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John
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Pour Jean-Michel Zakhartchouk, il faut rapprocher "les difficultés à se mobiliser pour un vrai socle commun à l’école et celles à résister aux vagues populistes". Empty Pour Jean-Michel Zakhartchouk, il faut rapprocher "les difficultés à se mobiliser pour un vrai socle commun à l’école et celles à résister aux vagues populistes".

par John le Jeu 29 Mai 2014 - 22:21
Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut transformer notre système éducatif, construire chez les élèves des compétences qui peuvent contribuer à les éloigner du « Mal » en politique (je simplifie abusivement). Aujourd’hui, il est irresponsable de se cacher derrière des déclarations de principe, éthérées et hypocrites et de résister aux avancées sur ce socle qu’il est si facile de rejeter au nom d’une Culture abstraite, parce que soi-disant qu’une logique de « minimum culturel », etc. servirait je ne sais quels intérêts de libéraux bruxellois. L’urgence, oui, est à de profonds changements dans notre école pour qu’elle puisse contribuer à empêcher la vraie défaite de la pensée, pas celle que fantasme l’auteur du livre portant ce titre, mais celle évoquée en 1940 par Marc Bloch. Comment ne pas avoir envie de citer longuement ce si beau texte qu’est L’étrange défaite :

« De tant de reconstructions indispensables, celle de notre système éducatif ne sera pas la moins urgente . Notre effondrement a été avant tout, chez nos dirigeants et dans toute une partie de notre peuple, une défaite à la fois de l’intelligence et du caractère. Parmi ses causes profondes, les insuffisances de la formation que notre société donnait à ses jeunes ont figuré au premier rang. Un mot, un affreux mot, résume une des tares les plus pernicieuses de notre système éducatif : celui de bachotage. Le secondaire, les universités, les grandes écoles en sont tout infectés. « Bachotage » : autrement dit : hantise de l’examen et du classement. On n’invite plus les étudiants à acquérir les connaissances, mais seulement à se préparer à l’examen. Dans ce contexte l’élève savant n’est pas celui qui sait beaucoup de choses, mais celui qui a été dressé à donner, par quelques exercices choisis d’avance, l’illusion du savoir. Au grand détriment de leur instruction, parfois de leur santé, on plonge trop précocement les élèves dans la compétition afin d’éviter tout retard pour intégrer telle ou telle grande école. Il n’est pas nécessaire d’insister sur les inconvénients intellectuels d’un pareille « manie examinatoire ». Mais ses conséquences morales, c’est la crainte de toute initiative, chez les maîtres comme chez les élèves, le culte du succès substitué au goût de la connaissance, une sorte de tremblement perpétuel et de la hargne, là ou devrait au contraire régner la libre joie d’apprendre. »

Rapprocher les difficultés à se mobiliser pour un vrai socle commun à l’école et celles à résister aux vagues populistes et aux simplismes dévastateurs n’est pas incongru, mais indispensable….
http://blog.educpros.fr/Jean-Michel-Zakhartchouk/2014/05/28/il-est-urgent-de-ne-plus-se-payer-de-mots/

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par Renardfuté le Dim 15 Juin 2014 - 23:37
Il est pertinent ce texte. Jusqu'en licence 3, je révisais mes examens la veille et "ça passait". Je ne me souvenais plus de rien trois jours après, mais imbécile et jeune que j'étais, cela me suffisait. Mais, en fait, tant qu'il n'y aura pas de moyens accordés aux institutions, les redoublements au lycée seront toujours rares, et on fera passer les étudiants dans la classe suivante par peur de "manquer d'effectif" et "fermer la section". Dès lors, les épreuves sont vues au rabais, et cela devient un vrai jeu d'enfant de passer "les niveaux". Le serpent se mord la queue.
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par doctor who le Lun 16 Juin 2014 - 7:19
Le lien causal fait entre le bachotage et la faillite des élites n'est sans doute pas le meilleur aspect du texte de Bloch.
Et puis, on a du mal à en vouloir aux étudiants qui bachotent un examen. Comment faire autrement, même si l'on s'est intéressé sincèrement à l'enseignement prodigué ?
Mais il est vrai que parfois, dans le secondaire actuel, tout enseignement prend parfois des tournures de bachotage. Trop de notes !

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par John le Lun 16 Juin 2014 - 7:21
Il est pertinent ce texte. [...] Tant qu'il n'y aura pas de moyens accordés aux institutions, les redoublements au lycée seront toujours rares, et on fera passer les étudiants dans la classe suivante par peur de "manquer d'effectif" et "fermer la section".
Je pense que JM Zakhartchouk est plutôt opposé aux redoublements.

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par Renardfuté le Lun 16 Juin 2014 - 9:14
Le socle commun de connaissances et de compétences n'est valable que s'il a un impact sur les élèves et leur orientation. Après, pour la plupart des cas il est vrai que le redoublement ne sert à rien : un élève peu ou pas scolaire ne va pas se déclarer ainsi l'année suivante. Cependant, il y a à mon sens beaucoup d'élèves qui se contentent de moyennes basses et d'apprentissages imparfaits par paresse, du fait qu'il n'y a pas  de redoublement et qu'au fond d'eux mêmes ils savent que plus tard leur bac leur sera "presque donné".

Sinon, quitte à suivre son idée, il faudrait faire un système sans notes et pourquoi pas faire choisir aux élèves les matières qu'ils désirent étudier comme en Suède, avec seulement quelques matières "vitales" jusqu'en telle ou telle classe obligatoires. Ainsi, seulement sur ces matières, il pourrait y avoir des compétences à atteindre pour valider ou non....J'en sais rien, de toute façon, le seul hic avec ce livret, c'est le travail que ça demande et paradoxalement, l'hypocrisie que ça provoque de notre part.
ycombe
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par ycombe le Lun 16 Juin 2014 - 9:31
@John a écrit:
Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut transformer notre système éducatif, construire chez les élèves des compétences...
http://blog.educpros.fr/Jean-Michel-Zakhartchouk/2014/05/28/il-est-urgent-de-ne-plus-se-payer-de-mots/

Le reproche fait habituellement à l'enseignement explicite par la clique des réformistes, c'est que celui-ci chercherait à façonner les élèves en leur inculquant un savoir socialement choisi. Si l'on en croit M. Zakhartchouk, les réformistes reprochent aux autres ce qu'ils veulent faire eux-même.
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