Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Tamerlan le Mer 22 Oct 2014 - 14:43

@PauvreYorick a écrit: Apprenant, ça traduit juste, au choix, la pédanterie ou l'illettrisme du locuteur.

Non. On est d'accord ou pas avec le néologisme, le concept, et la mise en perspective peut hérisser (ou pas), mais il s'agit d'un point de vue assumé par ses utilisateurs et qui traduit un positionnement pédagogique réel. S'en débarrasser par ce type de qualificatifs ne suffit pas.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Anaxagore le Mer 22 Oct 2014 - 14:47

@Tamerlan a écrit:
@PauvreYorick a écrit: Apprenant, ça traduit juste, au choix, la pédanterie ou l'illettrisme du locuteur.

Non. On est d'accord ou pas avec le néologisme, le concept, et la mise en perspective peut hérisser (ou pas), mais il s'agit d'un point de vue assumé par ses utilisateurs et qui traduit un positionnement pédagogique réel. S'en débarrasser par ce type de qualificatifs ne suffit pas.

C'est bien l'enjeu. Il y a un certain nombre de concepts fumeux qui sont insupportables aux collègues immunisés contre le syndrome de Stockholm. Ces concepts s'inscrivent en général dans un cadre idéologique bien plus large et non moins insupportable.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Anaxagore le Mer 22 Oct 2014 - 14:51

J'ajoute que se cacher derrière une réponse du type "c'est le système" serait une défaite de la pensée.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par InviteeF le Mer 22 Oct 2014 - 14:53

Je sors de mon silence pour dire à Elyas (mon téléphone a voulu automatiquement corriger en "Éluard", voilà qui ne trompe pas !) qu'il me redonne foi en l'humanité.  Si si.

Des formateurs affreux, si vous saviez combien j'en connais... Faire déplacer dans son lycée au "fond" de l'académie et  arriver en retard, donner du travail à faire aux collègues (à rendre par mail 1 semaine avant la formation) et ne pas s' en servir lors de la séance, demander de venir avec 3 paquets de copies puis dire "finalement nous n'aurons pas le temps de réfléchir sur les barèmes... mais merci d'avoir joué le jeu !", mettre par groupes pour faire une carte mentale puis exposer le résultat groupe après groupe, faire jouer des saynètes toute la journée, faire faire un sujet type bac puis faire élaborer le corrigé et le barème (sur une journée et demi), en guise de formation "apprendre à construire une séquence" donner une liste de documents et demander de la mettre dans l'ordre puis écouter et critiquer les propositions avant de conclure "vous réfléchirez chez vous.. je ne peux pas vous donner ma séquence, les IPR refusent que l'on en donne aux stagiaires... en revanche, si vous voulez alimenter le site Web de l'académie, envoyez vos contributions..." et j'en passe. Tant de fois j'ai pleuré dans le train, pendant le retour, de fatigue, de tristesse, de froid et de colère,  d'avoir dû aller faire la guignol, figuration sur une chaise, toute la journée, si loin, après 1h30 de trajet, alors que j'aurais pu me former réellement, lire, peaufiner mes séquences, écumer le net à la recherche d'inspirations nouvelles... Que d'infantilisation, de moqueries à peine voilées reçues en pleine figure... "Vous, les bébés profs..." "Quand vous serez profs... C. A.D. quand vous ne serez plus stagiaires..." "Cette année vous avez une décharge de 3h et 6h de formation, l'an prochain vous assurerez 18h de cours, il faudra assurer, ce n'est pas normal que vous soyez fatigués !"...

Néanmoins, malgré tout ceci, j'ai rencontré trois formateurs extraordinaires. Je ne commente pas pour les deux premiers car je ne suis pas objective. La troisième, une prof certifiée humble et travailleuse, à l'écoute, désireuse d'aider, pleine de bons conseils, déculpabilisait tout le monde, mettait la main à la pâte, proposait de venir chacun avec ses docs pour que chacun avance sur ses séquences et passait aider et conseiller au lieu de faire travailler dans le vent...

Il faut rendre justice aux formateurs dignes de ce nom... dans la masse des incompétents.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par nightowl le Mer 22 Oct 2014 - 14:56

Fafnir a écrit:Je sors de mon silence pour dire à Elyas (mon téléphone a voulu automatiquement corriger en "Éluard", voilà qui ne trompe pas !) qu'il me redonne foi en l'humanité.  Si si.

Des formateurs affreux, si vous saviez combien j'en connais... Faire déplacer dans son lycée au "fond" de l'académie et  arriver en retard, donner du travail à faire aux collègues (à rendre par mail 1 semaine avant la formation) et ne pas s' en servir lors de la séance, demander de venir avec 3 paquets de copies puis dire "finalement nous n'aurons pas le temps de réfléchir sur les barèmes... mais merci d'avoir joué le jeu !", mettre par groupes pour faire une carte mentale puis exposer le résultat groupe après groupe, faire jouer des saynètes toute la journée, faire faire un sujet type bac puis faire élaborer le corrigé et le barème (sur une journée et demi), en guise de formation "apprendre à construire une séquence" donner une liste de documents et demander de la mettre dans l'ordre puis écouter et critiquer les propositions avant de conclure "vous réfléchirez chez vous.. je ne peux pas vous donner ma séquence, les IPR refusent que l'on en donne aux stagiaires... en revanche, si vous voulez alimenter le site Web de l'académie, envoyez vos contributions..." et j'en passe. Tant de fois j'ai pleuré dans le train, pendant le retour, de fatigue, de tristesse, de froid et de colère,  d'avoir dû aller faire la guignol, figuration sur une chaise, toute la journée, si loin, après 1h30 de trajet, alors que j'aurais pu me former réellement, lire, peaufiner mes séquences, écumer le net à la recherche d'inspirations nouvelles... Que d'infantilisation, de moqueries à peine voilées reçues en pleine figure... "Vous, les bébés profs..." "Quand vous serez profs... C. A.D. quand vous ne serez plus stagiaires..." "Cette année vous avez une décharge de 3h et 6h de formation, l'an prochain vous assurerez 18h de cours, il faudra assurer, ce n'est pas normal que vous soyez fatigués !"...

Néanmoins, malgré tout ceci, j'ai rencontré trois formateurs extraordinaires. Je ne commente pas pour les deux premiers car je ne suis pas objective. La troisième, une prof certifiée humble et travailleuse, à l'écoute, désireuse d'aider, pleine de bons conseils, déculpabilisait tout le monde, mettait la main à la pâte, proposait de venir chacun avec ses docs pour que chacun avance sur ses séquences et passait aider et conseiller au lieu de faire travailler dans le vent...

Il faut rendre justice aux formateurs dignes de ce nom... dans la masse des incompétents.

Comment dire, on nomme les incompétents aux postes où ils dérangent le moins, l'encadrement.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par PauvreYorick le Mer 22 Oct 2014 - 14:58

@Tamerlan a écrit:
@PauvreYorick a écrit: Apprenant, ça traduit juste, au choix, la pédanterie ou l'illettrisme du locuteur.

Non. On est d'accord ou pas avec le néologisme, le concept, et la mise en perspective peut hérisser (ou pas), mais il s'agit d'un point de vue assumé par ses utilisateurs et qui traduit un positionnement pédagogique réel. S'en débarrasser par ce type de qualificatifs ne suffit pas.

Je crains que nous ne puissions partager le diagnostic. L'introduction d'un vocabulaire technique a un intérêt évident lorsqu'il s'agit de modifier la dénotation ou de dénoter quelque chose que les concepts disponibles ne dénotent pas exactement. Si tout ce qui est requis est d'ajouter ou de retirer une ou plusieurs connotations à un concept sans en modifier la dénotation, évidemment il faudrait détailler selon les cas, mais très souvent ça trahit effectivement un pur positionnement, ou une pure posture, et par conséquence rien du tout si ce n'est, une nouvelle fois, l'état dans lequel se trouve le locuteur. Certes, ça permet de savoir à qui l'on a affaire (ça indique l'existence d'un point de vue, assumé ou non, d'un positionnement pédagogique, comme vous dites), mais le simple fait que ça ne fasse rien d'autre, vu que les apprenants sont les élèves et les élèves les apprenants, me paraît quasi suffisant pour juger de l'intérêt de l'introduction de ce nouveau vocabulaire. En outre, si véritablement l'on veut un nouveau mot pour la même chose d'un point de vue supposé nouveau (et mettons même qu'il le soit, supposons par exemple que le terme «élève» traduise le point de vue du professeur, ce qui constitue une affirmation, autant que je puisse voir, entièrement gratuite), encore une fois il y avait «apprenti». L'excogitation d'un barbarisme aussi malsonnant que laborieux ne plaide pas en faveur de ses auteurs.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Balthazaard le Mer 22 Oct 2014 - 15:02

Cela me fait penser à la bonne époque de Creys Malville au débat sur les surrégénérateurs...(parce que fabriquant du combustible lors de son cycle de fonctionnement..) la prononciation incorrecte plus facile "surgénérateur"  vous plaçait à l'époque dans le clan des ignares qui ne savaient même pas prononcer ce dont ils parlaient  un peu comme dire "infractus"...c'était assez drôle de voir dans le débats les "écolos" se faire reprendre là dessus par les "scientifiques" avec justification du terme à la clef...aujourd'hui c'est passé de mode, et wikipédia (le DIEU si il y en a un...) donne l'orthographe "surgénérateur"....(précisant quand même que l'on peut dire autrement...)


Dernière édition par Balthazaard le Mer 22 Oct 2014 - 15:09, édité 1 fois

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Balthazaard le Mer 22 Oct 2014 - 15:04

@PauvreYorick a écrit:
@Tamerlan a écrit:
@PauvreYorick a écrit: Apprenant, ça traduit juste, au choix, la pédanterie ou l'illettrisme du locuteur.

Non. On est d'accord ou pas avec le néologisme, le concept, et la mise en perspective peut hérisser (ou pas), mais il s'agit d'un point de vue assumé par ses utilisateurs et qui traduit un positionnement pédagogique réel. S'en débarrasser par ce type de qualificatifs ne suffit pas.

Je crains que nous ne puissions partager le diagnostic. L'introduction d'un vocabulaire technique a un intérêt évident lorsqu'il s'agit de modifier la dénotation ou de dénoter quelque chose que les concepts disponibles ne dénotent pas exactement. Si tout ce qui est requis est d'ajouter ou de retirer une ou plusieurs connotations à un concept sans en modifier la dénotation, évidemment il faudrait détailler selon les cas, mais très souvent ça trahit effectivement un pur positionnement, ou une pure posture, et par conséquence rien du tout si ce n'est, une nouvelle fois, l'état dans lequel se trouve le locuteur. Certes, ça permet de savoir à qui l'on a affaire (ça indique l'existence d'un point de vue, assumé ou non, d'un positionnement pédagogique, comme vous dites), mais le simple fait que ça ne fasse rien d'autre, vu que les apprenants sont les élèves et les élèves les apprenants, me paraît quasi suffisant pour juger de l'intérêt de l'introduction de ce nouveau vocabulaire. En outre, si véritablement l'on veut un nouveau mot pour la même chose d'un point de vue supposé nouveau (et mettons même qu'il le soit, supposons par exemple que le terme «élève» traduise le point de vue du professeur, ce qui constitue une affirmation, autant que je puisse voir, entièrement gratuite), encore une fois il y avait «apprenti». L'excogitation d'un barbarisme aussi malsonnant que laborieux ne plaide pas en faveur de ses auteurs.

Très bien dit...

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Tamerlan le Mer 22 Oct 2014 - 15:27

On peut discuter longuement sur l’étymologie du mot élève et remonter au latin. Néanmoins il me semble que ce qu'il faut regarder c'est le sens commun qu'il a pris, disons depuis le XVIII° siècle. Celui-ci renvoie à la présence d'un tiers qui va guider. Ce qui correspond d'ailleurs parfaitement au modèle pédagogique dominant : celui où l'écoute du discours de l'enseignant est le modèle quasi-unique de la situation d'apprentissage. Compte-tenu des débats sur la pédagogie de l'après-guerre l'utilisation d'un nouveau mot pour penser un nouveau modèle ne me paraît pas anormale. Je n'ai rien contre le mot d'apprenti qui fleure bon les corporations d'ancien régime mais ce n'est pas celui qui a été retenu. En particulier parce que la notion est étendue à l'ensemble des personnes en situation d'apprentissage quel que soit leur âge alors qu'apprenti renvoie sans doute à une image de formation initiale. Appliqué à des gens de 40 ans le mot d'élève ou d'apprenti "sonne"-t-il bien? Certes on dit "stagiaire" mais là aussi cela dit-il bien les choses? Par ailleurs le côté "malsonnant" me semble relever plutôt d'une sensibilité auditive personnelle. Very Happy

PS : Je rappelle que je ne suis pas en train de défendre le terme d'apprenant en milieu scolaire, que je n'utilise d'ailleurs pas. Very Happy

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ll est difficile d'attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu'il n'y est pas.
(Proverbe possiblement est-asiatique)

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Dhaiphi le Mer 22 Oct 2014 - 15:27

Fafnir a écrit:Je sors de mon silence pour dire à Elyas qu'il me redonne foi en l'humanité.  Si si.
J'envie votre propension à reprendre foi en l'humanité aussi aisément. Rolling Eyes
Il faut rendre justice aux formateurs dignes de ce nom... dans la masse des incompétents.
Que voilà une bien maigre consolation !
Tous "pourris" ?! Eh bien non, j'en connais un qui ne l'est point.
Voilà en effet de quoi redonner foi en nos politiques formateurs.
Il est vrai que vous avez la chance, à vous seul, d'en connaître trois !  Shocked
Ce qui me laisse la liberté (ainsi qu'à un collègue) de n'en connaître aucun.  Razz  Very Happy

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J'aime les regretteurs d'hier qui voudraient changer le sens des rivières et retrouver dans la lumière la beauté d'Ava Gardner.
[Alain Souchon]

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Anaxagore le Mer 22 Oct 2014 - 15:31

@Tamerlan a écrit:On peut discuter longuement sur l’étymologie du mot élève et remonter au latin. Néanmoins il me semble que ce qu'il faut regarder c'est le sens commun qu'il a pris, disons depuis le XVIII° siècle. Celui-ci renvoie à la présence d'un tiers qui va guider. Ce qui correspond d'ailleurs parfaitement au modèle pédagogique dominant : celui où l'écoute du discours de l'enseignant est le modèle quasi-unique de la situation d'apprentissage. Compte-tenu des débats sur la pédagogie de l'après-guerre l'utilisation d'un nouveau mot pour penser un nouveau modèle ne me paraît pas anormale. Je n'ai rien contre le mot d'apprenti qui fleure bon les corporations d'ancien régime mais ce n'est pas celui qui a été retenu. En particulier parce que la notion est étendue à l'ensemble des personnes en situation d'apprentissage quel que soit leur âge alors qu'apprenti renvoie sans doute à une image de formation initiale. Appliqué à des gens de 40 ans le mot d'élève ou d'apprenti "sonne"-t-il bien? Certes on dit "stagiaire" mais là aussi cela dit-il bien les choses?  Par ailleurs le côté "malsonnant" me semble relever plutôt d'une sensibilité auditive personnelle.  Very Happy

PS : Je rappelle que je ne suis pas en train de défendre le terme d'apprenant en milieu scolaire, que je n'utilise d'ailleurs pas. Very Happy

Exemple parfait d'une extension abusive et révélatrice d'un positionnement idéologique mortifère. Un élève, c'est un élève.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par JPhMM le Mer 22 Oct 2014 - 15:33

@Tamerlan a écrit:Je n'ai rien contre le mot d'apprenti qui fleure bon les corporations d'ancien régime mais ce n'est pas celui qui a été retenu.
Cette représentation de ce mot fut aussi construit par votre propre histoire et vos propres études, et rien ne dit qu'elle soit universellement partagée.
Ainsi, en mathématiques, il n'est pas rare d'utiliser l'expression "apprenti mathématicien", y compris pour parler d'élèves apprenant les mathématiques. D'ailleurs l'expression leur plait beaucoup. Je vois mal en quoi cet apprenti-là fleurerait bon les corporations d'ancien régime.
Sans parler des apprentis de CFA.

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Tamerlan le Mer 22 Oct 2014 - 15:35

@Anaxagore a écrit:


Exemple parfait d'une extension abusive et révélatrice d'un positionnement idéologique mortifère. Un élève, c'est un élève.

Très admiratif de la qualité de votre argumentation  !

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par User5899 le Mer 22 Oct 2014 - 15:35

@Marmont a écrit:Oui, cela va avec.
Ce que je ne parviens pas à comprendre c'est comment ces enseignants parviennent à faire passer deux heures (si ce n'est plus au bout du compte) en ne faisant pratiquement rien, voire que de l'inutile à vous lire. C'est à se pendre devant un public qui n'en a rien à cirer... Rolling Eyes
Est-ce qu'ils ne savent rien faire d'autre ou bien se retrouvent-ils devant vous sans consignes à improviser du n'importe quoi ?
Quand j'étais stagiaire, avant les IUFM, on était au Centre Pédagogique Régional. La formation consistait en une vingtaine de conférences sur l'année, faites par des enseignants en postes et consistant en une présentation de ce qu'ils faisaient eux-mêmes devant leurs classes, leurs "trucs", leurs astuces. C'était inégal, mais on pouvait glaner. Comment peut-on n'avoir rien à dire à de jeunes collègues quand on est soi-même enseignant ?

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Tamerlan le Mer 22 Oct 2014 - 15:36

@JPhMM a écrit: Je vois mal en quoi cet apprenti-là fleurerait bon les corporations d'ancien régime.
Sans parler des apprentis de CFA.

Mais ce n'était pas une insulte Very Happy

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par User5899 le Mer 22 Oct 2014 - 15:37

Mouarf Very Happy

Perso, j'ai été contacté il y a longtemps par un IPR et j'ai fait des formations à l'IUFM pendant deux ans. J'ai démissionné quand il m'a été demandé d'encadrer des soutenances de mémoires et de faire de l'aide à l'inspection. Et depuis, je suis tricard Razz

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par JPhMM le Mer 22 Oct 2014 - 15:37

@Tamerlan a écrit:
@JPhMM a écrit: Je vois mal en quoi cet apprenti-là fleurerait bon les corporations d'ancien régime.
Sans parler des apprentis de CFA.

Mais ce n'était pas une insulte Very Happy
Je ne l'ai pas compris comme une insulte. Very Happy

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Anaxagore le Mer 22 Oct 2014 - 15:42

@Tamerlan a écrit:
@Anaxagore a écrit:


Exemple parfait d'une extension abusive et révélatrice d'un positionnement idéologique mortifère. Un élève, c'est un élève.

Très admiratif de la qualité de votre argumentation  !

Raz-le-bol de répéter ce genre de discussion depuis je ne sais combien d'années. Enoncer des vérités qui ne tiennent pas compte des personnes à qui on a affaire, de ce qu'elles sont au moment où l'on s'adresse à elles cela ne tient pas. Lorsqu'on s'adresse à des élèves qui sont en train de développer leurs capacités à mener une réflexion rationnelle ce n'est pas la même chose que lorsqu'on s'adresse à un adulte.

Des exemples de généralisations qui oublient les contenus et/ou les individus il y en a à la pelle.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par User5899 le Mer 22 Oct 2014 - 15:46

@Tamerlan a écrit:c'est le sens commun qu'il a pris, disons depuis le XVIII° siècle
Ah oui, ça s'est réchauffé, depuis Rolling Eyes

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par PauvreYorick le Mer 22 Oct 2014 - 15:54

@Tamerlan a écrit: je ne suis pas en train de défendre le terme d'apprenant en milieu scolaire
C'est une précision qui est bienvenue, parce que ce n'était pas clair du tout, compte tenu du fait que ce bout de discussion ne porte pas sur les néologismes en général, ni sur l'introduction de termes techniques en général, mais uniquement sur l'intérêt de ce néologisme-là. Et je soutiens (comme vous, apparemment) que son seul effet est de renseigner sur un certain nombre d'opinions qu'a probablement celui qui l'emploie. J'éprouve seulement le besoin d'ajouter que c'est bien maigre. Et que ça ne compense pas le barbarisme (je ne sais pas pourquoi vous renvoyez «malsonnant» à des considérations idiosyncrasiques, ça me paraît assez farfelu comme opinion). Bref, qu'on se retrouve chez Molière en moins de temps qu'il n'en faut pour faire entrer les trois syllabes en question dans une phrase complète. Smile

Autrement dit, le diagnostic c'est bien «tout ça pour ça». Si vous êtes d'accord avec tout ou presque (comme il le semble), probablement n'y a-t-il pas à épiloguer Smile

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Tamerlan le Mer 22 Oct 2014 - 15:57

En même temps on est des profs, si on ne coupe pas les cheveux en 4...

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Dhaiphi le Mer 22 Oct 2014 - 16:24

@PauvreYorick a écrit: probablement n'y a-t-il pas à épiloguer Smile
Comme c'est regrettable ! s'exclame le formateur, fort dépité de ne pouvoir terminer l'après-midi de formation sans intervenir.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Rendash le Mer 22 Oct 2014 - 19:54

@Elyas a écrit:

Rendash, autant je comprends la critique sur les ESPé et leurs formations bizarres (j'ai eu à l'IUFM une formation de 6h de sophrologie où on m'a fait jouer avec une balle de tennis pour apprendre à me masser les pieds et le dos), autant ce que j'ai mis en gras, cela me semble normal (même si un peu court).

On a tout de même des stagiaires et des professeurs titulaires qui font des powerpoint avec 57 documents pour un cours d'une heure. Ils ne voient pas le problème... Donc, une petite mise au point sur l'usage du document et la capacité d'attention d'un élève de 6e ou de Tle, c'est pas plus mal. Pour la trace écrite (dieu que je déteste cette formulation), ce n'est pas inintéressant aussi de savoir comment transmettre le cours sous forme écrite et comment faire écrire les élèves.

Certes. Sauf qu'il ne s'est pas du tout agi de ça, au final. C'est bien là le problème : le contenu, quoique moins indigent (et indigeste) que les cours que j'ai évoqués au début du fil, n'était finalement adapté ni à nos attentes, ni à nos besoins. A la décharge de la formatrice, elle a essayé de nous faire bosser sur nos propres productions, ça a eu l'avantage d'être concret.
...du vide concret, quoi.
Bon, on a quand même appris deux ou trois petites choses dans le lot. Notamment sur la quantité de documents, justement...Ho wait...déjà vu l'an dernier, et fait partie des choses demandées au CAPES! (Le fameux "document maître" autour duquel axer la séance, le document accroche éventuel, les documents à comparer/pour illustrer, toussah).
C'est bien ça qui nous déprime, mes collègues et moi : on est tout neufs dans le métier, on a tout à apprendre, et on n'a pas l'accompagnement dont on aurait besoin. Heureusement, ma tutrice et mes collègues compensent, et puis je lis et note beaucoup de choses sur Neo, ça compense un peu.


@Elyas a écrit:
Bref, c'est comme partout, il y a enseignant et enseignant tout comme il y a formateur et formateur. Proférer de telles généralités ressemble à une jalousie mal placée.
Puisque je ne parle que de ma propre expérience, par définition je ne généralise pas. Mais je ne me suis pas senti spécialement visé par cette phrase, t'façon Razz



@Tamerlan a écrit:
C'est sûr que l’expérience personnelle compte beaucoup. Au cours de ma formation initiale (le début des Iufm) ce n'était pas très brillant en formation transversale mais très bon sur l'essentiel de l'équipe disciplinaire.[...]
Il ne faut pas non plus oublier ce que représente le travail d'un formateur :[...] il doit créer son contenu de formation de manière autonome en le maintenant à la pointe de ce qui existe. Il s'engage devant ses pairs[...]
Par ailleurs il ne faut pas oublier que le rapport des enseignants à la formation est souvent ambigüe : une demande formelle mais aussi une méfiance à priori. J'ai le souvenir que très souvent en formation continue la première heure était occupée à convaincre un public à priori assez hostile (bien qu'ayant demandé la formation au PAF) que ce que nous allions faire pouvait apporter quelque chose à leurs pratiques.
Ne pas oublier un des réflexes de base quel que soit le métier: toute fonction qui n'est pas la mienne est soupçonnée d"être une planque ou d'héberger un ramassis d'incapables...
1) La formation disciplinaire est assurée par la fac, et très bien assurée. Les collègues qui sont venus au titre du la formation continue s'en sont montrés ravis, en tout cas. L'ESPé est censée apporter une formation didactique et pédagogique, et pour le moment, elle est inexistante. Et ça faich', parce qu'on en a besoin.
2) Si tant est qu'il y ait un contenu. Deux heures à mater des vidéos YouTube (et je n'exagère pas), c'est léger comme contenu.
3) Il ne faut pas non plus oublier que la majorité des stagiaires est encore à moitié étudiante. Nous n'avons donc a priori pas le même rapport à la formation que des collègues titulaires depuis Mathusalem. Surtout dans le cas de choses totalement nouvelles, telles que les aspects didactiques et pédagogiques évoqués précédemment.
4) Mouais. Mon problème, ici, ce n'est en aucun cas la fonction, c'est le fonctionnement. Je ne dénigre pas les formateurs parce qu'ils sont formateurs, je dénigre la formation parce qu'elle est naze.



Cripure a écrit:
Quand j'étais stagiaire, avant les IUFM, on était au Centre Pédagogique Régional. La formation consistait en une vingtaine de conférences sur l'année, faites par des enseignants en postes et consistant en une présentation de ce qu'ils faisaient eux-mêmes devant leurs classes, leurs "trucs", leurs astuces. C'était inégal, mais on pouvait glaner. Comment peut-on n'avoir rien à dire à de jeunes collègues quand on est soi-même enseignant ?

Hé bien, là, ce serait du concret. Là, on aurait des choses à apprendre, à retenir, voire des contre-exemples, mais du biscuit, quoi.

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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Jenny le Mer 22 Oct 2014 - 20:09

Quand je lis certains fils, je me dis que j'ai beaucoup de chance : mes formateurs sont quasiment tous en poste (et pas toujours dans des établissements faciles), nous présentent des séquences à eux, on présente les nôtres, ils nous aident à les retravailler, nous donnent des conseils pour tel ou tel problème avec un élève ou une classe.
Sur la quantité de documents, c'est pas mal de le rappeler. Une leçon de CAPES c'est différent. Ca dépend comment c'est fait, mais ça me paraît normal que ça figure dans la formation.
Le tronc commun, par contre, c'est autre chose Shocked

Jenny
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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Jenny le Mer 22 Oct 2014 - 20:13

@Herrelis a écrit:Dites, vous pensez que la formation sur le pervers narcissique c'est pour repérer les chefs abusifs? Razz

idee
Ah mais en fait, ça peut être utile.


Dernière édition par Jenny le Mer 22 Oct 2014 - 20:13, édité 1 fois

Jenny
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Re: Brighelli - Devenir enseignant : le grand n'importe quoi

Message par Rendash le Mer 22 Oct 2014 - 20:13

Le rappeler, oui, y consacrer deux heures...? Soit dit en passant, les deux lignes d'Elyas sur la question sont plus complètes.

Moi qui ai tendance à gratter tout ce que je peux pendant un cours, je n'ai pas dû noter plus de dix lignes sur ces deux heures Razz

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