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John
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Italie - Une école catholique renvoie une enseignante à cause de son homosexualité : la ministre promet d'intervenir.

par John le Mer 23 Juil 2014 - 4:57
Job dismissals over sexual orientation are illegal in Italy but Eugenia Libratore, the headmistress of Sacro Cuore school, reportedly said she decided not to renew the teacher’s contract because she “has the school’s environment to protect” and “moral ethics” to preserve.

Italy’s education minister Stefania Giannini has now intervened and told La Repubblica that if an investigation proves wrongful dismissal over sexual orientation, then the matter "will be dealt with severely".

The case arose earlier this month when the teacher, considered as being "adequate and professional", applied to have her contract renewed at the 1,000-pupil school.

At the time, Libratore told the Trentino edition of Corriere that she caught wind of the teacher's sexuality through rumours.

"I told her I had heard these rumours and hoped they were false rumours, because I have the school environment to protect.

"When choosing teachers for a Catholic school, I also do assessments from the point of view of moral ethics," she continued, adding that "the Catholic school has its own characteristics and set of educational guidelines that must be defended at all costs."
http://www.thelocal.it/20140721/lesbian-teacher-sacked-in-defence-of-catholic-morals

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John
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Re: Italie - Une école catholique renvoie une enseignante à cause de son homosexualité : la ministre promet d'intervenir.

par John le Ven 25 Juil 2014 - 0:00
L'affaire fait du bruit en Italie. Une enseignante soupçonnée d'être lesbienne s'est vu refuser le renouvellement de son contrat dans une école privée sous contrat gérée par des soeurs. C'est la faute de l'Etat, et non des soeurs, assure le collectif d'écrivains Wu Ming.[...]

C'est le problème d'un Etat laïc et non confessionnel qui se vante de financer leurs écoles, en décrétant (selon la loi 62 datant de 2000) que ces instituts font partie intégrante du système scolaire public. [...]

C'est le problème d'une ministre comme Stefania Giannini [ministre de l'Education] qui tombe des nues après un épisode comme celui de l'école de Trente et menace d'agir avec "la sévérité qui s'impose", alors qu'il lui suffirait de jeter un œil aux statuts des établissements catholiques pour découvrir les qualités requises chez leurs enseignantes et leurs enseignants. Par exemple, "mener une vie chrétienne exemplaire" (aux yeux de l'Eglise).[...]

C'est le problème d'une municipalité comme celle de Bologne, qui s'acharne à ignorer les résultats d'un référendum citoyen mené il y a un peu plus d'un an, qui proposait de réaffecter aux écoles maternelles municipales les fonds publics alloués aux instituts privés sous contrat (qui ont à une écrasante majorité une orientation confessionnelle).[...]

L'épisode de Trente fournit des premiers éléments de réponse, largement escomptés : il s'agit d'une contradiction évidente pour quiconque refuse de faire la sourde oreille, et pour ceux qui – comme la municipalité mentionnée – nous avaient à l'époque accusé "d'idéologisme" et "d'étatisme". Comme si les discriminations sexuelles n'étaient pas le comble de l'idéologisme, comme si les financements publics vers le privé n'étaient pas le comble de l'étatisme.[...]

Car à force de tourner en rond, on en revient toujours au point de départ : quel modèle scolaire voulons-nous financer avec notre argent ? Voulons-nous encore garantir une éducation publique de bon niveau pour tous, fidèle aux principes constitutionnels, et donc qui refuse et combatte les discriminations de classe, de confession, d'ethnie, d'orientation sexuelle, d'aptitude, etc ? Ou préférons-nous plutôt que notre argent soit dévolu aux écoles de catégories sociales, religieuses, ethniques ou politiques ? Pensons-nous encore qu'il est important d'éduquer les futurs citoyens au respect de certains principes et au vivre ensemble, à l'acceptation des différences, au respect, à l'égalité, à la liberté ? Ou n'en avons-nous plus rien à foutre, chacun pour soi et Dieu (toute métaphore mise à part) pour tous ?

On est tenté d'écrire que l'avenir de l'Italie dépendra en grande partie des réponses apportées à ces questions, et il n'est pas franchement rose. Mais il faut continuer à les poser aux gouvernants et aux autorités qui font la sourde oreille.
http://www.courrierinternational.com/article/2014/07/24/une-enseignante-lesbienne-chassee-d-une-ecole-catholique

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