Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 13:34

Moi je vois un autre problème : quand on fait des remplacements, on peut aussi bien être envoyé en élémentaire qu'en maternelle, et cette dernière option ne m'enchante guère (euphémisme)...

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 13:38

C'est vrai. On peut aussi remplacer en segpa ou en IME. Mais en même temps, comme on ne fait que passer, on se prend moins la tête, on peut découvrir des écoles/des collègues sympas, et on sait où il ne faut pas aller. On apprend aussi à monter des séances/activités très rapidement, certes imparfaites, mais on apprend à se débrouiller vite sans y passer ses nuits.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 13:41

Dernière question : qu'est-ce que les postes en ASH dont tu parles plus haut ?

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 13:44

Les postes dans le spécialisé. Ime, Clis, Ulis, Segpa, prisons, hôpitaux...

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Rendash le Dim 8 Nov 2015 - 14:05

@Thermo a écrit: Au pire tu demandes aux élèves : "et dans telle matière ca se passe comment? il est comment avec vous le prof? c'est quoi votre matière préférée, pourquoi?"..
.

Suspect



Courage, ethiquette. On est tous passé par là comme stagiaire, voire comme néotit'. Et le mois de novembre est affreux.
Quand j'ai traversé cette phase l'an dernier, je me suis appuyé sur quelques choses :
- la promo de stagiaires. On était peu nombreux (une douzaine), on avait tous nos difficultés, variées, mais un point commun : l'épuisement, et une conscience aiguë à la fois de la vacuité de la "formation" et des injonctions contradictoires auxquelles on devait faire face. On a commencé à discuter, à se soutenir mutuellement, ça nous a aidé.
- un tableau que je complétais à la fin de chaque journée : les + d'un côté, les - de l'autre. Je me suis rendu compte qu'il y avait bien plus de "+" que de "-" à la fin de chaque semaine, et ç m'a aidé à relativiser ces "-". Surtout lorsque je me suis rendu compte que ces "-" étaient liés à mon statut de stagiaire : formations inutiles et chronophages, absence des formations indispensables à la pratique correcte du métier, temps de trajet pour m'y rendre, ambiguïté entre le statut d'étudiant et celui de fonctionnaire, etc.
- Neoprofs. J'y ai appris beaucoup de choses, sur la pratique du métier et les conditions d'exercice. J'ai pu constater qu'on était nombreux à en baver en tant que stagiaires, et que ce n'était pas uniquement lié à ma pomme. J'y ai trouvé du soutien (en laissant de côté les deux ou trois arbres-outils qui prennent un malin plaisir à descendre les gens qui sont en souffrance et qui l'expriment, mais ces foutriquets sont une infime minorité).


Tu n'as apparemment pas de difficultés de gestion de classe, et ton tuteur semble tenir la route : tu as tout ce qu'il faut pour arriver à passer par-dessus cette sale période.
Attention à la perte de poids, cependant. Elle est à la fois la conséquence, et la cause, de l'état d'épuisement que tu soulignes. J'ai perdu 25 kilos l'an dernier, et ça n'a pas aidé =/

Enfin, ne rien ressentir de particulier en cours, c'est normal par rapport à ton propre parcours et à tes attentes. Sauf qu'un jour, tu vas exploser de fierté parce que Kevin aura compris qu'on ne met pas de "s" à "quatre", que Dylan t'aura demandé de lui prêter ton exemplaire du livre duquel tu as tiré un extrait étudié en texte, ou que Jessyfer aura tout déchiré pendant le devoir. Là, tu auras l'impression d'avoir réussi quelque chose. Ce sentiment est précieux pour un prof en général et pour un stagiaire en particulier : il aide à se sentir un peu légitime et utile. Il n'arrive aps tout de suite, il débarquera au moment où tu t'y attendras le moins ; mais il sera d'une grande aide.


Bon courage fleurs

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"Ce serait un bien bel homme s’il n’était pas laid ; il est grand, bâti en Hercule, mais a un teint africain ; des yeux vifs, pleins d’esprit à la vérité, mais qui annoncent toujours la susceptibilité, l’inquiétude ou la rancune, lui donnent un peu l’air féroce, plus facile à être mis en colère qu’en gaieté. Il rit peu, mais il fait rire. [...] Il est sensible et reconnaissant ; mais pour peu qu’on lui déplaise, il est méchant, hargneux et détestable."
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Murr le Dim 8 Nov 2015 - 14:10

Encore merci pour toutes ces précisions, Ronin Very Happy ! Bon, il est grand temps que je me remette au travail...
@ Ethiquette : désolée d'avoir fait dévier le sujet de ta discussion. Encore une fois, accroche-toi bien cette année et nous fêterons nos titularisations respectives dans sept petits mois Wink !

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Saltaojos le Dim 8 Nov 2015 - 14:17

@Rendash a écrit:
@Thermo a écrit: Au pire tu demandes aux élèves : "et dans telle matière ca se passe comment? il est comment avec vous le prof? c'est quoi votre matière préférée, pourquoi?"..
.

Suspect



Courage, ethiquette. On est tous passé par là comme stagiaire, voire comme néotit'. Et le mois de novembre est affreux.
Quand j'ai traversé cette phase l'an dernier, je me suis appuyé sur quelques choses :
- la promo de stagiaires. On était peu nombreux (une douzaine), on avait tous nos difficultés, variées, mais un point commun : l'épuisement, et une conscience aiguë à la fois de la vacuité de la "formation" et des injonctions contradictoires auxquelles on devait faire face. On a commencé à discuter, à se soutenir mutuellement, ça nous a aidé.
- un tableau que je complétais à la fin de chaque journée : les + d'un côté, les - de l'autre. Je me suis rendu compte qu'il y avait bien plus de "+" que de "-" à la fin de chaque semaine, et ç m'a aidé à relativiser ces "-". Surtout lorsque je me suis rendu compte que ces "-" étaient liés à mon statut de stagiaire : formations inutiles et chronophages, absence des formations indispensables à la pratique correcte du métier, temps de trajet pour m'y rendre, ambiguïté entre le statut d'étudiant et celui de fonctionnaire, etc.
- Neoprofs. J'y ai appris beaucoup de choses, sur la pratique du métier et les conditions d'exercice. J'ai pu constater qu'on était nombreux à en baver en tant que stagiaires, et que ce n'était pas uniquement lié à ma pomme. J'y ai trouvé du soutien (en laissant de côté les deux ou trois arbres-outils qui prennent un malin plaisir à descendre les gens qui sont en souffrance et qui l'expriment, mais ces foutriquets sont une infime minorité).


Tu n'as apparemment pas de difficultés de gestion de classe, et ton tuteur semble tenir la route : tu as tout ce qu'il faut pour arriver à passer par-dessus cette sale période.
Attention à la perte de poids, cependant. Elle est à la fois la conséquence, et la cause, de l'état d'épuisement que tu soulignes. J'ai perdu 25 kilos l'an dernier, et ça n'a pas aidé =/

Enfin, ne rien ressentir de particulier en cours, c'est normal par rapport à ton propre parcours et à tes attentes. Sauf qu'un jour, tu vas exploser de fierté parce que Kevin aura compris qu'on ne met pas de "s" à "quatre", que Dylan t'aura demandé de lui prêter ton exemplaire du livre duquel tu as tiré un extrait étudié en texte, ou que Jessyfer aura tout déchiré pendant le devoir. Là, tu auras l'impression d'avoir réussi quelque chose. Ce sentiment est précieux pour un prof en général et pour un stagiaire en particulier : il aide à se sentir un peu légitime et utile. Il n'arrive aps tout de suite, il débarquera au moment où tu t'y attendras le moins ; mais il sera d'une grande aide.


Bon courage fleurs

+1 voilà de très bons conseils fleurs2

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2014-2015 : stagiaire, 2de et BTS
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ronin le Dim 8 Nov 2015 - 14:31

C'est clair que neo est une aide très très précieuse.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Ma'am le Dim 8 Nov 2015 - 16:09

@Murr a écrit:Encore merci pour toutes ces précisions, Ronin  Very Happy  ! Bon, il est grand temps que je me remette au travail...
@ Ethiquette : désolée d'avoir fait dévier le sujet de ta discussion. Encore une fois, accroche-toi bien cette année et nous fêterons nos titularisations respectives dans sept petits mois Wink !

Murr, je t'assure que tu n'es pas seule à avoir ce genre d'ambitions pour tes élèves !

Honnêtement, cette année, serre les dents, fais ce qu'ils te demandent quand tu es visitée. Évite de trop étaler tes convictions devant tes collègues, bref, fais en sorte d'être titularisée.
Après, tu seras beaucoup plus libre ! Courage ! fleurs
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par kero le Dim 8 Nov 2015 - 16:40

C'est triste quand même de voir autant de stagiaires maltraités par le système, dégoûtés après juste quelques semaines...

ethiquette, je ne peux que plussoyer ce qui a été dit. Serre les dents, accorde-toi du temps sans trop donner (si t'as pas de cours prêts, attarde-toi un peu dans ceux qui sont déjà en place...). Avec le temps, tu trouveras ton indépendance du système et feras ce que bon te semble. Après tout, c'est ce qu'on fait tous, et c'est bien pour ça qu'on est encore là.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Séréna le Dim 8 Nov 2015 - 17:47

Ethiquette,

Je ne suis pas chez moi donc je n'ai pas le temps de rédiger une longue réponse, mais ton message m'a remuée. J'ai aussi vécu une année de stage très dure il y a 5 ans, on a dû te le répéter mais actuellement, tu traverses le pire et ça ne pourra aller qu'en s'améliorant.
Je trouve que Pierre-Henri t'a donné de formidables conseils, pleins de bon sens.

Très vite, pour aller à l'essentiel: tu dis être débordée par la préparation des cours; je suis également en Lettres et les niveaux de 4e et 5e sont ceux que j'ai eus le plus souvent. Si tu veux que je te passe des cours, envoie-moi un MP, c'est volontiers.
Si tu es épuisée à en perdre le sommeil et l'appétit, je te conseille vivement d'essayer de te faire arrêter quelques jours pour souffler et prendre un peu de recul (s'il y a peu de médecins dans ta ville, tente les petits villages aux alentours).

Je te souhaite bon courage.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Aponie le Dim 8 Nov 2015 - 19:16

Prendre du recul, faire autre chose. Stagiaire comme toi, je partage mon temps entre la préparation d'un concours et celle des cours, ne privilégiant ni l'une ni l'autre. Du moins m'astreindre quotidiennement à 3-4h de travail pour ce concours me permet-il de ne pas songer excessivement aux cours, et en rationalisant le temps libre, de ne pas le perdre inutilement, par d'éternelles remises en cause. Tes problèmes sont légitimes, tes souffrances indéniables ; il faudrait les tenir à distance par une activité quelconque dans laquelle tu t'absorberais, sans que tu aies crainte de perdre du temps. Bon courage.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Manon35 le Dim 8 Nov 2015 - 19:36

Plein de courage! fleurs2
J'ai également vécu une année de stage l'année dernière que j'ai trouvée très éprouvante. Sentiment d'être débordée en permanence dans les prép, des cours qui étaient très pénibles avec certaines classes et moments de déprime dans les premiers mois, le premier trimestre notamment ou à la toute fin du 2ème, quand j'avais sur le même plan une sortie scolaire, les conseils de classe et l'inspection de titularisation à la fin de la semaine. J'ai même craqué en sdp au matin du départ du voyage.
Je me suis posée des questions sur la suite dans ce métier et avais du mal à me mettre à la confection de certaines séquences. C'est une année de pression immense que l'on enchaîne après celles éprouvantes du/ des concours, donc tout cela n'arrange rien.
Aujourd'hui j'éprouve un réel plaisir à enseigner et tout cela est fini.
Je pense vraiment que c'est une année pendant laquelle il faut s'accrocher, subir mais ce qui nous attend après en vaut la peine. fleurs2

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2014-2015: 2 2ndes, 1 1ère STMG, 1ère euro, AP 2ndes (année de stage)
2015-2016: 1 2nde, 1 1ES,1 1S, 1 1STMG, Term LELE, TES.
2016-2017 : 2 2ndes, 1 1ES, LELE 1ère, 1 TES et 1 TS.
2017-2018: 2 2ndes, 1 1ES, 1TL, 1TS, 1TSTMG, Term LELE et remplacement mater en Khâgne (jusqu'à la toussaint, normalement).
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Stered le Dim 8 Nov 2015 - 19:52

Idem : accroche-toi ! Il faut serrer les dents cette année. Ca s'améliore par la suite, quand on n'a plus la pression de la titularisation et les formations inutiles.
Comme Tess, si tu as besoin de cours, je peux t'en envoyer sans problème. Indique-moi juste ton thème Smile

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Whypee le Dim 8 Nov 2015 - 20:06

Nous sommes une majorité à avoir connu ce que tu vis, déraciné la première année est dure à vivre. Perso, je ne dirais jamais assez merci à mes rares collègues qui me conviaient une fois de temps en temps à une sortie en ville (j'étais dans un village loin de tout sans voiture). Une soirée sans correction, sans préparation, loin des élèves au resto, au ciné, ...

Seul, on décompresse rarement.

Ce que je reproduis depuis avec des nouveaux collègues. Ne serait-ce que le midi, notre équipe a une salle de travail où l'on y mange et invite nos jeunes collègues (en plus ils font la vaisselle  Laughing ).

Oublie la démission, impose toi une pose hebdomadaire, les cimetières sont plein de gens indispensables, la Terre tourne sans toi, la vie est belle !

En plus mercredi c'est férié cheers cheers cheers cheers cheers
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par ethiquette le Lun 9 Nov 2015 - 15:15

Merci encore une fois à tous d'avoir pris le temps de me lire et de me conseiller.
Tout ce que vous avez écrit sont des choses que j'arrive à penser quand ça va.
Je sais bien que ça ira mieux, que progressivement je vais préparer plus vite les cours, me rôder, accepter que l'ESPE c'est de la me.... et quand même y aller, accepter que je ne pourrais jamais, en 4h par semaine, leur faire comprendre tout Proust et tout Benvéniste.
Le problème, c'est que je veux bien prendre du recul, me reposer, mais je n'ai pas vraiment le temps pour, et de toute façon, quand je le prends, je reste assise, à attendre (quoi ? je l'ignore), ou prostrée dans mon lit. Je veux bien faire autre chose...mais quoi ?
Je suis chevillée par la torpeur, par l'inaction, par l'apathie.
Ce métier me vide, je n'ai plus d'énergie pour rien d'autre. Et quand je dis plus d'énergie, je dis bien plus aucune énergie. Ce qui me terrifie, c'est le changement radical qui s'est opéré en moi en si peu de temps. Comment un métier peut-il à ce point nous broyer, si rapidement ?
Je ne suis vraiment, vraiment, pas sûre d'avoir le courage et l'envie d'attendre que je me rôde pour voir ce qu'il y a au bout de chemin éprouvant. J'aimerais qu'on me dise en quoi ça vaut la peine, car j'ai un mal fou à le voir. L'école fonctionne si mal, les apprentissages sont si erratiques (les miens en premier), je suis horrifiée par l'ensemble de la machine éducation nationale et je ne suis pas sûre d'avoir une force de dénégation (ou une croyance) suffisante pour y rester...

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par jésus le Lun 9 Nov 2015 - 17:19

C'est le problème, on atteint vite ce genre de choses, et c'est vrai que ça n'a pas d'intérêt à être vécu...

Je sens le ( doux?) parfum de la démission voler dans l'air...il faut se laisser aller et le sentir à plein poumon...

Et soyons franc, si ce métier n'a pas d'intérêt, il faut le quitter au plus vite.

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Dimka le Lun 9 Nov 2015 - 17:24

Salut,
@jésus a écrit:Et soyons franc, si ce métier n'a pas d'intérêt, il faut le quitter au plus vite.
Non, une démission, ça se prépare un minimum, je pense (savoir où on va, comment on se finance, etc.). Le fait d’être dans la fonction publique offre des facilités pour évoluer (possibilité de passer des concours internes, par exemple), si on n’est pas au bord du suicide, ça peut être intéressant de tenir un ou deux ans. ’fin… c’est au moins à envisager.

D’ailleurs, si on est au bord du suicide, on ne démissionne pas : on va voir un médecin.

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J’aime les petits cœurs mignons et palpitants !
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par jilucorg le Lun 9 Nov 2015 - 17:37

@Dimka a écrit:Non, une démission, ça se prépare un minimum, je pense (savoir où on va, comment on se finance, etc.). Le fait d’être dans la fonction publique offre des facilités pour évoluer (possibilité de passer des concours internes, par exemple), si on n’est pas au bord du suicide, ça peut être intéressant de tenir un ou deux ans. ’fin… c’est au moins à envisager.

D’ailleurs, si on est au bord du suicide, on ne démissionne pas : on va voir un médecin.
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par jésus le Lun 9 Nov 2015 - 17:42

il faut dire que donner sa démission d'un boulot m....e pour un boulot plus peinard est un vrai bonheur...surtout si on nous donne de faux espoirs d'améliorations ou à la marge et que globalement ( sauf prendre des cachetons et décider de faire semblant d'être au top et opérationnel) rien ne changera car le ver est dans le fruit et qu'il y restera...
Je parle d'un vrai problème structurel d'organisation et de conditions de travail. Qu'aucun arrêt maladie ne saurait résoudre.
Parce que, à ce point, il faut faire la part des choses, certes. Voir ce qui vient de soi, de son histoire et vie perso et du boulot.
Si avant le travail tout allait bien, c'est que le travail y est pour quelque chose.
Donc, à part changer de travail, je ne vois pas de solution...
Prolonger les arrêts maladies? Ca donne le temps de réfléchir.

Les cachets, dixit mon médecin, ne résolvent rien, ils permettent juste dy' voir plus clair et de prendre de bonnes décisions pour résoudre les problèmes en s'attaquant à leur cause, en somme faire le point...
Les gens malades ou déprimés en sont incapables, et sont en pilote automatiques et font les choses parce qu'elles doivent être faites mais sans plus. Le sens n'est plus.

Si on a toujours été un bon soldat dans sa vie, bon élève, compagnon, enfants etc, c'est d'autant plus difficile à accepter...enfin de le réaliser qu'on est qu'un exécutant de sa propre vie et non le maître...
Il faut reprendre le contrôle par des décisions...et mettre de la distance envers les sources du problème...
On voit les choses différemment une fois hospitalisé ou au bord de la TS...

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par nanou le Lun 9 Nov 2015 - 18:05

Non, Ethiquette, il ne faut pas démissionner dans la précipitation, il faut en parler comme tu le fais dans ce forum, je t'ai envoyé un mot en mp, j'espère que tu prendras le temps de le lire et de me répondre.

Un point positif au sein de l'EN est que il y a beaucoup de solidarité et de compréhension entre collègues même quand on ne se connaît pas (surtout quand on ne se connait pas d'ailleurs) alors il faut en profiter justement !! fleurs
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Alex.B le Lun 9 Nov 2015 - 18:19

Je suis actuellement stagiaire en renouvellement, et mon année est difficile (même si ce n'est rien mais alors rien comparé à ce que tu décris). De plus en plus je vais au travail angoissée. Et ce matin, en me préparant, je me suis souvenue de la première fois où j'ai fait cours devant des collégiens. Une catastrophe. Je ne les ai pas tenus et c'était des 6èmes (pour mon égo, me faire bordéliser par des 6èmes, ça avait été rude). J'avais éclaté en sanglots une fois le cours fini, ma tutrice et collègue de stage étant là pour me réconforter.
La semaine n'étant pas finie, j'avais encore des cours à donner. Et c'est les petits mots des élèves qui m'avaient fait du bien : une élève s'était étonnée lorsque d'un coup, je lui avais parlé en français alors que mon cours ne se déroule qu'en anglais. Lors d'une activité, les élèves étaient très fiers de me montrer leurs travaux (ils devaient dessiner leur super-héro pour ensuite le décrire, et une élève était agacée parce qu'elle n'arrivait pas à dessiner la tête alors du coup elle m'a demandé si elle pouvait ne pas mettre de tête...).

Ma première fois en lycée : les élèves m'ont fait des travaux géniaux. Des STMG en plus (loin de moi l'idée de faire des clichés!) ! J'avais eu une tutrice fantastique.

L'an dernier, mes propres classes, à moi, pour la première fois. Je crois que je vais conserver très précieusement le mail d'une élève qui, en fin d'année, me remerciait tout simplement pour mon travail.

Je ne dis pas cela pour m'auto-congratuler, et encore moins pour te faire te sentir mal vis-à-vis de ton métier. L'année de stage (pour en être à ma deuxième) est éprouvante sur de nombreux points que tu as exposés ici. Mais l'année de stage est aussi une année de découverte : tu découvres l'enseignant que tu veux être, et tu te découvres toi-même. Je pense qu'il est normal que ça remue des choses en toi, pas toujours dans le bon sens d'ailleurs.
Mais à mon sens (et ceci n'engage que moi bien entendu), tu devrais aussi t'accrocher aux petits plaisirs de ton métier. Cela peut être un sourire échangé avec un élève, un élève qui te dit bonjour, une bonne blague en salle des professeurs... Commence par retrouver ce pourquoi tu voulais enseigner, accroche toi à ces petits moments où "ça va", et vas-y en douceur. Ne te brusque pas dans quelque chose qui ne te correspond pas, et cesse les remises en question, ça ne te sert à rien. Retrouve ta passion, et va enseigner ce pourquoi tu as voulu faire ce métier fleurs
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Himpy le Lun 9 Nov 2015 - 18:43

Mes bons souvenirs de l'année de stage :

- les mots des parents pour me remercier pour mon travail et le contenu de mes cours.
- les élèves déçus d'apprendre ma mutation.
- quand un élève en difficulté y arrive !
- les encouragements de mon cde, tuteur, formateur (bien que ce n'ai pas été tout rose toute l'année)
- les 3èmes qui m'ont dis "madame, il est trop bien votre cours"
- les 3èmes à qui j'ai dit, à cause de bavardages : "peut-être que ce que je raconte ne vous intéresse pas, je peux le concevoir, mais vous allez vous taire et cesser les bavardages, point !" et de me répondre (certains, pas tous) "mais si madame ça nous intéresse".
- les 3èmes (toujours les mêmes, l'année à été...difficile avec eux...) tellement fiers de leurs construction 3D qu'il sont sortis parader avec à l'interclasse...
- lorsqu'un élève dit tout d'un coup : "ah ! j'ai compris !"
- lorsqu'ils sont capable d'éclairs de génies (bon ok, pas tout les 4 matins, mais quand ça arrive...veneration )
- quand enfin tu es arrivé à mater le petit Dylan sans qu'il ne bronche !! furieux
- quand un élève tout fier te dis "z'avez vu madame, j'ai été sage aujourd'hui"... et que c'est vrai !
- quand tu leur demande de ranger leurs affaire (en arts pla le temps de nettoyage est à comptabiliser !) et qu'une 6ème choupi dis "roh, déjà ! C'est toujours quand c'est bien que ça passe vite".I love you
- quand tu projettes une oeuvre, une vidéo... et que t'entend dans la classe "oh !" "whaaa!"... cheers
... et j'en oublie surement !
Mais ce qui est sur, c'est que tout ça, ça vaut le coup !
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par Bizardouille le Lun 9 Nov 2015 - 18:48

J'étais stagiaire il y a 2 ans !
Ce fut l'année la plus dure de ma vie (le CAPES c'est la rigolade à coté de ça !).
Les cours + les formations, ne plus avoir une minute à soi, quelques difficultés à gérer certains élèves, tout cela n'aide pas à avoir une bonne opinion de soi-même.
Mais arriva Noel, avec les petits mots doux des élèves et les dessins faits main pour remonter son estime de soi.

Et rebelote les formations qui m'ont fait plonger en dépression... j'en ai parlé sur le fil "J'hallucine (boulot)" avec un formateur odieux avec moi à la limite de l'insultant... le médecin me mettait en arrêt les jours de formation parfois car j'en venais à vouloir me prendre un camion en pleine face en y allant, à faire des crises de tétanie et de spasmophilie...
Et puis la fameuse visite conseil du formateur...celle qui m'a fait faire ma lettre de démission... Le principal qui pendant une journée m'a consolée, oui une journée sans faire cours, à parler de mon mal-être avec lui et ma super-tutrice. Super-tutrice qui a envoyé un mail super-assassin aux formateurs.

Et finalement... titularisée "avec les honneurs" comme m'a dit mon IPR, pour la confiance que j'inspire aux élèves, pour ma motivation finalement car certains ont cru en moi et c'est ce dont j'avais besoin !

Alors courage à tous les stagiaires et si vous avez un soir envie de parler, envie de craquer, envie d'être écouté... pour connaitre le bien que ça fait... ma boite MP vous est ouverte !

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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par nanou le Lun 9 Nov 2015 - 18:50

Quelle chance, Himpy ! :shock:

euh....je ne suis pas sûre que tout le monde ait eu une année de stage aussi gratifiante...

et quel est le pourcentage de profs d'arts plastiques deçus, angoissés, démotivés....sûrement très faible....je vais donc me ré-orienter vers les Arts Plastiques, je crois veneration
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nanou
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Re: Stagiaire - je n'y arrive pas du tout.

Message par kero le Lun 9 Nov 2015 - 18:59

@ethiquette a écrit:J'aimerais qu'on me dise en quoi ça vaut la peine, car j'ai un mal fou à le voir. L'école fonctionne si mal, les apprentissages sont si erratiques (les miens en premier), je suis horrifiée par l'ensemble de la machine éducation nationale et je ne suis pas sûre d'avoir une force de dénégation (ou une croyance) suffisante pour y rester...

Je ne peux pas te donner des raisons objectives qui font que tu auras envie de continuer avec ce métier. Puisque le plaisir dans un métier, c'est subjectif.

Par contre, je peux te dire pourquoi j'aime, moi, faire ce métier.

En préliminaire, je tiens à préciser que ça ne fait pas énormément de temps que je suis dans le circuit. Actuellement je fais ma 5e année de titulaire. Il y a encore peu d'année, je n'avais aucune méthode (aussi bien pédagogiques que de gestion de classe). Je précise aussi que je sors d'un doctorat qui a duré plusieurs années. L'écart entre le niveau universitaire et les cours de collège, je connais bien aussi.

Si j'aime ce métier, c'est d'abord et avant tout parce que par principe, l'enseignement est quelque chose que j'aime. Certes, en arrivant en collège, je pensais que ce serait juste sans intérêt, le niveau étant très "faible" (mais en fait, le mot est mal choisi). Mais j'ai fini par changer d'avis, pour la simple et bonne raison qu'au final, je trouve aussi intéressant d'expliquer des choses "simples" à des élèves de collège que des choses "complexes" (sans exagérer) à des élèves de L1/L3 (ce que j'ai pendant un temps). À noter que je n'ai jamais vu un groupe de L3 aussi passionné par des explications en histoire qu'une classe de collège qui accroche.

En revanche, il y a un challenge supplémentaire: la dimension pédagogique. Lorsque je fais cours d'histoire à des élèves de collèges, il est nécessaire de faire un très gros travail d'adaptation du savoir académique, pour le rendre accessible. Et là, ça peut devenir rudement intéressant, car on s'aperçoit qu'enseigner des choses "simples", ce n'est pas forcément si simple que ça. Prenons l'exemple d'une notion comme celle d'État. Si je fais un cours de L3, j'ai pas besoin de m'arrêter sur cette notion (enfin, sauf dans un cours d'histoire des idées politiques). Au collège je suis obligé de prendre le temps de construire cette notion, ce que je ne peux pas faire en 5 minutes. Ça demande un vrai travail. Du coup, ça demande un vrai travail sur la notion d'État. Et là, les vraies complications commencent. Une notion "simple" peut se révéler rudement difficile à expliquer à des gens qui n'en ont aucune idée.

Au final, scientifiquement parlant, parler d'État à des élèves de 6e ne me semble pas plus "simple" que parler de la vassalité à l'université. Ça me semble, en fait, vachement plus difficile, de trouver des progression permettant de les amener là où je veux les amener.

Autre chose: faut bien voir qu'au début, on a inévitablement beaucoup de mal avec les classes, particulièrement au collège, où l'hétérogénéité est extrême et où les élèves deviennent adolescents, âge difficile s'il en est. C'est normal. La gestion de classe, ça ne s'improvise pas et ça s'apprend. La bonne nouvelle est qu'il n'y a pas de fatalité en la matière. Avec quelques techniques qu'on peut améliorer, on peut très bien, avec le temps, parvenir à travailler dans une relative sérénité avec les classes (de légèrement agitées à parfaitement tranquilles). On parvient aussi à construire un rapport extrêmement positif, enrichissant pour eux - et pour moi. C'est là que ça peut devenir franchement cool. Attention: il n'est pas obligé qu'on passe 3 ans de galère avec les classes avant de réussir à bien fonctionner avec eux. Ça peut très bien se passer depuis le début - ça dépend des classes, des collèges, des personnalités. Mais avec le temps, pour peu qu'on trouve vraiment l'assurance avec les méthodes qui vont avec, ça peut vraiment être sympa.

Du coup, moi, maintenant, je rentre lessivé aussi, mais la plupart du temps, content du temps que j'ai passé au collège.

En espérant que cette manière de voir les choses puisse t'aider à y voir plus clair...


Dernière édition par kero le Lun 9 Nov 2015 - 19:04, édité 2 fois
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