Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

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Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par John le Mer 2 Juil 2014 - 17:09

Une jeune lycéenne souhaite devenir enseignante de français.
Elle a transmis ces questions par mail, et j'ai promis de lui indiquer les réponses que ses questions susciteront.

Pouvez-vous répondre aux questions de votre choix ci-dessous, en étant le plus objectif, le plus sérieux, et le plus modéré possible ?

Merci d'y répondre en indiquant le numéro de la ou des question(s) que vous choisissez, et de ne pas vous répondre entre vous d'un message à l'autre : si des réponses sont différentes selon les gens, c'est normal : la jeune fille triera, sélectionnera ou confrontera les réponses toute seule.

Bonjour John,

j'entre au lycée l'année prochaine et suite à la découverte du forum ainsi qu'à des cours de français extraordinaires, mon envie de devenir professeure de lettres se fait de plus en plus présente. J'ai écrit mes questions en vrac et certaines risquent d'être assez maladroites, mais je préfère n'en épargner aucune. Les voici :

   1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
   2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
   3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
   4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?
   5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
   6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
   7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
   8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
   9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
   10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  

Cela me ferait plaisir de pouvoir trouver une réponse à chacune d'entre elles, ou du moins à la plupart.

Merci d'avance et à bientôt !

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Kiki1991 le Mer 2 Juil 2014 - 17:29

2) Je conseillerais une Licence de Lettres, puis un Master MEF (Métiers de l'enseignement et de la formation) pour devenir enseignant de Lettres (même pour un prof des écoles d'ailleurs). Sinon il y a possibilité de passer par une classe prépa pendant deux ans après le Bac, mais je n'en vois pas l'intérêt puisque la majorité des élèves de Prépa revient en 3e année à l'université ensuite (sans aucune différence de niveau).

3) Malgré ma courte expérience (je ne suis enseignant que depuis un an), j'ai appris que l'une des choses les plus importantes, c'est de croire en ses propres capacités et de ne pas se laisser déstabiliser par les élèves. On commet forcément des erreurs au début, mais cela vient vite. Après, l'autorité est une question plutôt individuelle.... Certains professeurs sont plus permissifs et tolérants que d'autres en matière de bruit et de comportement.

6) Premier établissement cette année : un accueil extrêmement chaleureux. Excellente année avec les collègues que je regrette de quitter et qui m'ont beaucoup appris...

7) Si l'élève voit qu'un propos à l'encontre du professeur atteint celui-ci et l'énerve, il recommencera et cela deviendra un jeu. Je crois que l'humour (toujours dosé bien évidemment car je veille à ne jamais humilier les élèves) permet de résoudre certaines situations et de couper court à certaines réflexions d'élèves. Ignorer une remarque n'est pas une solution car cela invite les élèves à aller plus loin pour tester les limites.... Cela risque donc d'être incontrôlable à un moment...

10) Le latin est une bonne chose mais je n'en ai jamais fait, ni au collège ni au lycée, et cela ne m'a pas empêché de devenir professeur de Lettres. J'ai de vagues souvenirs de cours de latin à l'université pendant les deux premières années, cours qui ne m'ont servi à rien. Le latin sera en revanche indispensable au professeur de lettres classiques, qui est généralement responsable des cours de latin / grec en plus d'heures en français.

Kiki1991
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Catalunya le Mer 2 Juil 2014 - 17:37

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
Avantages :
-Nous avons 18 heures de cours/semaines, 15 pour les agrégés. En dehors de ces heures-là, nous avons la possibilité d'organiser notre temps de travail comme nous le voulons. Si on veut par exemple corriger ou préparer des cours à 1 heure du mat', c'est possible.
-Les vacances. Même si elles peuvent être studieuses, c'est appréciable.
-Le temps libre. Quoiqu'on en dise, on en a beaucoup.

Inconvénients :
-Le salaire (quand on rapporte au nombre d'années d'études).
-La mobilité (très rare de pouvoir rester dans sa région d'origine)
-Le manque de travail et le niveau des élèves

  2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
Bac +5 puis concours (Capes ou agrégation ou Caplp pour les lycées pro).

  3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
Vaste question. Etre juste, ne pas laisser passer lors des premiers cours, faire ce que l'on dit. Après moi j'ai la classe et du talent. Donc les élèves ont plus envie de m'applaudir que de m'embêter (oui j'ai pas pu m'en empêcher  Laughing  Laughing  )

  4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?

Rarement (ça dépend des niveaux aussi) et non.

  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
Collège : au moins la moitié n'a rien à faire là, le niveau est faible, la discipline est dure à obtenir. Moins de travail de correction et de préparation des cours. Après certains bons collèges ont des élèves calmes et motivés. Et même dans les collèges difficiles, la plupart des élèves sont attachants, ce qui rend ce métier si beau.
Lycée : élèves plus calmes (sauf parfois en seconde), plus de temps à corriger, plus de temps pour préparer, contraintes ajoutées (comme les groupes de compétences).

  6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
Je suis d'un naturel réservé mais je me fais des amis/copains tous les ans. Il suffit de rester dans la salle des profs/aller à la cantine...

  7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Perso, je casse, j'ai une assez bonne répartie. Après ça dépend des classes. Les classes gentilles avec une bonne ambiance, je casse. Une classe méchante avec une mauvaise ambiance, je sanctionne.

  8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
Quel doux rêve  Very Happy  Non, on va là où le rectorat a des besoins, même si on donne des préférences. Et on a des points (ancienneté, échelon, enfants, mariage, Pacs, rang au concours...). On peut être en poste fixe (donc on ne bouge plus de notre lycée ou collège) ou TZR (soit on fait des remplacements soit on est affecté toute une année sur un même établissement (ou plusieurs) et on change tous les ans.

  9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Aux collèges que j'ai faits, les profs avec CPE constituaient les classes. Au lycée, c'est aussi fait en fonction des séries.

  10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  
Lettres modernes = français. Lettres classiques : latin et grec. Les profs de lettres confirmeront.

Pour résumer, je ne pense pas que l'amour pour la matière doive être le premier critère car tu auras rarement l'occasion de la travailler réellement vu le niveau des élèves. Ce dernier peut surprendre quand on n'a connu que de bons établissements en tant qu'élève. Le principal critère, c'est d'apprécier le contact humain avec des ados-jeunes adultes. Quand tu aimes ça, et que les élèves sont réceptifs à ton cours, c'est génial. Certaines heures (années) sont difficiles, mais il faut savoir relativiser. Certains ont des relations difficiles avec leurs chefs (principal/proviseur) ou leurs collègues, pour l'instant je n'ai pas eu cette malchance.

Métier difficile mais beau métier. Très beau.

Catalunya
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Kilmeny le Mer 2 Juil 2014 - 17:41

10) Le latin est évidemment indispensable pour tout le monde et encore plus pour un professeur de lettres (modernes et bien sûr classiques). Mes collègues modernes qui n'ont fait du latin qu'à la fac, voire jamais, le regrettent car il leur manque certaines bases qui leur  font cruellement défaut. Ils me le disent souvent. Comment enseigner le français sans connaître le latin qui est le fondement de notre langue ? (sans compter qu'on demande parfois à des professeurs de lettres modernes d'enseigner le latin quand il y a pénurie de professeurs de lettres classiques)

Petite parenthèse :
Kiki1991, tu es jeune encore et je pense que tu te rendras bientôt compte que ce que tu dis sur le latin est faux. Cela me fait bondir de lire que tes cours de latin ne t'ont servi à rien. Tu changeras sans doute d'avis dans quelques temps...


Dernière édition par Kilmeny le Mer 2 Juil 2014 - 18:03, édité 1 fois

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Kan-gourou le Mer 2 Juil 2014 - 17:55

1) Les inconvénients et les avantages sont très nombreux. Il est difficile d'en faire une liste complète. Pour ma part, le pire inconvénient est qu'on veuille m'obliger à suivre les idéologies de personnes qui ne connaissent rien au métier mais qui sont haut placées. Le meilleur des avantages est de faire le métier que j'aime, pour lequel je suis faite et qui correspond à mon caractère (absence de monotonie, travail avec des enfants, impression d'être utile aux autres et à la société même à petite échelle...)
2) Pour devenir enseignant de Lettres, il faut le bac (littéraire de préférence) puis une licence de Lettres et un master.
3) Le caractère du professeur et son positionnement par rapport aux élèves et au savoir jouent beaucoup pour être respecté mais il n'y a pas de règles. Ce qui est sûr, c'est qu'un professeur qui ne respecte pas ses élèves ne pourra pas être respecté en retour.
4) Je reçois rarement de remerciements par lettre, plus souvent à l'oral en fin d'année. Autant que de plaintes durant l'année Smile Je change d'établissement chaque année et depuis deux ans, à la demande de mes anciens élèves, j'ai créé un compte Facebook pour rester en contact avec eux.
5) Les programmes de collège et de lycée sont très différents, la manière d'aborder la littérature aussi. Le public n'est pas le même non plus puisqu'il faut davantage se battre en collège pour faire respecter les règles et faire travailler les élèves.
6) Oui, sans problème.
7) Tout dépend de l'élève et tout dépend de la blague. On fait facilement la différence entre une blague, une maladresse et de l'insolence.
8) En début de carrière, on est souvent remplaçant. On n'a donc aucun moyen de choisir un établissement. Au fil des années, on accumule des points que l'on fait valoir pendant les demandes de mutation. Plus on a de points et plus on a de chances d'obtenir l'établissement que l'on veut.
9) Selon les établissements, ce sont tous les professeurs, seulement les professeurs principaux ou seulement le chef d'établissement qui constituent les classes. Les professeurs sont souvent amenés à conseiller que tels élèves restent ensemble (ou au contraire soient séparés) pour leur bien et celui de la classe. Mais personne ne choisit les élèves qu'il aura.
10) Les professeurs de Lettres Modernes n'enseignent que le français alors que les professeurs de Lettres Classiques enseignent aussi le latin et le grec ancien. On peut donc très bien enseigner le français sans avoir étudier le latin (mais c'est bien dommage).

J'ajoute qu'il est de plus en plus difficile d'enseigner sereinement et qu'il faut être préparé à devenir la cible de l'opinion publique, des parents et des enfants malgré les heures et les heures de travail que l'on abat. Ce n'est pas très réjouissant à première vue, mais je ne changerais de métier pour rien au monde !

Kan-gourou
Fidèle du forum


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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par sansara le Mer 2 Juil 2014 - 18:00

1) Avantages : en dehors de son emploi du temps, on choisit ses horaires (possibilité de travailler tôt le matin, ou tard le soir, pendant le week-end, pendant les vacances), donc c'est pratique pour s'organiser. Le fait de transmettre un savoir est aussi très gratifiant. Et puis, il faut bien l'avouer, les vacances sont les bienvenues !

Inconvénients : peu d'évolution dans la carrière, profession mal considérée, difficulté à concilier les exigences du ministère et des inspecteurs avec la réalité du terrain, réunionite aiguë, gestion des établissements qui s'apparente de plus en plus à du management, ingérence des parents d'élèves dans la pédagogie...

2) Je conseillerais une filière universitaire du type MEF, mais la prépa me paraît intéressante car elle permet d'avoir une formation pluridisciplinaire (et sur le plan intellectuel, c'est très stimulant). Le CAPES de lettres me semble nécessaire pour commencer à enseigner (être recruté en tant que contractuel est rarement satisfaisant, si j'en crois les témoignages recueillis sur ce forum), d'autant qu'il permet d'avoir un tuteur pour son entrée dans le métier.

3) En tant que néo-titulaire, je n'ai pas encore trouvé de réponse définitive à cette question !

4) Pas de lettres, mais quelques remarques positives sur les bilans de fin d'année. Garder contact, pourquoi pas, mais peut-être avec des lycéens plus qu'avec des collégiens.

5) Très schématiquement : le collège demande moins de préparation pour les cours et moins de temps de correction (je parle uniquement des lettres), mais plus de discipline et de gestion de classe. Au lycée, on passe plus de temps à préparer ses cours et à corriger des copies, mais les élèves sont un peu plus tranquilles.

6) Je crois que pour être prof, il faut de toute façon une bonne capacité d'adaptation : aux élèves (et à leur niveau), aux collègues, au fonctionnement d'un établissement, à la personnalité du chef d'établissement... D'une rentrée sur l'autre, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber !

7) Je crois que cela dépend de l'élève, du contexte, de la blague, et du rapport que l'on entretient avec la classe. En général, je dirais de ne pas laisser passer tout ce qui tend à remettre en question l'autorité du prof, mais désamorcer par l'humour peut également permettre de passer à autre chose. Attention toutefois à l'escalade : l'élève peut se sentir autorisé à en remettre une couche et basculer dans l'insolence manifeste.

8) Malheureusement non, cela s'appelle la grande loterie des mutations. Nous faisons des vœux en fonction des endroits où nous souhaitons enseigner, et ensuite tout se joue sur un système de points : ceux qui ont le plus de points passent en premier (et ont donc plus de chances d'obtenir le vœu qu'ils ont demandé), ceux qui en ont le moins passent en dernier (et se retrouvent souvent remplaçants, ou affectés dans des établissements "ZEP").

9) Cela dépend des établissements : c'est parfois géré uniquement par la direction, mais je crois qu'en règle générale, les professeurs sont mis à contribution pour répartir les élèves dans les classes. Après, il peut y avoir des ajustements faits pendant l'été (redoublants, arrivants tardifs, cumuls d'options impossibles...)

10) Je trouve cela dommage d'enseigner les lettres sans avoir aucune notion de latin, ne serait-ce que pour l'étymologie et la grammaire. Il est possible de commencer le latin à l'université (sans le passer au concours, il s'agit juste d'avoir quelques bases).
Les professeurs de lettres classiques enseignent en priorité le latin (et le grec quand il y en a) dans leurs établissements, mais ont pratiquement toujours une ou deux classes en français à côté. Les professeurs de lettres modernes enseignent en général uniquement le français, mais il arrive qu'on leur confie le latin au collège, lorsque la répartition l'exige, par exemple.

sansara
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Jane le Mer 2 Juil 2014 - 18:49

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?

Le seul avantage du métier d'enseignant, à mon sens, c'est la satisfaction de voir s'allumer les yeux des élèves quand ils prennent du plaisir à apprendre.
Les inconvénients sont nombreux: salaire insuffisant, reconnaissance inexistante, carrières qui s'allongent et qui vont devenir insupportables à cause de la pénibilité selon affectation.

  2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?

Divers moyens sont possibles; on peut devenir enseignant après une expérience dans le privé, on directement après ses études. Il faut au moins 5 années d'études après le bac. Si l'on souhaite entrer plus tôt dans le métier, on peut postuler comme contractuel.

  3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?

Il faut être juste, strict mais bienveillant.

  4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?

Oui aux deux questions; je conserve précieusement les témoignages écrits que je reçois. Cela me touche beaucoup et me donne envie de continuer.

  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?

Moins de préparation et de temps de correction au collège qu'en lycée; la gestion de classe en collège demande plus de fermeté. Il ne va pas de soi d'être un élève quand on a 13 ans Very Happy

  6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?

Globalement oui; le système de fonctionnement diffère peu. Après, on s'intègre plus ou moins aux équipes. J'ai pu travailler dans des établissements avec des équipes franchement antipathiques, d'autres dans lesquels on était presque comme à la maison.

  7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?

Ca dépend; je n'ignore jamais, car ce serait remettre en cause mon autorité d'enseignante et je ne tolère aucun manque de respect. Le plus souvent, je suis cassante (mais jamais humiliante, du moins je l'espère).

  8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?

Non; c'est le hasard des mutations. On demande, mais on n'obtient pas toujours ce que l'on souhaite. On est affecté selon un système de points.

  9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?

Oui. En tous cas dans l'établissement dans lequel je travaille. Ce n'est pas le cas partout.

  10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  

Non. Le professeur de lettres modernes n'enseigne ni grec ni latin. En revanche, il est important d'avoir des connaissances en étymologie.


Dernière édition par Jane le Mer 2 Juil 2014 - 18:59, édité 1 fois

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Gwen59gc le Mer 2 Juil 2014 - 18:57

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
N'avoir que 18h de cours par semaine et régulièrement des vacances (même si une bonne partie est consacrée aux préparations, corrections, ...) c'est assez sympathique (à noter que l'année de stage est très intense entre les cours et les formations -1 jour par semaine pendant 7 à 8 mois-)
Après le fait d'être en collège ou lycée te permet, si un élève t'insupporte vraiment, de le voir que 4 ou 5h par semaine alors qu'en primaire c'est toute la semaine qu'il faut le supporter.
Après le fait d'être avec des collégiens permet d'échanger beaucoup sur d'autres sujets que ce que tu fais en classe (les "petits" 6m sont encore beaucoup dans l'affectif et viennent te voir pour tout et pour rien)
Ey le top du top c'est quand tu vois que ce que tu fais passionne les gamins et qu'à la sonnerie ils disent "déjà ?" et que là tu te dis que tu as vraiment été utile, ils auront au moins retenu quelque chose ...  Very Happy 
   2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
Licence de lettres puis master MEF (l'avantage est d'avoir des stages même s'ils sont plus ou moins bien organisés selon les académies, les facs, etc.
   3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
je pense que les 1ères années -cela fait 1 an et demi que j'enseigne- c'est plus une question de bavardages intempestifs (c'est du moins ce que j'ai pu constater avec mes collègues stagiaires de cette année) et il faut sans cesse rappeler à l'ordre mais si on tient bon toute l'année (même s'il y a des moments plus difficiles) cela reste gérable dans l'ensemble (après je pense que tout dépend de l'établissement où nous sommes, de notre manière d'être etc ...)
   4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?
Trop tôt pour le dire mais pour ce qui est le contact avec les élèves par la suite je dirai plutôt non
   5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
Là tout de suite je dirais que les cours (il reste les oraux - surveillance des écrits etc) se terminent plus tôt au lycée alors qu'au collège nous avons la semaine garderie après le brevet  Neutral .
Il y a également je pense la difficulté de préparation des cours au lycée (il y a beaucoup plus d'impératifs avec le bac) mais le collège est difficile du point de vue du niveau et il faut sans cesse revenir sur la discipline.
Après point personnel, je parais assez jeune donc le problème du lycée c'est qu'on risque de me confondre avec mes élèves lol  pale 
   6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
N'en ayant fait que 2 pour l'instant je dirai que le meilleur moyen c'est de manger à la cantine (ou en salle des profs si la majorité des collègues ramènent leur plat) et d'aller régulièrement en salle des profs (ce qui est facile la 1ère année quand le principal adjoint fait des emplois du temps plein de trous à tous les stagiaires ...  Evil or Very Mad )
   7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Je dirai que cela dépend des moments, de notre humeur, etc ... Parfois il est bon de laisser passer (ou de faire croire qu'on laisse passer avant d'attraper le gamin à la fin de l'heure) et parfois il faut monter au créneau sur l'instant.
   8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
La joie des mutations et des points : le minimum est de 21 points en étant stagiaire plus 50 points à utiliser 1 fois sur le premier voeu dans les 3 ans, auquel s'ajoute un certain nombre de point selon la situation familiale.
Il faut parfois faire des choix et privilégier ce qui nous parait le plus important : avoir un poste fixe/habiter dans telle zone/ etc ...
   9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Normalement les profs constituent les classes de l'année suivante en fin d'année mais après il y a toujours le problème des options qui sont assez contraignantes pour la constitution des classes. Il se peut également qu'il y ait des changements entre ce qui était fait en juin/juillet et ce qu'on a en septembre
   10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  
Lettres modernes : tu n'enseignes que le français
Lettres classiques : tu enseignes français et latin.
A noter qu'on peut être nommé sur des postes de lettres classiques dans certains cas suite au manque de profs de LC.
Je pense que le fait d'avoir ou non fait latin ne change globalement pas grand chose, même si connaître l'origine des mots etc peut aider dans certains cas (surtout que les élèves aiment globalement savoir d'où vient tel ou tel mot)

_________________
2014-2015 : deux 5èmes et deux 4èmes
2013-2014 : deux 5èmes et une 4ème
2012-2013 : une 6ème/une 4ème en LM et deux 5ème/une 4ème/une 3ème en LC

Gwen59gc
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Oxford le Mer 2 Juil 2014 - 19:22

Je vous réponds en tant qu'enseignante de lettres modernes.

  1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
inconvénients:
-des programmes mal ficelés et sur lesquels on ne nous demande pas notre avis  
-manque de travail, de culture et de concentration des élèves
-beaucoup de travail en lycée, des élèves plus pénibles en collège
-le peu de respect de la société pour les "profs"
-les salaires gelés depuis perpette

avantages:
-faire découvrir ce que l'on aime
-apprendre à réfléchir à de jeunes esprits

  3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
Maîtriser sa matière, l'enseigner avec passion mais aussi annoncer d'emblée les règles (en début d'année surtout), être très strict, appliquer le règlement à la lettre, être "sévère mais juste"

  4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?
Pas de lettres mais une carte avec des fleurs en fin d'année et/ou un grand merci de la part de certaines classes (pas forcément celle à laquelle on s'attendait!).
Sinon la majorité des anciens élèves traversent la rue pour me donner de leurs nouvelles et prendre des miennes
  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
  6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
  7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
  8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
  9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
  10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par inviteeM le Mer 2 Juil 2014 - 19:23

Je vais essayer de répondre mais n'ai pas beaucoup de recul, n'étant que stagiaire cette année.

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?

Inconvénients: la mauvaise image que l'on peut avoir de nous dans la société, les préjugés des uns et des autres sur les profs qui ne font ce métier que pour les vacances, la charge de travail que l'on peut avoir et qui n'est pas reconnue, les mutations dans des endroits (parfois désaffectés) que l'on n'a pas choisis.
Avantages: travailler avec des enfants et des adolescents et les aider à construire une petite partie de leur vie, l'impression d'être utile aux élèves et de leur apporter quelque chose, la liberté que l'on a de s'organiser comme on le souhaite dans son travail grâce à un emploi du temps sur 15 ou 18h fixes "seulement".

2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?

Bac +5 puis concours (CAPES ou agrégation pour le général)
Différentes formules sont possibles: prépa agreg puis fac ou parcours entier à la fac; master MEEF ou master Recherche.

3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?

Je n'ai pas beaucoup de recul sur ce point mais je crois qu'il faut surtout être juste, bienveillant mais suffisamment strict pour ne pas se laisser déborder. Une main de fer dans un gant de velours, en somme. J'ai remarqué aussi que la rigueur que l'on s'impose à soi-même joue beaucoup dans la relation aux élèves: ils auront tendance à davantage respecter, je crois, un professeur organisé, qui note ce qu'il fait et le garde en mémoire, que le professeur qui se perd sans cesse, dans ses papiers par exemple, ou qui oublie les sanctions posées faute d'avoir noté qu'il lui fallait vérifier qu'elles avaient été faites.

4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?

J'ai eu de petits mots très touchants dans mon casier cette année, oui, surtout de la part de mes 6ème. Certains ont également utilisé mon mail professionnel pour me remercier. Je ne sais pas si un contact sera gardé, mais j'en doute même si je demanderai sûrement des nouvelles de certains à mes anciens collègues de temps en temps.

5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?

Je ne ferais que répéter ce qui a été dit au-dessus, donc je passe. Je pourrai peut-être en dire plus dès l'année prochaine puisque je passe au lycée après un stage en collège.

6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?

Cette année, je me suis adaptée sans grand problème. Mais il faut dire que j'ai eu une tutrice formidable qui m'a introduite dès le premier jour auprès de tout le personnel, ce qui a facilité les choses. Je pense qu'en arrivant dans un établissement, il est important de se faire connaître, d'aller saluer les gens, et ensuite tout se passe mieux. Plus facile ainsi de demander un service aux surveillants (une heure de colle impossible à caser sur ses heures et qu'on voudrait faire assurer par la vie sco, par exemple) si on est connu d'eux et qu'on va ne serait-ce que leur dire bonjour le matin.

7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?

Je ne laisse rien passer. Après, ma réaction différera selon le profil de l'élève, selon la classe dans laquelle cela se fait également. Cela peut aller d'une remarque un peu cassante (en veillant toutefois à n'être pas blessante) à une sanction plus sévère.

8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?

Ce serait merveilleux s'il était possible de choisir! Non, comme dit plus haut, tout fonctionne selon un système de points que l'on nous attribue en fonction de notre ancienneté, de notre parcours (certifiés ou agrégés, passage en ECLAIR ou non, etc) et de notre situation personnelle (mariés, pacsés, avec ou sans enfant, etc).

9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?

Dans le collège où j'étais, ce sont effectivement les professeurs qui ont fait la répartition des classes. J'ai eu mon mot à dire au même titre que mes collègues.

10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?

Il me semble important de faire du latin avant de devenir prof de Lettres, même si effectivement, en Lettres Modernes, on ne l'enseigne en principe pas ensuite.
Je précise également qu'il y a une épreuve de version latine (ou grecque) à l'agrégation de Lettres Modernes.

inviteeM
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Loop le Mer 2 Juil 2014 - 20:47

1) Je ne suis pas d'accord avec Kiki1991 au sujet de la classe prépa. Certes, nombreux sont les Khâgneux qui rejoignent les bancs de la fac en 3ème année mais leurs 2 années de prépa n'auront certainement pas été inutiles. Ils arrivent avec une force de travail, une méthodologie et une avance qui seront de véritables atouts lorsqu'il faudra préparer le CAPES.

7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Tout dépend de la remarque. Il faut trouver l'équilibre entre la remarque stupide qui ne mérite que d'être ignorée, la provocation ou l'insulte qui doivent être sanctionnées et surtout pas ignorées et la provocation un peu bêbête ou les questions hors propos pour lesquelles une bonne réplique cassante fait toujours son effet. Dans tout les cas, il vaut mieux avoir les sens de la répartie et ne jamais s'écraser face aux élèves.

10) Ne pas avoir fait de latin au collège ou au lycée n'est pas pénalisant pour intégrer un cursus en Lettres. De toute façon, le latin est intégré au cursus LM en général, il est donc possible de rattraper son retard.
L'apprentissage du latin me semble indispensable pour enseigner le français et permet parfois une compréhension et une analyse bien plus fines des textes. De plus, personnellement, j'ai très souvent recours à l'étymologie latine et à l'histoire des mots lors de séances de vocabulaire. Les élèves adorent ça et j'ai l'impression qu'ils s'en souviennent mieux ainsi.

Loop
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Pointàlaligne le Mer 2 Juil 2014 - 23:23

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
   Les inconvénients : avoir les devoirs d'un fonctionnaire d'Etat (discrétion, obéissance, prendre le poste que l'on vous attribue selon les nécessités du service...) ; la charge de travail et les missions vont évoluer sous peu, il faudra reconsidérer les réponses que l'on vous fait à ce sujet. La pénibilité du travail lorsqu'on est affecté en établissement difficile : atteintes aux biens, à la personne, au moral. La pénibilité du travail dans n'importe quel établissement désormais. Une reconnaissance de l'institution toute relative et dont il faut être capable de se passer. Etre à 100% de ses capacités tout le temps : on ne pourra pas se cacher derrière son ordi si l'on est mal fichu ce jour-là. Entendre des commentaires narquois sur sa profession de la part de la famille, de la belle-famille, des parents d'élèves, de l'intendant, des parents d'élèves, des élèves, de la crémière et du boucher, bref de tous ceux qui ont l'impression d'être compétents pour juger un métier qu'ils n'exercent pas. Il faut être conscient que l'image du métier est bien dégradée, et que le salaire n'a pas suivi l'inflation. Faire une croix sur ses soirées et ses WE... Et la fatigue, la fatigue...
   Les avantages : avoir les droits d'un fonctionnaire d'Etat (droit à un poste, un statut, une carrière, une formation continue...). Enseigner une discipline que l'on a choisie. Se perfectionner à son rythme et selon ses goûts dans une discipline que l'on apprécie. Organiser sa progression dans le cadre des programmes comme on le souhaite. Voir réussir et progresser ses élèves. Etre toujours surpris par un travail qui n'a rien de routinier. S'inscrire sur néoprofs. Et Juillet-août. Ah, juillet-août !
  2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
 
  La légitimité du professeur face à ses élèves vient principalement de ce qu'il a à leur apporter. Une solide formation initiale, un travail préparatoire honnête, une prise en compte du niveau de la classe et des ambitions pour faire progresser les élèves sont des éléments qu'ils perçoivent très vite.
Quelques principes de bon sens sont à appliquer : ne pas promettre ce qu'on ne pourra tenir (que ce soit une punition, une bonne note ou n'importe quoi d'autre), tenir ses engagements (que ce soit une punition ou, etc), vérifier le travail, être courtois et ferme, ne pas transiger avec la politesse et le respect. Dans des conditions normales, le soutien des collègues (et de néoprofs !) fera le reste.
Il y a des conditions, cependant, où les collègues les plus chevronnés n'obtiennent pas ce respect.
  4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ? 
Je ne le recherche pas. Cela arrive spontanément et rarement.
  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ? 
L'organisation du travail est très différente. Pour les corrections par exemple, un professeur de lycée qui relève un devoir pourra y consacrer tout un WE, ou deux. Un collègue de collège ne consacrera qu'une heure à un contrôle de grammaire, puis "seulement" une demi-journée à un paquet de rédactions ; mais il fera plus d'évaluations dans le trimestre. Les contenus enseignés ne sont bien sûr pas les mêmes : on peut se sentir un peu loin de la littérature en collège car il faut avoir des ambitions plus modestes en étudiant un texte ; il faut passer beaucoup de temps sur l'étude de la langue. La maturité des élèves fait que les relations ne sont pas les mêmes non plus.
  6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
   7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Tout dépend de la blague... et de la limite, franchie ou non, du respect du professeur.

8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
Ce sont les besoins du service qui priment, quand on est fonctionnaire. L'administration vous met donc en poste là où elle a besoin de vous.
Cependant, vous pouvez formuler des voeux pour cette affectation. Dans un souci d'égalité de traitement, chaque candidat à la mutation (ou à une première affectation) se voit attribuer un barème dont les critères sont fixés par une circulaire qui s'applique à tous. Ce barème départage les candidats. Les opérations sont contrôlées par une commission paritaire (cela signifie qu'y siègent des représentants de l'administration et des représentants des organisations syndicales, élus par les collègues, et à qui l'on peut confier son dossier).

   9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Cela relève des fonctions du chef d'établissement. La mode est à la délégation de cette tâche aux enseignants oisifs début juillet. Ce n'est pas une règle.
   10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  
Aucune pénalisation bien sûr ! Cependant, il est notoire que les candidats aux concours (au sens large) ont de meilleurs résultats quand ils peuvent choisir une version de langues anciennes plutôt qu'une version de LV. Il est aussi enrichissant de connaître une langue ancienne pour enseigner le français : vous trouverez sûrement un cursus de grand débutant au cours de vos études.
Quant aux différences entre professeurs de LM et de LC, elles sont appelées à évoluer au niveau des concours de recrutement... Comme pour ce qui est des missions et du temps de travail, vous aurez avantage à vous tenir informée de cette évolution.


Bon courage à vous !

Pointàlaligne
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Saraswati le Dim 6 Juil 2014 - 16:15

Pour ma part, et en essayant d'aller à l'essentiel :

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
Avantages évidents : sécurité de l'emploi, les vacances (même si on bosse pendant les petites vacances, perso je ne suis pas enchaînée à mon bureau... parfois même je ne bosse pas du tout ! mais j'ai pu me le permettre au bout de quelques années d'enseignement, les 1ères années tu bosses comme un malade...), avoir pas mal de temps de libre : des heures de "trous" pour gérer l'administratif, les photocopies, s'avancer dans son travail, ou tout simplement pourvoir faire des courses, prendre des RDV médicaux en toute liberté quand on a des enfants. Avoir du temps libre pour la vie de famille.
Mais aussi pouvoir demander parfois un EDT, avoir une assez grande autonomie et liberté dans son travail, avoir la possibilité de varier si l'on souhaite (de niveau, de cours, passer au lycée ou au collège, continuer à se former...).

Inconvénients : tout faire sous la pression et dans des délais très courts, paradoxalement à ce que je viens de dire sur les avantages, je déteste souvent ce rythme de travail : beaucoup à faire en peu de temps au moment de la fin d'année par ex (conseils de classes, bulletins, livrets divers, orientation, préparation de la rentrée..) et soudain, relâchement complet pendant 2 mois ! j'ai mis du temps à m'y faire.
Je trouve que les vacances d'été sont trop longues, qu'on n'est pas assez exigeants et autoritaires dans mon collège ZEP avec les élèves qui font le bazar...
Je trouve qu'on a mauvaise presse et qu'il y a beaucoup d'idées fausses sur les profs dans la société.

    3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
Ça dépend vraiment de la personne, et du type de public.
Je pense qu'il faut être juste, pas trop démago, qu'il faut garder une ligne de conduite assez stricte les premiers mois, après ça va mieux.

 4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Ça arrive quasiment tous les ans.
Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ? C'est arrivé, quand je changeais régulièrement d'établissement. Maintenant non, et ça ne m'intéresse plus trop de toute façon... je crois que quand on débute on y est sensible, et ensuite bof.

  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
Au collège tu fais plus de grammaire, conjugaison, ortho, etc. Tu fais aussi beaucoup d' "éducatif". Tu guides les élèves, tu dois les encadrer, les accompagner.
Au lycée tu dois travailler beaucoup plus à la maison ! il faut maîtriser complètement un thème ou un auteur avant d'en étudier un texte ou une œuvre. C'est plus intéressant mais c'est plus de boulot.

 6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
Là encore ça dépend des personnes, j'ai été TZR 5 ans puis en complément de service 5 ans, en tout j'ai connu une vingtaine d’établissements. Je me suis toujours bien intégrée parce que je vais vers les gens facilement. Il faut aussi très vite connaître ce qui est essentiel à savoir pour que ça se passe bien dans un nouvel établissement.

  7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Ça dépend vraiment comment c'est fait ! si c'est de la part d'un petit merdeux, il faut reprendre directement voire sanctionner.
Par contre tu peux tomber sur des gamins fins qui ont beaucoup d'humour : cette année dans une 6e j'en avais un comme ça, franchement c'était irrésistible et il savait ne pas aller trop loin, donc j'en riais avec eux. Un autre par contre ne savait pas toujours mesurer ses limites, et là je le reprenais fermement, ça suffisait à le calmer.

  9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Dans mon établissement actuel oui, ce sont les profs qui constituent les classes de l'année suivante, en respectant certaines contraintes données par la CPE en fonction des options choisies par les élèves ou des "cas" à séparer par exemple.
Cette année, ayant été prof principale en 5e, il était logique que je participe à la constitution des classes de 4e.
On essaie de bien répartir pour séparer les casse-pieds, et pour respecter la parité filles-garçons.

10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres,
Pas forcément, j'ai un collègue de Lettres Classiques qui n'a commencé le latin qu'à la fac..., mais c'est quand même mieux d'avoir fait du latin dans son parcours. Je m'en sers à tous les cours de vocabulaire ou d'orthographe, même si je n'enseigne pas le latin (et ça impressionne vachement les élèves !  Razz )

de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ?
Euh... je ne sais même pas de quoi il s'agit ! donc je dirais que non, ce n'est pas pénalisant   Wink  Personnellement j'ai fait un bac S, une prépa hypokhâgne, un double cursus Lettres-Histoires jusqu'en Deug (Licence 2) pour finalement passer le CAPES de Lettres Modernes.
Depuis j'ai repris des études ponctuellement, et j'ai passé la Licence FLE en 2007 et 7 ans après (cette année donc) la certification FLS (Français Langue Seconde, pour enseigner aux primo-arrivants).

Bon courage !

Saraswati
Neoprof expérimenté


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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Cox le Dim 6 Juil 2014 - 16:34

Je ne réponds qu'à la question 10 : OUI, le fait de ne pas faire de latin m'a pénalisée et aurait pu me coûter cher.
J'ai commencé le latin à la fac, en amphi, et je n'ai évidemment jamais pu rattraper le niveau des étudiants qui l'avaient choisi depuis la 5e.
Pour le CAPES, il y a une épreuve de langue à l'oral. Je n'étais pas suffisamment douée en anglais pour choisir cette langue. Il faut être capable de s'exprimer en anglais face au jury et de dialoguer. J'ai donc choisi le latin. Je savais que je n'avais pas le niveau mais au moins, je pouvais m'exprimer en français. J'ai eu une note catastrophique, comme je m'y attendais. Heureusement que j'ai eu un bonne note en explication de textes !!


Cox
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par FiatLux le Dim 6 Juil 2014 - 17:43

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?

Inconvénients : je trouve que c'est un métier très dur dans lequel les élèves ne nous épargnent pas. Il est parfois difficile de recevoir des remarques d'élèves, de parents en pleine face. Il est parfois difficile de ne pas perdre de l'estime de soi lorsqu'il y a des problèmes de discipline. La vision du métier par la société est assez difficile à vivre.

Avantages : contrairement à certains je ne trouve pas ce métier monotone et j'aime beaucoup ça. Deux mêmes cours sur papier ne se passeront pas de la même façon avec deux classes différentes. Les avantages "administratifs" ne sont pas négligeables : la sécurité de l'emploi est précieuse de nos jours, les emplois du temps ne sont pas harassants et même si nous travaillons durant les vacances, nous en avons toujours plus que la plupart des gens. C'est agréable pour mener une vie de famille. Si c'est souvent dur psychologiquement il y a également des avantages "émotionnels", le plaisir d'un élève qui est heureux d'apprendre quelque chose ou qui vous dit qu'il passe un bon moment, le plaisir de parents qui viennent vous dire que leurs enfants aiment apprendre dans vos cours, c'est vraiment quelque chose de formidable.

  2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?

Ça change régulièrement. Mais pour l'instant, je pense que le mieux reste la fac : licence + master enseignement puis concours. Je rejoins kiki concernant la prépa. Je n'en vois pas non plus l'utilité. Lorsque j'étais à la fac je n'ai pas vu de différence dans la réussite des étudiants et je dirais même que ceux qui sortaient de prépa étaient sacrément déstabilisés par le fonctionnement de la fac.

  3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?

Je vois trois éléments essentiels :
1. La fermeté. Au début j'avais de gros problèmes de gestion de classe parce que je parlais avec une voix trop faible et hésitante lorsque je voulais obtenir le silence.
2. La bienveillance. Un professeur trop dur recevra le retour de bâton des élèves.
3. Savoir où on va. Il faut arriver en cours en sachant parfaitement ce qu'on a prévu de faire dans l'heure et dans les jours qui vont suivre. Si ça flotte les élèves le ressentent et ne nous épargnent pas.

  4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?

Oui mais il faut avoir conscience que les élèves qui manifestent du contentement sont en général beaucoup moins nombreux que les autres. Mais il faut s'accrocher à ça.

  5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?

J'avais les deux cette année. Dans la tête de beaucoup de gens il n'y a pas de discipline à faire au lycée. De nos jours c'est totalement faux, les lycéens ne sont plus aussi intéressés qu'avant et peuvent être très pénibles. Les cours sont différents mais la relation aux élèves est également différente. Le lycée demande un travail plus conséquent : des copies plus longues à corriger, des cours plus exigeants. Les classes sont plus nombreuses au lycée, c'est d'un avis assez unanime, plus pénible.

  6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?

Oui, il faut.

  7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?

Ça dépend des circonstances. Il y a des moments où il vaut mieux ignorer pour la bonne poursuite du cours, du moins faire semblant de ne pas avoir entendu (ne pas laisser aux élèves l'impression qu'on ne réagit volontairement pas). Parfois une phrase cassante fait du bien à l'élève parce que tous les autres attendent notre réaction. S'ils se rendent compte que le professeur a du répondant, ça les dissuadera. La sanction est appropriée lorsque ça va trop loin.

  8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?

Ça dépend, encore une fois. Déjà le privé et le public ne fonctionnent pas de la même manière. Pour la première affectation on fait des vœux généraux : des académies. Ensuite on peut viser plus précisément. Personnellement, dans le privé, j'ai clairement choisi mon établissement.

  9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?

Oui.

  10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?  

Pas du tout. Il y a du latin à la fac de toute façon et la matière a disparu du concours. Le professeur de lettres modernes étudie la littérature du XVIème siècle à de nos jours. Le professeur de lettres classiques étudie les langues anciennes. A noter que les lettres classiques disparaissent peu à peu et qu'il y a une nouvelle réforme. Dorénavant il n'y aura qu'une filière lettres modernes avec option lettres classiques.

FiatLux
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par MelanieSLB le Dim 6 Juil 2014 - 19:00

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
Mes collègues ont tout dit ou presque, mais je rajouterai un inconvénient évident, mais qu'on ne prend pas toujours en compte: nos vacances, nombreuses, sont un avantage, mais la contrepartie est qu'il est très difficile de prendre une journée comme ça (ça peut arriver pour des raisons importantes, en rattrapant les cours mais c'est rare), et nos vacances sont toujours en pleine saison, forcément!



  2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
Bac +5 puis concours (Capes ou agrégation ou Caplp pour les lycées pro).
Si l'agrégation est visée, une prépa me semble indispensable pour acquérir les bonnes méthodes de travail. Les masters MEEF me semblent être *comment le dire?* la plus mauvaise option pour préparer les concours (ça dépend des universités, mais globalement le niveau disciplinaire semble bas, et ça ne risque pas de s'arranger avec les fameux 50% d'une classe d'âge au niveau licence).


_________________
La réforme du collège en clair : www.reformeducollege.fr .
La Réforme du Collège en Clair a aussi sa page Facebook !

Et pour ceux qui voudraient en comprendre quelques fondements idéologiques:
De l’école, Jean-Claude Milner, visionnaire en 1984 (ça ne s'invente pas!) de ce qui nous arrive: "On ne dira pas que les enseignants sont l'appendice inutile d'une institution dangereuse et presque criminelle; on dira seulement qu'ils doivent devenir Autres: animateurs, éducateurs, grands frères, nourrices, etc. La liste est variable. Que, par là, les enseignants cessent d’être ce qu'ils doivent être, c'est encore une fois sortir de la question. On ne dira pas que les enseignants n'ont pas à exister, mais qu'ils ont à exister Autrement. Que cette Autre existence consiste à renoncer à soi-même pour disparaître dans la nuit éducative et s'y frotter, tous corps et tous esprits confondus, avec les partenaires de l'acte éducatif - manutentionnaires, parents, élèves, etc. -, seul un méchant pourrait en prendre ombrage." (page 24)

MelanieSLB
Grand sage


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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par HermyMacgo le Lun 7 Juil 2014 - 19:21

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?

Les avantages d'abord:
- les vacances.
- selon l'emploi du temps, avoir du temps libre dans la semaine pour pouvoir prendre ses rendez-vous médicaux ou profiter de ce que la plupart des gens soient au travail (pour visiter des lieux connus, faire du shopping, aller au cinéma, et toutes autres sorties).
- avoir des horaires décalées permet d'éviter les embouteillages (la plupart des gens font 9h-17h tandis qu'on commence à 8h et qu'on finit parfois plus tard).
- être prof permet de concilier au mieux vie privée et vie pro, surtout lorsqu'on a des enfants.
- en dehors de nos 18h ou 15h de cours, à nous de s'organiser comme on le souhaite pour préparer nos cours: certains préfèrent rester sur leur établissement, d'autres préfèrent travailler chez eux, et on peut le faire à toute heure du jour ou de la nuit.
- avec le Pass Education on rentre gratuitement dans beaucoup de musées.
- au niveau hiérarchie, je pense qu'on est soumis à moins de pression en général que dans le privé.
- on est garanti d'avoir un travail à vie et une paie à la fin du mois quoiqu'il arrive.

Les inconvénients maintenant:
- la vie professionnelle déborde souvent sur la vie privée, lorsqu'il faut préparer des cours, lorsqu'on est confronté à des élèves ou des situations difficiles ou stressantes. Il faut savoir faire abstraction de tout cela à la fin de la journée, surtout au début.
- les vacances sont fixées, on ne peut pas partir en basse saison, donc financièrement on n'est jamais vraiment gagnant.
- si on veut faire correctement son métier on travaille bien plus que 35h/semaine.
- on est parfois amené à acheter son propre matériel, ce qui a ses limites.
- il faut se préparer à bouger beaucoup en début de carrière, car on est qu'un pion pour l'EN, qui nous envoie partout sauf là où on a envie d'aller. Parfois, on a de la chance (j'ai obtenu un poste fixe dans l'académie de Créteil dans un collège génial avec des collègues super sympas), et parfois, on en a moins. Dans tous les cas, par le jeu des mutations, beaucoup de profs se résolvent à faire leur vie dans un endroit très éloigné de leur région d'origine.
- on se forme beaucoup sur le tas, surtout ces dernières années au regard de la dégradation de la formation. Etre prof implique d'avoir constamment un regard sur la recherche, de mettre constamment ses cours à jour, d'être constamment un peu "étudiant perpétuel" si l'on veut bien faire son métier.
- le métier peut être assez solitaire, car on est seul face à sa classe quoi qu'il arrive.
- on n'est pas payé très cher pour notre niveau de qualification.


3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?

Je pense que cela dépend beaucoup de la personnalité du prof. Il faut savoir jouer avec son caractère naturel pour arriver à s'imposer. Personnellement, je pense que j'ai encore beaucoup de progrès à faire dans le domaine de la gestion de classe et de la discipline, mais, étant très "charrieuse" de nature, j'ai remarqué que l'humour fonctionnait bien avec les élèves. Un prof qui arrive à "casser" les élèves (dans la limite du raisonnable et du correct, et sans faire de mal à l'élève) les fait rire et les force à l'admiration.
D'une manière générale, il faut montrer qu'on sait réagir face aux situations "difficiles": on applique les sanctions qu'on promet, par exemple. A l'inverse, il ne faut pas hésiter à féliciter les élèves quand tout va bien.

5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?

Dans le cas des langues vivantes, je trouve personnellement le programme plus attrayant au collège: je préfère enseigner les bases de l'anglais.
J'aime le collège car la différence d'âge que j'ai avec les élèves est plus grande: j'arrive ainsi plus à faire la part des choses et à m'imposer côté discipline. Les collégiens sont plus spontanés, plus dociles, et j'ai de meilleures relations avec eux.
Un autre aspect est le rapport aux collègues: les lycées sont souvent de très grosses structures avec parfois 100 ou 200 profs. Au collège, on est plus souvent une trentaine et c'est ainsi plus facile de nouer des relations à la fois personnelles et professionnelles (pour monter des projets par exemple) avec les collègues. Le rapport avec les chefs d'établissement est parfois moins formel, et puis l'intégration dans un collège est plus rapide que dans un lycée! On retrouve aussi plus souvent les mêmes élèves, ce qui est très intéressant également.

7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?

Cela dépend de la situation. Parfois, il vaut mieux faire comme si de rien n'était: l'élève verra bien qu'on s'en fiche, et saura que cela ne valait pas le coup. Dans d'autres cas, selon la gravité de "la blague", on peut retenir l'élève en fin d'heure pour lui expliquer en quoi sa blague était "hors limites" et éventuellement le sanctionner. Si les relations avec l'élève sont bonnes, on peut aussi lui retourner la blaguer pour détendre l'atmosphère. Dans tous les cas, si "explications musclées" et sanction il doit y avoir, ne jamais régler cela à chaud et devant les autres élèves: toujours attendre la fin de l'heure. C'est un des grands principes de base de l'enseignement à mes yeux.

HermyMacgo
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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Al le Lun 7 Juil 2014 - 21:31

1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
La réponse dépend de chacun, et c'est à toi de voir par toi-même!

2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
Ca change chaque année... mais essaie d'avoir la meilleure possible.

3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
Tu es donc une de mes élèves !  Laughing il y a des trucs, d'initiés, que je ne peux pas transmettre sur un forum public. Après la 1re année de stage des "élus" sont sélectionnés pour se réunir au clair de lune dans une forêt sombre et un certain nombre de rites d'initiation a alors lieu... tout ce que je peux dire c'est qu'il est à un moment question de "la technique des deux doigts".  Twisted Evil 

4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?
Je suis jeune enseignante, j'ai reçu pas mal de lettres : celles que le CPE les forçait à écrire pour présenter des excuses suite à des incivilités  Razz sinon j'ai reçu un petit mot d'excuses spontanées (bourré de fautes, mais quand même, "je ne me suis point contrôlé"  Laughing ; et un joli dessin. Je précise qu'ils avaient 17 ans). J'ai eu des remerciements d'étudiants plus âgés (surtout en cours particuliers- pour préparer certains examens/concours).
5) Quelles différences y'a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
Je passe mon tour, je ne connais que le lycée où des petits crient parce qu'ils sont contrariés et que leur "maman" n'obéit pas assez vite à leurs demandes pressantes.
6) Vous adaptez-vous vite aux nouveaux établissements dans lesquels vous faites surface ?
Oui, en même temps, pas trop le choix quand on est remplaçant.
7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Ca dépend de l'élève, de sa relation à la classe, de la relation prof-élève, du moment de l'année... question vraiment hors sujet pour une élève!! c'est déjà une question de prof  Razz 
8) Est-ce vous qui choisissez dans quel établissement vous souhaitez enseigner ? Si non, à partir de quels critères êtes-vous envoyé dans tel ou tel établissement ?
Non, on ne choisit pas, on peut faire des voeux, les critères sont avant tout familiaux (rapprochement de conjoint ; points avec le mariage ou pacs et les enfants). Parfois même ça ne suffit pas. Il faut aimer les jeux de hasard!!!!
9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Oui si l'on est en poste fixe (il me semble), mais ça dépend des établissements.
10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres, de même que de ne pas avoir pris d'enseignement d'exploration en rapport avec la littérature en seconde ? Quelle est la différence entre professeur de lettres modernes et professeur de lettres classiques ?
Ce n'est pas pénalisant à condition de rattraper le retard perdu en université. On y arrive avec de l'acharnement. Le professeur de lettres classiques maitrise l'enseignement du latin et du grec ; le professeur de lettres modernes n'enseigne ni le latin ni le grec, mais il se doit évidemment d'avoir une solide culture de ces deux langues. Ca c'est en théorie, en réalité les lettres classiques meurent et on envoie des gens qui ne connaissent que "alea jacta est" (et encore) enseigner les langues anciennes.

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par John le Lun 7 Juil 2014 - 22:14

[Les messages ne correspondant pas aux précisions indiquées dans le message initial de ce topic ont été supprimés]

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Re: Dix questions d'une lycéenne souhaitant devenir enseignante de français

Message par Provence le Lun 7 Juil 2014 - 22:42


   1) Quels sont les inconvénients du métier d'enseignant et quels en sont les avantages ?
L'inconvénient majeur en est aussi l'avantage: une certaine liberté dans l'organisation du travail, donc une tendance aussi à se laisser envahir par le travail...

 
 2) Quelle(s) formation(s) suivre pour devenir enseignant ?
Pour un cursus littéraire, je recommande plus que vivement le passage par une CPGE, plus exigeante que la fac et pluridisciplinaire. Je m'appuie assez souvent sur ce que j'ai pu y apprendre, et pas seulement en lettres. Sans le passage en prépa, je n'aurais connu qu'un enseignant de philo au lieu de trois, par exemple. J'avais rejoint la fac en 2e année (DEUG, à l'époque) et j'avais trouvé la formation universitaire bien gentillette en comparaison.

 
 3) En tant qu'étudiant, on observe que des professeurs arrivent à se faire respecter dès le premier jour, tandis que d'autres ont beaucoup plus de mal de telle manière que la classe devient parfois ingérable. Comment réussir à se faire respecter dans une classe ?
Il n'y a pas de recette: on compose avec son propre caractère. Je dirai simplement qu'il ne faut pas avoir peur des élèves, savoir ce que l'on accepte ou refuse et être déterminé à se faire obéir.

   4) Recevez-vous souvent des lettres de remerciement de la part d'élèves ? Gardez-vous souvent contact avec certains d'entre eux ?
Il m'est arrivé de garder contact avec des élèves, mais c'est exceptionnel et je ne cours pas après. Les élèves nous remercient parfois; l'année suivante, ils seront passés à autre chose et nous aussi.

 
 5) Quelles différences y a-t-il entre enseigner au collège ou enseigner au lycée ?
L'âge des élèves...
   
 
 7) Quand un élève fait une blague à votre propos: est-il préférable d'utiliser l'ignorance, de sanctionner ou bien de répondre par une phrase cassante ?
Tout dépend de la blague. Si elle est insolente, il faut et répondre et punir.

    
 9) Avez-vous votre mot à dire concernant la constitution des classes de la rentrée suivante ?
Dans mon établissement, oui.

 
 10) Aux professeurs de lettres : ne pas avoir fait de latin ni au collège ni en seconde est-il pénalisant pour les élèves se destinant au métier de professeur de lettres 
C'est forcément un manque.

Provence
Bon génie


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