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Mcready1
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Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par Mcready1 Ven 21 Fév 2020 - 8:01
Bravo à toi.

C'est un truc auquel je commence à penser depuis quelques mois (un an ou deux, à vrai dire). Bon courage. Very Happy
shadowoflife
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Érudit

Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 8:22
Je pense à un besoin réel du fait de la spécificité de mon village (collège international, technopole internationale...). De plus, notre école est un gros groupe scolaire : 300 enfants en maternelle, 600 en élémentaire, ça fait pas mal de possibilités. Je n'ai pas encore de notoriété, je me suis contentée de diffuser l'information d'une nouvelle activité périscolaire sur la page Facebook de mon village. J'ai fait faire des affiches mais je n'ai pu les afficher que le 14 février sur les panneaux de l'école, jour des vacances, donc elles porteront leurs fruits à la rentrée. J'ai organisé des portes ouvertes il y a quelques semaines, avec cours d'essai gratuits qui étaient pleins avec juste une annonce Facebook sur la page de mon village. 100% des effectifs de ces cours d'essai se sont ensuite véritablement inscrits, et le bouche à oreille a fait le reste. Je touche donc pour le moment seulement les gens inscrits sur la page Facebook (et quelques proches à qui ils en ont parlé après le cours d'essai), et pourtant j'en suis à plusieurs dizaines d'inscrits. Quand l'info aura circulé dans l'école, il va me falloir gérer les retombées du bouche à oreille et peut-être ouvrir plus rapidement que prévu les créneaux de la pause méridienne que la mairie voulait proposer en septembre... Mais je ne vais pas m'en plaindre !

En fait, dès le plus jeune âge ici, il est d'usage d'apprendre l'anglais pour espérer intégrer la section internationale du collège du village puis continuer au lycée international qui a une grande renommée. J'ai plusieurs parents qui m'ont contactée pour réserver une place pour septembre 2020 car ils ont déjà un prof particulier mais préfèrent la prise en charge que je propose. Je m'attends donc à de nombreuses inscriptions en septembre, d'autant plus que je vais participer au forum des associations où les enfants s'inscrivent à toutes les activités extrascolaires, donc je me ferai encore davantage connaître à ce moment-là.

Après, je bosse sur ce projet depuis novembre et je pense m'être donné les moyens de le rendre attractif : convention avec la mairie pour aller récupérer les enfants dans l'école, partenariat avec Cambridge me permettant de fournir à chaque élève un code afin d'accéder à une plateforme d'e-learning pour parfaire leur formation depuis chez eux (j'ai accès à leurs activités via un code de classe qu'ils doivent entrer en plus du code personnel), formation axée sur les workbooks Cambridge pour jeunes enfants, qui sont très qualitatifs et suivent exactement le programme de l'examen d'entrée en section internationale, ENT Klassroom (je ne sais pas si vous connaissez mais c'est génial, totalement gratuit et à mi-chemin entre Pronote et Facebook) où les parents s'inscrivent pour suivre en direct la vie des ateliers (infos, appel des élèves, photos, documents de travail...). Je demande 30 euros par mois pour les élèves de maternelle et 40 euros pour ceux d'élémentaire, tout compris (donc en moyenne entre 7,5 et 10 euros de l'heure), et sans engagement. C'est le prix que demandent les profs particuliers pour une heure de cours, par ici. Alors certes ils sont 10 / 12 par atelier, mais l'émulation et la participation en groupe leur est très bénéfique. Et puis, le fait que ce soit "couvert" par la mairie et les écoles rassure les parents, autant que l'étiquette "prof certifiée d'anglais". Il y a une société pas loin qui propose des ateliers en anglais le samedi matin pour 1500 euros l'année payables à l'avance, par des dames qui certes parlent anglais mais font plus de l'animation (dessin, danse... en anglais) qu'un cours à proprement parler... Donc clairement, j'ai tenté de faire "mieux" que mes concurrents, en beaucoup moins onéreux.
Clecle78
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Grand sage

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par Clecle78 Ven 21 Fév 2020 - 8:41
Quand je lis tes messages je me dis que ton départ signe le gâchis de l'éducation nationale. Tu as l'air d'être une super prof en plus d'une super entrepreneur.Ça m'interpelle aussi au delà de ton cas particulier. Finalement c'est peut-être le futur qui nous attend, une forme d'uberisation de l'enseignement ou chacun devra se débrouiller par lui même...
shadowoflife
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 8:54
C'est très gentil. Je pense avoir été une bonne prof notamment à mes débuts où j'y croyais dur comme fer, à cette mission de service public. Je proposais des cours qui accrochaient bien les élèves, il y avait beaucoup de participation et les élèves venaient je pense avec plaisir en anglais... Je ne comptais pas mes heures pour les préparations de cours, j'adorais ça (un été, j'ai préparé intégralement toutes mes séquences de l'année, à raison de 6h par jour... mais j'aimais ça, je n'avais pas l'impression de travailler !). J'avais de très bons retours des parents, qui trouvaient que leurs enfants progressaient beaucoup. J'ai toujours adoré me fixer des challenges, trouver des astuces pour notamment les élèves en grande difficulté ou sans bases, faire de la différenciation, proposer des supports attractifs. Malheureusement, la machine EN m'a broyée. Je ne supportais plus cette infantilisations, ces petits chefs imbus d'eux-mêmes, ces collègues qui, parce que tu es "populaire" auprès des élèves, tentent de te faire les pires crasses parce qu'ils sont aigris par le métier (ce sont ceux-là qui, en premier, ont éteint un truc en moi : je me suis heurtée à ce genre de personnages dans mon premier poste, et à la suite de cela je me suis beaucoup moins investie pour ne pas revivre ça), ces réunions qui ne servent à rien qu'on nous sert à toutes les sauces, ces classes surchargées où parfois tu n'as pas assez de chaises pour tout le monde, cette impunité qui a fait que peu à peu l'incivilité s'est installée même dans les bons établissements, ces tâches administratives qui deviennent presque le coeur du métier... Pour ne pas finir aussi aigrie que certains collègues rencontrés en début de carrière, que je comprenais presque les années passant, je me suis barrée. Pas question de tenter d'en faire le moins possible comme cela m'a été conseillé "pour tenir", ça ne colle tout simplement pas à ma personnalité. J'ai besoin que tout soit fignolé, de savoir où je vais et de croire en ce que je propose. Je ne sais tout simplement pas enseigner autrement, je ne sais pas "m'en foutre", et quand on voit nos conditions de travail et de salaire, on arrive à un paradoxe : plus question de se donner corps et âme pour ÇA. L'EN ne mérite pas qu'on se plie en quatre. A y réfléchir, je crois que peu à peu c'est le statut de fonctionnaire qui ne m'a plus convenu. Un IPR m'a dit un jour que j'en faisais trop, devant mes préparations de cours au cordeau et tous les projets menés, que je ne tiendrais pas longtemps à ce rythme et que je ferais bien de lever le pied, que j'étais "juste une prof", et que donc j'avais le droit de moins en faire. Je lui avais répondu que la progression de mes élèves me suffisait en contrepartie, que j'éprouvais encore assez de plaisir à être en classe et préparer des choses pour compenser les efforts fournis. Force est de constater qu'il avait raison : je n'ai pas tenu le rythme et je me suis dégoûtée du métier, jusqu'à n'en voir que les aspects négatifs.

Moi ce que je voulais, c'était enseigner et basta, du mieux possible certes, quitte à dégager une énergie folle et un temps incroyable certes, mais ça m'a convenu un temps. C'était de moins en moins le cas ces dernières années. Là au moins je ne fais que ça : préparations de supports de cours et cours à proprement parler.

Le turning point a été la naissance de mon premier fils : c'est facile de bosser 60h par semaine quand tu n'as pas de gosses, beaucoup moins quand tu deviens responsable d'une vie et que ce petit être devient ta priorité absolue. Il a bouleversé mes certitudes et a remis les pendules à l'heure. Temps partiels, beaucoup moins de temps accordé aux préparations de cours... et de la souffrance au travail. Puis le deuxième est arrivé et a amplifié le phénomène. Bref, voilà pour le parcours !


Dernière édition par shadowoflife le Ven 21 Fév 2020 - 9:24, édité 5 fois
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Cath
Bon génie

Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par Cath Ven 21 Fév 2020 - 8:55
Bravo à toi en tout cas, et bonne continuation !
Haku
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Niveau 5

Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par Haku Ven 21 Fév 2020 - 10:02
C'est un beau témoignage que tu nous offres là @shadowoflife Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 909533791 ça donne envie !

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"L'intelligence, ça n'est pas ce que l'on sait mais ce que l'on fait quand on ne sait pas", Jean PIAGET
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pailleauquebec
Fidèle du forum

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par pailleauquebec Ven 21 Fév 2020 - 10:06
Tout cela est passionnant, n'hésite pas à nous tenir au courant dans quelques mois, quand tu auras un peu de recul.
Merci pour ton témoignage positif qui va certainement en aider beaucoup.

Je me reconnais un peu dans ton parcours. Et je n'avais jamais envisagé de quitter le paquebot, mais j'ai beaucoup de chance (un collège très tranquille) et j'ai l'agreg. ce qui change la paie et les conditions d'exercice.
shadowoflife
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 10:32
J'ai tenté d'avoir l'agreg plusieurs fois. Tri-admissible à l'externe mes premières années, puis j'ai laissé tomber (passer à 1,5 points sur 140 du Graal, ça calme). Je me dis que finalement, là encore, ça m'aura permis de ne pas hésiter à quitter mon carcan. Agrégée, j'y aurais repensé à deux fois. Certifiée, je n'ai pas hésité. Moi qui suis plutôt du genre à voir le verre à moitié vide, je me rends compte qu'un ensemble de facteurs a fait que je suis bien plus heureuse et épanouie aujourd'hui. Cette expérience m'a changée : je suis beaucoup plus sûre de moi, je me suis débarrassée de beaucoup de gens toxiques et j'arrive enfin à m'imposer comme une adulte. C'est assez dingue. J'étais enfermée dans un rôle, infantilisée pas seulement par l'institution mais par une posture dont je n'arrivais pas à sortir. Transformation radicale depuis que j'ai changé de vie. Comme quoi, le mal-être était profond.
DH
DH
Grand Maître

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par DH Ven 21 Fév 2020 - 11:13
Heureuse pour toi shadow. Dans ma petite ville du nord une prof d'anglais a fait comme toi. Ça cartonne. 100 EUR je crois le trimestre. Toute l'élite y met ses enfants. Très bien fréquenté donc. Ça fait quelques années et ça semble bien marcher.
musa
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Fidèle du forum

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par musa Ven 21 Fév 2020 - 11:21
Bravo et merci pour ton témoignage Shadowoflife! J'aimerais avoir le courage et l'énergie de sauter le pas moi aussi mais je me sens un peu comme tu le décris, infantilisée et engluée. Et puis je suis agrégée ,"risquophobe" (je reprends ton terme) et prof de lettres classiques. Je suis très souvent au bord de la rupture car comme toi, j'ai beau essayer je suis assez incapable de "m'en foutre" mais je n'arrive pas à avoir l'énergie de dégager. Je me sens prisonnière mais quand je suis au bord de prendre la décision de souffler au moins pendant un an de dispo pour au moins réfléchir (dispo qui peut m'être refusée puisque ma dernière a 8 ans), je vois les contraintes financières, je me représente tous les freins à une reconversion et je me décourage. Il y a un certain confort à rester ainsi englué; la phrase que j'ai le plus entendue dans les salles de profs c'est "on sait ce qu'on perd, on sait pas ce qu'on retrouve" et le plus souvent prononcée par des collègues qui objectivement n'avaient pas grand-chose à perdre vu de l'extérieur. Ca m'a souvent fait froid dans le dos et pourtant je suis moi-même atteinte par cet immobilisme. Même si c'est salutaire sûrement, partir demande un vrai courage que je t'admire d'avoir eu!
Petite question technique : n'est-ce pas compliqué de devoir donner des cours en dehors des horaires scolaires quand on a soi-même des enfants?
Durdurand
Durdurand
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par Durdurand Ven 21 Fév 2020 - 11:27
Bravo à toi, ça n'est pas donné à tout le monde
kiwi
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Monarque

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par kiwi Ven 21 Fév 2020 - 12:18
Félicitations shadow! Je me permets une question peut-être indiscrète au niveau de ta rémunération : combien degages-tu par mois pour combien d'heures et de "contrats" en cours particuliers et d'heures avec la mairie? Comment se passe la cotisation pour la retraite?

Je ne demande pas pour moi (bien que je sois dans le même état vis à vis de l'EN) car en HG aucun marché... mais pour mon conjoint en maths.
shadowoflife
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 14:20
Merci pour vos retours. Bien sûr, je continuerai à vous donner des nouvelles.

Musa, niveau horaires, mes cours particuliers se font tous sur des demi-journées où mon grand est à l'école et mon petit à la crèche (mardi matin, jeudi matin, vendredi début d'aprèm, lors de demi-journées non travaillées par mes élèves). Quant à mes ateliers, pour le moment ils ont lieu les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 16h30 à 17h30. Là aussi, c'est assez facile : mon grand vient à 2 ateliers (mardi et vendredi) et il a judo dans le dojo voisin de ma salle le lundi et le jeudi à la même heure, donc c'étaient de toute façon des heures occupées dans notre emploi du temps. Mon petit est en attendant à la crèche qui est de l'autre côté de la rue, sauf le lundi où c'est ma mère qui le garde. Donc je le récupère 3 soirs à 17h45 au plus tard.

Pour ce qui est des chiffres, aucun souci, je veux bien être transparente : j'ai 4 heures de cours particuliers par semaine, qui me rapportent en moyenne 650 euros par mois (certains mois à 800, d'autres à 500 car vacances), puisque je demande 35 euros de l'heure pour les ados et 50 pour les adultes (j'ai l'agrément "services à la personne" donc ils bénéficient de 50% de réduction d'impôts, ce qui fait que je peux me permettre de demander des montants intéressants). Et j'ai actuellement 44 élèves inscrits à mes ateliers, qui me rapportent très exactement 1640 euros par mois pour 4 heures de cours collectifs (12 maternelles à 30 euros et 32 élémentaires à 40 euros), tous les mois ce montant est fixe car la cotisation est mensuelle même s'il n'y a pas d'ateliers pendant les vacances. L'an prochain, je peux espérer doubler ce montant car j'ai déjà une grosse vingtaine d'inscrits en dehors de ces 44 élèves actuels qui vont certainement continuer pour la plupart, le bouche à oreille fera le reste, et on ouvrira des créneaux sur la pause méridienne. Donc c'est très rentable, l'heure de cours revient environ à 120 euros... Bon, ça c'est avant les taxes et les impôts, mais ça reste hyper intéressant question taux horaire...
Pour la retraite, j'avoue que c'est mon conjoint qui s'y connaît mieux que moi, mais une dispo pour enfant de moins de huit ans est prise en compte dans le régime fonctionnaire pour le calcul de la durée d'assurance, et je cotise aussi de mon côté via ma micro-entreprise.
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 14:36
Ah, et l'an prochain, je pense ouvrir des ateliers pour les ados (collégiens, lycéens) et les adultes car je commence à avoir de la demande.
Tous les chiffres que j'ai avancés ne concernent que mon village, sachant qu'un partenariat démarre dans 3 autres villages / villes en septembre 2020.
Marieke
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par Marieke Ven 21 Fév 2020 - 15:55
@shadowoflife a écrit:Merci beaucoup ! Ma micro-entreprise, c'est moi en fait (auto-entrepreneur), donc je ne suis pas salariée, je paie juste des taxes (la première année c'est dérisoire puis ça va crescendo jusqu'à 22% la 4e année). La micro-entreprise fait des factures à l'association pour la rémunération des ateliers, et aux élèves de cours particuliers directement. Ce sont les parents qui paient une cotisation mensuelle à l'association en ce qui concerne les ateliers. Je suis indépendante et ça me va très bien.
Bonjour,

Je ne suis pas certaine que cette organisation soit optimale pour le financement de ta retraite. Je ne sais pas si tu es à la CIPAV ou à au RSI, mais il faut valider un CA de minimum (respectivement) 12 030 € et 9 675 € pour valider 4 trimestres, et la retraite est peu intéressante. Il vaudrait mieux que tu sois salariée de ton association et tu continuerais à cotiser au régime général ainsi qu'à la retraite complémentaire. Une association peut nommer un directeur salarié, extérieur au conseil d’administration, qui peut percevoir un salaire. Le directeur sera soumis au régime classique des salariés. Dans ce cas, le directeur est forcément distinct du Président.
J'ai lu plus haut que tu pensais embauche. Encore une fois, cela a un coût non négligeable. Il vaut mieux signer un contrat de prestation de service avec un(e) professeur qui interviendrait en indépendant. Tu verses chaque mois sur facture le montant de la prestation et tu économises les CS.

Lorsque j'ai créé ma micro-société, j'ai été conseillée par un avocat spécialisé et je suis également aller voir le CFE. Cela m'a été très utile pour faire le tri des informations.
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 16:33
Je me suis fait aider par un expert-comptable (le parrain de mon fils cadet est commissaire aux comptes, c'est bien pratique), un juriste et un ami avocat, et vraiment, le montage opéré est de loin le plus intéressant. Pas envie de payer 45% de charges sociales en devenant salariée de mon association alors qu'en concluant un contrat de prestation de service entre l'association et la micro-entreprise, c'est celle-ci qui paie les taxes qui sont bien inférieures. Et puis, il y a bien longtemps que j'ai compris qu'au rythme où cela va, nous n'aurions pas de retraite ou si peu. Pourquoi parier sur un avenir incertain ? Je préfère donc engranger et mettre de côté aujourd'hui pour me constituer une retraite moi-même en complément de celle à laquelle j'aurai peut-être droit, plutôt que de cotiser à bloc et me retrouver sans rien dans trente ans. Pour ce qui est du CA à atteindre pour les 4 trimestres, j'y serai largement.

Pour l'embauche, je compte bien évidemment recruter des profs indépendants, pour les mêmes raisons. J'ai mal choisi mes mots, ils ne seront pas salariés. Comme moi, les futurs professeurs conclueront un contrat de prestation de service avec l'association. C'est le montage le plus économique.


Dernière édition par shadowoflife le Sam 22 Fév 2020 - 17:21, édité 1 fois
Marieke
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par Marieke Ven 21 Fév 2020 - 16:57
C'est vrai qu'à l'heure de cette loi scélérate, on ne sait plus sur quel pied danser. Continuer à cotiser, ou se faire son bas de laine ?
Toutefois, je crois profondément au régime par répartition, et j'entends beaucoup, ici et là, amis et collègues penser bas de laine. Si une majorité de salariés fait de même dans l'avenir, c'est le régime qui s'effondre. Parfois, je me dis que c'est ce qui est prévu/voulu.
En tout cas, ta reconversion donne envie. Surtout qu'elle permet de travailler à son rythme, et surtout, ce qui est le graal pour moi, avoir du temps. Un luxe...
Dire que l'EN est déjà une reconversion pour moi, j'ai passé une grande partie de ma vie professionnelle dans le privé, mais je n'en pouvais plus.
Mathador
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par Mathador Ven 21 Fév 2020 - 17:58
@Marieke a écrit:C'est vrai qu'à l'heure de cette loi scélérate, on ne sait plus sur quel pied danser. Continuer à cotiser, ou se faire son bas de laine ?
Toutefois, je crois profondément au régime par répartition, et j'entends beaucoup, ici et là, amis et collègues penser bas de laine. Si une majorité de salariés fait de même dans l'avenir, c'est le régime qui s'effondre. Parfois, je me dis que c'est ce qui est prévu/voulu.
Je n'ai pas attendu la réforme pour opter pour le bas de laine (bon je « cotise » aussi, mais on ne me laisse pas le choix). Hors de question que je sois assujetti à la nécessité de travailler en continu jusqu'à plus de 60 ans en ayant en permanence la trouille de la moindre bricole genre panne de chaudière.

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"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
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par shadowoflife Ven 21 Fév 2020 - 18:03
Je vois tout à fait ce que tu veux dire, Marieke. C'est vraiment une période difficile. Je continue à cotiser, mais vraiment j'ai une trouille bleue de ce qu'on nous prépare pour la suite, alors je préfère assurer un minimum pour plus tard, et notamment pour ne pas être une charge pour mes enfants. Aussi, j'ai vu beaucoup de gens tomber malades voire mourir quelques mois / années après la sacro-sainte retraite, et je me dis "tout ça pour ça"... Le vécu perso joue beaucoup dans ces considérations, j'en suis bien consciente. Du coup, je suis davantage carpe diem que postero die...
Panta Rhei
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Érudit

Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par Panta Rhei Ven 21 Fév 2020 - 22:22
@shadowoflife a écrit:Aussi, j'ai vu beaucoup de gens tomber malades voire mourir quelques mois / années après la sacro-sainte retraite, et je me dis "tout ça pour ça"... Le vécu perso joue beaucoup dans ces considérations, j'en suis bien consciente. Du coup, je suis davantage carpe diem que postero die...

Comme tu as raison! Sans compter le fait d'être en vie tout cours ET sans aucune limitation que le handicap et/ou les maladies chroniques entraînent! Finalement, tu dis tout dans ton carpe diem et c'est pour cela que tu as pris la bonne décision, celle qui te permet d'être heureuse au travail et à la maison. aai

_________________
Signature:
'Don't you find yourself getting bored?' she asked of her sister. 'Don't you find, that things fail to materialise? NOTHING MATERIALISES! Everything withers in the bud.'
'What withers in the bud?' asked Ursula.
'Oh, everything—oneself—things in general.'
First Page of Women in Love, D. H. Lawrence
Olympias
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Prophète

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par Olympias Ven 21 Fév 2020 - 22:45
Quand je vois la destruction programmée de tout ce en quoi nous avons cru, je comprends ton choix shadow. J'ai toujours envie de faire ce métier mais c'est aussi parce que j'ai des dérivatifs : je participe à des colloques, j'écris des articles. Et par les temps qui courent il vaut mieux être propriétaire même si tout n'est pas encore remboursé. Je vois chaque année un ou deux collègues qui quittent l'éducation nationale et il faut vraiment avoir assuré ses arrières avant de tirer sa révérence.
Kimberlite
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par Kimberlite Sam 22 Fév 2020 - 0:51
@Carabas a écrit:
@Kimberlite a écrit:Bravo Shadow!
Ton expérience donne à réfléchir. Dans mon domaine (sciences), je me demande si c'est jouable. Peut-être en ciblant tout ce qui est préparation aux concours (médecine, infirmier...).
Le concours d'infirmiers n'existe plus depuis un an (et c'est le destin de toute la filière paramédicale, à court ou à moyen terme), mais tu parles peut-être de donner des cours en IFSI.

Bravo, Shadow. Ton parcours est intéressant et donne matière à réfléchir.
Les cours en IFSI, c'est mal payé, et, à part intégrer l'IFSI lui-même (mais je ne sais pas si j'en ai les compétences)... par contre ils ont un certain pourcentage d'échec en première année. Faut que je me renseigne sur la sélection, sur ce qu'on peut proposer à ceux qui se lancent dans les filières médicales...

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Spoiler:
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Carabas
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Vénérable

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par Carabas Sam 22 Fév 2020 - 9:17
@Kimberlite a écrit:
@Carabas a écrit:
@Kimberlite a écrit:Bravo Shadow!
Ton expérience donne à réfléchir. Dans mon domaine (sciences), je me demande si c'est jouable. Peut-être en ciblant tout ce qui est préparation aux concours (médecine, infirmier...).
Le concours d'infirmiers n'existe plus depuis un an (et c'est le destin de toute la filière paramédicale, à court ou à moyen terme), mais tu parles peut-être de donner des cours en IFSI.

Bravo, Shadow. Ton parcours est intéressant et donne matière à réfléchir.
Les cours en IFSI, c'est mal payé, et, à part intégrer l'IFSI lui-même (mais je ne sais pas si j'en ai les compétences)... par contre ils ont un certain pourcentage d'échec en première année. Faut que je me renseigne sur la sélection, sur ce qu'on peut proposer à ceux qui se lancent dans les filières médicales...
C'est la 1ere promo sans concours. Avant, les prépa privées faisaient déjà un peu le tri, en imposant des stages et en préparant aux épreuves. Certains candidats décrochaient en se rendant compte que ce n'était pas pour eux. Ensuite, le concours lui-même filtrait un peu. Malgré cela, il y avait des abandons. Maintenant que ces 2 barrières ont disparu, ce doit être la Bérézina et les formateurs en IFSI doivent se rendre compte de la catastrophe en termes de niveau (des élèves qui ne savent pas écrire, qui ne savent pas faire un pourcentage, ignorant en biologie élémentaire...) et de maturité (Comment? Il faut travailler le week-end????) Il y a peut-être effectivement une carte à jouer. Mais les IFSI sont-ils prêts à financer des cours de remise à niveau?

_________________
Les chances uniques sur un million se réalisent neuf fois sur dix.

Terry Pratchett
roxanne
roxanne
Prophète

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par roxanne Sam 22 Fév 2020 - 9:41
Et toi, ça a un impact sur ton travail? Je sais que tu donnais pas mal de cours pour la prépa.
Kimberlite
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Expert

Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté - Page 3 Empty Re: Ma nouvelle vie : l'enseignement oui, mais en totale liberté

par Kimberlite Sam 22 Fév 2020 - 10:53
@Carabas a écrit:
@Kimberlite a écrit:
@Carabas a écrit:
@Kimberlite a écrit:Bravo Shadow!
Ton expérience donne à réfléchir. Dans mon domaine (sciences), je me demande si c'est jouable. Peut-être en ciblant tout ce qui est préparation aux concours (médecine, infirmier...).
Le concours d'infirmiers n'existe plus depuis un an (et c'est le destin de toute la filière paramédicale, à court ou à moyen terme), mais tu parles peut-être de donner des cours en IFSI.

Bravo, Shadow. Ton parcours est intéressant et donne matière à réfléchir.
Les cours en IFSI, c'est mal payé, et, à part intégrer l'IFSI lui-même (mais je ne sais pas si j'en ai les compétences)... par contre ils ont un certain pourcentage d'échec en première année. Faut que je me renseigne sur la sélection, sur ce qu'on peut proposer à ceux qui se lancent dans les filières médicales...
C'est la 1ere promo sans concours. Avant, les prépa privées faisaient déjà un peu le tri, en imposant des stages et en préparant aux épreuves. Certains candidats décrochaient en se rendant compte que ce n'était pas pour eux. Ensuite, le concours lui-même filtrait un peu. Malgré cela, il y avait des abandons. Maintenant que ces 2 barrières ont disparu, ce doit être la Bérézina et les formateurs en IFSI doivent se rendre compte de la catastrophe en termes de niveau (des élèves qui ne savent pas écrire, qui ne savent pas faire un pourcentage, ignorant en biologie élémentaire...) et de maturité (Comment? Il faut travailler le week-end????) Il y a peut-être effectivement une carte à jouer. Mais les IFSI sont-ils prêts à financer des cours de remise à niveau?
Désolée de faire dériver la conversation... la promo de cette année était plutôt bonne, on n'a pas eu tellement de recalés sur la partie que j'assure (bases en biologie). Pas mal de personnes en reconversion, mais super motivées, donc ça a été pour elles. Apparemment on n'a pas plus, voire moins d'élèves au repêchage que les années précédentes. Après, je pense que proposer des remises à niveau hors cours pourrait justement intéresser les personnes ayant un cursus non linéaire.
En ce qui concerne le niveau de rédaction: sur des QCM avec quelques petites questions à rédiger, je ne sais pas si c'est si sensible (et en fait je ne peux pas dire, car ce n'est pas moi qui ai corrigé. J'étais d'ailleurs étonnée qu'on ne me refile pas les corrections des exams, j'ai juste eu à valider le choix des questions, et surveiller l'exam payée comme pour les cours. Ceci dit, le tarif horaire n'est pas fantastique, alors tant mieux).

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par melodyy Sam 22 Fév 2020 - 22:20

Tu as de la chance d'être bien entourée, d'avoir des personnes avisées pour te conseiller.
J'ai l'impression de me noyer dans une ''marre'' d'infos... et finalement c'est si tentant de rester là où on est.

Un grand merci pour ton témoignage Shadowoflife !
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