Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Marie Laetitia
Enchanteur

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Marie Laetitia le Lun 13 Jan 2020 - 20:56
À te lire, j'ai l'impression (mais je me trompe peut-être) que tu as fait la même erreur que beaucoup d'étudiants: ce qu'il fallait pour passer d'année en année, sans donner le maximum de tes capacités. Maintenant qu'il faut vraiment être à fond, tu mesures tout ce que tu n'as pas acquis et tu peines à fournir les efforts et la rigueur demandés.

Personnellement, je n'ai pas senti de grande différence entre la licence et la prépa des concours. Et mes résultats, au moins aux écrits, (même si je peux confesser avoir échoué deux fois à l'oral de l'agrég pour plusieurs raisons) me font penser que mes efforts n'étaient pas totalement déconnectés des attentes.
Marie Laetitia
Marie Laetitia
Enchanteur

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Marie Laetitia le Lun 13 Jan 2020 - 21:02
@Fixfaure a écrit:
Et l'agrégation étant une spécificité française qui évalue (grosso modo) l'emmaganisement d'une grande quantité de connaissances en un temps assez court, avec l'idée derrière de construire à partir de ces données des dissertations, commentaires de textes et exposés avec des règles très codifiées, je me permets de penser que cela n'évalue pas, ou très peu 1) la capacité à faire cours à des élèves du secondaire (vu que c'est le but "officiel" du concours), 2) la capacité à effectuer des travaux de recherche (le but "officieux" du concours). La quasi-totalité des pays du monde se passent du concours de l'agrégation et je n'ai pas le sentiment que leurs professeurs et leurs chercheurs sont médiocres. Il y a juste d'autres biais de sélection, l'agrégation en étant finalement un parmi d'autres, avec son historicité particulière, ses avantages et ses inconvénients. Mais elle existe, n'est à mon avis pas prête de disparaître et il n'est de toute façon pas de ma responsabilité d'émettre une sentence sur sa pérennité. Ce sont les règles du jeu et il faut s'y plier bon gré mal gré.

Je suis très dubitative pour ces deux affirmations. Cela donne une culture et une aisance dans sa discipline qui sont extrêmement utiles face aux élèves, au moins les plus curieux et les plus intellectuellement capables (dès la 6e).
Et pour avoir préparé des disserts et des commentaires à haute dose en faisant ma thèse, j'ai le sentiment que cela m'a appris la rigueur la plus extrême et l'efficacité dans l'argumentation, ce qui m'a été très utile pour la recherche.

Je ne dirai pas que l'agrég est irremplaçable et qu'un chercheur étranger a forcément quelque chose en moins mais je dis que nous perdrions beaucoup, en France, sans ce concours. Même si, le nez dans le guidon, on a le sentiment que tout savoir sur les dynasties machin-chose de vieux siècles poussiéreux, cela ne nous servira jamais.
Hélas, j'ai peur que ce concours n'existe plus très longtemps, pour ma part, sa disparition étant servie par des discours regrettables sur son inutilité.

_________________
 Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Dlb10
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
bas-médiéviste
bas-médiéviste
Niveau 7

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par bas-médiéviste le Lun 13 Jan 2020 - 21:05
Est-on sous-noté en prépa agreg ?

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 1427763993 Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 346737548

Non, mais sans blague !!! Evidemment qu'on est sous-noté.

Je comprends l'utilité des interventions de ceux qui dédramatisent le concours pour rasséréner l'auteur de ce fil qui, à mon sens, se pose de manière courageuse les bonnes questions. Mais s'il vous plaît, on ne peut pas soutenir décemment que la préparation de l'agrégation d'histoire laisse du temps de repos et génère un état psychologique normal. La charge de travail est considérable. La pression à l'avenant. J'ai vu deux étudiantes faire des crises d'angoisse en amphi Richelieu. La première poussait des gémissements haletants. C'était très impressionnant. Comme elle était sur les gradins derrière nous, on ne la voyait pas, et la nature du bruit était très équivoque... Elle a été prise en charge par les pompiers. Je ne suis pas prêt de l'oublier !  Alors le "ce n'est pas si terrible", hein !
S'il y en a qui passent par là et lisent que l'agrégatif d'histoire n'est finalement qu'un étudiant comme un autre, ils pourraient bien avoir quelques surprises s'ils leur prenaient l'envie de s'inscrire au concours.

Il y en a qui vivent très mal le stress et qui se laissent détruire ! Certains tiennent avec les médicaments. D'autres avec l'alcool. C'est peut-être dérangeant et vilain, mais c'est une réalité. Si passer un concours génère autant de mal-être, franchement, il vaut mieux s'arrêter avant de mettre en danger sa vie.

_________________
Sacrifice des enseignants : l'impossible étant déjà fait, pour les miracles prévoir un délai.
Elaïna
Elaïna
Esprit sacré

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Elaïna le Lun 13 Jan 2020 - 21:18
Ben en ce qui me concerne je n'ai pas dit le contraire - et je ne faisais pas la maligne pendant mes années d'agrégatives.

Après oui certains gèrent très mal le stress mais de là à dire que c'est la faute aux profs qui sous-notent, il y a un pas que personnellement je ne franchirais pas. Il y a aussi des élèves qui justement découvrent avec horreur qu'ils n'ont pas le niveau que leurs notes reflétaient. Et pour avoir discuté avec des copains MCF qui ont clairement pour consigne de mettre des notes supérieures à 15 pour que l'ufr ne ferme pas, je sais qu'il est très courant de sortir de L3 avec des super notes en ayant un niveau pourri. Je m'occupe de former des élèves dans une prépa intégrée d'un établissement du supérieur (pas pour l'agreg, pour un autre concours), je vois des copies d'étudiants ayant un M1 voire un M2, vraiment très très mauvaises parfois : une culture historique très pauvre, des contresens dramatiques, une historiographie datant du crétacé, une géographie plus qu'approximative... et ce sont des élèves qui ont été sélectionnés sur dossier, qui avaient donc de bonnes notes, et très volontaires par ailleurs. Ils tombent de haut quand je leur explique qu'ils sont complètement à l'ouest, pour le concours visé (catégorie A) mais aussi pour les autres (B voire C) tellement c'est pauvre. Je ne sous-note pas. Mais je ne fais que constater qu'il y a des gens qui arrivent au niveau M1 avec un bon dossier sans faire la différence entre Angleterre et Royaume Uni, en croyant que la Prusse et la Russie c'est pareil, en étant encore capable de faire un paragraphe entier sur Louis XV qui a dit après moi le déluge, etc.


Dernière édition par Elaïna le Lun 13 Jan 2020 - 21:26, édité 1 fois

_________________
J'ai un nouveau clavier, mes messages ont donc des points maintenant !!!
Marie Laetitia
Marie Laetitia
Enchanteur

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Marie Laetitia le Lun 13 Jan 2020 - 21:19
Je ne crois pas que personne ait dit "c'est pas si terrible".

Honnêtement, j'ai bossé comme une damnée pour l'agrég. Autant que je pouvais. Le stress ne m'a pas fait faire de crises d'angoisses (ça, j'ai connu en fin de thèse, merci à la *** qui m'a servi de chef d'établissement à ce moment-là), il a provoqué chez moi d'autres effets pas franchement sympathiques.

Mais ça n'a pas été plus éprouvant que mon année de licence (où on s'est pris, pour cause de passage à la semestrialisation et choix (?) de maquette) les quatre majeures de licence à valider au premier semestre. Je me souviens avoir pleuré d'épuisement en licence, après 11 ou 12h de travail quotidien, et m'être retrouvée dans des états de désespoir monstrueux face au travail. Tout dépend donc des conditions dans lesquelles on fait fait les années avant les concours, par conséquent.

Après, être désespéré, se sentir nul, ce n'est pas la même chose que dire que l'agrég impose des épreuves, un niveau de connaissances qui ne nous serviront pas.

_________________
 Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Dlb10
Si tu crois encore qu'il nous faut descendre dans le creux des rues pour monter au pouvoir, si tu crois encore au rêve du grand soir, et que nos ennemis, il faut aller les pendre... Aucun rêve, jamais, ne mérite une guerre. L'avenir dépend des révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L'avenir ne veut ni feu ni sang ni guerre. Ne sois pas de ceux-là qui vont nous les donner (J. Brel, La Bastille)


Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. [...] Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...


Et on ne dit pas "voir(e) même" mais "voire" ou "même".
DesolationRow
DesolationRow
Monarque

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par DesolationRow le Lun 13 Jan 2020 - 21:26
Je ne sais pas ce qu'il en est pour l'histoire. Je prépare des étudiants à l'agrégation de LC, les notes que je mets sont en effet nettement inférieures à ce que je donne en licence (mais bon, les notes en licence, honnêtement, Rolling Eyes souvent), mais c'est à l'agrégation que j'ai l'impression de noter de la manière la plus "juste", i. e. que je mets des notes qui me semblent refléter le plus honnêtement le niveau que l'on peut attendre d'étudiants à ce stade de leur cursus.

DesolationRow
DesolationRow
Monarque

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par DesolationRow le Lun 13 Jan 2020 - 21:31
@Marie Laetitia a écrit:
@Fixfaure a écrit:
Et l'agrégation étant une spécificité française qui évalue (grosso modo) l'emmaganisement d'une grande quantité de connaissances en un temps assez court, avec l'idée derrière de construire à partir de ces données des dissertations, commentaires de textes et exposés avec des règles très codifiées, je me permets de penser que cela n'évalue pas, ou très peu 1) la capacité à faire cours à des élèves du secondaire (vu que c'est le but "officiel" du concours), 2) la capacité à effectuer des travaux de recherche (le but "officieux" du concours). La quasi-totalité des pays du monde se passent du concours de l'agrégation et je n'ai pas le sentiment que leurs professeurs et leurs chercheurs sont médiocres. Il y a juste d'autres biais de sélection, l'agrégation en étant finalement un parmi d'autres, avec son historicité particulière, ses avantages et ses inconvénients. Mais elle existe, n'est à mon avis pas prête de disparaître et il n'est de toute façon pas de ma responsabilité d'émettre une sentence sur sa pérennité. Ce sont les règles du jeu et il faut s'y plier bon gré mal gré.

Je suis très dubitative pour ces deux affirmations. Cela donne une culture et une aisance dans sa discipline qui sont extrêmement utiles face aux élèves, au moins les plus curieux et les plus intellectuellement capables (dès la 6e).
Et pour avoir préparé des disserts et des commentaires à haute dose en faisant ma thèse, j'ai le sentiment que cela m'a appris la rigueur la plus extrême et l'efficacité dans l'argumentation, ce qui m'a été très utile pour la recherche.

Je ne dirai pas que l'agrég est irremplaçable et qu'un chercheur étranger a forcément quelque chose en moins mais je dis que nous perdrions beaucoup, en France, sans ce concours. Même si, le nez dans le guidon, on a le sentiment que tout savoir sur les dynasties machin-chose de vieux siècles poussiéreux, cela ne nous servira jamais.
Hélas, j'ai peur que ce concours n'existe plus très longtemps, pour ma part, sa disparition étant servie par des discours regrettables sur son inutilité.

Je n'ai aucun doute sur le fait que les esprits éclairés qui pensent qu'on forme mieux les professeurs en vérifiant qu'ils savent faire autre chose, et que la maîtrise disciplinaire passe après la "capacité à faire cours" (ce qui n'a strictement aucun sens) auront la peau de l'agrégation à moyen terme (je suis optimiste de nature). Ce sera une vraie perte.
Fixfaure
Fixfaure
Niveau 1

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Fixfaure le Lun 13 Jan 2020 - 22:12
Attention, je n'ai pas opposé frontalement l'acquisition de connaissances et la capacité à les transmettre (et pour un public spécifique, les ados). Reconnaître qu'on nous enseigne à aucun moment comment gérer une classe et faire passer concrètement ce que l'on sait par le biais d'un programme dans la préparation (ni qu'on ne sera évalué là-dessus, où à la marge si l'on considère le jury de l'agrégation comme une "classe"... mouais...) d'un concours qui vise avant tout à arriver à un métier où l'on... enseignera à des ados, ce n'est pas signer un chèque en blanc pour ne plus rien apprendre mais juste mettre le doigt sur un problème que je ne suis pas le premier à soulever. Bien évidemment que la préparation du concours est formidable du point de vue de la culture générale historique, de l'approfondissement de certains points, et nourrira beaucoup notre capacité à concevoir des sujets et préparer nos élèves. Il n'empêche qu'entre les attentes demandées et ce à quoi on est destiné, il y a beaucoup de marge. Pour citer l'une de nos enseignantes (MCF) : "c'est quand même ballot que vous passiez un an à apprendre tout ça alors que l'année prochaine vous dessinerez des frises devant des 6e". Elle provoque, elle caricature, elle veut nous choquer, certes, mais au-delà de l'écume du propos choc, il y a du vrai. À titre d'exemple, juste pour évoquer le sujet de médiévale, qu'on ne me fasse pas croire qu'avant de découvrir la lettre de cadrage, plus de 1% des élèves (même des prépa sérieuses, même parmi les très bons) savaient qui était Michael Clanchy (le pape autour duquel a été construit le sujet) et avaient abordé de près ou de loin la question de la literacy au Moyen Âge. Et cela sans être des quiches en médiévale, bien au contraire.

Je rejoins sinon totalement bas-médiéviste sur la question de la pression et des problématiques de santé (ce qui ne fait pas pour autant des profs d'horribles sadiques ni du concours une montagne infranchissable, mais force est de constater qu'il demande, au-delà des connaissances exigées, des capacités de résistance qui ne sont pas données à tout le monde). Quant au point sur les médocs et l'alcool ahah (le plus gros tabou du thème je pense, et dont tout le monde se lave les mains)... une camarade de classe tombée dans ce trou noir était allée se confier à un responsable, qui n'a rien pu faire d'autre que de lui conseiller d'appeler Alcool Info Service, comme si c'était autre chose que la préparation qui l'avait fait tomber là-dedans... humhum
Elaïna
Elaïna
Esprit sacré

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Elaïna le Lun 13 Jan 2020 - 22:17
La mcf, si elle est pas contente, elle peut aussi filer sa place aux autres et aller justement faire des frises aux 6e. Mais c'est quoi cette mentalité ? Le bon grain qui tombe dans les cailloux ? Elle se prend pour qui ?

_________________
J'ai un nouveau clavier, mes messages ont donc des points maintenant !!!
Fixfaure
Fixfaure
Niveau 1

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Fixfaure le Lun 13 Jan 2020 - 22:20
Je te rassure, elle n'est pas représentative du corps professoral (et heureusement d'ailleurs). Mais ça a jeté un froid et on est nombreux à ressasser cette phrase alors que ça fait déjà des mois.
RogerMartin
RogerMartin
Esprit sacré

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par RogerMartin le Lun 13 Jan 2020 - 22:22
@Fixfaure a écrit:Quant au point sur les médocs et l'alcool ahah (le plus gros tabou du thème je pense, et dont tout le monde se lave les mains)... une camarade de classe tombée dans ce trou noir était allée se confier à un responsable, qui n'a rien pu faire d'autre que de lui conseiller d'appeler Alcool Info Service, comme si c'était autre chose que la préparation qui l'avait fait tomber là-dedans... humhum
C'était un excellent conseil, pour autant. Personnellement, je ne suis pas diplômée en accompagnement des addictions, et je ne crois pas que beaucoup de mes collègues universitaires le soient. Et si la fille était vraiment en train de devenir alcoolique, arrêter de préparer le concours n'aurait pas nécessairement réglé le problème. Je ferais exactement la même réponse, en suggérant également une visite aux urgences psychiatriques pour jeunes adultes de l'Hôtel-Dieu si j'ai l'impression que l'étudiant ne va pas bien sur le moment.

_________________
Yo, salut ma bande ! disait toujours le Samouraï.
I I love you User5899.
User 17706 s'est retiré à Helsingør. Sad
Strange how paranoia can link up with reality now and then.
DesolationRow
DesolationRow
Monarque

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par DesolationRow le Lun 13 Jan 2020 - 22:25
@RogerMartin a écrit:
@Fixfaure a écrit:Quant au point sur les médocs et l'alcool ahah (le plus gros tabou du thème je pense, et dont tout le monde se lave les mains)... une camarade de classe tombée dans ce trou noir était allée se confier à un responsable, qui n'a rien pu faire d'autre que de lui conseiller d'appeler Alcool Info Service, comme si c'était autre chose que la préparation qui l'avait fait tomber là-dedans... humhum
C'était un excellent conseil, pour autant. Personnellement, je ne suis pas diplômée en accompagnement des addictions, et je ne crois pas que beaucoup de mes collègues universitaires le soient. Et si la fille était vraiment en train de devenir alcoolique, arrêter de préparer le concours n'aurait pas nécessairement réglé le problème. Je ferais exactement la même réponse, en suggérant également une visite aux urgences psychiatriques pour jeunes adultes de l'Hôtel-Dieu si j'ai l'impression que l'étudiant ne va pas bien sur le moment.

+1.
Fixfaure
Fixfaure
Niveau 1

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Fixfaure le Lun 13 Jan 2020 - 22:29
Nous (ses amis, quelques camarades de classe) le lui avions déjà conseillé (précisions : elle continue le concours actuellement).
Mais je sais bien qu'un universitaire n'est pas habilité à "soigner" ni à donner des conseils en ce sens et que c'est un sujet très délicat.

Ce que je reproche à l'encadrement réside plutôt 1) dans le fait de faire comme ci ce problème n'existait pas alors que c'est un secret de Polichinelle (chez une minorité d'élèves préparant l'agreg certes, mais pas une petite minorité), 2) de ne pas aborder ce genre de sujets dans les réunions de début d'année (santé, alcool, médocs...), dans la mesure du possible.
avatar
Sanctuary
Niveau 1

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Sanctuary le Lun 13 Jan 2020 - 22:33
@Elaïna a écrit:
@Sanctuary a écrit:
Si je comprends bien ton message, comme l'un de ceux de l'initiateur de ce fil, (mais j'ai peut-être mal saisi) tu envisages uniquement que tes résultats actuels sont sous évalués. Il est également possible que vous ayez été surnotés, et que n'étant plus au milieu de condisciples médiocres, vous soyez enfin jugés à l'aune de vos compétences et savoirs réels.

Sur-évalué, sous-évalué, cela n'a pas grand sens en soi, surtout dans ma spécialité : je parlais de sous-notation par rapport au contexte universitaire dont on sort, non par rapport à un barème objectif possible duquel on s'éloignerait plus ou moins. Je ne sais pas comment noter et ne sais pas s'il est possible de le savoir, au-delà des cas extrêmes d'excellence ou de médiocrité ; seulement qu'il y a bien sous-notation des professeurs par rapport à leur évaluation personnelle afin de correspondre aux distributions de résultats du concours — de leur aveu même.

Et, comme je le précisais, ce n'est pas spécialement un mal. Mais ce n'est pas non plus la preuve d'un passage au domaine de la sainte notation objective après avoir été cajolé par des professeurs conciliants.

Que vaudrait sinon objectivement une copie ? La note que mettrait le professeur avec ses biais individuels ? La note plaçant l'étudiant en relation hiérarchique par rapport aux autres au risque de forcer les distinctions ? La note telle qu'elle serait attribuée dans le contexte d'un concours avec des contraintes plus ou moins valables et l'horizon d'un nombre limité de postes ?

Le problème est que jusqu'à présent tu as été évalué à la fac par rapport à un niveau attendu en L1, L2, L3, etc. Le professeur qui t'a mis un 18 pour ton année de L3 considère que tu as un super niveau pour la L3 mais pour l'agreg ben c'est pas ça. On n'évalue pas la même chose en fait.

Tu n'as pas compris mon message. Le présupposé selon lequel il y aurait une valeur objective des copies qui serait enfin découverte lors de la préparation aux concours ne tient pas.
DesolationRow
DesolationRow
Monarque

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par DesolationRow le Lun 13 Jan 2020 - 22:37
@Sanctuary a écrit:
@Elaïna a écrit:
@Sanctuary a écrit:
Si je comprends bien ton message, comme l'un de ceux de l'initiateur de ce fil, (mais j'ai peut-être mal saisi) tu envisages uniquement que tes résultats actuels sont sous évalués. Il est également possible que vous ayez été surnotés, et que n'étant plus au milieu de condisciples médiocres, vous soyez enfin jugés à l'aune de vos compétences et savoirs réels.

Sur-évalué, sous-évalué, cela n'a pas grand sens en soi, surtout dans ma spécialité : je parlais de sous-notation par rapport au contexte universitaire dont on sort, non par rapport à un barème objectif possible duquel on s'éloignerait plus ou moins. Je ne sais pas comment noter et ne sais pas s'il est possible de le savoir, au-delà des cas extrêmes d'excellence ou de médiocrité ; seulement qu'il y a bien sous-notation des professeurs par rapport à leur évaluation personnelle afin de correspondre aux distributions de résultats du concours — de leur aveu même.

Et, comme je le précisais, ce n'est pas spécialement un mal. Mais ce n'est pas non plus la preuve d'un passage au domaine de la sainte notation objective après avoir été cajolé par des professeurs conciliants.

Que vaudrait sinon objectivement une copie ? La note que mettrait le professeur avec ses biais individuels ? La note plaçant l'étudiant en relation hiérarchique par rapport aux autres au risque de forcer les distinctions ? La note telle qu'elle serait attribuée dans le contexte d'un concours avec des contraintes plus ou moins valables et l'horizon d'un nombre limité de postes ?

Le problème est que jusqu'à présent tu as été évalué à la fac par rapport à un niveau attendu en L1, L2, L3, etc. Le professeur qui t'a mis un 18 pour ton année de L3 considère que tu as un super niveau pour la L3 mais pour l'agreg ben c'est pas ça. On n'évalue pas la même chose en fait.

Tu n'as pas compris mon message. Le présupposé selon lequel il y aurait
une valeur objective des copies qui serait enfin découverte lors de la préparation aux concours ne tient pas.

Cf. ce que j'ai répondu plus haut. L'année d'agrégation est celle où il me semble donner aux copies les notes les plus "justes".
avatar
Sanctuary
Niveau 1

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Sanctuary le Lun 13 Jan 2020 - 23:09
Il me semble autrement.
avatar
CarmenLR
Fidèle du forum

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par CarmenLR le Lun 13 Jan 2020 - 23:20
L'agrég, c'est un concours qui donne accès à la possibilité d'exercer un métier en étant titulaire de la fonction publique et en en acceptant les avantages et les inconvénients, pas un étalon de mesure personnelle où on jugerait les cerveaux et les êtres.

C'est bien de l'avoir, et pour ça, il faut la passer, ce qui veut dire prendre le risque de ne pas l'avoir. (La Palisse et moi sommes de la même famille). Eh oui, rien n'est jamais certain, même le pire.
Et on peut, par ailleurs, prendre un certain plaisir à la préparer, mesurer la chance d'avoir la possibilité d'acquérir des méthodes efficaces et des connaissances disciplinaires très solides, dans un environnement stimulant, et ce, même sans être sûr de l'avoir. On peut aussi aimer travailler un sujet que l'on n'aime pas, et c'est une belle expérience.

Des concours très difficiles, il y en a d'autres : l'INP, l'ENA, l'ENSAE, médecine, le Conservatoire, le Barreau, la Magistrature... Dans tous les cas, la maîtrise disciplinaire demandée est apparement bien supérieure à celle exigée la plupart du temps (mais pas tout le temps) dans les tâches quotidiennes. Et alors ? Le quotidien des avocats n'est pas fait que de grands procès contre la peine de mort, loin s'en faut. Personne n'oserait dire que leur expertise est trop élevée pour les (petits) dossiers qu'ils traitent, et certainement pas leurs clients. Et les juges, etc.

Bref, les raisins sont toujours trop mûrs, pas mûrs, etc. Le concours sera toujours trop ceci ou pas assez cela. Certes. Tant d'arguments et un résultat : ne pas risquer de se confronter à l'échec (ou à la,réussite !). Passe le concours sans en faire un plat, un drame ou une maladie, et accepte le verdict et puis c'est tout, 😉 !

Et puis, si tu l'as, c'est bien aussi, et ce ne sera pas forcément "un malentendu" ou "une erreur du jury". L'orgueil revêt parfois les atours de la fausse modestie, 😉.

Accepte donc l'incertitude, apprends à gérer ton stress, et ne fais pas toi-même ton propre malheur.


Dernière édition par CarmenLR le Mar 14 Jan 2020 - 0:36, édité 3 fois (Raison : Ponctuation)
Ascagne
Ascagne
Expert

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par Ascagne le Mar 14 Jan 2020 - 0:25
@Elaïna a écrit:Et pour avoir discuté avec des copains MCF qui ont clairement pour consigne de mettre des notes supérieures à 15 pour que l'ufr ne ferme pas, je sais qu'il est très courant de sortir de L3 avec des super notes en ayant un niveau pourri.
Oui, cela existe dans les petits départements universitaires - où les profils des étudiants ne sont pas forcément les mêmes que dans les "gros" (certaines facs peuvent proposer par exemple la licence de telle discipline, mais pas le master, ou en tout cas pas de préparation à l'agrégation). On n'y note pas forcément exactement de la même manière que dans une grosse fac. Ce qui n'empêche pas aussi, dans n'importe quelle université, de pouvoir se retrouver devant les revendications d'étudiants qui estiment que leurs notes et leurs moyennes sont trop basses (j'ai vu ça en ancien français, et quelque chose me dit que la menace plane de ce côté-là pour les matières un peu techniques, à défaut d'autre terme).
En LC, passé de la préparation du concours A/L d'Ulm à la L3, je trouvais qu'en latin, mes enseignants étaient plus "gentils" que ce que j'avais vécu avec la notation de khâgne (type concours) ; pour l'agrégation, ils notaient conformément à ce que l'on pouvait attendre en année de préparation d'agrégation (de ce côté-là, passé par la khâgne, je n'étais pas décontenancé - à part en thème grec), mais j'ai gardé le souvenir de notes d'écrit de concours meilleures que durant l'année. Et alors même que j'avais parfois eu de gros doutes durant l'année, et pas le temps de m'entraîner très régulièrement à l'oral en explication de texte grec et latin, par exemple, mon résultat en grec m'avait tout à fait réconforté, et mon résultat en latin, tout à fait contenté... alors que peu auparavant, ça me semblait relever de l'adynaton (je n'avais pas une grande dose de confiance en moi) ! Certes, c'est une autre section, mais ça montre que ce n'est pas impossible.
avatar
jésus
Habitué du forum

Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP - Page 4 Empty Re: Dégoût de la préparation à l’agrégation d’histoire / Hésitation CAPES-CAFEP

par jésus le Mar 14 Jan 2020 - 13:52
Oui, sinon, avoir la méthodologie de la dissertation en tête est d'un appui considérable pour réussir les dissertations ou exercices approchant des concours de la fonction publique d'Etat ou territoriale.
Par exemple, moi, j'ai réussi un concours de la territoriale, et réussi un autre écrit de la territoriale, et ce, sans pratiquement avoir révisé avant. Une bonne culture générale et de la méthode suffit.
L'erreur, c'est de croire qu'on est pas capable d'autre chose que réussir les concours de l'enseignement avec son bagage universitaire. Et de croire qu'il n'existe aucun master pro qui voudrait d'un profil enseignant.
Il faut toujours avoir une autre corde à son arc, que soit un violon d'Ingres ou un vrai double cursus en cas d'échec au concours. Voire être en capacité d'enseigner une autre matière que la sienne.
( C'est le cas en philosophie. Quand tu vois les 46% de réussite au capes de lettres en comparaison des 11 % de réussite en philo, et 7% à mon époque, on se dit qu'on a peut être choisi la mauvaise matière. De ce fait, je connais des anciens élèves de philo reconvertis dans l'enseignement des lettres/histoires, lettres, anglais, voire math)
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum