Que veut-on faire de notre métier?

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par stanleymilgram le Sam 13 Sep 2014 - 17:49

Cripure a écrit:Dans dix ans, j'aurai payé ma maison. Je crois que même si je ne touche rien, je prendrai ma retraite. Avec six ans d'avance.
Enfin, si je n'ai pas étranglé quelqu'un avant.
Et ce qui m'effraie le plus, c'est que l'inertie de l'EN est en train de disparaître. Les idioties ministérielles servaient juste à faire des discours, naguère. Mais il se trouve de plus en plus de gens prompts à les mettre en oeuvre, et plus c'est bête, plus ça plaît. Donc... Fuir pour survivre.


+1 C'est l'adulte que j'ai envie d'étrangler...

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par yogi le Sam 13 Sep 2014 - 17:53

@pmuller a écrit:
@mimika a écrit:Ok, on se rassemble, mais comment?

Excuse-moi, mais n'y aurait-il pas des syndicats pour cela ?

J'ai déjà expliqué sur un autre fil que j'ai quitté mon ancien syndicat parce qu'il soutenait toutes les sottises actuelles (ou il persistait à s'abstenir lors des votes des réformes), mais heureusement, ce n'est pas le cas de tous.

Ah ! Mon syndicat et mes collègues syndiqués ne m'ont pas suivie sur le fait qu'on nous force à prendre 3 ou 4 heures supp ,par prof et par matière, dans mon bahut.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par pmuller le Sam 13 Sep 2014 - 19:12

@yogi a écrit:
@pmuller a écrit:
@mimika a écrit:Ok, on se rassemble, mais comment?

Excuse-moi, mais n'y aurait-il pas des syndicats pour cela ?

J'ai déjà expliqué sur un autre fil que j'ai quitté mon ancien syndicat parce qu'il soutenait toutes les sottises actuelles (ou il persistait à s'abstenir lors des votes des réformes), mais heureusement, ce n'est pas le cas de tous.

Ah ! Mon syndicat et mes collègues syndiqués ne m'ont pas suivie sur le fait qu'on nous force à prendre 3 ou 4 heures supp ,par prof et par matière, dans mon bahut.

Quitter ton syndicat ? C'est sans doute la solution dans un premier temps, si tu penses que les idées ne sont plus convergentes. Mais de toute manière, personne ne peut forcer un prof à prendre plus d'1h sup. C'est dans les textes, du moins les statuts 50, mais je crois que ce point ne va pas changer.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par yogi le Sam 13 Sep 2014 - 19:19

@pmuller a écrit:
@yogi a écrit:
@pmuller a écrit:

Excuse-moi, mais n'y aurait-il pas des syndicats pour cela ?

J'ai déjà expliqué sur un autre fil que j'ai quitté mon ancien syndicat parce qu'il soutenait toutes les sottises actuelles (ou il persistait à s'abstenir lors des votes des réformes), mais heureusement, ce n'est pas le cas de tous.

Ah ! Mon syndicat et mes collègues syndiqués ne m'ont pas suivie sur le fait qu'on nous force à prendre 3 ou 4 heures supp ,par prof et par matière, dans mon bahut.

Quitter ton syndicat ? C'est sans doute la solution dans un premier temps, si tu penses que les idées ne sont plus convergentes. Mais de toute manière, personne ne peut forcer un prof à prendre plus d'1h sup. C'est dans les textes, du moins les statuts 50, mais je crois que ce point ne va pas changer.

Je change déjà régulièrement de syndicat car je ne me reconnais jamais dans un complètement Rolling Eyes
Je sais très bien pour l'heure supp imposable mais je ne suis pas en métropole et il y a des jeux de manigance, harcèlement, pression, menace etc. Pas simple de faire cavalier seul.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par pmuller le Sam 13 Sep 2014 - 20:32

C'est sûr ! Il y a la règle officielle d'un côté, de l'autre il y a les pressions. En métropole aussi, je peux te le dire.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par neomath le Sam 13 Sep 2014 - 20:44

@Zenxya a écrit:Je les formais à un métier, que l'on exerce en entreprise, j'aimais à dire d'ailleurs qu'avant d'être prof, j'étais une technicienne ! A partir de la réforme de 90, je les ai formé à des notions puis les F3 sont devenus "génie électrotechnique" à côté d'autres génies (mécanique, électronique, matériaux ...) et au plus les années ont passé, au moins j'ai eu le sentiment de les former à un métier ou du moins d'en faire des techniciens.
Il y a vraiment un paradoxe, on oblige les enseignants de sciences industrielles (qui portent bien leurs noms) à ne plus enseigner des techniques et savoir faire nécessaires pour s'insérer directement dans le monde du travail et on demande aux enseignants de matières générales de les former au travail en entreprise.
J'ai du mal à comprendre.
Bien vu !

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Olympias le Sam 13 Sep 2014 - 20:50

@trompettemarine a écrit:Je monte avec vous dans l'OVNI.
Ce qui vous décrivez est bien l'une des raisons majeures du "malaise" enseignant !
Nous sommes déjà 4, et d'autres pensent comme nous. Le Ministère est atteint d'une forme gravissime de delirium. furieux furieux furieux furieux furieux
Cet été, je regardais sur le mur de la poissonnerie le tableau qui impose de donner pour chaque espèce le nom latin...et je songeais avec effarement aux gouvernements successifs qui oeuvrent avec zèle au massacre des langues anciennes ! furieux furieux furieux furieux furieux furieux furieux furieux furieux furieux

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par amour le Sam 13 Sep 2014 - 20:57

@neomath a écrit:
@Zenxya a écrit:Je les formais à un métier, que l'on exerce en entreprise, j'aimais à dire d'ailleurs qu'avant d'être prof, j'étais une technicienne ! A partir de la réforme de 90, je les ai formé à des notions puis les F3 sont devenus "génie électrotechnique" à côté d'autres génies (mécanique, électronique, matériaux ...) et au plus les années ont passé, au moins j'ai eu le sentiment de les former à un métier ou du moins d'en faire des techniciens.
Il y a vraiment un paradoxe, on oblige les enseignants de sciences industrielles (qui portent bien leurs noms) à ne plus enseigner des techniques et savoir faire nécessaires pour s'insérer directement dans le monde du travail et on demande aux enseignants de matières générales de les former au travail en entreprise.
J'ai du mal à comprendre.
Bien vu !
+ 1.
Il nous a par ailleurs été clairement expliqué dans mon établissement que nous devions désormais "valider des compétences" qui correspondent à un socle et qu'un enseignant qui cherche à pousser ses élèves vers plus que cela doit quant à lui "changer de compétence".

Rien que pour cela, je crois que je ne vais pas démissionner tiens, mais ça me laisse un goût très amer dans la bouche.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par yogi le Sam 13 Sep 2014 - 21:02

Vous avez remarqué aussi comment on nous pousse à prendre les classes des collègues absents? Du style, petit à petit, on va vers la bivalence et on se fout du contenu pourvu "qu'il y ait un adultes en face des gamins".

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par User5899 le Sam 13 Sep 2014 - 21:05

@mimika a écrit:Pourquoi tous ces changements, ces idées bizarres et cette perte de savoirs fondamentaux?
Parce que la société a changé, et que l'école est malheureusement incapable d'orienter son évolution. Elle suit derrière, comme un toutou... C'est bien triste!
Les élèves ne veulent plus apprendre? Ce n'est pas grave, on réduit les horaires des matières qui les enquiquinent, pour une école bienveillante.
Ils ont de sales notes?  On invente les compétences, pour les valoriser (ou plutôt les leurrer...).
Les parents ne s'en occupent plus? On crée la mallette des parents pour apprendre à certains à veiller sur leurs gosses, on demande au PP de 3ème de faire tout le boulot et de caser les élèves incasables sans que ceux-ci ou leur famille se prennent en charge.
Les élèves s'ennuient? On va tous les coller devant des ordinateurs ou des tablettes (le développement du numérique qui ne compensera rien!).
La société accuse les enseignants d'être responsables de l'échec de l'école? La solution; charger encore plus les dits enseignants de missions supplémentaires sans salaire supplémentaire comme cela a  été inscrit dans nos nouvelles missions. Bientôt, il nous faudra en plus balayer la salle pour éviter de payer des personnels de service, et faire de nouvelles économies que les responsables politiques de tous bords s'empressent de dépenser en "conneries" (ronds-points à gogo, communautés de commune avec des contrats signés pour des années qui amènent une entreprise à percevoir 1200 euros par benne de végétaux déposés à la déchèterie alors qu'on pourrait acheter un broyeur,etc.), sans compter les malversations généralisées, celles que l'on découvre er celles que l'on ignore!
On pouvait redoubler? C'est une possibilité qui a quasiment disparu, parce que souvent du gâchis, et qui coûte. Mais si on en est arrivé là c'est parce que tous ont bien compris qu'avoir 3 de moyenne en français n'était pas un obstacle pour entrer au lycée d'enseignement général...
On crée l'HIDA , pour donner à tous le brevet, on ajoute le parcours d'éducation artistique et culturelle, on fait passer des épreuves de secourisme, de sécurité routière, on ajoute PIOMED (ça je n'y ai pas encore eu droit dans mon établissement, ais ça viendra sans doute!),  on donne le bac à tout le monde et après on est obligé de mettre des cours de soutien en français en M1 de lettres,  et de payer des RSA, des allocations logements, des aides à des jeunes qui ne travaillent pas, ne payeront jamais nos retraites, parce qu'ils ne se sont jamais pris en charge et comptent sur la collectivité.
Effectivement, il faut innover, pour réparer un château totalement en ruine, qui ne retrouvera pas sa splendeur d'antan avant...
Personnellement, j'ai décidé, après 2 ans de dépression assez lourde, de prendre dans les innovations ce que je trouvais intelligent, utile (cela peut exister tout de même), de prendre dans les vieilles méthodes ce qui me plaisait, de recréer  ma pédagogie, inspirée de ce qui me semble bien et de me lancer seule  (les collègues ne sont pas prêts à suivre, pour l'instant), au nom de la liberté pédagogique (je suis le programme bien sûr), dans ce que je pense être bien, jouable, pour me dire qu'au moins j'aurai essayé d'agir (en me lamentant quand même),  à ma manière et que j'aurai au moins mon honneur et ma conscience saufs ... avant de me tirer si je le peux!
J'ai discuté hier justement avec mon chef de l'impasse dans laquelle se trouvait l'école.
S'il y a un point sur lequel nous sommes d'accord, c'est bien celui-là...
Mais c'est une réaction collective qu'il faudrait, et ce ne sont pas les fausses consultations sur les nouveaux programmes (déjà prévus, comme d'habitude j'imagine) qui vont nous donner l'occasion de nous exprimer.
Il faudrait une réaction forte. Mais beaucoup de collègues sont déjà  tellement blasés, déprimés, dépassés que je ne suis pas certaine qu'elle puisse exister.
J'en suis totalement déprimée d'ailleurs...

C'est exactement mon analyse. Merci.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par User5899 le Sam 13 Sep 2014 - 21:09

Je suis aussi frappé de constater que dans mon entourage (mon lycée et les voisins), chaque année depuis deux ou trois ans, les quatre ou cinq plus idiots que je connais réussissent le concours de CdE...

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Olympias le Sam 13 Sep 2014 - 21:13

Nous ne sommes pas là pour faire de la garderie mais pour transmettre du savoir. Toutes mes classes ont 35 élèves. Surtout les secondes, avec des élèves qui ne maîtrisent pas les fondamentaux du collège...et après, on va se plaindre du niveau, des redoublements...Sont passés en 1èSTMG des élèves qui avaient 7 de moyenne !! Yeeaaahhhhhhhh tout va très bien !

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Olympias le Sam 13 Sep 2014 - 21:14

Cripure a écrit:Je suis aussi frappé de constater que dans mon entourage (mon lycée et les voisins), chaque année depuis deux ou trois ans, les quatre ou cinq plus idiots que je connais réussissent le concours de CdE...
Similaire aussi ici...

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par sena le Sam 13 Sep 2014 - 21:14

Avant j'étais un artisan et ma classe ressemblait à un petit atelier humain. Maintenant, j'ai le sentiment de devenir un OS dans une usine devenue folle.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Bolzano le Sam 13 Sep 2014 - 21:27

Très belle formule, Sena.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par coindeparadis le Sam 13 Sep 2014 - 21:28

Former de bons petits employés -surtout dans les couches populaires - et dispenser un savoir utile , transposable dans l'entreprise (l'usine, le champ...) n'a rien d'innovant.
C'est même très réactionnaire : certains philosophes des Lumières, certains bourgeois du XIX pensaient déjà ainsi...

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Zenxya le Sam 13 Sep 2014 - 21:30

@sena a écrit:Avant  j'étais un artisan  et  ma classe ressemblait à un petit atelier humain. Maintenant, j'ai le sentiment de devenir un OS dans une usine devenue folle.

J'ai un peu ce sentiment. Une immense chaîne pourvu d'un tapis roulant autonome où nous saupoudrons des savoirs à une allure infernale jusqu'au bac, sans possibilité de ralentir le rythme, une sorte de fuite en avant.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Olympias le Sam 13 Sep 2014 - 21:43

Nous allons désocler et instruire, cultiver

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par amour le Sam 13 Sep 2014 - 21:57

@yogi a écrit:Vous avez remarqué aussi comment on nous pousse à prendre les classes des collègues absents? Du style, petit à petit, on va vers la bivalence et on se fout du contenu pourvu "qu'il y ait un adultes en face des gamins".

Un ami professeur de lettres m'a fait remarqué récemment que son CDE lui avait demandé de remplacer son collègue au pied levé, comme c'est un garçon bien élevé, il est allé justifier son refus en expliquant qu'il lui serait impossible de "continuer" le cours de son collègue, puisqu'il ne connaissait ni la progression, ni les élèves. Réponse du CDE: "au moins les élèves seront au lycée".
Réaction de mon ami: "première fois qu'on me dit clairement que je fais garde chiourme, comme profession"

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par lenidji le Sam 13 Sep 2014 - 22:12

Dans mon établissement, on nous "encourage" aussi à remplacer les collègues absents. Ils ont cours de maths? Bah, vous leur ferez réviser les homophones...
Il me semble que bien plus que des employés, c'est une génération d'imbéciles manipulables à souhait que l'on nous demande de former. Cela commence dès le primaire, avec la méthode globale pour apprendre à lire alors que l'on sait bien que le déchiffrement est essentiel.
Si nous devenons des GO du club EN, on peut, en effet, abaisser le niveau de recrutement des enseignants. L'EN se fiche que nous ayons un rapport existentiel à notre discipline, ce n'est pas ce que l'on nous demande de transmettre.
L'esprit critique à la française n'a plus droit de cité, nous passons à une "culture" de la productivité, à l'américaine. A une acculturation, en somme.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Bouboule le Sam 13 Sep 2014 - 22:27

Cripure a écrit:Je suis aussi frappé de constater que dans mon entourage (mon lycée et les voisins), chaque année depuis deux ou trois ans, les quatre ou cinq plus idiots que je connais réussissent le concours de CdE...

Normal, vous ou d'autres ne se présentent pas au concours.

D'ailleurs, les moins idiots qui veulent devenir cde ou ipr, n'ont même plus à passer de concours (je caricature à peine), on va les chercher pour essayer de les convaincre.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Bouboule le Sam 13 Sep 2014 - 22:29

Cripure a écrit:Dans dix ans, j'aurai payé ma maison. Je crois que même si je ne touche rien, je prendrai ma retraite. Avec six ans d'avance.
Enfin, si je n'ai pas étranglé quelqu'un avant.
Et ce qui m'effraie le plus, c'est que l'inertie de l'EN est en train de disparaître. Les idioties ministérielles servaient juste à faire des discours, naguère. Mais il se trouve de plus en plus de gens prompts à les mettre en oeuvre, et plus c'est bête, plus ça plaît. Donc... Fuir pour survivre.

J'espère que vous vous lâcherez pour vos dernières années. Autant partir en beauté.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Bouboule le Sam 13 Sep 2014 - 22:30

@amour a écrit:
@yogi a écrit:Vous avez remarqué aussi comment on nous pousse à prendre les classes des collègues absents? Du style, petit à petit, on va vers la bivalence et on se fout du contenu pourvu "qu'il y ait un adultes en face des gamins".

Un ami  professeur de lettres m'a fait remarqué récemment que son CDE lui avait demandé de remplacer son collègue au pied levé, comme c'est un garçon bien élevé, il est allé justifier son refus en expliquant qu'il lui serait impossible de "continuer" le cours de son collègue, puisqu'il ne connaissait ni la progression, ni les élèves. Réponse du CDE: "au moins les élèves seront au lycée".
Réaction de mon ami: "première fois qu'on me dit clairement que je fais garde chiourme, comme profession"

C'est l'occasion de faire une séance suivant ses propres convictions.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Lefteris le Sam 13 Sep 2014 - 22:33

@lenidji a écrit:Dans mon établissement, on nous "encourage" aussi à remplacer les collègues absents. Ils ont cours de maths? Bah, vous leur ferez réviser les homophones...
Il me semble que bien plus que des employés, c'est une génération d'imbéciles manipulables à souhait que l'on nous demande de former. Cela commence dès le primaire, avec la méthode globale pour apprendre à lire alors que l'on sait bien que le déchiffrement est essentiel.
Si nous devenons des GO du club EN, on peut, en effet, abaisser le niveau de recrutement des enseignants. L'EN se fiche que nous ayons un rapport existentiel à notre discipline, ce n'est pas ce que l'on nous demande de transmettre.
L'esprit critique à la française n'a plus droit de cité, nous passons à une "culture" de la productivité, à l'américaine. A une acculturation, en somme.
Je suis du même avis, mais entré très tard dans l'EN , j'aurai moins longtemps à m'y morfondre (quel choc, quand même, cette pétaudière , j'aurais jamais cru Shocked ) , et j'ai adopté la tactique de l'esquive : je ne m'oppose pas (on m'oublie, et de toute manière, au dernier échelon, les pressions et chantage sont inexistants , et je fais à ma manière, qui consiste à essayer d'apprendre quelque chose et pas de faire du vent. Modeste contribution qui me permettra de finir sans céder, avec une vie assez confortable, habitant à, 10 minutes... Mais si j'avais près de 40 ans devant moi, j'aurais  une idée fixe : me reconvertir.
Du reste je crois qu'on est plus dans la "déculturation" ou l'"a-culturation"que l'acculturation , à moins que l'on n'entende par là la singerie totale de la barbarie étasunienne, consistant à transformer la populace en obèses macdonaldisés consommateurs de 5 heures de télé par jour et de shopping le WE , après avoir fait leur 2 petits boulots précaires la semaine.

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Olympias le Sam 13 Sep 2014 - 22:38

La garderie, c'est ça l'objectif ??? Mais il faut lutter, fermement. J'ignore les niaiseries qu'on nous pond chaque année et je m'obstine à dispenser des contenus très denses.

HS : comment ça va Lefteris ?

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Re: Que veut-on faire de notre métier?

Message par Lefteris le Sam 13 Sep 2014 - 22:49

@Olympias a écrit:La garderie, c'est ça l'objectif ???  Mais il faut lutter, fermement. J'ignore les niaiseries qu'on nous pond chaque année et je m'obstine à dispenser des contenus très denses.

HS : comment ça va Lefteris ?
H.S. Faut être patient, les chairs se reforment, soins quotidiens .

Pour les contenus, j'ai remarqué qu'on peut faire la même chose en utilisant la novlangue à la mode. Un peu comme un certain président qui faisait de l'utra-libéralisme en citant Jaurès et qui se vendait à l'atlantisme en citant de Gaulle Rolling Eyes .
Face aux Trissotins, du moment que tu montres que tu connais les bons concepts, la magie du verbe opère... Very Happy


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