûlants de passion, d’amour et de haine mêlés, avec le parti constant de serrer au plus près l’expression des visages bouleversés et des corps suppliciés. Il fait ici la synthèse de tous ses talents, du théâtre à l’opéra, conjuguant la cruauté de Marivaux et la puissance impétueuse de Wagner pour triompher enfin comme cinéaste à part entière ».
Daniel Toscan du Plantier, 14/05/1994



France Soir
« J’ai pensé à la mort, et à d’autres graves problèmes qui m’angoissent pour jouer ce Charles IX qui meurt à 24 ans. Mais je suis imperméable aux effets psychosomatiques. Le mal de ventre, les douleurs d’estomac, connais pas. Faire l’acteur reste un jeu pour moi. Le cinéma, c’est prendre du plaisir. Je ne veux pas me brûler les ailes. Je ne suis pas suicidaire. Bien sûr, Patrice Chéreau m’a choisi. Mais à partir de là, j’ai inventé ce roi. C’est mon alchimie personnelle ».
Jean-Hugues Anglade, propos recueillis par Christine Gauthey, 13/05/1994



France Soir
« Fidèle à lui-même, Patrice Chéreau nous impose sa vision du monde à la fois lyrique et navrée, somptueuse et compulsive, fantastiquement pressante et obstinément oppressante. Il imprime à ses images un mouvement haletant, presque convulsif, qui lui permet de saisir au vol sur le visage de ses acteurs des instants de vérité bouleversants ».
Claude-Jean Philippe, 14/05/1994



Globe Hebdo
« - Comment faire, aujourd’hui, un film historique ?
- En ne faisant justement pas un film historique. Nier la distance que donne le temps, réinventer la Renaissance avec ses rapports de force. Filmer le mariage de Margot comme si l’on faisait un reportage sur la Mongolie extérieure. Mon modèle a été le Satyricon de Fellini, qui n’a rien de commun avec l’époque romaine. Au cours de nos recherches, lorsque nous tombions sur des vêtements qui nous plaisaient, même s’ils ne correspondaient pas exactement à l’époque, ou même s’ils étaient anglais, nous les prenions ».
Patrice Chéreau, propos recueillis par François Jonquet, 11/05/1994



L’Humanité
« C’est de la grande peinture d’Histoire avec un glacis légèrement embrumé (dû au directeur de la photographie, Philippe Rousselot), une fresque barbouillée de sang, un jardin des supplices, un charnier méthodique, un précis de décomposition, un panorama clinique des guerres civiles dans toute leur logique tribale (...). Sa distribution est sans faille visible et sa direction d’acteurs irréprochable. Il tire de tous le meilleur, soit la sensibilité exaspérée de chacun. D’où vient alors que ce film, aux vertus plastiques époustouflantes, à la dramaturgie savamment préméditée, ne nous comble pas ? Ne serait-ce pas qu’il n’a pas su inventer une rhétorique (au sens d’art de la persuasion) et une écriture cinématographiques à l’économie strictement reconnaissable ? Impression de flou dans le découpage, incertitude sur la durée de telle ou telle séquence, défaut d’ellipse. Il y a encore que le dialogue de Danièle Thompson demeure factuel, prisonnier de l’efficacité immédiate ».
Jean-Pierre Léonardini, 14/05/1994



Libération
« Bel infidèle sur la forme, joliment traître sur le fond, qu’est-ce qui reste ? Grande première dans la carrière de Chéreau : un film qui s’approche plus que jamais du cinéma. C’est-à-dire qui pose par exemple la question, que plus beaucoup n’osent poser, de la place de la caméra ».
Gérard Lefort, 14/05/1994



Libération
« Propulsé par un souffle qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors, Anglade se dédouble littéralement dans le film de Patrice Chéreau : à la fois enjoué et maléfique, enfantin et adulte, souffreteux et autoritaire. Cette saisissante métamorphose est aussi physique ».
Marie Colmant, 14/05/1994



Le Monde
« Il y a dans le terrible enchaînement des complots et des crimes, des empoisonnements et des dissections occultes, une jubilation feuilletonnesque que Chéreau a formidablement saisie (...). Malgré la mort qui rôde, invitée de tous les banquets, tout concourt au plaisir fou de raconter. Tout : les décors absents de Richard Peduzzi (...) les costumes de Moidele Bickel (...), la musique de Goran Bregovic (...), la photo de Philippe Rousselot, miraculeuse, claire dans les profondeurs du sombre, dans les cryptes menaçantes des cabines où trainent des poignards, les ruelles périlleuses, les crépuscules cruels ».
Danièle Heymann, 15/05/1994



Le Nouvel Observateur
« Patrice Chéreau a composé un opéra en couleurs sang et or. L’Histoire y retrouve son compte, Alexandre Dumas aussi. Isabelle Adjani, en Margot provocante et malicieuse, est belle comme sa légende. Auteuil parfait, Anglade s’en tire avec une belle conscience professionnelle. Quant à Virna Lisi, Catherine, elle est irrésistible. En somme, aussi historique qu’hystérique ».
[S.N.], 12/05/1994



Le Point
« Nous sommes dans un univers poétique, d’essence non pas théâtrale mais cinématographique. Tout ici est cinéma : la construction des images, le recours aux trognes qui remplissent l’écran, le mouvement cavalcadeur d’une caméra d’actualités, le surgissement discret de décors dans la lueur des torches, le raffinement d’imbrication des plans sonores (...). Bilan : un chef d’œuvre ? Hélas non. Dans cet écheveau de qualités, il nous manque le repère d’un fil d’or, le choix d’un thème, d’une intrigue, d’un personnage sur qui centrer non pas notre intérêt, toujours en éveil, mais notre émotion, jamais sollicitée. La Reine Margot nous intéresse, nous étonne, nous surprend, nous épate. Mais rien ne mouille nos paupières, ne nous secoue le cœur, ne nous remue les tripes ».
Pierre Billard, 07/05/1994



Le Quotidien de Paris
« Il y a des cauchemars qu’on aime, des rêves fous qui lassent. Chéreau saisit si fort le spectateur à bras-le-corps pour le tenir en état d’hypnose théâtrale, que celui-ci glisse vite entre les deux sensations ».
Anne de Gasperi, 13/05/1994



La Tribune
« Et le film dans tout ça ? Il n’est pas mal du tout. Il faut bien dire que sa médiatisation à outrance avait généré un certain agacement. C’était sans compter avec Patrice Chéreau, qui déjà, avec L’Homme blessé, avait révélé des qualités d’analyse du comportement humain dépouillé des conventions régulatrices pour ne retenir que les moteurs : l’amour, le sexe et le pouvoir ».
Sophie Chemineau, 16/05/1994



Télérama
« La première bonne surprise de ce film, elle est là : on part pour une grande fresque historique, et on tombe dans un feuilleton familial hallucinant, qui renvoie le pire des reality shows au rang d’aimable broutille. On peut compter sur Chéreau pour, comme il le dit lui-même, rôder près des visages, et donner à chacun de ses personnages une densité physique qui fait si souvent défaut dans ses films en costumes. La Reine Margot est, d’abord et avant tout, un affrontement au corps à corps. Mais alors la foule, les mouvements collectifs, les massacres ? Chéreau ne les a pas oubliés. Et ça bouge ! »
Vincent Rémy, 11/05/1994



Valeurs Actuelles
« Le parti pris d’esthétisme ténébreux et décadent est délibéré. Il s’agit de prendre Dumas à contre-pied, de renverser la tendance, d’inverser les points de vue. La mise en scène conduit à un cadrage serré, presque constamment en gros plan, sur les corps et les visages (...). entre l’infidélité à la fiction de Dumas et l’infidélité à la vérité historique, Patrice Chéreau et Danièle Thompson trouvent ce qu’ils cherchent : des correspondances et des analogies entre une époque pleine de bruit et de fureur, de guerres civiles et de guerres de religion, de violence barbare et de frénésie sensuelle, et la nôtre ».
Norbert Multeau, 07/05/1994

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