Article Nature concernant l'hypothalamus dans le développement en mathématiques

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Article Nature concernant l'hypothalamus dans le développement en mathématiques

Message par kellogs le Mer 19 Nov 2014 - 19:24

Bonjour à tous,

Je vous signale l'article de Nature concernant le rôle de l'hypothalamus dans le développement en mathématiques :

Hippocampal-neocortical functional reorganization underlies children’s cognitive development
Shaozheng Qin 1 , Soohyun Cho 1,2 , Tianwen Chen 1 , Miriam Rosenberg-Lee 1 , David C Geary 3 & Vinod Menon 1,417
August 2014;

Je dispose de cet article, mais il est "marqué" et je ne peux le transmettre.
Il s'agit de Nature en ligne (moins prestigieux), et non de Nature au format papier.

L'article relate une expérience désormais classique : utiliser l'I.R.M. pour mesurer l'activation de certaines zones du cerveau lors d'activités cognitives. On le fait longtemps sur des consommateurs de McDonald, Apple, BMW pour mesurer l'impact des marques. On mesure désormais l'efficacité des mathématiques à développer le cerveau.

On connaissait déjà le rôle de l'hypothalamus : les individus privés d'hypothalamus ne peuvent plus apprendre de nouvelles connaissance. Un pianiste sans hypothalamus pourra toujours jouer du piano. Par contre, il ne pourra pas apprendre de nouvelles partition ni étudier un nouvel instrument.

Ce qui est nouveau (je commence là le résumé), c'est que :
* L'hypothalamus tisserait des liaisons nerveuses avec les zones de la mémoire à long terme. L'acquisition des mathématiques fait bien partie des apprentissages à long terme. Les élèves qui disent "Monsieur, j'ai oublié la leçon", c'est que l'acquisition est restée au stade de l'hypothalamus et n'a pas migré vers d'autres zones.
* L'hypothalamus se muscle en faisant des mathématiques, comme un gymnaste se muscle en pratiquant un sport. Les progrès sont mêmes fulgurants. C'est la fonction "Apprendre à apprendre" des mathématiques, connue de tous (sauf des concepteurs des programmes scolaires). Mieux encore : on peut prédire les résultats d'enfants en mathématiques en passant leur cerveau au scanner.
* Les processus de migration vers les zones du cerveau à long terme sont mal connus. Et restent à étudier.
* Les chercheurs ont mesuré trois groupes de patients : enfants, adolescents et adultes. C'est bien entre 7 et 11 ans que tout se jouerait. Au primaire, il faut s'entraîner activement au calcul (en tout cas, plus qu'aujourd'hui). Mon avis : si on considère les stades du développement de Piaget, il faut mettre le paquet sur les sixième / cinquième et ensuite les quatrième / troisième. Ensuite, au lycée, tout est déjà joué. Et ne parlons pas des études supérieures : le cerveau serait déjà adulte. L'idée qu'on pourrait enseigner les mathématiques à de jeunes adultes de 19 ans, à leur entrée en faculté (c'est l'idée derrière les programmes) et faire de la garderie aux enfants en collège/lycée est une idée fausse.
* L'hypothalamus agirait comme une sorte de backup, concervant trace des mathématiques, toute la vie durant. C'est ce qui explique que même lorsque l'on a arrêté de faire des mathématiques durant une longue période (plus de 15 ans), on peut tout réapprendre, très rapidement, comme si on avait arrêté les maths la veille.

Personnellement, j'en déduis que tous les élèves en difficulté qu'on croise sont en fait sacrifiés par les nouveaux programmes.
Seule la pratique REGULIERE d'exercices permet d'enregistrer durablement les savoirs mathématiques dans la mémoire long-terme et l'hypothalamus.

Si vous essayez de comprendre pourquoi les élèves des années 1950-1990 ont un niveau considérablement supérieurs aux élèves d'aujourd'hui, c'est une explication convaincante.
La TRES MAUVAISE NOUVELLE, c'est que les dégâts des nouveaux programmes de mathématiques sur nos enfants sont DEFINIFS et IRREMEDIABLES pour les classes d'âge concernées.

C'est même, à mon avis, une raison quasi-suffisante, pour faire machine arrière (et réintroduire le formalisme en mathématiques et les démonstrations).
Personnellement, je suis d'avis d'introduire la notation a/b=y dès le sixième (mais en douceur), plutôt que de faire toute une année en parlant d'inconnue (comme dans TRIANGLE 6ème).
Si c'est pour graver la notion carthésienne dans leur mémoire, c'est préférable.

Vos avis sont les bienvenus.
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