Quand on n'aime pas un élève...

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Lefteris le Sam 15 Nov 2014 - 11:57

Janne a écrit:
Marre de cette obligation officieuse de s'exprimer par euphémismes.
Tutafé. aai  J'ai remarqué que dans l'E.N. on n'appelait jamais un chat un chat, il faut parler par circonvolutions (pas moi, hein...).
L'ado peut aussi être déjà un individu totalement abject, cruel, tiraillé entre les pulsions de l'enfance et le modèle de la pire bêtise adulte. Ce n'est que vérité de le dire. Il n'y a qu'à voir  dans les établissements "difficiles" les colères infantiles  pour des broutilles liées à la pire violence, ou dans  les tribunaux ce que sont capables de faire des ados. Les régimes totalitaires ne s'y sont jamais trompés (comme le commerce d'ailleurs, nouveau totalitarisme) en  ciblant leurs passions pour les utiliser.

J'aime beaucoup Houellebecq, et là , j'ai ri de ce qu'il fait dire à son personnage  Very Happy
Spoiler:
"Il est difficile d’imaginer plus con, plus agressif, plus insupportable et plus haineux qu’un pré-adolescent, spécialement lorsqu’il est réuni avec d’autres garçons de son âge. Le pré-adolescent est un monstre doublé d’un imbécile, son conformisme est presque incroyable ; le pré-adolescent semble la cristallisation subite, maléfique (et imprévisible si l’on considère l’enfant) de ce qu’il y a de pire en l’homme."


Dernière édition par Lefteris le Sam 15 Nov 2014 - 12:59, édité 1 fois

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par JPhMM le Sam 15 Nov 2014 - 12:04

D'une gentillesse désarmante, il est cash, Houellebecq. I love you
Qualité si rare. Qu'il semble être le seul parmi ceux qui ont une voix publique en ce moment.

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Oudemia le Sam 15 Nov 2014 - 12:11

@Mezzo voce a écrit:Malgré ses "efforts" (tout est relatif), un élève de ma classe de quatrième de la mort qui tue m'est franchement antipathique. Il s'agit de l'élève dont je parle sur un autre fil, dont j'ai rencontré la maman il y a peu. Suite à cette rencontre, il fait donc des "efforts". J'étais aujourd'hui d'humeur joviale. Comme les élèves, malgré une agitation latente, avaient bien avancé sur l'analyse d'un extrait d'adaptation filmique, je leur ai montré avant la sonnerie un second extrait... Triste idée: le pathétique de la scène n'a pas du tout été perçu. Les élèves ont eu un fou rire à voir la dégradation physique progressive du personnage principal. J'ai donc lancé, sur un ton faussement colérique: "Vous n'avez pas de coeur, allez: rangez vos affaires, rangez les chaises sur les tables et sortez, je ne souhaite plus vous voir." Les élèves sont sortis tout contents. Et soudain, l'un d'eux, parmi les pénibles, d'ailleurs, me glisse: "Madame! X (soit l'élève qui me devient puissamment antipathique) a dit: "ben nous aussi on veut plus vous voir." J'ai donc repris l'élève. Comme je me suis permis un trait d'humour, je ne l'ai pas sanctionné pour le sien. Mais, comment dire, je commence à le prendre en grippe, celui-là. Un petit hypocrite qui joue sur tous les tableaux, insolent, fourbe et malin (na, ça fait du bien). Pourtant, il y en a des plus corsés (j'ai l'impression de parler de dosettes, mais bon). Bref, vous est-il arrivé de ne pas aimer vos élèves?
Cela se comprend et m'est arrivé ! Mais, comme tu es professionnelle, tu feras comme moi : tu vas laisser tes sentiments de côté quand tu seras en classe ou devant sa copie  Smile


@Mezzo voce a écrit:Je réalise que ce fil s'est longuement déployé et a pris une étrange tournure accusatrice. Je réfléchis, tout en continuant à travailler, à la réponse la plus appropriée me concernant. Pour l'heure, j'aurais tendance à tout mélanger. Il faut donc que j'organise ma réflexion.
C'est ce que je suis dit ! J'avais vu ton message hier soir, sans intervenir, et en reprenant ce matin le fil tout du long j'ai souvent eu envie de citer, mais finalement d'autres (pas Pascal, hein  Razz ) ont très bien exprimé ce que je pensais.
Et pour ce qui est de la salle des profs virtuelle qu'est Neoprofs, Daphné a bien résumé, donc je ne reprendrai pas non plus.

Quelqu'un a dit Ite missa est,  ne commençons pas les vêpres maintenant Razz

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par dandelion le Sam 15 Nov 2014 - 12:15

@Rendash a écrit:
@Pascal a écrit:
@Rendash a écrit:

Non, ce qui serait misogyne, c'est de penser que "quiche" est un vocable exclusivement réservé aux filles, parce que ce sont des filles.
Une quiche, chez moi en tout cas, c'est a-genre, ça concerne toute personne qui se signale par sa bêtise.

Oui mais tu es une personne d'une sagesse supérieure. Ce n'est pas le cas de tout le monde.

Hé bien, dans ma région, il semblerait que si. "Ce mec est une quiche", je l'entends assez régulièrement. Je le dis assez régulièrement, y compris et surtout à propos de moi-même.

Mais libre à toi de considérer, ou de faire mine de considérer, que c'est à mettre sur le même plan que les insultes signalées dans le fil que tu nous as mis en lien.
Tu es lorrain? Razz

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par MrBrightside le Sam 15 Nov 2014 - 12:16

En RP, "quiche" est aussi unisexe ! professeur

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Herrelis le Sam 15 Nov 2014 - 12:21

Hé bé, y'en a eu des choses de dites Razz. Traiter une fille de quiche, misogyne? Peut-être... je dis souvent de moi-même que je suis une quiche ou blonde au dedans de moi, alors bon... mais je comprends que ça te choque.

Pour répondre à Mezzo : oui ça m'est arrivé d'avoir des élèves dans le nez. Généralement parce qu'ils étaient là pour se payer ma tête et rien d'autre et que je déteste qu'on me prenne pour une imbécile. J'ai eu de tous les profils : du bon élève méprisant qui te dit avec un grand sourire "ce que vous faites ne sert à rien, j'apprends mes leçons, je fais mes devoirs, mais ça m'emm*** parce que c'est inutile", au nocif en révolte complète qui vous insulte et vous menace "faites gaffe à vous hein dans la rue". En général je leur offre la plus parfaite ignorance (ou un signalement en cas de menaces). Comme dit, ils ne veulent pas qu'on les aide? Ok, tant pis pour eux, j'en ai d'autres à aider. ^^

Au bout du compte, nous sommes humains.

EDIT : Mr. B, tu crois qu'on fait un beau couple de quiches là? :p

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"Without you I feel... hollow." - "Such a lovely way to say that 'am a pain in the ass."

Herrelis
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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par JPhMM le Sam 15 Nov 2014 - 12:26

Je suis plus cruche que quiche.
Et j'assume. Very Happy

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Mezzo voce le Sam 15 Nov 2014 - 13:00

Je ne sais pas si j'ai suffisamment réfléchi, mais j'ai besoin de faire une pause en m'adressant à mes chers collègues. En ce qui me concerne, ce site m'est d'une aide étonnante au quotidien, et pourtant j'ai toujours eu une réticence pour les forums. J'y "rencontre" des voix expérimentées qui me soutiennent, m'apprennent, et mes progrès pour ce qui est de la gestion des classes et du recul à développer dans ce métier m'étonnent moi-même, progrès que je dois donc à beaucoup d'entre vous, ML, Kero et bien d'autres, vos conseils étant justes et mesurés. Je nous trouve très isolés dans ce métier, et ce forum brise cet isolement et permet d'aborder des sujets tabous. L'isolement est aussi le fait d'une mutation, mutation du système qui place l'élève au centre de tout, élève qui connaît très bien aujourd'hui ses droits et ses devoirs mais aussi les droits et les devoirs des enseignants, élève qui se voit soutenu par les parents, parfois avec une terrible mauvaise foi, et de plus en plus par une hiérarchie dont je ne saisis pas toujours les prises de position. Si j'en reviens à l'élève dont je parlais dans ce fil: malgré tous mes efforts diplomatiques, voilà un élève qui résiste, ne m'aime pas et n'aime pas ma matière. Peu importe, je passe outre, je dirais même que je déploie mes forces à le motiver et à l'intéresser. Mais une gêne s'installe en dépit de mon "professionnalisme": cet élève ne cesse de critiquer ses enseignants (son professeur de français l'an dernier faisait des cours de maths en réalité, son professeur d'anglais de l'an dernier était une teigne, etc), ne se remet pas en question (s'il a des mauvaises notes, c'est la faute de l'enseignant). Jusqu'ici, rien de particulièrement neuf. Je continue: il se met à sécher les cours, dont les miens. Je contacte les parents, car je m'inquiète. L'élève réussit à se victimiser pour justifier son manque de travail et ses absences : s'il ne vient pas en cours, c'est que je le terrorise. Je prends le temps de rencontrer les parents: lorsque je cite mot pour mot l'élève ("ça me casse les couilles", par exemple), lorsque je mets en avant certains de ses actes déplacés, pour expliquer les croix et autres punitions dont il se plaint, l'élève fait des "oh!" et des "ah!" choqués. Heureusement, les parents ne semblent pas dupes et reconnaissent que leur enfant peut être pénible. Je mets bien en avant que, de mon côté, je n'ai aucun problème avec lui et que les efforts doivent venir de l'élève, qui doit être bien persuadé que, s'il n'aime pas mes méthodes, il n'a pas le choix, etc. L'élève, suite à cette rencontre, participe, mais avec un sourire jeté en direction de ses camarades, l'air de se foutre de moi. Peu importe, il participe, c'est le plus important. Mais il ne peut s'empêcher de déraper finalement et sa participation devient provocatrice. Tel auteur est "nul". En englobant sa dernière remarque à mon encontre dont je parle plus haut, voilà donc un élève, pour résumer, qui réussit à se faire plaindre en faisant de moi un monstre et tente à présent de mobiliser ses camarades pour m'emmerder, de souder les troupes en somme. Donc, oui, son attitude, en dépit de mes efforts (je continuerai à le traiter avec respect, à corriger ses copies comme les autres, je fais mon métier consciencieusement) m’écœure, c'est le mot. Il a fait l'angelot devant sa mère et le PP en me promettant de me remettre un travail qu'il n'avait bien sûr pas remis (il avait séché pour éviter la croix): il m'a bien remis un travail, mais un travail recopié sur celui d'un camarade, avec un sourire provocateur. Bref, cet élève n'attire pas mon respect, j'en suis marrie. Ce que j'aime ou n'aime pas, ce ne sont pas des élèves, finalement, mais des comportements, des attitudes. La fourberie me révulse. Et, oui, j'emploie le mot, la méchanceté. Car cet élève joue sur tous les tableaux: il sait jouer à l'élève modèle dans le cours de son PP, il sait jouer à l'ange descendu des cieux devant ses parents, et il sait qu'il peut me nuire en se plaignant sans raison auprès de son PP et de ses parents. Et c'est sur ce point que je bouclerai la boucle: le problème, c'est ce sentiment de toute puissance développé par certains élèves, qui n'aurait pas lieu d'être si la hiérarchie n'allait pas aujourd'hui plutôt dans le sens des élèves, et qui alimente l'isolement des enseignants.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Thalia de G le Sam 15 Nov 2014 - 13:57

Janne a écrit:
@Pascal a écrit:
@JEMS a écrit:J'ai eu une élève insupportable, une sorte de blanche neige croisée avec une quiche dotée d'un QI négatif. Son visage, ses mimiques me hantent encore, je vous jure, c'était physique ! Le nombre de fois où elle a pris la porte...

N'est-ce pas insultant?
Marre de cette obligation officieuse de s'exprimer par euphémismes.
N'as-tu jamais trouvé un élève stupide ? Jems l'a écrit franchement, avec du style. Ah oui, il aurait pu écrire que "la pauvre avait de graves difficultés ; malgré leur efficacité, les PPRE restaient sans effet sur elle ; régulièrement, je l'invitais à approfondir son travail auprès des AED, du CPE ou du CDE".
À  ce compte-là il est insultant de relever qu'un élève pète et rote en cours tout en te regardant d'un air benêt, confirmé par ses résultats catastrophiques, pendant qu'un autre, sournoisement s'attaque à plus faible que lui (sinon quel intérêt ?)

Tu vis dans un monde de bisounours, Pascal ? 
Je conviens que beaucoup d'autres, du moins dans mon collège, ont un comportement que je qualifierais de normal, cad avec le lot d'élèves sérieux et bosseurs, même si les résultats ne suivent pas, les faibles respectueux, le panel est fort large.
Et dans le lot, les imbuvables, ceux qui avouent qu'ils sont calmes dans certains cours mais ont décidé d'emmerder madame Thalia, ou un autre prof.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Fires of Pompeii le Sam 15 Nov 2014 - 14:25

Bonjour les néos!

Même souci pour moi, j'ai un élève qui me pose problème. Je "n'aime" aucun de mes élèves au sens où je n'ai pas d'amour pour eux mais je suis globalement attachée à eux et très dévouée pour les faire progresser, comme vous tous ici certainement.
Mais il y en a un... en sixième... il est dyslexique et donc a de graves difficultés. On fait pour lui des réunions avec sa mère etc etc... Mais en fait lui ne met aucune bonne volonté, il rate énormément de cours, ne rend pas son travail, sa mère s'en fiche d'ailleurs (elle ne lui a pas acheté son workbook d'anglais depuis la rentrée...); et vous voyez, même s'il n'est pas désagréable (pas de mauvais comportements), sa désinvolture m'agace prodigieusement ainsi que ses combines pour se faire envoyer à l'infirmerie. Sa mère se désengage totalement et ça retombe sur son fils qui, de lui même, n'a aucune envie de travailler et n'y voit aucun intérêt de toute manière. Et ça fait deux mois et demi que je suis professeur, et déjà je me fais violence pour ne pas dire à cette femme ses quatre vérités (parce que je n'ai pas à juger, en fait). Je me fais violence pour ne pas laisser tomber ce gosse qui se fiche de nous (mes collègues et moi), je continue à m'investir plus pour lui (ce que je trouve normal parce qu'il a un PAI notamment) mais honnêtement il ne le "mérite" pas.
A  contrario j'ai un élève dysphasique très volontaire et bien suivi à la maison, eh bien c'est un plaisir.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par marininha le Sam 15 Nov 2014 - 14:58

PB64, j'ai eu un élève exactement comme celui que tu décris il y a 5 ans en 6e. Insupportable, la même maman ... Il ne fichait rien malgré toutes nos aides. Et bien je l'ai eu ensuite en 4e puis en 3e, il était devenu sympa, il n'aimait pas l'école, il était honnête à ce propos mais il a choisi de mieux se tenir, et une fois qu'il a eu une idée d'orientation, il a bossé les matières dont il avait besoin, et il s'est ouvert, c'était franchement mieux. Certains ont des passages difficiles ...

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Fires of Pompeii le Sam 15 Nov 2014 - 15:07

Ton message me redonne un peu d'espoir, j'espère vraiment que c'est un mauvais passage...

_________________
Je ne dirai qu'une chose : stulo plyme.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Marie Laetitia le Sam 15 Nov 2014 - 15:53

Mezzo fleurs2 c'est le week-end. Oublie-le. Tu as besoin d'une pause, profite du temps que tu peux dégager jusqu'à demain soir, même si tu as du travail, etc etc. Il ne faut pas se miner pour certains élèves. Tu as des élèves durs. J'espère que tu es soutenue par tes collègues. J'ai cette chance (c'est l'avantage de la ZEP assez dure) et je te la souhaite vivement. Mais en attendant, souffle... Une balade, un ciné, une copine à appeler, ce que tu veux mais profite.


Dernière édition par Marie Laetitia le Sam 15 Nov 2014 - 17:07, édité 1 fois

_________________
 
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)

________________________________________________

Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. (...) Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Écusette de Noireuil le Sam 15 Nov 2014 - 16:09

@Marie Laetitia a écrit:Mezzo fleurs2 c'est le week-end. Oublie-le. Tu as besoin d'une pause, profite du temps que tu peux dégager jusqu'à demain soir, même si tu as du travail, etc etc. Il ne faut pas se miner pour certains élèves. Tu as des élèves durs. J'espère que tu es soutenue par tes collègues. J'ai cette chance (c'est l'avantage de la ZEP assez dure) et je te la souhaites vivement. Mais en attendant, souffle... Une balade, un ciné, une copine à appeler, ce que tu veux mais profite.
Complètement d'accord. C'est un des soucis du métier, cette difficulté à cloisonner, et c'est vital d'apprendre à le faire. Je me souviens d'une année où j''avais non pas un élève mais toute une classe détestable. Je m'étais promis deux choses :de refuser de me laisser gâcher la vie en pensant à eux plus que strictement nécessaire en dehors des 4 heures par semaine où je les avais, et d'être souriante en début d'heure, quoi qu'il en coûte. J'y suis arrivée, du moins la plupart du temps, et ça m'a bien aidée, surtout la résolution numéro 1.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par zeprof le Sam 15 Nov 2014 - 16:51

je n'ai pas lu tout le fil, je vais remonter petit à petit... pour répondre à la question de départ : en général j'apprécie tous mes élèves...
c'est assez rare que l'un ou l'autre m'insupporte vraiment mais cela arrive. Quand c'est le cas, j'essaie de le traiter de la même manière que les autres et de passer outre.
après tout nous sommes humains et travaillons avec l'humain donc il y a forcément une part de subjectivité.

quand ils me posent la question, je leur répond que je ne suis pas là pour les aimer mais que j'aime (ou pas) travailler avec eux.

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Dinaaa le Sam 15 Nov 2014 - 17:20

@Écusette de Noireuil a écrit: refuser de me laisser gâcher la vie en pensant à eux plus que strictement nécessaire en dehors des 4 heures par semaine où je les avais, et d'être souriante en début d'heure, quoi qu'il en coûte.

Oh, ça c'est valable pour tous les élèves !
Le sourire est de rigueur quand j'accueille mes élèves : pour certains il est sincère, pour d'autres il est hypocrite, pour tous il me fait du bien. angedemon

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Pascal le Sam 15 Nov 2014 - 19:10

@Dinaaa a écrit:
@Écusette de Noireuil a écrit: refuser de me laisser gâcher la vie en pensant à eux plus que strictement nécessaire en dehors des 4 heures par semaine où je les avais, et d'être souriante en début d'heure, quoi qu'il en coûte.

Oh, ça c'est valable pour tous les élèves !
Le sourire est de rigueur quand j'accueille mes élèves : pour certains il est sincère, pour d'autres il est hypocrite, pour tous il me fait du bien. angedemon

Bravo +1

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par User5899 le Sam 15 Nov 2014 - 19:38

@Mezzo voce a écrit:J'ai donc lancé, sur un ton faussement colérique: "Vous n'avez pas de coeur, allez: rangez vos affaires, rangez les chaises sur les tables et sortez, je ne souhaite plus vous voir." Les élèves sont sortis tout contents. Et soudain, l'un d'eux, parmi les pénibles, d'ailleurs, me glisse: "Madame! X (soit l'élève qui me devient puissamment antipathique) a dit: "ben nous aussi on veut plus vous voir."
"Bon, vous, d'abord, on ne cafte pas. Quant à vous là-bas, c'est "nous NON PLUS, NOUS NE voulons plus vous voir". Et dans la vie, hélas, on n'a pas toujours ce qu'on veut.
Autre chose ? Vaquez !"

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Fesseur Pro le Sam 15 Nov 2014 - 19:47

@Dinaaa a écrit:Le sourire est de rigueur quand j'accueille mes élèves : pour certains il est sincère, pour d'autres il est hypocrite, pour tous il me fait du bien.
+ 1
Nous sommes avant tout des acteurs.
Certains meilleurs que d'autres...

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Mezzo voce le Sam 15 Nov 2014 - 19:56

Merci ML... Oui, j'ai des collègues solidaires, cette année. Cripure, tes répliques sont Razz ...
Bien sûr que nous sommes des "acteurs", en un sens. Mais bon... Si en face on avait un "public" accueillant... Je crois que je vais encore boire un petit verre, ce soir. santeverre

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par User5899 le Sam 15 Nov 2014 - 20:02

@Mezzo voce a écrit:Merci ML... Oui, j'ai des collègues solidaires, cette année. Cripure, tes répliques sont Razz ...
Bien sûr que nous sommes des "acteurs", en un sens. Mais bon... Si en face on avait un "public" accueillant... Je crois que je vais encore boire un petit verre, ce soir. santeverre
Allez, allez... Ce sont ceux qui vous disent qu'ils ne veulent plus vous voir qui, dix ans après, traversent la rue pour venir vous serrer la main. Carapace d'ado, âge bête, toussa... C'est physiologique Razz

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par florestan le Sam 15 Nov 2014 - 20:07

Franchement je ne vous comprends pas , moi j'aime tous mes élèves kiss kiss kiss chirolp iei chirolp iei chirolp iei devil devil devil

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Ergo le Sam 15 Nov 2014 - 20:09



Razz

Même sans attendre dix ans, l'année suivante, on a parfois des surprises !

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Herrelis le Sam 15 Nov 2014 - 20:26

Ha mais prendre quelqu'un en grippe n'empêche pas la politesse élémentaire ^^. Il s'avère que je suis souvent plus polie qu'eux... par contre n'étant pas d'un naturel jovial et souriant, pour ça, on repassera (mais tout le monde y a droit! Razz)

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par Rendash le Sam 15 Nov 2014 - 20:30

@John a écrit:
@Pascal a écrit:
Oui mais tu es une personne d'une sagesse supérieure. Ce n'est pas le cas de tout le monde.
Pascal, fais attention : Rendash pourrait te croire Very Happy

Aucun risque : la modestie est le premier article de l'encyclopédie de mes qualités

@dandelion a écrit:
Tu es lorrain? Razz

Non, j'ai déjà avoué ne pas connaître Strasbourg


*sort vite, avant que des gens d'là-bas ne rappliquent*




Pour le reste, deux choses :
- OK pour le sourire à tous au quotidien, y compris face à des élèves que j'apprécierais éventuellement un peu moins (si tant est que ça m'arrive un jour : à vrai dire, je n'aime ni ne n'aime pas mes élèves Razz )je suis d'accord.
- j'aurais cependant du mal à sourire à certains élèves dans certains cas. Celui qui a coincé une de ses camarades derrière le gymnase, celui qui a tenté d'étrangler un camarade ou un prof, celui dont je sais qu'il harcèle huit heures sur vingt-quatre un de ses camarades..Pardon, mais j'ai du mal à lui décrocher un sourire. Paix sociale ou pas.

_________________

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Re: Quand on n'aime pas un élève...

Message par décembre le Sam 15 Nov 2014 - 20:37

Ton élève a l'air d'être un sacré manipulateur... J'aurais du mal aussi !

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