Question de compréhension

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Question de compréhension

Message par Spinoza1670 le Mer 11 Mar 2015 - 0:45

Michelet, [i]L'Oiseau[/i] a écrit:Le ciel était beau le matin, mais avec un vent qui soufflait de la Vendée. Mes pins se lamentaient, et de mon cèdre ému sortait une basse et profonde voix. Les fruits jonchaient la terre. Nous nous mîmes à les ramasser. Peu à peu le temps se voila, le ciel devint fort gris, le vent tomba, tout devint morne. C'est alors, vers quatre heures, qu'en même temps de tous les points, et du bois, et de l'Erdre, et de la ville, et de la Loire, de la Sèvre, je pense, d'infinies légions, à obscurcir le jour, vinrent se condenser sur l'église, avec mille voix, mille cris, des débats, des discussions. Sans savoir cette langue, nous devinions très-bien qu'on n'était pas d'accord. Peut-être les jeunes, retenus par ce souffle tiède d'automne, auraient voulu rester encore. Mais les sages, les expérimentés, les voyageurs éprouvés insistaient pour le départ. Ils prévalurent; la masse noire, s'ébranlant à la fois comme un immense nuage, s'envola vers le sud-est, probablement vers l'Italie. Ils n'étaient pas à trois cents lieues (quatre ou cinq heures de vol) que toutes les cataractes du ciel s'ouvrirent pour abîmer la terre; nous crûmes un moment au déluge. Retirés dans notre maison qui tremblait aux vents furieux, nous admirions la sagesse des devins ailés qui avaient si prudemment devancé l'époque annuelle.
Évidemment ce n'était pas la faim qui les avait chassés. En présence d'une nature belle et riche encore, ils avaient senti, saisi l'heure précise sans la devancer. Le lendemain, c'eût été tard. Tous les insectes, abattus par cette immensité de pluie, étaient devenus introuvables; tout ce qui en subsistait vivant s'était réfugié dans la terre.
Du reste, ce n'est pas la faim seule, la prévoyance de la faim, qui décide aux migrations les espèces voyageuses. Si ceux qui vivent d'insectes sont forcés de partir, les mangeurs de baies sauvages pourraient rester à la rigueur. Qui les pousse? Est-ce le froid? la plupart y résisteraient. À ces causes spéciales, il faut en ajouter une autre, plus générale et plus haute, c'est le besoin de la lumière.
http://www.gutenberg.org/files/28568/28568-h/28568-h.htm pp. 139-140

Ma question, c'est simplement : pourquoi ai-je l'impression qu'il manque quelque chose après "l'époque annuelle" ?

J'attendrais bien quelque chose comme "l'époque annuelle des pluies".

L'article défini suffit-il à préciser qu'il s'agit de l'époque annuelle dont il est question dans le texte supra, l'époque à laquelle il commence à pleuvoir ?

Pour moi, cela ne suffit pas. Du coup, le mot "époque" change de sens et au lieu de signifier simplement "période, moment", il signifie plus précisément dans ce contexte "période des pluies" ou "période catastrophique".

Est-ce qu'il pourrait avoir la même fonction que l'article anglais "the" prononcé avec insistance : ex. it's the man --> c'est l'homme par excellence.

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« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)
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Spinoza1670
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Re: Question de compréhension

Message par User5899 le Mer 11 Mar 2015 - 1:34

Je comprends plutôt le moment de partir que la saison des pluies.

User5899
Dieu de l'Olympe


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Re: Question de compréhension

Message par Spinoza1670 le Mer 11 Mar 2015 - 11:20

Ils ne peuvent pas avoir devancé l'époque annuelle = le moment de partir, puisque ils sont partis pile au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard : "Évidemment ce n'était pas la faim qui les avait chassés. En présence d'une nature belle et riche encore, ils avaient senti, saisi l'heure précise sans la devancer."

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