Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

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Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par John le Lun 15 Déc 2014 - 16:23

Les États généraux de l'Antiquité : quels enjeux pour demain ?

Nos deux associations, qui placent l’Antiquité au cœur de leurs activités, l’APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l'Enseignement Supérieur) et la SOPHAU (Société des Professeurs d’Histoire Ancienne de l’Université), ont décidé d'organiser un événement médiatique sur la place de l’Antiquité dans notre société :

Les États généraux de l’Antiquité : quels enjeux pour demain ?

Pourquoi des États généraux de l'Antiquité ? Pour poser la question de la place de l’Antiquité en France et en Europe dans ces trois domaines : culture, formation, recherche, et pour qu’en apparaissent clairement les enjeux.

« Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. »

En 1924, au lendemain du premier conflit mondial, Paul Valéry se demandait déjà si l’Europe allait conserver sa prééminence mondiale dans tous les domaines ou si elle n’occuperait pas plutôt la place que la géographie lui assigne : « un petit cap du continent asiatique ». Revenant à l’Antiquité, il considérait « comme européens tous les peuples qui ont subi au cours de l’histoire les trois influences » que sont Rome, le christianisme et la Grèce[1].

Aujourd’hui, en 2015, nous savons que le temps tisse les civilisations dans un perpétuel mouvement et qu’elles se nourrissent les unes des autres. Ce mouvement de renouveau existe dans la mesure où le présent et l’avenir se nourrissent du passé. C’est pourquoi l’Antiquité proche-orientale, grecque et romaine est non seulement aux origines mais aussi au cœur de notre civilisation européenne, comme un terreau fertile, ce que nous voulons affirmer haut et fort dans une expression commune des historiens, des linguistes, des archéologues, des juristes et des spécialistes de la pensée et des littératures anciennes.

Ces enjeux seront débattus au cours de trois tables rondes : sur l'Antiquité et l'éducation, sur l'Antiquité et la culture européenne au XXIe siècle et sur l'Antiquité et la recherche.

L’Antiquité est malmenée dans les programmes scolaires et la formation des citoyens, menacée dans la recherche. Et pourtant, les références aux modèles antiques irriguent la littérature, la philosophie et l'art occidental, jusqu'aux arts plus récents que sont le cinéma, la télévision, ou la bande dessinée. Elles sont omniprésentes sur internet, dans les jeux, dans la publicité et irriguent notre imaginaire. L’Antiquité reste à la page dans des formes d’expressions nouvelles. En effet,

« Avoir été c’est une condition pour être… » (Fernand Braudel[2])

Rendez-vous en Sorbonne le samedi 28 février 2015.

D'ici là, vous avez la possibilité de poser vos questions pour chacune des tables rondes. Ces questions seront relayées à nos invité(e)s le 28 février 2015. Le jour même, après chaque débat, nous laisserons également un temps de parole à la salle afin que tout un chacun puissent encore interroger nos intervenants.

Exprimez-vous ! Cliquez sur l'onglet : Posez vos questions

[1] Paul Valéry, « Note (ou L’Européen) » première publication en 1924 dans la Revue Universelle, repris dans Variété I, Essais quasi politiques, « La crise de l’esprit », Paris, Gallimard, 1957, p. 988-1014.
[2] Fernand Braudel, La Méditerranée, Paris, Flammarion, 1985, p. 8.
http://sophau.univ-fcomte.fr/les-etats-generaux-de-l-antiquite/

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En achetant des articles au lien ci-dessous, vous nous aidez, sans frais, à gérer le forum. Merci !


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John
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par cliohist le Jeu 26 Fév 2015 - 20:49

Les États généraux de l’Antiquité : quels enjeux pour demain ?
APLAES et SOPHAU
En Sorbonne, Amphithéâtre Richelieu, le samedi 28 février 2015, de 10h à 18h
Entrée libre
http://sophau.univ-fcomte.fr/les-etats-generaux-de-l-antiquite/index.php/le-programme

10 h 00 : Accueil et introduction générale

10 h 30 – 12 h 00 : Première table ronde - L’Antiquité et l’éducation  

Augustin D’Humières, Professeur agrégé de lettres classiques au lycée Jean-Vilar de Meaux (Seine et Marne), fondateur et ancien président de l’association Mêtis
Bernard Legras, Professeur d’Histoire grecque, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, vice-président CFVU-Conseil Académique
Dario Mantovani, Professeur de Droit romain à l’Université de Pavie, directeur de la revue Athenaeum et du CEDANT (Centro di studi e di ricerche sui diritti antichi)
Monique Trédé, Professeur de Langue et littérature grecques à l’École Normale Supérieure (Paris), vice-Présidente de l’association Sauvegarde des Enseignements Littéraires (SEL)

Modérateur : Maurice Sartre, Professeur émérite d’Histoire ancienne à l’Université de Tours


13 h 30 – 15 h 00 : Deuxième table ronde  -  L’Antiquité et la culture européenne

Barbara Cassin, Directrice de recherche au CNRS, directrice du centre Léon-Robin, présidente du Collège International de Philosophie. Philologue, helléniste, germaniste et philosophe française
Nicolas Grimal, Professeur au Collège de France (chaire Civilisation pharaonique : Archéologie, Philologie, Histoire), directeur honoraire de l’Institut Français d’archéologie Orientale – Le Caire
Györgi Karsai,Professeur de Philologie classique à l’Université de Budapest
Alain Schnapp, Professeur d’Archéologie grecque à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien directeur général de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA)
Michel Zink, Professeur au Collège de France (chaire des Littératures de la France médiévale), Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres

Modérateur : Jean-Noël Jeanneney, Ancien Président de la Bibliothèque Nationale de France


15 h 30 – 17 h 00 : Troisième table ronde - L’Antiquité et la recherche  

Jean-Paul Demoule, Professeur de protohistoire européenne à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, ancien Président de l’INRAP, membre de l’Institut Universitaire de France
Alexandre Farnoux, Professeur d’archéologie à l’Université de Paris-Sorbonne, Directeur de l’École française d’Athènes
Francis Joannès, Professeur d’Histoire ancienne à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne (enseignement de l’histoire mésopotamienne, des rapports Bible-Mésopotamie, et des langues anciennes du Proche-Orient), Directeur de l’Unité Archéologies et Sciences de l’Antiquité (ArScAn-UMR 7041)
Catherine Virlouvet, Professeur d’Histoire romaine à l’université d’Aix Marseille, directrice de l’École française de Rome
Arnaud Zucker,Professeur de langue et littérature grecques à l’Université de Nice Sophia Antipolis, directeur adjoint de l’unité Cultures et Environnements Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM-UMR 7264, Nice), directeur de la revue électronique RURSUS

Modérateur : Emmanuel Laurentin, « journaliste d’histoire » à France Culture



17 h 00 – 17 h15 : Conclusions : Christophe Ono-dit-Biot, Directeur adjoint de la rédaction du Point et écrivain (dernier ouvrage paru : Plonger, Gallimard, grand prix du roman de l'Académie française 2014)

17h15 – 17h45 : « Poésie, musique, danse, théâtre » par la compagnie Démodocos
Direction : Philippe Brunet, Professeur de Langue et littérature grecques à l'Université de Rouen

Les débats seront filmés, les vidéos mises en ligne sur le site de la Sophau (d'après Jean-Christophe Couvenhes dans La Fabrique de l'histoire)


.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Gryphe le Sam 28 Fév 2015 - 13:46

Up ! C'est aujourd'hui !
Avec un programme drôlement intéressant. Very Happy

A suivre avec le hashtag #AEGeAn.

Gryphe
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Mrs D. le Sam 28 Fév 2015 - 14:03

C'est quand même beaucoup les mandarins et le 3e âge qui parlent, non ? Et pas forcément ceux qui sont le plus tourné vers demain et l'avenir de nos disciplines...
Parmi les gens ayant fait carrière et qui pourraient encore prétendre avoir encore des choses constructives à dire, il me semble qu'on pourrait penser à Paul Veyne et Florence Dupont, qui sont tous deux absents de ce programme.

Mrs D.
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par cliohist le Sam 28 Fév 2015 - 14:37

.
Le point de vue de Paul Veyne a été évoqué sur ce forum :
http://www.neoprofs.org/t84436-paul-veyne-propose-la-suppression-de-l-enseignement-des-langues-anciennes-au-college-et-au-lycee?highlight=Veyne

Florence Dupont était l'invitée des philosophes à propos de l'Enéide.
http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-tous-les-chemins-menent-a-rome-14-l%E2%80%99eneide-de-virgi
C'est une habituée de F-Culture
http://www.franceculture.fr/personne-florence-dupont.html

Sur l'âge des intervenants, 2 observations :
- La notoriété des plus anciens peut déterminer l'importance de la fréquentation.
- Faut-il établir une limite d'âge pour inciter les plus jeunes à militer ?

.

cliohist
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Ruthven le Sam 28 Fév 2015 - 14:46

Cérémonie d'enterrement !

8ème section (section langues anciennes du CNU) : 1 seul poste de MCF en latin, rien en grec ; 3 postes de PU dont un dans une fac de médecine, voilà à quoi se résume le recrutement possible en 2015.

Ruthven
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Mrs D. le Sam 28 Fév 2015 - 14:50

Ce que je voulais dire, c'est que des gens qui sont "anciens", "honoraires" ou "émérites" sont peut-être moins concernés que d'autres par les enjeux de l'enseignement et de la recherche sur l'Antiquité (et dans ce cas, ils pourraient céder leur place à des plus jeunes), sauf s'ils ont notoirement contribué à la réflexion sur le sujet (comme Veyne et Dupont), notamment dans les médias, auquel cas on pourrait peut-être les inviter.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Presse-purée le Sam 28 Fév 2015 - 15:07

@Ruthven: dire merci à la LRU. Et bravo aux syndicats qui l'ont appuyée.

Le tout alors que le latin est la troisième langue étudiée dans le secondaire, que le grec remonte ses effectifs. Il y a ue forte demande du côté des élèves et des familles, et nous rencontrons des difficultés à répondre à cette demande du fait du manque de prof et du désintérêt manifeste du MEN pour ces questions, ministère mal conseillé (et on sait par qui), qui reste sur de vieux schémas du XXème voire du XIXème siècle.
Parler de "culture européenne", de "maîtrise de la langue française", et "d'éducation à la citoyenneté" tout en massacrant les dhg de LA et en laissant traîner la vieille rengaine dépassée de l'élitisme est soit totalement cynique, soit la marque d'une forme d'incompétence un peu triste...

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Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Iphigénie le Sam 28 Fév 2015 - 15:17

@Mrs D. a écrit:Ce que je voulais dire, c'est que des gens qui sont "anciens", "honoraires" ou "émérites" sont peut-être moins concernés que d'autres par les enjeux de l'enseignement et de la recherche sur l'Antiquité (et dans ce cas, ils pourraient céder leur place à des plus jeunes), sauf s'ils ont notoirement contribué à la réflexion sur le sujet (comme Veyne et Dupont), notamment dans les médias, auquel cas on pourrait peut-être les inviter.
Parce que ceux qui sont cités n'ont pas contribué à cette réflexion?

En tout cas, pour contribuer à le réflexion sur l'avenir des LA, Veyne y a bien contribué...Je dirais même qu'il a tout dit,non?
En tout cas on sent le connaisseur de la question.
Rolling Eyes Rolling Eyes Rolling Eyes Rolling Eyes

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Mrs D. le Sam 28 Fév 2015 - 15:36

Que les propos de Paul Veyne soient polémiques, certes. Entendons-nous bien, je ne suis évidemment pas pour la suppression de l'enseignement des LCA dans le secondaire, c'est tout l'inverse.
En revanche, on ne peut que partager avec lui le constat que ce sont des langues difficiles, et qu'il est illusoire de croire les bien enseigner quand on a un tout petit niveau.
Par ailleurs, cela doit sans doute nous conduire à avoir une réflexion sur la place de l'enseignement de la langue, en particulier au collège. Jusqu'où sommes-nous prêts à nous éloigner des textes pour transmettre le goût de faire du latin à des élèves ? Quelle place donner à l'enseignement de la langue par rapport à l'enseignement de la "civilisation" ? Enseigner "la civilisation" a-t-il du sens ? Quelle peut-être la place des textes dans l'enseignement des LCA dans le secondaire ? A l'autre bout du spectre, quelle place pour le "latin vivant" ?
Tout ça pour dire que, si le propos de Veyne est pour moi irrecevable dans ses conclusions, je crois qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

Je suis impatiente de lire la suite de ce fil car il me semble très important d'avoir une réflexion sur ces questions (et ce n'est pas avec les collègues de mon établissement que je risque de l'avoir Sad )

Mrs D.
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Elyas le Sam 28 Fév 2015 - 18:40

J'ai assisté à la première table-ronde ce matin (de 9h30 à 12h30), celle qui s'intitulait "L'Antiquité et l'éducation". Maurice Sartre, professeur émérite d'histoire ancienne, modérait cette table ronde composée d'Augustin d'Humières, professeur agrégé de Lettres Classiques à Meaux, de Monique Trédé, représentante du SEL, de Dario Mantovani, professeur de droit dans une université italienne, et de Bernard Legras, professeur d'histoire ancienne (grecque).

La principale problématique traitée lors de cette table ronde fut l'enseignement des lettres anciennes. Il a été expliqué que cet enseignement a été attaqué depuis plus de trente ans pour des raisons multiples et parfois pas très étayées, relevant plus du fantasme (changement de paradigme des matières nobles, préférence pour les LV et les Tice, accusation d'élitisme et de véhiculer une culture catholique bourgeoise). Il a été pourtant rappelé l'énorme lien de cet enseignement avec celui du français (ou de l'italien, ou de l'espagnol...). Il a été aussi rappelé que nous actuellement dans une pensée horizontale des disciplines. toutes les disciplines se valant, aucune n'étant plus fondamentale qu'une autre. Il a été aussi dit qu'enseigner le latin et le grec, c'est avant tout dans le but de comprendre les textes et d'y trouver le plaisir de leur lecture. Cet enseignement des lettres anciennes est donc le véhicule d'une culture qui peut développer l'esprit critique pour monter et démonter des textes. Il a été aussi été rappelé que la rhétorique pourrait être à nouveau enseigné.
La question de la formation a aussi été traitée avec l'alerte que les LA sont parfois absentes des universités et que l'idée de fusionner grec-latin avec l'histoire apparaît dans certains esprits.
Il a aussi été dit que le ministère a clairement dit que le latin et le grec n'étaient pas dans les priorités du ministère (une intervenante du festival qui a lieu à Lyon en lien avec le latin et le grec, des néos présents sauront mieux que moi développer ce point). Il a aussi été dit que les LA n'étaient pas dans le nouveau Socle (mais là, j'avoue qu'il faut prendre des pincettes car l'intervenante disait que le Socle avait 8 piliers...).

Je vais être honnête, j'ai été très déçu. Rien, absolument rien, n'a été dit sur l'enseignement de l'histoire de l'Antiquité. Tout était centralisé sur les langues anciennes. Or, la situation de l'enseignement de l'histoire antique est intrinsèque à la survie des langues anciennes dans le secondaire. Les élèves n'étudient l'Antiquité qu'en 6e en histoire et pendant, allez soyons fous, 6 heures en 2de. Donc, clairement, au lycée, l'Antiquité, c'est 6h sur 3 ans. Donc, en gros, après la 6e, l'étude de l'Antiquité, c'est juste en lettres anciennes. Je trouve vraiment très dommageable cette absence de l'enseignement de l'histoire de l'Antiquité fût si marginal dans cette table ronde. Mais, peut-être suis-je dans l'erreur ?

Voilà, je ne suis pas certain de refléter au mieux les propos et idées échangés. D'autres néos étaient présents et sauront mieux que moi résumer ce qui s'y est dit.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Laotzi le Dim 1 Mar 2015 - 1:00

@Elyas a écrit:
Je vais être honnête, j'ai été très déçu. Rien, absolument rien, n'a été dit sur l'enseignement de l'histoire de l'Antiquité. Tout était centralisé sur les langues anciennes. Or, la situation de l'enseignement de l'histoire antique est intrinsèque à la survie des langues anciennes dans le secondaire. Les élèves n'étudient l'Antiquité qu'en 6e en histoire et pendant, allez soyons fous, 6 heures en 2de. Donc, clairement, au lycée, l'Antiquité, c'est 6h sur 3 ans. Donc, en gros, après la 6e, l'étude de l'Antiquité, c'est juste en lettres anciennes. Je  trouve vraiment très dommageable cette absence de l'enseignement de l'histoire de l'Antiquité fût si marginal dans cette table ronde. Mais, peut-être suis-je dans l'erreur ?

7h-8h plutôt, si l'on suit le BO (et il est déjà difficile de ne pas dépasser) mais ça ne change rien, ceci dit, au fond de ton propos. Ce n'est pas tellement mieux pour le Moyen-âge puisqu'on n'y consacre également que 8h-9h, en seconde. C'est très peu, effectivement, et c'est un sujet sur lequel je n'ai pas d'avis tranché. J'aimerais beaucoup enseigner davantage l'Antiquité et le Moyen-âge (c'est l'un des grands points négatifs de l'enseignement de l'HG ay lycée pour moi). On consacre beaucoup de temps à la période contemporaine, ce qui a sa part de légitimité compte tenu des finalités civiques attribuées à l'HG mais cela n'empêche pas que le XIXe siècle soit aussi grandement négligé (le Seconde empire, la Commune, ont disparu des programmes par exemple). Enfin, les programmes de lycée sont clairement à refonder tant ils ont perdu toute cohérence depuis la réforme Chatel.
Je n'ai pas pu aller à la Sorbonne ce samedi. Dommage, j'aurais bien aimé reposer mes fesses dans ce bel amphi Richelieu (à défaut d'y poser ses feuilles - douloureux souvenir du temps où il fallait prendre en note les cours d'agreg sur ses genoux).

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par nlm76 le Dim 1 Mar 2015 - 7:45

@Laotzi a écrit: On consacre beaucoup de temps à la période contemporaine, ce qui a sa part de légitimité compte tenu des finalités civiques attribuées à l'HG
Légitime ? Eh bien moi, les finalités civiques, ça me dégoûte.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Elyas le Dim 1 Mar 2015 - 8:02

@nlm76 a écrit:
@Laotzi a écrit: On consacre beaucoup de temps à la période contemporaine, ce qui a sa part de légitimité compte tenu des finalités civiques attribuées à l'HG
Légitime ? Eh bien moi, les finalités civiques, ça me dégoûte.

Les finalités civiques de l'enseignement de l'HG pour justifier l'obésité de la place de la contemporaine dans les programmes d'histoire est un trope de la discipline. Je tiens à dire que je partage l'avis de Quintilien et de Ricœur sur les tropes. D'autant plus que si on regarde la société actuelle, plus la contemporaine a pris de la place, plus notre société est devenue juste, harmonieuse et républicaine, tout le monde sait ça Rolling Eyes Evil or Very Mad

Un terme employé pour l'enseignement des LC pourrait être employé pour celui de l'HG : saupoudrage. J'oserais parler de sucre candy, personnellement. Mais, je suis un méchant alto-médiéviste tenté par l'antique.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Iphigénie le Dim 1 Mar 2015 - 9:24

Une seule question me taraude:
y a-t-il corrélation entre le nombre de colloques, d'associations savantes et d'initiatives individuelles et... l'évidence de la disparition d'un enseignement?
(et les Athéniens s'éteignirent, faute de combattants sur le terrain réel...)
Non parce que sinon, depuis 40 ans on bat des records, à égalité au moins avec l'écologie...
Des sous, des sous des sous: pas des paroles, et le monde sera sauvé.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par nlm76 le Dim 1 Mar 2015 - 10:22

@Elyas a écrit:
Les finalités civiques de l'enseignement de l'HG pour justifier l'obésité de la place de la contemporaine dans les programmes d'histoire est un trope de la discipline. Je tiens à dire que je partage l'avis de Quintilien et de Ricœur sur les tropes.
Je n'y comprends rien. Vous pouvez expliquer ?

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Elyas le Dim 1 Mar 2015 - 10:42

@nlm76 a écrit:
@Elyas a écrit:
Les finalités civiques de l'enseignement de l'HG pour justifier l'obésité de la place de la contemporaine dans les programmes d'histoire est un trope de la discipline. Je tiens à dire que je partage l'avis de Quintilien et de Ricœur sur les tropes.
Je n'y comprends rien. Vous pouvez expliquer ?

Quintilien et Ricœur considère que le trope ne sert qu'à décorer, pas à enseigner quand on l'emploie.

Elyas
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Laotzi le Dim 1 Mar 2015 - 11:14

Je n'ai pas dit que je trouvais cela légitime personnellement, mais que la place de l'histoire contemporaine était légitimée par les finalités civiques (on en pense ce que l'on veut) attribuée à l'enseignement de l'histoire.
Et le problème ne se réduit pas à la question de la place de telle ou telle période. La contemporaine a beau être archi dominante au lycée, on n'étudie quasiment plus le XIXe siècle sous un angle politique (les élèves n'entendront jamais parler ou presque de la Restauration, du Second empire, de la Commune), et le XXe siècle français, hors guerres mondiales, est lui-même réduit à un saupoudrage (un petit coup de Front Populaire, un petit coup de mise en place de la IVe République mais jusqu'en 1947 maxi, un petit coup de Ve République mais seulement 1958-1962).

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Olympias le Mer 4 Mar 2015 - 18:03

Le compte rendu es en ligne sur le site Arrête ton char

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par nlm76 le Mer 4 Mar 2015 - 18:19

@Elyas a écrit:
@nlm76 a écrit:
@Elyas a écrit:
Les finalités civiques de l'enseignement de l'HG pour justifier l'obésité de la place de la contemporaine dans les programmes d'histoire est un trope de la discipline. Je tiens à dire que je partage l'avis de Quintilien et de Ricœur sur les tropes.
Je n'y comprends rien. Vous pouvez expliquer ?

Quintilien et Ricœur considèrent que le trope ne sert qu'à décorer, pas à enseigner quand on l'emploie.

Ah bon. Où Quintilien dit-il cela ? Mais qu'est-ce que vous appelez un trope ? Vous voulez parler d'un ornement, d'une fioriture ? Ou d'un lieu commun, d'un vain leitmotiv ?
Pardonnez-moi de vous titiller, mais comme vous m'avez l'air de tenir des propos sensés le plus souvent, je suis un peu gêné aux entournures quand je vous vois tourner pédant.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par doctor who le Mer 4 Mar 2015 - 20:20

Je l'ai déjà dit plusieurs fois, mais ne pas faire l'hominisation, la naissance des premières civilisation, la cité grecque, l'Eglise médiévale etc. en classe de philo est totalement illogique.

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Mon blog sur Tintin (entre autres) : http://popanalyse.over-blog.com/
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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Olympias le Mer 4 Mar 2015 - 20:34

Il y a trop d'histoire contemporaine au lycée. On oublie à quel point les périodes précédentes sont intellectuellement formatrices. Et pour obtenir davantage d'antiquistes, peut-être faut-il cesser l'entreprise de destruction du latin et du grec au collège et au lycée...

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Presse-purée le Jeu 5 Mar 2015 - 0:36

@Olympias a écrit:Il y a trop d'histoire contemporaine au lycée. On oublie à quel point les périodes précédentes sont intellectuellement formatrices. Et pour obtenir davantage d'antiquistes, peut-être faut-il cesser l'entreprise de destruction du latin et du grec au collège et au lycée...

C'est ce que j'ai cru lire sur quelques blogs. Il y aurait aussi, visiblement, un conflit entre les périodes au concours (au CAPES, pour être plus précis).

Je suis allé sur le blog des Etats Généraux. Je note que celui qui présidait les Etats Généraux n'était pas prof de LC mais historien.

Je m'avance peut-être, mais de ce que je peux voir dans les différentes unités auxquelles j'ai accès, c'est que à la fac, les lettres se fichent dorénavant des langues anciennes, à quelques exceptions près. Seuls les antiquisants (historiens et archéologues) se sentent concernés par ce qui arrive aux LC (parce qu'ils sont piétinés eux aussi par la LRU et les réformes de concours) et ont besoin d'étudiants compétents en langues anciennes.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Rendash le Jeu 5 Mar 2015 - 7:10

@Presse-purée a écrit:
Il y aurait aussi, visiblement, un conflit entre les périodes au concours (au CAPES, pour être plus précis).

C'est-à-dire?

Il arrive que deux périodes soient mêlées, mais c'est à mon avis parce que la question est telle que la distinction ne serait qu'artificielle et n'aurait, de ce fait, aucun sens.
Exemple : jusqu'à l'an dernier, l'une des questions était "Le Prince et les Arts, France & Etats italiens, XIVe-XVIIIe siècles". Établir ici une distinction entre Moyen Age et Renaissance n'aurait pas vraiment eu de sens, d'autant que la limite, si tant est qu'il y en ait vraiment une, ne serait pas la même selon qu'on se pencherait sur le cas de la France ou celui des Etats italiens.

Et il y avait une question d'histoire antique ; c'est toujours le cas cette année. Le vrai problème c'est qu'on était nombreux à débarouler en M1 pour préparer le CAPES sans jamais avoir fait une miette d'histoire grecque =/ Problème qui se pose moins cette année avec la question d'antique, qui porte cette fois sur l'antiquité romaine.

Tout à fait d'accord avec ta dernière phrase.

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Re: Etats généraux de l'Antiquité à la Sorbonne - samedi 28 février 2015

Message par Presse-purée le Jeu 5 Mar 2015 - 8:58

@Rendash a écrit:
@Presse-purée a écrit:
Il y aurait aussi, visiblement, un conflit entre les périodes au concours (au CAPES, pour être plus précis).

C'est-à-dire?

De ce que j'ai compris, auparavant, les quatre périodes étaient présentes au CAPES, et ce de manière égale. Il y a eu une réforme du concours (au même moment que le CAPES de lettres?) qui ferait que seules trois périodes seraient présentes (du fait de la réduction du nombre d'épreuves). Or, la contemporaine aurait obtenu d'être constamment présente au concours, tandis que la moderne, la médiévale et l'antique doivent tourner.

A terme, Rendash, il y a des effets sur les postes du sup: pourquoi recruter un MCF en antique ou médiévale si, un an sur trois, on ne peut pas l'utiliser pour donner des cours aux étudiants qui passent le concours? Donc, à terme encore, cela va détourner les étudiants chercheurs de ces périodes, par calcul de carrière: pourquoi, alors que je me lance dans - au bas mot - dix ans ou plus de galère pour trouver un poste de MCF, me mettre un handicap supplémentaire en me spécialisant dans une période moins intéressante pour le recruteur? Enfin, il y a un certaine inégalité de traitement entre le MCF (enfn, celui qui aura réussi à l'être, parce la rançon de la gloire fait qu'il y a peut-être davantage de concurrence) de contemporaine, qui s'intégrera facilement partout, et les autres, qui, du fait de ce handicap lié au contenu du concours, doit bien s'adosser à un labo de recherche ou à une équipe pluri-disciplinaire (des archéologues par exemple) pour espérer être recruté.
Et donc, à horizon plus lointain encore, on peut tabler sur la disparition de ces périodes dans les universités, à moins d'un labo adossé à un centre de recherche productif.
Par exemple, là où les langues anciennes ont survécu à la fac, c'est là où elles se sont adossées soit à l'histoire et l'archéo, soit à la philo, soit à la documentation/médiation culturelle... Mais les lettres modernes, elles, se portent très bien. Et le processus qui a abouti à cette situation a été peu ou prou le même. C'est pour cela que les nuls qui sur Twitter réclament "d'autres concours avec moins de disciplinaire" sont les alliés objectifs des gestionnaires de la fac,  des potes de la 70ème section - qui, elle, ramasse les postes - et seront responsables de la déshérence de la recherche en sciences humaines.
Pour te donner un ordre d'idée, si j'ai bien compté, il y a sur Galaxie 1 poste de MCF proposé pour la 8ème section (Langues et littératures anciennes), 19 pour la 9ème (littérature française) et ... 28 pour la 70ème section (Sciences de l'éduc).
Donc, un chercheur en langues anciennes, disons un spécialiste de la rhétorique cicéronienne, a cette année 28 fois moins de chances de mettre à profit ses 10 ans ou plus de galère (surtout s'il n'enseigne pas dans le secondaire), après avoir passé l'agrégation, qu'un didacticien.

Autre problème (mais je sais que les jurys font leur possible pour tordre les choses et vérifier les connaissances des candidats), les périodes qui sont moins fréquemment au concours ne risquent-elles pas d'être moins bien travaillées et donc moins bien connues des étudiants?

Mais je pense que des collègues comme Condorcet, Marcel ou CdB connaissent la situation bien mieux que moi et pourront préciser ou amender (fortement?) ce propos.

En tout cas, cette petite cuisine interne à la fac me fait mieux comprendre certains enjeux et certaines rancoeurs que l'on sent poindre dans d'autres fils...


Dernière édition par Presse-purée le Jeu 5 Mar 2015 - 9:41, édité 3 fois

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