Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par bruno09 le Ven 29 Jan 2016 - 19:53

@Ponocrates a écrit:
@Lefteris a écrit:
Quelques perles quand même (j'ai tout noté) comme  : "plus on les [les élèves] cadre, plus on les perd".  "Il faut accepter une certaine effervescence dans les classes"...
Je m'interroge. Certes les enseignants ne sont pas assimilables à des élèves - en tout cas pas pour moi. Mais les IPR,IA et autres formateurs sont là pour nous former, non -enfin c'est ainsi qu'ils voient les choses, "éducabilité des enseignants" inside ? Pourquoi ne mettent-ils pas en pratique ce type de pédagogie en nous traitant comme ils souhaitent que nous traitions les élèves -avec bienveillance, effervescence, tout en positif ? La pédagogie par l'exemple, en somme. Puisque c'est si efficace, cela ne peut que fonctionner non ? Ou alors...Cela signifierait qu'ils ne peuvent /veulent pas appliquer cette méthode avec nous ? Douteraient-ils de son efficacité ? Nous en croiraient-ils indignes ? bounce

On peut voir les choses d'une autre façon: je lance la grand messe, je forme les groupes, je vais boire un café ou je discute avec un/une collègue, je fais un tour nonchalant pour juger de l'avancement du travail, je m'extasie (Ho, Ha, comme c'est intéressant) et je conclus. Basta!

bruno09
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par dryade le Ven 29 Jan 2016 - 23:52

@MUTIS a écrit:"Le professeur ne doit plus être le médiateur entre le texte et l'élève et ne doit pas poser de questions pour aider les élèves... Il doit écouter les réactions des élèves et favoriser le dialogue entre élèves qui vont interpréter le texte." Laughing Twisted Evil

Ton cassant et hautain, dédain et agacement, affirmations péremptoires qui contredisent les discours de l'année précédente sans vergogne visiblement.

Nous avons eu droit à la même chose ici, avec des gentillesses du style : "Plus personne ne pose de questions aux élèves depuis longtemps, n'est-ce pas, c'est une méthode complètement archaïque." ; "Oui, vous devrez faire des réunions non rémunérées pour les EPI et pour l'AP, c'est dans votre nouveau statut, c'est acté, vous n'avez pas le choix." ; "Vous devez faire de la lecture, de l'écriture, de l'oral et de la langue à toutes les séances, en faisant participer tous les élèves", etc, etc. humhum

Réactions de plus en plus faibles, car inutiles. Pfffff pale





dryade
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par MUTIS le Sam 30 Jan 2016 - 9:11

@dryade a écrit:
@MUTIS a écrit:"Le professeur ne doit plus être le médiateur entre le texte et l'élève et ne doit pas poser de questions pour aider les élèves... Il doit écouter les réactions des élèves et favoriser le dialogue entre élèves qui vont interpréter le texte." Laughing Twisted Evil

Ton cassant et hautain, dédain et agacement, affirmations péremptoires qui contredisent les discours de l'année précédente sans vergogne visiblement.

Nous avons eu droit à la même chose ici, avec des gentillesses du style : "Plus personne ne pose de questions aux élèves depuis longtemps, n'est-ce pas, c'est une méthode complètement archaïque."



Franchement, il ne faut pas avoir honte pour dire de telles ....

Et personne n'a réagi ?

Ne pas poser de questions aux élèves... ce ne serait pas le "magistral" pur ? Laughing Laughing

Et bien non : les élèves ont besoin d'apprendre le silence et l'écoute et un prof qui explique un texte c'est un bonheur et un cadeau formidable. C'est cet émerveillement qui m'a conduit vers les Lettres à un âge où je n'avais pas grand chose à dire sur les textes parce qu'il n'y avait pas de livres à la maison et que je n'avais pas l'assurance orale que donne l'éducation favorisée.
Ecouter, s'émerveiller, apprendre en silence.

Comme dit Patrick Laudet , IG de LETTRES :

"Je crois au fond que c’est le programme de tout éducateur, de tout professeur, aujourd’hui, de réfléchir dans sa propre pratique à la capacité qu’il a encore de proférer une parole, de ne pas se laisser embrigader par tout ce que l’institution, les inspecteurs, les programmes, les dispositifs didactiques ont tendance à faire de lui, c’est-à-dire un exécutant de procédures juste bon à faire cocher des cases dans des livrets de compétences."

"il faut se réengager dans notre responsabilité de parole. il faut retrouver l’art de parler des textes avec justesse et ferveur, de les raconter et de les faire vivre ! encore une fois « quand quelqu’un parle, il fait jour ». Je n’ai évidemment pas de recette à vous donner, et surtout pas celle qui consisterait d’une façon démagogique à tout bouleverser ; je n’ai aucune admiration pour le modèle charismatique du cercle des poètes disparus, où on voit un professeur qui renverse tout et qui monte sur les tables, ce n’est pas du tout mon modèle ! un professeur qui respecte les programmes, qui prépare bien ses élèves au baccalauréat, a raison de le faire, parce que, s’il se contentait d’une transmission échevelée et tape-à-l’œil, il ne serait pas un bon professeur et les parents seraient obligés de confier leurs enfants à des officines privées. donc il faut vraiment garder ce que nous avons à faire et le faire bien, humblement, consciencieusement. Mais si chacun fait comme il peut avec ce qu’il a et surtout ce qu’il est, il est essentiel de ne pas se laisser dévitaliser par tout ce que les temps et l’institution elle-même peuvent produire. ne nous coupons jamais de cette source de la parole qui fait de nous d’abord des hommes et des femmes qui avons à transmettre le monde. "

http://www.sainte-marie-lyon.fr/wordpress/wp-content/uploads/2013/06/LM_109.pdf

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"Ce n'est pas l'excès d'autorité qui est dangereux, c'est l'excès d'obéissance" (Primo Levi)
"La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue" (Enrique Vila-Matas)

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Pierre-Henri le Sam 30 Jan 2016 - 9:14

Lire Patrick Laudet est toujours un grand bonheur.

Comme il doit se sentir seul, dans ce ministère de fous !

Pierre-Henri
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par MUTIS le Sam 30 Jan 2016 - 9:20

@Pierre-Henri a écrit:Lire Patrick Laudet est toujours un grand bonheur.

Comme il doit se sentir seul, dans ce ministère de fous !

C'est vrai qu'on ne l'entend plus car face à la bêtise des discours à la mode, il doit être vraiment dans la sidération absolue. Mais sa voix manque...

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Pierre-Henri le Sam 30 Jan 2016 - 10:08

J'adore ce texte, que je ne n'avais pas encore lu. Néanmoins, je le trouve injuste sur certains points. Par exemple, quand il écrit "j'ai mesuré combien les stagiaires étaient prisonniers de dispositifs et de procédures (combien ma séquence doit-elle comporter de textes), au lieu de prendre le temps nécessaire pour envisager les sens et les enjeux de leur métier".

Mais, si nous, stagiaires, sommes prisonniers de ces procédures, c'est sous menace directe et explicite de licenciement, et non par incapacité personnelle. Les inspecteurs et formateurs pédagogues exigent de nous que nous remplissions des pages et des pages d'objectifs, de problématiques, de compétences, d'activités, de thèmes interdisciplinaires, transdisciplinaires et tutti quanti, et que nous laissions de côté l'intérêt du texte.

Dans ce passage, Patrick Laudet est fort injuste de poser la question aux stagiaires. Il devrait la poser aux IPR et aux formateurs pédagogiques, qui sont responsables. Les stagiaires, eux, ont les pieds et les poings liés.

Pierre-Henri
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Osmie le Sam 30 Jan 2016 - 12:03

@MUTIS a écrit:
@Pierre-Henri a écrit:Lire Patrick Laudet est toujours un grand bonheur.

Comme il doit se sentir seul, dans ce ministère de fous !

C'est vrai qu'on ne l'entend plus car face à la bêtise des discours à la mode, il doit être vraiment dans la sidération absolue. Mais sa voix manque...

Et nous alors, dans cette institution de fous ? C'est nous qui nous prenons de plein fouet toute la violence de la destruction de nos disciplines, pendant qu'IPR et IG glosent tranquillement sur Proust. L'inspection générale de lettres n'a pas défendu sa discipline, et c'est impardonnable.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par User5899 le Sam 30 Jan 2016 - 12:14

On va revenir une année en arrière, mais ne plus poser de questions préalables (ce que j'approuve et que j'ai toujours mis en pratique) n'a rien à voir avec laisser les élèves bavarder entre eux pour construire leur trace écrite. C'est l'amalgame entre les deux qui rend la démarche stupide.
Qu'on leur montre une fois ou deux comment nous, nous étudions le texte, bien sûr. Mais comment l'avons-nous étudié, nous ? En répondant à quelles questions ?
Voilà. Aux examens, les élèves n'ont pas de questions. Il faut qu'ils questionnent.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Serge le Sam 30 Jan 2016 - 12:17

@Pierre-Henri a écrit:J'adore ce texte, que je ne n'avais pas encore lu. Néanmoins, je le trouve injuste sur certains points. Par exemple, quand il écrit "j'ai mesuré combien les stagiaires étaient prisonniers de dispositifs et de procédures (combien ma séquence doit-elle comporter de textes), au lieu de prendre le temps nécessaire pour envisager les sens et les enjeux de leur métier".

Mais, si nous, stagiaires, sommes prisonniers de ces procédures, c'est sous menace directe et explicite de licenciement, et non par incapacité personnelle. Les inspecteurs et formateurs pédagogues exigent de nous que nous remplissions des pages et des pages d'objectifs, de problématiques, de compétences, d'activités, de thèmes interdisciplinaires, transdisciplinaires et tutti quanti, et que nous laissions de côté l'intérêt du texte.

Dans ce passage, Patrick Laudet est fort injuste de poser la question aux stagiaires. Il devrait la poser aux IPR et aux formateurs pédagogiques, qui sont responsables. Les stagiaires, eux, ont les pieds et les poings liés.

Heu, je ne vois rien dans l'extrait que tu cites qui donnerait à entendre qu'il pense différemment de toi. Etre "prisonnier" pour un stagiaire, ça ne veut certainement pas dire être prisonnier volontaire, mais justement asservis malgré soi par les injonctions venant d'en haut. Wink

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par MUTIS le Sam 30 Jan 2016 - 12:27

En collège l'art d'enseigner est surtout un art du questionnement. Car sinon cela tourne au bavardage creux très rapidement.
Et l'art de questionner apprend aux élèves à se poser des questions et à interroger progressivement le texte et à l'interpréter. Et il y a des questions indispensables qui orientent aussi la recherche (par exemple sur le contexte). Et faire des recherches orientées est très formateur à mon avis.
La méthode qui consiste à dire que le questionnement est inutile et qu'il faut laisser la spontanéité de l'élève s'exprimer librement sans brimer sa subjectivité semble oublier que ceux qui vont s'emparer alors de la parole et analyser seront ceux qui ont un "capital culturel" qui leur permet de le faire. C'est une méthode fondamentalement frustrante et inégalitaire au collège. Voir les commentaires de Gauchet là dessus :  " "Notre modèle éducatif butte sur le postulat, naïf, que laisser une plus grande liberté aux enfants en classe est synonyme d’efficacité. Si les élèves sont actifs, cela ne signifie pas qu’ils ont une appétence cognitive surdéveloppée. En dépit de toutes les méthodes mises en œuvre pour les rendre actifs, la majorité des élèves restent passifs. On retrouve une problématique fondamentalement inégalitaire : avec les élèves les plus dotés en capital social, ces méthodes fonctionnent bien. C’est moins le cas avec ceux qui vivent dans une zone socialement défavorisée et qui rencontrent des difficultés. Avec un modèle individualiste, l’école échoue à corriger quoi que ce soit. " (...) :
"Il n’est pas vrai que chacun construise seul ses connaissances. Et lorsqu’on se concentre sur la seule activité des élèves, on les différencie davantage que lorsqu’on les met tous sur la même ligne en s’efforçant de leur assurer des acquis homogènes."
Il a raison.  
Et enjoindre à un gamin de 12 ans de réagir sur un texte qu'il ne comprend pas forcément facilement est assez terrorisant... Il faut d'abord lui permettre de le comprendre en lui expliquant des détails et en attirant son attention dessus (par des questions, inévitablement)
Je crois que c'est Isabelle Huppert qui expliquait un jour tout le bonheur qu'elle avait eu dans ses études en écoutant une prof de lettres "à l'ancienne" (dit-elle) qui commentait merveilleusement les textes et la fascinait car elle lui avait donné l'envie de lire, de comprendre et communiqué sa passion. Et dans le même entretien, l'actrice disait qu'elle regrettait qu'aujourd'hui bien peu de profs fassent cela... J'ai la même expérience d'élève et j'ai découvert la littérature au lycée en écoutant (pas en parlant) un type passionné et passionnant. C'était merveilleux...
Un amoureux de la littérature comme Laudet et comme d'autres. Mais malheureusement, le discours officiel actuel montre plutôt le désamour envers la littérature et la déshumanisation d'un enseignement soumis aux seules lois de la subjectivité narcissique (Si vous relisez l'Ere du vide de Lipovetski, vous verrez s'appliquer aujourd'hui cette pédagogie du vide narcissique qu'il annonçait dès les années 80)


Dernière édition par MUTIS le Sam 30 Jan 2016 - 12:58, édité 1 fois (Raison : n)

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Pierre-Henri le Sam 30 Jan 2016 - 12:41

@Serge a écrit:
Heu, je ne vois rien dans l'extrait que tu cites qui donnerait à entendre qu'il pense différemment de toi. Etre "prisonnier" pour un stagiaire, ça ne veut certainement pas dire être prisonnier volontaire, mais justement asservis malgré soi par les injonctions venant d'en haut. Wink

Sans doute parce que je suis trop chatouilleux. J'ai l'impression, au contraire, qu'il met un peu vite les professeurs en accusation, et dédouane un peu vite aussi la technostructure pédagogique.

Il devrait se mettre à notre place, à nous. S'il va à l'ESPE ou à l'ISFEC et demande aux stagiaires "que faites-vous ?", il devrait comprendre que, à cette question, posée par un officiel, dans ces endroits-là, la seule réponse possible est "je découpe les textes en compétences et je fais cocher des cases".

Quand on sait les pressions, le harcèlement, les menaces auxquels les stagiaires sont soumis dès qu'ils osent questionner le bataclan des compétences, des processus, des tâches, des objectifs et des problématiques, il est aussi un peu facile, pour un inspecteur général, de déplorer leur manque d'appétence littéraire.

Encore une fois, j'admire les propos de Patrick Laudet. Je m'y retrouve. Cependant, il est au sommet de la pyramide, et ne semble pas réaliser à quel point cette pyramide écrase ceux qui se trouvent en dessous.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par moonie le Sam 30 Jan 2016 - 12:51


Bienvenue dans le monde glacial et étriqué des compétences...

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par dryade le Sam 30 Jan 2016 - 19:44

@MUTIS a écrit:
Nous avons eu droit à la même chose ici, avec des gentillesses du style : "Plus personne ne pose de questions aux élèves depuis longtemps, n'est-ce pas, c'est une méthode complètement archaïque."

Et personne n'a réagi ?

Si : moi, et on m'a bien fait comprendre que j'étais complètement dépassée, et nulle, etc. Mon rapport d'inspection a été un véritable jeu de massacre : je suis punie.
Une collègue a réagi mollement, puis tout le monde s'est écrasé.
smiley qui se pend

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par tannat le Sam 30 Jan 2016 - 20:11

@ylm a écrit:
@tannat a écrit:Une bonne âme pour me dire ce que signifie "zorcharte" ?
Hors charte.
Merci mais de quoi s'agit-il ? La fatigue, sans doute, m'empêche de comprendre à quoi il est fait référence ici...

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Audrey le Sam 30 Jan 2016 - 21:01

Ca signifie " quelque chose qui contrevient à la charte en usage sur le forum et que tout membre s'engage à respecter en s'inscrivant".
En gros, pour simplifier, zrcharter ça veut dire insulter, dire des gros mots, dire des choses que la charte nous interdit de dire.

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Irae Laudatrix pour les cérémonies en son honneur,
Divinité Tarpéienne dont le culte subsiste en Bresse.
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On peut invoquer sa fureur en lui sacrifiant des laitues vierges.
Identifiée à Boudicca, elle est représentée sur un char Clio orné de noeuds rouges en tulle.

Signez la pétition pour sauver les langues anciennes! Clic!

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par tannat le Sam 30 Jan 2016 - 21:11

Bien, ok je suis très très fatiguée (ou malheureusement zorcharte,Mais je ne permets pas qu'un autre me le serve), je viens de comprendre que la formation "zorcharte" c'est une formation "à la C...".


Dernière édition par tannat le Sam 30 Jan 2016 - 21:12, édité 1 fois

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Cox le Sam 30 Jan 2016 - 21:12

Ici, la formation disciplinaire aura lieu en mai voire en juin.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par doctor who le Sam 30 Jan 2016 - 21:14

Il doit y avoir un moyen terme entre les positions de Mutis et Cripure.

- Des questions sont utiles au primaire et au collège. Comment apprendre à questionner sinon ?
- Au lycée, on arrête, sauf pour s'entraîner à rédiger des § et pour préparer une explication.
- Plutôt des questions générales sans sous-questions ni cadrage excessif : "non pas en une série de questions numérotées, mais en une question vive, précise, nette, qui provoquera une réponse semblable" (Buisson, 1878)
- Il est indispensable d'avoir des moments réguliers où le prof explique tout ou partie de ce qu'il y a à dire sur le texte étudié. Un modèle est nécessaire, même si pas suffisant.
- Mais le CM exclusif bloque même les meilleurs, qui se sentent incapable de "parler comme le prof".
- Il est vrai que les "débats" oraux sur les textes n'aboutissent pas à grand chose, en tout cas pas quand il s'agit d'un extrait cours (sur un perso de roman, un thème, une action, c'est plus facile de faire parler tout le monde)
- Il faut, à mon avis, privilégier le travail écrit, où l'élève essaie tant bien que mal de trouver au fond de lui des choses à dire sur le texte, en en rabattant sur la justesse, sans rien rabattre sur la justification, quitte à compléter en CM (ou à avoir baliser le terrain en CM)
Ça peut se faire seul ou en groupe, en prépa de l'oral ou en bilan, ou juste comme ça.

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Mon blog sur Tintin (entre autres) : http://popanalyse.over-blog.com/
Blog pédagogique : http://pedagoj.eklablog.com

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Presse-purée le Sam 30 Jan 2016 - 22:25

@moonie a écrit:
Bienvenue dans le monde glacial et étriqué des compétences...

Trouver de la chaleur et de la joie dans la littérature, c'est d'un petit-bourgeois... presque une marque de fascisme.

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Homines, dum docent, discunt.Sénèque, Epistulae Morales ad Lucilium VII, 8

"La culture est aussi une question de fierté, de rapport de soi à soi, d’esthétique, si l’on veut, en un mot de constitution du sujet humain." (Paul Veyne, La société romaine)
"Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres". La Boétie
"Confondre la culture et son appropriation inégalitaire du fait des conditions sociales : quelle erreur !" H. Pena-Ruiz
"Il vaut mieux qu'un élève sache tenir un balai plutôt qu'il ait été initié à la philosophie: c'est ça le socle commun" un IPR

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par User5899 le Dim 31 Jan 2016 - 0:48

@doctor who a écrit:Il doit y avoir un moyen terme entre les positions de Mutis et Cripure.

- Des questions sont utiles au primaire et au collège. Comment apprendre à questionner sinon ?
- Au lycée, on arrête, sauf pour s'entraîner à rédiger des § et pour préparer une explication.
- Plutôt des questions générales sans sous-questions ni cadrage excessif :  "non pas en une série de questions numérotées, mais en une question vive, précise, nette, qui provoquera une réponse semblable" (Buisson, 1878)
- Il est indispensable d'avoir des moments réguliers où le prof explique tout ou partie de ce qu'il y a à dire sur le texte étudié. Un modèle est nécessaire, même si pas suffisant.
- Mais le CM exclusif bloque même les meilleurs, qui se sentent incapable de "parler comme le prof".
- Il est vrai que les "débats" oraux sur les textes n'aboutissent pas à grand chose, en tout cas pas quand il s'agit d'un extrait cours (sur un perso de roman, un thème, une action, c'est plus facile de faire parler tout le monde)
- Il faut, à mon avis, privilégier le travail écrit, où l'élève essaie tant bien que mal de trouver au fond de lui des choses à dire sur le texte, en en rabattant sur la justesse, sans rien rabattre sur la justification, quitte à compléter en CM (ou à avoir baliser le terrain en CM)
Ça peut se faire seul ou en groupe, en prépa de l'oral ou en bilan, ou juste comme ça.
Oui, voilà, d'abord, OK pour la nécessité de différencier collège et lycée, ensuite, évidemment que je cause et que j'explique des textes ! Quand je ne cause pas, je m'endors, de toute façon
Je suis en train de tester l'oral blanc à la maison : il enregistrent une première partie d'oral sur leur smartphone et m'envoient le fichier. En fait, je me contrefiche, en l'espèce, qu'ils fraudent, je veux qu'ils prennent conscience de la différence entre avoir une idée en tête et la formuler de vive voix.

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par e-Wanderer le Dim 31 Jan 2016 - 1:13

Cripure, roi de la pédagogie innovante ! veneration

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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par MUTIS le Dim 31 Jan 2016 - 9:03

D'accord avec Docteur who sur la totalité des affirmations quasiment : et il n'y a pas vraiment d'opposition entre ce que dit Cripure et ce que je dis ici...

En revanche il y a une opposition de fond entre ce que dit Patrick Laudet et ceux qui professent que...  "Plus personne ne pose de questions aux élèves depuis longtemps, n'est-ce pas, c'est une méthode complètement archaïque." affraid
J'ai eu le droit à ce genre de discours lors d'un stage l'an passé et quand j'ai demandé de nous montrer un exemple et de nous expliquer comment la personne faisait sur un texte de Du Bellay par exemple, j'ai eu droit à... "c'est aux professeurs de construire les modèles, je ne suis pas là pour vous fournir des exemples tout faits"...Laughing
Personne n'a été dupe dans la salle évidemment...
Ce qui est vraiment archaïque désormais c'est cette doctrine ultra constructiviste qui refuse toute position magistrale au nom de la subjectivité libératrice du sujet émancipé (enfin affranchi de l'autorité qui est forcément castratrice...) Eh bien non... L'autorité est structurante quand elle s'appuie sur des connaissances précises et une passion positive.
Je conseille à ce propos la lecture du livre de Gauchet, Blais et Ottavio, Transmettre Apprendre :
Voici un petit extrait d'un compte rendu sur ce livre :
"Ce que soutient d’autre part l’ouvrage c’est que cette persistance de fait témoigne, plus profondément, de la nécessité anthropologique de la transmission qui, en ce sens, ne saurait être éliminée de l’éducation humaine au profit de la seule activité de l’apprendre conçue comme auto-construction individuelle : parce que l’homme serait intrinsèquement un être de culture et d’histoire, un être d’héritage, il ne saurait se construire comme un individu singulier et tourné vers l’avenir sans se rapporter à un passé collectif, à une « précédence » sociale qu’il lui faut adopter pour pouvoir se trouver."
(...)
"Ce qui ressort globalement de cette analyse, c’est que la nature « résistante » de l’objet à conquérir – les savoirs dispensés à l’école – rend l’acte d’apprendre en lui-même « difficile », en fait une expérience « à part » et qui ne va pas de soi, en discontinuité à l’égard de l’expérience naturelle de l’enfant : « cet objet ne s’ajuste pas spontanément à la logique de l’appropriation personnelle ; il la défie, voire la contredit. »[13] Or ceci exclut en principe la possibilité d’apprendre ces objets naturellement de soi-même et par soi-même - l’idée d’une auto-construction des savoirs par l’élève - et montre au contraire l’impérieuse nécessité d’une action de transmission. "
(...)
Ainsi, l’apprentissage (en particulier scolaire, mais pas seulement) consiste nécessairement, pourrait-on dire, en l’expérience d’une forme de « transcendance », celle des objets de savoir dont il faut être à même, si l’on veut les apprendre, d’endurer justement l’objectivité – leur extériorité, leur antériorité, leur consistance et leur globalité jamais entièrement saisissables  -, et d’objets dont il est donc par avance exclu qu’un sujet puisse les constituer d’emblée et entièrement par soi-même[15]. La langue, par excellence, représente un tel objet transcendant, en tant qu’elle précède et dépasse toujours le sujet parlant, qui doit d’abord la recevoir et s’y insérer pour pouvoir parler lui-même en première personne, ce qui en toute rigueur n’aura jamais tout à fait lieu : « nous n’en avons jamais fini d’apprendre à parler »[16]. Mais ce qui est vrai de la langue parlée l’est aussi, sous des formes et à des degrés divers, de tout objet à apprendre, qu’il s’agisse des savoir-faire d’un métier ou encore de l’univers des symboles écrits, qui est le champ plus particulier de l’éducation scolaire. Et c’est pourquoi une médiation directrice, une certain genre d’initiation, une forme de transmission s’avèrent chaque fois nécessaires - à la réalité de cette trans-cendance répond la nécessité d’une trans-mission :  « Il est besoin de passeurs qui font le pont avec cette autre rive qui semble inaccessible. Il faut pouvoir compter sur des complices qui vous apportent à la fois la sécurité due à leur contrôle du point d’arrivée et la compréhension du chemin à parcourir. »[17] Pour parvenir à apprendre, et même à être « actif » dans son apprentissage, il faut avant tout être soutenu et accompagné par un « maître » capable de trouver les moyens d’introduire à des objets et à des champs qui sinon resteraient largement étrangers, capable de faire profiter l’élève de l’aisance personnelle qu’il a lui-même, de la même manière, acquise. Transmettre, en ce sens, ce n’est pas inculquer autoritairement les contenus normés une fois pour toutes d’une tradition sacralisée, et l’ouvrage insiste pour que l’on ne confonde pas l’idée de transmission avec les modalités particulières que celle-ci a pu prendre dans l’histoire. Transmettre, ici, c’est d’abord faire surmonter la difficulté d’apprendre, c’est libérer la faculté d’apprendre en organisant habilement l’introduction dans l’univers des objets de savoir, en les rendant peu à peu familiers.

http://skhole.fr/recension-de-transmettre-apprendre-blais-gauchet-ottavi

Ce qui amusant c'est que ceux qui professent l'abandon total de toute parole magistrale ne supportent pas la mise en cause de leur propre parole.

Une chose est sûre : une telle doctrine (qui montre que le savoir magistral n'a aucune importance et que le professeur doit animer plus que transmettre) permettra à l'avenir de dire que nous n'avons pas besoin de personnel particulièrement qualifié dans la discipline pour faire ce travail...
Inutile de mettre des profs certifiés ou agrégés, des profs pluridisciplianires assumeront sans problème ce rôle d'animateur.

_________________
"Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière" (Audiard)
"Ce n'est pas l'excès d'autorité qui est dangereux, c'est l'excès d'obéissance" (Primo Levi)
"La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue" (Enrique Vila-Matas)

MUTIS
Érudit


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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par roxanne le Dim 31 Jan 2016 - 9:47

@e-Wanderer a écrit:Cripure, roi de la pédagogie innovante ! veneration
C'est ce que j'allais dire !  Very Happy
Sous une forme moins moderne, je vais faire comme ça. En plus, ils me gonflent un peu mes premiers, ça râle et ergote sur mes méthodes , mais ils sont quatre à participer activement au cours ( merci les garçons d'ailleurs), les autres, surtout un groupe de filles pas mauvaises à l'écrit en plus, soupirent et marmonnent vaguement " chais pas". Donc là, préparation et tirage au sort et passage. Et tant pis si ça vient du net effectivement.

roxanne
Enchanteur


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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par ethiquette le Dim 31 Jan 2016 - 9:53

Ah diantre ! que je suis heureuse de lire le débat qui a cours ici ! stagiaire moi aussi (mais ayant un peu tâté de l'enseignement auparavant), je revendique la question comme un outil maïeutique formidable...si elle est bien posée ! quelle réjouissance à les voir essayer collectivement de construire ensemble la réponse. Ce que j'aime avec la question posée à tous, c'est que chacun y répond et se répond finalement. Un cours de lettres, c'est un grand moment socratique en fait. Et même si, en surface ça a l'air de les ennuyer, je crois que les élèves ont absolument besoin qu'on les interroge pour qu'ils s'interrogent, qu'ils apprennent à interroger ce qu'ils lisent, voient, entendent. Lire un texte (ou tout autre acte de réception) sans être passif, s'en réjouir, le comprendre, le prendre à bras le corps, c'est quand ce texte nous parle, nous interroge, et qu'on le questionne. Alors je veux bien faire comme ils disent les gens là-haut, mais dans ce cas, ils ne nous restent plus grand chose, à nous les profs, à eux les élèves, encore enfants, encore découvrant le monde et ses richesses (et horreurs).

Et MUTIS, je suis bien d'accord avec ce constat que vous faites
Ce qui amusant c'est que ceux qui professent l'abandon total de toute parole magistrale ne supportent pas la mise en cause de leur propre parole.
Il y a, dans la pensée des chefs de l'éducation nationale, une forme de fascisme inquiétant : niveler par le bas c'est le meilleur moyen de créer des citoyens crétins, qui ne pensent pas, ne répondent pas, n'interrogent pas.

Il y a ce texte de Kant qui résume bien les choses actuelles (même si je détourne l'intention première de Kant en le citant hors contexte ici):
"C’est ainsi par exemple que l’on envoie tout d’abord les enfants à l’école non dans l’intention qu’ils y apprennent quelque chose, mais afin qu’ils s’habituent à demeurer tranquillement assis et à observer ponctuellement ce qu’on leur ordonne, en sorte que par la suite ils puissent ne pas mettre réellement et sur-le-champ leurs idées à exécution."

ethiquette
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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Serge le Dim 31 Jan 2016 - 10:14

Merci Mutis pour ces citations intéressantes !

_________________

Pour faire découvrir la Cafet à nos élèves > ICI

Serge
Médiateur


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Re: Formations sur les nouveaux programmes en Lettres : témoignages

Message par Agrippina furiosa le Dim 31 Jan 2016 - 10:45

Beau débat, en effet ! merci, ça fait du bien par les temps qui courent de se fouler le neurone ...
Pour nous, formation disciplinaire mardi sur les nouveaux programmes de lettres et ... de l'EC latin, qui, si je ne me trompe, n'a toujours pas pointé le bout de son nez au BO sous sa forme définitive ... Rolling Eyes

Agrippina furiosa
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