Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

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Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Thierry30 le Ven 22 Aoû 2014 - 8:42

Extrait:

..."Le pouvoir de tout modifier souverainement est dans notre volonté ", écrivait Shakespeare dans Othello. L’absence de cette dernière a très certainement conduit au célèbre « l’Etat ne peut pas tout » de Lionel Jospin. Entre le génie anglais et l’ancien Premier ministre français, François Hollande a — pour une fois — tranché. Ce sera Jospin, et puis voilà… Et puis tant pis. Après tout on a les idoles que l’on mérite. Vous en doutez ? Il suffit pour s'en convaincre de se plonger dans l'interview fleuve que le président de la République a accordé au Monde...

http://www.marianne.net/Le-hollandisme-est-une-reddition_a240713.html

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Ven 22 Aoû 2014 - 10:07

Eh bien quoi? C'est vrai,  l'Etat ne peut pas tout. Penser le contraire,  c'est de l'hybris et ça finit en catastrophe. 

Hollande est en train de découvrir qu'il existe des mécanismes économiques plus forts que les lois des parlements. Il réagit bien maladroitement d'ailleurs. C'en est presque touchant de le voir patauger dans des réformes contradictoires.

Quant à l'augmentation des dividendes, deux choses. 
D'abord elle ne concerne que les entreprises qui survivent à la politique de Hollande. Parce que si on tenait compte des investissements perdus du fait des faillites, le résultats global pour les actionnaires ne serait pas du tout le même. 
Ensuite, cette augmentation est une conséquence assez logique des lois anti- patronat de Hollande et surtout de l'incertitude juridique due à ses atermoiements. En effet, quand on fait le bilan à la fin de l'année, on décide ce qu'on fait des bénéfices. Basiquement, il y a deux possibilités: donner des dividendes ou réinvestir. Parfois,  c'est ce que les socialistes préfèrent, la totalité des bénéfices est directement réinjectée dans l'entreprise. Mais les actionnaires ne l'acceptent que s'ils estiment que leurs dividendes futurs seront plus élevés. On voit mal pourquoi ils abandonneraient leur bien sinon. S'il n'y a jamais de dividendes, pourquoi risquer son argent en investissant? Autant tout consommer tout de suite et après moi le déluge!  Aujourd'hui,  les investisseurs récupèrent leurs billes, tout simplement parce qu'ils ont peur de tout perdre. De la même manière,  on gèle les salaires par précaution,  parce qu'on ne sait pas quelles charges vont s'y ajouter. Tant que Hollande dit tout et son contraire sur la fiscalité,  on retient son souffle,  on prend ses précautions,  on thésaurise. Si au moins il se décidait!  On pourrait établir un budget. En attendant, on s'assure d'avoir des liquidités pour pouvoir faire face.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Reine Margot le Ven 22 Aoû 2014 - 12:06

"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par ycombe le Ven 22 Aoû 2014 - 12:20

@egomet a écrit:Eh bien quoi? C'est vrai,  l'Etat ne peut pas tout. Penser le contraire,  c'est de l'hybris et ça finit en catastrophe. 

Hollande est en train de découvrir qu'il existe des mécanismes économiques plus forts que les lois des parlements.
La politique de la France ne se décide pas à la corbeille ! Et l'absence de politique économique autre que laissons faire les marchés depuis 30 ans a conduit la France où elle est −paupérisation, montée de l'extrême droite.


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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Ven 22 Aoû 2014 - 14:50

Parler de de laisser-faire pour qualifier la politique économique depuis 30 ans, c'est vraiment faire preuve d'aveuglement. Jette simplement un coup d'oeil au code du travail, regarde le poids de la fiscalité,  regarde le nombre de fonctionnaires, l'accumulation des normes de toutes sortes,  tu verras que c'est tout sauf du libéralisme. 
À droite, on veut faire du pilotage et de la relance sur un mode affairiste,  à gauche on fait surtout de la redistribution,  mais en aucun cas, ce n'est du côté de la réduction de l'Etat. La crise de 2008 n'est certainement pas celle d'un marché dérégulé. La réglementation faisait la part trop belle aux banques, j'en conviens, mais il est parfaitement faux de dire que l'Etat n'a pas sa part dans le problème.  À la base, les subprimes proviennent d'une politique du gouvernement américain visant à pousser artificiellement les citoyens à accéder à la propriété,  en supprimant des règles de prudence élémentaires dans l'attribution des crédits.  Aucune banque n'aurait pris de tels risques sans les incitations gouvernementales.  Même un keynésien convaincu comme Stiglitz est très clair à ce sujet.

Alors non, la politique ne doit pas se décider à la corbeille.

Mais le marché ne se résume pas à la corbeille. Le marché existe dès que des gens décident d'échanger leurs biens. Si on prétend contourner les "lois" fondamentales du marché,  on a du marché noir. La loi de l'offre et de la demande a vaincu l'URSS, elle vaincra les mesures de Hollande. C'est une force brute, spontanée,  qui n'est que l'agglomération d'un tas de décisions individuelles.  Ignorer cette force est aussi vain que d'ignorer la gravité.  On peut échapper à l'attraction terrestre, mais pour envoyer une fusée dans l'espace,  il faut tenir compte de cette force, et imprimer à la fusée une force supérieure. Tu ne peux pas faire comme si elle n'existait pas. Bloque les prix, tu auras des effets pervers sur l'offre. Il ne s'agit pas de nier les imperfections du marché (asymétries,  mauvaises anticipations etc.), mais de comprendre que le marché est un système dynamique, qui ne restera pas passif devant les mesures politiques. Toute mesure de politique économique devrait tenir compte de la façon dont les acteurs vont s'adapter à cette mesure. Pour cela, il faut faire l'effort de se mettre à la place des gens, en particulier de ceux qui ont de l'argent.  Tu ne peux pas en même temps demander aux gens de risquer leur argent en investissant et les menacer de leur prendre leurs profits, jugés a priori indécents.  Toi-même serais-tu prêt à risquer ton argent sans espoir de retour? 
Après,  tu peux arbitrer plutôt en faveur des employés ou plutôt en faveur de la production,  tu peux arbitrer en faveur de l'écologie ou de l'industrie, selon les opportunités,  mais tu dois intégrer les réactions du marché dans tes calculs, sous peine de voir tous tes efforts détruits et d'infliger beaucoup de souffrances à tout le monde. En politique,  on n'a pas le droit de faire l'impasse sur le calcul d'efficacité, quelle que soit la beauté des principes. 

Le problème,  c'est que lorsque les politiques disent se mettre à l'écoute des entreprises,  elles écoutent en fait une poignée de grands acteurs (CAC 40, par exemple), dont le but est de verrouiller le marché et d'empêcher l'arrivée de concurrents. Ils soutiennent un secteur particulier,  au hasard l'industrie automobile, par l'impôt, donc au détriment de tous les autres. Alors forcément, ce que les politiques de relance gagnent d'un côté,  elles le perdent de l'autre.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Tristana le Ven 22 Aoû 2014 - 16:31

@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Reine Margot le Ven 22 Aoû 2014 - 17:54

@egomet a écrit:Parler de de laisser-faire pour qualifier la politique économique depuis 30 ans, c'est vraiment faire preuve d'aveuglement. Jette simplement un coup d'oeil au code du travail, regarde le poids de la fiscalité,  regarde le nombre de fonctionnaires, l'accumulation des normes de toutes sortes,  tu verras que c'est tout sauf du libéralisme. 
À droite, on veut faire du pilotage et de la relance sur un mode affairiste,  à gauche on fait surtout de la redistribution,  mais en aucun cas, ce n'est du côté de la réduction de l'Etat. La crise de 2008 n'est certainement pas celle d'un marché dérégulé. La réglementation faisait la part trop belle aux banques, j'en conviens, mais il est parfaitement faux de dire que l'Etat n'a pas sa part dans le problème.  À la base, les subprimes proviennent d'une politique du gouvernement américain visant à pousser artificiellement les citoyens à accéder à la propriété,  en supprimant des règles de prudence élémentaires dans l'attribution des crédits.  Aucune banque n'aurait pris de tels risques sans les incitations gouvernementales.  Même un keynésien convaincu comme Stiglitz est très clair à ce sujet.

Alors non, la politique ne doit pas se décider à la corbeille.

Mais le marché ne se résume pas à la corbeille. Le marché existe dès que des gens décident d'échanger leurs biens. Si on prétend contourner les "lois" fondamentales du marché,  on a du marché noir. La loi de l'offre et de la demande a vaincu l'URSS, elle vaincra les mesures de Hollande. C'est une force brute, spontanée,  qui n'est que l'agglomération d'un tas de décisions individuelles.  Ignorer cette force est aussi vain que d'ignorer la gravité.  On peut échapper à l'attraction terrestre, mais pour envoyer une fusée dans l'espace,  il faut tenir compte de cette force, et imprimer à la fusée une force supérieure. Tu ne peux pas faire comme si elle n'existait pas. Bloque les prix, tu auras des effets pervers sur l'offre. Il ne s'agit pas de nier les imperfections du marché (asymétries,  mauvaises anticipations etc.), mais de comprendre que le marché est un système dynamique, qui ne restera pas passif devant les mesures politiques. Toute mesure de politique économique devrait tenir compte de la façon dont les acteurs vont s'adapter à cette mesure. Pour cela, il faut faire l'effort de se mettre à la place des gens, en particulier de ceux qui ont de l'argent.  Tu ne peux pas en même temps demander aux gens de risquer leur argent en investissant et les menacer de leur prendre leurs profits, jugés a priori indécents.  Toi-même serais-tu prêt à risquer ton argent sans espoir de retour? 
Après,  tu peux arbitrer plutôt en faveur des employés ou plutôt en faveur de la production,  tu peux arbitrer en faveur de l'écologie ou de l'industrie, selon les opportunités,  mais tu dois intégrer les réactions du marché dans tes calculs, sous peine de voir tous tes efforts détruits et d'infliger beaucoup de souffrances à tout le monde. En politique,  on n'a pas le droit de faire l'impasse sur le calcul d'efficacité, quelle que soit la beauté des principes. 

Le problème,  c'est que lorsque les politiques disent se mettre à l'écoute des entreprises,  elles écoutent en fait une poignée de grands acteurs (CAC 40, par exemple), dont le but est de verrouiller le marché et d'empêcher l'arrivée de concurrents. Ils soutiennent un secteur particulier,  au hasard l'industrie automobile, par l'impôt, donc au détriment de tous les autres. Alors forcément, ce que les politiques de relance gagnent d'un côté,  elles le perdent de l'autre.

Oui, et bien des gens voudraient bien qu'il y ait moins d'impôts, moins de fonctionnaires, un code du travail "simplifié" en France. Mais heureusement qu'on résiste (un peu): il suffit de voir les réductions budgétaires un peu partout (justice sans moyens, armée réduite à la portion congrue...). Seulement c'est difficile de maintenir un état qui ne nie pas le marché mais le régule quand un peu partout on vous chante les vertus du libéralisme financier et que la plupart des pays n'ont pas notre système.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Ven 22 Aoû 2014 - 19:37

Les réductions budgétaires "un peu partout" ne signifient pas que l'Etat, globalement,  ait réduit son poids. Je dirai même plus, à force de se mêler de tout, il n'est plus capable d'assurer ses missions essentielles. C'est en ce sens qu'on peut dire que sa marge de manoeuvre diminue. À vouloir tout défendre,  on ne défend rien.
On vante peut-être les vertus du marché qui se régule,  mais manifestement,  on ne lui fait pas confiance. La réalité politique et juridique,  c'est des dizaines de milliers de pages de réglementations diverses, 50 et quelques % du PIB qui passent  directement sous contrôle public, des procédures à n'en plus finir et des millions de chômeurs pris en charge. À tous points de vue, l'économie est beaucoup plus socialisée qu'elle ne l'a jamais été.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Leclochard le Ven 22 Aoû 2014 - 21:45

@egomet a écrit:Eh bien quoi? C'est vrai,  l'Etat ne peut pas tout. Penser le contraire,  c'est de l'hybris et ça finit en catastrophe. 

Hollande est en train de découvrir qu'il existe des mécanismes économiques plus forts que les lois des parlements. Il réagit bien maladroitement d'ailleurs. C'en est presque touchant de le voir patauger dans des réformes contradictoires.

Quant à l'augmentation des dividendes, deux choses. 
D'abord elle ne concerne que les entreprises qui survivent à la politique de Hollande. Parce que si on tenait compte des investissements perdus du fait des faillites, le résultats global pour les actionnaires ne serait pas du tout le même. 
Ensuite, cette augmentation est une conséquence assez logique des lois anti- patronat de Hollande et surtout de l'incertitude juridique due à ses atermoiements. En effet, quand on fait le bilan à la fin de l'année, on décide ce qu'on fait des bénéfices. Basiquement, il y a deux possibilités: donner des dividendes ou réinvestir. Parfois,  c'est ce que les socialistes préfèrent, la totalité des bénéfices est directement réinjectée dans l'entreprise. Mais les actionnaires ne l'acceptent que s'ils estiment que leurs dividendes futurs seront plus élevés. On voit mal pourquoi ils abandonneraient leur bien sinon. S'il n'y a jamais de dividendes, pourquoi risquer son argent en investissant? Autant tout consommer tout de suite et après moi le déluge!  Aujourd'hui,  les investisseurs récupèrent leurs billes, tout simplement parce qu'ils ont peur de tout perdre. De la même manière,  on gèle les salaires par précaution,  parce qu'on ne sait pas quelles charges vont s'y ajouter. Tant que Hollande dit tout et son contraire sur la fiscalité,  on retient son souffle,  on prend ses précautions,  on thésaurise. Si au moins il se décidait!  On pourrait établir un budget. En attendant, on s'assure d'avoir des liquidités pour pouvoir faire face.

Pour compléter ton message, il y a deux choses qu'on oublie souvent:
1- l'actionnaire ,si modeste soit-il, est propriétaire de l'entreprise (en proportion de ses titres). Comme tu le rappelles, il est logique qu'ils défendent ses intérêts et qu'en plus, ce n'est pas contradictoire avec celui des salariés.
Perso, quand j'entends les politiciens-rentiers au service leurs carrières chanter leurs discours démagogiques, j'ai envie de leur demander ce qu'ils ont fait de bien à part de la gestion à court terme des problèmes. Parce que quand on voit le bilan d'un Hollande par exemple (5 millions de chômeurs, une dette qui frôle les 2000 milliards, des impôts qui explosent etc..), j'ai du mal à comprendre qu'il garde encore le sourire et ose donner des leçons.
2- certaines entreprises arrivent à verser un dividende en hausse tout en maintenant un niveau d'investissement élevé (les meilleurs exemples : l'Oréal, Air liquide). En fait, les oppositions basiques ne marchent pas quand les boîtes sont bien gérées (actionnaire contre salarié; dividende contre investissement).

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Reine Margot le Ven 22 Aoû 2014 - 21:53

@egomet a écrit:Les réductions budgétaires "un peu partout" ne signifient pas que l'Etat, globalement,  ait réduit son poids. Je dirai même plus, à force de se mêler de tout, il n'est plus capable d'assurer ses missions essentielles. C'est en ce sens qu'on peut dire que sa marge de manoeuvre diminue. À vouloir tout défendre,  on ne défend rien.
On vante peut-être les vertus du marché qui se régule,  mais manifestement,  on ne lui fait pas confiance. La réalité politique et juridique,  c'est des dizaines de milliers de pages de réglementations diverses, 50 et quelques % du PIB qui passent  directement sous contrôle public, des procédures à n'en plus finir et des millions de chômeurs pris en charge. À tous points de vue, l'économie est beaucoup plus socialisée qu'elle ne l'a jamais été.

Donc, il faudrait moins de réglementation de l'économie, moins d'argent sous contrôle public, et moins prendre en charge les chômeurs?

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Leclochard le Ven 22 Aoû 2014 - 21:58

@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 

Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso, je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Reine Margot le Ven 22 Aoû 2014 - 22:00

@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 

Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.

relis mon message, ce n'est pas ce que je dis.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Leclochard le Ven 22 Aoû 2014 - 22:12

@Reine Margot a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 

Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.

relis mon message, ce n'est pas ce que je dis.

C'est leur contradiction mais aussi la tienne si tu penses que c'était nécessaire.  Very Happy 

Tu sais, on peut réguler un marché, il restera toujours des phases excessives (bulles ou dépressions), à moins de vivre dans une économie soviétique ou sans finance.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Reine Margot le Ven 22 Aoû 2014 - 22:23

@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:
@Leclochard a écrit:

Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.

relis mon message, ce n'est pas ce que je dis.

C'est leur contradiction mais aussi la tienne si tu penses que c'était nécessaire.  Very Happy 

Tu sais, on peut réguler un marché, il restera toujours des phases excessives (bulles ou dépressions), à moins de vivre dans une économie soviétique ou sans finance.

Je pense qu'il est nécessaire que l'état régule l'économie de marché, ce qui signifie sauver les banques en cas de besoin, mais aussi le maintien de services publics et donc d'impôts et de réglementation. Il n'y a donc pas de contradiction  Wink 

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Leclochard le Ven 22 Aoû 2014 - 22:45

@Reine Margot a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:

relis mon message, ce n'est pas ce que je dis.

C'est leur contradiction mais aussi la tienne si tu penses que c'était nécessaire.  Very Happy 

Tu sais, on peut réguler un marché, il restera toujours des phases excessives (bulles ou dépressions), à moins de vivre dans une économie soviétique ou sans finance.

Je pense qu'il est nécessaire que l'état régule l'économie de marché, ce qui signifie sauver les banques en cas de besoin, mais aussi le maintien de services publics et donc d'impôts et de réglementation. Il n'y a donc pas de contradiction  Wink 

Connais-tu un grand pays dans lequel l'Etat n'intervient pas dans les domaines majeurs (justice, armée, éducation), ni ne lève l'impôt ?
La vérité, c'est qu'en France, on a une culture étatiste et paternaliste hyper-développé. Alors forcément, le moindre renoncement semble une "abdication face au marché". Si cela a des bons côtés (notre production cinématographique est forte, les retraites ont été préservées durant le pic de la crise, la sécurité sociale assure encore des soins à tous en cas de graves maladies), cela a des conséquences négatives (chômage plus élevé, lourdeur administrative, charges écrasantes pour les petits patrons, impôts forts). Alors même si je ne suis pas un fan des idées libérales, je suis quand même conduit à penser que la France sortira en dernier de la crise de développement actuelle sans certaines réformes. Quand on aura 5,5, voire 6 millions de chômeurs, ou des pensions revues fortement à la baisse, peut-être se réveillera-t-on et envisagera-t-on de changer ?

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par ycombe le Ven 22 Aoû 2014 - 22:48

@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:
@Leclochard a écrit:

C'est leur contradiction mais aussi la tienne si tu penses que c'était nécessaire.  Very Happy 

Tu sais, on peut réguler un marché, il restera toujours des phases excessives (bulles ou dépressions), à moins de vivre dans une économie soviétique ou sans finance.

Je pense qu'il est nécessaire que l'état régule l'économie de marché, ce qui signifie sauver les banques en cas de besoin, mais aussi le maintien de services publics et donc d'impôts et de réglementation. Il n'y a donc pas de contradiction  Wink 

Connais-tu un grand pays dans lequel l'Etat n'intervient pas dans les domaines majeurs (justice, armée, éducation), ni ne lève l'impôt ?
La vérité, c'est qu'en France, on a une culture étatiste et paternaliste hyper-développé. Alors forcément, le moindre renoncement semble une "abdication face au marché". Si cela a des bons côtés (notre production cinématographique est forte, les retraites ont été préservées durant le pic de la crise, la sécurité sociale assure encore des soins à tous en cas de graves maladies), cela a des conséquences négatives (chômage plus élevé, lourdeur administrative, charges écrasantes pour les petits patrons, impôts forts). Alors même si je ne suis pas un fan des idées libérales, je suis quand même conduit à penser que la France sortira en dernier de la crise de développement actuelle sans certaines réformes. Quand on aura 5,5, voire 6 millions de chômeurs, ou des pensions revues fortement à la baisse, peut-être se réveillera-t-on ?

C'est ure pétition de principe, il n'y a aucun rapport de cause à effet.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Leclochard le Ven 22 Aoû 2014 - 23:00

@ycombe a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:

Je pense qu'il est nécessaire que l'état régule l'économie de marché, ce qui signifie sauver les banques en cas de besoin, mais aussi le maintien de services publics et donc d'impôts et de réglementation. Il n'y a donc pas de contradiction  Wink 

Connais-tu un grand pays dans lequel l'Etat n'intervient pas dans les domaines majeurs (justice, armée, éducation), ni ne lève l'impôt ?
La vérité, c'est qu'en France, on a une culture étatiste et paternaliste hyper-développé. Alors forcément, le moindre renoncement semble une "abdication face au marché". Si cela a des bons côtés (notre production cinématographique est forte, les retraites ont été préservées durant le pic de la crise, la sécurité sociale assure encore des soins à tous en cas de graves maladies), cela a des conséquences négatives (chômage plus élevé, lourdeur administrative, charges écrasantes pour les petits patrons, impôts forts). Alors même si je ne suis pas un fan des idées libérales, je suis quand même conduit à penser que la France sortira en dernier de la crise de développement actuelle sans certaines réformes. Quand on aura 5,5, voire 6 millions de chômeurs, ou des pensions revues fortement à la baisse, peut-être se réveillera-t-on ?

C'est ure pétition de principe, il n'y a aucun rapport de cause à effet.

Egomet te l'expliquerait mieux que moi. La surprésence de l'Etat et des collectivités se manifestent dans le niveau élevé de la fiscalité, l'abondance des règlements (droit du travail, droit de la construction etc) ce qui constitue autant d'entraves à l'embauche et contribue au chômage (qui n'a pas que ces causes, bien sûr).
Je répète ma question : quel niveau de chômage faudra-t-il atteindre pour qu'on commence à penser que nous ne sommes peut-être pas les meilleurs ? Que notre système est peut-être amendable ?

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par John le Ven 22 Aoû 2014 - 23:04

@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 
Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.
Il fallait les aider, mais est-ce qu'elles méritaient qu'on les aide ?
Et est-ce qu'elles se comportent désormais de manière à ne plus avoir besoin d'aides à l'avenir ?
http://www.neoprofs.org/t80170-capital-le-patron-de-la-bnp-paribas-aura-une-meilleure-retraite-que-ses-clients

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par ycombe le Ven 22 Aoû 2014 - 23:10

@Leclochard a écrit:
@ycombe a écrit:
@Leclochard a écrit:

Connais-tu un grand pays dans lequel l'Etat n'intervient pas dans les domaines majeurs (justice, armée, éducation), ni ne lève l'impôt ?
La vérité, c'est qu'en France, on a une culture étatiste et paternaliste hyper-développé. Alors forcément, le moindre renoncement semble une "abdication face au marché". Si cela a des bons côtés (notre production cinématographique est forte, les retraites ont été préservées durant le pic de la crise, la sécurité sociale assure encore des soins à tous en cas de graves maladies), cela a des conséquences négatives (chômage plus élevé, lourdeur administrative, charges écrasantes pour les petits patrons, impôts forts). Alors même si je ne suis pas un fan des idées libérales, je suis quand même conduit à penser que la France sortira en dernier de la crise de développement actuelle sans certaines réformes. Quand on aura 5,5, voire 6 millions de chômeurs, ou des pensions revues fortement à la baisse, peut-être se réveillera-t-on ?

C'est ure pétition de principe, il n'y a aucun rapport de cause à effet.

Egomet te l'expliquerait mieux que moi. La surprésence de l'Etat et des collectivités se manifestent dans le niveau élevé de la fiscalité, l'abondance des règlements (droit du travail, droit de la construction etc) ce qui constitue autant d'entraves à l'embauche et contribue au chômage (qui n'a pas que ces causes, bien sûr).
C'est le discours du CNPF-MEDEF depuis 30 ans. Il a été largement suivi d'effet (simplification des licenciements, allègements de charges, autorisation de travail de nuit, flexibilité, etc). On est arrivé au point ou les salariés français ont une des meilleures productivité d'Europe. Effet sur l'emploi? Aucun. Par contre, les discours du patronat et de ses thuriféraires libéraux de l'UMP et du PS, c'est «on n'en pas eu assez». Toujours plus, jusqu'à ce que les salariés français soient obligés de travailler 60h/semaine jusqu'à leur mort. Le Bengladesh sur seine, quoi. C'est un raisonnement religieux: ça n'a pas marché, c'est parce qu'il y a encore trop d'état. Ou alors c'est la faute à la crise. La crise c'est pratique, ça permet aux libéraux de détruire toute la construction sociale qui datait du programme du CNR.






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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par ycombe le Ven 22 Aoû 2014 - 23:14

@John a écrit:
@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:"l'état ne peut pas tout" c'est surtout une façon d'adhérer à l'idée que le marché se régule tout seul (comme on l'a brillament vu en 2008-2009): c'est le cercle vicieux: comme on a commencé à tout déréguler à partir des années 70-80, il est difficile de revenir en arrière, et plus ça va moins les Etats ont de marge de manoeuvre, mais ils l'ont voulu. Enfin, quand il faut renflouer des banques on sait appeler les services publics.  Laughing 
Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.
Il fallait les aider, mais est-ce qu'elles méritaient qu'on les aide ?
Non. En fait c'est une erreur économique de sauver les banques en faillite. Ça incite les dirigeants à prendre des risques inconsidérés (si ça foire l'état viendra à la rescousse) ce qui est nuisible à l'économie (par la ponction sur les finances publiques et par le déséquilibre économique que cela induit). Laisser les banques faire faillite (et traîner les responsables devant les tribunaux pour qu'ils répondent de leurs actes) est bien plus sain.



ycombe
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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Sam 23 Aoû 2014 - 0:32

@Reine Margot a écrit:
@egomet a écrit:Les réductions budgétaires "un peu partout" ne signifient pas que l'Etat, globalement,  ait réduit son poids. Je dirai même plus, à force de se mêler de tout, il n'est plus capable d'assurer ses missions essentielles. C'est en ce sens qu'on peut dire que sa marge de manoeuvre diminue. À vouloir tout défendre,  on ne défend rien.
On vante peut-être les vertus du marché qui se régule,  mais manifestement,  on ne lui fait pas confiance. La réalité politique et juridique,  c'est des dizaines de milliers de pages de réglementations diverses, 50 et quelques % du PIB qui passent  directement sous contrôle public, des procédures à n'en plus finir et des millions de chômeurs pris en charge. À tous points de vue, l'économie est beaucoup plus socialisée qu'elle ne l'a jamais été.

Donc, il faudrait moins de réglementation de l'économie, moins d'argent sous contrôle public, et moins prendre en charge les chômeurs?
Aussi douloureux que ça puisse paraître, compte tenu de la situation actuelle, oui, aux trois questions. 

Les deux premiers points ne font aucun doute. Le troisième est plus délicat. 

Aussi bien dans le principe qu'en pratique, il faut beaucoup plus de prudence dans l'assistance aux chômeurs car on crée   des trappes de pauvreté.  La difficulté réside dans le fait que c'est une habitude prise et qu'il est dangereux de sortir brutalement d'un tel système.  Car même si on libère l'économie,  il faudra du temps pour que le marché du travail absorbe une masse de cinq millions de chômeurs. Entretemps, il faut bien que les gens vivent. Pour dire les choses autrement,  il ne fallait pas mettre en place un tel système,  ou du moins pas comme ça,  mais maintenant qu'il est là,  il va falloir composer avec pendant un bon bout de temps. Les conditions ne sont pas remplies pour en sortir. C'est un peu comme quand un homme a eu la jambe écrasée sous une poutre. On commence par lui faire un garrot,  pour éviter que les toxines accumulées dans le membre ne le tuent. Le système actuel d'assurance chômage provoque du chômage et bride l'économie,  mais on accumule une telle masse de souffrance que si on relâchait cette pression brutalement,  ça detruirait tout le corps social.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Sam 23 Aoû 2014 - 0:50

@ycombe a écrit:
@John a écrit:
@Leclochard a écrit:
Il ne fallait pas les aider selon toi ?  Perso,  je n'ai pas trop envie de les revivre les années 30.
Il fallait les aider, mais est-ce qu'elles méritaient qu'on les aide ?
Non. En fait c'est une erreur économique de sauver les banques en faillite. Ça incite les dirigeants à prendre des risques inconsidérés (si ça foire l'état viendra à la rescousse) ce qui est nuisible à l'économie (par la ponction sur les finances publiques et par le déséquilibre économique que cela induit). Laisser les banques faire faillite (et traîner les responsables devant les tribunaux pour qu'ils répondent de leurs actes) est bien plus sain.


Je suis parfaitement d'accord avec cette remarque. Avec une nuance toutefois. C'est un peu le même problème que pour le chômage. Il y a les habitudes prises. Assez curieusement le secteur bancaire a tendance à  s'effondrer d'un coup. Ce qui n'est pas supportable. C'est un anomalie qui ne peut s' expliquer que par des erreurs dans la régulation. Dans un système non faussé, on ne devrait pas avoir la faillite de toutes les entreprises d'un même secteur en même temps. Si une entreprise s' effondre, c'est ordinairement au profit d'une autre qui rend le même service. mais pas ici. On n'aurait jamais dû venir au secours de la moindre banque, mais aujourd'hui toutes les banques comptent dessus. Et elles font toutes les mêmes erreurs.
La difficulté est de mettre les banques devant leurs responsabilités, sans pour cela provoquer une catastrophe. Au moment où une crise massive survient, il est trop tard. La saisie de tous les biens d'une banque faillie serait une bonne chose, mais il faudrait trouver une occasion de le faire sur une banque de petite taille. Autrement dit, il faut d'abord trouver un moyen de casser les too big to fail, avant de pouvoir envisager des faillites de banque. Bref la sortie de ce systeme malsain doit se préparer longtemps à l'avance.

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par egomet le Sam 23 Aoû 2014 - 2:05

Sinon Leclochard met met au défit d'expliquer mieux que lui pourquoi les interventions étatiques peuvent produire du chômage et réduire l'économie. 

C'est un vaste sujet, les raisons sont nombreuses. 

Alors juste quelques remarques simples.

1. Un monopole public présente, à quelques nuances près, les dangers de tous les monopoles. Le monopoleur profite de sa situation pour tirer la transaction en sa faveur, soit par une baisse de qualité (moindre effort de sa part), soit par une augmentation des prix. Dans le cas d'un monopole public, ça ne se fait pas d'une façon consciente et cynique, mais plutôt mécanique ou administrative.  Par exemple, les agents dépensent l'intégralité de leur budget pour s'assurer qu'il sera renouvelé.  Je suis sûr que vous avez des exemples. Ils se créent des tâches,  souvent inutiles, pour justifier leurs postes. C'est très net à un haut niveau. On pond des réformes juste pour être utile. Ce n'est même pas forcément par méchanceté ou égoïsme. C'est comme ça.  Les décisions prises par la hiérarchie sont très difficiles à contredire, faute de point de comparaison.  Certain de ces problèmes existent aussi en entreprises, il serait idiot de le nier. Ils sont le lot naturel de toute organisation complexe. Mais l'aiguillon de la concurrence et la sanction du consommateur obligent les entreprises à se remettre régulièrement en cause ou à disparaître. 
2. L'assistance publique.  Il est évident que l'Etat ne peut pas distribuer une richesse qui n'a pas été préalablement produite. Tout l'argent public est d'abord celui du contribuable. Cet argent pris pour permettre à Paul de consommer, c'est ça de moins que Pierre aura pour consommer de son côté. Dans le meilleur des cas, du point de vue de l'économie,  la redistribution est un jeu à somme nulle. Il est peut-être nécessaire d'aider Paul, s'il est vraiment dans la détresse,  mais du point de vue de la richesse globale, c'est mauvais. Car si pour le coup cela permet à Paul de se dispenser de travailler,  la société sera moins riche de tout le travail qu'il aurait pu fournir et qu'il ne fournit pas. J'ajouterai qu'Albert, qui gère ce système de redistribution,  pourrait être employé plus utilement. Si vous voulez des développements,  Bastiat explique ça très bien dans Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas.
3. La fiscalité d'une façon plus générale. Il est évident que si l'Etat prenait 100% des revenus d'un contribuable, celui-ci serait ruiné et ne pourrait plus payer d'impôts l'année suivante. Il y a un seuil où trop d'impôts tuent l'impôt.  Ce seuil est difficile à calculer, mais son existence n'est pas douteuse. Beaucoup de facteurs jouent sur ce seuil. Il est certain qu'il n'est pas le même dans toutes les sociétés.  Dans uen société agricole pauvre, le seuil est très bas. Si le paysan produit tout juste de quoi se nourrir,  un taux de 10% l'empêchera de semer suffisamment pour assurer la récolte suivante. Dans une société d'abondance,  il est évident que le seuil est beaucoup plus élevé,  puisque nous avons des excédents sur lesquels nous pouvons prendre. Alors ce seuil s'identifie surtout de façon empirique. Quand un gouvernement augmente le taux d'imposition et se retrouve à l'arrivée avec 10 ou 20 milliards de moins que prévu,  il n'est pas nécessaire d'être un grand clerc pour comprendre qu'on l'a trouvé, ce seuil. C'est logique. Beaucoup d'entreprises ont fait faillite.  Beaucoup de particuliers ont renoncé à leurs achats pour payer leurs impôts etc. Autre remarque, on sous-évalue beaucoup le niveau de la pression fiscale en France, à cause de l'importance des prélèvements à la source. Même le taux officiel de 55 ou 58% du PIB, je ne sais plus, est biaisé,  parce que le PIB intègre les dépenses publiques positivement. Toute dépense publique est comptée comme une richesse produite, quelle que soit son utilité réelle. Cela masque le fait que la pression sur le secteur privé est de beaucoup plus que 58%.
4. Les réglementations excessives créent, entre autres, des effets de seuil, excluant un certain nombre d'activités. Par exemple, certaines normes de qualité éliminent les petites entreprises au profit des grandes. La complexité fiscale et réglementaire favorise les grands groupes qui peuvent se payer des avocats spécialisés, limitant ainsi la concurrence et l'initiative.  
5. Les incitations sont actuellement très mauvaises. Dans bien des cas, il n'est pas rentable de travailler.  Sans même parler de paresse, lorsque le non travail assure des revenus trop proches de ceux du travail,  il n'est pas logique de s'y mettre,  sauf par fierté ou sens du devoir. Un peu comme nos élèves qui ont bien compris que l'effort ne sert à rien pour passer dans la classe supérieure,  et qui prennent pour des idiots ceux qui y croient encore.
6. La protection des travailleurs se retourne souvent contre eux. Elle constitue une prime à ceux qui sont déjà installés au détriment de ceux qui voudraient entrer sur le marché du travail. Comme il est très difficile de licencier,  les patrons sont obligés de s'entourer d'un tas de précautions avant la moindre embauche.  Il ne peut plus prendre quelqu'un pour essayer, pour voir s'il va faire ses preuves. Il faut que ça marche tout de suite ou pas du tout. Surtout,  il ne peut pas augmenter sa masse salariale pour profiter d'un effet d'aubaine,  sans craindre de se trouver coincé si les résultats des ventes sont moins bons que prévu.  Beaucoup renoncent à développer leur entreprise, de peur de ne pas pouvoir ajuster à la baisse en cas de problèmes. Ou alors, il pratique un turn over systématique et licencie automatiquement à l'issue de la période d'essai pour ne pas avoir à titulariser et risquer de se trouver en grande difficulté dans un an. C'est d'autant plus bête que ce turn over coûte un fric monstrueux,  puisqu'on se défait des gens au moment où ils atteignent leur performance maximale. Mais il vaut mieux parfois payer ce surcoût que de risquer la survie de toute l'entreprise
7. Le plus important,  c'est que l'Etat fausse les prix et empêche l'offre de s'ajuster correctement à la demande. Il faudrait développer ce point, mais il est très tard.

D'une manière générale, l'Etat est une organisation humaine et ses agents ne sont ni plus ni moins faillibles que n'importe qui. Le problème,  c'est qu'il ne dispose pas de mécanisme sérieux pour se purger de ses erreurs, alors que le marché le peut. Si une erreur est faite, elle est massive, puisqu'elle s'applique à tous. Et elle est très difficile à rectifier,  puisqu'il n'y a pas de client au-dessus de la hiérarchie. Plus le système est complexe,  plus les erreurs sont probables.
On pourrait donner encore des tas d'exemples.

_________________
Primum non nocere.
Sapientia vero ubi invenitur et quis est locus intellegentiae? Non est in me, non est mecum.


Poésies, roman etc. http://egomet.sanqualis.com/

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par Condorcet le Sam 23 Aoû 2014 - 2:12

@Leclochard a écrit:
@Reine Margot a écrit:
@Leclochard a écrit:

C'est leur contradiction mais aussi la tienne si tu penses que c'était nécessaire.  Very Happy 

Tu sais, on peut réguler un marché, il restera toujours des phases excessives (bulles ou dépressions), à moins de vivre dans une économie soviétique ou sans finance.

Je pense qu'il est nécessaire que l'état régule l'économie de marché, ce qui signifie sauver les banques en cas de besoin, mais aussi le maintien de services publics et donc d'impôts et de réglementation. Il n'y a donc pas de contradiction  Wink 

Connais-tu un grand pays dans lequel l'Etat n'intervient pas dans les domaines majeurs (justice, armée, éducation), ni ne lève l'impôt ?
La vérité, c'est qu'en France, on a une culture étatiste et paternaliste hyper-développé. Alors forcément, le moindre renoncement semble une "abdication face au marché". Si cela a des bons côtés (notre production cinématographique est forte, les retraites ont été préservées durant le pic de la crise, la sécurité sociale assure encore des soins à tous en cas de graves maladies), cela a des conséquences négatives (chômage plus élevé, lourdeur administrative, charges écrasantes pour les petits patrons, impôts forts). Alors même si je ne suis pas un fan des idées libérales, je suis quand même conduit à penser que la France sortira en dernier de la crise de développement actuelle sans certaines réformes. Quand on aura 5,5, voire 6 millions de chômeurs, ou des pensions revues fortement à la baisse, peut-être se réveillera-t-on et envisagera-t-on de changer ?

C'est vrai et au moindre orage, les patrons ne sont pas les derniers à lui réclamer une aide pour surmonter ce douloureux moment. En Italie du Nord, en butte à un Etat bien plus tracassin, les PME ont essaimé et grandement encouragé l'initiative individuelle. Question de culture peut-être ? La mise en accusation de Hollande serait comique si nous n'étions pas concernés car il met en application ce que d'éminents dirigeants économiques (penseurs, décideurs, acteurs de tout poil) lui suggèrent. Et si d'aventure, les apprentis sorciers conduisent le pays dans l'ornière, M. Hollande est responsable ! Et voir des fonctionnaires dénoncer l'omniprésence de l'Etat a quelque chose de déconcertant si l'on prend en compte les privatisations et abandons de souveraineté divers qui ont lieu depuis 30 ans. Ainsi donc, les Trente Glorieuses ont pu avoir lieu grâce à un Etat respectueux de l'initiative économique à tel point qu'il n'était présent dans aucun secteur, il n'édictait aucune règle de quelque ordre que ce fût en la matière et se contentait de compter les points. Supprimons donc la DREE, le VIE et pour faire bon poids interdisons aux grands patrons d'accompagner le Chef de l'Etat à l'étranger : l'Etat sera ainsi moins nuisible puisqu'on vous le dit ! Et surtout libéralisons à tout-va, cela nous a tellement réussi par le passé !

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Re: Marianne: "Le Hollandisme est une reddition."

Message par sena le Sam 23 Aoû 2014 - 2:28

@egomet a écrit:Sinon Leclochard met met au défit d'expliquer mieux que lui pourquoi les interventions étatiques peuvent produire du chômage et réduire l'économie. 

C'est un vaste sujet, les raisons sont nombreuses. 

Alors juste quelques remarques simples.

1. Un monopole public présente, à quelques nuances près, les dangers de tous les monopoles. Le monopoleur profite de sa situation pour tirer la transaction en sa faveur, soit par une baisse de qualité (moindre effort de sa part), soit par une augmentation des prix. Dans le cas d'un monopole public, ça ne se fait pas d'une façon consciente et cynique, mais plutôt mécanique ou administrative.  Par exemple, les agents dépensent l'intégralité de leur budget pour s'assurer qu'il sera renouvelé.  Je suis sûr que vous avez des exemples. Ils se créent des tâches,  souvent inutiles, pour justifier leurs postes. C'est très net à un haut niveau. On pond des réformes juste pour être utile. Ce n'est même pas forcément par méchanceté ou égoïsme. C'est comme ça.  Les décisions prises par la hiérarchie sont très difficiles à contredire, faute de point de comparaison.  Certain de ces problèmes existent aussi en entreprises, il serait idiot de le nier. Ils sont le lot naturel de toute organisation complexe. Mais l'aiguillon de la concurrence et la sanction du consommateur obligent les entreprises à se remettre régulièrement en cause ou à disparaître. 
2. L'assistance publique.  Il est évident que l'Etat ne peut pas distribuer une richesse qui n'a pas été préalablement produite. Tout l'argent public est d'abord celui du contribuable. Cet argent pris pour permettre à Paul de consommer, c'est ça de moins que Pierre aura pour consommer de son côté. Dans le meilleur des cas, du point de vue de l'économie,  la redistribution est un jeu à somme nulle. Il est peut-être nécessaire d'aider Paul, s'il est vraiment dans la détresse,  mais du point de vue de la richesse globale, c'est mauvais. Car si pour le coup cela permet à Paul de se dispenser de travailler,  la société sera moins riche de tout le travail qu'il aurait pu fournir et qu'il ne fournit pas. J'ajouterai qu'Albert, qui gère ce système de redistribution,  pourrait être employé plus utilement. Si vous voulez des développements,  Bastiat explique ça très bien dans Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas.
3. La fiscalité d'une façon plus générale. Il est évident que si l'Etat prenait 100% des revenus d'un contribuable, celui-ci serait ruiné et ne pourrait plus payer d'impôts l'année suivante. Il y a un seuil où trop d'impôts tuent l'impôt.  Ce seuil est difficile à calculer, mais son existence n'est pas douteuse. Beaucoup de facteurs jouent sur ce seuil. Il est certain qu'il n'est pas le même dans toutes les sociétés.  Dans uen société agricole pauvre, le seuil est très bas. Si le paysan produit tout juste de quoi se nourrir,  un taux de 10% l'empêchera de semer suffisamment pour assurer la récolte suivante. Dans une société d'abondance,  il est évident que le seuil est beaucoup plus élevé,  puisque nous avons des excédents sur lesquels nous pouvons prendre. Alors ce seuil s'identifie surtout de façon empirique. Quand un gouvernement augmente le taux d'imposition et se retrouve à l'arrivée avec 10 ou 20 milliards de moins que prévu,  il n'est pas nécessaire d'être un grand clerc pour comprendre qu'on l'a trouvé, ce seuil. C'est logique. Beaucoup d'entreprises ont fait faillite.  Beaucoup de particuliers ont renoncé à leurs achats pour payer leurs impôts etc. Autre remarque, on sous-évalue beaucoup le niveau de la pression fiscale en France, à cause de l'importance des prélèvements à la source. Même le taux officiel de 55 ou 58% du PIB, je ne sais plus, est biaisé,  parce que le PIB intègre les dépenses publiques positivement. Toute dépense publique est comptée comme une richesse produite, quelle que soit son utilité réelle. Cela masque le fait que la pression sur le secteur privé est de beaucoup plus que 58%.
4. Les réglementations excessives créent, entre autres, des effets de seuil, excluant un certain nombre d'activités. Par exemple, certaines normes de qualité éliminent les petites entreprises au profit des grandes. La complexité fiscale et réglementaire favorise les grands groupes qui peuvent se payer des avocats spécialisés, limitant ainsi la concurrence et l'initiative.  
5. Les incitations sont actuellement très mauvaises. Dans bien des cas, il n'est pas rentable de travailler.  Sans même parler de paresse, lorsque le non travail assure des revenus trop proches de ceux du travail,  il n'est pas logique de s'y mettre,  sauf par fierté ou sens du devoir. Un peu comme nos élèves qui ont bien compris que l'effort ne sert à rien pour passer dans la classe supérieure,  et qui prennent pour des idiots ceux qui y croient encore.
6. La protection des travailleurs se retourne souvent contre eux. Elle constitue une prime à ceux qui sont déjà installés au détriment de ceux qui voudraient entrer sur le marché du travail. Comme il est très difficile de licencier,  les patrons sont obligés de s'entourer d'un tas de précautions avant la moindre embauche.  Il ne peut plus prendre quelqu'un pour essayer, pour voir s'il va faire ses preuves. Il faut que ça marche tout de suite ou pas du tout. Surtout,  il ne peut pas augmenter sa masse salariale pour profiter d'un effet d'aubaine,  sans craindre de se trouver coincé si les résultats des ventes sont moins bons que prévu.  Beaucoup renoncent à développer leur entreprise, de peur de ne pas pouvoir ajuster à la baisse en cas de problèmes. Ou alors, il pratique un turn over systématique et licencie automatiquement à l'issue de la période d'essai pour ne pas avoir à titulariser et risquer de se trouver en grande difficulté dans un an. C'est d'autant plus bête que ce turn over coûte un fric monstrueux,  puisqu'on se défait des gens au moment où ils atteignent leur performance maximale. Mais il vaut mieux parfois payer ce surcoût que de risquer la survie de toute l'entreprise
7. Le plus important,  c'est que l'Etat fausse les prix et empêche l'offre de s'ajuster correctement à la demande. Il faudrait développer ce point, mais il est très tard.

D'une manière générale, l'Etat est une organisation humaine et ses agents ne sont ni plus ni moins faillibles que n'importe qui. Le problème,  c'est qu'il ne dispose pas de mécanisme sérieux pour se purger de ses erreurs, alors que le marché le peut. Si une erreur est faite, elle est massive, puisqu'elle s'applique à tous. Et elle est très difficile à rectifier,  puisqu'il n'y a pas de client au-dessus de la hiérarchie. Plus le système est complexe,  plus les erreurs sont probables.
On pourrait donner encore des tas d'exemples.


Sans être cassant, j'ai l'impression d'entendre l'économiste de BFM TV. Je conseille ce site pour aller un peu plus loin dans l'analyse ...
http://www.atterres.org/page/association

sena
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