«Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

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Message par Ali Devine le Mer 15 Oct 2014 - 12:54


C'est effectivement excellent. J'en recommande vivement la lecture.

Ali Devine
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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par retraitée le Mer 15 Oct 2014 - 14:17

Cripure a écrit:Et Monsieur Balkany, l'appellera-t-on "Monsieur le rombier" ? lol!

On l'appelle déjà Thénardier !

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Féminisation des noms : la mise au point de l'Académie française

Message par Spartacus le Jeu 16 Oct 2014 - 9:22

À la suite du récent incident qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale, les immortels ont tenu à rappeler le bon usage.

(J'ai passé en italique certains passages énonçant des points qu'il me semble utile de rappeler)

Le document est titré: «La féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres - Mise au point de l'Académie française». La vénérable institution, «fidèle à la mission que lui assignent ses statuts depuis 1635», a tenu à rappeler les règles qui s'imposent dans notre langue. Voici le document dans son intégralité avec les cinq points importants.

● Rejet de «professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure»

1. L'Académie française n'entend nullement rompre avec la tradition de féminisation des noms de métiers et fonctions, qui découle de l'usage même: c'est ainsi qu'elle a fait accueil dans la 8e édition de son Dictionnaire (1935) à artisane et à postière, à aviatrice et à pharmacienne, à avocate, bûcheronne, factrice, compositrice, éditrice et exploratrice. Dans la 9e édition, en cours de publication, figurent par dizaines des formes féminines correspondant à des noms de métiers. Ces mots sont entrés naturellement dans l'usage, sans qu'ils aient été prescrits par décret: l'Académie les a enregistrés pourvu qu'ils soient de formation correcte et que leur emploi se soit imposé.

Mais, conformément à sa mission, défendant l'esprit de la langue et les règles qui président à l'enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes.

Le français ne dispose pas d'un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs. S'agissant des métiers, très peu de noms s'avèrent en réalité, du point de vue morphologique, rebelles à la féminisation quand elle paraît utile. Comme bien d'autres langues, le français peut par ailleurs, quand le sexe de la personne n'est pas plus à prendre en considération que ses autres particularités individuelles, faire appel au masculin à valeur générique, ou «non marquée».

● Le masculin, valeur générique

2. En 1984, après que le gouvernement eut pris une première initiative en faveur de «la féminisation des titres et fonctions et, d'une manière générale, du vocabulaire concernant les activités des femmes», l'Académie française fit publier une déclaration rappelant le rôle des genres grammaticaux en français. Les règles qui régissent dans notre langue la distribution des genres remontent au bas latin et constituent des contraintes internes avec lesquelles il faut composer. L'une des contraintes propres à la langue française est qu'elle n'a que deux genres: pour désigner les qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu'à l'un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu'il puisse neutraliser la différence entre les sexes.

L'héritage latin a opté pour le masculin. Les professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, à qui la Compagnie avait confié la rédaction de ce texte, adopté à l'unanimité dans la séance du 14 juin 1984, concluaient ainsi: «En français, la marque du féminin ne sert qu'accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d'indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l'accord des adjectifs, la variété des constructions nominales… Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu'un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. Ils risquent de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l'usage, et qu'il paraîtrait mieux avisé de laisser à l'usage le soin de modifier» (déclaration faite en séance, le 14 juin 1984).

● Refus de la féminisation systématique

3. Le 21 mars 2002, l'Académie française publie une nouvelle déclaration pour rappeler sa position, et, en particulier, pour souligner le contresens linguistique sur lequel repose l'entreprise de féminisation systématique. Elle insiste sur les nombreuses incohérences linguistiques qui en découlent (ainsi une recteure nommée directrice d'un service du ministère de l'Éducation nationale, ou la concurrence des formes recteure et rectrice - préférée par certaines titulaires de cette fonction). La Compagnie fait valoir que brusquer et forcer l'usage revient à porter atteinte au génie même de la langue française et à ouvrir une période d'incertitude linguistique.

«Un catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement “féminisés” a été publié par la Documentation française, avec une préface du premier ministre. La presse, la télévision ont suivi avec empressement ce qui pouvait passer pour une directive régalienne et légale» (déclaration adoptée à l'unanimité dans la séance du 25 mars 2002). Or aucun texte ne donne au gouvernement «le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français».

Nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe: elle n'est pas en effet un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques. Les compétences du pouvoir politique sont limitées par le statut juridique de la langue, expression de la souveraineté nationale et de la liberté individuelle, et par l'autorité de l'usage qui restreint la portée de toute terminologie officielle et obligatoire. Et de l'usage, seule l'Académie française a été instituée «la gardienne».

● Distinguer noms de métiers et fonctions officielles

4. Il convient par ailleurs de distinguer des noms de métiers les termes désignant des fonctions officielles et les titres correspondants. Dans ce cas, les particularités de la personne ne doivent pas empiéter sur le caractère abstrait de la fonction dont elle est investie, mais au contraire s'effacer derrière lui: c'est ce que mettait en lumière un rapport remis, à sa demande, au premier ministre en octobre 1998 par la Commission générale de terminologie et de néologie, qui déconseillait formellement la féminisation des noms de titres, grades et fonctions officielles, par distinction avec les noms de métiers, dont le féminin s'impose naturellement dans l'usage.

Ce texte marquait une grande convergence de vues avec l'Académie française et complétait utilement les déclarations sur cette question que la Compagnie avait elle-même rendues publiques. En 2002, l'Académie française constate que, «de ce rapport, le gouvernement n'a pas plus tenu compte» que de l'«analyse scientifique irréfutable» des professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss.

La Commission générale rappelle que, si l'usage féminise aisément les métiers, «il résiste cependant à étendre cette féminisation aux fonctions qui sont des mandats publics ou des rôles sociaux distincts de leurs titulaires et accessibles aux hommes et aux femmes à égalité, sans considération de leur spécificité. […] Pour nommer le sujet de droit, indifférent par nature au sexe de l'individu qu'il désigne, il faut se résoudre à utiliser le masculin, le français ne disposant pas de neutre». Elle ajoute que «cette indifférence juridique et politique doit être préservée dans la règlementation, dans les statuts et pour la désignation des fonctions». Elle affirme «son opposition à la féminisation des noms de fonction dans les textes juridiques en général, pour lesquels seule la dénomination statutaire de la personne doit être utilisée.»

Elle «estime que les textes règlementaires doivent respecter strictement la règle de neutralité des fonctions. L'usage générique du masculin est une règle simple à laquelle il ne doit pas être dérogé» dans les décrets, les instructions, les arrêtés et les avis de concours. Les fonctions n'appartiennent pas en effet à l'intéressé: elles définissent une charge dont il s'acquitte, un rôle qu'il assume, une mission qu'il accomplit. Ainsi ce n'est pas en effet Madame X qui signe une circulaire, mais le ministre, qui se trouve être pour un temps une personne de sexe féminin; mais la circulaire restera en vigueur alors que Madame X ne sera plus titulaire de ce portefeuille ministériel. La dénomination de la fonction s'entend donc comme un neutre et, logiquement, ne se conforme pas au sexe de l'individu qui l'incarne à un moment donné.

Il en va de même pour les grades de la fonction publique, distincts de leur détenteur et définis dans un statut, et ceux qui sont des désignations honorifiques exprimant une distinction de rang ou une dignité. Comme le soutient la Commission générale, «pour que la continuité des fonctions à laquelle renvoient ces appellations soit assurée par-delà la singularité des personnes, il ne faut pas que la terminologie signale l'individu qui occupe ces fonctions. La neutralité doit souligner l'identité du rôle et du titre indépendamment du sexe de son titulaire.»

● «L'épreuve du temps»

5. Cependant, la Commission générale de terminologie et de néologie considère - et l'Académie française a fait siennes ces conclusions - que cette indifférence juridique et politique au sexe des individus «peut s'incliner, toutefois, devant le désir légitime des individus de mettre en accord, pour les communications qui leur sont personnellement destinées, leur appellation avec leur identité propre.» Elle estime que, «s'agissant des appellations utilisées dans la vie courante (entretiens, correspondances, relations personnelles) concernant les fonctions et les grades, rien ne s'oppose, à la demande expresse des individus, à ce qu'elles soient mises en accord avec le sexe de ceux qui les portent et soient féminisées ou maintenues au masculin générique selon le cas».

La Commission générale conclut justement que «cette souplesse de l'appellation est sans incidence sur le statut du sujet juridique et devrait permettre de concilier l'aspiration à la reconnaissance de la différence avec l'impersonnalité exigée par l'égalité juridique».

En 2002, l'Académie française, opposée à toute détermination autoritaire de l'usage, rappelait qu'elle avait tenu à «soumettre à l'épreuve du temps» les «recommandations» du Conseil supérieur de la langue française publiées en 1990 au Journal officiel au lieu de les imposer par décret, bien qu'elle les ait approuvées et enregistrées dans la 9e édition de son Dictionnaire: elle a en quelque sorte libéré l'usage, en laissant rivaliser des formes différentes sans chercher à en proscrire autoritairement aucune, jusqu'à ce que la meilleure l'emporte. C'est à cette attitude, conforme à la manière dont elle a exercé continûment son magistère depuis près de quatre siècles, qu'elle entend demeurer fidèle.

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/10/15/03005-20141015ARTFIG00163-feminisation-des-noms-la-mise-au-point-de-l-academie-francaise.php

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Spartacus le Jeu 16 Oct 2014 - 9:33

Féminisation des noms : la mise au point de l'Académie française.

À la suite du récent incident qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale, les immortels ont tenu à rappeler le bon usage.

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/10/15/03005-20141015ARTFIG00163-feminisation-des-noms-la-mise-au-point-de-l-academie-francaise.php


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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Serge le Ven 17 Oct 2014 - 6:48

Merci !

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Daphné le Ven 17 Oct 2014 - 8:34

Je suis ravie de voir que professeure est un barbarisme ! J'en ai marre de lire ça.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par retraitée le Ven 17 Oct 2014 - 13:40

@Daphné a écrit:Je suis ravie de voir que professeure est un barbarisme ! J'en ai marre de lire ça.

Et ensuite, on se tue à répéter que les noms féminins en -eur ne prennent pas de -e (sauf la demeure !)

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Serge le Ven 17 Oct 2014 - 13:54

Je ne me rappelle plus si la réforme orthographique préconisait "auteure" "professeure" ou pas ?
Si oui, c'est un camouflet pour la "nouvelle orthographe" qu'on veut nous imposer.
Si quelqu'un peut confirmer/infirmer. Wink

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par SimoneS. le Ven 17 Oct 2014 - 13:57

@Aredius a écrit:Ma mère était sage-femme. Maintenant nous avons des sages-femmes qui en ont. Et nos députés n'en discutent pas ! mais que font-ils donc ?
http://fr.wiktionary.org/wiki/sage-femme_homme

Cet article sur le mot "sage-femme homme" n'explique rien du tout ! Dans le mot "sage-femme", "femme" ne désigne pas le/la soignant(e) mais la patiente. Ce n'est une femme sage, mais une personne, femme ou homme, sage (savant) en matière de femme. On devrait donc pouvoir dire "un sage-femme" i.e. un homme sage en matière de parturiente.
Sinon j'aime bien maïeuticien, ça fait penser à Socrate.

SimoneS.
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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Spartacus le Ven 17 Oct 2014 - 14:44

@Serge a écrit:Je ne me rappelle plus si la réforme orthographique préconisait "auteure" "professeure" ou pas ?
Si oui, c'est un camouflet pour la "nouvelle orthographe" qu'on veut nous imposer.
Si quelqu'un peut confirmer/infirmer. Wink

En effet, le rapport sur la féminisation des noms, demandé par Lionel Jospin en 1999, sous la direction de Bernard Cerquiglini, proposait de recourir soit à l'usage épicène (une auteur), soit à l'adjonction d'un -e final, mais cela comme innovation pour répondre à la demande du ministre.

En 2002, l'Académie faisait cette mise au point :

"Il convient tout d’abord de rappeler que les seuls féminins français en -eure (prieure, supérieure...) sont ceux qui proviennent de comparatifs latins en -or. Aussi faut-il éviter absolument des néologismes tels que professeure, ingénieure, auteure, docteure, proviseure, procureure, rapporteure, réviseure, etc. Certaines formes, parfois rencontrées, sont d’autant plus absurdes que les féminins réguliers correspondants sont parfaitement attestés. Ainsi chercheure à la place de chercheuse, instituteure à la place d’institutrice. On se gardera de même d’user de néologismes comme agente, cheffe, maîtresse de conférences, écrivaine, autrice... L’oreille autant que l’intelligence grammaticale devraient prévenir contre de telles aberrations lexicales."

Par ailleurs j'ai trouvé ceci :

"...le rapport de la commission générale de terminologie constate qu’il n’y a pas d’obstacle de principe à la féminisation des noms de métier, mais estime que les désignations des statuts de la fonction publique ne doivent pas être féminisées et que les textes réglementaires doivent respecter strictement la règle de neutralité des fonctions."

source : http://www.dglf.culture.gouv.fr/cogeter/feminisation/accueil-feminisation.html

A noter également à la fin du document, le vœu ainsi exprimé :

"De la règle à l’usage, il n’y a ensuite plus que quelques pas..."

Ce qui est précisément le retournement de la loi qui veut que la règle ne fasse qu'entériner l'usage.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Lefteris le Ven 17 Oct 2014 - 15:01

@retraitée a écrit:
@Daphné a écrit:Je suis ravie de voir que professeure est un barbarisme ! J'en ai marre de lire ça.

Et ensuite, on se tue à répéter que les noms féminins en -eur ne prennent pas de -e (sauf la demeure !)
Les noms d'agent en latin pouvaient être féminisés en -trix => -trice peut passer à la rigueur. Mais les mots issus de la 3ème déclinaison ou de la 2ème classe d’adjectifs, ça donne souvent des horreur(e)s.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Olympias le Ven 17 Oct 2014 - 17:09

@Spartacus a écrit:Féminisation des noms : la mise au point de l'Académie française.

À la suite du récent incident qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale, les immortels ont tenu à rappeler le bon usage.

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/10/15/03005-20141015ARTFIG00163-feminisation-des-noms-la-mise-au-point-de-l-academie-francaise.php

yesyes yesyes
Le premier ou la première qui m'appelle madame la professeure affraid affraid , je le/la colle tous les mercredis jusqu'à la fin de l'année

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Spartacus le Ven 17 Oct 2014 - 17:32

D'autant (je sais, je l'ai déjà dit) qu'on devrait prononcer "fermé", comme dans Paul et Paule (Pôle), ou un "oeuf" (ouvert) et des "oeufs" (fermés, comme dans "jeu").

Donc : un "professeur" et une "professoeureuh".  pale

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Nom d'utilisateur le Ven 17 Oct 2014 - 17:37

@Spartacus a écrit:D'autant (je sais, je l'ai déjà dit) qu'on devrait prononcer "fermé", comme dans Paul et Paule (Pôle), ou un "oeuf" (ouvert) et des "oeufs" (fermés, comme dans "jeu").

Donc : un "professeur" et une "professoeureuh".  pale

La voyelle [ø] de "peureux" est impossible devant un [ʁ] final, cette règle est une invention de votre cru.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par JPhMM le Lun 20 Oct 2014 - 13:45

Après recherche, la loi distingue la personne exerçant la fonction et la fonction exercée par la personne.

Il est rappelé que lorsqu'il est fait référence dans les visas et dans l'article d'exécution d'un texte normatif à la responsabilité de tel ou tel ministre, comme rapporteur du texte ou comme chargé de son exécution, il y a lieu, si le ministre en fonction au moment de la signature du texte est une femme, d'écrire « la ministre ». Par contre, dans le corps du texte, lorsqu'il est question du ministre, c'est la fonction qui est en cause et non la personne qui l'exerce temporairement, de sorte qu'il y a lieu de recourir au genre masculin, qui a valeur générique.

Exemple dans le cas d'un décret :

   « (*) Sur le rapport du ministre des affaires sociales et de la ministre de l'outre-mer… » ;
   (*) Article X du corps du texte : « Le ministre chargé de la sécurité sociale et le ministre  chargé de l'outre-mer fixent par arrêté… » ;
   (*) Article d'exécution : « Le ministre des affaires sociales et la ministre de l'outre-mer …, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret ».

http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Guide-de-legistique/III.-Redaction-des-textes/3.3.-Langue-du-texte/3.3.1.-Syntaxe-vocabulaire-sigles-et-signes

Simple...

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par User5899 le Lun 20 Oct 2014 - 14:02

Attention. La seule instance habile à décréter sur la langue est l'académie française, depuis 1635. Le gouvernement n'a aucun pouvoir en ce domaine et ses décrets ont autant de valeur que ceux que je pourrais édicter depuis ma salle de bains.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par egomet le Lun 20 Oct 2014 - 14:16

Cripure a écrit:Attention. La seule instance habile à décréter sur la langue est l'académie française, depuis 1635. Le gouvernement n'a aucun pouvoir en ce domaine et ses décrets ont autant de valeur que ceux que je pourrais édicter depuis ma salle de bains.

Et encore... le "pouvoir" de l'académie n'est supportable que parce qu'elle est constituée de vieux experts conservateurs se réunissant de temps en temps. L'académie ne décrète guère,  elle constate et valide des usages.
C'est au fond une façon assez modeste, et professorale, de dire des règles dont elle ne prétend pas être le concepteur.

Toute autre forme de réglementation du langage est un abus de pouvoir.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par egomet le Lun 20 Oct 2014 - 14:20


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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par User5899 le Lun 20 Oct 2014 - 14:23

@egomet a écrit:L'académie ne décrète guère,  elle constate et valide des usages.
Elle n'a pas validé les absurdes "proviseure" et autres "professeure" ou "auteure"...

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par retraitée le Lun 20 Oct 2014 - 14:36

Mais elle a dû valider "emmerderesse", qui correspond à bien des féministes jusqu'au-boutistes ! (Attention, je n'ai pas dit Boutin !)

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par nitescence le Lun 20 Oct 2014 - 14:40

Euh... cripure, je pense que tu as raison mais sur quelles bases juridiques t'appuies-tu ?

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par egomet le Lun 20 Oct 2014 - 14:41

Cripure a écrit:
@egomet a écrit:L'académie ne décrète guère,  elle constate et valide des usages.
Elle n'a pas validé les absurdes "proviseure" et autres "professeure" ou "auteure"...

Elle valide des usages, pour autant qu'ils soient convenables, du point de vue de la grammaire.  
En tout cas, l'académie n'a pas la prétention d'utiliser le langage pour transformer la société.
Heureusement!

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par User5899 le Lun 20 Oct 2014 - 14:52

@nitescence a écrit:Euh... cripure, je pense que tu as raison mais sur quelles bases juridiques t'appuies-tu ?
Le décret de Richelieu de 1635. Rappelé récemment par l'académie à propos justement de l'incident source de ce fil.

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par Caspar Goodwood le Lun 20 Oct 2014 - 14:56

@egomet a écrit:
Cripure a écrit:
@egomet a écrit:L'académie ne décrète guère,  elle constate et valide des usages.
Elle n'a pas validé les absurdes "proviseure" et autres "professeure" ou "auteure"...

Elle valide des usages, pour autant qu'ils soient convenables, du point de vue de la grammaire.  
En tout cas, l'académie n'a pas la prétention d'utiliser le langage pour transformer la société.
Heureusement!

Transformer la société par le genre des noms me paraît un peu utopique quand on pense au nombre de langues qui ignorent totalement le genre grammatical (turc, chinois, japonais, hongrois et il me semble qu'en finnois il n'y a qu'un pronom neutre à la troisième personne donc pas de "elle" ou "il").

Caspar Goodwood
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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par nitescence le Lun 20 Oct 2014 - 15:03

Il me semble d'ailleurs que les actes gouvernementaux recommandant la féminisation des noms sont de simples circulaires (même pas des décrets), ayant une valeur juridique quasiment nulles...

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Re: «Madame le président» : Julien Aubert soutenu par 139 députés

Message par JPhMM le Lun 20 Oct 2014 - 15:06

Sauf erreur de ma part, il s'agit ici du règlement intérieur de l'AN.

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


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