Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

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Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Spinoza1670 le Dim 26 Avr 2015 - 13:05

http://megamaths.perso.neuf.fr/themes/th0026TC2.html

megamaths a écrit:Le programme de terminale C de 1971 comportait 185 lignes sur le bulletin officiel. On en a supprimé environ 104 lignes pour aboutir au programme de terminale S de 2013, soit une perte de 56%. En 1971, un élève de terminale scientifique suivait 9 heures de cours hebdomadaire, mais plus que 8 heures en 2013. Mais attention, l'élève de 2013 a moins d'entraînement en sciences derrière lui puisqu'il n'a bénéficié que de 4h de mathématiques par semaine en première S, au lieu de 6 heures en 1971, et de 4h de maths en seconde au lieu de 5h en seconde C en 1971. Il ne faut donc pas s'étonner à ce qu'il soit bien moins entraîné et savant qu'un élève qui suivait les anciens horaires et les anciens programmes.

Le programme de terminale S de 2013 comporte néanmoins des nouveautés et non des moindres. Il s'agit des lois de probabilité à densité (loi uniforme, loi exponentielle, loi normale), du Théorème de Moivre-Laplace (admis) et de chapitres sur les statistiques inférentielles avec l'étude des intervalles de fluctuation et des intervalles de confiance. Ces chapitres imposent d'admettre de nombreux résultats et d'essayer de comprendre des énoncés difficiles où interviennent à la fois les notions de limite et de probabilités. On peut raisonnablement se demander si ces chapitres sont vraiment du niveau d'un élève moyen de terminale.

_________________
« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Jean-charles le Dim 26 Avr 2015 - 13:23

Il faut comparer ce qui est comparable: déjà la terminale S d'aujourd'hui remplace les anciennes terminales C et D qui comportaient deux niveaux bien différents en maths et en physiques entres autres...

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Marie: Dis p'pa, tu crois qu'il en a vu des singes en hiver ? Gabriel: Je pense qu'il en a vu au moins un.

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Balthazaard le Dim 26 Avr 2015 - 13:55

@Spinoza1670 a écrit:http://megamaths.perso.neuf.fr/themes/th0026TC2.html

megamaths a écrit:Le programme de terminale C de 1971 comportait 185 lignes sur le bulletin officiel. On en a supprimé environ 104 lignes pour aboutir au programme de terminale S de 2013, soit une perte de 56%. En 1971, un élève de terminale scientifique suivait 9 heures de cours hebdomadaire, mais plus que 8 heures en 2013. Mais attention, l'élève de 2013 a moins d'entraînement en sciences derrière lui puisqu'il n'a bénéficié que de 4h de mathématiques par semaine en première S, au lieu de 6 heures en 1971, et de 4h de maths en seconde au lieu de 5h en seconde C en 1971. Il ne faut donc pas s'étonner à ce qu'il soit bien moins entraîné et savant qu'un élève qui suivait les anciens horaires et les anciens programmes.

Le programme de terminale S de 2013 comporte néanmoins des nouveautés et non des moindres. Il s'agit des lois de probabilité à densité (loi uniforme, loi exponentielle, loi normale), du Théorème de Moivre-Laplace (admis) et de chapitres sur les statistiques inférentielles avec l'étude des intervalles de fluctuation et des intervalles de confiance. Ces chapitres imposent d'admettre de nombreux résultats (1) et d'essayer de comprendre des énoncés difficiles où interviennent à la fois les notions de limite et de probabilités(2). On peut raisonnablement se demander si ces chapitres sont vraiment du niveau d'un élève moyen de terminale.

(1) Vrai! En fait la quasi totalité des résultats importants

(2) Faux! Si c'était vrai serait un moindre mal, mais en fait, on cherche la phrase clef dans l’énoncé, on applique la recette et "les formules" et on donne la conclusion apprise par cœur (par les meilleurs/moins mauvais) en bon auto-math

Balthazaard
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par ernestin le Dim 26 Avr 2015 - 14:43

Bonjour, je suis professeur de physique-chimie avec des classes de seconde, et je suis bien souvent totalement effaré par le très faible niveau en mathématiques de certaines classes de seconde.

Manipuler une équation, inverser une fraction sont pour eux du domaine de la « complexité » et je ne compte pas le nombre d'élèves qui en sont tout simplement incapables.

Les identités remarquables (vues en troisième/quatrième à la fin des années 90) sont apprises par cœur en seconde, on se demande si les élèves savent développer un calcul.

La notion de dérivée n'est même plus étudiée. Bref, je suis sur le c*l...

Est-ce qu'on fait encore des intégrales au lycée ?

ernestin
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Bouboule le Dim 26 Avr 2015 - 14:55

@Jean-charles a écrit:Il faut comparer ce qui est comparable: déjà la terminale S d'aujourd'hui remplace les anciennes terminales C et D qui comportaient deux niveaux bien différents en maths et en physiques entres autres...

On peut quand même dire que les TS qui ont 8h de mathématiques par semaine ne sont qu'une fraction des TS, ceux qui ont choisi spécialité mathématiques.

Les autres n'ont que 6h de mathématiques.

La filiation TC -> TS spé maths est quand même assez nette dans les faits.


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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Bouboule le Dim 26 Avr 2015 - 14:59

@ernestin a écrit:Bonjour, je suis professeur de physique-chimie avec des classes de seconde, et je suis bien souvent totalement effaré par le très faible niveau en mathématiques de certaines classes de seconde.

Manipuler une équation, inverser une fraction sont pour eux du domaine de la « complexité » et je ne compte pas le nombre d'élèves qui en sont tout simplement incapables.

Les identités remarquables (vues en troisième/quatrième à la fin des années 90) sont apprises par cœur en seconde, on se demande si les élèves savent développer un calcul.

La notion de dérivée n'est même plus étudiée. Bref, je suis sur le c*l...

Est-ce qu'on fait encore des intégrales au lycée ?

La notion de dérivée en seconde ? Il ne faut peut-être pas exagérer, cela était en première dans les années 80.

Ceci dit, les élèves en seconde (mais également ceux en L1/CPGE/IUT) ne savent pas manipuler des expressions relativement simples. Les heures perdues ont beaucoup pénalisé la compréhension du langage et de la technicité. Sans compter que la diminution des horaires a chargé les collègues d'une classe (ou deux) supplémentaires et que du coup ceux-là ainsi que la nouvelle génération de collègues (pas tous) donnent beaucoup moins de travail à la maison.

Bouboule
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Voltaire le Dim 26 Avr 2015 - 18:32

@Jean-charles a écrit:Il faut comparer ce qui est comparable: déjà la terminale S d'aujourd'hui remplace les anciennes terminales C et D qui comportaient deux niveaux bien différents en maths et en physiques entres autres...
Et aussi la terminale E ...

Voltaire
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Jean-charles le Dim 26 Avr 2015 - 18:52

@Voltaire a écrit:
Et aussi la terminale E ...
A quelle filière cela correspondait-il ?

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Marie: Dis p'pa, tu crois qu'il en a vu des singes en hiver ? Gabriel: Je pense qu'il en a vu au moins un.

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par micaschiste le Dim 26 Avr 2015 - 18:57

@Jean-charles a écrit:
@Voltaire a écrit:
Et aussi la terminale E ...
A quelle filière cela correspondait-il ?
un bac scientifique avec un peu de technique. Le programme de maths et PC de la série E était le même que la série C.

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par invitéW le Dim 26 Avr 2015 - 19:20

@Jean-charles a écrit:
@Voltaire a écrit:
Et aussi la terminale E ...
A quelle filière cela correspondait-il ?
Ça correspond à S-SI maintenant

invitéW
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par ycombe le Dim 26 Avr 2015 - 19:55

@micaschiste a écrit:
@Jean-charles a écrit:
@Voltaire a écrit:
Et aussi la terminale E ...
A quelle filière cela correspondait-il ?
un bac scientifique avec un peu de technique. Le programme de maths et PC de la série E était le même que la série C.
Un peu de technique? Il me semble qu'ils avaient 8h de cours de plus que les C.

C'est ce que je voulais faire, mais mon père n'a pas voulu. L'ostracisme contre le technique ne date pas d'hier.


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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par invitéW le Dim 26 Avr 2015 - 20:18

@ycombe a écrit:
@micaschiste a écrit:
@Jean-charles a écrit:
A quelle filière cela correspondait-il ?
un bac scientifique avec un peu de technique. Le programme de maths et PC de la série E était le même que la série C.
Un peu de technique? Il me semble qu'ils avaient 8h de cours de plus que les C.

C'est ce que je voulais faire, mais mon père n'a pas voulu. L'ostracisme contre le technique ne date pas d'hier.

On avait le même programme que les C dans la plupart des matières.
La différence :
- la 2e langue était une option
- on ne faisait pas de SVT, mais à la place on avait en effet 8h de méca, élec et productique.
- on avait 1h30 d'histoire géo en 1re et plus du tout en terminale et on ne la passait pas au bac.

invitéW
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par kellogs le Ven 1 Mai 2015 - 1:07

Il ne faut pas comparer avec les programmes de 1971 (réforme Mathématiques modernes), mais avec les programmes de 1963 à 1968. En particulier, je te conseille toute la série des ouvrages Lebossé. Depuis 1968, on n'a plus jamais atteint la qualité de ces ouvrages. A cette époque, même les élèves de terminale A étaient de meilleur niveau que nos terminales S.

Les ouvrages anciens sont deux fois plus épais que les ouvrages modernes. Le programme de mathématiques tient en deux pages par année scolaire et il est parfaitement clair, sans pédagogisme du type "savoir-faire", "activités de découverte", etc ... Toutes les définitions et propriétés sont démontrées, les exercices sont de difficulté progressive, avec des problèmes de très bon niveau. Dans les ouvrages modernes, les élèves sont censés "redécouvrir" les règles de mathématiques, comme si tout le monde avait le génie de Thalès ou de Hilbert. C'est du grand n'importe quoi. Rien de tout cela dans les ouvrages anciens.

Ce que ne veulent pas voir nos dirigeants et nos "élites", c'est qu'un mathématiques, on dispose d'un recul de 150 ans sur les différentes méthodes pédagogiques et que notre meilleur niveau a été atteint en 1968, après une longue tradition et d'immenses efforts, ensuite foulés au pied.

En 1968, l'Education Nationale a pondu un programme de sixième comprenant l'apprentissage de la base "n" et notamment du binaire, la théorie des ensembles, et depuis cette époque, tout s'est délité sans jamais revenir sur ce qui marchait.

Je dispose des Lebossé et je les mets à profit, notamment au collège. La transition sixième / cinquième est parfaitement gérée dans ces ouvrages et les élèves ont tous un bon niveau. Mais les programmes de l'époque étaient centrés sur la maîtrise du calcul et la démonstration en géométrie. Aujourd'hui, le programme se perd dans des détails ou la tentation de faire de la vulgarisation scientifique. En 1963, on passait 4 à 5 chapitres en cinquième sur les fractions, alors que ce domaine est survolé en 2015 (mon fils y a passé deux semaines, en fin de deuxième trimestre). 1963, le formalisme de l'inconnue x était parfaitement maîtrisé. En troisième, une de mes classes ne savait pas additionner deux fractions (personne dans la classe) et en terminales S certains élèves écrivent : x + 2x = 2x^2

Le grand malheur des mathématiques, c'est la mauvaise gestion de la sixième / cinquième, qui se répercute ensuite sur toute la scolarité et n'est jamais rattrapée.

Cherche sur Amazon des Lebossé, il y en a toujours de disponibles, pas toujours au meilleur prix, mais on les trouve.

Récemment, je me suis procuré quelques ouvrages plus anciens (avant 1940) et à cette époque, certaines collections éditaient un seul ouvrage pour tout le collège et à lire ces ouvrages, ils étaient de meilleur niveau et plus clairs que les ouvrages modernes.

Je viens de prendre un poste en lycée et à la lecture du programme de seconde, il est très proche du programme de troisième. Aujourd'hui, on demande aux élèves de découvrir les mathématiques en deux années : première S et terminale S. C'est tout simplement très difficile d'apprendre autant en si peu de temps. La réalité des faits, c'est que les programmes de première et terminale ne sont pas maîtrisés. Quand les élèves apprennent, c'est par coeur, car ils sont bien incapables de faire une démonstration. Bref, c'est la catastrophe.

En faculté, des cours de mise à niveau en mathématiques sont proposés. Mais sans succès car on n'apprend pas les langues ou les mathématiques à 19 ans, mais bien entre la sixième et la cinquième, au collège.

La conséquence de tout cela c'est que facultés et grandes écoles seront bientôt contraintes de recruter des étudiants massivement à l'étranger, en concours direct et non-plus par équivalence.

Ceux qui ont compris ce qui est en train de se passer inscrivent leurs enfants dans des écoles privées. Je ne m'y suis pas encore résolu, mais femme me tanne chaque semaine et ce qui me retient, c'est que j'enseigne dans le collège de mes enfants et que c'est un bon collège. Au pire, je peux donner des cours à mes enfants, mais ils ont déjà 20 de moyenne et l'on trouve cela bizarre.

Que peut le français moyen, qui n'a rien demandé et surtout n'a pas été consulté avant la mise à mort des mathématiques, qui était le fer de lance de la France.

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Balthazaard le Ven 1 Mai 2015 - 11:54

@kellogs a écrit:Il ne faut pas comparer avec les programmes de 1971 (réforme Mathématiques modernes), mais avec les programmes de 1963 à 1968. En particulier, je te conseille toute la série des ouvrages Lebossé. Depuis 1968, on n'a plus jamais atteint la qualité de ces ouvrages. A cette époque, même les élèves de terminale A étaient de meilleur niveau que nos terminales S.

Les ouvrages anciens sont deux fois plus épais que les ouvrages modernes. Le programme de mathématiques tient en deux pages par année scolaire et il est parfaitement clair, sans pédagogisme du type "savoir-faire", "activités de découverte", etc ... Toutes les définitions et propriétés sont démontrées, les exercices sont de difficulté progressive, avec des problèmes de très bon niveau. Dans les ouvrages modernes, les élèves sont censés "redécouvrir" les règles de mathématiques, comme si tout le monde avait le génie de Thalès ou de Hilbert. C'est du grand n'importe quoi. Rien de tout cela dans les ouvrages anciens.

Ce que ne veulent pas voir nos dirigeants et nos "élites", c'est qu'un mathématiques, on dispose d'un recul de 150 ans sur les différentes méthodes pédagogiques et que notre meilleur niveau a été atteint en 1968, après une longue tradition et d'immenses efforts, ensuite foulés au pied.

En 1968, l'Education Nationale a pondu un programme de sixième comprenant l'apprentissage de la base "n" et notamment du binaire, la théorie des ensembles, et depuis cette époque, tout s'est délité sans jamais revenir sur ce qui marchait.

Je dispose des Lebossé et je les mets à profit, notamment au collège. La transition sixième / cinquième est parfaitement gérée dans ces ouvrages et les élèves ont tous un bon niveau. Mais les programmes de l'époque étaient centrés sur la maîtrise du calcul et la démonstration en géométrie. Aujourd'hui, le programme se perd dans des détails ou la tentation de faire de la vulgarisation scientifique. En 1963, on passait 4 à 5 chapitres en cinquième sur les fractions, alors que ce domaine est survolé en 2015 (mon fils y a passé deux semaines, en fin de deuxième trimestre).  1963, le formalisme de l'inconnue x était parfaitement maîtrisé. En troisième, une de mes classes ne savait pas additionner deux fractions (personne dans la classe) et en terminales S certains élèves écrivent : x + 2x = 2x^2

Le grand malheur des mathématiques, c'est la mauvaise gestion de la sixième / cinquième, qui se répercute ensuite sur toute la scolarité et n'est jamais rattrapée.

Cherche sur Amazon des Lebossé, il y en a toujours de disponibles, pas toujours au meilleur prix, mais on les trouve.

Récemment, je me suis procuré quelques ouvrages plus anciens (avant 1940) et à cette époque, certaines collections éditaient un seul ouvrage pour tout le collège et à lire ces ouvrages, ils étaient de meilleur niveau et plus clairs que les ouvrages modernes.

Je viens de prendre un poste en lycée et à la lecture du programme de seconde, il est très proche du programme de troisième. Aujourd'hui, on demande aux élèves de découvrir les mathématiques en deux années : première S et terminale S. C'est tout simplement très difficile d'apprendre autant en si peu de temps. La réalité des faits, c'est que les programmes de première et terminale ne sont pas maîtrisés. Quand les élèves apprennent, c'est par coeur, car ils sont bien incapables de faire une démonstration. Bref, c'est la catastrophe.

En faculté, des cours de mise à niveau en mathématiques sont proposés. Mais sans succès car on n'apprend pas les langues ou les mathématiques à 19 ans, mais bien entre la sixième et la cinquième, au collège.

La conséquence de tout cela c'est que facultés et grandes écoles seront bientôt contraintes de recruter des étudiants massivement à l'étranger, en concours direct et non-plus par équivalence.

Ceux qui ont compris ce qui est en train de se passer inscrivent leurs enfants dans des écoles privées. Je ne m'y suis pas encore résolu, mais femme me tanne chaque semaine et ce qui me retient, c'est que j'enseigne dans le collège de mes enfants et que c'est un bon collège. Au pire, je peux donner des cours à mes enfants, mais ils ont déjà 20 de moyenne et l'on trouve cela bizarre.

Que peut le français moyen, qui n'a rien demandé et surtout n'a pas été consulté avant la mise à mort des mathématiques, qui était le fer de lance de la France.

Je me sens obligé de réagir!

Pour que tout soit clair, je suis d'accord avec toi sur l'état des lieux et les conclusions.
Ce que je conteste, c'est sur ce que j'ai mis en gras, en donnant à penser à ceux qui ne sont pas au courant que c'est encore la faute "des maths modernes de 71"

Je suis entré en 6eme en 71 et je suis d'accord , le contenu des programmes était une calamité, disons en 6ème et 5ème, avec les bases de numération en particulier...l'hexadécimal..l'octal..etc, moi qui était très bon en calcul (ancien style) je ne voyais as du tout où on voulait aller, par contre dés la 4ème on retrouvait la géométrie, avec sans doute une construction plus théorique, mais le contenu y était..

Nous (les élèves qui apprenaient) manipulions parfaitement les expressions symboliques, car quasiment 80% du programme y était consacré, le calcul sur des données numériques c'était autre chose, rappelons que les calculatrices n'existaient pas et que l'on ne nous faisait pas de cadeau avec les données à manipuler...

Il était impensable que le prof écrive quelque chose au tableau sans le démontrer!!! et pour moi c'est là toute la différence,à l'époque il n'était pas question de s'interroger sur ce qu'était une démonstration, en maths, on affirme jamais!!! si on écrit quelque chose, il faut le démontrer...pour nous comme pour le prof.

L’algèbre linéaire en seconde obligeait encore à la manipulation d'expressions symboliques....quant à démontrer qu'une application est linéaire f(ax+by)=af(x)+bf(y)....excuse moi mais qui oserait encore écrire ça? même en 1ereS...et là il fallait l'écrire et même le comprendre!!!

La différence entre équivalence et implication était fondamentale dans quasiment tous les exercices

Je me souviens ne 1ereC avoir eu à démontrer le th de pascal sur les coniques en DM...et je te cite le premier exercice à faire à la maison après le cours sur la continuité (sic)  "démontrer que la fonction x-E(x) est discontinue à gauche en tout point de grand Z"....sans autre explication excusez du peu..

Je pense au contraire de toi que le niveau en maths (rapport connaissances théoriques / efficacité pour la résolution de pb) n'a jamais été meilleur que pour la génération de 1970.

L'abandon de la seconde C avec l'idée que l'on pouvait "montrer" au lieu de démontrer, "admettre" à l'excès les résultats supposés trop complexes, ne plus formaliser les rares preuves ne plus exiger de démonstration a été mortel pour le niveau de notre matière, et cela c'est plutôt (et même vraiment) le fait de la réaction qui a conduit à l'abandon des maths dites modernes et l'introduction des secondes générales...à la louche vers 82 je crois.


Dernière édition par Balthazaard le Ven 1 Mai 2015 - 12:24, édité 1 fois

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Spinoza1670 le Ven 1 Mai 2015 - 12:19

@kellogs a écrit:Le grand malheur des mathématiques, c'est la mauvaise gestion de la sixième / cinquième, qui se répercute ensuite sur toute la scolarité et n'est jamais rattrapée.

Je rajouterais le primaire, comme Lafforgue, Demailly, Bkouche, Delord et le GRIP, et sûrement toi-même car je pense que c'est un oubli.

Le très bon niveau de l'enseignement au collège, dont témoignent les manuels Lebossé-Hémery, était rendu possible par des programmes et des manuels de très bonne qualité au primaire.

Et, de 1882 à 1970 (programmes de 1882, 1923, 1945), les programmes ne changent pas beaucoup en primaire.

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Spinoza1670 le Ven 1 Mai 2015 - 12:34

On peut établir un certain parallélisme entre la disparition progressive des démonstrations, notamment en géométrie, et la disparition progressive de l'analyse grammaticale et logique en grammaire :

V. Marchais a écrit:
@V.Marchais a écrit:Cette thèse de l'inutilité de l'étude des fonctions en grammaire, c'est le parti pris des nouveaux programmes de Lettres qui réduisent effectivement l'étude des natures et fonctions à celles qui sont strictement nécessaires pour l'orthographe. C'est une approche terriblement réductrice, qui va avoir des conséquences prévisibles :
1°) Encore un peu moins de travail du raisonnement, de l'analyse et de l'abstraction au collège (dans le sillage de la disparition progressive des démonstrations en géométrie), donc une formation de l'esprit toujours plus pauvre.
2°) Une représentation moins complète, moins logique, moins éclairée du système de la langue.
3°) Moins d'outils pour se dépatouiller des phrases un peu complexes, mieux les comprendre, moins d'outils pour écrire avec justesse et précision.

Mais cela n'est que la conséquence d'une situation qui perdure depuis longtemps déjà, où de nombreux professeurs de Lettres ne comprennent plus eux-mêmes à quoi sert la grammaire et, faute d'une réflexion approfondie sur le sujet, se contentent de répéter qu'elle "ne doit pas être une fin en soi" (comme si enseigner la grammaire, c'était toujours un peu suspect et qu'il fallait s'en justifier) et que la grammaire devrait "être mise au service de l'écriture" - comprendre : de l'orthographe, ce à quoi nous arrivons précisément dans les textes officiels.

Bref, on ne fait qu'entériner un mal déjà ancien.

http://www.neoprofs.org/t88005-l-etude-des-fonctions-grammaticales-serait-inutile#2986082

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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Spinoza1670 le Ven 1 Mai 2015 - 13:06

Megamaths a écrit:On trouvera plus bas sur cette page les liens vers 5 cahiers contenant le Cours de Mathématiques donné par Mme Jeanne Manotte, agrégée de mathématiques au Lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël, durant pendant l'année scolaire 1974-75. Ces leçons ont été recopiées par son élève Dany-Jack Mercier. 
On trouvera aussi les 12 devoirs (sur table et à la maison) qui avaient été données pendant cette année scolaire. En classe de terminale C en 1974-75 on comptait 9 heures de mathématiques par semaine, ce qui donnait la possibilité de travailler en classe sur de nombreux exercices, et d'avancer dans le cours avec précision et efficacité. Mme Manotte était du reste une excellente pédagogue qui faisait tout son possible pour que chacun de ses élèves puisse progresser. Elle avançait dans le programme en essayant toujours de ne laisser personne au bord du chemin, si bien qu'en mai, il fallut que l'on assiste à quelques heures de cours supplémentaires pour terminer notre travail sur le programme du BAC.



INTRODUCTION

Entre professionnels de l'enseignement des mathématiques, on discute souvent de l'évolution des programmes de mathématiques, et n'importe quel professeur de lycée connaît l'impact malheureusement souvent négatif des nouvelles réformes qui s'enchaînent à un rythme effréné depuis quelques années. Si certaines évolutions sont naturelles et souhaitables, nous sommes nombreux à penser, sans forcément pouvoir le dire, que d'autres ont uniquement pour objectif de diminuer les heures de travail en classe, éliminer des pans de connaissances essentielles à une tête mathématique bien faite, et privilégier une approche purement expérimentale (mais très coûteuse en temps investi) des mathématiques où l'ordinateur sert de référence ultime et de justification à toute chose. Des pans entiers de programmes pourtant essentiels aux futurs physiciens, chimistes et ingénieurs de ce pays, passent à la trappe. Depuis ces dernières réformes, nous n'étudierons plus du tout les arcs paramétrés, les coniques et le produit vectoriel (qui pourtant est un outil essentiel pour les physiciens) en terminale scientifique. Le barycentre est relégué au niveau d'amuse-gueules dont on parle peu. Quant aux structures d'espaces vectoriels et de groupes-quotients, elles ont disparu du programme depuis déjà quelque temps alors qu'il s'agit du coeur des mathématiques générales. Actuellement, les programmes sont choisis en fonction des possibilités offertes par l'utilisation de l'ordinateur : on parle ainsi beaucoup de statistiques et de probabilités introduites par des expériences statistiques menées sur un ordinateur, ceci dès les petites classes, et l'on est ainsi souvent amenés à travailler sur des tableaux de nombres. La mode est à la gestion des tableaux de nombres ! Indubitablement, ces genres de travaux fastidieux et répétitifs vont encore éloigner de nombreux élèves du parcours mathématique, du moins ceux qui étaient partant pour réfléchir sur les concepts et supportaient un léger niveau d'abstraction. 

L'outil informatique est un précieux allié pour améliorer sa compréhension des concepts mathématiques et permettre des investigations qu'il serait impossible de mener autrement. Soit. Mais une utilisation exagérée de l'ordinateur mène à une vision faussée des mathématiques où tous les concepts sont présentés de façon expérimentale sans être correctement justifiés et validés par l'emploi de la raison. Quel sens donner à un enseignement des mathématiques destiné à des élèves de terminale qui désirent faire carrière dans les sciences exactes pour devenir les chercheurs et les ingénieurs de demain, qui ne proposerait aucune définition rigoureuse de la limite d'une fonction en un point ou d'une intégrale de Riemann ? 

Avec la réforme des lycées débutée en 2010, une certaine distorsion s'accentue et l'esprit du programme de mathématiques d'une section S option maths se rapproche maintenant de celui d'une BTS où l'on demande d'admettre des résultats pour les appliquer sans se poser de questions. Nous est-il permis de douter que ces choix puissent mieux préparer nos élèves à utiliser les mathématiques dans leurs professions, plus tard, quand ils seront devenus ingénieurs ou chercheurs ? L'omniprésence et l'importance donnée aux calculs statistiques à tout venant qui émaillent actuellement les divers niveaux de l'enseignement du secondaire ont-ils seulement pour but d'inciter nos meilleurs étudiants à ne s'orienter que dans l'analyse des marchés financiers et la finance ?

La mise en ligne de ces anciens cahiers de mathématiques recopié par un élève dans les années de la Grande réforme permettra au chercheur en didactique et à tous les professeurs de mathématique de disposer de documents originaux pour se faire une idée précise de ce qui était enseigné en 1975, et de la façon dont il était convenu d'enseigner à cette époque. 

Dans ces cahiers, Mme Jeanne Manotte arrive à proposer l'essentiel de ce qu'un élève devait retenir, approfondir et maîtriser. Il s'agit d'un concentré de connaissances qui avait été analysé et détaillé pour nous et avec nous pendant les heures de cours, puis chez nous quand nous devions apprendre et appliquer ces connaissances. Le découpage en chapitres était simple et efficace : il permettait de bien retrouver et retenir ces connaissances pour que nous puissions nous y référer quand nous en avions besoin pour résoudre un exercice. A l'époque, n'oublions pas que la section scientifique dans laquelle nous nous trouvions en terminale proposait 9 heures de mathématiques par semaine. Je n'oublierai pas, aussi, que toutes ces heures ont été bien remplies, et que Mme Manotte nous proposa même des heures supplémentaires à la fin de l'année pour arriver à boucler un programme exigeant autant que captivant. C'est d'ailleurs à cause d'un tel professeur et d'un tel programme que j'ai finalement choisi de faire des mathématiques plus tard au lieu de préférer m'intéresser plus avant aux sciences physiques, qui étaient aussi très attirantes... 

Si le lecteur désire apporter un commentaire personnel historique ou didactique concernant cette époque, le programme et l'enseignement, je serai heureux d'en prendre connaissance et de trouver une place sur cette page ou ailleurs sur MégaMaths, pour le partager avec nous tous, s'il est besoin. Avez-vous des témoignages à me proposer concernant l'enseignement des mathématiques tel que vous l'avez vécu et expérimenté ? N'hésitez pas à me contacter.
 

COURS DE MATHEMATIQUES de Mme Jeanne MANOTTE
professeure en classe de TERMINALE C au Lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël
Année scolaire 1974-75

Classe de terminale C (1974-75)

CAHIER n°1 - ANALYSE
Compléments relatifs à : continuité, limites, dérivées.
Fonctions vectorielles.
Calcul intégral.
Ensembles quarrables, aires.
Logarithme népérien.
Logarithmes de base a. Fonctions exponentielles de base a.

CAHIER n°2 - GEOMETRIE I   
Espaces vectoriels et sous-espaces vectoriels.
Applications linéaires.
Structures.
Automorphismes involutifs de E, espace vecrotiel sur R.
Projections vectorielles.
Barycentres, espaces affines.
Applications affines.
Homothéties-translations
Projections sur D (ou P) parallèlement à D' (ou P').
Involutions affines.
Transformations orthogonales.
Angles de couples de droites vectorielles.
Formulaire de trigonométrie 1975 et sa version numérisée.

CAHIER n°3 - GEOMETRIE II 
Isométries
Similitudes.
Coniques.

CAHIER n°4 - NOMBRES & PROBABILITES I 
Ensemble N des entiers naturels.
Principe des systèmes de numération.
Etude de l'anneau (Z,+,.).
Etude de l'ensemble Z/nZ.
Rappels : divisibilité et pgcd.
PPCM de deux entiers relatifs non nuls a et b.
Nombres premiers.
Ensemble des réels.
Nombres complexes.

CAHIER n°5 - NOMBRES & PROBABILITÉS II
Probabilités.
Applications mesurables (ou variables aléatoires discrètes ; ou aléas numériques).
Espérance mathématique.
Epreuves répétées (ou tirage de Bernoulli).
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev.
Loi des grands nombres.

DEVOIRS SUR TABLE OU A LA MAISON
proposés par Mme Jeanne MANOTTE
professeur en classe de TERMINALE C au Lycée Saint-Exupéry de Saint-Raphaël
Année scolaire 1974-75

Mardi 17 septembre 1974.
Jeudi 26 septembre 1974.
Jeudi 3 octobre 1974.
Jeudi 17 octobre 1974.
Mercredi 20 novembre 1974.
Jeudi 28 novembre 1974.
Jeudi 9 janvier 1975.
Jeudi 23 janvier 1975.
Jeudi 13 février 1975.
Jeudi 6 mars 1975.
Jeudi 13 mars 1975.
Vendredi 2 mai 1975.

source : http://megamaths.perso.neuf.fr/themes/th0026TC2.html


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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Balthazaard le Ven 1 Mai 2015 - 13:47

Peu différent de ce que j'ai connu en 78...quelques détails sans doute, mais là encore ce n'est pas le pb....quand je vois écrit calcul intégral, on introduisait l'intégrale par les sommes Darboux, on montrait l'équivalence avec celles de Riemann,...Bref on démontrait, sinon tout, une très grande partie des choses!

Aujourd'hui si on écrit calcul intégral, l'intégrale est définie par F(b)-F(a) où F est une primitive dont l'existence est bien sur admise! ou du moins les conditions d'existences guère discutées.

Bien plus que la lettre (et à ce titre pour une personne de l'extérieur, on a l'impression qu'aujourd'hui on fait autant mais différent) c'est ce que recouvrent les lignes du programme et l'état d'esprit que sous entend leur approche qui diffère.

Balthazaard
Érudit


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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Balthazaard le Ven 1 Mai 2015 - 23:25

je relève
"Les années 70 ont vu la mise en place des trop connues "Mathématiques modernes". Cela s'est traduit par une sorte de delirium d'abstraction. Au lieu d'apprendre simplement en primaire à calculer 1/2-3/5+1/4 on se mit à faire de la théorie des ensembles. Disons-le tout net, ce fut d'une absurdité absolue ! Faire travailler des élèves de primaire sur des notions abstraites de ce genre était d'une totale stupidité pour ne pas dire néfaste et il ne se trouverait aujourd'hui aucun professeur de mathématiques un tant soit peu sensé qui défendrait cet enseignement, tel qu'il fût dispensé.

Les trois dernières années de lycée voyaient cependant se mettre en place tout un arsenal théorique tel qu'il est utilisé effectivement dans tous les domaines des sciences. Le niveau atteint en mathématiques à cette époque par les bacheliers de section C était proprement stratosphérique"

Fort peu modestement, je remarque qu'il arrive à la même conclusion que moi sur les élèves arrivés en 6ème en 70 et que dans sa critique des manuels, il reprend ce que je viens de dire sur l'intégration....décidément!!!

j'avais dit "Je pense au contraire de toi que le niveau en maths (rapport connaissances théoriques / efficacité pour la résolution de pb) n'a jamais été meilleur que pour la génération de 1970"
je voulais dire bien sur de 1970 en 6eme...n'est ce pas tout de même un peu à porter au crédit de ces (trop) fameuses maths modernes?

Par contre le passage sur les voisinages pointés ou non dans les définitions des limites me parait relever un peu de la théorie du complot...je ne partage pas du tout ce qu'il dit et soupçonner le choix de la définition (qui est longtemps resté libre) sur la base d'un "motif d'idéologie pédagogiste" est vraiment exagéré....la vérité est que pour beaucoup de néo-recrutés, ce dont il parle est tout bonnement incompréhensible...c'est là le vrai scandale.

Je viens de finir de tout lire, ce monsieur a fait un travail remarquable de comparaison des manuels de différents pays, je dois reconnaitre que ses conclusions sont terribles mais hélas correspondent bien à ce que nous vivons tous les jours au lycée.

Balthazaard
Érudit


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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par ben2510 le Sam 2 Mai 2015 - 10:56

Il me semble que la comparaison quantitative est intéressante mais néglige l'essentiel, qui serait à mon sens une comparaison qualitative.
Pris séparément, les allégements présentés seraient assez faciles à rattraper ; p.ex en spé maths la présentation de quelques structures (Z/pZ, ou bien la structure d'ev de l'ensemble des fonctions de la forme (ax²+bx+c)exp(-x)) peut se faire en deux séances (je n'ai pas dit que nous en avions toujours le temps, bien sûr).
Mais je crois que le plus gênant dans tous les allégements successifs que nous avons subis est la perte de cohérence : les entrées du programme supprimées sont souvent celles qui donnent une cohérence au reste, qui en constituent en quelque sorte un point d'orgue.
Quelques exemples :
* la notion de coordonnées polaires fait le lien entre la trigonométrie de collège et celle de lycée, et est une excellente introduction à la notion de forme trigonométrique d'un complexe (voir http://dl.free.fr/oC0xBe5Js un exercice sur ce thème donné en 1S) ; sans parler de son intérêt en mécanique, les collègues de Physique étant fort ennuyés par les lacunes mathématiques de nos élèves dès qu'il s'agit de travailler avec des angles et des coordonnées (le problème du skieur, p.ex)
* la notion de courbes paramétrées est à la fois simple et assez riche pour parler de vitesse, d'accélération, de tangentes... (une élève de BTS 2e année qui avait fait une croix définitive sur l'analyse vient enfin de comprendre ce qu'est une dérivée yesyes grâce à cette notion de courbes paramétrées (bon à 15 jours de l'examen il était temps)
* la notion d'ED, bien sûr...

ben2510
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Al9 le Sam 2 Mai 2015 - 17:09

@Balthazaard a écrit:

Je viens de finir de tout lire, ce monsieur a fait un travail remarquable de comparaison des manuels de différents pays, je dois reconnaitre que ses conclusions sont terribles mais hélas correspondent bien à ce que nous vivons tous les jours au lycée.

Je suis du même avis et la lecture de cet article a été passionnante et certaines de ces remarques/observations que trop pertinentes notamment sur la géométrie.
Et cela ne va pas s'arranger avec la disparition de la géométrie plane du programme de cycle 4. On n'est pas loin de l'enterrement No (voire on y est)

Al9
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Re: Comparaison des programmes de TC 1971 et de TS 2013 : perte de 56 % ?

Message par Al9 le Sam 2 Mai 2015 - 17:15

@kellogs a écrit:

Cherche sur Amazon des Lebossé, il y en a toujours de disponibles, pas toujours au meilleur prix, mais on les trouve.


On peut le trouver d'une autre manière aussi
Je les ai parcouru, ils sont très clairs. D'ailleurs, c'est une mine d'exercices intéressants. Mais c'est impossible à mettre en oeuvre stricto-sensu au collège. Il n'y a pas assez d'heures de maths par elle-même et les projets divers et variées ont tellement envahi l'école que des heures sautent partout.
Sur un an, si j'arrive à faire 31 semaines complètes c'est bien. Avec si peu de temps, on ne peut faire que du saupoudrage. On ne peut pas prendre le temps et c'est pourtant si nécessaire...

Al9
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