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jésus
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Ils ont tout quitté pour devenir profs. - Page 5 Empty Re: Ils ont tout quitté pour devenir profs.

par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 11:22
Les journalistes parlent de la rentrée chaque année, c'est un marronnier, ça ne veut pas dire qu'ils s'intéressent soudainement au sort des profs.
Ils s'intéressent au muguet le 1er mai, au foie gras à Noël. Il se serait de bon ton de s'en préoccuper plus le reste du temps.
pseudo-intello
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par pseudo-intello le Lun 2 Sep 2019 - 11:46
@marypop a écrit:Je comprends ton avis !
Vu de l'extérieur, et considérant que les lauréats du concours sont accompagnées à l'INSPE lors de leur année de stage, précisément pour apprendre à gérer ce type de situation, cela peut avoir un côté surprenant.

En fait, plus que les questions type 'entretien d'embauche' ce qui personnellement m'a surprise c'est qu'on ne m'a posé aucune question académique / disciplinaire à l'oral.
J'avais l'impression que c'était cela que l'on allait juger, ma compréhension à un niveau demandé (Licence) et ma capacité à expliquer les concepts au niveau des élèves.

Finalement tout a été concentré sur des sujets de gestion de classe / de méthode d'enseignement mais sur un point de vue très théorique, ou encore l'utilisation des TICs, l'usage ou non d'un manuel, etc etc.

C'est pas faux.
On me demanderait mon avis (ce qui, hélas, n'arrive jamais Laughing ), je centrerais le concours sur du disciplinaire pur. Ou alors, on autorise ce type de question, mais après avoir intégré à l'année de préparation au concours une large période pendant laquelle l'aspirant enseignant est envoyé traîner dans un établissement scolaire pour y observer tout ce qu'il veut (et que les fonctionnaires en poste dans l'établissement acceptent) un nombre conséquent d'heures par semaine.
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jésus
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par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 11:55
Le seul et vrai intérêt non négligeable des formations type master MEEF , espe etc et qu'ils donnent lieu à une formation, des bulletins, des rendus.
Moi, j'ai préparé l'agrégation de philosophie, et je serais bien en peine de produire un document attestant que j'ai bien préparé l'agrégation .
A tel point que je ne le mentionne même pas sur mon CV. Il doit y avoir quelque part une attestation d'inscription, mais rien ne dit si j'y suis allée une semaine ou si j'étais le mec le plus assidu aux colles, DS et les notes que je pouvais bien avoir. ( Je ne sais même pas si une copie d'écran de Publinet a une valeur quelconque)
Et ce fut une année blanche, donc si ce genre de formation permet d'éviter cela , c'est une bonne chose quoi qu'on en pense.

L'absence totale de référence au métier durant la préparation au concours est franchement flippant. Avoir une préparation uniquement disciplinaire n'est pas une bonne idée. N'avoir aucune suggestion d'orientation en cas d'échec au concours n'est pas une bonne chose. Les prépas concours sont des vases clos.
Zagara
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par Zagara le Lun 2 Sep 2019 - 12:06
Ben c'est normal puisque le rôle d'une prépa concours est de préparer aux exercices du concours. Pas d'orienter en cas d'échec, de recueillir le vague à l'âme des candidats ou de parler de ce qu'ils feront s'ils réussissent le concours.
C'est une forme de mise en responsabilité des candidats : la prépa fait ce qu'elle doit faire et c'est au candidat de choisir en conscience cette voie et de se ménager des plans B/C/D en cas d'échec.
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jésus
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par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 12:17
Oui, je ne parle pas d'assistance psychologique, mais d'orientation.

Et prendre des décisions en âme et conscience , cela se fait correctement si on a toutes les informations pour trancher . Ce qui n'était pas le cas.
Quelle formation pro sont " friendly" ou non envers des candidats ayant ce profil ou non. N'avoir aucun débouché possible en cas d'échec ( avec à mon époque, une disette de poste flagrante, ce n'est pas très "responsable" venant d'une grande fac ou qui se prétend comme tel)

Après, ce travail de recherche de master, je l'ai fait moi-même, ce fut long, et les dossiers ont été faits au pifomètre. Cela a marché en jouant sur mes expériences pro ou associatives hors fac ( parce que j'avais fait autre chose) Avec un Cv purement académique et linéaire, c'était l'impasse assurée. Pas sûr que la seule motivation, ou le seul dépit ou la peur du vide t'ouvres les porte d'un master 2 pro ou autre si tu n'as pas de projet construit. Et ce genre de situation prête plus à conséquence à ce moment-là de la scolarité qu'à la sortie du bac, il me semble.

Beaucoup s'interdisent de penser qu'ils peuvent échouer ( par peur de se porter la poisse) mais cela arrive souvent.
J'en connais qui ont sombré dans la dépression et ont laissé passer un an avant de rebondir et de se recycler.
Zagara
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par Zagara le Lun 2 Sep 2019 - 12:21
Je crois sincèrement que les gens qui sortent de master recherche croient qu'ils n'ont pas d'autre débouché que prof parce qu'ils ne pensent pas à faire un tour sur internet pour regarder quels concours ont des attendus qui correspondent peu ou prou aux compétences acquises durant le cursus universitaire.

Qui pense à aller postuler aux concours des administrateurs de l'UE ? C'est à la portée du premier agrégé venu et ça palpe 4000 balles par mois au premier échelon.
Qui pense à aller voir ce qu'est l'IRA, ou pour les hist-géo à aller se renseigner sur les concours de l'INSEE ? etc
Il y a pléthore de concours, et c'est même sans parler des métiers du privé qui peuvent être intéressés par ces profils exigeants (après quelques mois de formation pro complémentaire, ou parfois immédiatement).

Ce n'est pas à la prépa à l'agreg de dire ça, c'est aux candidats de partir du principe qu'ils vont se vautrer et d'avoir des plans de sortie.
Perso, je me ménage toujours, à chaque moment de ma vie, 4 ou 5 plans de carrière. Cette année je vais par exemple postuler sur 4 ensembles de postes différents.
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jésus
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par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 12:32
Oui, certes ce n'est pas à la prépa agrégation, mais il y a les UFR, la fac et son service d'orientation. Editer un document de quelques pages , distribué aux étudiants.
Je suis même étonné que des formations en quête de candidats ne fassent pas la publicité auprès d'un public potentiel pour remplir les formations de bons candidats...
bref, rien à la fac n'indique l'existence de portes de sortie ( qu'on prend ou pas)
Zagara
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par Zagara le Lun 2 Sep 2019 - 12:34
Ben là je prépare 3h/semaine de TD de L3 justement sur ce sujet. Les formations/métiers possibles en dehors du professorat.
Je trouve que 3h/semaine c'est ridiculement trop. Mon énergie serait plus utile si elle était répartie entre 1h de ce module et 2h de vrais TD. En tout cas, la plupart des universités ont mis en place ce type de modules, sous une forme ou une autre.
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jésus
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par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 13:28
C'est une bonne chose. A mon époque, ça n'existait pas du tout.
Là, mon exemple, c'était 2 agrégatifs sur 30 ( voire plus) qui avait quelque chose à la fin d'année, les autres, on ne se connaît pas, on rentre chez nous et on se morfond seul dans notre coin.
J'avais trouvé cela "léger" à l'époque alors qu'on nous présentait comme l'élite toute l'année...bref
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par stench le Lun 2 Sep 2019 - 13:32
@jésus a écrit:
Là, mon exemple, c'était 2 agrégatifs sur 30 ( voire plus) qui avait quelque chose à la fin d'année, les autres, on ne se connaît pas, on rentre chez nous et on se morfond seul dans notre coin.
J'avais trouvé cela "léger" à l'époque alors qu'on nous présentait comme l'élite toute l'année...bref

S'il suffit d'être inscrit en prépa agreg pour être l'élite, elle est constituée de beaucoup de monde Razz Encore si on la réussit à la fin, et même là abi

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jésus
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par jésus le Lun 2 Sep 2019 - 13:44
Je suis d'accord. C'était le fond du discours ambiant que je ne partage pas.
Bref, je ne partageais plus grand chose avec cette fac qui bombait le torse et laissaient de bons éléments en rase campagne...
Kimberlite
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par Kimberlite le Lun 2 Sep 2019 - 18:50
Mais est-ce que grandir, ce n'est pas aussi apprendre à se débrouiller et rechercher l'information, J'avoue être assez étonnée, à l'heure d'internet, qu'on trouve "ignoble" de ne pas préparer l'avenir de chaque pauvre étudiant en situation d'échec.
Internet était accessible depuis peu, et pas dans les conditions actuelles, et je me souviens d'avoir passé à l'époque pas mal de temps dans la salle info de notre asso (ben oui, à l'époque, internet, c'était cher!) pour rechercher la liste de toutes les formations de DEA et DESS (équivalent de master 2...) qui pouvvcaient m'intéresser.
J'ai aussi cherché des infos sur les écoles d'ingénieur et sur les passerelles possibles...

Ensuite, personne ne s'est soucié non plus de mon avenir post-thèse, ni de mon avenir post-ATER...

J'ai aussi intégré le boulot de prof sur entretien... j'ai fais une première fois la démarche, puis ai laissé tomber pour faire du journalisme, puis ai recommencé (et prise à chaque fois sur plusieurs académies). A l'époque, les questions variaient vraiment entre académie. Je n'ai pas été choquée sur les question portant sur la façon dont un établissement était organisé, ni sur comment il fallait s'y prendre pour organiser une sortie scolaire. Mes réponses ont certainement été assez nulles, car je n'avais rien bossé avant. Je ne pense pas que les examinateurs attendaient des réponses "façon ESPE" mais juste des réponses de bon sens, montrant qu'on est capable de s'adapter, de respecter des lois, des règles, une organisation administrative. Evidemment, il y a aussi eu des question sur "pourquoi" je voulais faire ce métier. Je n'ai pas ressenti ça comme une volonté de savoir si j'avais une vocation bien enracinée. Juste une volonté de comprendre.
Petite remarque en passant: l'Etat ne s'est point soucié de m'attribuer de l'ancienneté, ni pour mon expérience dans le privé, ni pour celle dans le public. Droit à rien.

Pour en revenir à la question si on explique mieux quand on a eu des difficultés: peut-être que c'est valable pour certains... mais je me sens plutôt à l'opposée. J'ai toujours adoré expliquer. Je ne pense pas que la pédagogie soit innée, mais ça s'apprend bien sur le tas, quand on aime quelque chose et qu'on souhaite le transmettre. Et, pour moi, bien maîtriser mon sujet me donne de l'assurance, me permet d'utiliser des images, des exemples, que je n'aurais pas si facilement si je ne maîtrisais pas bien mon sujet. Dans pas mal de cas, un manque de compréhension n'est pas nécessairement lié à la complexité d'un phénomène mais à la difficulté de se le représenter. Il faut alors présenter les choses sous une autre angle, parfois un angle plus large (étonnamment, la simplification n'est pas toujours la bonne approche: si on donne le contexte, des détails, voire des anecdotes ou le mécanisme qui sous-tend quelque chose, ça passe mieux), parfois un angle très différent. Si on connaît juste l'essentiel, sur le coup, on va être coincé. Parfois, les personnes maîtrisant les choses en surface en donnent même une explication fausse (j'ai vu le cas avec les explication de ce qu'on appelle la "rupture de faille": souvent, des enseignants expliquent que le tremblement de terre provient de la cassure de la roche, qui crée une faille. On trouve même ça dans des manuels. Or, le terme de "rupture" est un terme de physique, qui correspond à un glissement après une accumulation d'énergie, et la faille existe avant le séisme...).

Je veux bien croire qu'un néophyte qui doit expliquer quelque chose, s'il fait bien son travail, ira bien plus loin que la base de ce qu'il doit expliquer (et se positionnera donc en spécialiste). Mais ça ne correspond pas vraiment à ce que certains pédagogistes prônent...

K

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Spoiler:
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par Sphinx le Lun 2 Sep 2019 - 19:39
@marypop a écrit:Disons que quand on nous demande "comment allez-vous gérer un élève qui refuse d'enlever sa casquette" on n'est déjà pas sur les connaissances disciplinaires.

@marypop a écrit:
Vu de l'extérieur, et considérant que les lauréats du concours sont accompagnées à l'INSPE lors de leur année de stage, précisément pour apprendre à gérer ce type de situation, cela peut avoir un côté surprenant.

C'est assez vraisemblablement pour repérer et écrémer dès le début le gus qui va répondre "bah j'y file un coup de boule et j'y n**** sa mère qu'il comprenne qui c'est qui commande". Pour connaître un certain nombre de gens qui font ou ont fait passer des oraux de concours de la FP (pas que de l'EN), on rencontre parfois des cas étranges et certaines questions visent juste à repérer les candidats normaux.

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Elaïna
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par Elaïna le Mar 3 Sep 2019 - 8:17
Kimberlite, je pense quand même qu'il est important de se soucier un peu de l'avenir des jeunes L1 qui déboulent à la fac.
J'ai un copain qui a passé une partie de sa charge d'ATER à l'UFR d'histoire de Paris-IV à expliquer à de jeunes étudiants que, non, tous ne deviendraient pas Indiana Jones ou Emmanuel Le Roy Ladurie, et donc qu'il était quand même important de se préparer un plan B. Il était évidemment un briseur de rêve pour pas mal de jeunes étudiants mais force est de constater que si la Sorbonne se préoccupait de mettre cet enseignement en place, c'est peut-être parce que ce n'est pas si évident pour des jeunes de 18-20 ans d'envisager leur plan de carrière, et qu'il n'est pas forcément souhaitable qu'une fac laisse sortir des gens sans boulot avec juste un joli diplôme.
A titre personnel, j'ai fait une "voie royale" : prépa, grande école, agrégation, et je suis devenue professeur, je n'ai jamais vraiment eu à me soucier du chômage ou du manque de qualification, tout s'est enchaîné assez vite. Mon seul moment de flottement a duré un mois et demie, quand j'ai raté l'agrég la première fois et que j'ai dû me trouver des petits contrats le temps que mon école me trouve un contrat d'allocation de recherche. Mais j'ai eu de la chance.
Là dans la prépa intégrée de l'établissement où j'officie, je vois beaucoup de jeunes adultes qui ont enchaîné bourses, petits boulot, fac, galères diverses, licences eues un peu à l'arrache (bah oui faire sa licence et la fermeture du macdo tous les soirs, pour pouvoir bosser, c'est pas top). Alors non l'info ils ne l'ont pas trop. Ils sont un peu paumés malgré leur bonne volonté et ils essaient vaille que vaille de suivre leurs rêves (ce qui n'est pas pendable) en intégrant petit à petit le principe de réalité. Et ce n'est pas évident, car souvent, à la fac, leur directeur de mémoire, leurs profs en général, ont souvent répété "quand vous serez chercheur" (il y aurait d'ailleurs à redire sur les directeurs de recherche qui laissent croire leurs étudiants qu'ils auront tous un poste, Dieu merci ça existe de moins en moins).

On pourrait la jouer Darwin "laissez-les se démerder, ils prendront des initiatives", mais un peu d'aide de la part des plus âgés n'est pas une mauvaise chose non plus.

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It took me forty years to realize this. But for guys like us... our lives aren't really our own. There's always someone new to help. Someone we need to protect. These past few years, I fought that fate with all I had. But I'm done fighting. It's time I accept the hand I was dealt. Too many people depend on us. Their dreams depend on us.

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Cléopatra2
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par Cléopatra2 le Mar 3 Sep 2019 - 9:14
@Zagara a écrit:Ben c'est normal puisque le rôle d'une prépa concours est de préparer aux exercices du concours. Pas d'orienter en cas d'échec, de recueillir le vague à l'âme des candidats ou de parler de ce qu'ils feront s'ils réussissent le concours.
C'est une forme de mise en responsabilité des candidats : la prépa fait ce qu'elle doit faire et c'est au candidat de choisir en conscience cette voie et de se ménager des plans B/C/D en cas d'échec.

Tout à fait. Est-ce que les prépas aux concours du ministère des finances fournissent une attestation de préparation (mais pour quoi faire?) ou aident les gens à s'orienter en cas d'échec?
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par Cléopatra2 le Mar 3 Sep 2019 - 9:17
@jésus a écrit:C'est une bonne chose. A mon époque, ça n'existait pas du tout.
Là, mon exemple, c'était 2 agrégatifs sur 30 ( voire plus) qui avait quelque chose à la fin d'année, les autres, on ne se connaît pas, on rentre chez nous et on se morfond seul dans notre coin.
J'avais trouvé cela "léger" à l'époque alors qu'on nous présentait comme l'élite toute l'année...bref

Je dois être vraiment réac, mais à un moment on est adulte et on cherche des solutions. Quand on sait qu'on passe un concours où le taux de réussite est très faible, on a un plan B dès le début. Ce n'est pas toujours à la fac ou aux autres de faire le travail à sa place. Il y a aussi des CIO.
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par Cléopatra2 le Mar 3 Sep 2019 - 9:24
@Elaïna a écrit:Kimberlite, je pense quand même qu'il est important de se soucier un peu de l'avenir des jeunes L1 qui déboulent à la fac.
J'ai un copain qui a passé une partie de sa charge d'ATER à l'UFR d'histoire de Paris-IV à expliquer à de jeunes étudiants que, non, tous ne deviendraient pas Indiana Jones ou Emmanuel Le Roy Ladurie, et donc qu'il était quand même important de se préparer un plan B. Il était évidemment un briseur de rêve pour pas mal de jeunes étudiants mais force est de constater que si la Sorbonne se préoccupait de mettre cet enseignement en place, c'est peut-être parce que ce n'est pas si évident pour des jeunes de 18-20 ans d'envisager leur plan de carrière, et qu'il n'est pas forcément souhaitable qu'une fac laisse sortir des gens sans boulot avec juste un joli diplôme.
A titre personnel, j'ai fait une "voie royale" : prépa, grande école, agrégation, et je suis devenue professeur, je n'ai jamais vraiment eu à me soucier du chômage ou du manque de qualification, tout s'est enchaîné assez vite. Mon seul moment de flottement a duré un mois et demie, quand j'ai raté l'agrég la première fois et que j'ai dû me trouver des petits contrats le temps que mon école me trouve un contrat d'allocation de recherche. Mais j'ai eu de la chance.
Là dans la prépa intégrée de l'établissement où j'officie, je vois beaucoup de jeunes adultes qui ont enchaîné bourses, petits boulot, fac, galères diverses, licences eues un peu à l'arrache (bah oui faire sa licence et la fermeture du macdo tous les soirs, pour pouvoir bosser, c'est pas top). Alors non l'info ils ne l'ont pas trop. Ils sont un peu paumés malgré leur bonne volonté et ils essaient vaille que vaille de suivre leurs rêves (ce qui n'est pas pendable) en intégrant petit à petit le principe de réalité. Et ce n'est pas évident, car souvent, à la fac, leur directeur de mémoire, leurs profs en général, ont souvent répété "quand vous serez chercheur" (il y aurait d'ailleurs à redire sur les directeurs de recherche qui laissent croire leurs étudiants qu'ils auront tous un poste, Dieu merci ça existe de moins en moins).

On pourrait la jouer Darwin "laissez-les se démerder, ils prendront des initiatives", mais un peu d'aide de la part des plus âgés n'est pas une mauvaise chose non plus.

En L1 OK, mais quelqu'un qui passe les concours pour devenir enseignant, ben, il passe un concours de recrutement et après il sera en posture d'adulte et d'accompagnant à son tour. Après dans ma fac, il y a donc maintenant 19 ans, personne ne nous disait qu'on allait être chercheur. En revanche, oui, on nous parlait du CAPES et de l'agreg. Mais là encore on ne nous vendait pas du rêve. Je n'ai pas pu m'inscrire en DEA parce que j'avais raté l'agreg et le professeur qui m'intéressait ne prenait que les lauréats, car il savait qu'après c'était mort de chez mort pour le recrutement, et personne ne nous le cachait. Alors soit j'étais dans une fac de rêve (je dubite je dubite) soit les gens parfois ne veulent pas entendre (et ça me paraît plus crédible).
Enfin là du coup, on ne parlait donc pas de mignons étudiants perdus de 18 ans, mais de candidats d'au moins 22 ou 23 ans.
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par jésus le Mar 3 Sep 2019 - 9:28
Oui, je pense que , en l'occurrence, quand l'Etat met si peu de postes aux concours , et pour rappel au moment où s'inscrit , on ne connaît pas le nombre de poste à pourvoir , on a la décence de prendre du temps ou de faire une information à destination des recalés, qui représente, après le capes et l'agrégation, au moins 75% d'une promo. C'était une hécatombe, même des élèves de l'ENS se retrouvaient sans rien...même les profs se sont émus de la situation...
Si l'entrée ou non dans le métier commence comme cela, on imagine le reste de la carrière de prof.
Beaucoup ont pensé tu rates les concours = t'es qu'une merde, tant pis pour toi.

Moi, j'ai fait le nécessaire et je me suis ménagé une porte de sortie, et je l'ai trouvée. Mais, aujourd'hui, j'aurai apprécié être sûr d'avoir toutes les infos en main pour faire le bon choix. J'ai fait mes recherches selon mes centre d'intérêts. C'était fastidieux en comparaison ( j'en ai discuté avec d'autres membres de mon master 2) d'autres personnes plus renseignées ( oui, c'était le cas dans d'autres sections.) J'ai dû faire deux fois plus de candidatures qu'il ne fallait, etc. In fine, j'ai postulé sur 7 masters qui se ressemblaient sans savoir lequel était le mieux ou s'ils étaient "bankables". Je suis allé au premier qui m'a dit oui après un entretien ( est-ce la bonne démarche?)

Dans d'autres sections, après mon master 2 pro, j'ai continué à être en contact avec mes anciens professeurs pour m'aiguiller professionnellement ou pour parler de reprise d'études, et c'était une bonne chose. Un ancien prof est venu prendre l'apéro chez moi, il répondait à mes mails, nous encourageait dans notre création d'association d'anciens étudiant. Bref, un peu plus de suivi.
En philo, ici, en dehors des incantations à la prise de responsabilité individuelle, rien. Un de mes meilleurs amis a fini en dépression , et s'en sorti parce que sa copine l'a soutenu, pas parce que quelqu'un à la fac lui a dit qu'il n'était pas perdu car il y avait des solutions de sortie.
C'est parce que j'ai connu l'inverse complet de cette attitude, dans une autre fac de la ville, que je me dis qu'une autre voie est possible.
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jésus
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par jésus le Mar 3 Sep 2019 - 9:44
@stench a écrit:
@jésus a écrit:
Là, mon exemple, c'était 2 agrégatifs sur 30 ( voire plus) qui avait quelque chose à la fin d'année, les autres, on ne se connaît pas, on rentre chez nous et on se morfond seul dans notre coin.
J'avais trouvé cela "léger" à l'époque alors qu'on nous présentait comme l'élite toute l'année...bref

S'il suffit d'être inscrit en prépa agreg pour être l'élite, elle est constituée de beaucoup de monde Razz Encore si on la réussit à la fin, et même là abi

C'était le discours de l'ENS Lyon...


Dernière édition par Danska le Mar 3 Sep 2019 - 11:02, édité 1 fois (Raison : correction balises de citation)
Elaïna
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par Elaïna le Mar 3 Sep 2019 - 10:04
Nan mais je suis d'accord sur le principe Cléopatra. Evidemment qu'il y a des gens qui ne veulent rien entendre, ou alors seulement ce qui les arrange (le DR qui promet un poste par exemple). C'est clair qu'on croise aussi beaucoup de profs qui font le job et que certains refusent de croire au principe de réalité. Je me rappelle de cette géographe qui nous préparait à l'agreg à l'ENS, et qui répétait "je vous rappelle que vous enseignerez en lycée ou en collège hein, si c'est pas ce que vous voulez, dépêchez-vous de passer d'autres concours, y'en a plein et des mieux payés en plus !".

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jésus
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par jésus le Mar 3 Sep 2019 - 10:58
Oui,
J'ai eu quelques profs qui portaient un discours du type " Passe ton Capes d'abord" et ce avant la masterisation. Avant de partir dans un " délire" recherche universitaire, prépa agrégation. Et l'idée, étant si vous êtes déjà juste concernant votre niveau de CAPES, pas la peine de vous frotter à l'agrégation. Si vous n'avez pas d'agrégation, cela va être compliqué de valoriser votre doctorat et de travailler dans le supérieur ensuite. Au milieu de cela, il faut vivre, manger, ne pas dépendre des parents à l'infini. Il faut mieux avoir son capes sans gloire et avoir des revenus que de rêver à la gloire d'une carrière universitaire qui va tourner court car on se sera dans la dèche. On prendra moins de risque à passer l'agrégation, à tenter une thèse si notre salaire de prof certifié nous attend ( même si ce n'est pas mirobolant, ça reste plus confortable qu'une bourse du Crous ou l'obole donnée par les parents...)
Sur le fond, il avait raison.

L'étudiant lambda, pas trop mauvais et motivé va vouloir tester son niveau avant de dire que la partie est perdue et se rendre compte de ce que c'est. Mais à ses risques et périls ou le rien, l'absence de débouchés.
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