Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Tamerlan
Modérateur

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Tamerlan le Ven 6 Mar 2015 - 8:59
@Rendash a écrit:
Cripure a écrit:
@Rendash a écrit:

C'est fou comme je comprends ach'ment mieux le grec quand c'est Tamerlan qui explique.
Oui mais c'est faux.


Oui, mais on s'en fout. Cripure, on vous a déjà expliqué en long, en large et de travers ( Razz ) que le contenu n'est pas important, c'est uniquement la transmission qui l'est. Peu importe que ce soit faux : j'ai compris ce qu'il a dit.
Monsieur Tamerlan, un poste à l'ESPE, ça vous dit?

J'ai déjà fait. Smile (ça s’appelait autrement...)

PS : attention au procès d'intention. J'ai expliqué dans des tas de messages que le contenu était plus qu'important...
avatar
Rendash
Esprit sacré

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Rendash le Ven 6 Mar 2015 - 20:07
Raaah, zut, quoi. Fallait pas te sentir visé personnellement par ce qui n'était qu'une blagounette.

_________________



"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
avatar
Tamerlan
Modérateur

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Tamerlan le Ven 6 Mar 2015 - 20:33
@Rendash a écrit:Raaah, zut, quoi. Fallait pas te sentir visé personnellement par ce qui n'était qu'une blagounette.

Meuh non ! Smile
avatar
Igniatius
Empereur

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Igniatius le Sam 7 Mar 2015 - 10:26
@Presse-purée a écrit:https://stevanmiljevic.wordpress.com/2015/03/03/des-competences-ou-des-connaissances/

Texte très intéressant, qui confirme tout ce que nous pouvons craindre.

J'extraie notamment :

@Stevan Miljevic a écrit:Cette idée selon laquelle les connaissances nécessaires pour traiter un problème peuvent être fournies par le dispositif mis en place sans que l’élève ne les aient au préalables apprises semble toutefois difficilement tenable: en agissant de la sorte, la charge cognitive s’exerçant sur la mémoire de travail des élèves s’alourdit considérablement. Par conséquent, la capacité qu’a l’élève de s’en sortir et de trouver une solution adéquate se dégrade sensiblement puisque le risque de se retrouver en surcharge cognitive augmente drastiquement. Et son aptitude à traiter les données diminue, elle, de manière inversement proportionnelle

C'est un très bon résumé du problème quotidien que rencontrent nos élèves en maths depuis qu'on a crié haro sur la pratique des exos répétitifs : les notions nouvelles enseignées en lycée (et j'imagine qu'il en est de même au collège) comme la dérivation (c'est mon exemple favori) sont aujourd'hui massivement parasitées, voire empêchées, par la quantité de connaissances et techniques nécessaires à la compréhension et non maîtrisées par nos élèves.
Quand on doit comprendre ce qu'est une fonction, connaître le coefficient directeur d'une droite, être capable de simplifier des calculs fractionnaires comprenant des identités remarquables et enfin piger qu'on peut définir une droite uniquement par un point et un coefficient directeur, ET que l'on reste bloqué au premier signe moins devant une fraction, il est clair que la notion de nombre dérivé sera plus que floue, voire traumatisante pour l'élève.
Un bon élève ne se pose plus de questions sur les calculs : il a des automatismes.
C'est ce qui manque cruellement à nos élèves aujourd'hui.
Et du coup, ils n'ont rien construit de solide à la fin du lycée.



Sinon, pour revenir à la notion de compétence : quand un convaincu m'explique ce qu'est une compétence par l'exemple, j'en conclus toujours que c'est ce que nous faisons depuis toujours. L'objectif est d'être capable de rendre l'élève autonome face à des situations où il doit mobiliser les capacités que nous lui avons enseignées.
Il n'en a jamais été autrement en maths, où la répétition est un moyen, pas une fin.

_________________
"Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion."
St Augustin

"God only knows what I'd be without you"
Brian Wilson
avatar
Presse-purée
Grand sage

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Presse-purée le Sam 7 Mar 2015 - 13:39
J'aime bien le blog de ce type, mais je n'arrive pas à trouver ses références (simple prof? Cognitiviste? Chercheur?). En tout cas, il est clairement adepte de la "troisième voie". Et il ne laisse pas de côté les mécanismes de la mémoire...

_________________
Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR
avatar
Carnyx
Neoprof expérimenté

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Carnyx le Sam 7 Mar 2015 - 14:05
Stevan est enseignant en Suisse :
http://www.resonances-vs.ch/images/stories/resonances/2014-2015/mars2015/interview_stevan_miljevic.pdf
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par User5899 le Sam 7 Mar 2015 - 16:58
Quand donc les gens prétendant écrire comprendront-ils qu'en écrivant "sans que... ne...", ils disent le contraire de ce qu'ils semblent vouloir signifier ?
avatar
Anacyclique
Expert spécialisé

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Anacyclique le Sam 7 Mar 2015 - 17:09
@Tamerlan a écrit:
Cripure a écrit:Le jour où l'on parlera de savoir-faire, je m'y intéresserai.
Compétence, c'est non.

Je pense qu'une des définitions de compétence est parfaitement synonyme de "savoir-faire".

Oui et non. Dans les CV actuels, les savoirs et savoir-faire d'un demandeur d'emploi sont regroupées dans une rubrique "compétences".

_________________
"Faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait. Passer aux actes afin de faire sa part."
User5899
Dieu de l'Olympe

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par User5899 le Sam 7 Mar 2015 - 17:16
@Anacyclique a écrit:
@Tamerlan a écrit:
Cripure a écrit:Le jour où l'on parlera de savoir-faire, je m'y intéresserai.
Compétence, c'est non.

Je pense qu'une des définitions de compétence est parfaitement synonyme de "savoir-faire".

Exact. D'ailleurs, dans les CV actuels, les savoir-faire d'un demandeur d'emploi sont regroupées dans une rubrique "compétences".
C'est ça que je trouve merveilleux sur les forums : le parfait mépris et des dictionnaires et de la façon de penser des autres quand ils prennent la peine de l'exprimer et de l'expliquer.
Qu'est-ce que j'en ai à braire des CV qui regroupent "savoir-faire" et "compétences" ? Depuis quand le milieu entrepreneurial se distingue-t-il par le soin qu'il manifeste à l'égard du lexique ?
En tout cas, ce n'est pas la question. Je trouve quand même un peu limite, dans un post qui tente de réfléchir à la notion de compétence, qu'on vienne comme ça marcher sur les pieds des gens pour asséner des âneries.
Si entre profs on ne parvient pas à saisir la nuance entre la maîtrise d'une opération, et le fait qu'on maîtrise cette opération pour un domaine précis, alors en effet, il n'y a plus qu'à attendre tranquillement la fin.
Et si un prof de lettres en est à croire à la synonymie, ben alors, rideau.
avatar
Anacyclique
Expert spécialisé

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Anacyclique le Sam 7 Mar 2015 - 17:38
Il faut relire; j'ai corrigé. Je rebondissais sur les propos de Tamerlan, parce qu'ils m'intéressent. Effectivement, je n'en ai pas rien à braire, que les CV se fassent en compétences, aujourd'hui; ça ne me semble pas anodin. La forme nouvelle des CV m'a interpellée. Maintenant, je me tais. C'est vrai que je débarque du désert sans avoir lu tout le fil. 'Scusez, M'sieur, pour le manque de nuance et d'intelligence; je disparais.

_________________
"Faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait. Passer aux actes afin de faire sa part."
avatar
F.Lemoine
Sage

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par F.Lemoine le Dim 8 Mar 2015 - 0:50
"Compétence" est un gros mot.
D'abord, pour quelqu'un qui a de l'oreille, ça s'entend tout de suite.
Ensuite, cette notion est imposée par l'autre monde (entreprise, politique, mafia, que sais-je encore ? Bref, tous ceux qui n'ont pas envie de "culture" -gros mot).
Enfin, on nous impose ce vocable, qui apparemment déplaît à beaucoup d'entre nous (et pas que le vocable) : de quoi les incompétents se mêlent-ils ?

_________________
"La vie est mêlée de traverses. Il est bon de s'y tenir sans cesse préparé." (Molière, Les Fourberies de Scapin).
avatar
LouisBarthas
Neoprof expérimenté

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par LouisBarthas le Dim 8 Mar 2015 - 11:18
Concevoir l'école comme lieu d'acquisition de compétences c'est avoir une vision étroitement utilitariste de la culture, sa négation comme élément essentiel de ce qui fait l'humain.
Les livrets de compétences ne sont pas seulement encombrants, ils sont porteurs d'une représentation de la formation de l'enfant qui fait fi de son expérience humaine.
J'imagine les réactions de mon professeur de musique s'ils avait dû remplir un livret de compétences :

Compétences à valider :
Acquis - En voie d'acquisition - Non acquis
Sait qu'il est dans une école de musique : Acquis
Sait dire bonjour : Acquis
Sait dire au revoir : Acquis
Sait à quelle heure il a cours : Acquis
Sait attendre son tour : Acquis
Sait ce qu'est un professeur de musique : Acquis
Sait reconnaître une clarinette : Acquis
Sait la tenir en main
Sait qu'elle est en bois : Acquis
Sait qu'elle est constituée de plusieurs parties : Acquis
Sait nommer les parties : Acquis
Sait la monter et la remonter: Acquis
Sait passer un écouvillon : Acquis
Sait graisser les lièges : Acquis
Sait reconnaître une clé : Acquis
Sait ce qu'est une cheminée : Acquis
Sait ce qu'est une anche : Acquis
Sait placer ses doigts correctement : Acquis
Sait placer son embouchure : Acquis
Sait jouer de la musique : Non acquis (l'enfant est sourd)
Taux de réussite : 95 %, l'élève a droit à son diplôme

N'importe quelle personne sensée sait bien que les choses ne se passent jamais ainsi quand on veut apprendre quelque chose. Apprendre est avant tout une expérience humaine. Tous ces éléments s'insèrent dans une curiosité, une envie, un désir faisant place à l'imagination et l'émerveillement et qui ne sont pas des compétences qu'on peut isoler à côté d'autres catégories. Apprendre est une expérience globale de la vie et non une affaire de tâches juxtaposées dont il s'agit d'évaluer l'acquisition. On ne peut pas réduire le savoir à des procédures simples retraduites en objectifs à atteindre.
L'école des compétences c'est l'école conçue comme une entreprise. Le langage de la production a envahi l'école : on parle de compétences, d'objectifs, d'outils, de productions d'écrits, de travail d'équipe, de projets, d'innovations, etc.
L'école des compétences réduit l'apprentissage à des opérations formelles et parcellisées qui déshumanisent les rapports de l'enfant à ses maîtres et réduisent l'enseignement à une mécanique adaptative.
Elle trompe l'enfant, elle illusionne les parents, elle asservit les professeurs et entretient l'ignorance.

_________________
Aller apprendre l'ignorance à l'école, c'est une histoire qui ne s'invente pas ! - Alexandre Vialatte
Le véritable ennemi, c'est l'esprit réduit à l'état de gramophone. - George Orwell
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. - Albert Camus
avatar
Presse-purée
Grand sage

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Presse-purée le Dim 8 Mar 2015 - 23:31
Merci Louis. J'apprécie notamment cette idée:
ils sont porteurs d'une représentation de la formation de l'enfant qui fait fi de son expérience humaine.

Tiens, en relisant un truc du GRDS, je suis tombé là-dessus:

Cédric Hugrée a écrit:Sur la question très précise du socle commun, mon « incompétence » ( !) est totale et je me permettrais juste de souligner les actuelles recherches en sociologie de Pierre Clément qui montrent qu’un des enjeux des outils qui l’accompagnent est une rationalisation gestionnaire du système éducatif. Cette nouvelle orientation des politiques éducatives répond de fait mal aux trois questions très simples qui se posent à tous les systèmes scolaires, dans toutes les sociétés : qu’est-ce qu’on transmet, à qui on le transmet et comment on le transmet. Et ce n’est pas la seule suppression des notes en primaire qui permettra de réduire les inégalités d’apprentissage entre les élèves. C’est pour cette raison que le GRDS n’a pas signé l’appel à l’initiative de l’AFEV. En revanche, mes recherches personnelles sur les nouvelles politiques d’insertion qui se mettent en place pour les diplômés de l’enseignement supérieur me permettent de dire quelques mots sur cette notion que tout le monde a le plus grand mal à définir, mais qui est très en vogue en ce moment à l’université : « compétence ». Il s’agit d’une catégorie de pensée qui est explicitement issue du monde productif et qui s’est imposée depuis près de 30 ans au système éducatif. Les enseignants du supérieur qui voient arriver depuis quelques années cette notion auraient d’ailleurs de précieux conseils à recevoir des professeurs des écoles qui ont dû être les premiers à se voir imposer cette nouvelle rhétorique dans les programmes scolaires. Le problème avec la notion de compétence est qu’elle opère une double mystification : 1. Cette notion entend substituer la représentation verticale de la hiérarchie entre savoirs et pratiques à une représentation horizontale de cette hiérarchie, comme le disait la sociologue Lucie Tanguy. La représentation verticale du rapport savoir/pratique organise largement aujourd’hui le système scolaire, par exemple dans l’opposition général/professionnel. Et, au prétexte mensonger d’une lutte contre les inégalités, une partie des réformateurs scolaires cherchent à inverser ce rapport. D’un point de vue philosophique, il y a là quelque chose d’intéressant après tout. Le souci, c’est que cette nouvelle vision des choses est de nature à flouer (au double sens du terme) les savoirs scolaires : ils deviennent moins visibles, on les dit moins recherchés dans les processus d’apprentissage puisque désormais on cherche à faire « émerger des compétences »… Et finalement, l’école se voit disputer par le monde des entreprises son monopole de la transmission des savoirs et de vérification des acquisitions. 2. Cette notion recouvre un ensemble de propriétés instables qui, de fait, doivent être continuellement évaluées. Et, de ce point de vue, la « compétence » permet de se distancier d’une vision des choses où la qualification était acquise une fois pour toute. Ce point n’est pas sans effet sur le marché du travail puisque la qualification était jusqu’ici une chose définie juridiquement qui ouvrait des droits, inscrits dans les conventions collectives (secteur privé) ou dans les statuts (secteur public).

Source: GRDS Dix idées reçues sur les élèves des classes populaires

_________________
Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR
avatar
F.Lemoine
Sage

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par F.Lemoine le Dim 15 Mar 2015 - 12:20
Je viens de voir ton message, Louis : fleurs.
avatar
Handsome Devil
Niveau 9

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par Handsome Devil le Dim 15 Mar 2015 - 17:46
@LouisBarthas a écrit:Concevoir l'école comme lieu d'acquisition de compétences c'est avoir une vision étroitement utilitariste de la culture, sa négation comme élément essentiel de ce qui fait l'humain.
Les livrets de compétences ne sont pas seulement encombrants, ils sont porteurs d'une représentation de la formation de l'enfant qui fait fi de son expérience humaine.

N'importe quelle personne sensée sait bien que les choses ne se passent jamais ainsi quand on veut apprendre quelque chose. Apprendre est avant tout une expérience humaine. Tous ces éléments s'insèrent dans une curiosité, une envie, un désir faisant place à l'imagination et l'émerveillement et qui ne sont pas des compétences qu'on peut isoler à côté d'autres catégories. Apprendre est une expérience globale de la vie et non une affaire de tâches juxtaposées dont il s'agit d'évaluer l'acquisition. On ne peut pas réduire le savoir à des procédures simples retraduites en objectifs à atteindre.
L'école des compétences c'est l'école conçue comme une entreprise. Le langage de la production a envahi l'école : on parle de compétences, d'objectifs, d'outils, de productions d'écrits, de travail d'équipe, de projets, d'innovations, etc.
L'école des compétences réduit l'apprentissage à des opérations formelles et parcellisées qui déshumanisent les rapports de l'enfant à ses maîtres et réduisent l'enseignement à une mécanique adaptative.
Elle trompe l'enfant, elle illusionne les parents, elle asservit les professeurs et entretient l'ignorance.
Je laisse de côté l'exemple de la liste de compétences validée à 95%, qui est simplement une caricature pour revenir à l'argumentaire ci-dessus.
En réalité, j'ai du mal à voir en quoi évaluer les apprentissages suivant une méthode analytique serait une négation de l'expérience humaine.
avatar
F.Lemoine
Sage

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par F.Lemoine le Ven 3 Avr 2015 - 23:59
Je crois que Louis et moi ne parlons pas d'évaluations d'apprentissages mais de transmission de culture et d'humanité.


Dernière édition par F.Lemoine le Sam 4 Avr 2015 - 11:04, édité 1 fois
avatar
JEMS
Modérateur

Re: Compétences : chercheurs et praticiens parlent-ils de la même chose ?

par JEMS le Sam 4 Avr 2015 - 6:42
Moi qui suis dans les compétences depuis 3 ans déjà (avec ou sans notes d'ailleurs), je ne peux qu'approuver les positions de certains.
Pour ma part, c'est un système empirique, une somme de connaissances et de techniques que l'élève doit acquérir de façon progressive.
Fixer des compétences très tôt, c'est créer des paliers qui n'ont à mon sens aucune signification. La densité des programmes scolaires impose que nous validions des "supposées compétences" et que nous ne puissions y revenir dessus.
Et que dire des compétences comportementales... en phase d'apprentissage elles n'ont aucun sens.

_________________
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum