[Littérature de jeunesse] Entretien avec Anne Ferrier
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[Littérature de jeunesse] Entretien avec Anne Ferrier
"Je suis Pulmanienne dans l'âme"
Anne Ferrier a rédigé plusieurs livres de littérature pour la jeunesse, parmi lesquels Demba et le Faiseur de rêves , pour les enfants de 6 à 9 ans, et Le complot de l'ombre, roman historique et policier pour les 11-13 ans, qui se déroule à la fin du Moyen-Âge autour de la figure du célèbre Jacques Coeur (un résumé et une critique de ce roman sont disponibles à cette adresse : http://leiloona.canalblog.com/archives/2008/08/15/10247057.html)
Voici les réponses qu'Anne Ferrier a eu la gentillesse de bien vouloir nous faire parvenir :
1) Anne Ferrier, vous avez publié plusieurs ouvrages destinés aux tout petits. Pourquoi avoir choisi de vous adresser à de très jeunes lecteurs ?
En fait, je n'ai pas vraiment choisi de m'adresser à un public de tout petits, j'ai seulement écrit les histoires dont j'avais envie et il se trouve en plus que le ton que j'utilise est, semble-t-il, adapté à de jeunes enfants. Peut-être parce que mes propres enfants sont encore petits ou parce que j'ai gardé de l'enfance la capacité de m'émerveiller, de m'étonner, de rêver toute éveillée.
Je parle beaucoup de moments simples et de tendresse dans mes albums, mais pas seulement. J'aborde aussi des thèmes plus durs (là, vous allez devoir me croire sur parole, ils ne sont pas encore sortis ;-)). Je crois que la littérature dite "de jeunesse" est un formidable terrain de jeu et d'expérimentation, où tout est permis. Au moins autant (j'aurais même tendance, personnellement, à dire davantage) qu'en littérature "adulte" (je déteste cette scission : mes élèves lisent de tout, et moi aussi. Il n'y a que des livres qui provoquent une réaction, une émotion, et d'autres qui ne provoquent rien. Et ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Je revendique avant tout le plaisir dans la lecture, et je ne parle pas de lecture de plage, vous êtes tous des lecteurs, vous savez qu'on trouve aussi une satisfaction immense à gravir l'Everest). Tous les thèmes (on parle de tout aux enfants, aux ados), tous les jeux narratifs, tous les styles, les tons, sont permis en littérature jeunesse.
Et puis, j'ai toujours aimé les albums, le travail des illustrateurs (j'ai travaillé en librairie, et le rapport au livre-objet m'est précieux : respirer le parfum de l'encre, caresser les pages, faire briller les couleurs, soupeser le plaisir en attente, ...), et je trouve un bonheur infini à voir comment un illustrateur s'approprie mon texte, en fait ressortir l'inconscient, parfois, et le met en valeur.
Depuis peu, je me mets aux romans. C'est un autre travail, très plaisant également. J'en suis davantage fière, parce que c'est "moi-toute-seule" qui travaille sur ces projets, et parce que les contraintes y sont moins lourdes (contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est pas si facile d'écrire pour les très jeunes, de construire une histoire et de provoquer l'émotion en peu de mots). J'ai ressenti une grisante impression de liberté en évrivant mon premier roman : plus besoin de compter ses mots, je pouvais écrire à peu près ce que bon me semblait !
J'aime entraîner mes personnages dans des aventures que je n'aurai jamais la chance de vivre, et je vous jure que je les vis vraiment à travers eux ! J'ai volé au milieu des nuages, couru avec les loups, déjoué des meurtres, sillonné toutes les mers du mondes, j'ai combattu mes ogres personnels, aussi. Ecrire, ça doit être une sorte de psychanalyse personnelle, pour moi. Peut-être aussi qu'être prof en collège me rapproche des ados ? C'est vrai, je les aime bien, mes élèves et je leur pique souvent des traits de caractère, des attitudes, des anecdotes (euhh, parfois aussi, je me venge discrètement, mais chuuuut, ce n'est pas bien, il ne faut pas le dire !).
Bref, tout ça pour dire (oui, je suis bavarde) que je n'ai jamais eu l'intention d'écrire de la littérature jeunesse, et que je n'ai toujours pas l'impression de viser ce public. J'écris ce que j'ai envie d'écrire, voilà tout ;-).
2) Comment se passe concrètement la coopération avec les illustrateurs des ouvrages ? Les rencontrez-vous régulièrement au cours de la création du livre ?
Alors là, je vais vous décevoir : je ne rencontre jamais mes illustrateurs. D'ailleurs, dans la plupart des cas, je ne les connais même pas, ni au début, ni après que le livre soit publié. Ce n'est pas un choix de ma part, je le regrette d'ailleurs, mais c'est la loi de l'édition. Très rares (même chez les auteurs connus) sont ceux à qui on laisse le choix de l'illustrateur, et nombreux sont les auteurs qui n'apprécient pas la couverture de leurs romans, par exemple. (il y en a aussi plein qui sont ravis, rassurez-vous)
C'est l'éditeur (trice, dans la plupart des cas) qui décide, et bien souvent, je n'ai pas grand chose à dire (vous apprécierez la valeur de l'euphémisme...). Il se trouve quand même que j'ai beaucoup de chance, et que jusqu'à maintenant, je suis très heureuse des choix qui ont été effectués pour tous mes livres.
Parfois, dans les petites maisons d'édition, on me demande mon avis, on en tient compte, et je suis associée au processus de création, ce qui permet d'ajuster au fur et à mesure, c'est très intéressant.
Avec d'autres, quand l'illustrateur a terminé, on me dit "il a fait ça, modifiez votre texte en conséquence". En litt jeunesse (pour les tout petits), ce n'est pas le texte qui prime... Après, à moi de décider jusqu'où je suis prête à aller dans les concession, si j'ai l'impression que les modifications proposées servent le texte ou pas. Il est toujours possible de discuter, d'expliquer ses choix. Parfois ça marche, parfois pas. Avoir un métier à côté me permet de pouvoir refuser, le cas échéant, la publication d'un texte dans un état qui ne me satisfait pas. Il réintègre alors mes tiroirs, et c'est tout.
J'ai tout de même rencontré deux de mes illustrateurs, et ils sont adorables. J'imagine que les autres le sont aussi ?
Certains auteurs montent leurs projets directement avec un illustrateur, et le proposent ainsi aux éditeurs. Ca ne m'est jamais arrivé. J'aime bien avoir la surprise. Parfois aussi, je suggère des noms, quand j'imagine bien tel texte accompagné des dessins de tel illustrateur. Et comme d'habitude, parfois ça marche, et parfois pas.
3) Si des parents ne devaient acheter qu'un seul de vos ouvrages pour leur jeune enfant, lequel souhaiteriez-vous qu'ils se procurent ?
Eh, ils sont tous super ! ;-))
Bon, disons que pour les petits, Les chaussettes d'Oskar marche bien, Demba et le Faiseur de rêves pour les 6-9 ans, et Le complot de l'Ombre en roman. Mais c'est difficile de choisir, parce qu'à chaque fois, c'est le texte que je suis en train d'écrire que je préfère, et je me détache des autres.
4) Selon vous, qu'est-ce qui fait la qualité d'un livre de littérature pour la jeunesse ?
Ouh là !! La qualité ? Si je le savais, je serais déjà auteur de best seller... Enfin, même pas forcément, puisqu'on sait bien que la qualité n'est pas forcément vendeuse. Combien de chefs d'oeuvres méconnus du public sont pilonnés ?
Je tente : déjà une histoire qui n'a pas été déjà mille fois écrite, un ton et une écriture particuliers, la capacité de toucher les lecteurs et de déclencher en eux un sentiment (bonheur, colère, tristesse, rire, ...), voire carrément de bouleverser leur vision des choses, la capacité de faire s'effondrer des certitudes. Je pense qu'un bon livre, c'est un livre qui reste, qu'on n'oublie pas sitôt refermé et qui aide à se construire.
Après, si l'on parle d'albums, la créativité des illustrations, leur lumière et leur complémentarité avec le texte sont essentielles. Je suis auteur, et pourtant, comme tout le monde, mon regard est tout d'abord attiré par les illustrations.
5) Quelles sont vos sources d'inspiration pour l'écriture ?
Là aussi, je risque de décevoir, ma conception des choses est un peu éloignée de celle de mes collègues. Je suis pullmanienne dans l'âme(philip pullman, auteur génialissime entre autres de La croisée des monde, Sally lockart, et plein d'autres merveilles. J'ai deux maîtres en écriture, Pullman, donc, et Morpurgo). En clair, je me sens davantage artisan qu'artiste. Je ne crois pas beaucoup au coté sacré et mystérieux de l'écriture, à l'âme torturée et aux Muses, à l'inspiration qui vous frappe sur les coup de 2h du matin (je dors depuis longtemps à cette heure-là, moi) et qui vous souffle une histoire à tomber par terre.
Pullman dit quelque chose comme "écrire, c'est comme faire des trous. Je dois creuser ? Ok, creusons, alors. A la force du poignet. La page blanche n'existe pas, puisque je dois juste avancer". (traduction totalement libre d'une vieille interview) Ca casse un peu le mythe de l'auteur, mais c'est également ma façon de voir les choses.
Disons que certaines choses me touchent, dans mon quotidien. Je les mets de côté, dans une partie pas tellement rangée de mon cerveau, je laisse reposer. Et puis un jour, cet événement en croise un autre sur mes étagères poussièreuses (là, vous comprendrez qu'en fait, je fais exprès de laisser le bazar dans ma tête -dans ma maison aussi, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire), et je me dis que ça ferait peut-être une bonne histoire. Alors, tel le forçat de Pullman, je me lance. Parfois ça aboutit, parfois pas. ;-))
Anne Ferrier a rédigé plusieurs livres de littérature pour la jeunesse, parmi lesquels Demba et le Faiseur de rêves , pour les enfants de 6 à 9 ans, et Le complot de l'ombre, roman historique et policier pour les 11-13 ans, qui se déroule à la fin du Moyen-Âge autour de la figure du célèbre Jacques Coeur (un résumé et une critique de ce roman sont disponibles à cette adresse : http://leiloona.canalblog.com/archives/2008/08/15/10247057.html)
Voici les réponses qu'Anne Ferrier a eu la gentillesse de bien vouloir nous faire parvenir :
1) Anne Ferrier, vous avez publié plusieurs ouvrages destinés aux tout petits. Pourquoi avoir choisi de vous adresser à de très jeunes lecteurs ?
En fait, je n'ai pas vraiment choisi de m'adresser à un public de tout petits, j'ai seulement écrit les histoires dont j'avais envie et il se trouve en plus que le ton que j'utilise est, semble-t-il, adapté à de jeunes enfants. Peut-être parce que mes propres enfants sont encore petits ou parce que j'ai gardé de l'enfance la capacité de m'émerveiller, de m'étonner, de rêver toute éveillée.
Je parle beaucoup de moments simples et de tendresse dans mes albums, mais pas seulement. J'aborde aussi des thèmes plus durs (là, vous allez devoir me croire sur parole, ils ne sont pas encore sortis ;-)). Je crois que la littérature dite "de jeunesse" est un formidable terrain de jeu et d'expérimentation, où tout est permis. Au moins autant (j'aurais même tendance, personnellement, à dire davantage) qu'en littérature "adulte" (je déteste cette scission : mes élèves lisent de tout, et moi aussi. Il n'y a que des livres qui provoquent une réaction, une émotion, et d'autres qui ne provoquent rien. Et ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Je revendique avant tout le plaisir dans la lecture, et je ne parle pas de lecture de plage, vous êtes tous des lecteurs, vous savez qu'on trouve aussi une satisfaction immense à gravir l'Everest). Tous les thèmes (on parle de tout aux enfants, aux ados), tous les jeux narratifs, tous les styles, les tons, sont permis en littérature jeunesse.
Et puis, j'ai toujours aimé les albums, le travail des illustrateurs (j'ai travaillé en librairie, et le rapport au livre-objet m'est précieux : respirer le parfum de l'encre, caresser les pages, faire briller les couleurs, soupeser le plaisir en attente, ...), et je trouve un bonheur infini à voir comment un illustrateur s'approprie mon texte, en fait ressortir l'inconscient, parfois, et le met en valeur.
Depuis peu, je me mets aux romans. C'est un autre travail, très plaisant également. J'en suis davantage fière, parce que c'est "moi-toute-seule" qui travaille sur ces projets, et parce que les contraintes y sont moins lourdes (contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est pas si facile d'écrire pour les très jeunes, de construire une histoire et de provoquer l'émotion en peu de mots). J'ai ressenti une grisante impression de liberté en évrivant mon premier roman : plus besoin de compter ses mots, je pouvais écrire à peu près ce que bon me semblait !
J'aime entraîner mes personnages dans des aventures que je n'aurai jamais la chance de vivre, et je vous jure que je les vis vraiment à travers eux ! J'ai volé au milieu des nuages, couru avec les loups, déjoué des meurtres, sillonné toutes les mers du mondes, j'ai combattu mes ogres personnels, aussi. Ecrire, ça doit être une sorte de psychanalyse personnelle, pour moi. Peut-être aussi qu'être prof en collège me rapproche des ados ? C'est vrai, je les aime bien, mes élèves et je leur pique souvent des traits de caractère, des attitudes, des anecdotes (euhh, parfois aussi, je me venge discrètement, mais chuuuut, ce n'est pas bien, il ne faut pas le dire !).
Bref, tout ça pour dire (oui, je suis bavarde) que je n'ai jamais eu l'intention d'écrire de la littérature jeunesse, et que je n'ai toujours pas l'impression de viser ce public. J'écris ce que j'ai envie d'écrire, voilà tout ;-).
2) Comment se passe concrètement la coopération avec les illustrateurs des ouvrages ? Les rencontrez-vous régulièrement au cours de la création du livre ?
Alors là, je vais vous décevoir : je ne rencontre jamais mes illustrateurs. D'ailleurs, dans la plupart des cas, je ne les connais même pas, ni au début, ni après que le livre soit publié. Ce n'est pas un choix de ma part, je le regrette d'ailleurs, mais c'est la loi de l'édition. Très rares (même chez les auteurs connus) sont ceux à qui on laisse le choix de l'illustrateur, et nombreux sont les auteurs qui n'apprécient pas la couverture de leurs romans, par exemple. (il y en a aussi plein qui sont ravis, rassurez-vous)
C'est l'éditeur (trice, dans la plupart des cas) qui décide, et bien souvent, je n'ai pas grand chose à dire (vous apprécierez la valeur de l'euphémisme...). Il se trouve quand même que j'ai beaucoup de chance, et que jusqu'à maintenant, je suis très heureuse des choix qui ont été effectués pour tous mes livres.
Parfois, dans les petites maisons d'édition, on me demande mon avis, on en tient compte, et je suis associée au processus de création, ce qui permet d'ajuster au fur et à mesure, c'est très intéressant.
Avec d'autres, quand l'illustrateur a terminé, on me dit "il a fait ça, modifiez votre texte en conséquence". En litt jeunesse (pour les tout petits), ce n'est pas le texte qui prime... Après, à moi de décider jusqu'où je suis prête à aller dans les concession, si j'ai l'impression que les modifications proposées servent le texte ou pas. Il est toujours possible de discuter, d'expliquer ses choix. Parfois ça marche, parfois pas. Avoir un métier à côté me permet de pouvoir refuser, le cas échéant, la publication d'un texte dans un état qui ne me satisfait pas. Il réintègre alors mes tiroirs, et c'est tout.
J'ai tout de même rencontré deux de mes illustrateurs, et ils sont adorables. J'imagine que les autres le sont aussi ?
Certains auteurs montent leurs projets directement avec un illustrateur, et le proposent ainsi aux éditeurs. Ca ne m'est jamais arrivé. J'aime bien avoir la surprise. Parfois aussi, je suggère des noms, quand j'imagine bien tel texte accompagné des dessins de tel illustrateur. Et comme d'habitude, parfois ça marche, et parfois pas.
3) Si des parents ne devaient acheter qu'un seul de vos ouvrages pour leur jeune enfant, lequel souhaiteriez-vous qu'ils se procurent ?
Eh, ils sont tous super ! ;-))
Bon, disons que pour les petits, Les chaussettes d'Oskar marche bien, Demba et le Faiseur de rêves pour les 6-9 ans, et Le complot de l'Ombre en roman. Mais c'est difficile de choisir, parce qu'à chaque fois, c'est le texte que je suis en train d'écrire que je préfère, et je me détache des autres.
4) Selon vous, qu'est-ce qui fait la qualité d'un livre de littérature pour la jeunesse ?
Ouh là !! La qualité ? Si je le savais, je serais déjà auteur de best seller... Enfin, même pas forcément, puisqu'on sait bien que la qualité n'est pas forcément vendeuse. Combien de chefs d'oeuvres méconnus du public sont pilonnés ?
Je tente : déjà une histoire qui n'a pas été déjà mille fois écrite, un ton et une écriture particuliers, la capacité de toucher les lecteurs et de déclencher en eux un sentiment (bonheur, colère, tristesse, rire, ...), voire carrément de bouleverser leur vision des choses, la capacité de faire s'effondrer des certitudes. Je pense qu'un bon livre, c'est un livre qui reste, qu'on n'oublie pas sitôt refermé et qui aide à se construire.
Après, si l'on parle d'albums, la créativité des illustrations, leur lumière et leur complémentarité avec le texte sont essentielles. Je suis auteur, et pourtant, comme tout le monde, mon regard est tout d'abord attiré par les illustrations.
5) Quelles sont vos sources d'inspiration pour l'écriture ?
Là aussi, je risque de décevoir, ma conception des choses est un peu éloignée de celle de mes collègues. Je suis pullmanienne dans l'âme(philip pullman, auteur génialissime entre autres de La croisée des monde, Sally lockart, et plein d'autres merveilles. J'ai deux maîtres en écriture, Pullman, donc, et Morpurgo). En clair, je me sens davantage artisan qu'artiste. Je ne crois pas beaucoup au coté sacré et mystérieux de l'écriture, à l'âme torturée et aux Muses, à l'inspiration qui vous frappe sur les coup de 2h du matin (je dors depuis longtemps à cette heure-là, moi) et qui vous souffle une histoire à tomber par terre.
Pullman dit quelque chose comme "écrire, c'est comme faire des trous. Je dois creuser ? Ok, creusons, alors. A la force du poignet. La page blanche n'existe pas, puisque je dois juste avancer". (traduction totalement libre d'une vieille interview) Ca casse un peu le mythe de l'auteur, mais c'est également ma façon de voir les choses.
Disons que certaines choses me touchent, dans mon quotidien. Je les mets de côté, dans une partie pas tellement rangée de mon cerveau, je laisse reposer. Et puis un jour, cet événement en croise un autre sur mes étagères poussièreuses (là, vous comprendrez qu'en fait, je fais exprès de laisser le bazar dans ma tête -dans ma maison aussi, d'ailleurs, mais c'est une autre histoire), et je me dis que ça ferait peut-être une bonne histoire. Alors, tel le forçat de Pullman, je me lance. Parfois ça aboutit, parfois pas. ;-))
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