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Mewtow
Niveau 1

Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Mewtow le Sam 24 Oct 2015 - 14:54
Bonjour à tous.

Comme vous le savez certainement, les sciences de l'éducation propagent souvent des mythes pédagogiques relativement tenaces : styles d'apprentissage, intelligences multiples, différentiation pédagogique, hiérarchie de Dale, et bien d'autres. Et j'ai bien l'impression que la taxonomie de Bloom en fait partie. Pour rappel, cette taxonomie est une classification des objectifs d'apprentissage qui est souvent utilisée pour calibrer des évaluations, différencier, etc. D'autres taxonomies similaires existent, que ce soit la taxonomie de SOLO, la taxonomie de Gagné (nettement plus intéressante et assez bien fondée scientifiquement), et bien d'autres dont je ne parlerais pas ici.

Cette taxonomie de Bloom a longtemps été critiquée sur le fait qu'on ne voit pas très bien quels sont les principes ou idées qui ont menés à son élaboration : cela a tout l'air d'être une théorie ad-hoc, provenant de quelques intuitions bien senties, mais pas d'une théorie testable. Les tentatives de révision de la taxonomie, comme la taxonomie révisée par Anderson et ses collègues datant de 2001, souffrent du même problème : on ne voit pas du tout pourquoi les différents niveaux de la hiérarchie sont ce qu'ils sont, et encore moins pourquoi ils sont organisés dans cet ordre.

Pour rappel, la taxonomie de Bloom a été crée par 1950 par un chercheur du nom de Benjamin Bloom. A cette époque, la psychologie cognitive n'existait pas, et le behaviorisme régnait en maitre, talonné de près par le constructivisme qui en était à ses premiers balbutiements (tout cela pour dire que la taxonomie de Bloom n'est pas tirée de la psychologie cognitive, comme j'ai pu le lire sur ce forum). Cette taxonomie se mariait relativement bien avec l'enseignement programmé, une méthode behavioriste ancienne qui avait un certain succès du temps de Bloom, et elle s'est intégrée sans modifications dans le cadre constructiviste qui a suivi.

La science ayant fait des progrès depuis, on peut juger un peu plus précisément de sa validité, et le bilan ne m'a pas l'air fameux. Rien dans la psychologie cognitive ou les neurosciences ne vient à l'appui des présupposés de base de cette pédagogie : on voit mal pourquoi des compétences de haut niveau (analyser ou synthétiser, par exemple) feraient appel à des processus mentaux différents, pourquoi ces deux compétences n'auraient pas le même niveau de difficulté, et encore moins pourquoi les compétences de haut niveau se baseraient sur celles situées juste en dessous.

D'un point de vue plus expérimental, aucune étude ne semble valider l'approche de Bloom et sa taxonomie. Je n'ai personnellement rien trouvé après pas mal de recherches, si ce n'est des travaux purement théoriques qui se citent les uns les autres. Le seul indice que j'ai est l'étude Visible Learning de Hattie, qui semble montrer que les hiérarchies d'apprentissage (dont la taxonomie de Bloom fait partie) sont très loin d'être efficace, avec des tailles d'effet ridicules, proches de l'enseignement individualisé/différencié. Mais cette étude mélange allégrement diverses taxonomies, avec surement des évaluations liées à la taxonomie de SOLO, la taxonomie de Gagné, etc. Et ces taxonomies n'ont strictement rien en commun, ce qui fait que cette étude ne dit rien sur la taxonomie de Bloom elle-même.

Bref, quel est votre avis sur cette taxonomie ?
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Elyas
Guide spirituel

Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Elyas le Sam 24 Oct 2015 - 15:23
Tu as des liens sur les critiques de cette taxonomie ? COmme tu dis qu'elle a été longtemps critiquée, cela m'intéresse car je n'ai jamais rien lu de tel. Ce que j'ai lu, c'est sur la hiérarchie des capacités dans la pyramide bloomienne.

Ensuite, c'est étonnant de dire que la taxonomie de Bloom est uniquement de Bloom. Elle est le résultat de plusieurs réunions entre universitaires américaines de 1949 à 1953 et le livre tiré de ces travaux a été publié en 1956 si je me souviens bien. 34 universitaires ont travaillé ensemble.

De même dire que la psychologie cognitive n'existait pas à l'époque est surprenant vu que c'est à cette époque qu'elle se développe... avec par exemple Benjamin Bloom. Mais j'ai l'impression que tu confonds le courant cognitiviste et la psychologie cognitive.

Ensuite, la taxonomie de Bloom est ancienne (c'est l'ère des dinosaures par rapport à maintenant) mais elle n'a été révisée/débattue que par rapport à ses hiérarchies, beaucoup de gens voulant mettre quelque part la créativité.

Tu la dis liée au behaviorisme ce qui est légèrement normal vu que c'est la même époque (ce qui est écrit dans Apprendre et faire apprendre de Bourgeois et Chapelle) mais je n'ai jamais lu que la taxonomie de Bloom fût utilisée pour valider des pédagogies particulières. Tous les courants utilisent ces capacités cognitives. Ce n'est qu'une description du fonctionnement cognitif de l'esprit humain. Si avoir des connaissances, savoir comprendre, savoir appliquer, analyser, synthétiser et évaluer sont des mythes, on est mal Wink

Tu écris ça :

Cette taxonomie de Bloom a longtemps été critiquée sur le fait qu'on ne voit pas très bien quels sont les principes ou idées qui ont menés à son élaboration : cela a tout l'air d'être une théorie ad-hoc, provenant de quelques intuitions bien senties, mais pas d'une théorie testable. Les tentatives de révision de la taxonomie, comme la taxonomie révisée par Anderson et ses collègues datant de 2001, souffrent du même problème : on ne voit pas du tout pourquoi les différents niveaux de la hiérarchie sont ce qu'ils sont, et encore moins pourquoi ils sont organisés dans cet ordre.

Qui est le "on" que tu évoques ? Après, la question de la hiérarchie a toujours été le point de discorde sur la répartition des 6 capacités cognitives même s'il faut faire attention, Bloom et ses collègues disant qu'il n'y en a aucune de plus importante qu'une autre (les upper et lower capacities n'ayant pas de valeur d'importance mais juste une description de leur place dans la pyramide).

Après, je ne comprends pas ce que tu dis là :

D'un point de vue plus expérimental, aucune étude ne semble valider l'approche de Bloom et sa taxonomie. Je n'ai personnellement rien trouvé après pas mal de recherches, si ce n'est des travaux purement théoriques qui se citent les uns les autres. Le seul indice que j'ai est l'étude Visible Learning de Hattie, qui semble montrer que les hiérarchies d'apprentissage (dont la taxonomie de Bloom fait partie) sont très loin d'être efficace, avec des tailles d'effet ridicules, proches de l'enseignement individualisé/différencié.

La taxonomie de Bloom est une échelle descriptive des capacités cognitives, pas un système à appliquer. Donc, je ne comprends pas où tu veux en venir ?

EDIT : en y pensant, comme tu parles de la différenciation pédagogique comme d'un mythe, ce n'est pas Bloom qui est mis en avant mais Vygotski. Je n'ai jamais entendu des gens utiliser Bloom pour cela (ou alors pour justifier le travail par compétences, confondant compétences et capacités cognitives, au passage). En revanche, Vygotski et sa ZPD, oui (et c'est bien plus vieux que Bloom).
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Mewtow
Niveau 1

Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Mewtow le Sam 24 Oct 2015 - 16:28
@Elyas a écrit:De même dire que la psychologie cognitive n'existait pas à l'époque est surprenant vu que c'est à cette époque qu'elle se développe... avec par exemple Benjamin Bloom. Mais j'ai l'impression que tu confonds le courant cognitiviste et la psychologie cognitive.

La psychologie cognitive est entrée en force dans le débat scientifique quand Chomsky a attaqué le béhaviorisme avec l'argument de la pauvreté du stimulus : c'était en 1957, soit l'année après la parution de la taxonomie de Bloom. Les études de Tolman de 1948 n'avaient pas convaincu grand monde, en tout cas pas suffisamment pour donner naissance à la psychologie cognitive.

Au passage, il faut signaler que Bloom, l'auteur principal de la taxonomie, a aussi été le créateur d'une pédagogie béhavioriste : la pédagogie de maitrise.

@Elyas a écrit:Tous les courants utilisent ces capacités cognitives. Ce n'est qu'une description du fonctionnement cognitif de l'esprit humain. Si avoir des connaissances, savoir comprendre, savoir appliquer, analyser, synthétiser et évaluer sont des mythes, on est mal ;)

C'est justement l'objet de ma critique : l'organisation des six classes "mémoriser", "comprendre", "appliquer", "analyser", "synthétiser" et "évaluer" n'est pas validée par la recherche, et a de bonnes chances de tenir du mythe. Et ce que je connais en psychologie cognitive et son application ça l'éducation me fait penser que cela a des chances d'être faux. C'est pour moi la critique principale : les six niveaux et leur hiérarchisation n'ont rien de valide scientifiquement.

Selon Brenda Sugrue, la seule distinction qui est validée est celle entre mémoire déclarative et mémoire procédurale, cet auteur rangeant les différentes catégories de Bloom dans ces deux systèmes de mémoire (ce qui ne me convainc pas vraiment, d'ailleurs). A la rigueur, on peut organiser le tout en deux niveaux : connaissances et procédures. On peut éventuellement placer le premier en dessous du second : certains scientifiques, comme Anderson, pensent que toute connaissance procédurale provient de la compilation de connaissances déclaratives (ce qui se retrouve dans sa théorie/architecture cognitive ACT-R). Mais même cela est sujet à caution : on a des expériences sur la formation des concepts qui semblent indiquer que cela n'est pas toujours le cas.

D'ailleurs, le courant cognitiviste ne fait en aucun cas usage de la taxonomie de Bloom. Une bonne partie des théories pédagogiques cognitivistes actuelles ne font aucune différence entre mémoriser, comprendre, analyser, raisonner et résoudre des problèmes : pour eux, c'est exactement la même chose, tout étant basé sur les mêmes mécanismes liés à la mémoire. Quand la majorité des théories sur la résolution de problème postule que les performances dans des tâches d'application et d'analyse proviennent uniquement des mécanismes de rappels et de l'automatisation mnésique (donc, qu'il n'y a pas de différence avec mémoriser), je peux t'assurer que Bloom ne tient pas cinq minutes...

@Elyas a écrit:Tu as des liens sur les critiques de cette taxonomie ? Comme tu dis qu'elle a été longtemps critiquée, cela m'intéresse car je n'ai jamais rien lu de tel. Ce que j'ai lu, c'est sur la hiérarchie des capacités dans la pyramide bloomienne.

Niveau critiques, j'ai notamment vu une conférence de Brenda Sugrue pour l'2002 ISPI et il me semble qu'elle a aussi écrit plusieurs trucs sur le sujet. Sinon, on a aussi les critiques de Marzano et Kendall (The New Taxonomy of Educational Objectives), ainsi que celle de Merril avec sa Component Display Theory : ces auteurs ont chacun proposé des classifications différentes de celle de Bloom, qui sont basées sur la psychologie cognitive. Ce sont les seules critiques qui remettent en cause l'usage des six niveaux que Bloom a établit pour sa classification.

Je crois aussi me souvenir que Gagné a écrit des trucs dessus, mais rien de certain : ma mémoire me fait peut-être défaut.

@Elyas a écrit:La taxonomie de Bloom est une échelle descriptive des capacités cognitives, pas un système à appliquer. Donc, je ne comprends pas où tu veux en venir ?

On peut utiliser ces taxonomies pour organiser ses cours ou ses évaluations. Et cela ne fonctionne pas vraiment si j'en crois l'étude de Hattie.
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Elyas
Guide spirituel

Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Elyas le Sam 24 Oct 2015 - 17:47
@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:De même dire que la psychologie cognitive n'existait pas à l'époque est surprenant vu que c'est à cette époque qu'elle se développe... avec par exemple Benjamin Bloom. Mais j'ai l'impression que tu confonds le courant cognitiviste et la psychologie cognitive.

La psychologie cognitive est entrée en force dans le débat scientifique quand Chomsky a attaqué le béhaviorisme avec l'argument de la pauvreté du stimulus : c'était en 1957, soit l'année après la parution de la taxonomie de Bloom. Les études de Tolman de 1948 n'avaient pas convaincu grand monde, en tout cas pas suffisamment pour donner naissance à la psychologie cognitive.

Au passage, il faut signaler que Bloom, l'auteur principal de la taxonomie, a aussi été le créateur d'une pédagogie béhavioriste : la pédagogie de maitrise.

C'est assez discutable ce que tu dis. Cela sous-entend que Piaget, Vygostki et d'autres n'existent pas. Or, ils existent et sont massivement employés dans la psychologie cognitive. C'est dans les années 1950 que les outils existent massivement pour commencer à devenir un champ universitaire suffisamment solide. De plus, en te lisant, tu te focalises quasi-uniquement sur le monde anglo-saxon. Mais ce que tu racontes est intéressant.

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:Tous les courants utilisent ces capacités cognitives. Ce n'est qu'une description du fonctionnement cognitif de l'esprit humain. Si avoir des connaissances, savoir comprendre, savoir appliquer, analyser, synthétiser et évaluer sont des mythes, on est mal Wink

C'est justement l'objet de ma critique : l'organisation des six classes "mémoriser", "comprendre", "appliquer", "analyser", "synthétiser" et "évaluer" n'est pas validée par la recherche, et a de bonnes chances de tenir du mythe. Et ce que je connais en psychologie cognitive et son application ça l'éducation me fait penser que cela a des chances d'être faux. C'est pour moi la critique principale : les six niveaux et leur hiérarchisation n'ont rien de valide scientifiquement.

On est donc bien d'accord sur ce qui est critiqué chez Bloom (et c'est effectivement le grand champ de critique). Néanmoins, dire que ça n'a rien de valide scientifiquement, c'est aller un peu loin car depuis 1956, tout le monde revient à Bloom pour le retravailler. C'est que donc, on a là une base sur laquelle tout le monde est d'accord pour dire que c'est intéressant mais... Et le mais est super important. Or, en l'occurrence, tout le monde revient à Bloom pour redémarrer..

@Mewtow a écrit:[Selon Brenda Sugrue, la seule distinction qui est validée est celle entre mémoire déclarative et mémoire procédurale, cet auteur rangeant les différentes catégories de Bloom dans ces deux systèmes de mémoire (ce qui ne me convainc pas vraiment, d'ailleurs). A la rigueur, on peut organiser le tout en deux niveaux : connaissances et procédures. On peut éventuellement placer le premier en dessous du second : certains scientifiques, comme Anderson, pensent que toute connaissance procédurale provient de la compilation de connaissances déclaratives (ce qui se retrouve dans sa théorie/architecture cognitive ACT-R). Mais même cela est sujet à caution : on a des expériences sur la formation des concepts qui semblent indiquer que cela n'est pas toujours le cas.

Tout à fait, sauf que là, tu entres dans la psychologie cognitive qui s'intéresse à la mémoire et ça permet justement de revoir la taxonomie de Bloom à l'aune des nouvelles découvertes. Après, l'un des avantages de la taxonomie de Bloom qui permet de commencer à parler des taxonomies des capacités cognitives, c'est son accès aisé pour n'importe qui. On le répète, Bloom, c'est pour la psychologie cognitive l'invention des pictogrammes. Actuellement, pour poursuivre l'analogie, on en est à la découverte de l'atome.

@Mewtow a écrit:[D'ailleurs, le courant cognitiviste ne fait en aucun cas usage de la taxonomie de Bloom. Une bonne partie des théories pédagogiques cognitivistes actuelles ne font aucune différence entre mémoriser, comprendre, analyser, raisonner et résoudre des problèmes : pour eux, c'est exactement la même chose, tout étant basé sur les mêmes mécanismes liés à la mémoire. Quand la majorité des théories sur la résolution de problème postule que les performances dans des tâches d'application et d'analyse proviennent uniquement des mécanismes de rappels et de l'automatisation mnésique (donc, qu'il n'y a pas de différence avec mémoriser), je peux t'assurer que Bloom ne tient pas cinq minutes...

Tu as tout à fait raison mais il n'empêche qu'ils reviennent toujours, curieusement. Donc, dire que Bloom ne tient pas 5 mn, c'est une assertion un peu rapide. D'ailleurs, Bloom disait lui même qu'il y avait plus de gens qui le citaient que de gens qui avaient vraiment lu le livre qu'il avait dirigé. De plus, tu cites des tas de concepts qui sont nés assez récemment au final et oui, Bloom ne tient pas longtemps. Le problème est que la force de la taxonomie de Bloom est qu'il décrit basiquement des procédés que tous constatent. D'ailleurs, as-tu lu les travaux de Lebrun à ce sujet ?

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:]Tu as des liens sur les critiques de cette taxonomie ? Comme tu dis qu'elle a été longtemps critiquée, cela m'intéresse car je n'ai jamais rien lu de tel. Ce que j'ai lu, c'est sur la hiérarchie des capacités dans la pyramide bloomienne.

Niveau critiques, j'ai notamment vu une conférence de Brenda Sugrue pour l'2002 ISPI et il me semble qu'elle a aussi écrit plusieurs trucs sur le sujet. Sinon, on a aussi les critiques de Marzano et Kendall (The New Taxonomy of Educational Objectives), ainsi que celle de Merril avec sa Component Display Theory : ces auteurs ont chacun proposé des classifications différentes de celle de Bloom, qui sont basées sur la psychologie cognitive. Ce sont les seules critiques qui remettent en cause l'usage des six niveaux que Bloom a établit pour sa classification.

Je crois aussi me souvenir que Gagné a écrit des trucs dessus, mais rien de certain : ma mémoire me fait peut-être défaut.

Il ne faut pas oublier aussi qu'en psychologie cognitive, il y a la course à se faire connaître, surtout aux Etats-Unis. On renverse les idoles. Il y a eu Anderson au début des années 2000 et son travail s'inspire de Bloom. Je ne connais pas les gens dont tu parles mais je vais les lire avec attention. Néanmoins, il faut prendre garde à un facteur : renverser les idoles est un sport national ces 20 dernières années et la plupart des tentatives de taxonomie sont tout aussi problématiques que celles de Bloom Wink

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:]La taxonomie de Bloom est une échelle descriptive des capacités cognitives, pas un système à appliquer. Donc, je ne comprends pas où tu veux en venir ?

On peut utiliser ces taxonomies pour organiser ses cours ou ses évaluations. Et cela ne fonctionne pas vraiment si j'en crois l'étude de Hattie.

Attention, tu sembles confondre certaines choses autour de Hattie. Il fait de la méta-analyse de toutes les analyses sur les pédagogides dans le monde. je n'ai absolument pas souvenir dans ses livres d'une critique contre Bloom. Les seules choses que j'ai lues sont des propos rapportés disant que Hattie préfère la taxonomie SOLO à Bloom. Hattie dit deux choses fondamentales :
- l'importance du feedback immédiat.
- l'explicitation des enjeux, des implicites, des méthodes, des objectifs... Bref, il est pour une pédagogie explicite.
- l'immense importance de l'effet-prof.

D'ailleurs à propos de ce dernier, dans le livre de Bourgeois et Chapelle, Jacques Grégoire (je crois, à vérifier) explique que les équipes croyant aux effets positifs des intelligences multiples de Gardner ont des résultats positifs... parce qu'ils y croient. Là, l'effet-prof prend toute son ampleur. Sur une base théorique fausse, ils s'engagent dans des processus et des réflexions qu'ils n'auraient jamais eues s'ils ne s'étaient pas lancés. C'est assez marrant et paradoxal en même temps Wink

Un point, tu cites énormément les anglo-saxons comme si tu ne lisais pas les Francophones, les russophones ou les autres langues. La psychologie cognitive ne se limite pas à la sphère anglo-saxonne, loin de là Wink D'ailleurs, Marcel Crahay et Géry Marcoux expliquent que dans l'approche pour construire et mobiliser des connaissances dans un rapport critique aux savoirs, il y a deux traditions : l'humanisme français et le pragmatisme anglo-saxon ce qui conduit à des résultats parfois contrastés sur des mêmes sujets d'étude selon les pays engagés.

Tout ça pour dire que la taxonomie de Bloom est un mythe mensonger. Il est ancien et daté, donc critiquable et demandant à être amélioré, largement. Sauf que pour commencer à expliquer les taxonomies, ne pas parler de Bloom est une sottise. De même, se limiter à Bloom est ridicule.

Pour revenir à Hattie, il ne faut pas oublier que c'est un méta-analyste et que son travail est colossal mais doit être connu au prisme de ce qu'il a analysé. Il ne parle pas de Bloom dans les écrits qu'il a publiés (ou alors en deux-trois lignes) à ma connaissance et à celles de gens qui l'ont lu avec beaucoup plus de soin que moi. Par exemple, il balaie l'idée que réduire le nombre d'élèves dans une classe est réellement bénéfique, expliquant que selon les études les professeurs enseignent trop souvent à une classe à effectif réduit comme ils en ont l'habitude face à une classe à large effectif. Il explique également que les devoirs à la maison pour s'entraîner sont inefficaces. Il dit tout cela en se basant sur des études aux méthodologies et aux échantillons de nature irréprochable (il a éliminé toutes les études aux échantillons trop faibles et aux méthodologies problématiques).

Enfin, je te conseille de lire aussi en français les travaux des psychologues cognitivistes français et belges Wink Apprendre et faire apprendre est une excellente base, travaillant autant sur les travaux francophones qu'anglophones Wink
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Mewtow
Niveau 1

Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Mewtow le Sam 24 Oct 2015 - 18:30
@Elyas a écrit:C'est assez discutable ce que tu dis. Cela sous-entend que Piaget, Vygostki et d'autres n'existent pas. Or, ils existent et sont massivement employés dans la psychologie cognitive. C'est dans les années 1950 que les outils existent massivement pour commencer à devenir un champ universitaire suffisamment solide. De plus, en te lisant, tu te focalises quasi-uniquement sur le monde anglo-saxon. Mais ce que tu racontes est intéressant.

Piaget et Vygotski ne sont PAS des cognitivistes : ce sont des constructivistes et socio-constructivistes, ce qui n'a rien à voir. D'ailleurs, l'arrivée du cognitivisme dans les théories du développement de l'enfant s'est traduite par une remise en cause quasi-complète des travaux de Piaget et Vygostki, avec une belle réfutation de leurs théories. Entre les théories de Piaget et celles de Halford, Case, Demetriou et des autres chercheurs cognitivistes, il y a une incompatibilité assez forte ne serait-ce qu'au niveau des fondements théoriques.

Pour rappel, le courant cognitiviste est né du paradigme du traitement de l'information provenant des travaux de Herbet Simon sur la résolution de problème et sur l'expertise, qui faisaient grand usage des notions de mémoire de travail et de mémoire à long terme. Leurs successeurs sont essentiellement des théoristes comme Sweller avec sa théorie de la charge cognitive. Quelques auteurs appartenant au mouvement de l'apprentissage verbal se sont ensuite greffé sur ce courant par la force des choses, avec le début de l'étude des mécanismes des mémoires épisodique et sémantique : cela correspond à quelques théoristes comme Ausubel (souvent considéré à tord comme constructiviste).

@Elyas a écrit:Néanmoins, dire que ça n'a rien de valide scientifiquement, c'est aller un peu loin car depuis 1956, tout le monde revient à Bloom pour le retravailler. C'est que donc, on a là une base sur laquelle tout le monde est d'accord pour dire que c'est intéressant mais... Et le mais est super important. Or, en l'occurrence, tout le monde revient à Bloom pour redémarrer...

[...]

Après, l'un des avantages de la taxonomie de Bloom qui permet de commencer à parler des taxonomies des capacités cognitives, c'est son accès aisé pour n'importe qui. On le répète, Bloom, c'est pour la psychologie cognitive l'invention des pictogrammes. Actuellement, pour poursuivre l'analogie, on en est à la découverte de l'atome.

On ne s'est pas compris. Tu me parles des critiques qui veulent ajouter un niveau de hiérarchie ou ceux qui veulent changer l'ordre des différents niveaux : ceux-là, comme Anderson (pas celui qui a crée l'ACT-R) avec sa taxonomie révisée, se référent évidemment à Bloom. Mais je ne parle absolument pas de ces auteurs, qui sont pour moi des supporters de la taxonomie de Bloom et ne veulent que sa révision.

Je parle uniquement des théoristes qui considèrent qu'il n'y a qu'il n'y a pas de hiérarchie du tout, ou seulement deux niveaux séparés sans rapport avec les stades de Bloom (Component Display Theory, ACT-R). Ceux là ne partent pas de Bloom, ni n'y reviennent : beaucoup ne pensent même pas que la taxonomie décrit des procédés qu'ils constatent. Leur critique est souvent venue après qu'ils aient crée une classification différente, ou qu'ils aient remarqué que cette taxonomie n'était pas expérimentée, ou qu'elle entrait en conflit avec leurs travaux ou des connaissances générales sur le fonctionnement de la mémoire.

@Elyas a écrit:D'ailleurs à propos de ce dernier, dans le livre de Bourgeois et Chapelle, Jacques Grégoire (je crois, à vérifier) explique que les équipes croyant aux effets positifs des intelligences multiples de Gardner ont des résultats positifs... parce qu'ils y croient. Là, l'effet-prof prend toute son ampleur. Sur une base théorique fausse, ils s'engagent dans des processus et des réflexions qu'ils n'auraient jamais eues s'ils ne s'étaient pas lancés. C'est assez marrant et paradoxal en même temps ;)

C'est pris en compte dans l'étude de Hattie par la comparaison des tailles d'effet : on sait que la taille d'effet d'un professeur motivé et investi dans l'usage d'une nouvelle pédagogie est de 0.4. Et d'autres outils statistiques existent pour supprimer ce bruit de fond assez facilement.

@Elyas a écrit:Un point, tu cites énormément les anglo-saxons comme si tu ne lisais pas les Francophones, les russophones ou les autres langues. La psychologie cognitive ne se limite pas à la sphère anglo-saxonne, loin de là ;) D'ailleurs, Marcel Crahay et Géry Marcoux expliquent que dans l'approche pour construire et mobiliser des connaissances dans un rapport critique aux savoirs, il y a deux traditions : l'humanisme français et le pragmatisme anglo-saxon ce qui conduit à des résultats parfois contrastés sur des mêmes sujets d'étude selon les pays engagés.

En science, l'origine des chercheurs ne compte pas, et cette soit-disant différence philosophique entre humanisme français et pragmatisme anglo-saxon n'est pas censée avoir la moindre influence. Le jour où je trouverais des auteurs français qui se basent sur des études expérimentales, des méta-analyses et qui font usage de connaissances sur le fonctionnement cognitif valides, je les citerais. Mais à part ce regretté Alain Lieury (et quelques autres dans le cadre de l'apprentissage de la lecture ou de la numération), il faut avouer que je connais aucun cognitiviste français qui le fasse.
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Elyas
Guide spirituel

Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Elyas le Sam 24 Oct 2015 - 18:50
@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:C'est assez discutable ce que tu dis. Cela sous-entend que Piaget, Vygostki et d'autres n'existent pas. Or, ils existent et sont massivement employés dans la psychologie cognitive. C'est dans les années 1950 que les outils existent massivement pour commencer à devenir un champ universitaire suffisamment solide. De plus, en te lisant, tu te focalises quasi-uniquement sur le monde anglo-saxon. Mais ce que tu racontes est intéressant.

Piaget et Vygotski ne sont PAS des cognitivistes : ce sont des constructivistes et socio-constructivistes, ce qui n'a rien à voir. D'ailleurs, l'arrivée du cognitivisme dans les théories du développement de l'enfant s'est traduite par une remise en cause quasi-complète des travaux de Piaget et Vygostki, avec une belle réfutation de leurs théories. Entre les théories de Piaget et celles de Halford, Case, Demetriou et des autres chercheurs cognitivistes, il y a une incompatibilité assez forte ne serait-ce qu'au niveau des fondements théoriques.

Pour rappel, le courant cognitiviste est né du paradigme du traitement de l'information provenant des travaux de Herbet Simon sur la résolution de problème et sur l'expertise, qui faisaient grand usage des notions de mémoire de travail et de mémoire à long terme. Leurs successeurs sont essentiellement des théoristes comme Sweller avec sa théorie de la charge cognitive. Quelques auteurs appartenant au mouvement de l'apprentissage verbal se sont ensuite greffé sur ce courant par la force des choses, avec le début de l'étude des mécanismes des mémoires épisodique et sémantique : cela correspond à quelques théoristes comme Ausubel (souvent considéré à tord comme constructiviste).

En te lisant, je crois comprendre pourquoi on ne se comprend pas. Evidemment, Piaget et Vygotski ne sont pas des cognitivistes mais ce sont des psychologues qui se sont intéressés à la cognitivité. En psychologie, il y a le champ des études cognitives, c'est ce dont je parle. Parmi ces psychologues, il y a des courants (constructivistes, cognitivistes, behavioristes...etc). Or, tu parles ici de courant cognitiviste ce qui fait que je suis paumé. Tu parles de la psychologie cognitive ou des courants qui ont donné des théories pédagogiques ? Là, en l'état, on ne fera qu'un dialogue de sourds car tu mélanges les termes et là, effectivement, je ne peux suivre car je ne comprends pas si tu parles du champ des études cognitives en général ou des courants de la psychologie cognitive en général.

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:]Néanmoins, dire que ça n'a rien de valide scientifiquement, c'est aller un peu loin car depuis 1956, tout le monde revient à Bloom pour le retravailler. C'est que donc, on a là une base sur laquelle tout le monde est d'accord pour dire que c'est intéressant mais... Et le mais est super important. Or, en l'occurrence, tout le monde revient à Bloom pour redémarrer...

[...]

Après, l'un des avantages de la taxonomie de Bloom qui permet de commencer à parler des taxonomies des capacités cognitives, c'est son accès aisé pour n'importe qui. On le répète, Bloom, c'est pour la psychologie cognitive l'invention des pictogrammes. Actuellement, pour poursuivre l'analogie, on en est à la découverte de l'atome.

On ne s'est pas compris. Tu me parles des critiques qui veulent ajouter un niveau de hiérarchie ou ceux qui veulent changer l'ordre des différents niveaux : ceux-là, comme Anderson (pas celui qui a crée l'ACT-R) avec sa taxonomie révisée, se référent évidemment à Bloom. Mais je ne parle absolument pas de ces auteurs, qui sont pour moi des supporters de la taxonomie de Bloom et ne veulent que sa révision.

Je parle uniquement des théoristes qui considèrent qu'il n'y a qu'il n'y a pas de hiérarchie du tout, ou seulement deux niveaux séparés sans rapport avec les stades de Bloom (Component Display Theory, ACT-R). Ceux là ne partent pas de Bloom, ni n'y reviennent : beaucoup ne pensent même pas que la taxonomie décrit des procédés qu'ils constatent. Leur critique est souvent venue après qu'ils aient crée une classification différente, ou qu'ils aient remarqué que cette taxonomie n'était pas expérimentée, ou qu'elle entrait en conflit avec leurs travaux ou des connaissances générales sur le fonctionnement de la mémoire.

Donc, tu parles des débats en cours et qui ne sont pas encore tranchés. Or, tu es parti d'une question très polémique : la taxonomie de Bloom est-elle un mythe mensonger ? En l'occurrence, non. C'est un truc préhistorique qui a été le début d'études importantes et qui est toujours une référence pour entrer dans le débat en se positionnant en critique ou en améliorateur. Cependant, la taxonomie de Bloom est effectivement très imparfaite pour la simple et bonne raison qu'on a depuis découvert des tas de trucs (et actuellement, les psychologues en cognitivité travaillent beaucoup sur la motivation ce qui va certainement rebattre toutes les cartes). Un point important aussi : de nombreux taxonomies actuelles se basent sur les neurosciences. Or, il y a un consensus chez les chercheurs en psychologie cognitive : "Laissons les neurosciences finir de trancher dans leurs débats et voyons après !"

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:]D'ailleurs à propos de ce dernier, dans le livre de Bourgeois et Chapelle, Jacques Grégoire (je crois, à vérifier) explique que les équipes croyant aux effets positifs des intelligences multiples de Gardner ont des résultats positifs... parce qu'ils y croient. Là, l'effet-prof prend toute son ampleur. Sur une base théorique fausse, ils s'engagent dans des processus et des réflexions qu'ils n'auraient jamais eues s'ils ne s'étaient pas lancés. C'est assez marrant et paradoxal en même temps Wink

C'est pris en compte dans l'étude de Hattie par la comparaison des tailles d'effet : on sait que la taille d'effet d'un professeur motivé et investi dans l'usage d'une nouvelle pédagogie est de 0.4. Et d'autres outils statistiques existent pour supprimer ce bruit de fond assez facilement.

Pourquoi tu me parles de Hattie, ici ? Je ne contestais pas Hattie.

@Mewtow a écrit:
@Elyas a écrit:]Un point, tu cites énormément les anglo-saxons comme si tu ne lisais pas les Francophones, les russophones ou les autres langues. La psychologie cognitive ne se limite pas à la sphère anglo-saxonne, loin de là Wink D'ailleurs, Marcel Crahay et Géry Marcoux expliquent que dans l'approche pour construire et mobiliser des connaissances dans un rapport critique aux savoirs, il y a deux traditions : l'humanisme français et le pragmatisme anglo-saxon ce qui conduit à des résultats parfois contrastés sur des mêmes sujets d'étude selon les pays engagés.

En science, l'origine des chercheurs ne compte pas, et cette soit-disant différence philosophique entre humanisme français et pragmatisme anglo-saxon n'est pas censée avoir la moindre influence. Le jour où je trouverais des auteurs français qui se basent sur des études expérimentales, des méta-analyses et qui font usage de connaissances sur le fonctionnement cognitif valides, je les citerais. Mais à part ce regretté Alain Lieury (et quelques autres dans le cadre de l'apprentissage de la lecture ou de la numération), il faut avouer que je connais aucun cognitiviste français qui le fasse.

Donc, tu te poses en juge d'un des chercheurs français les plus reconnus en psychologie cognitive et tu balaies un peu facilement la recherche française... Ok, mais ce n'est pas très sérieux, tu avoueras.

De même, tu ne prends en aucun cas compte de tout ce que j'ai dit par rapport à Hattie qui est une lecture incroyable mais qui ne doit pas aller seule et qui demande aussi à sortir du spectre des seuls livres anglo-saxons (ce que fait Hattie d'ailleurs, tu le cites tout le temps mais en n'ayant pas son respect pour les chercheurs qui ne sont pas issus du monde anglo-saxon).

Bon, après, pour Bloom. Non, ce n'est pas un mythe pédagogique. C'est un outil daté qui est toujours une sorte de totem pour les chercheurs en psychologie cognitive.
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doctor who
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Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par doctor who le Sam 24 Oct 2015 - 20:35
Mewtow vs Elyas ?!

*pop-corn*

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User17706
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Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par User17706 le Sam 24 Oct 2015 - 20:46
Et personne pour vilipender l'usage de taxonomie à la place de taxinomie Razz

Tout fout le camp!

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'Tis a blushing, shamefaced spirit that mutinies in a man’s bosom. It fills a man full of obstacles. It made me once restore a purse of gold that by chance I found. It beggars any man that keeps it. It is turned out of towns and cities for a dangerous thing, and every man that means to live well endeavors to trust to himself and live without it.
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When everybody is swept away unthinkingly by what everybody else does and believes in, those who think are drawn out of hiding because their refusal to join is conspicuous and thereby becomes a kind of action.
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Tamerlan
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Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Tamerlan le Sam 24 Oct 2015 - 21:17
@doctor who a écrit:Mewtow vs Elyas ?!

*pop-corn*

Et aspirine !

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Elyas
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Re: Taxonomie de Bloom : un mythe pédagogique ?

par Elyas le Sam 24 Oct 2015 - 23:05
PauvreYorick a écrit:Et personne pour vilipender l'usage de taxonomie à la place de taxinomie Razz

Tout fout le camp!

Ah non, on ne va pas recommencer Laughing

Dans tous les cas, Mewtow raconte des choses super intéressantes, je trouve. Il est super calé sur les travaux anglo-saxons, ça fait bien réfléchir, je trouve Wink J'ai appris des choses et cela m'a permis de faire le point sur diverses lectures et de faire des liens entre elles. Personnellement, j'adore ! Après, on n'est pas d'accord sur des trucs mais ça, ce n'est pas grave, on n'est pas psychologues cognitifs ou cognitivistes !
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