Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Pierre-Henri le Dim 8 Nov 2015 - 7:32

La survie dans le métier nécessite une certaine dose de rouerie. Il faut savoir faire le tri entre ce qui est utile aux élèves et ce qui doit être ignoré. On apprend à se jouer du système, pour se ménager un espace de liberté. La première chose à faire est de réaliser que l'éducation nationale est une vaste illusion bureaucratique, et que la seule vérité qui compte commence et s'arrête sur le seuil de votre classe.

Le premier réflexe est de ne rien attendre de la formation. Ignorez-la totalement. Quand un formateur pédagol vous dit quelque chose, répondez "oui, oui" en hochant la tête d'un air niais, puis oubliez ses paroles la seconde d'après. Prenez les formations pédagogiques pour une occasion de rêvasser, rien de plus. Dites-vous, à ce propos, que vous êtes payée pour servir d'alibi et fournir un poste à des planqués incompétents. Inutile de faire du zèle pour ça.

Rien à attendre du rectorat non plus, surtout pas pour une reconversion. On manque de professeurs de français, les rectorats ne vous aideront pas à partir. Le rectorat, moins on le voit, mieux on se porte.

Pour ces raisons, que vous soyez dans un petite ville isolée est une chance. Profitez de la distance. Plus on est loin des chefs, mieux c'est. Au lieu de vous disperser, recentrez-vous sur l'endroit où vous êtes. Intéressez-vous à la vie locale, intéressez-vous au quotidien de vos élèves (hé oui, ça aide). Témoignez de l'empathie. Mettez-vous au niveau d'adolescents, sans les juger, sans les prendre de haut. Acceptez-les, eux et leurs familles, pour ce qu'ils sont. Ne donnez pas l'image d'un professeur snob qui se sent paumé chez les ploucs. Vos élèves se vengeraient sur vous pour ça, et ils n'auraient pas tort.

Pour les cours, laissez tomber les fariboles pédagogistes, et faites du magistral, du frontal, de l'explicite, adapté au niveau des élèves. Choisissez des textes qui vous plaisent, et tentez de partager votre bonheur de lecture. Ca prend du temps, il faut lutter contre la résistance naturelle des adolescents, il y a beaucoup de revers et de désillusions, mais quand un petit quelque chose passe, la satisfaction est réelle.

Ne vous prenez pas le chou avec les objectifs, les problématiques, les compétences, les procédures, les tâches... Tout ça, on peut le pipeauter a posteriori, en quelques minutes, pour faire plaisir le temps d'une visite.

Suivez un cadre de cours strict, simple, rituel, dans lequel les élèves apprendront peu à peu à se retrouver. Évitez le travail de groupe, ainsi que les "activités" dispersées qui finissent par virer au capharnaüm. N'ayez pas peur de diriger les cours, de guider la pensée des élèves, de transmettre un savoir de façon verticale, de distinguer le vrai du faux, la règle juste de la faute. Les élèves n'attendent pas autre chose d'un professeur.

Je vous conseille de vous inspirer des manuels "Terre des Lettres" pour mettre en place des cours simples et précis. Si vous êtes épuisée, n'hésitez pas à sortir des chapitres et des cours tels quels de ce manuel et à les jouer comme s'ils étaient les vôtres.

Pierre-Henri
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par ethiquette le Dim 8 Nov 2015 - 10:22

Merci à tous pour vos réponses, souvent riches de conseils, et de bienveillance. C'est dur parfois d'oser formuler tout ça.
Je dois dire que ce qui me rend le plus folle c'est le système dans lequel je suis entrée, sans aucune cohérence, avec des règles parfois contradictoires, des menaces (l'ESPE qui nous menace de nous retirer une journée de salaire par absence...), des programmes à la fois très lourds, qui vont dans tous les sens, des méthodes pédagogiques bizarres, et j'en passe...découvrir tout ça de l'intérieur est très "violent". Il est évident que j'idéalisais le métier, plusieurs membres de ma famille sont profs, j'ai été entourée de profs formidables, passionnés par leur métier, ce qui n'aide pas à prendre de la distance quand on s'imagine professeur un jour.
J'ai travaillé avec des lycéens pendant des années avant de passer le CAPES, le passage au collège est difficile, d'abord parce que l'enseignement du français n'est pas le même, et aussi, parce qu'on passe beaucoup beaucoup de temps à faire le gendarme. C'est parfois épuisant.
Cela ne se passe pas trop mal avec les élèves ; j'ai réussi à mater mes 4e bavards, dissipés et un peu insolents. Je ne croyais pas à la vertu de la punition, mais j'ai suivi les conseils de mon tuteur, et ça a l'air de marcher. Je ne peux pas dire que je déteste être face à eux, mais j'ai l'impression de ne rien ressentir, je fais le boulot qu'on me demande, du mieux que je peux, j'essaye d'améliorer quand certaines activités ratent, de pousser celles plus difficiles qui ont tendance à les décourager, mais je suis certaine qu'ils peuvent y arriver. Mais je fais le travail comme "absente", sans peur, ni envie. Je me sens un bon petit soldat.
Avec les 5e, c'est plus compliqué. J'aime cette classe, certains élèves y sont formidables. mais un élève très difficile, violent, insolent, très bruyant, rend le cours (et pas qu'avec moi) infernal.Même les élèves n'en peuvent plus, et ont peur de lui. Il est dans une souffrance terrible (histoire familiale atroce), je me sens dépassée face à lui, je n'ai pas les armes pour avancer de façon juste avec un "cas" pareil. Je sais qu'il y aura d'autres élèves comme lui. ça ne me fait pas peur. Mais je me sens dépassée, vidée, je ne comprends pas le sens de ce métier dans le cadre où je suis. Je ne comprends pas comment on peut leur apprendre des bases solides avec les conditions qu'on nous offre / impose. ça me rend immensément triste.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Sei le Dim 8 Nov 2015 - 10:42

@ethiquette a écrit:
Je dois dire que ce qui me rend le plus folle c'est le système dans lequel je suis entrée, sans aucune cohérence, avec des règles parfois contradictoires, des menaces (l'ESPE qui nous menace de nous retirer une journée de salaire par absence...), des programmes à la fois très lourds, qui vont dans tous les sens, des méthodes pédagogiques bizarres, et j'en passe...découvrir tout ça de l'intérieur est très "violent".



Mais tu as raison, je crois : l'EN rend fou. C'est à force d'injonctions contradictoires dans son enfance (répétées, bien sûr) que l'on devient psychotique (ex : une mère qui brûle son enfant avec de l'eau trop chaude, tout en lui assurant que l'eau est tiède). Or, l'EN est bourrée de contradictions…
- Le système nordique s'écroule et tout le monde pédagogique prend conscience de son échec : l'EN demande à ce qu'on l'applique en France avec plus de vigueur.
- L'EN demande à supprimer les notes dans le secondaire : l'EN introduit les notes en Maternelle.
- L'EN est encore un système de notes : l'EN estime que certains travaux se notent, et pas d'autres (prétendue interdiction de notes les lectures cursives, interdiction de noter le comportement…).
- L'EN estime que les cours différenciés sont nécessaires : l'EN supprime les Rased et met en péril les Segpa.
- L'EN affirme que les résultats au Brevet ont augmenté : l'EN multiplie les consignes de correction laxiste (cette contradiction, elle est délicieusement datée 1984).

J'en passe et des meilleures.

Courage, Ethiquette ! (Et comme toi, pour être passée par les deux, je trouve que la liberté au collège est encore moindre que celle que l'on a au lycée. L'idéologie s'affronte aux faits de manière plus perverse encore au collège.)


Dernière édition par Sei le Dim 8 Nov 2015 - 11:03, édité 1 fois
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Liberty le Dim 8 Nov 2015 - 10:49

Bonjour ethiquette,

Je suis également stagiaire, à 500 km de ma région natale, et déboussolée par cette année... Il y a des hauts et de bas, c'est le plus dur à gérer pour moi (le moral et le physique en prennent un coup). En septembre, j'avais vu un médecin qui a clairement vu mes angoisses quand je me suis mise à pleurer devant lui.. Il a été d'accord pour me prendre comme patiente si j'ai besoin d'un arrêt. (difficile de trouver un médecin ici aussi).
Ce qui me fait tenir : les élèves ! et puis j'ai galéré à la sortie de mes études pour trouver un boulot, maintenant que j'ai réussi le CAPES dans une toute autre branche, je n'ai pas envie de retourner à la situation initiale... Mais qu'il est difficile de se sentir jugé en permanence, que nos expériences ne soient pas pris en compte, que l'ESPE nous manage comme des étudiants sans bagages. (sans compter, comme tu dis, les déplacements quotidiens)
Je te souhaite beaucoup de courage fleurs2 et n'hésite pas à en parler (peut-être à d'autres stagiaires de ta promo ? à ton tuteur, à quelques collègues...) Et essaie de faire du sport, va au cinéma, libère-toi l'esprit le week-end !
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par miss sophie le Dim 8 Nov 2015 - 10:59

@ethiquette a écrit: Je ne comprends pas comment on peut leur apprendre des bases solides avec les conditions qu'on nous offre / impose. ça me rend immensément triste.

Comme je te comprends ! Mon année de néotit en ZEP a été très dure à vivre à cause de cela : des élèves que j'essayais d'aider malgré leurs conditions de vie d'une part et le cadre scolaire qui leur était donné d'autre part (deux tiers d'enseignants débutants déracinés...), une impression d'impuissance et de gâchis. La réforme pour 2016 me met un peu dans le même état.
Et en même temps, comme l'écrit Pierre-Henri, on peut quand même faire progresser un peu les élèves, leur faire "passer" quelque chose, et quand on y parvient c'est formidable. Nos élèves ont besoin que nous soyons là pour eux.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par sombra le Dim 8 Nov 2015 - 11:09

Ethiquette, j'ai vécu un peu la même chose, à ceci près que je n'étais déjà pas enthousiaste avant de commencer. Après des arrêts longs et tentatives de reprise, j'ai fini par démissionner en étant toujours stagiaire, et je ne le regrette pas.
La vraie question, c'est de savoir si tu aimerais exercer ce métier si les conditions étaient meilleures, ou si tu souffrirais de toutes façons. Dans le premier cas, essaie de tenir l'année de stage, qui est certainement la plus dure ; dans le deuxième cas, la reconversion est possible, certains concours sont tout à fait accessibles, même en temps de crise.
Bon courage en tout cas.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par El-vacator le Dim 8 Nov 2015 - 11:17

@Pierre-Henri a écrit:La survie dans le métier nécessite une certaine dose de rouerie. Il faut savoir faire le tri entre ce qui est utile aux élèves et ce qui doit être ignoré. On apprend à se jouer du système, pour se ménager un espace de liberté. La première chose à faire est de réaliser que l'éducation nationale est une vaste illusion bureaucratique, et que la seule vérité qui compte commence et s'arrête sur le seuil de votre classe.

Le premier réflexe est de ne rien attendre de la formation. Ignorez-la totalement. Quand un formateur pédagol vous dit quelque chose, répondez "oui, oui" en hochant la tête d'un air niais, puis oubliez ses paroles la seconde d'après. Prenez les formations pédagogiques pour une occasion de rêvasser, rien de plus. Dites-vous, à ce propos, que vous êtes payée pour servir d'alibi et fournir un poste à des planqués incompétents. Inutile de faire du zèle pour ça.

Rien à attendre du rectorat non plus, surtout pas pour une reconversion. On manque de professeurs de français, les rectorats ne vous aideront pas à partir. Le rectorat, moins on le voit, mieux on se porte.

Pour ces raisons, que vous soyez dans un petite ville isolée est une chance. Profitez de la distance. Plus on est loin des chefs, mieux c'est. Au lieu de vous disperser, recentrez-vous sur l'endroit où vous êtes. Intéressez-vous à la vie locale, intéressez-vous au quotidien de vos élèves (hé oui, ça aide). Témoignez de l'empathie. Mettez-vous au niveau d'adolescents, sans les juger, sans les prendre de haut. Acceptez-les, eux et leurs familles, pour ce qu'ils sont. Ne donnez pas l'image d'un professeur snob qui se sent paumé chez les ploucs. Vos élèves se vengeraient sur vous pour ça, et ils n'auraient pas tort.

Pour les cours, laissez tomber les fariboles pédagogistes, et faites du magistral, du frontal, de l'explicite, adapté au niveau des élèves. Choisissez des textes qui vous plaisent, et tentez de partager votre bonheur de lecture. Ca prend du temps, il faut lutter contre la résistance naturelle des adolescents, il y a beaucoup de revers et de désillusions, mais quand un petit quelque chose passe, la satisfaction est réelle.

Ne vous prenez pas le chou avec les objectifs, les problématiques, les compétences, les procédures, les tâches... Tout ça, on peut le pipeauter a posteriori, en quelques minutes, pour faire plaisir le temps d'une visite.

Suivez un cadre de cours strict, simple, rituel, dans lequel les élèves apprendront peu à peu à se retrouver. Évitez le travail de groupe, ainsi que les "activités" dispersées qui finissent par virer au capharnaüm. N'ayez pas peur de diriger les cours, de guider la pensée des élèves, de transmettre un savoir de façon verticale, de distinguer le vrai du faux, la règle juste de la faute. Les élèves n'attendent pas autre chose d'un professeur.

Je vous conseille de vous inspirer des manuels "Terre des Lettres" pour mettre en place des cours simples et précis. Si vous êtes épuisée, n'hésitez pas à sortir des chapitres et des cours tels quels de ce manuel et à les jouer comme s'ils étaient les vôtres.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Himpy le Dim 8 Nov 2015 - 11:21

J'étais staiaire l'année dernière, à 800 km de chez moi, et je sais que c'est très dur ! La formation bidon, les classes difficiles (collège zep pour moi...).
Je crois que l'année dernière à cette époque je me demandais tous les jours pourquoi j’avais choisi ce métier... et puis, doucement on s'habitue, on prend ses marques, on a des réussites avec les élèves, les collègues se dérident... et ça va mieux ! Je me suis sentie presque à l'aise en Février...
Alors oui, il y a l'impression d'être surveillée constamment, tiraillée entre les recettes ESPE et la réalité du terrain que l'on éprouve chaque jour, le stress de la titularisation, des séquences bancales qu'on a mis 4h à pondre... mais il faut aussi voir les bons côtés, et ils vont venir progressivement : le contact avec les élèves, les séquences qui marchent, les progrès de certains, le sentiment de faire du mieux possible...
Quelques conseils : essaye d'appliquer ce qu'on te demande sans t'échiner non plus, ai confiance en toi ! Je n'ai, par exemple, jamais minuté mes séances, impossible je me sentais bloquée, et j'avais trop d'imprévus (carnet, silence, discipline...), j'ai parfois fait en deux séances ce qui aurait pu être fait en une... tant pis, c'est comme ça, on essayera de faire mieux la prochaine fois...
Rapproche toi des autres stagiaires, si tu es dans une bonne promo, l'année dernière, les cours étaient tellement bison qu'on discutait beaucoup de l'ESPE, de nos classes, de nos essais, de discipline... on s’échangeait des fiches de prep (pour avoir des cours presque tout prêts en cas de panique), on se voyait en dehors pour souffler, avec quelques uns on se bloquait des ap-midi prépa de cours... bref un réel soutien, plus que l'ESPE ou ma tutrice !

Et surtout ne te décourage pas, et prend confiance en toi !
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 11:37

Moi aussi j'ai commencé dans une autre région, je me suis pris le choux avec l'IUFM, j'en ai bavé et j'ai souffert. Je crois que tous les débutants galèrent. Ce n'est pas normal, la bienveillance n'existe pas dans l'EN, mais c'est très commun. Il ne faut pas en avoir honte, le système est ubuesque, on nage en plein Brazil, dans 1984. Il faut le comprendre et faire le dos rond en se disant qu'ensuite on sera beaucoup plus peinard.

Et effectivement, trouve un autre médecin et fait au moins une activité pour te changer les idées, du sport ou de la musique. Je n'ai jamais fait autant de sport que lorsque j'étais stagiaire.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Balthazaard le Dim 8 Nov 2015 - 11:41

@El-vacator a écrit:
@Pierre-Henri a écrit:La survie dans le métier nécessite une certaine dose de rouerie. Il faut savoir faire le tri entre ce qui est utile aux élèves et ce qui doit être ignoré. On apprend à se jouer du système, pour se ménager un espace de liberté. La première chose à faire est de réaliser que l'éducation nationale est une vaste illusion bureaucratique, et que la seule vérité qui compte commence et s'arrête sur le seuil de votre classe.

Le premier réflexe est de ne rien attendre de la formation. Ignorez-la totalement. Quand un formateur pédagol vous dit quelque chose, répondez "oui, oui" en hochant la tête d'un air niais, puis oubliez ses paroles la seconde d'après. Prenez les formations pédagogiques pour une occasion de rêvasser, rien de plus. Dites-vous, à ce propos, que vous êtes payée pour servir d'alibi et fournir un poste à des planqués incompétents. Inutile de faire du zèle pour ça.

Rien à attendre du rectorat non plus, surtout pas pour une reconversion. On manque de professeurs de français, les rectorats ne vous aideront pas à partir. Le rectorat, moins on le voit, mieux on se porte.

Pour ces raisons, que vous soyez dans un petite ville isolée est une chance. Profitez de la distance. Plus on est loin des chefs, mieux c'est. Au lieu de vous disperser, recentrez-vous sur l'endroit où vous êtes. Intéressez-vous à la vie locale, intéressez-vous au quotidien de vos élèves (hé oui, ça aide). Témoignez de l'empathie. Mettez-vous au niveau d'adolescents, sans les juger, sans les prendre de haut. Acceptez-les, eux et leurs familles, pour ce qu'ils sont. Ne donnez pas l'image d'un professeur snob qui se sent paumé chez les ploucs. Vos élèves se vengeraient sur vous pour ça, et ils n'auraient pas tort.

Pour les cours, laissez tomber les fariboles pédagogistes, et faites du magistral, du frontal, de l'explicite, adapté au niveau des élèves. Choisissez des textes qui vous plaisent, et tentez de partager votre bonheur de lecture. Ca prend du temps, il faut lutter contre la résistance naturelle des adolescents, il y a beaucoup de revers et de désillusions, mais quand un petit quelque chose passe, la satisfaction est réelle.

Ne vous prenez pas le chou avec les objectifs, les problématiques, les compétences, les procédures, les tâches... Tout ça, on peut le pipeauter a posteriori, en quelques minutes, pour faire plaisir le temps d'une visite.


Suivez un cadre de cours strict, simple, rituel, dans lequel les élèves apprendront peu à peu à se retrouver. Évitez le travail de groupe, ainsi que les "activités" dispersées qui finissent par virer au capharnaüm. N'ayez pas peur de diriger les cours, de guider la pensée des élèves, de transmettre un savoir de façon verticale, de distinguer le vrai du faux, la règle juste de la faute. Les élèves n'attendent pas autre chose d'un professeur.

Je vous conseille de vous inspirer des manuels "Terre des Lettres" pour mettre en place des cours simples et précis. Si vous êtes épuisée, n'hésitez pas à sortir des chapitres et des cours tels quels de ce manuel et à les jouer comme s'ils étaient les vôtres.

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Mille fois oui, les conseils les plus avisés que tu puisses avoir.

Rien de pire que les recommandations des "formateurs" pour perdre toute autorité, toute trace de respect depuis les élèves et pour passer pour un prof "pagaille" , impression qui te collera ensuite au delà des années et que tu ne pourras jamais plus inverser.

Essayer faire ce qu'ils demandent nécessite énormément de métier, sentir, tenir sa classe et être prêt à reprendre les choses en main au premier déraillement, tout ce qu'un stagiaire est , faute de vécu, incapable de faire.

En fait ils agissent avec vous comme ils veulent que nous fassions avec les élèves, les faire courir avant d'apprendre à marcher...avec le succès que l'on constate chaque jour.


Dernière édition par Balthazaard le Dim 8 Nov 2015 - 11:47, édité 2 fois
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Pierre-Henri le Dim 8 Nov 2015 - 11:43

@ethiquette a écrit:
Je dois dire que ce qui me rend le plus folle c'est le système dans lequel je suis entrée, sans aucune cohérence, avec des règles parfois contradictoires, des menaces (l'ESPE qui nous menace de nous retirer une journée de salaire par absence...), des programmes à la fois très lourds, qui vont dans tous les sens, des méthodes pédagogiques bizarres, et j'en passe...découvrir tout ça de l'intérieur est très "violent". Il est évident que j'idéalisais le métier, plusieurs membres de ma famille sont profs, j'ai été entourée de profs formidables, passionnés par leur métier, ce qui n'aide pas à prendre de la distance quand on s'imagine professeur un jour.

Cette réaction est saine et rassurante. Vous devriez vous en féliciter au lieu de la déplorer. Dites-vous bien que vous n'êtes pas folle. C'est votre employeur qui l'est.

N'ayez pas non plus honte d'idéaliser le métier. Nous avons besoin de cet idéal, que cette bureaucratie démente cherche à étouffer. Professeur de français n'est pas un métier neutre. Nous avons ce privilège extravagant, inouï, fantastique de parler littérature à des jeunes. Pendant une heure, pendant deux heures, nous les éloignons de leur monde quotidien (que je ne méprise d'ailleurs en aucune manière) pour leur parler d'Homère, de Maupassant ou d'Apollinaire. Qui d'autre, dans la société actuelle, fait cela ? Personne, sauf nous. Oui, il s'agit d'un idéal, auquel il faut tenir et qu'il faut défendre.

Et le défendre de haute lutte, en sortant les griffes et les crocs. Professeur doit rester un métier d'intellectuel, un métier de militant. La tragédie est que cette lutte, aujourd'hui, nous devons majoritairement la mener contre notre propre employeur, contre nos chefs, contre l'administration qui nous gouverne.

Vous savez quoi ? Ceux qui pondent les règles contradictoires que vous évoquez, ceux qui essaient de vous menacer, les professeurs foldingues des sciences de l'éducation, au fond, sont jaloux de cet idéal, parce qu'eux l'ont perdu. Ils sont jaloux de vous, jaloux de ce que vous avez la chance d'enseigner à vos élèves, et c'est pour cela qu'ils essaient de vous en empêcher.

D'un côté, un professeur de français qui lit le Pont Mirabeau à des mômes. De l'autre, de minables petits scribouillards insignifiants, endormis dans leurs bureaux, qui rampent aux pieds des chefs pour leurs primes, qui passent leur vie dans des rapports bureaucratiques dont tout le monde se fiche, qui parlent et écrivent une langue ridicule que personne ne comprend.

D'un côté, vingt-cinq gamins qui vous lancent un chaleureux bonjour lorsque vous traversez la cour de récré. De l'autre, les réunions pâteuses entre pontes du rectorat, bouffis de leur fausse importance, avec powerpoints illisibles et slogans de com' auxquels personne ne croit plus.

Ce ne devrait pas être à vous de déprimer. C'est leur vie à eux qui est nulle.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Aliceinwonderland le Dim 8 Nov 2015 - 11:47

Vous avez raison, mais ils ont le pouvoir. Ils ont le droit de broyer ceux qui y croient.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 12:01

Bonjour Ethiquette Smile ,

Reçois les encouragements compatissants d'une autre stagiaire, qui déprime dans le premier degré ! Je n'ai pas pu m'empêcher de lire tous les témoignages postés ici et d'y répondre, alors que je devrais être en train de préparer ma classe pour demain et après-demain ...

Outre la peur de mal faire, le dégoût de la préparation des cours et la culpabilité lorsque, comme maintenant, je traîne sur Néoprofs au lieu de travailler, je partage tous les doutes que tu exprimes quant à ton avenir professionnel dans l’Éducation nationale... L'école "ludique" telle que nous la présentent les formateurs de l'ESPE et telle que je la vis au quotidien me fait tout simplement horreur, et le fait d'être entourée de personnes enthousiastes et dynamiques (collègues, formateurs et autres stagiaires), qui suivent avec ferveur l'actualité pédagogique et se donnent à font dans leur travail, ne fait que m'aigrir le caractère et m'obscurcir les idées : suis-je vraiment faite pour ce métier ? L'école telle que je l'imagine est-elle encore possible de nos jours ou suis-je en train de me fourvoyer ?

Cela dit, pas question de démissionner cette année : j'ai trop stressé l'an dernier, lorsque je préparais le CRPE, et passé trop d'heures à ingurgiter des bêtises pour renoncer au concours dès le mois de novembre...

Alors, lorsque les idées noires arrivent, j'essaie de ne penser qu'à l'aspect "alimentaire" de mon travail, à l'argent qui tombe dans mon escarcelle tous les mois, même si ce n'est pas le Pérou ! C'est une pensée très sordide, me direz-vous, indigne d'un métier aussi humain que le nôtre, mais cette pensée a le mérite d'être concrète :

travail = argent ; travail = argent (on pourrait ajouter, bien sûr, des corollaires : = indépendance financière...)

Certes, ce ne sont que des poncifs (qui ne sont pas toujours vrais, d'ailleurs, suivant les situations) mais ils constituent en quelque sortent un filet de sécurité : les illusions perdues, il reste au moins cette motivation, quoi qu'elle vaille... Et cela aide aussi à déculpabiliser lorsqu'on prend du temps pour se changer les idées le week-end : le traitement mirobolant que l'on perçoit ne justifie pas que l'on se gâche la santé ! Il faut faire son travail sérieusement, mais lâchés sur le terrain comme nous le sommes, sans formation sérieuse et sans réel soutien, nous ne pouvons pas faire de miracles...

Et en ce qui concerne les cours de l'ESPE, je n'ai qu'un conseil à te donner : installe-toi dans un coin et avance ton travail sans écouter tout le blabla des professeurs ! J'ai essayé de jouer le jeu jusqu'aux vacances de la Toussaint, résultat : je sortais d'une journée de cours énervée furieux , angoissée par l'écart entre les classes théoriques que l'on nous dépeint et la réalité de ma propre classe affraid et surtout déprimée par tout le travail qu'il me restait à faire pour préparer la classe pale ! Tu verras, la sensation est délicieuse : tu émarges gentiment la feuille de présence, tu sors de cours avec ton paquet de copies corrigé et finies les pages de notes que, de toute façon, tu n'aurais pas relues !

Voilà les quelques petits conseils que je peux t'apporter : il faut tenir cette année, coûte que coûte, sauf opportunité professionnelle inespérée : il te sera plus facile de songer à une reconversion professionnelle lorsque tu auras mis le pied dans la Fonction publique !

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Aliceinwonderland le Dim 8 Nov 2015 - 12:07

Autre point noir : je pense que le délabrement s'accentue en primaire (je reçois constamment des demandes injustifiées provenant simplement du fait que les enfants passent de classe en classe sans savoir lire). En collège, non seulement la réforme va rendre les conditions de travail encore plus absurdes et  ubuesques, mais je suis persuadée que vous allez voir arriver encore plus d'élèves non lecteurs ou avec un niveau de lecture de CE1 en 6ème... Je suis certaine qu'en ce qui concerne le niveau les cohortes actuelles en collège sont encore très bonnes apr rapport à ce qui arrive...Dans ces conditions, enseigner la littérature va devenir réellement impossible avec de plus en plus de classes.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 12:14

Et c'est encore lié à notre hiérarchie qui nous empêche de faire le boulot correctement.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Camiye le Dim 8 Nov 2015 - 12:14

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Bonjour Ethiquette!
Dans ce que tu dis je trouve déjà que plusieurs choses sont rassurantes: tu arrives à gérer tes classes, tu proposes des choses qui manifestement intéressent les élèves. C'est déjà beaucoup!!!
Comme toi, j'ai été catapultée lors de mon année de stage (il y a seulement 2 ans!) à 600km de ma région natale et le choc du lycée après l'agrégation et l'université a aussi été violent.
Si je peux me permettre quelques petits conseils...

- en tant que stagiaire tu as nécessairement beaucoup de travail, mais si tu es épuisée, tu n'arriveras à rien, il est donc fondamental de prendre soin de soi quitte à "bâcler" un peu le boulot. Etre en forme c'est primordial pour assurer ses cours, avoir des idées, être réactif. Pourquoi ne pas faire un peu de sport? t'inscrire à une asso? Aller au cinéma? Personnellement, j'étais dans un village perdu loin de la ville, je me suis inscrite sur le site OVS et j'ai fait des sorties en groupes. Cela m'a fait beaucoup de bien. J'ai pu décrocher un peu de mes cours, prendre du plaisir, rencontrer des gens qui ne me parlaient pas du boulot. La vie sociale c'est important et ne pas en avoir du tout c'est aller au casse-pipe!

- apprendre à demander de l'aide et ruser
Il est fréquent d'avoir la tête sous l'eau l'année de stage, particulièrement pendant cet affreux moi de novembre. Demande de l'aide à ton tuteur, sur des forums d'enseignants (cf "petit monde des profs de lettres3 sur Facebook). Je le dis sans honte: quand je n'avais pas le temps de préparer qq chose "de mon cru", il m'est arrivé d'utiliser ponctuellement des ressources déjà préparées. Ce n'est pas l'idéal, mais si cela peut te soulager il ne faut pas hésiter!

- relativiser le discours institutionnel: ma formation à l'IUFM a été identique à la tienne et me plongeais dans des colères noires. Je me suis d'ailleurs faite remarquer à plusieurs reprises pour mon "insubordination". Au bout d'un moment, j'ai cessé d'enrager. Il faut prendre les choses avec distance et hauteur: tu prends ce qu'il y a de bon à prendre, ce qui te paraît stupide, tu laisses. Il est inutile de se tourmenter plus que de raison avec des "concepts" dont la mode peut très bien disparaître dans quelques années. Il y a certes des choses que tu ne peux refuser, mais tu n'as pas à être un "bon petit soldat" de l'EN

- relativiser l'inspection pour la titularisation: il y a bien sûr des sadiques, mais d'ordinaire tout se passe bien. Tu fais un travail honnête, construit, impliqué et lucide c'est énorme! Je ne connais que peu de personnes qui n'aient pas été titularisées. En général, ces stagiaires étaient déjà "signalés" pour absentéisme, absence totale de travail, refus de suivre les programmes, mise en danger des élèves. Cela ne semble pas être ton cas Very Happy

- apprendre à savourer les "petits miracles": régulièrement, j'ai comme toi des moments de découragement, l'impression que je ne sers à rien, que je suis mauvaise, que mes élèves sont des . Puis, heureusement, il y a un instant de grâce: une belle ambiance de classe, un élève qui sort de sa léthargie, des progrès que je n'attendais plus. Il faut savourer ces moments, se les rappeler!

- se ménager des moments de plaisir: ne pas hésiter à présenter un artiste, un auteur, un texte que tu as aimé. Mettre un peu de toi dans tes cours quand c'est possible et quand tu en as envie, même si ce n'est que 10min. Cela fait du bien et les élèves aiment aussi que l'on sorte du carcan que l'EN nous impose.

Mon message est un peu long et peut-être que mes conseils consistent à enfoncer des portes ouvertes, mais il est bon de se rappeler l'essentiel: toi, ta santé, tes envies!
Je suis certaine que d'ici quelques semaines cela ira mieux! sunny
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 12:20

Je partage cette inquiétude : dans mon école, j'ai l'impression que tous les enseignements fondamentaux sont étouffés sous une foule d'activités périscolaires (fin de la classe à 15h15 tous les jours + bibliothèque tout le jeudi après-midi + "projets" de toute sorte (je ne supporte déjà plus ce mot !!) : "classe de découverte", "énergies propres", "amitié CM2-6ème", "pêche aux mollusques" scratch...). Comment ne pas se sentir désespéré lorsque le seul "projet" auquel on aspire est de faire progresser ses élèves en français et en mathématiques (pas très glamour mais ambitieux...) ?

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 12:23

En le faisant dans son coin, en réalisant qu'il y a d'autres PE qui ont de projet, que des syndicats et mouvements défendent ce même projet, que beaucoup de parents sont d'accord avec ça, que des néos pensent la même chose, bref, tu n'es pas seul...

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par ycombe le Dim 8 Nov 2015 - 12:26

@ethiquette a écrit:
Avec les 5e, c'est plus compliqué. J'aime cette classe, certains élèves y sont formidables. mais un élève très difficile, violent, insolent, très bruyant, rend le cours (et pas qu'avec moi) infernal.Même les élèves n'en peuvent plus, et ont peur de lui. Il est dans une souffrance terrible (histoire familiale atroce), je me sens dépassée face à lui, je n'ai pas les armes pour avancer de façon juste avec un "cas" pareil.
Tu n'as pas à te poser de problème avec un cas pareil: exclusion dès qu'il perturbe le cours.

Enfin, ça, c'est la théorie. Le problème est que tu es stagiaire, et donc que tes possiblités d'action dépendent de la façon dont le CdE voit les choses. Discutes-en avec tes collègues, si ton CdE pense que les élèves sont là pour bosser et qu'on ne peut pas laisser faire  les perturbateurs, n'hésite pas à le virer. Avec un rapport ponctuel (les faits, rien que les faits) mettant en avant le fait qu'il empêche les autres élèves d'apprendre. Si tu peux le faire, prépare des feuilles d'exclusion à l'avance.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 12:39

@Ronin a écrit:En le faisant dans son coin, en réalisant qu'il y a d'autres PE qui ont de projet, que des syndicats et mouvements défendent ce même projet, que beaucoup de parents sont d'accord avec ça, que des néos pensent la même chose, bref, tu n'es pas seul...

C'est réconfortant, bien sûr, mais je ne sais pas si j'aurai le caractère et l'énergie nécessaires pour imposer mon point de vue seule face à des collègues - comme ceux que j'ai actuellement - qui sont tous au diapason de la "pédagogie nouvelle" et qui élaborent tous leurs projets en équipe (ils sont si soudés que, parfois, le directeur prend même des engagements sans consulter personne affraid : il sait que ses initiatives seront toujours bien accueillies, de toute façon...). Je ne me sentirais pas le courage de jeter un pavé dans cette mare, d'autant moins que les parents sont ravis de tous ces projets qui leur paraissent essentiels à l'épanouissement et à la réussite de leurs enfants... J'ai donc l'impression que mon bien-être futur se jouera à la loterie : le rêve si je pouvais ENFIN rencontrer des personnes qui partagent mes motivations, le cauchemar dans le cas contraire...
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 12:46

Après on peut toujours muter...un truc pas mal c'est d'être brigade, ne serait-ce qu'un an. Comme cela tu découvres les écoles, tu perçois les ambiances et quand des postes se libèrent, tu sais où aller.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 12:50

Oui, merci pour ce conseil... Je suis contente qu'on en parle car c'est que question qui me travaille de plus en plus. Comment fait-on pour devenir brigade ?

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 12:53

Ce sont des postes comme d'autres au mouvement. Selon les périodes ils sont plus ou moins durs à obtenir. Il y a quelques années, ils étaient très "chers" car les indemnités kilométriques étaient confortables ( genre avec une petite diesel il y avait moyen de gagner de l'argent ) et l'investissement était moindre que pour un poste à l'année.

Mais tout cela dépend des départements et les indemnités peuvent changer. Sinon, il y a la possibilité de bosser dans l'ASH. C'est très différent, pas forcément facile, mais c'est très intéressant et cela permet souvent d'avoir un poste plus près de chez soi vu que pas grand monde ne veut de ces postes.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par gnafron2004 le Dim 8 Nov 2015 - 13:15

Le seul problème, c'est que tu peux y rester "coincé", non? Ma cousine PE attends un poste fixe depuis 5 ans...
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 13:32

On a jamais de garantie sur les postes. Disons que les postes de brigades permettent de se faire une idée.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 13:34

Moi je vois un autre problème : quand on fait des remplacements, on peut aussi bien être envoyé en élémentaire qu'en maternelle, et cette dernière option ne m'enchante guère (euphémisme)...

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