Conférence nationale sur l’évaluation des élèves : RAPPORT DU JURY

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Conférence nationale sur l’évaluation des élèves : RAPPORT DU JURY

Message par invitéW le 13/2/2015, 15:43

On peut le télécharger à cette adresse : http://cache.media.education.gouv.fr/file/Site_evaluation_des_eleves_2014/78/8/2015_evaluation_rapportjury_bdef_391788.pdf

Pour être efficace et adaptée à ce qu’elle vise, toute formation, et même tout acte éducatif,
réclame une évaluation des effets qu’elle produit et des actions qu’elle enclenche. Cette
évaluation ne saurait se résumer à une suite chronologique de photographies des connaissances
et des compétences de l’élève. Dans les différentes phases d’apprentissage, il est en
effet nécessaire de disposer de repères et d’indicateurs permettant d’aider l’élève à savoir
où se situent ses acquisitions et ses connaissances par rapport à ce qui est attendu de lui,
ce qu’il maîtrise déjà et ce qu’il doit encore travailler ou apprendre.
La première mission des enseignants n’est certes pas d’évaluer, mais d’enseigner, d’instruire,
de transmettre, d’instituer. Il n’en demeure pas moins qu’une réflexion collective sur
l’évaluation est devenue nécessaire dans notre pays, pour au moins deux raisons : la première
tient au fait qu’une multitude de pratiques très différentes les unes des autres coexistent
sans qu’un bilan global n’en soit jamais fait ; la seconde tient à ce que, de l’avis général, la
refondation de l’école actuellement en cours n’a pas encore trouvé de traduction satisfaisante
en matière d’évaluation.
Cette réflexion aura des implications qui dépassent le cadre de la seule école, car les effets
d’une évaluation peuvent avoir de lourdes et durables conséquences dans le rapport que
chacun entretient avec lui-même, avec les autres, avec les savoirs et la culture en général.
Son urgence actuelle oblige même à dépasser la querelle des Anciens et des Modernes, et
à laisser de côté les ritournelles idéologiques : la question n’est pas de savoir si l’évaluation
telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée est trop sévère ou trop laxiste, mais de regarder si l’on
peut - ou si l’on ne peut pas - trouver des moyens de rendre les pratiques d’évaluation plus
efficaces, plus adaptées et plus motivantes, le but étant de susciter et d’encourager le désir
d’apprendre chez tous les élèves, quel que soit leur niveau et leur environnement social et
familial.
Un premier écueil provient de ce que, en matière de bonne méthode d’évaluation, chacun
croit spontanément être compétent. Or, la pratique des enseignants d’une part, les travaux
des chercheurs d’autre part, démontrent qu’il s’agit d’une question beaucoup plus complexe
qu’elle paraît l’être au premier abord. Les membres du jury ont donc dû compléter
leur formation en s’appropriant différentes études menées notamment dans le champ de
la « docimologie » et celui des « sciences cognitives », puis ont affronté les deux questions
principales suivantes :
1.
Comment faire en sorte que l’évaluation encourage tous les élèves, quel que soit
leur niveau et leur environnement, à vouloir progresser et à développer toutes leurs
potentialités ?
2.
Comment faire en sorte que l’évaluation permette aux élèves, y compris à ceux qui
sont les moins à l’aise, de se projeter de façon plus confiante dans leur futur parcours
scolaire, au lieu qu’elle soit ressentie comme la formalisation précoce et définitive
d’une prédestination ?

Ces deux questions en amènent bien sûr beaucoup d’autres, notamment les cinq qui ont été
posées en juin 2014 par Monsieur Benoît Hamon, alors ministre de l’Éducation nationale, au
moment du lancement officiel de la conférence nationale sur l’évaluation des élèves.
Le jury les a investies, discutées et travaillées avec l’ambition de pouvoir proposer un certain
nombre d’outils pertinents et accessibles en classe aux différents acteurs de la vie éducative,
en gardant à l’esprit le souci de ne pas alourdir la charge de travail des professeurs. Il
compte notamment sur le déploiement du plan numérique pour faciliter la mise en œuvre
de ses propositions.
Ces propositions se déclinent en un petit nombre de recommandations ou préconisations,
qui ont fait parfois l’objet de discussions vives au sein du jury. Toutes n’ont pas été adoptées
à l’unanimité. Sera donc précisé pour chacune d’elles la répartition des votes la concernant.
Le scrutin a été effectué par voie électronique à bulletins secrets.
Les membres du jury opposés à certaines des propositions qui ont été soumises au vote ont
tenu à expliciter leurs arguments, ce qui est évidemment légitime et même nécessaire. Car
pour être vraiment utile à la réflexion, un rapport de jury tel que celui qui est ici proposé ne
saurait se résumer à des recommandations simplement accompagnées des résultats des
votes les concernant : bien sûr, il doit surtout mentionner ce sur quoi il y a eu accord, et qui
en l’occurrence domine très largement, mais aussi les points sur lesquels il y a eu désaccord,
même si celui-ci ne correspond qu’à un petit nombre de suffrages.
Avant de présenter ses recommandations, le jury souhaite faire une remarque d’ordre général
: en écoutant attentivement les exposés et les débats qui ont eu lieu lors de la conférence
nationale des 11 et 12 décembre 2014, il a pu constater qu’existent de très grandes disparités
dans l’application des textes officiels par les établissements et les écoles, en particulier de
ceux relatifs à la communication avec les familles (bulletins et livrets scolaires, organisation
des conseils de classe, rencontres entre les parents et les professeurs) ou de ceux concernant
la prise en charge des élèves à besoins éducatifs particuliers (notamment ceux affectés de
dyslexie, de malvoyance, de surdité ou d’autisme). Aux yeux du jury, une meilleure prise en
compte de ce que préconisent ces textes officiels serait un premier gage d’amélioration de
la politique d’évaluation, notamment de celle relative à la question n°2 qui lui a été adressée
(« Comment rendre compte aux familles des progrès des élèves ? »). À cette fin, une
compilation clairement structurée des textes en vigueur dans une même brochure serait
certainement nécessaire.

invitéW
Prophète


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Re: Conférence nationale sur l’évaluation des élèves : RAPPORT DU JURY

Message par adrifab le 13/2/2015, 15:46

En tout cas, pour ce qui est d'évaluer les élèves, il n'est désormais plus question de supprimer les notes, qui reviennent en grâce !
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/02/13/01016-20150213ARTFIG00118-najat-vallaud-belkacem-ne-veut-plus-supprimer-les-notes-a-l-ecole.php

adrifab
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