Etat de l'enseignement des mathématiques en France

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par ben2510 le Dim 28 Fév 2016 - 13:19

Je vois encore mon (excellent) prof de Physique de cinquième disant à la classe que la proportionnalité et l'analyse dimensionnelle permettaient d'être tranquille jusqu'en terminale, en ce qui concernait la Physique ; il me semble qu'il avait ajouté qu'à partir de la terminale on avait d'autres outils plus puissants.
Quand en terminale ma prof de maths et mon prof de Physique ont joué au ping-pong avec les ED (un qui commençait le cours, l'autre qui finissait), j'ai su immédiatement que c'était de ça que parlait mon prof de cinquième : facile, l'idée de base de la mise en ED est que toute fonction est localement affine ; retour à la proportionnalité.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Azoth le Dim 28 Fév 2016 - 13:24

@ben2510 a écrit:Je vois encore mon (excellent) prof de Physique de cinquième disant à la classe que la proportionnalité et l'analyse dimensionnelle permettaient d'être tranquille jusqu'en terminale, en ce qui concernait la Physique ; il me semble qu'il avait ajouté qu'à partir de la terminale on avait d'autres outils plus puissants.
Quand en terminale ma prof de maths et mon prof de Physique ont joué au ping-pong avec les ED (un qui commençait le cours, l'autre qui finissait), j'ai su immédiatement que c'était de ça que parlait mon prof de cinquième : facile, l'idée de base de la mise en ED est que toute fonction est localement affine ; retour à la proportionnalité.  

Tu oublies la trigonométrie et la géométrie vectorielle qui ont une place essentielle en physique !

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par ben2510 le Dim 28 Fév 2016 - 13:28

Bah un cosinus est juste un coefficient de proportionnalité, hein.
De même la géométrie vectorielle ne me semble pas bousculer fondamentalement l'idée que la proportionnalité est centrale ; p.ex vec(F)=m vec(a) c'est de la proportionnalité.

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On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par JPhMM le Dim 28 Fév 2016 - 13:38

Bah oui, la proportionnalité, c'est dieu (dans l'enseignement scientifique du secondaire).

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par jaybe le Dim 28 Fév 2016 - 13:39

@Anaxagore a écrit:Il en faut des litres de café pour savoir que le feu ça brûle.

Sinon, je signale que le principe de notre écriture est alphabétique. De rien.

Comme disait Bkouche à un didacticien qui venait de réinventer la roue: "ah oui c'est ce que j'ai fait au primaire il y a 70 ans".

Il est important aujourd'hui de garder la tête froide et d'argumenter les choses, d'une part parce que c'est ce que l'on sait bien faire en science, mais aussi et surtout parce que prendre de haut certains interlocuteurs en les traitant implicitement d'incompétents, cela ne marche pas (même si ce constat est parfaitement valide). Si des résultats expérimentaux fournissent des interprétations aussi claires qu'on peut le penser, il ne faudra pas longtemps avant que le sujet soit définitivement clos, preuves à l'appui.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Azoth le Dim 28 Fév 2016 - 13:40

@ben2510 a écrit:Bah un cosinus est juste un coefficient de proportionnalité, hein.
De même la géométrie vectorielle ne me semble pas bousculer fondamentalement l'idée que la proportionnalité est centrale ; p.ex  vec(F)=m vec(a) c'est de la proportionnalité.

Oui dans ce sens là.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Anaxagore le Dim 28 Fév 2016 - 14:09

@jaybe a écrit:
@Anaxagore a écrit:Il en faut des litres de café pour savoir que le feu ça brûle.

Sinon, je signale que le principe de notre écriture est alphabétique. De rien.

Comme disait Bkouche à un didacticien qui venait de réinventer la roue: "ah oui c'est ce que j'ai fait au primaire il y a 70 ans".

Il est important aujourd'hui de garder la tête froide et d'argumenter les choses, d'une part parce que c'est ce que l'on sait bien faire en science, mais aussi et surtout parce que prendre de haut certains interlocuteurs en les traitant implicitement d'incompétents, cela ne marche pas (même si ce constat est parfaitement valide). Si des résultats expérimentaux fournissent des interprétations aussi claires qu'on peut le penser, il ne faudra pas longtemps avant que le sujet soit définitivement clos, preuves à l'appui.

Quelle fraîcheur, quel espoir. J'en ai la larme à l’œil.

Je connais quelqu'un qui a argumenté méthodiquement, article théoriques à l'appui, expérience à l'appui et référence historiques à l'appui, à qui personne parmi les éminents membres de l'assemblée réunie n'a été capable de rétorquer quoi que ce soit, et qui n'a pu provoquer qu'un ajustement à la marge des projets de programmes...

Oui, je sais patience et longueur de temps...

Enfin, pendant ce temps, on crève.

www.instruire.fr


Dernière édition par Anaxagore le Dim 28 Fév 2016 - 14:12, édité 1 fois

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Spinoza1670 le Dim 28 Fév 2016 - 14:09

@Anaxagore a écrit:Il en faut des litres de café pour savoir que le feu ça brûle.

Sinon, je signale que le principe de notre écriture est alphabétique. De rien.

Comme disait Bkouche à un didacticien qui venait de réinventer la roue: "ah oui c'est ce que j'ai fait au primaire il y a 70 ans".
L'analogie n'est pas bonne, selon moi. 

Tu fais comme si l'utilisation de la calculatrice au cours de l'enseignement des mathématiques pouvait avoir des effets délétères aussi visibles et directs que le contact d'une main d'enfant avec une flamme.

Si c'était si flagrant, jamais cette utilisation n'aurait été ne serait-ce que suggérée et encore moins encouragée ouvertement et préconisée dans les programmes et les formations. 

Personnellement, je n'ai pas besoin d'expérimentation ou d'étude pour être convaincu de la nocivité fondamentale de l'utilisation de la calculatrice dans les premières années d'apprentissage des mathématiques. Ma propre expérience, les arguments cités plus haut ou dans d'autres sujets, quelques articles ont suffi pour me convaincre :
Sujet Neoprofs, Calculatrice obligatoire pour les élèves en série S ?
Michel Delord, Pourquoi apprendre à faire les opérations à la main ?
Michel Delord, Un scoop : Ce que pensait Jules Ferry de l'utilisation des calculettes
Donc, sur le fond, je te rejoins bien sûr.

Mais que fait-on de la très grande majorité des gens (et parmi eux les sénateurs, les députés, les responsables du ministère qui seraient susceptibles d'influer sur l'orientation de la politique éducative) qui n'ont pas lu ces arguments ? Seront-ils pour ou contre la calculatrice ?T'écouteront-ils ou écouteront-ils floflo1010 ?

@floflo1010 a écrit:A l'époque où il travaillait, c'est ce qu' on demandait aux ingénieurs. Aujourd'hui il n' y a pas un seul ingénieur qui ne travaille pas sur un ordi, qui utilise des logiciels pour calculer la portance, qui ne se tient pas au courant sur Internet de ce qui se fait ailleurs dans le monde etc.
Si on veut construire avec les élèves une France compétitive pour demain , il faudra faire évoluer tout cela. Il nous faudra des élèves qui seront capable de travailler en groupe, de coopérer pour résoudre des problèmes.
C'est fini l'élève qui reste assis derrière sa table et qui recopie ce que le professeur écrit au tableau comme dans les années soixante. Il faut les accompagner.

@floflo1010 a écrit:Après il faut se faire à l'évidence... "Le calcul tout fait par la calculatrice ou un logiciel de calcul formel remplace le calcul à la main " dans de nombreux cas et on y peut rien. C'est un état de fait.

On demande maintenant aux élèves de raisonner davantage et d'interpréter les résultats obtenus par les machines ou ordinateurs car leur plus-value se trouve ici et non pas dans leur capacité à faire des calculs algébriques compliqués.

Par contre, je te rejoins sur le problème de la non maîtrise de calculs algébriques simples. Il faut trouver une solution pour améliorer cela.

Enfin, il va falloir faire évoluer notre matière sinon elle risque de "disparaître" comme le grec et le latin car elle ne collera plus aux réalités de la société et aux demandes des entreprises. Par exemple, l'évolution vers l'algorithme est une manière de faire évoluer notre enseignement

http://www.neoprofs.org/t99579-etat-de-l-enseignement-des-mathematiques-en-france#3539817

@floflo1010 a écrit:Je partageai votre raisonnement il y a une dizaine d'années. Hélas, je suis forcé de constater qu'il n'y a que 5 % (et sûrement moins ) de nos élèves de TS qui feront des études de mathématiques pures après le bac. Une bonne partie nl'utilisera notre matière que comme "outil" de calcul ou bien aura acquis des méthodes de travail ou de raisonnement grâce aux maths mais cela n'ira pas plus loin.
Les mathématiques pures n'existent plus qu'en prépa et en licence de maths (et encore) et ce type d'étude ne concernera qu'une petite partie de nos élèves de TS (un quart en étant optimiste).

Le plus gros intérêt de suivre un enseignement de mathématiques dans son cursus est d'apprendre la rigueur, de s'interroger sur la vraisemblance d'une conclusion, d'analyser une situation et d'apprendre à faire un raisonnement déductif.
Par exemple : savoir faire une division de nombres à 5 chiffres a-t-il un intérêt quand, lorsqu'on sort son portable on a le résultat en 2 secondes . Ne vaut-il pas mieux savoir repérer une erreur de frappe avec un ordre de grandeur ou résoudre un problème faisant apparaître une division ?
Un autre exemple: quel intérêt de se taper des DL interminables ou l'inversion d'une matrice 5x5 à la main alors qu'une calculatrice de lycée le fait en 30 secondes? Mieux vaut-il pas savoir interpréter le résultat obtenu ? Au 19 ième sciècle et début 20 ième , cela avait un intérêt, aujourd'hui je m'interroge. N'est ce pas la peur de faire évoluer notre enseignement et notre discipline qui nous fait peur ?

Il faut savoir s'adapter aux nouvelles exigences et vivre dans notre temps. Certes les mathématiques pures sont utiles car elles font avancer une partie de la recherche mais l'orientation actuelle des programmes font que l'enseignement au collège et au lycée ne s'adresse pas à des mathématiciens et n'a pas pour objectif d'en former non plus. Si il y a ces réformes, c'est qu'à un moment donné ce que l'on faisait ne collait plus aux besoins de notre société, de notre industrie et du marché du travail.

Les résultats d'une expérimentation comparant méthodiquement deux cohortes (avec calculette, sans calculette) sur plusieurs années seraient sans doute plus accessibles à ce grand public et donc plus à même d'empêcher des programmes autorisant ou même nécessitant l'utilisation des calculatrices.

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« Let not any one pacify his conscience by the delusion that he can do no harm if he takes no part, and forms no opinion. Bad men need nothing more to compass their ends, than that good men should look on and do nothing. » (John Stuart Mill)
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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Anaxagore le Dim 28 Fév 2016 - 14:12

@Spinoza1670 a écrit:
@Anaxagore a écrit:Il en faut des litres de café pour savoir que le feu ça brûle.


L'analogie n'est pas bonne, selon moi. 

Tu fais comme si l'utilisation de la calculatrice au cours de l'enseignement des mathématiques pouvait avoir des effets délétères aussi visibles et directs que le contact d'une main d'enfant avec une flamme.

J'irais même plus loin, c'était prévisible.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par JPhMM le Dim 28 Fév 2016 - 14:13

Où utilise-t-on la calculatrice hors la scolarité ?

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Invité El le Dim 28 Fév 2016 - 14:23

Pardon de m'immiscer, mais pour sourire deux minutes, lorsque j'ai passé moi aussi le dernier bac C (juin 94), tout manuel m'avait été interdit par mon cher professeur. La calculatrice était interdite pour les DS du samedi matin.

En revanche, vous me croirez si vous voulez, nous avions ça:



et ça:



Razz  Razz

Bon, je l'ai eu. Mais j'ai personnellement beaucoup souffert. Et j'ai fait lettres classiques  cheers

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Spinoza1670 le Dim 28 Fév 2016 - 14:24

@JPhMM a écrit:Où utilise-t-on la calculatrice hors la scolarité ?
Je vois la boulangère (caisse enregistreuse) et les marchands de fruits et légumes l'utiliser.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Spinoza1670 le Dim 28 Fév 2016 - 14:31

@Anaxagore a écrit:
@Spinoza1670 a écrit:
@Anaxagore a écrit:Il en faut des litres de café pour savoir que le feu ça brûle.


L'analogie n'est pas bonne, selon moi. 

Tu fais comme si l'utilisation de la calculatrice au cours de l'enseignement des mathématiques pouvait avoir des effets délétères aussi visibles et directs que le contact d'une main d'enfant avec une flamme.

J'irais même plus loin, c'était prévisible.

Oui, mais pas pour tout le monde. Il faut avoir une bonne expérience des mathématiques pour s'en rendre compte, et encore, cela ne suffit pas toujours.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par ben2510 le Dim 28 Fév 2016 - 14:34

elpenor a écrit:Pardon de m'immiscer, mais pour sourire deux minutes, lorsque j'ai passé moi aussi le dernier bac C (juin 94), tout manuel m'avait été interdit par mon cher professeur. La calculatrice était interdite pour les DS du samedi matin.

En revanche, vous me croirez si vous voulez, nous avions ça:



et ça:



Razz  Razz

Bon, je l'ai eu. Mais j'ai personnellement beaucoup souffert. Et j'ai fait lettres classiques  cheers

Mais le fait de faire un bac C t'a permis de savoir que logos arithmos signifie rapport de nombres !

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On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par dami1kd le Dim 28 Fév 2016 - 14:35

@Spinoza1670 a écrit:
@JPhMM a écrit:Où utilise-t-on la calculatrice hors la scolarité ?
Je vois la boulangère (caisse enregistreuse) et les marchands de fruits et légumes l'utiliser.

Pas plus tard qu'hier, mon opticien a pris sa calculatrice pour calculer 46 x 1,1...

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Mrs Hobie le Dim 28 Fév 2016 - 14:38

elpenor a écrit:
J'ai le même (récupéré de mon pôpa qui a passé le bac en 1967 ...)

@Spinoza1670 a écrit:
@JPhMM a écrit:Où utilise-t-on la calculatrice hors la scolarité ?
Je vois la boulangère (caisse enregistreuse) et les marchands de fruits et légumes l'utiliser.
Et pour info, la caisse de ma boulangère n'indique pas le rendu de monnaie, au grand dam de leur dernière petite apprentie

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par wanax le Dim 28 Fév 2016 - 14:41

Où utilise-t-on la calculatrice hors la scolarité ?
Dans toutes les grandes surfaces, on voit d'ex-apprenants qui manipulent avec dextérité des calculatrices à grosses touches.
Mais pour en revenir au sujet, le combat est vain. Elyas écrivait quelque part qu'il avait derrière lui la société et ses aspirations. Je suis obligé de lui donner raison. Les gens veulent de l'égalité. Ils haïssent donc d'instinct tout ce qui différencie, trie, sélectionne. Comment ? Titus aurait 19/20 alors que Caïus et tant d'autres n'auraient que 4/20 ?
Il y a tout un discours, toute une idéologie au service de ce postulat d'égalité ( plafond de verre, ABC de l'égalité, relativisme généralisé, assurer la réussite de tous, etc.. )
Il y a toute une population d'idiots utiles prêts à s'en faire les relais, qui par intérêt, qui par narcissisme.
Le rapport de forces est objectivement en leur faveur.
Dans tous les domaines qui relèvent de la convention, comme l'orthographe, il leur suffira de décréter une réforme pour masquer les différences.
Dans ceux qui peuvent faire l'objet de discussion ( économie, relations sociales,... ), il leur est facile de biaiser, de nier, d'invoquer la nouveauté du monde.
Restaient les sciences exactes, qu'on a tuées sous prétexte de les améliorer. ( Vous ne maîtrisez pas la loi d'Ohm, ce n'est pas grave, vous allez faire de la relativité et surtout donner votre avis. Vous ne savez pas ce qu'est un coefficient binomial, vous avez bien raison, ça ne sert à rien, prenez votre calculatrice, on va faire des lois normales. )

Leur seul ennemi puissant, c'est la réalité : cette réalité qui fait qu'un avion, une centrale nucléaire, un traitement médical, ça marche ou ça ne marche pas, pas question de négocier. Cette réalité qui fait que notre outil industriel et en conséquence notre économie s'effondre. Mais le temps que les richesses accumulées soient consommées, que la catastrophe ne soit plus niable, les dégâts seront irréparables. Et croyez bien que la note ne sera pas présentée aux responsables, il y aura d'abord le passage par : si les élèves sont mauvais, c'est donc que les profs l'étaient, non ?

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par mistinguette le Dim 28 Fév 2016 - 14:43

@ben2510 a écrit:
@mistinguette a écrit:Du coup la spc abandonne aussi la chose... la proportionnalite sur le graphique heu le coefficient directeur confused du coup...On passerait plus de temps à expliquer l outil qu' à s'en servir. Pas possible avec notre programme, trop chronophage pour quelque chose à la marge.

A la marge ? Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked
La notion de vitesse, à la marge ? affraid affraid affraid affraid affraid affraid
Le fait que pour obtenir des m/s on divise des m par des s, à la marge pale pale pale pale pale pale *

Mais si tu n'utilises pas la proportionnalité (et l'analyse dimensionnelle), à quoi sert/ comment et-il possible de faire de la Physique ?

Tous liens spc_math ont été évacués du programme du collège. Faire une calcul c'est le "mal" donc hélas oui, tout ce que tu cites est bien passé à la marge !

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par JPhMM le Dim 28 Fév 2016 - 15:00

Pardon pour le non-dit. Je parlais bien de calculatrice, et non de calculette. Laughing
Où utilise-t-on une calculatrice qui n'est pas une calculette ? Razz

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Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par jaybe le Dim 28 Fév 2016 - 15:02

@wanax a écrit:
Dans toutes les grandes surfaces, on voit d'ex-apprenants qui manipulent avec dextérité des calculatrices à grosses touches.
Mais pour en revenir au sujet, le combat est vain. Elyas écrivait quelque part qu'il avait derrière lui la société et ses aspirations. Je suis obligé de lui donner raison. Les gens veulent de l'égalité. Ils haïssent donc d'instinct tout ce qui différencie, trie, sélectionne. Comment ? Titus aurait 19/20 alors que Caïus et tant d'autres n'auraient que 4/20 ?
Il y a tout un discours, toute une idéologie au service de ce postulat d'égalité ( plafond de verre, ABC de l'égalité, relativisme généralisé, assurer la réussite de tous, etc.. )
Il y a toute une population d'idiots utiles prêts à s'en faire les relais, qui par intérêt, qui par narcissisme.
Le rapport de forces est objectivement en leur faveur.
Dans tous les domaines qui relèvent de la convention, comme l'orthographe, il leur suffira de décréter une réforme pour masquer les différences.
Dans ceux qui peuvent faire l'objet de discussion ( économie, relations sociales,... ), il leur est facile de biaiser, de nier, d'invoquer la nouveauté du monde.
Restaient les sciences exactes, qu'on a tuées sous prétexte de les améliorer. ( Vous ne maîtrisez pas la loi d'Ohm, ce n'est pas grave, vous allez faire de la relativité et surtout donner votre avis. Vous ne savez pas ce qu'est un coefficient binomial, vous avez bien raison, ça ne sert à rien, prenez votre calculatrice, on va faire des lois normales. )

Leur seul ennemi puissant, c'est la réalité : cette réalité qui fait qu'un avion, une centrale nucléaire, un traitement médical, ça marche ou ça ne marche pas, pas question de négocier. Cette réalité qui fait que notre outil industriel et en conséquence notre économie s'effondre. Mais le temps que les richesses accumulées soient consommées, que la catastrophe ne soit plus niable, les dégâts seront irréparables. Et croyez bien que la note ne sera pas présentée aux responsables, il y aura d'abord le passage par : si les élèves sont mauvais, c'est donc que les profs l'étaient, non ?

L'histoire ne s'arrêtera pas avec les hommes de notre temps. Que vaudront quelques soubresauts sur quelques décennies dans plusieurs siècles ? Au fait, il a fallu combien de temps pour convaincre la population que la Terre était ronde ? Je fais confiance au pédagogue du 25è siècle pour que ses contemporains soient complètement persuadés que les horreurs dénoncées sont des évidences avec tous les outils qu'il aura à sa disposition, et d'ici-là le vrai combat est de faire en sorte d'arriver à ce point le plus rapidement possible. En fait, c'est un combat qui ne peut pas finir autrement que gagné.

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par pamplemousses4 le Dim 28 Fév 2016 - 15:04

@jaybe a écrit:
@wanax a écrit:
Dans toutes les grandes surfaces, on voit d'ex-apprenants qui manipulent avec dextérité des calculatrices à grosses touches.
Mais pour en revenir au sujet, le combat est vain. Elyas écrivait quelque part qu'il avait derrière lui la société et ses aspirations. Je suis obligé de lui donner raison. Les gens veulent de l'égalité. Ils haïssent donc d'instinct tout ce qui différencie, trie, sélectionne. Comment ? Titus aurait 19/20 alors que Caïus et tant d'autres n'auraient que 4/20 ?
Il y a tout un discours, toute une idéologie au service de ce postulat d'égalité ( plafond de verre, ABC de l'égalité, relativisme généralisé, assurer la réussite de tous, etc.. )
Il y a toute une population d'idiots utiles prêts à s'en faire les relais, qui par intérêt, qui par narcissisme.
Le rapport de forces est objectivement en leur faveur.
Dans tous les domaines qui relèvent de la convention, comme l'orthographe, il leur suffira de décréter une réforme pour masquer les différences.
Dans ceux qui peuvent faire l'objet de discussion ( économie, relations sociales,... ), il leur est facile de biaiser, de nier, d'invoquer la nouveauté du monde.
Restaient les sciences exactes, qu'on a tuées sous prétexte de les améliorer. ( Vous ne maîtrisez pas la loi d'Ohm, ce n'est pas grave, vous allez faire de la relativité et surtout donner votre avis. Vous ne savez pas ce qu'est un coefficient binomial, vous avez bien raison, ça ne sert à rien, prenez votre calculatrice, on va faire des lois normales. )

Leur seul ennemi puissant, c'est la réalité : cette réalité qui fait qu'un avion, une centrale nucléaire, un traitement médical, ça marche ou ça ne marche pas, pas question de négocier. Cette réalité qui fait que notre outil industriel et en conséquence notre économie s'effondre. Mais le temps que les richesses accumulées soient consommées, que la catastrophe ne soit plus niable, les dégâts seront irréparables. Et croyez bien que la note ne sera pas présentée aux responsables, il y aura d'abord le passage par : si les élèves sont mauvais, c'est donc que les profs l'étaient, non ?

L'histoire ne s'arrêtera pas avec les hommes de notre temps. Que vaudront quelques soubresauts sur quelques décennies dans plusieurs siècles ? Au fait, il a fallu combien de temps pour convaincre la population que la Terre était ronde ? Je fais confiance au pédagogue du 25è siècle pour que ses contemporains soient complètement persuadés que les horreurs dénoncées sont des évidences avec tous les outils qu'il aura à sa disposition, et d'ici-là le vrai combat est de faire en sorte d'arriver à ce point le plus rapidement possible. En fait, c'est un combat qui ne peut pas finir autrement que gagné.
Je souhaite ardemment que vous ayez raison. Et j'envie votre optimisme.

pamplemousses4
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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Anaxagore le Dim 28 Fév 2016 - 15:10

« Je suis pessimiste avec l'intelligence, mais optimiste par la volonté » comme disait Gramsci.

Que l'on estime que le combat sera gagné ou pas à long terme ne change rien. On mène le combat.

...

M'enfin, on a le droit d'avoir les boules. professeur Razz

_________________
"De même que notre esprit devient plus fort grâce à la communication avec les esprits vigoureux et raisonnables, de même on ne peut pas dire combien il s'abâtardit par le commerce continuel et la fréquentation que nous avons des esprits bas et maladifs." Montaigne

Anaxagore
Doyen


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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par ben2510 le Dim 28 Fév 2016 - 15:12

@mistinguette a écrit:
@ben2510 a écrit:
@mistinguette a écrit:Du coup la spc abandonne aussi la chose... la proportionnalite sur le graphique heu le coefficient directeur confused du coup...On passerait plus de temps à expliquer l outil qu' à s'en servir. Pas possible avec notre programme, trop chronophage pour quelque chose à la marge.

A la marge ? Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked
La notion de vitesse, à la marge ? affraid affraid affraid affraid affraid affraid
Le fait que pour obtenir des m/s on divise des m par des s, à la marge pale pale pale pale pale pale *

Mais si tu n'utilises pas la proportionnalité (et l'analyse dimensionnelle), à quoi sert/ comment et-il possible de faire de la Physique ?

Tous liens spc_math ont été évacués du programme du collège. Faire une calcul c'est le "mal" donc hélas oui, tout ce que tu cites est bien passé à la marge !

Comme dit Anaxagore, les sciences sont insensibles aux décrets.
Les commandes institutionnelles du ministère (enfin ce qui nous sert de ministère) et des IPR m'indiffèrent, à vrai dire.
De même la réussite aux examens ne me semble pas être l'objectif de l'enseignement, mais seulement un à-côté.

Notre légitimité d'enseignants n'est pas liée à une constitution, mais à nos connaissances.
"Ce n'est pas au nom du gouvernement, même républicain, ni même au nom du Peuple français que l'instituteur confère son enseignement : c'est au nom de la vérité. Les rapports mathématiques, les règles de grammaire, non plus que les faits d'ordre scientifique, historique, moral, qui le constituent, ne sauraient dès lors être soumis aux fluctuations d'une majorité.

Il découle de ces principes que le corps des instituteurs a besoin de toute son autonomie, et les instituteurs eux-mêmes de la plus large indépendance. Or, cette autonomie du corps enseignant primaire et cette indépendance de ses membres ne peuvent être pleinement réalisées que par la constitution en Syndicats des Associations professionnelles d'instituteurs."

_________________
On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n'est pas plus une science qu'un tas de pierres n'est une maison. Henri Poincaré  La notion d'équation différentielle est le pivot de la conception scientifique du monde. Vladimir Arnold

ben2510
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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par JPhMM le Dim 28 Fév 2016 - 15:13

Le monde a si besoin de mathématiques et d'experts en mathématiques que le retour de bâton sur la vacuité mathématique de l'enseignement actuel sera sous peu d'une violence peu imaginable.

_________________
Labyrinthe où l'admiration des ignorants et des idiots qui prennent pour savoir profond tout ce qu'ils n'entendent pas, les a retenus, bon gré malgré qu'ils en eussent. D'ailleurs, il n'y a point de meilleur moyen pour mettre en vogue ou pour défendre des doctrines étranges et absurdes, que de les munir d'une légion de mots obscurs, douteux , et indéterminés. Ce qui pourtant rend ces retraites bien plus semblables à des cavernes de brigands ou à des tanières de renards qu'à des forteresses de généreux guerriers. Que s'il est malaisé d'en chasser ceux qui s'y réfugient, ce n'est pas à cause de la force de ces lieux-là, mais à cause des ronces, des épines et de l'obscurité des buissons dont ils sont environnés. Car la fausseté étant par elle-même incompatible avec l'esprit de l'homme, il n'y a que l'obscurité qui puisse servir de défense à ce qui est absurde. — John Locke

JPhMM
Demi-dieu


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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par Anaxagore le Dim 28 Fév 2016 - 15:15

Je profite de ce fil pour vous communiquer un texte de Rudolf Bkouche, texte que je trouve très remarquable.
Fichiers joints
Les déraisons de la Raison.pdf Vous n'avez pas la permission de télécharger les fichiers joints.(62 Ko) Téléchargé 23 fois

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Re: Etat de l'enseignement des mathématiques en France

Message par PauvreYorick le Dim 28 Fév 2016 - 15:16

Je partage l'optimisme des optimistes, même si, à court terme et en France, il y a toutes les raisons de voir sombre.

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DISCUSSION, n. A method of confirming others in their errors.


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