Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
ilyes
ilyes
Je viens de m'inscrire !

commentaire de français  Empty commentaire de français

par ilyes le Lun 9 Mar 2020 - 15:26
Bonjour a tous.
si je vous écrit aujourd’hui c'est pour avoir votre aide
en effet j'aimerai beaucoup donné ce commentaire a mes élèves , sauf que je ne vois absolument pas sur quelles axes je pourrais partir
un petit peu d'aide serait vraiment super
Cordialement Ilyes






Enfin Salamanque parut à l’horizon. Ils découvrirent une ville dont la beauté surpassait celle
de Tolède. Ruminahui montra le sauf-conduit aux autorités locales qui les accueillirent non
sans crainte mais avec tous les honneurs. De nouveau ils furent confiés aux bons soins des
tondus, catégorie de la population qui recouvrait décidément les activités les plus diverses :
l’adoration de leur dieu, la collecte du breuvage noir, le stockage et l’entretien des feuilles
qui parlent. Ils étaient prêtres, archivistes, mais aussi amautas, car ils disputaient au sujet
des mystères du monde et racontaient beaucoup de contes, et même haravecs car certains
d’entre eux composaient des poèmes selon des systèmes de vers et de strophes très bien
agencés. Par ailleurs ils chantaient beaucoup, toujours en chœur, des mélodies traînantes et
graves, sans être accompagnés par nul autre instrument que leur voix. Comme à Lisbonne, et
bien qu’ils semblassent avoir fait vœu de pauvreté, ils logeaient dans les bâtiments les plus
munificents. (…)
Atahualpa, et plus encore Higuénamota, ne laissaient pas de s’étonner d’une chose qu’ils
avaient aperçue : il y avait parmi les habitants des hommes pleins et gorgés de toutes sortes
de commodités, et leurs semblables étaient mendiants à leur porte, décharnés de faim et de
pauvreté. Atahualpa, et plus encore Higuénamota, trouvaient étrange comme ces
nécessiteux pouvaient souffrir une telle injustice, sans qu’ils prissent les autres à la gorge, ou
missent le feu à leurs maisons. Pedro Pizzaro savait décrypter les feuilles qui parlent. Il avait
mis la main sur un ouvrage secrètement traduit par un tondu, qui circulait sous le manteau,
et dont il lisait des extraits à l’empereur Inca et sa compagne cubaine : « Car les grands,
voyant qu’ils ne peuvent résister au peuple, commencent à orienter la faveur vers l’un
d’entre eux et le font prince pour pouvoir, à son ombre, assouvir leur appétit. »
C’était un traité politique qui était fraîchement arrivé d’un pays nommé Florence, dont le
jeune Atahualpa, dans sa sagesse atavique, sentait qu’il pourrait lui être de quelque profit à
l’avenir, car on y lisait encore ceci : « En outre, on ne peut honnêtement donner satisfaction
aux grands sans faire de tort aux autres ; mais on peut assurément le faire avec le peuple ;
car les buts du peuple sont plus honnêtes que ceux des grands, les uns voulant opprimer,
l’autre ne pas être opprimé. »
Ce n’est pas que le jeune empereur se souciât excessivement du bonheur des peuples. Il
avait écrasé sans états d’âme les révoltes des Canaris, et ces chiens de Tumbes, comme il
aimait à les appeler, et ceux de Tolède. Mais il se sentait une responsabilité envers son
peuple à lui, ce peuple fût-il réduit à deux cent têtes, les rescapés de Cinchansayu. Pour les
sauver, il savait qu’il devrait faire face à des adversaires puissants et innombrables, contre
lesquels il faudrait composer une partition finement politique, en usant de tous les
avantages du terrain et d’une compréhension particulièrement affûtée des équilibres et des
rapports de force. Ce Nicolas Machiavel ne lui sembla pas de mauvais conseil. (…)
Higuénamota apprenait à déchiffrer les feuilles qui parlent auprès de son jeune protégé qui
devint aussi son précepteur, et, dit-on, davantage.
Atahualpa découvrait, fasciné, l’histoire enchevêtrée des rois locaux.
Tous restaient perplexes face aux explications des tondus sur les fables contenues dans le
coffret qui parle, qu’ils citaient à tous propos, dont ils ne se séparaient presque jamais, et
auquel ils vouaient une adoration obsessionnelle. Le système d’organisation auquel ils
appartenaient apparaissait également d’une complexité infinie. Néanmoins, les Incas
comprenaient deux choses : il y avait un lieu nommé Rome qui suscitait la plus grande
déférence, et un prêtre nommé Luther la plus grande excitation. (…) Atahualpa et ses gens
ne parvenaient pas à saisir la nature du différend, mais celui-ci devait être de grande
ampleur car il était motif de guerre dans le Nord.
Laurent Binet, Civilizations (Grasset, 2019)
henriette
henriette
Médiateur

commentaire de français  Empty Re: commentaire de français

par henriette le Lun 9 Mar 2020 - 15:31
Il est absolument impensable, vu ton orthographe, que tu sois enseignant, qui plus est de Lettres. Ce fil est donc verrouillé.

_________________
"Il n'y a que ceux qui veulent tromper les peuples et gouverner à leur profit qui peuvent vouloir retenir les hommes dans l'ignorance."
Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum