Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

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Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Finrod le Sam 18 Avr 2015 - 20:03

Bonjour,

Quelqu'un pour m'expliquer les calculs de Claire ?




https://ecolededemain.wordpress.com/2015/04/17/college-enfin-on-va-arreter-de-marcher-sur-la-tete/?hc_location=ufi


Claire Krepper a écrit:Aujourd’hui, le collège français ne garantit pas  l’acquisition des connaissances de base à tous les élèves qui le fréquentent. Après quatre ans de collège, ils sont 25% à ne pas maîtriser les compétences les plus simples en français alors qu’ils sont 12% dans ce cas à la fin du CM2. En mathématiques, on passe de 9% d’élèves ne maîtrisant pas les bases en CM2 à 13% en troisième.

Parce que le collège français creuse toujours plus les écarts entre les plus fragiles et les meilleurs, il est urgent de réorienter l’action publique et l’argent public en faveur de ceux qui en ont le plus besoin. Il ne s’agit pas simplement d’une mesure de justice. C’est aussi l’intérêt de tous : les évaluations internationales ont largement démontré que la progression des résultats des élèves les plus faibles profite  également aux plus forts. Sans parler des gains pour la société française dans son ensemble si notre école parvient à faire acquérir à tous ses enfants le socle indispensable à leur insertion sociale, professionnelle et citoyenne.

Il est urgent de réorienter l’action publique et l’argent public en faveur de ceux qui en ont le plus besoin.

Le gouvernement s’est attelé à cette tâche de différentes manières. Il s’est engagé depuis 2012 dans un rééquilibrage des moyens attribués aux académies et aux départements en fonction des difficultés économiques, sociales et scolaires qu’ils rencontrent. Il a lancé un vaste programme de refondation de l’éducation prioritaire auquel il consacre des moyens importants. Il travaille également au dossier de la sectorisation scolaire en tentant de mobiliser les collectivités territoriales concernées. Il a mis l’accent dès 2012 sur la « priorité au primaire » et ouvre maintenant le chantier du collège.

L’organisation actuelle du collège avec ses options facultatives est injuste socialement et inefficace pédagogiquement. Un élève qui est scolarisé en classe bilangue dès la sixième, étudie le latin dès la cinquième, suit l’option européenne à partir de la quatrième reçoit 18 heures de plus d’enseignement hebdomadaire dans sa scolarité qu’un élève qui ne suit aucun de ces enseignements facultatifs.  Cela représente plus d’une demi-année de collège en plus. Pour un pays qui se targue d’ « égalité républicaine », cherchez l’erreur ! On rétorquera que cette possibilité est offerte à tous sans discrimination. Cependant, les statistiques le montrent sans aucune ambigüité : ce sont massivement les enfants des classes les plus favorisées socialement et les meilleurs scolairement qui profitent de ces heures en plus. Pourquoi ? Parce que pour choisir une classe bilangue en sixième ou une option européenne, il faut que la famille soit convaincue que le surcroît de travail sera une chance et non un obstacle à la réussite de leur enfant. Parce que pour choisir le latin, il faut que la famille soit convaincue que cet enseignement sera utile à leur enfant, et que, pour penser cela, il faut pouvoir projeter son enfant dans des études longues, et qu’il faut être certain de son propre avenir et de sa capacité à assumer financièrement une telle ambition. Pas franchement le cas des familles de milieu populaire.


Mais parlons maintenant des moyens consacrés à aider les plus fragiles dans le collège actuel : deux heures d’aide au travail personnel en sixième qui concernent toutefois tous les élèves, deux heures d’itinéraires de découverte en cinquième et quatrième souvent recyclées dans des dispositifs d’aide. Voilà, le compte est vite fait. Comment s’étonner alors du creusement des écarts constaté ? N’avons-nous pas jusqu’à maintenant marché sur la tête en consacrant autant de moyens pour les meilleurs et si peu pour les plus faibles ? Peut-on vraiment défendre le statu quo comme le font de nombreuses organisations et associations disciplinaires ?

N’avons-nous pas jusqu’à maintenant marché sur la tête en consacrant autant de moyens pour les meilleurs et si peu pour les plus faibles ?

Pardon, la plupart des organisations ne défendent pas le statu quo, elles demandent qu’on améliore le collège en lui donnant davantage de moyens ou que tous les élèves suivent les enseignements actuellement suivis par les 20% qui ont une option facultative. Ainsi le SNES-FSU a lancé une pétition qui nécessite au bas mot le recrutement de 100 000 enseignants de collège pour en satisfaire les revendications. Et pour assurer un enseignement du latin à tous les élèves avec l’horaire actuel, il faudrait recruter au moins 12000 enseignants de lettres classiques. On voit l’absurdité de telles propositions : alors que le ministère peine à recruter, faute de viviers de candidats, les 60000 enseignants promis sur cinq ans, où irions-nous chercher les 100000 que demande le SNES ? Quant aux enseignants de lettres classiques, impossible de les recruter car les étudiants existants n’y suffiraient pas.

Sortons du déni de réalité ou de la démagogie  et regardons la situation telle qu’elle est. Oui, le budget est contraint ; oui, les recrutements sont limités. Et c’est dans ce contexte qu’il faut construire un collège plus juste et plus efficace. Et malgré ce contexte défavorable, la réforme n’a pas pour objectif de faire des économies comme certains le prétendent. Elle redistribue les moyens consacrés à quelques-uns au bénéfice de tous les élèves et les abondent en créant 4000 ETP supplémentaires sur deux ans dans les collèges.

La réforme réduit les enseignements optionnels et augmente de manière importante les moyens complémentaires au service de tous et donc des plus fragiles. L’option facultative latin (8 heures) devient un enseignement de complément (5 heures) pour les élèves volontaires financé sur l’autonomie des collèges. Cet enseignement complète l’enseignement pratique interdisciplinaire « Langues et culture de l’antiquité » qui pourra être suivi par de très nombreux élèves, et même TOUS les élèves d’un collège. Cet EPI est une chance de faire partager la culture de l’antiquité au plus grand nombre. L’option européenne (4 heures) se transforme en EPI « culture et langues étrangères » pour TOUS. Les langues vivantes sont par ailleurs invitées à participer à d’autres EPI. Quant aux sixièmes « bilangue », elles seront maintenues partout où les élèves auront appris une autre langue vivante que l’anglais à l’école primaire. Tous les autres attendront la cinquième pour débuter la LV2 qui passe de 6 heures à 7 heures et demi sur la durée du collège.

Sortons du déni de réalité ou de la démagogie et regardons la situation telle qu’elle est.

En contrepoint, les moyens pour travailler en petits groupes sont multipliés par 6. Ainsi un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser ces groupes ou co-animer certains enseignements. L’accompagnement personnalisé passe de 2 à 3 heures en sixième. De plus, cet accompagnement est institué de la cinquième à la troisième à raison de une à deux heures par semaine selon le choix des équipes. Enfin, les EPI offrent aux élèves l’occasion d’acquérir des connaissances et des compétences des programmes à travers des projets débouchant sur des productions concrètes, un bon moyen de motiver et d’aider les élèves qui adhèrent moins aux démarches classiques, à entrer dans les apprentissages. En conclusion, on peut dire que, du point de vue de TOUS les élèves, cette réforme n’est pas marquée par la régression, tout au contraire.

Comme syndicat représentant les enseignants et les personnels d’éducation, nous ne pouvons nous arrêter là et nous déclarer satisfaits. Cette réforme doit être soutenue et portée par des enseignants rassurés et confortés dans leurs missions et leur expertise. C’est l’exigence que nous avons portée dans toutes les discussions que nous avons eues avec le ministère. Et nous avons obtenu satisfaction. Les horaires des disciplines du tronc commun sont maintenus à l’identique, voire renforcés (en LV2). Les dotations de base aux collèges seront supérieures aux actuelles dotations (un demi-poste en plus pour un collège moyen). Les équipes en place ne seront donc pas menacées par la réforme. Elles vont y trouver des marges d’initiative et des responsabilités accrues dans un cadre suffisant pour garantir l’équité. Enfin, les enseignants ne seront plus considérés comme des exécutants mais comme des experts des apprentissages. Les EPI et l’accompagnement donnent des espaces plus larges pour mettre en œuvre des pratiques pédagogiques déjà bien initiées sur le terrain.

Nous ne pouvons nous arrêter là et nous déclarer satisfaits.

Cependant, les professeurs de lettres classiques et les professeurs d’allemand sont inquiets. Ils craignent que la disparition des classes bilangue et des options facultatives ne conduisent à la disparition de leurs enseignements. Ces professeurs ne sont pour rien dans la situation qui leur est faite. La réputation d’exigence de leurs disciplines qui les réserve dans l’esprit de nombreuses familles aux bons élèves n’est pas de leur fait. Et ils sont très nombreux, là où la compétition et la concurrence scolaire sont moins féroces à devoir batailler pour « attirer » les élèves. Ils ont d’ailleurs développé dans de très nombreux cas des pédagogies actives, construites autour d’un projet partagé, porteuses de réussite, ces pédagogies que la réforme veut promouvoir pour TOUS les élèves dans les EPI. Les dispositifs « sélectifs » ou « optionnels » – dont ils ne sont pas responsables mais dans lesquels ils enseignent – leur assurent une fréquentation par environ 10% des élèves. En même temps, ils les limitent à 10% des élèves… Une ouverture large des EPI à ces disciplines devrait compenser la baisse horaire du latin et la disparition des 6ème bilangue et les faire connaître concrètement de TOUS les élèves, le plus sûr moyen de lutter contre les représentations erronées. Par un glissement organisé entre les disciplines, il sera aisé de retrouver l’équivalent des horaires actuels, les personnels étant présents et les heures disponibles. Le latin et l’allemand pourront enfin sortir de leur périmètre limité pour attirer davantage d’élèves. Ainsi, l’ouverture expérimentale de la LV2 en 5ème dans les académies de Rennes et de Toulouse s’est déjà traduite par une légère augmentation des effectifs. La réforme pourrait au final être une chance, y compris pour ces deux disciplines.

La ministre doit tenir compte de cette réalité syndicale et des inquiétudes légitimes des enseignants.

Tout changement crée des incertitudes et des inquiétudes. Plusieurs organisations syndicales nourrissent ces inquiétudes par une campagne qui frise la désinformation. Pas surprenant de la part d’organisations en désaccord avec le projet sur le fond comme le SNALC qui défend un collège « modulaire » qui sépare les bons et les mauvais élèves dès la classe de cinquième. C’est un peu plus surprenant de la part du premier syndicat du second degré, le SNES-FSU, qui partage tous les principes de la réforme, comme l’a dit son co-secrétaire général-adjoint, R. Hubert, à la ministre lors du Conseil Supérieur de l’Education. Alors pourquoi un tel acharnement contre cette réforme ? Conviction ou stratégie d’appareil ? Il est vrai que le SNES a perdu plus de 5% aux dernières élections professionnelles et que les plus contestataires en son sein reprochent à la direction nationale  son soutien (très mesuré pourtant) à la refondation.

La ministre doit tenir compte de cette réalité syndicale et des inquiétudes légitimes des enseignants. Elle doit leur parler directement. Elle doit mobiliser toutes ses équipes pour accompagner le changement par une information claire dans un premier temps, mais surtout par une formation solide et suivie. La formation continue des enseignants vient d’être épinglée par la Cour des Comptes. La réforme du collège est l’occasion de la refonder: celle-ci doit s’adresser aux équipes dans chaque collège, non pas dans une démarche descendante mais dans un accompagnement et un soutien à la réflexion et à l’élaboration des nouveaux parcours de formation pour TOUS les élèves par les équipes elles-mêmes. Ces projets  devront associer tous les membres de la communauté éducative et s’appuyer sur les instances démocratiques des collèges, le conseil pédagogique et le conseil d’administration.

Cette réforme, le SE-Unsa la soutient car le collège qu’elle dessine est un collège enfin pensé pour TOUS les élèves et construit au quotidien par TOUS les personnels, reconnus, respectés et responsabilisés.

Claire Krepper, secrétaire nationale du secteur éducation, SE-Unsa

Finrod
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par almuixe le Sam 18 Avr 2015 - 20:32

Il y a des erreurs factuelles : sur les lacunes à l'entrée au collège et sur les heures. Les epi sont pris sur les heures des disciplines pas celles des options. Mais c'est au moins plus franc que toues t les défenses que j'ai lues jusqu'à présent. Il admette que l'on dépouille certains pour espérer habiller tout le monde. Enfin, les couvrir de haillons plutôt...

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Monsieur Silence le Sam 18 Avr 2015 - 21:30

Bof, on retrouve toujours et encore les mêmes arguments, qui ne me convainquent pas.

Monsieur Silence
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par leprofdu76 le Sam 18 Avr 2015 - 21:31

Bon il va falloir apprendre le calcul je vois pas comment on peut écrire qu'un collège aura 48h pour les groupes au lieu de 8h aujourd'hui ????



2h75 pour une classe cela ne servira au mieux à co animé les IDD déguisé en EPI (3h nécessaire faudra attendre 2017) ou à faire un groupe de sciences ou de langues. Mais aussi à financer le latin et l'AP (accompagnement personnalisé à 30 classes c'est de l'accompagnement groupé)

Il n'y en aura pas pour tout le monde....


La réforme va supprimé 8h de latin, 3h de DP3, 5h de bilangues et 4h d'euro. On ajoute l'heure labo de technologie et la coordo eps qui sort des DHG.

Si on applique la réforme à une DHG d'un collège de 24 divisions (6 par niveau) et bien on obtient le même nombre d'heure.

Où sont les 4000 postes ? L'unsa doit le savoir peut être ....

leprofdu76
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par AsarteLilith le Sam 18 Avr 2015 - 21:38

Heu... c'est pas 20% des collégiens en LCA d'après ATC ???
Comment associer les professionnels de l'éducation que nous sommes en ne nous demandant pas notre avis et en voulant passer en force ? La désinformation est-elle vraiment de notre côté ?
Tenir compte de nos inquiétudes ? C'est justement ce qu'on demande !
Les équipes en place pas menacées par la réforme ? Et les TZR ? Le temps que va nous prendre toute concertation au détriment de nos autres tâches ?

Elle est aussi au courant qu'il y a des CSP moins favorisées qui prennent les LCA ???

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par dandelion le Sam 18 Avr 2015 - 22:41

Quand j'enseignais en collège ce n'étaient pas des élèves favorisés qui étudiaient le latin. Les élèves favorisés faisaient plutôt l'option euro, même si celle-ci s'adressait aussi à des élèves d'origines variées, du fait du recrutement du collège.
J'aime beaucoup le commentaire implicite dans le 'responsabilisés' qui conclut l'article.
Quant aux chiffres concernant les comparaisons entre le manque de maîtrise des bases en sortie de primaire et du collège, d'où sortent-ils? Les bases sont acquises en sortie de primaire normalement, ces élèves les perdraient-ils en cours de route?

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Lefteris le Sam 18 Avr 2015 - 22:43


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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Gryphe le Sam 18 Avr 2015 - 22:47

Juste sur ce point précis :
L’accompagnement personnalisé passe de 2 à 3 heures en sixième.
Aujourd'hui : heures de cours + 2h d'AP en sixième.
Collège 2016 : heures de cours dont 3h d'AP en sixième.

C'est bizarre, on ne lit pas du tout les chose de la même manière. Very Happy

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Presse-purée le Sam 18 Avr 2015 - 23:21

Elle se plante juste complètement sur les LCA, puisqu'il faudra prendre aux autres disciplines pour organiser un cours d'une discipline préexistante. Qui voudra lâcher ses heures (qui baissent partout, et sur lesquelles on doit déjà prendre pour faire les autres EPI et les heures d'AP...)?

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 15:47

@leprofdu76 a écrit:Bon il va falloir apprendre le calcul je vois pas comment on peut écrire qu'un collège aura 48h pour les groupes au lieu de 8h aujourd'hui ????

8h, je crois que je les vois. mais dans ce cas, en face, en additionnant les mêmes choses, je n'obtiens pas mieux que 27h (dont une bonne part est prise sur les disciplines, on est bien d'accord).

alors 48 scratch en grattant, je peux trouver 37h. mais pour admettre 37, il faut changer 8 de l'autre côté Twisted Evil et lui ajouter les options actuelles possibles... ce qui me donnerait.. 39

bon, si je résous ce truc, et en particulier si c'est moi qui fait usage de mauvaise foi, je préviens pingouin

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 17:30

vous êtes prêts ?  
moi, les bras m'en tombent. Shocked

Spoiler:

question posée dans les commentaires, et réponse de l'auteur :

"Dans le collège actuel, les moyens pour dédoubler les classes existent à raison d’une demi-heure en, svt, techno et français en 6ème. Ce qui représente 1h 30 de moyens profs en plus des heures élèves. Avec la réforme, chaque classe donne 3 heures profs en plus des heures des élèves. Ils ont 27 heures de cours mais le collège en reçoit 30. On peut donc dédoubler 3 heures dans la semaine. On peut aussi globaliser les heures et s’ en servir là où on pense que c’est plus utile. Si un collège a 16 classes, il aura 3×16= 48 heures pour faire des dédoublements ou coanimer des enseignements à 2 profs."




Dernière édition par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 17:48, édité 2 fois

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Gryphe le Dim 19 Avr 2015 - 17:41

@fraisedesbois a écrit:vous êtes prêts ?  
moi, les bras m'en tombent. Shocked

Spoiler:

question posée dans les commentaires, et réponse de l'auteur :

"Avec la réforme, chaque classe donne 3 heures profs en plus des heures des élèves. Ils ont 27 heures de cours mais le collège en reçoit 30. On peut donc dédoubler 3 heures dans la semaine. On peut aussi globaliser les heures et s’ en servir là où on pense que c’est plus utile. Si un collège a 16 classes, il aura 3×16= 48 heures pour faire des dédoublements ou coanimer des enseignements à 2 profs."


Comment ça ils ont 27h de cours ? C'est 26, maximum. Tout ce qui dépasse aura la tête tranchée (sauf éventuellement latin, mais ce n'est pas gagné-gagné...)

Arrêté, pages 5 et 6 : http://cache.media.eduscol.education.fr/file/College/41/1/Arrete_college_-_Publication_eduscol_14_avril_2015_V5_412411.pdf

Le collège reçoit 2h45 en plus en 2016 puis 3h en plus en 2017.
Arrêté, page 3, article 7 : http://cache.media.eduscol.education.fr/file/College/41/1/Arrete_college_-_Publication_eduscol_14_avril_2015_V5_412411.pdf

Les pros-réforme pourraient au moins donner les vrais chiffres qu'ils sont en train de voter... cafe

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Zenxya le Dim 19 Avr 2015 - 17:41

Bon, elle a un problème avec les math. (?)
Il faut être admiratif quand même, arriver à mentir comme ça, en être à ce point persuadé, c'est pas donné à tout le monde, à jeun.

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 17:50

j'ai enfin compris.

elle compare juste les marges prof, pour un collège moyen (4 classes par niveau)

donc 4x1h pour les 6e + 4x30min pour les 5e + 4x30min pour les 4e = 8h à l'actuel
et en face côté réforme : 3hx16classes = 48h.

pour moi le biais dans son raisonnement c'est qu'elle considère que l'AE n'est pas un temps en petit groupe et que les heures IDD non plus.

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Mama le Dim 19 Avr 2015 - 18:36

Et surtout, j'ai posé ma question ici à plusieurs endroits mais je n'ai pas encore eu de réponse, please ? :

Comment les EPI et l'AP pourraient-ils être en effectif réduit, puisque sur les heures qui leur sont consacrées, le nombre de classes en "barrettes" correspondra au nombre de profs disponibles ? Les élèves pourront certes choisir leur EPI, et les classes seront redistribuées, mais leur nombre restera égal par professeur animateur (sans parler des probables déséquilibres, les élèves choisissant majoritairement le même EPI parce qu'ils ont des intérêts communs envie de rester ensemble!) Et même si on ajoute des professeurs d'autres classes ayant "trou" sur ces heures-là, cela ne pourra suffire dans tous les établissements et pour tous les niveaux à constituer des "demi-groupes", si ?
Ou bien est-ce que je n'ai rien compris ?

Mama
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Iphigénie le Dim 19 Avr 2015 - 18:40

Aura-t-on des effectifs réduits du type des effectifs d'Aide Personnalisée en Lycée? (autour de 25?)
et sera-ce bien alors un effectif réduit, au sens où c'est actuellement en lycée une aide personnalisée?
Parce que le collège français creuse toujours plus les écarts entre les plus fragiles et les meilleurs,


Mais sacrebleu de corne de bouc: qui est-ce qui nous disait le contraire jusqu'à hier?
et qui aujourd'hui vient nous parler de "déni"?????

Non mais vraiment , Obélix dirait qu'il y a des baffes qui se perdent.

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Gryphe le Dim 19 Avr 2015 - 18:55

@fraisedesbois a écrit:elle compare juste les marges prof, pour un collège moyen (4 classes par niveau)

donc 4x1h pour les 6e + 4x30min pour les 5e + 4x30min pour les 4e = 8h à l'actuel
et en face côté réforme : 3hx16classes = 48h.

Ça me paraît juste pour la rentrée 2017 (pour 2016, c'est 2,75hx16 classes), mais si on ne met pas en regard toutes les très nombreuses heures qui disparaissent (bilangues, euros, latin, grec, DP3), la présentation est biaisée, pour ne pas dire plus.

Les 30mn de 5e et de 4e se trouvent ici : http://eduscol.education.fr/cid46759/horaires-du-cycle-central.html

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Celeborn le Dim 19 Avr 2015 - 19:17

On reprend le calcul pour un collège de 4 classes :

Nouvelle formule :
26h par niveau + 3h de marge pour groupes, etc. = 29h par classe. Sur un collège de 4 classes par niveau, ça fait 464 heures
Les élèves auront entre 104h et 109h de cours (si enseignement de complément latin).


Ancienne formule :
- 6e : 28h (groupes en SVT/Techno et accompagnement inclus)
- 5e : 25h30 (heures IDD + non affectée incluses)
- 4e : 28h30 (idem)
- 3e : 28h30
Total hors options sur un collège de 4 classes par niveau : 442 heures
- Options (disons qu'il n'y a pas de grec) : DP3 (3h), latin (8h), euro (4h), bilangue (4h)
Ancienne formule, total avec options : 461 heures
Les élèves auront entre 104h30 et 120h30 de cours


On sent qu'il y a une grosse attribution de moyens, n'est-ce pas ?

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Gryphe le Dim 19 Avr 2015 - 19:26

C'est exactement ce qui ressortait des paroles de Tournier, dans le compte-rendu des associations de LC qu'on peut trouver par exemple sur le site AvenirLatinGrec :

E. Tournier, dans le CR des assoc de LC a écrit:
E. Tournier indique que cette égalité est trompeuse : même avec des horaires nationaux, les heures d'enseignement reçues entre la 6e et la 3e varient de 110 à 128 actuellement, du fait de l'existence d'options non réglementaires (classes bilangues, classes euro, etc). Le MEN veut donner de l'autonomie mais cadrer, avec une enveloppe claire dont on donne les modalités de calcul. Le but est d'atteindre 112,5 h de moyenne partout (et 117,5 avec compléments), en supprimant les dispositifs excédentaires. Ce qui doit être garanti est le socle commun.
http://avenirlatingrec.fr/actualite/les-reactions-syndicales/100-compte-rendu-de-l-audience-des-associations-au-ministere

Supprimer tout ce qui dépasse fait plus que clairement partie du dispositif. cafe

C'est à mon avis une immense erreur politique. On doit former les citoyens de toute une classe d'âge, qui exerceront adultes les métiers les plus divers, auront les engagements les plus divers aussi. La formation "moyenne" ne doit pas empêcher de former aussi tous les gens qui pour x raisons s'écartent de la norme (SEGPA, ULIS, IP, optionnaires...).

Gryphe
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 19:35

Gryphe topela je suis tout à fait d'accord sur tous les autres biais de ce facteur 6 Rolling Eyes Rolling Eyes

@Mama a écrit:Et surtout, j'ai posé ma question ici à plusieurs endroits mais je n'ai pas encore eu de réponse, please ? :
Comment les EPI et l'AP pourraient-ils être en effectif réduit,
personne n'a exactement écrit dans aucun des projets de textes que les EPI et l'AP seraient en effectif réduits à dire vrai.
la ministre a dit hier que la priorité pour dédoubler irait en priorité à peu près à tout le reste.


@Celeborn a écrit:On reprend le calcul pour un collège de 4 classes :

Nouvelle formule :
26h par niveau + 3h de marge pour groupes, etc. = 29h par classe. Sur un collège de 4 classes par niveau, ça fait 464 heures
Les élèves auront entre 104h et 109h de cours (si enseignement de complément latin).


Ancienne formule :
- 6e : 28h (groupes en SVT/Techno et accompagnement inclus)
- 5e : 25h30 (heures IDD + non affectée incluses)
- 4e : 28h30 (idem)
- 3e : 28h30
Total hors options sur un collège de 4 classes par niveau : 442 heures
- Options (disons qu'il n'y a pas de grec) : DP3 (3h), latin (8h), euro (4h), bilangue (4h)
Ancienne formule, total avec options : 461 heures
Les élèves auront entre 104h30 et 120h30 de cours


On sent qu'il y a une grosse attribution de moyens, n'est-ce pas ?

en effet Rolling Eyes

double merci pour ce point Celeborn, parce que c'est aussi réconfortant pour moi de retrouver "mes" chiffres dans votre bilan après un petit temps à chercher ce que pouvait bien être à la fois ces 8h et ces 48h.

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Caspar Goodwood le Dim 19 Avr 2015 - 20:18

Si j'ai bien compris, la DP3 disparaît aussi? Trop élitiste sans doute. Et je suppose que la 3ème prépa pro est condamnée aussi puisque la classe de 3ème est intégrée au cycle 3...

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 21:00

la DP3 disparait, oui.
les 3e prépa pro restent.

(cycle 4 la 3e).

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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par Caspar Goodwood le Dim 19 Avr 2015 - 21:09

Ah? Je croyais que 5-4-3 devenaient un cycle.

Caspar Goodwood
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Re: Tribune de Claire Krepper (UNSA) pour la réforme : "un collège moyen qui disposait de 8 heures recevra maintenant 48 heures pour organiser [des] groupes" (à effectif réduit)

Message par fraisedesbois le Dim 19 Avr 2015 - 21:15

Botchan a écrit:Ah? Je croyais que 5-4-3 devenaient un cycle.
c'est bien ça.
mais le cycle 4.
j'ai cru comprendre que vous la placiez dans le cycle 3 dans votre message au dessus.

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