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Tibocce
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Est-ce qu'enseigner les lettres classiques a encore de l'avenir ? - Page 8 Empty Re: Est-ce qu'enseigner les lettres classiques a encore de l'avenir ?

par Tibocce Mar 19 Fév 2019 - 10:31
Je m'associe à votre sujet après en avoir créé un par erreur sur le même thème.

Suite à une lecture approfondie de tous les messages, ma volonté d'engager un combat pour la sauvegarde des lettres classiques s'en trouve renforcée.
Même si je crois profondément que chacun des professeurs de latin et de grec qui se manifestent ici a raison d'être désemparé par la situation, je crois que nous devrons la survie de notre culture à nous-mêmes uniquement.

Aujourd'hui je suis professeur de lettres-histoire en LP, petit professeur comme défini par certains sur ce sujet. J'ai eu le concours, et j'en suis conscient, par obligation ministérielle. J'ai une formation en histoire et en conservation du patrimoine, mais depuis que j'enseigne ce sont les lettres qui me passionnent. Bien que les élèves préfèrent l'histoire, je mets plus de passion à leur parler de lettres. En AP, je leur fais découvrir la Divine Comédie que j'ai étudiée avec ma compagne italienne pour sa licence, à travers les œuvres de Gustave Doré ou de l’œuvre musicale de Listz. J'aimerais faire plus mais malheureusement, ni les élèves, ni le programme ne me le permettent. Je n'apprécie pas spécialement le XIXème et le XXème mis à part Chateaubriand qui me provoque des frissons, ou Albert Cohen pour son excentricité. J'adore la littérature classique, je trouve les discours de Cicéron spectaculaire, je vais proposer un extrait des Catilinaires dans le cadre de la Parole en spectacle. La structure, les figures de style, tout y est.

Mais voilà, la réforme vient de s'abattre sur nous et le courroux est terrible. Nous sommes relégués au rôle de correcteur de CV et de lettres de motivation. Nous co-interviendrons auprès des professeurs d'atelier qui, sans les blâmer, répètent à corps et à cri que le français est une perte de temps, que ce sont les mains qui travaillent et non la langue. 
Bref, je veux évoluer et, à défaut de réussir l'agrégation interne de lettres classiques, prendre du plaisir. Je suis extrêmement motivé à tel point que je me suis renseigné pour préparer une licence de lettres classiques à distance (à Montpellier, qu'en pensez vous???).
J'aimerais passer de l'admiration pour les profs de lettres classiques et de grammaire à une réalisation concrète. Very Happy
Provence
Provence
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par Provence Mar 19 Fév 2019 - 10:50
@Tibocce a écrit:

Même si je crois profondément que chacun des professeurs de latin et de grec qui se manifestent ici a raison d'être désemparé par la situation, je crois que nous devrons la survie de notre culture à nous-mêmes uniquement.

Les gens désemparés ont lutté pendant des années. L'usure fait son oeuvre.
boneminealsace
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Est-ce qu'enseigner les lettres classiques a encore de l'avenir ? - Page 8 Empty Re: Est-ce qu'enseigner les lettres classiques a encore de l'avenir ?

par boneminealsace Mar 19 Fév 2019 - 10:59
Je confirme ce qu'on te disait dans l'autre post: tu risques de tomber de Charybde en Scylla... Tu quitterais une situation délicate pour en prendre une autre tout aussi délicate: loin de moi l'idée de te dissuader, au contraire mais les horaires et programmes réduits à peau de chagrin sont malheureusement partout: 4h de français et un programme indigent (en tous cas au collège) et des heures de langues anciennes soumises au bon vouloir des équipes, du CDE et surtout d'une bataille féroce à chaque nouvelle rentrée.
Peut-être es-tu apte à présenter la nouvelle certification en langues anciennes qui te permettrait de muter et de te faire la main? L'agrégation est à prévoir à plus long terme peut-être...

_________________
2000: Bac S
2005: Maîtrise de LC
2005 à 2011: Vaines tentatives de Capes et Agreg...
2011: Capes LC (enfin!!)
2011-2015: Stagiaire(à long terme!!) en LC
2015: Titularisation (enfin!!) et préparation de l'agreg
2016: Fin des LC au collège (mais pourquoi tant de haine? Tout ça pour... ça?)
Tibocce
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par Tibocce Mar 19 Fév 2019 - 11:39
@boneminealsace a écrit:Je confirme ce qu'on te disait dans l'autre post: tu risques de tomber de Charybde en Scylla... Tu quitterais une situation délicate pour en prendre une autre tout aussi délicate: loin de moi l'idée de te dissuader, au contraire mais les horaires et programmes réduits à peau de chagrin sont malheureusement partout: 4h de français et un programme indigent (en tous cas au collège) et des heures de langues anciennes soumises au bon vouloir des équipes, du CDE et surtout d'une bataille féroce à chaque nouvelle rentrée.
Peut-être es-tu apte à présenter la nouvelle certification en langues anciennes qui te permettrait de muter et de te faire la main? L'agrégation est à prévoir à plus long terme peut-être...
Par rapport à cette certification, je suis absolument opposé à son principe. C'est la première raison pour laquelle je ne la passerai pas. Je ne suis pas apte à la passer et j'ai le temps pour avoir l'agrégation. Accepter cette certification c'est accepté la disparition du concours de lettres classiques. Very Happy

_________________
Tibocce "Elle:-c'est quoi? Lui(après quelques vers fièrement énoncés):-Chateaubriand. Elle (hypnotisée par le verre qu'il tient):- Eh ben tu te fais pas chié, sert moi en un. Lui:-..."
Lefteris
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par Lefteris Mar 19 Fév 2019 - 11:46
@Tibocce a écrit:
Par rapport à cette certification, je suis absolument opposé à son principe. C'est la première raison pour laquelle je ne la passerai pas. Je ne suis pas apte à la passer et j'ai le temps pour avoir l'agrégation. Accepter cette certification c'est accepté la disparition du concours de lettres classiques. Very Happy
Il est difficile de trancher sur cette certification : c'est effectivement un danger si aucun garde-fou n'est prévu. L'institution, pour qui la qualité compte peu, pourra toujours "communiquer" sur la présence d'un adulte dans un cours estampillé "latin" et multiplier ces polyvalences qui sont quand même au rabais. D'un autre côté, quelqu'un de qualifié , même a minima, et ayant le goût de la discipline pourra éviter la fermeture de classes, et maintenir un vivier de latinistes, qui est aussi une des conditions de la survie du grand blessé...

_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"(F. Robine , expliquant sans fard la stratégie du puzzle)

Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.

Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος (Kazantzakis).
Lefteris
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par Lefteris Mar 19 Fév 2019 - 12:00
@trompettemarine a écrit:
Attention, nous ne sommes pas professeurs de latin-grec justement, nous sommes professeurs de Lettres et nous devons nous honorer de pouvoir enseigner les trois matières. Nous lisons la langue d'Homère et de Virgile parce que Montaigne puis tous les autres la lisaient pour fonder la littérature jusqu'à aujourd'hui (rectificatif : beaucoup lisaient du grec traduit en latin).
Je ne suis pas un professeur de langues. Je suis un professeur de Lettres qui connaît et transmet le français et toute la nourriture latine et grecque qui l'enrichit.
Villon, Montaigne, Rabelais, Du Bellay, Ronsard, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine et tous les autres... sans latin ni grec... ce n'est plus de la littérature.
Les projets à lac... qui te dégoûtent en français viennent en partie de la perte des origines latines et grecques. Je fais partie des professeurs qui passent leur temps à faire de l'étymologie en cours de français et à ne pas me satisfaire des petites notes faussement explicatives pour que les élèves aient l'impression de comprendre un texte annoté.
N'obéis pas aux sirènes des projets zinnovants comme tu le fais, mais ne te détourne pas de l'enseignement de la littérature et du français, ce serait, selon moi, une erreur aussi grave. Ne laisse pas toute la place à ceux qui ignoreront que "chétif" signifie "captif" chez Du Bellay, etc.
Mais peut-être ai-je mal compris ton propos ?
Cela me rend triste de raconter l'histoire d'Oedipe à un collègue de L.M.... agrégé. Bon, il est jeune, le concours n'est qu'un début.

Je fais partie des Humaniores et j'en suis fière. Mais je vais disparaître. Les idéaux de le Renaissance ont disparu.
Je comprends ce que tu dis, et je vois les choses de la même manière. J'ai toujours en arrière-plan cet éclairage antique lorsque j'enseigne, que ce soit la langue ou les textes. Ceci dit je comprends Bonemine,nous avons nos préférences, et l'on peut préférer les lettres antiques dans notre quotidien, ou ce sur quoi elles ouvrent (histoire, pensée antique...) . D'ailleurs, avant d'être enseignant, je me consacrais aux langues anciennes, et si je lisais beaucoup d'auteurs français, ce n'était pas selon les critères de dissection scolaire.  Je vis difficilement la quasi disparition du latin, la disparition totale du grec , mais je pourrais aussi sans problème arrêter d'enseigner le français, surtout vu ce que ça devient également.

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par Tibocce Mar 19 Fév 2019 - 12:15
@Lefteris a écrit:
@Tibocce a écrit:
Par rapport à cette certification, je suis absolument opposé à son principe. C'est la première raison pour laquelle je ne la passerai pas. Je ne suis pas apte à la passer et j'ai le temps pour avoir l'agrégation. Accepter cette certification c'est accepté la disparition du concours de lettres classiques. Very Happy
Il est difficile de  trancher sur cette certification : c'est effectivement un danger si aucun garde-fou n'est prévu. L'institution, pour qui la qualité compte peu, pourra toujours "communiquer" sur  la présence d'un adulte dans un cours estampillé "latin" et multiplier ces polyvalences qui sont quand même au rabais. D'un autre côté,  quelqu'un de qualifié , même a minima, et ayant le goût de la discipline pourra éviter la fermeture de classes, et maintenir un vivier de latinistes, qui est aussi une des conditions de la survie du  grand blessé...
L'objectif c'est quand même de pouvoir utiliser un autre professeur que le prof de latin et/ou de grec habituel pour récupérer son poste non? Je vois cette certification comme le ver dans le fruit. Au moment du départ à la retraite ou la mutation du prof de langues anciennes, on regarde si un professeur à la certification, si oui c'est bien, si non tant mieux Smile . Combien de professeurs qui ne sont pas issus de lettres savent le latin et/ou le grec? Je vois mal un professeur d'histoire se dire: "Tiens, je vais apprendre le latin pour passer une certification qui peut-être ne me servira jamais". La certification c'est l'illusion de faire perdurer le dispositif et dire que l'on comble le manque de profs et surtout affaiblir la position du professeur de lettres classiques dans l'établissement en lui disant que s'il ne veut pas ce nombre d'heures avec tel emploi du temps, le collègue qui a la certification sera disposé à le faire en complément de service.

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par Lefteris Mar 19 Fév 2019 - 12:59
@Tibocce a écrit: L'objectif c'est quand même de pouvoir utiliser un autre professeur que le prof de latin et/ou de grec habituel pour récupérer son poste non? Je vois cette certification comme le ver dans le fruit. Au moment du départ à la retraite ou la mutation du prof de langues anciennes, on regarde si un professeur à la certification, si oui c'est bien, si non tant mieux Smile .

Il est vrai que c'est le danger majeur . L'administration a ce don d'alchimiste de tout changer en mer... . Il faudrait des clauses statutaires impératives, comme ouvrir en priorité des postes LC, ne pas faire utiliser la certification tant qu'il existe des professeurs de LC. D'un autre côté, le nombre de professeurs de LC est en train de fondre à toute vitesse. Plus personne ne veut faire ça (et qui oserait conseiller ça à un jeune ? ) , et de toute manière les sections ferment dans les facs. On se retrouve dans la situation où ça ferme de toute manière, ou bien si le CdE est attaché à la discipline (ce qui est rare, 1/3 n'était pas enseignant, et dans le reste beaucoup n'ont jamais fait de latin, et sont gagnés par l'idéologie du "pratique" ; c'est plutôt en fonction des demandes des clients parents qu'ils agissent) il colle un contractuel vacillant ou un professeur de LM qui n'en a plus fait depuis la 3e, qui fait ça dans la douleur pour garder son service sur place (j'ai moi-même dépanné une collègue dans ce cas) .

Combien de professeurs qui ne sont pas issus de lettres savent le latin et/ou le grec? Je vois mal un professeur d'histoire se dire: "Tiens, je vais apprendre le latin pour passer une certification qui peut-être ne me servira jamais".
Il y a des gens qui ont un très bon niveau en latin, voire en grec, parce qu'ils en ont fait en option toutes leurs études, ou en prépa à bon niveau. Souvent, c'est vrai, c'est une génération qui commence à être "mûre", car là aussi, le rejet de ces disciplines a gagné les plus jeunes. Même des professeurs de LM qui ne savent rien en latin, ou tout simplement en littérature antique, ça commence à débarquer en masse.

La certification c'est l'illusion de faire perdurer le dispositif et dire que l'on comble le manque de profs et surtout affaiblir la position du professeur de lettres classiques dans l'établissement en lui disant que s'il ne veut pas ce nombre d'heures avec tel emploi du temps, le collègue qui a la certification sera disposé à le faire en complément de service.
C'est vrai, mais dans encore cinq à dix ans, ce qui n'est rien, il y aura peut-être la moitié du nombre actuel de LC à ce rythme. Pour le risque que tu évoques, voir plus haut : il faut (faudrait) en effet un statut et des règles fermes. Le professeur de LC ne devrait pas non plus pouvoir refuser d'enseigner les langues anciennes.
La situation est critique quel que soit l'angle d'approche.Le vrai problème réside dans le fait d'avoir fait du latin ( ou du grec, définitivement oublié) une option dans un premier temps, un "enseignement de complément" dans un second temps (équivalent à n'importe quoi, n'importe quel "projet" monté en quelques minutes au cours d'une réunion). Cette mesure idéologique a porté un coup de plus à la matière en la discréditant, en en faisant très exactement une non-matière.

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par A rebours Mar 19 Fév 2019 - 14:15
@trompettemarine a écrit:
@boneminealsace a écrit:Pour ma part je suis prête à faire des compléments de service en latin plutôt que de ne faire que du français (en espérant ne pas avoir trop de boulets!!).

Attention, nous ne sommes pas professeurs de latin-grec justement, nous sommes professeurs de Lettres et nous devons nous honorer de pouvoir enseigner les trois matières. Nous lisons la langue d'Homère et de Virgile parce que Montaigne puis tous les autres la lisaient pour fonder la littérature jusqu'à aujourd'hui (rectificatif : beaucoup lisaient du grec traduit en latin).
Je ne suis pas un professeur de langues. Je suis un professeur de Lettres qui connaît et transmet le français et toute la nourriture latine et grecque qui l'enrichit.
Villon, Montaigne, Rabelais, Du Bellay, Ronsard, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine et tous les autres... sans latin ni grec... ce n'est plus de la littérature.
Les projets à lac... qui te dégoûtent en français viennent en partie de la perte des origines latines et grecques. Je fais partie des professeurs qui passent leur temps à faire de l'étymologie en cours de français et à ne pas me satisfaire des petites notes faussement explicatives pour que les élèves aient l'impression de comprendre un texte annoté.
N'obéis pas aux sirènes des projets zinnovants comme tu le fais, mais ne te détourne pas de l'enseignement de la littérature et du français, ce serait, selon moi, une erreur aussi grave. Ne laisse pas toute la place à ceux qui ignoreront que "chétif" signifie "captif" chez Du Bellay, etc.
Mais peut-être ai-je mal compris ton propos ?
Cela me rend triste de raconter l'histoire d'Oedipe à un collègue de L.M.... agrégé. Bon, il est jeune, le concours n'est qu'un début.

Je fais partie des Humaniores et j'en suis fière. Mais je vais disparaître. Les idéaux de le Renaissance ont disparu.

Justement, il commence à y avoir un sérieux problème avec certains CDE à ce sujet.
Actuellement à temps partiel, j'ai expliqué à mon CDE que je reprendrai bientôt à temps plein, et il m'a répondu que je ne pourrai pas retrouver des classes de français comme avant. Ce sont les collègues de LM qui les "gardent". Même si je ne suis pas la dernière arrivée dans ce bahut, et loin de là, c'est moi qui irai voir ailleurs.
Dans " lettres classiques", il y a "lettres", mais pour beaucoup c'est "prof de latin".
Dégoûtée.
Hermiony
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par Hermiony Mar 19 Fév 2019 - 14:25
@Tibocce a écrit:
L'objectif c'est quand même de pouvoir utiliser un autre professeur que le prof de latin et/ou de grec habituel pour récupérer son poste non? Je vois cette certification comme le ver dans le fruit. Au moment du départ à la retraite ou la mutation du prof de langues anciennes, on regarde si un professeur à la certification, si oui c'est bien, si non tant mieux Smile . Combien de professeurs qui ne sont pas issus de lettres savent le latin et/ou le grec? Je vois mal un professeur d'histoire se dire: "Tiens, je vais apprendre le latin pour passer une certification qui peut-être ne me servira jamais". La certification c'est l'illusion de faire perdurer le dispositif et dire que l'on comble le manque de profs et surtout affaiblir la position du professeur de lettres classiques dans l'établissement en lui disant que s'il ne veut pas ce nombre d'heures avec tel emploi du temps, le collègue qui a la certification sera disposé à le faire en complément de service.

Je pense comme toi, c'est la raison pour laquelle j'ai déconseillé à un collègue (qui en plus n'avait jamais fait de latin et voyait ça comme un cours de remise à niveau !) de la passer. Les modalités font quand même qu'il est question de savoir monter un chapitre de latin à la fin de la formation, une forme de RAEP quoi...Une façon de combler les manques et de se voiler la face quant à la disparition du vivier de candidats.
Dans l'idéal, elle m'intéressait aussi cette certification, j'ai fait du latin du collège à l'agrégation, mais je refuse de prendre la place de ceux qui en ont fait leurs études, et qui en sont de vrais spécialistes. Ma collègue de LC doit se battre pour récupérer ses heures, malgré le décret paru l'an dernier. Cette année, elle a obtenu 6h en tout, mais en déshabillant Paul...et ce, dans l'indifférence quasi-générale au bahut.

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"Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l'ignorance, l'indifférence, la cruauté, qui d'ailleurs ne s'exerce si souvent contre l'homme que parce qu'elles se sont fait la main sur les animaux. Il y aurait moins d'enfants martyrs s'il y avait moins d'animaux torturés".
Marguerite Yourcenar



« La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. » «Le véritable test moral de l’humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. » Kundera, L’Insoutenable Légèreté de l’être
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par trompettemarine Mar 19 Fév 2019 - 15:57
@A rebours a écrit:
@trompettemarine a écrit:
@boneminealsace a écrit:Pour ma part je suis prête à faire des compléments de service en latin plutôt que de ne faire que du français (en espérant ne pas avoir trop de boulets!!).
Attention, nous ne sommes pas professeurs de latin-grec justement, nous sommes professeurs de Lettres et nous devons nous honorer de pouvoir enseigner les trois matières. Nous lisons la langue d'Homère et de Virgile parce que Montaigne puis tous les autres la lisaient pour fonder la littérature jusqu'à aujourd'hui (rectificatif : beaucoup lisaient du grec traduit en latin).
Je ne suis pas un professeur de langues. Je suis un professeur de Lettres qui connaît et transmet le français et toute la nourriture latine et grecque qui l'enrichit.
Villon, Montaigne, Rabelais, Du Bellay, Ronsard, Corneille, Racine, Molière, La Fontaine et tous les autres... sans latin ni grec... ce n'est plus de la littérature.
Les projets à lac... qui te dégoûtent en français viennent en partie de la perte des origines latines et grecques. Je fais partie des professeurs qui passent leur temps à faire de l'étymologie en cours de français et à ne pas me satisfaire des petites notes faussement explicatives pour que les élèves aient l'impression de comprendre un texte annoté.
N'obéis pas aux sirènes des projets zinnovants comme tu le fais, mais ne te détourne pas de l'enseignement de la littérature et du français, ce serait, selon moi, une erreur aussi grave. Ne laisse pas toute la place à ceux qui ignoreront que "chétif" signifie "captif" chez Du Bellay, etc.
Mais peut-être ai-je mal compris ton propos ?
Cela me rend triste de raconter l'histoire d'Oedipe à un collègue de L.M.... agrégé. Bon, il est jeune, le concours n'est qu'un début.

Je fais partie des Humaniores et j'en suis fière. Mais je vais disparaître. Les idéaux de le Renaissance ont disparu.
Justement, il commence à y avoir un sérieux problème avec certains CDE à ce sujet.
Actuellement à temps partiel, j'ai expliqué à mon CDE que je reprendrai bientôt à temps plein, et il m'a répondu que je ne pourrai pas retrouver des classes de français comme avant. Ce sont les collègues de LM qui les "gardent". Même si je ne suis pas la dernière arrivée dans ce bahut, et loin de là, c'est moi qui irai voir ailleurs.
Dans " lettres classiques", il y a "lettres", mais pour beaucoup c'est "prof de latin".
Dégoûtée.

Je ne suis pas sûre que ce soit légal. Contacte IPR, syndicats et associations de langues anciennes.
Certains professeurs de LM pensent aussi que nous ne sommes pas là pour enseigner le français... c'est une grave dérive.
Mathador
Mathador
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par Mathador Mar 19 Fév 2019 - 16:31
@trompettemarine a écrit:
@A rebours a écrit:Justement, il commence à y avoir un sérieux problème avec certains CDE à ce sujet.
Actuellement à temps partiel, j'ai expliqué à mon CDE que je reprendrai bientôt à temps plein, et il m'a répondu que je ne pourrai pas retrouver des classes de français comme avant. Ce sont les collègues de LM qui les "gardent". Même si je ne suis pas la dernière arrivée dans ce bahut, et loin de là, c'est moi qui irai voir ailleurs.
Dans " lettres classiques", il y a "lettres", mais pour beaucoup c'est "prof de latin".
Dégoûtée.

Je ne suis pas sûre que ce soit légal. Contacte IPR, syndicats et associations de langues anciennes.
Certains professeurs de LM pensent aussi que nous ne sommes pas là pour enseigner le français... c'est une grave dérive.

Le TRMD voté par le CA contient-il la répartition entre LM et LC ? Si c'est le cas, et qu'il mentionne par exemple 9h de LC et 90h de LM, cela veut dire que le collègue de LC aura ses 9h postes de LC et que le reste des heures devra faire l'objet d'un complément de service, que ce soit en LM dans l'établissement (ce qui est un non-sens), soit ailleurs.

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"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
Iphigénie
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par Iphigénie Mar 19 Fév 2019 - 16:37
C’est pire qu’une dérive, c’est une absurdité, mais c’est une absurdité économique , deux mots qui font de plus en plus pleonasme.

Cela dit depuis quand des heures de lettres « classiques » signifient-elles «  heures de latin »? Ça aussi c’est une dérive sérieuse du sens des mots .
A rebours
A rebours
Érudit

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par A rebours Mar 19 Fév 2019 - 18:15
@Mathador a écrit:
@trompettemarine a écrit:
@A rebours a écrit:Justement, il commence à y avoir un sérieux problème avec certains CDE à ce sujet.
Actuellement à temps partiel, j'ai expliqué à mon CDE que je reprendrai bientôt à temps plein, et il m'a répondu que je ne pourrai pas retrouver des classes de français comme avant. Ce sont les collègues de LM qui les "gardent". Même si je ne suis pas la dernière arrivée dans ce bahut, et loin de là, c'est moi qui irai voir ailleurs.
Dans " lettres classiques", il y a "lettres", mais pour beaucoup c'est "prof de latin".
Dégoûtée.

Je ne suis pas sûre que ce soit légal. Contacte IPR, syndicats et associations de langues anciennes.
Certains professeurs de LM pensent aussi que nous ne sommes pas là pour enseigner le français... c'est une grave dérive.

Le TRMD voté par le CA contient-il la répartition entre LM et LC ? Si c'est le cas, et qu'il mentionne par exemple 9h de LC et 90h de LM, cela veut dire que le collègue de LC aura ses 9h postes de LC et que le reste des heures devra faire l'objet d'un complément de service, que ce soit en LM dans l'établissement (ce qui est un non-sens), soit ailleurs.

Le TRMD, c'est le tableau qui présente la DGH ? Je ne suis pas très au fait de ses choses.. Celui de l'an passé me donnait 12h (j'ai un complément en latin ailleurs, juste parce que c'était un accord entre les bahuts, mais il y avait les heures pour que j'arrive à 18h), mais même ces 12, on ne me les promet pas. Seulement 7 ou 5, parce que sans français donc.
En tout cas, je vais m'appuyer sur un syndicat, puisqu'il s'agit maintenant de jouer à ces jeux malsains...
Provence
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Bon génie

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par Provence Mar 19 Fév 2019 - 19:04
@Mathador a écrit:

Le TRMD voté par le CA contient-il la répartition entre LM et LC ? Si c'est le cas, et qu'il mentionne par exemple 9h de LC et 90h de LM, cela veut dire que le collègue de LC aura ses 9h postes de LC et que le reste des heures devra faire l'objet d'un complément de service, que ce soit en LM dans l'établissement (ce qui est un non-sens), soit ailleurs.

Le TRMD présente le nombre d'heures à assurer en français et en latin. Le professeur de lettres classiques étant un professeur de français, de latin et de grec, il n'a aucune raison d'effectuer un complément de service en lettres modernes. Pas plus que le lettres modernes n'effectuera de complément en lettres classiques lorsqu'il enseigne le français...

https://www.neoprofs.org/t113970-vs-2017-2018-de-lettres-classiques-avec-une-partie-etiquetee-lettres-modernes-pour-le-francais
Mathador
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par Mathador Mar 19 Fév 2019 - 20:08
@Provence a écrit:
@Mathador a écrit:

Le TRMD voté par le CA contient-il la répartition entre LM et LC ? Si c'est le cas, et qu'il mentionne par exemple 9h de LC et 90h de LM, cela veut dire que le collègue de LC aura ses 9h postes de LC et que le reste des heures devra faire l'objet d'un complément de service, que ce soit en LM dans l'établissement (ce qui est un non-sens), soit ailleurs.

Le TRMD présente le nombre d'heures à assurer en français et en latin. Le professeur de lettres classiques étant un professeur de français, de latin et de grec, il n'a aucune raison d'effectuer un complément de service en lettres modernes. Pas plus que le lettres modernes n'effectuera de complément en lettres classiques lorsqu'il enseigne le français...

https://www.neoprofs.org/t113970-vs-2017-2018-de-lettres-classiques-avec-une-partie-etiquetee-lettres-modernes-pour-le-francais

C'est-à-dire ? Un nombre total d'heures pour les lettres (LC et LM ensemble), ou un nombre d'heures séparé pour chacune des matières français, latin et grec ? Dans ce dernier cas le cas de figure que j'ai mentionné précédemment n'a pas de raison d'arriver.

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"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
Provence
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par Provence Mar 19 Fév 2019 - 20:16
C'est-à-dire qu'on voit de plus en plus, y compris sur les VS, la confusion entre lettres classiques et langues anciennes. Ce n'est pas la même chose. Le professeur de lettres classiques n'est pas un professeur de langues anciennes qui complète son service avec du français.

Dans mon collège, on a une ligne pour le français et une ligne pour le latin.
Lefteris
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par Lefteris Mar 19 Fév 2019 - 20:23
@Provence a écrit:C'est-à-dire qu'on voit de plus en plus, y compris sur les VS, la confusion entre lettres classiques et langues anciennes. Ce n'est pas la même chose. Le professeur de lettres classiques n'est pas un professeur de langues anciennes qui complète son service avec du français.

Dans mon collège, on a une ligne pour le français et une ligne pour le latin.
Evidemment. De toute manière, depuis cette zorcharte de NVB, le latin et le grec ne sont plus une matière, mais un enseignement de complément. On ne peut pas éjecter un enseignant parce qu'il n'y pas d'heures pour un projet, par exemple, niveau auquel les langues anciennes ont été ravalées. Dans les établissements où tout a été saccagé, certains collègues n'enseignent que du français, quand ça arrange.

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"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble"(F. Robine , expliquant sans fard la stratégie du puzzle)

Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.

Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος (Kazantzakis).
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par A rebours Mar 19 Fév 2019 - 20:42
Chez nous, j'ai ma colonne à part, LC, qui comprend latin et français. Alors forcément, c'est plus facile de retirer les heures de français de cette colonne...

La question, dès lors, se pose vraiment. Enseigner les lettres classiques, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?
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par Mathador Mar 19 Fév 2019 - 20:48
@A rebours a écrit:La question, dès lors, se pose vraiment. Enseigner les lettres classiques, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?

Je crois que l'on peut généraliser la question.
Enseigner dans le public ou le privé sous contrat, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?

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par boneminealsace Mar 19 Fév 2019 - 21:13
Evidemment! c'est l'école de la CONFIANCE!!! Pourquoi ne lui feriez-vous pas CONFIANCE?!!

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2005: Maîtrise de LC
2005 à 2011: Vaines tentatives de Capes et Agreg...
2011: Capes LC (enfin!!)
2011-2015: Stagiaire(à long terme!!) en LC
2015: Titularisation (enfin!!) et préparation de l'agreg
2016: Fin des LC au collège (mais pourquoi tant de haine? Tout ça pour... ça?)
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par Lefteris Mar 19 Fév 2019 - 21:20
@Mathador a écrit:
Je crois que l'on peut généraliser la question.
Enseigner dans le public ou le privé sous contrat, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?
Question pertinente, mais il faut bien reconnaître qu'il y a plusieurs cercles dans l'enfer, et qu'actuellement, les LC sont au 7e cercle, avec les professeurs d 'allemand, italien et quelques autres superfluités. Il vont y être rejoints par de nombreux professeurs de LP...

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par gauvain31 Mar 19 Fév 2019 - 21:36
@Mathador a écrit:
@A rebours a écrit:La question, dès lors, se pose vraiment. Enseigner les lettres classiques, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?

Je crois que l'on peut généraliser la question.
Enseigner dans le public ou le privé sous contrat, dans des conditions décentes, a-t-il de l'avenir ?

Seuls enseigneront à moyen terme dans des conditions les matière dites " utiles" : en gros sciences + anglais. La technologie est clairement en voie de disparition et sera noyée cette fois-ci dans un pack "Sciences" avant de disparaître entièrement. Je parie que les collègues de techno devront se réorienter (probablement au lycée) comme on dû le faire les collègues de Physique appliquée il y a plus de 10 ans.
Je suis même curieux de voir comment évoluera le nombre de candidat au CAPES de techno , quand celui d'informatique se mettra en place

Le ministère est tout à fait capable de porter le coup de grâce à une discipline en difficulté s'il le souhaite. Mais il a encore le souci de son image auprès des parents (école de la confiaaaaance oblige).

A long terme, nous pouvons tous nous inquiéter si le but est de transformer le lycée en super collège, le bac en super brevet d'autrefois (ah je crois qu' y est). Et de commencer réellement les études sérieuses à partir de la fac. Bref , calquer notre modèle sur celui des high schools américaines

Pour le moment c'est cette tendance qui s'affiche. Avec une réduction de l'offre qui ira crescendo. Les lycée ruraux morfleront plus que les autres.

A part avoir un JP Chevènement au gouvernement, ce qui n'arrivera pas, je ne vois pas la tendance s'inverser d'ici les 10 prochaines années
Mathador
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par Mathador Mar 19 Fév 2019 - 21:43
@gauvain31 a écrit:Je suis même curieux de voir comment évoluera le nombre de candidat au CAPES de techno , quand celui d'informatique se mettra en place
Le CAPET de techno n'existe plus (et c'est l'un des facteurs qui grippe le mouvement en L1400): les nouveaux titulaires qui mutent en techno sont certifiés ou agrégés de SII. Pour la reconversion en lycée, c'est peut-être ce qui explique le contenu actuel de SNT (alors qu'en tant que matheux j'y aurais mis l'algo pour la détacher des heures de maths et qu'elle devienne enseignable par les collègues de SII).

@gauvain31 a écrit:A long terme, nous pouvons tous nous inquiéter si le but est de transformer le lycée en super collège, le bac en super brevet d'autrefois (ah je crois qu' y est). Et de commencer réellement les études sérieuses à partir de la fac. Bref , calquer notre modèle sur celui des high schools américaines
Je reste impressionné par la propension des gouvernements français à reproduire ce qui fonctionne mal à l'étranger.

@gauvain31 a écrit:A part avoir un JP Chevènement au gouvernement, ce qui n'arrivera pas, je ne vois pas la tendance s'inverser d'ici les 10 prochaines années
Chevènement, celui qui a lancé l'objectif des 80% au bac ?
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par gauvain31 Mar 19 Fév 2019 - 21:50
oui mais maintenant qu'il y a plus de 80% de réussite au bac , il va serrer la vis tu vas voir pour revenir à l'objectif initial Est-ce qu'enseigner les lettres classiques a encore de l'avenir ? - Page 8 1482308650
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par Tibocce Mar 19 Fév 2019 - 21:51
En LP, il suffit de parcourir le vade-mecum de la co-intervention. Le professeur de lettres est clairement mis au service des matières professionnelles. On nous demande de faire jouer aux élèves des jeux de rôle "professionnels"... A travers ce document, on ressent l'embarras des auteurs. Pire, des schémas montrent les avantages et les inconvénients de chaque posture en co-intervention accompagnée d'un schéma assez humiliant.
Comment avoir de l'estime pour son métier lorsqu'on vous relègue à ce genre de rôle. Sincèrement, j'ai honte de la fonction à laquelle on m'assigne.

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Tibocce "Elle:-c'est quoi? Lui(après quelques vers fièrement énoncés):-Chateaubriand. Elle (hypnotisée par le verre qu'il tient):- Eh ben tu te fais pas chié, sert moi en un. Lui:-..."
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