épuisement année de néo-tit.

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épuisement année de néo-tit.

Message par Artspladundee le Mar 16 Fév 2016, 14:12

Bonjour à tous,

je suis le forum depuis que j'ai passé le CAPES et vous expose ici mon problème parce que je pense avoir besoin d'aide et j'aimerai profiter de vos conseils.

Je suis titularisée depuis janvier dernier (suite à une prolongation de stage), j'ai donc commencé l'année à 9h et j'ai récupéré 6 classes en janvier pour faire maintenant mon temps de service de titulaire (j'ai un temps partiel de 15h).
Je suis dans un collège REP, difficile, et il paraît que janvier-février est la pire de l'année. Je confirme.
Je suis arrêtée depuis une semaine parce que je n'en pouvais plus de l'agressivité des élèves et n'arrivait plus à prendre du recul. Je commençais à avoir des crises d'angoisses.
Je ne supporte plus les relations conflictuelles et je prends tout de leur part comme un manque de respect, jusqu'à ce que ça ait réellement affecté ma confiance en moi et mon estime, d'où l'arrêt de travail.
J'ai une petite fille de 16 mois à qui je ne veux pas faire subir tout ça (elle aussi commence à me dire non :-) ).

Je ne sais plus vraiment quelle posture avoir face aux élèves: j'ai essayé d'être patiente (difficile pour moi), et de répondre à leur agressivité par le calme, ce qui marchait plutôt bien, même si ça n'était pas le calme absolu dans mes classes. L'inspectrice et ma formatrice m'en ont félicité, ce qui est positif, parce que je ne me voyais pas si calme en fait (vu que dedans je ne le suis pas vraiment).
Or j'ai été très fatiguée suite à quelques nuits sans sommeil à cause de ma fille et là, ça a été la descente aux enfers. Je n'ai plus rien supporté, je me suis dit ( et d'autres me l'ont dit aussi) que je n'avais pas été assez ferme ou exigeante dès le début et que c'est pour ça qu'ils se permettaient tant de choses dans mon cours (ne pas se taire quand on leur demande, me faire attendre, rire ouvertement devant moi, me répondre sur le second degré...), j'ai donc essayé d'être plus ferme,ce que les élèves ont très mal vécu, en criant au scandale, en disant qu'ils étaient pas des chiens, me demandant, outrés, pourquoi je haussais le ton... Bref, j'ai tout pris pour moi et j'ai tout vécu comme un manque de respect.
J'ai pourtant réussi à instaurer quelques rituels: l'entrée en classe avec un "bonjour" mutuel, rester debout dans le calme (relatif), ranger sa chaise avant de sortir, mais c'est difficile surtout quand quelques élèves sont réellement méprisants et arrogants.
Je ne souhaite pas être autoritariste, j'aimerais dans l'idéal que les élèves puissent parler pendant l'effectuation (c'est riche en Arts plastiques!) mais je voudrais que les élèves se taisent quand je parle et qu'ils partent pas dans tous les sens...

J'ai du coup l'intime conviction que PERSONNE ne m'écoute. ça a carrément débordé sur ma vie privée... et ça, ça n'est pas possible.
Comment encaisser tant de fébrilité et d'agressions vécues au collège??

Merci d'avance pour tout vos commentaires et conseils.

Christine

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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Fesseur Pro le Mar 16 Fév 2016, 14:41

@Artspladundee a écrit:
Je ne souhaite pas être autoritariste, j'aimerais dans l'idéal que les élèves puissent parler pendant l'effectuation (c'est riche en Arts plastiques!) mais je voudrais que les élèves se taisent quand je parle et qu'ils partent pas dans tous les sens...
Difficile quand on débute de ne pas être autoritariste.
Je crois que tu n'as pas le choix.
Courage !

_________________
Pourvu que ça dure... professeur

Fesseur Pro
Doyen


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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par NESSKO le Mar 16 Fév 2016, 17:36

Salut,
c'est très dur en effet mais pour l'autoritarisme je nuancerais pour ma part. Mon premier poste était dans un collège avec tous les qualificatifs, vraiment très dur. Je me suis pris une grosse claque dans la tête, surtout que pour ma part je suis assez bisounours.
J'y suis restée 5 ans, et même si c'était particulièrement épuisant (surtout la 1ère et la dernière année), je sais que mon côté très humain a fait du bien aux élèves. Il s'est installé une vraie relation de confiance.
Mais je crois aussi qu'une petite anecdote m'a aidée à prendre du recul: Lors de ma première année, j'attendais le bus devant le bahut et j'ai entendu un très agressif "MADAME!", surprise je n'ai pas osé tourner la tête, puis encore "MADAME!". Là je me retourne et vois un de mes cinquièmes qui encore sur un ton très agressif (enfin me semblait-il) me dit "VOUS VOULEZ DES FLEURS?" en me tendant un petit bouquet de fleurs. J'étais abasourdie par le décalage entre le geste et le ton, mais du coup j'ai compris que le ton n'illustre pas forcément l'intention dans ce genre de bahut.

Voilou, je pense que l'essentiel c'est d'être soi-même: tu gueules quand tu en as besoin, mais surtout tu ne joues pas de rôle. Et surtout quand tu sens que tu lâches, tu prends une pause (faut un médecin sympa), pas d'excès de zèle dans ces bahuts qui demandent 100 fois plus d'énergie que les autres. Pour ma part, ça a commencé à être confortable à la deuxième rentrée.

Bon courage!

NESSKO
Niveau 1


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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Artspladundee le Mer 17 Fév 2016, 16:05

Merci pour vos réponses!
Je me suis arrêtée, histoire de me reposer et de reprendre des forces.
Pour le rôle à jouer (ou pas justement), certaines personnes, dont des profs, m'ont conseillée justement de jouer un rôle, pour me protéger et aussi pour jouer une autre personnalité si la mienne "ne convient" pas trop :-)
Mais comme Nessko le dit (merci pour tes commentaires!), je pense qu'il vaut mieux rester soi-même...
Le contraire me paraît trop dur à tenir!

Bonne soirée à tous

Artspladundee
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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Poups le Mer 17 Fév 2016, 16:14

@Artspladundee a écrit:Merci pour vos réponses!
Je me suis arrêtée, histoire de me reposer et de reprendre des forces.
Pour le rôle à jouer (ou pas justement), certaines personnes, dont des profs, m'ont conseillée justement de jouer un rôle, pour me protéger et aussi pour jouer une autre personnalité si la mienne "ne convient" pas trop :-)
Mais comme Nessko le dit (merci pour tes commentaires!), je pense qu'il vaut mieux rester soi-même...
Le contraire me paraît trop dur à tenir!

Bonne soirée à tous

Je suis moi-même aussi . Je ne joue pas de rôle parce que je n' y arriverai pas et que je refuse de me transformer en quelqu'un que je ne suis pas. Et cela passe  . ( Et même si cela peut être dure , je ne change pas ). Je préfère m'imposer dans la bienveillance . J'ai eu des classes dures .
Crois en toi et en ta façon d'être . Smile

Poups
Doyen


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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Potatowl le Mar 23 Fév 2016, 13:07

@Artspladundee a écrit:
Je ne sais plus vraiment quelle posture avoir face aux élèves: j'ai essayé d'être patiente (difficile pour moi), et de répondre à leur agressivité par le calme, ce qui marchait plutôt bien, même si ça n'était pas le calme absolu dans mes classes. L'inspectrice et ma formatrice m'en ont félicité, ce qui est positif, parce que je ne me voyais pas si calme en fait (vu que dedans je ne le suis pas vraiment).
Or j'ai été très fatiguée suite à quelques nuits sans sommeil à cause de ma fille et là, ça a été la descente aux enfers. Je n'ai plus rien supporté, je me suis dit ( et d'autres me l'ont dit aussi) que je n'avais pas été assez ferme ou exigeante dès le début et que c'est pour ça qu'ils se permettaient tant de choses dans mon cours (ne pas se taire quand on leur demande, me faire attendre, rire ouvertement devant moi, me répondre sur le second degré...), j'ai donc essayé d'être plus ferme,ce que les élèves ont très mal vécu, en criant au scandale, en disant qu'ils étaient pas des chiens, me demandant, outrés, pourquoi je haussais le ton... Bref, j'ai tout pris pour moi et j'ai tout vécu comme un manque de respect.


C'est la bonne méthode, il faut garder confiance. La fermeté n'empêche pas de rester très calme (extérieurement) et de faire baisser la pression. On a tous le droit d'avoir envie (besoin?) d'exploser de temps en temps, mais je te conseille de limiter cela aux débordements les plus extrêmes (faire crier la prof qui crie tout le temps, ce challenge amusant et chronophage...)
Ne te laisse pas marcher dessus par ces élèves qui sont "outrés" du besoin de respect que tu éprouves. Mais vas-y petit à petit. Changer complètement de façon de parler aux élèves, se mettre soudainement à exiger sévèrement après avoir passé son temps à demander sans résultat, c'est sûr que ça les surprend. Tu en as parlé au prof principal ? Envisagé d'utiliser une heure de vie de classe pour voir avec lui/elle et la classe comment revenir aux bases du respect mutuel (lever la main, se taire quand un autre parle, etc) ?


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Potatowl
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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Monteverdi le Mar 23 Fév 2016, 22:48

Salut,

Voilà 10 ans que je suis en Seine Saint Denis, dans un coin intitulé REP à présent. Un début de carrière difficile, et une expérience acquise petit à petit me permettent de modestement proposer les conseils suivants:

- il faut rester soi-même, je suis d'accord. C'est-à-dire qu'il faut parvenir à trouver le prof que tu es, sans chercher à imiter quelqu'un ou à jouer un rôle. Tu es plutôt du genre "bon zigue" ou "peau de vache"? A chacun sa méthode. J'ai connu des profs ultra-autoritaires qui ne laissaient rien passer, d'autres plutôt dans l'écoute bienveillante - je ne critiquerai personne: c'est assez dur comme ça, chacun trouve sa recette.

- Je comprends très bien ce que tu veux dire par le fait de prendre personnellement leurs attaques. Ces jeunes connaissent souvent une grande misère affective et l'expriment par une certaine dose d'agressivité; et surtout, ils savent ce qui peut te blesser. Il vaut mieux éviter de perdre le contrôle de soi.

- autoritarisme, non; autorité, oui. De même: gueuler, non; employer un ton ferme, oui. de même: perdre le contrôle, se mettre en colère, se défouler sur l'élève, non; garder le contrôle, hausser le ton quand on estime que ses limites sont franchies: oui.

- un moyen de prendre du recul est de toujours se dire qu'on est professeur face à des élèves, pas un homme ou une femme face à des jeunes; rappels à la loi, à la règle, fréquents! c'est une donnée objective, une condition générale, voulue par une volonté qui nous dépasse, etc. Ainsi, tu peux regarder l'élève dans les yeux, lui signaler avec calme et fermeté son infraction aux règles, et lui dire "vous serez puni". Un délai peut être intercalé entre la phrase "vous serez puni" et l'explicitation de la sanction elle-même, pour se laisser le temps. Attention à tout ce qui se fait "à chaud", sous l'effet de la passion.

- ainsi, ne pas dire: tu es bavard, tu es fainéant, tu es insupportable, tu es insolent, etc. mais parler plutôt des bavardages, des actes, des paroles insolentes... ne pas faire de jugement de valeur, ne pas juger la personne (ne juge pas si tu ne veux pas être jugé) mais mettre l'accent sur les faits. Les faits précis, et indéniables, que l'on met en lien avec des règles précises, et indéniables, qui donnent lieu à des sanctions (précises et indéniables). Pas de jugement de valeur, d'attaques personnelles, etc.

- Cela permet: de se blinder: je suis prof, c'est mon statut qui fait que je dois vous faire travailler, et que j'ai par conséquent le devoir de vous demander de vous taire; je ne m'engage pas personnellement dans les conflits. et cela permet aussi: de leur rappeler sans cesse le cadre, qui a quelque chose de sécurisant pour eux.

- ne pas s'isoler. Ne pas nier la difficulté. Faire des rapports. Aller parler au chef, au CPE, au PP, aux autres collègues.

- se méfier tout de même des arrêts de travail: la reprise est difficile.

- Je disais plus haut qu'il ne faut pas chercher à imiter les autres. Cela dit, on a le droit d'avoir des modèles. Exercice: si je te dis pense à un prof que tu aimais, que tu respectais, en qui tu avais confiance... quand tu étais au collège. A qui penses-tu? Et maintenant pose-toi la question: pourquoi est-ce que je l'aimais? Qu'est-ce qui me plaisait dans sa façon de dispenser ses cours, de s'exprimer ... Ca y est? Hé bien dis-toi que ce prof que tu admirais, est certainement le prof que tu aimerais devenir, du moins dans le même style (que ce soit bon zigue ou peau d'vache).

- garder son calme, les impressionner par ta maîtrise de toi-même. Mais comment faire? Pour cela, il est nécessaire de se connaître. Gnothi seauton, comme on dit. Certains ont une capacité naturelle à imposer leur volonté aux autres; d'autres s'en empêchent. Je fais plutôt partie de la deuxième catégorie. Mon défaut (contre lequel j'ai longuement œuvré pour trouver la paix) : le laxisme pendant un temps... les élèves empiètent sur mes limites... puis pour rétablir l'équilibre, un gros coup de pression, autoritarisme excessif, violence, etc. Je sais que beaucoup sont dans ce schéma là. On laisse passer trop de choses, et on est obligé de rectifier le tir en usant de violence. A éviter, mais comment? M'est avis que cela est à trouver dans les profondeurs du passé... as-tu été un enfant que l'on écoutait? Pour ma part, j'ai fini par comprendre que je considérais l'exercice même de l'autorité comme une violence en soi - je n'avais pas bénéficié d'une autorité saine étant enfant ; ne voulant pas faire subir cela aux petits êtres qui me furent confiés, je m'abstenais d'exercer la mienne... jusqu'à ce que cela devienne intenable, et là j'éclate et exerce une autorité malsaine ... exactement ce que je voulais éviter, répétant par là ce que j'avais subi! je sais, je glisse vers la psy, mais il me semble pertinent de dire tout cela car ce genre de processus n'est pas isolé, et nous autres profs on en paie le prix.

Allez, bon courage!

P.S.: comme me disait une inspectrice: "trouvez une fermeté bienveillante plutôt qu'une rigidité fragile". Amen.

Monteverdi
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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par kamilla le Mer 24 Fév 2016, 03:59

J'interviens sur ce fil pour rajouter brièvement ma vision des choses ; en tant que prof d'arts plastiques, aussi, s'ajoute une difficulté supplémentaire dans l'exercice de la gestion de classe, étant donné que pour beaucoup d'élèves c'est vu comme un cours de décompression, où on ne travaille "pas vraiment", et il faut aussi lutter contre cette représentation.

Une fois que c'est acquis, il faut aussi assimiler le fait que le travail plastique, seul ou en groupe, demande de l'autonomie, et une certaine forme de "repli" sur soi, pour se concentrer sur ce qu'on fait ; la création dans un joyeux chahut, c'est difficile, or c'est ce qui se passe souvent.

Je ne donne pas de "solutions", j'en cherche encore, mais je commence à entrevoir des pistes : rester ferme et dans la même ligne de conduite ; ne pas douter de soi : on est prof, c'est notre métier et on le fait bien, le reste, c'est accessoire ; les élèves ne sont que des enfants, et comme des enfants ils vont naturellement vers le chahut, l'amusement ou la facilité ; s'entourer, c'est important, communiquer avec les collègues et CPE, montrer aux élèves qu'on est un groupe d'adultes qui communique (ça les étonne, bizarrement), ça fonctionne.
Voilà quelques réflexions, si ça peut aider.

kamilla
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Re: épuisement année de néo-tit.

Message par Artspladundee le Mer 24 Fév 2016, 20:25

Merci à tous pour vos réponses qui m'aident. Effectivement Monteverdi je me suis tournée vers la psychologie dans cette étape car j'ai bien vu que quelque chose se jouait là pour moi, dans le rapport à l'autorité. Merci de tous vos conseils,je vais les potasser.
Je compte reprendre à la rentrée dans 10 jours, pour effectivement ne pas éterniser mon arrêt et garder un pied au collège. Je sais que si je lâche trop longtemps ce sera trop dur de revenir!

Effectivement Kamilla, je trouve que notre discipline est extrêmement complexe à mettre en oeuvre!!
Quel travail...
Merci pour vos encouragements.

Artspladundee
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