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Nina85
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Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 Empty Re: Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"

par Nina85 le Ven 7 Juin 2019 - 19:25
[quote="zigmag17"]Il n'y a pas de ^ à "fut" mais c'est tout!!! Very Happy
Blague à part, avec tes élèves pénibles tu as un boulevard: le règlement intérieur. Tu rédiges un petit rapport dans lequel tu recenses les articles du règlement intérieur que l'élève ne respecte pas (ex: "doit apporter son matériel/ doit faire le travail demandé par le professeur..."), en le circonstanciant (tu donnes le jour, l'heure, les faits rien que les faits).
Quand tu les as listés, tu fais la même chose avec tes règles de vie de classe dans TES cours: l'élève ne doit pas se lever (par exemple), doit lever la main pour demander la parole...
Ensuite, comme certains ici je crois l'ont déjà mentionné, tu rappelles les lois relatives au respect du fonctionnaire, et les amendes qui vont avec quand elles ne sont pas suivies.
Si tes élèves ont seize ans, tu rappelles gentiment que l'instruction est obligatoire, pas l'école, et que s'ils ne sont pas contents, direction le CNED.
Tu demandes une lettre d'excuses.
Tu convoques les perturbateurs pour leur signifier que tout ce qui est cité plus haut fera l'objet d'un courrier envoyé à leurs parents, fourni en PJ à ton CDE et à ton CPE. Il est mieux que les élèves soient prévenus, les prendre en traîtres même s'ils sont odieux ne ferait qu'empirer la situation. Tu en profites pour les prévenir aussi que tu vas tout de suite appeler leurs parents à qui tu résumeras la situation (tu préviens par mail le CPE que tu le fais, il faut garder des traces écrites et ne pas rester seule) et tu le fais (toujours avoir la liste des numéros sur soi: c'est du vécu). Les élèves pénibles vont te haîr, tu t'en fiches, plus tard ils te remercieront. Peut-être que ce seront eux-mêmes qui décrocheront le téléphone, tu t'en fiches.
C'est toi l'enseignante, tu es légitime dans ce que tu fais.
Et tout ce que tu fais là, c'est pour garder des traces pour des commissions de vie éducative préalables aux conseils de discipline.
Après, tu laisses venir...[/quote

Ils s'en fichent de tout ça. En classe de terminale la plupart sont majeurs. Mes appels aux parents ainsi que les courriers n'ont pas de réponse. Certaines filles sont parties habiter avec leurs copains et ne faisaient plus rien en cours. Elles n'ont même pas récupéré leur convocation à l'examen.
zigmag17
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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 19:33
Ah je n'avais pas bien pris la mesure de tout cela. Avec de tels profils c'est difficile d'élaborer des stratégies efficaces. Mes élèves pour la plupart sont encore mineurs. Avec des Term. Bac pro cette année j'ai rencontré, à la marge, quelques élèves tels que tu les décris et nous nous sommes beaucoup fâchés, le ton est monté plus d'une fois. La régulation s'est faite quand ils se sont aperçus lors du premier conseil de classe, que je ne faisais pas d'amalgame entre leur comportement et leurs résultats (plutôt bons par ailleurs), et surtout quand le PP de la classe a pris la parole pour expliquer aux élèves qu'il se rangeait à mes avis. J'arrivais dans l'établissement et découvrais une classe déjà constituée et assez compliquée. Sans ce soutien, je ne sais pas comment j'aurais réagi. Aucune prise sur eux en effet, et sans l'aide de quiconque, que faire? Vraie, vraie question...
Volo'
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par Volo' le Ven 7 Juin 2019 - 21:44
Vous m'avez perdu avec les discussions croisées.

Le bavardage est une plaie pour moi. Mais ce n'est pas tant le bavardage que l'absence de conscience des élèves que c'est un problème. Régulièrement ils ne comprennent pas pourquoi je les nomme lorsqu'ils sont en train de bavarder. Ils se permettent de terminer leurs phrases en toute liberté. Je trouve cela particulièrement perturbant.

@Nicétas a écrit:J'en reviens pour ma part aux bavardages ; même dans le bon collège où j'enseigne, on a tous ce problème régulièrement, en fonction de l'heure (faut dire aussi que me mettre des 5e deux heures de 15h30 à 17h30 le vendredi n'était peut-être pas... ^^) ou de la période de l'année (les mêmes 5e sont rentrés d'une semaine de voyage, c'est la fin d'année, etc.). J'ai des élèves dans l'ensemble adorables, qui semblent ne pas détester le cours mais certains font preuve d'incontinence verbale, et devoir lutter contre cela pendant que j'essaie d'exposer une leçon de grammaire ou d'expliquer un texte me rend médiocre en cours. Globalement l'année s'est bien passée, mais la fin d'année, un peu moins bien à cause de cela.

Je te rejoins entièrement sur ce point.
Ponocrates
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Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 Empty Re: Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"

par Ponocrates le Ven 7 Juin 2019 - 22:10
@Volo' a écrit:[justify]Vous m'avez perdu avec les discussions croisées.
En même temps, sur un fil déplorant le bavardage, cela souligne bien la déconcentration qu'il induit pour tous Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 3046774911

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"If you think education is too expensive, try ignorance ! "/ "As-tu donc oublié que ton libérateur,
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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 22:18
Ponocrates: Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 437980826
Un cours interrompu par des bavardages incessants peut rendre médiocre et fou, aussi. En vieillissant je supporte encore moins les chuchotis et les ricanements étouffés qui vont souvent avec. Parfois j'ai envie de balancer quelque chose dans la classe, pour me défouler. Au temps des craies, j'en avais cassé une, comme ça.
Quand il y a une lecture à voix haute, que ce soit un élève qui lise ou moi, j'arrête tout dès qu'il y a un bruit et on recommence. Le procédé est chronophage au début, mais quand les élèves connaissent mieux mon fonctionnement, je rencontre moins de problèmes. J'exclus les récalcitrants quand leur quota de blabla est atteint, quand vraiment je ne peux pas faire autrement. Solution pour les cours à 35 de 17h à 18h: toujours pas trouvée. Travaux écrits, beaucoup, mais je sais que ce n'est pas la solution.
Lefteris
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par Lefteris le Ven 7 Juin 2019 - 22:25
Le bavardage révèle beaucoup sur les élèves, leur éducation, et sur la société. On ne bavardait pas en cours il y a encore  peur de temps (pas connu  dans le primaire, on était vite pendu par les "petits cheveux", les parents convoqués, dans le secondaire (on était virés, paliers d'orientation qui n''existent plus avec le collège inique)  et encore moins dans le supérieur. Or que je sache il n'y a pas eu de mutation génétique en deux ou trois décennies. Le bavardage révèle  avant tout le nombrilisme  : moi , je , mes pulsions,  ma parole, mes opinions.  Mais puisque l'individu n'a pas changé, me rétorquera-t-on , il en était de même avant. Bien entendu, cette pulsion , cette incontinence existaient. Mais ce qui était différent, c'était la réponse apportée. Perturber un cours était gravissime. Le ridicule du bavardage était mis en exergue, les enseignants se moquaient, et ça ne durait pas. Il y a donc une appréhension différente du phénomène, à laquelle s'ajoute la mentalité capitularde : puisqu'il est difficile de lutter, autant  dire que c'est bien. Discours IUFM/ESPE, par exemple. Si je devais citer la chose qui m'a le plus supris en me reconvertissant , je dirais "le bavardage". Ceci dit, je me suis aussi rendu compte que cela dépend de la qualité de l'établissement : cours silencieux  dans le lycée où j'ai fait mon stage,  cours silencieux avec  mes premières classes de collège (élèves de CHAM).  Le bavardage toléré (car il l'est, quand on ne punit pas un élève bavard en conseil de classe) est aussi un achat de la paix sociale : ils ont moins de cours, ils se nuisent à eux-mêmes et aux autres, mais on laisse  faire.
Ca reflète aussi notre société, dont nos bavards sont  imprégnés par la téloche et les résocios : tout le monde jacasse (histrions, footeux, mercantis, politicards...)  pour ne rien dire, sur des sujets débiles,  en même temps, avec agressivité parfois...

_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, utilisée pour toutes les démolitions, expliquée sans fard par F. Robine.

Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.

Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος.
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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 22:32
Je suis d'accord avec les jacasseries. Je crois aussi qu'en plus du nombrilisme et du consumérisme exacerbés -le "moi je" et le "je viens en cours comme au supermarché, je consomme et je prends ce que je veux quand je veux si je veux", ce qui nous tue c'est la mise à niveau parole de l'enseignant/parole de l'élève. Tout est mis sur le même plan, "l'élève au coeur du système éducatif", ce que l'élève dit est très important et vaut bien ce que raconte celui/celle qui se trouve de l'autre côté du bureau. De plus tout est négociable, tout peut (doit?) se discuter, tout refus, toute demande, toute remarque de l'enseignant, tout cela est inacceptable car assimilé à une agression. La notion de préséance de l'adulte à mon sens a complètement disparu.
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par Lefteris le Ven 7 Juin 2019 - 22:35
@zigmag17 a écrit:Ponocrates: Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 437980826
Un cours interrompu par des bavardages incessants peut rendre médiocre et fou, aussi. En vieillissant je supporte encore moins les chuchotis et les ricanements étouffés qui vont souvent avec. Parfois j'ai envie de balancer quelque chose dans la classe, pour me défouler. Au temps des craies, j'en avais cassé une, comme ça.
Quand il y a une lecture à voix haute, que ce soit un élève qui lise ou moi, j'arrête tout dès qu'il y a un bruit et on recommence. Le procédé est chronophage au début, mais quand les élèves connaissent mieux mon fonctionnement, je rencontre moins de problèmes. J'exclus les récalcitrants quand leur quota de blabla est atteint, quand vraiment je ne peux pas faire autrement. Solution pour les cours à 35 de 17h à 18h: toujours pas trouvée. Travaux écrits, beaucoup, mais je sais que ce n'est pas la solution.
Résumé extrêmement réaliste. On ne peut faire cours dans le bruit. J'ai pris une colère terrible récemment parce que pendant qu'un élève lit 10 vers d'une pièce de théâtre, il y a quatre, cinq, six interruptions . Un crétin se lève pour ouvrir un fenêtre, un autre réclame un mouchoir, une pouffe ricane d'on ne sait quoi, un autre déplace sa chaise, une autre joue avec son stylo . Pareil, on recommence. Le problème est qu' il y a souvent un petit marquis qui s'offusque qu'on soit si à cheval sur le silence, et lance un conflit, apostrophe avec insolence. Et c'est parti...
Je le dis clairement, la majorité des conflits dans les classes viennent de cette habitude vraiment pourrie de ne pas savoir se dominer. Quand j'entends le brouhaha dans lequel certains collègues sont capables de parler, je suis à la fois perplexe et admiratif, car dès qu'il a du bruit, je ne peux réfléchir ; une coupure de parole me fait faire un lapsus, perdre le fil de ce que je disais. Idem avec le fait de s'arrêter sans cesse...

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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 22:42
Je vois qu'on a les mêmes... Mais on ne me fera pas croire qu'ils suivent plusieurs cursus dans deux lycées en même temps!!! abi
Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Les lanceurs de conflits qui surenchérissent sur tout sont au coeur du problème, tout à fait d'accord. Egalement les apostrophes: "Hé mais il a rien dit lui! Pourquoi vous vous fâchez? Ouais elle est fâchée? Madame faut pas vous fâcher!"... Ad nauseam... (soupir)
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par Ha@_x le Ven 7 Juin 2019 - 22:55
@Lefteris a écrit:Le bavardage révèle beaucoup sur les élèves, leur éducation, et sur la société. On ne bavardait pas en cours il y a encore  peur de temps (pas connu  dans le primaire, on était vite pendu par les "petits cheveux", les parents convoqués, dans le secondaire (on était virés, paliers d'orientation qui n''existent plus avec le collège inique)  et encore moins dans le supérieur. Or que je sache il n'y a pas eu de mutation génétique en deux ou trois décennies. Le bavardage révèle  avant tout le nombrilisme  : moi , je , mes pulsions,  ma parole, mes opinions.  Mais puisque l'individu n'a pas changé, me rétorquera-t-on , il en était de même avant. Bien entendu, cette pulsion , cette incontinence existaient. Mais ce qui était différent, c'était la réponse apportée. Perturber un cours était gravissime. Le ridicule du bavardage était mis en exergue, les enseignants se moquaient, et ça ne durait pas. Il y a donc une appréhension différente du phénomène, à laquelle s'ajoute la mentalité capitularde : puisqu'il est difficile de lutter, autant  dire que c'est bien. Discours IUFM/ESPE, par exemple.

1- ça l'est toujours !  furieux

2- là est tout le problème. J'ai vu un "formateur ESPE" , "gestion de classe", passer des extraits d'Entre les murs, pour en vanter certaines pratiques... (alors que c'est le film qu'il faudrait passer pour montrer tout ce qu'il ne faut pas faire  Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 1665347707 )

PS : mon ami Lefteris me semble en dépression, pourtant dans un important nombre d'établissements classés en zone prio' voire prio' pluche, nous sommes encore nombreux à faire cours dans un silence de cathédrale.... Very Happy

Rien n'est perdu camarade Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 437980826

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Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs
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par Lefteris le Ven 7 Juin 2019 - 22:57
@zigmag17 a écrit:Je vois qu'on a les mêmes... Mais on ne me fera pas croire qu'ils suivent plusieurs cursus dans deux lycées en même temps!!! abi
Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Les lanceurs de conflits qui surenchérissent sur tout sont au coeur du problème, tout à fait d'accord. Egalement les apostrophes: "Hé mais il a rien dit lui! Pourquoi vous vous fâchez? Ouais elle est fâchée? Madame faut pas vous fâcher!"... Ad nauseam... (soupir)
Il y a le perturbateur né : entrée en cours 8H00 . Il ou elle jacasse bruyamment la porte passée (ce qui est intolérable). Là , on a plusieurs scénarios/ conflit , dès 8H01. On lui demande de se taire : il explose, injurie, n'attendant que ça. On lui demande de changer de place : début d'une négociation pénible destinée à faire perdre du temps. Le ton monte, "posture" outragée, on jette au sol sa chaise, on sort de la classe avec des airs de génie incompris.
Il y a ensuite le diarrhéique verbal pathologique : une réflexion , deux. Il répond, souvent insolemment, parce que Sa Majesté Dunombril estime qu'on ne doit rien lui dire, qu'on doit savoir parler dans son bruit, parce qu'il le vaut bien. Un deuxième *** s'en mêle, puis un troisième fait un commentaire. Puis un quatrième commente le commentaire. UN cinquième commente le commentaire du commentaire, à moins que ce ne soit à nouveau le premier coupable. Au bout d'un certain nombre de commentaires de commentaires, un dialogue s'instaure. Un genre plateau télé, en encore plus débile. Là, on en punit un , on en vire un autre. Alors débutent les commentaires sur la punition , sur l'injustice, sur les responsabilités des uns et des autres. On vire, on punit, on a perdu 1/3 du cours, la moitié. Et ça recommence dans le suivant, dans une autre matière (nous tenons une fiche collective, et on retrouve les mêmes).
Il me semblait qu'empêcher le fonctionnement d'un service ou d'une mission publique était un délit. Mais dans l'EN , pas de problème, c'est un petit vice pas trop grave et parfois bien sympathique.


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par Ha@_x le Ven 7 Juin 2019 - 22:59
@Lefteris a écrit:Le problème est qu' il y a souvent un petit marquis qui s'offusque qu'on soit si à cheval sur le silence, et lance un conflit, apostrophe avec insolence. Et c'est parti...

Le petit marquis, ça se vire, dès le mois de septembre de préférence




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par ar_angar le Ven 7 Juin 2019 - 22:59
Ce matin encore, cerrtains de mes élèves se sont offusqué du fait que je leur demande de se taire. Chose que je fais depuis le début de l'année, mais qu'ils n'arrivent pas à appliquer (alors qu'ils sont les premiers à râler, en interrompant tout le monde). De même, dans la même classe, un élève se plaint d'être sur le côté de la salle (à regarder le mur), mais continue depuis des mois à discuter avec ses collègues placés à l'opposé de son bureau, dans son dos (4-5 mètres), et ne comprends pas que dans ces conditions, je ne le mettrait pas en contact direct avec d'autres élèves...

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C'est en forgeant qu'on devient forgeron.. Vous allez rire, j'ai un marteau !
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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:06
Lefteris: Hahaha!!!!! C'est tellement ça!!!! Rien à ajouter! Juste pour faire ma maligne, je pourrais dire que le frère du perturbateur né peut, car il a été à bonne école -est-ce bien le cas de le dire?- se mettre en condition dès 07h59 car, dixit, "ce matin faut rien me dire, le premier qui me parle je le ... (noms d'oiseaux)" et boum! un grand coup dans la porte, avant d'entrer en classe comme si de rien n'était. Et d'en être éjecté deux secondes plus tard, car l'expression "le premier qui me parle" incluait l'enseignante dont le violent "sors tes affaires et mets ton sac par terre"- proféré par moi-même donc-, n'a pas eu l'heur de plaire à l'impétrant. Du certifié authentique.
Quand ils se rendront compte qu'ils sont des caricatures d'eux-mêmes et la matière première de vrais sketches, les élèves arrêteront ces petits jeux. Peu d'espoir...


Dernière édition par zigmag17 le Sam 8 Juin 2019 - 14:07, édité 1 fois
Leclochard
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par Leclochard le Ven 7 Juin 2019 - 23:08
@Lefteris a écrit:Le bavardage révèle beaucoup sur les élèves, leur éducation, et sur  la société. On ne bavardait pas en cours il y a encore  peur de temps (pas connu  dans le primaire, on était vite pendu par les "petits cheveux", les parents convoqués, dans le secondaire (on était virés, paliers d'orientation qui n''existent plus avec le collège inique)  et encore moins dans le supérieur. Or que je sache il n'y a pas eu de mutation génétique en deux ou trois décennies. Le bavardage révèle  avant tout le nombrilisme  : moi , je , mes pulsions,  ma parole, mes opinions.  Mais puisque l'individu n'a pas changé, me rétorquera-t-on , il en était de même avant. Bien entendu, cette pulsion , cette incontinence existaient. Mais ce qui était différent, c'était la réponse apportée. Perturber un cours était gravissime. Le ridicule du bavardage était mis en exergue, les enseignants se moquaient, et ça ne durait pas. Il y a donc une appréhension différente du phénomène, à laquelle s'ajoute la mentalité capitularde : puisqu'il est difficile de lutter, autant  dire que c'est bien. Discours IUFM/ESPE, par exemple. Si je devais citer la chose qui m'a le plus supris en me reconvertissant , je dirais "le bavardage". Ceci dit, je me suis aussi rendu compte que cela dépend de la qualité de l'établissement : cours silencieux  dans le lycée où j'ai fait mon stage,  cours silencieux avec  mes premières classes de collège (élèves de CHAM).  Le bavardage toléré (car il l'est, quand on ne punit pas un élève bavard en conseil de classe) est aussi un achat de la paix sociale : ils ont moins de cours, ils se nuisent à eux-mêmes et aux autres, mais on laisse  faire.
Ca reflète aussi notre société, dont nos bavards sont  imprégnés par la téloche et les résocios : tout le monde jacasse (histrions, footeux, mercantis, politicards...)  pour ne rien dire, sur des sujets débiles,  en même temps, avec agressivité parfois...

Oui. Il y a tout un contexte social et éducatif. Quand je pense que ma mère me racontait qu'à table avec ses frères et soeurs, elle n'avait pas le droit de parler sauf le samedi soir ou si ses parents la questionnaient... Imaginez le seuil de tolérance en classe !
J'ai mis longtemps à le comprendre: lorsqu'un élève réplique à ma réprimande: "mais je n'ai rien fait", il faut traduire: "je n'ai rien fait d'interdit."
Cette année, j'ai droit aux échanges de petits papiers, une façon particulière de poursuivre les conversations.
Autre phénomène qui me semble lié: des élèves m'interrompent volontiers pour poser une question ou faire une remarque.

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par slynop le Ven 7 Juin 2019 - 23:25
Les élèves ont beaucoup de problème avec le silence, on dirait que ça les perturbe.
Ils sont sans filtres, ne font pas la différence entre l'espace classe et celui de la maison. Il y a aussi l'émulation entre pairs, montrer que l'on fait partie du groupe, donc on fait pareil. J'en ai aussi qui monologuent ou qui font des bruits sans s'en rendre compte, tant cela leur est naturel. Enfin il y a l'insolence crasse, le manque patent d'éducation pour certains et ceux pour qui la bêtise tient lieu d'intelligence. Parfois, certains ont plusieurs de ces qualités.

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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:26
Leclochard: J'ai intercepté des petits papiers l'année dernière en term bac pro: les garçons de la classe notaient les filles et ce n'est pas de quotient intellectuel qu'il était question dans ces évaluations (hormones hormones). Bon me suis-je dit, c'est du français, c'est de l'écrit, sois bienveillante, valorise. J'avais beaucoup goûté ces notes, qui traduisaient des critères esthétiques très pointus. On en avait ri ensemble, on avait commenté en disant que juger autrui sur des critères subjectifs c'est pas bien, puis on était passés à autre chose (au cours donc).
Les messages envoyés par portables interposés en catimini me dérangent par contre, c'est la guerre ouverte, et en dépit des confiscations c'est récurrent.
Quant aux interruptions pour me dire "faim soif pipi" tout ça, parfois si j'ai de la chance "mais ça veut dire quoi ce mot vous avez dit déjà?" avec cinq minutes de retard, je ne les compte plus. Mes élèves ne savent pas (traduire: ne veulent pas faire l'effort de) prendre des notes. C'est épuisant.
zigmag17
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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:30
Je constate aussi que parmi mes élèves, nombreux sont ceux qui vivent constamment dans le bruit: écouteurs, télé à plein volume à la maison... et oui, le silence les met très mal à l'aise.
Enfin ce n'est pas une raison pour être en plus grossiers et mal embouchés, ce qu'ils sont trop souvent.
scot69
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Modérateur

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par scot69 le Ven 7 Juin 2019 - 23:32
Voilà, c'est insupportable, ils ne savent pas gérer la frustration que peut occasionner le fait d'attendre 1'34 avant de faire leur intervention supra pertinente. C'est le côté: je veux parler, je parle, tant pis si j’interromps le prof, tant pis si je dérange les autres, je m'en fous, il n'y a que moi qui compte.

Mais ce qui m'ennuie encore plus, c'est que je constate également ce phénomène chez les adultes, y compris (pour ne pas dire surtout) les collègues.
Ha@_x
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Habitué du forum

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par Ha@_x le Ven 7 Juin 2019 - 23:37
@scot69 a écrit:Mais ce qui m'ennuie encore plus, c'est que je constate également ce phénomène chez les adultes, y compris (pour ne pas dire surtout) les collègues

Phénomène constatable dans nombre de salles de classe, c'est fou le nombre de collègues qui s'égosillent devant des classes agitées, ils doivent aimer s'entendre parler ceux-là...

Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 346737548 ,

ok je sors, pas le bon topic
zigmag17
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Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"  - Page 3 Empty Re: Le bavardage : "En classe, le silence est un combat"

par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:40
Ah les collègues! Combien de fois une conversation privée à l'écart de la sdp est-elle interrompue par un tiers qui trouve urgent de dire que "ouais tu sais finalement au concours de belote à Trifouilly c'est Gérard qu'a gagné mais excusez-moi je voulais pas déranger".  Ah mais trop tard, c'est la fin de la récré faut aller bosser. Trente fois par jour?


Dernière édition par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:41, édité 1 fois
scot69
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Modérateur

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par scot69 le Ven 7 Juin 2019 - 23:40
Disons que je trouve cela tout aussi agaçant quand les collègues coupent la parole, bavardent entre eux, font des commentaires... lors des réunions, conseils de classes, formations...
zigmag17
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Érudit

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par zigmag17 le Ven 7 Juin 2019 - 23:47
L'on pourrait attendre de la part d'adultes une position assumée: la formation/réunion/conseil de classe ne me convient pas, je pars. Au lieu de rester et de marquer ostensiblement son hostilité ou son indifférence en papotant, en pianotant sur son portable... Je trouve que pendant les conseils de classe cela donne aux élèves délégués une image déplorable de leurs enseignants qui les enjoignent à longueur de journée d'adopter des comportements corrects qu'eux-mêmes n'ont pas. D'ailleurs ces collègues sont souvent les premiers à hurler sur les élèves qui dans leurs classes se montrent récalcitrants .
lene75
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Esprit sacré

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par lene75 le Sam 8 Juin 2019 - 8:22
@zigmag17 a écrit:Je constate aussi que parmi mes élèves, nombreux sont ceux qui vivent constamment dans le bruit: écouteurs, télé à plein volume à la maison... et oui, le silence les met très mal à l'aise.
Enfin ce n'est pas une raison pour être en plus grossiers et mal embouchés, ce qu'ils sont trop souvent.

J'ai eu une année une classe de STMG dans laquelle des filles faisaient des crises d'hystérie quand la classe était silencieuse. Elles disaient qu'elles ne supportaient pas le silence, que ça les angoissait. Au début j'ai cru que c'était de la provocation, mais non, elles ont expliqué à leur PP que chez elles elles avaient toujours soit la télé soit de la musique et allumaient l'un avant d'éteindre l'autre pour qu'il n'y ait pas de blanc, y compris pour s'endormir le soir de la musique dans les oreilles. Elles prétendaient ne pas réussir à travailler dans le silence.

Sinon cette année une mère d'élève m'a fait la leçon sur le mode « Mais vous savez, les jeunes, maintenant, ils sont multitâches, moi aussi à la maison je crois qu'il ne m'écoute pas quand je lui parle mais en fait il entend très bien : maintenant ils peuvent parler et écouter le cours en même temps ». À la base c'est quand même elle qui me demandait pourquoi il avait des mauvaises notes...

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Une classe, c'est comme une boîte de chocolats, on sait jamais sur quoi on va tomber...
Nina85
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par Nina85 le Sam 8 Juin 2019 - 8:29
@Lefteris "Si je devais citer la chose qui m'a le plus supris en me reconvertissant , je dirais "le bavardage". Ceci dit, je me suis aussi rendu compte que cela dépend de la qualité de l'établissement : cours silencieux dans le lycée où j'ai fait mon stage, cours silencieux avec mes premières classes de collège (élèves de CHAM). Le bavardage toléré (car il l'est, quand on ne punit pas un élève bavard en conseil de classe) est aussi un achat de la paix sociale : ils ont moins de cours, ils se nuisent à eux-mêmes et aux autres, mais on laisse faire."

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Cela dépend aussi de la qualité d'établissement. Quand il n'y a pas de communication entre les collègues, quand les CPE et les CDE font sourde oreille, c'est difficile tout/e seul/e d'instaurer un climat propice à l'apprentissage dans une classe où il y a plusieurs éléments difficiles.

J'ai fait des formations de gestion de classe, mais il m'est parfois impossible d'appliquer les conseils et les consignes donnés par les formateurs, car les collègues ne veulent tout simplement pas jouer le jeux. Nous sommes une équipe, si l'équipe ne fonctionne pas, les élèves le savent et abusent. Si la PP ne prend pas aux sérieux ce qu'on lui dit, si les CPE ne font pas de suite aux rapports car ils ne veulent pas avoir des conflits avec les parents, si les CDE ne soutiennent pas les profs et les blâment de mauvaise gestion de classe, je ne vois pas comment l'enseignant va imposer son autorité.
Kilmeny
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Empereur

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par Kilmeny le Sam 8 Juin 2019 - 8:31
Un jour, j'avais un devoir de 12 à 13h. Dans la cours la radio-amateur des élèves diffusaient une musique de tous les diables, des basses en folie, un son assourdissant. Paniquée, je dis aux élèves : "on va envoyer quelqu'un à l'administration pour faire cesser cela". Réponse des élèves : mais non, ça nous permet de nous concentrer. On travaille toujours avec de la musique chez nous.

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