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Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 Empty Re: Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !

par Ha@_x le Mer 24 Juin 2020 - 15:15
@MUTIS a écrit:Ah bon ? Seuls les publics difficiles sont représentatifs ? Et tu as des sondages plus négatifs à nous présenter ? Pour aider au Prof bashing ? Ce qui est bien avec les profs c'est qu'on n'a pas besoin de journalistes désinformés..

ça, c'est sûr, et même qu'avec certains collègues, on a pas besoin de ministre... Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 1665347707

Et pour bien connaître les publics défavorisés, ce ne sont pas ceux qui s'adonnent le plus au prof bashing, bien au contraire, ils font généralement plus confiance aux profs et à l'école que la bourgeoisie...
Danska
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par Danska le Mer 24 Juin 2020 - 15:20
Et inversement, les publics "favorisés" sont souvent beaucoup plus exigeants (voire franchement capricieux pour certains élèves et parents d'élèves parmi eux).
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par gauvain31 le Mer 24 Juin 2020 - 15:57
@MUTIS a écrit:Je ne connais pas le cui.cui dont tu parles. Je me contente des oiseaux dans mon jardin. Mais si tu veux transmettre aucun problème...

C'est un site avec un petit oiseau bleu qui fait des pépiements Wink Mais avec plaisir; je mets ton témoignage sur cui-cui.com. Ce sera déjà ça .....

@Ha@_x a écrit:Et pour bien connaître les publics défavorisés, ce ne sont pas ceux qui s'adonnent le plus au prof bashing, bien au contraire, ils font généralement plus confiance aux profs et à l'école que la bourgeoisie...

Pour avoir connu tous les publics dans ma carrière de TZR (les CSP-- du Mirail aux CSP++ du centre-ville ou de la banlieue très chic de Toulouse et ceci sur 18 établissements (Collège/ Lycée général et pro pour les 3ème prépa-pro/ ITEP), il me semble difficile de faire des généralités : j'ai connu des familles défavorisées qui n'avaient pas confiance comme des familles bourgeoises hyper respectueuses qui te laissent en paix. La distinction "public bourgeois chiants /public défavorisé respectueux" n'est pas toujours aussi nette. Mais peut-être que c'est plus marqué à Paris, dans ton expérience personnelle qu'à Toulouse. Là où je rejoindrais Danska c'est sur l'exigence effectivement qui n'est pas la même, ainsi que la perméabilité aux discours du MEN. Plus tu montes dans les catégories sociales élevées, plus le discours vis à vis du MEN est critique. Mais la critique de la politique (récente) du MEN n'est pas la critique de l’École elle-même évidemment : la nuance est importante.

Ce qui distingue ces deux types de publics , c'est clairement la capacité de mobilisation des parents face au non-remplacement d'un enseignant. Un enseignant absent sera toujours plus rapidement remplacé dans un établissement bourgeois que dans un établissement défavorisé (Ce pressentiment m'a été confirmé dans le livre écrit par un ancien IEN (Jean-Marc Louis) parti à la retraite "J'ai mal à Mon Ecole", très instructif même si je ne partage pas tout ce qu'il dit )
Autre témoignage : quand il y a eu par exemple menace de fermer un poste de laborantin dans un collège hyperbougeois de Toulouse (il y a plus de 10 ans), des parents sont venus carrément dans l'enceinte même du Rectorat pour dire au service concerné de ne pas le faire(!!). Depuis, les locaux du rectorat sont plus difficilement accessibles Razz
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par Elaïna le Mer 24 Juin 2020 - 16:17
@gauvain31 a écrit:

Pour avoir connu tous les publics dans ma carrière de TZR (les CSP-- du Mirail aux CSP++ du centre-ville ou de la banlieue très chic de Toulouse et ceci sur 18 établissements (Collège/ Lycée général et pro pour les 3ème prépa-pro/ ITEP), il me semble difficile de faire des généralités :  j'ai connu des familles défavorisées qui n'avaient pas confiance comme des familles bourgeoises hyper respectueuses qui te laissent en paix. La distinction "public bourgeois chiants /public défavorisé respectueux" n'est pas toujours aussi nette. Mais peut-être que c'est plus marqué à Paris, dans ton expérience personnelle qu'à Toulouse. Là où je rejoindrais Danska c'est sur l'exigence effectivement qui n'est pas la même, ainsi que la perméabilité aux discours du MEN. Plus tu montes dans les catégories sociales élevées, plus le discours vis à vis du MEN est critique. Mais la critique de la politique (récente) du MEN n'est pas la critique de l’École elle-même évidemment : la nuance est importante.

Ce qui distingue ces deux types de publics , c'est clairement la capacité de mobilisation des parents face au non-remplacement d'un enseignant. Un enseignant absent sera toujours plus rapidement remplacé dans un établissement bourgeois que dans un établissement défavorisé (Ce pressentiment m'a été confirmé dans le livre écrit par un ancien IEN (Jean-Marc Louis) parti à la retraite "J'ai mal à Mon Ecole", très instructif même si je ne partage pas tout ce qu'il dit )
Autre témoignage : quand il y a eu par exemple menace de fermer un poste de laborantin dans un collège hyperbougeois de Toulouse (il y a plus de 10 ans), des  parents sont venus carrément dans l'enceinte même du Rectorat pour dire au service concerné de ne pas le faire(!!). Depuis, les locaux du rectorat sont plus difficilement accessibles Razz

Je suis assez d'accord. Quand j'ai quitté mon établissement lambda-pas-top pour aller chez les bourges, j'ai beaucoup entendu de "oh lala les parents vont être pénibles, ça va être l'enfer ma pauvre etc".
Eh bien pas plus qu'ailleurs, in fine. C'est sûr que chez les bourges, j'ai eu deux-trois fois le "ah mais je demanderai à un ami avocat, ça me coûtera juste une bouteille de champagne", à quoi j'ai toujours répondu impavide "ça tombe bien, moi je demanderai à mon mari, ça ne me coûtera même pas le champagne" (on peut le faire sans mari avocat... même en bluffant, ça leur coupe la chique). J'ai aussi beaucoup de parents soucieux de la réussite de leur enfant, polis, respectueux, bref des gens bien.
Chez les moins bourges, j'ai eu d'autres menaces, pas avec le pote avocat au champagne, mais sur d'autres registres pas beaucoup plus agréables (menaces de dénonciation au rectorat.

Pendant le confinement, on a reçu énormément de messages de remerciements de parents. Une mère a cru spirituel de faire un tableau rendu public où elle faisait le comptage des profs les plus engagés (en mesurant les heures passées en classe virtuelle, le nombre de devoirs mis sur pronote etc), mais c'est bien le seul cas (et on a quand même 1300 élèves).

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par Sphinx le Mer 24 Juin 2020 - 17:37
J'ai reçu un seul message de remerciement de parents (bon je crois que les PP en ont eu davantage, davantage de plaintes aussi malheureusement) et c'était de la part d'un couple dont l'un a une position plutôt haut placée dans l'EN. (Des gens très courtois et très humbles par ailleurs. Ils ont fait un mail personnel de remerciement à chacun des profs de leur enfant.)

Pour le reste j'ai assisté à dix des seize conseils de classe du collège (les joies des profs de LC) et j'ai surtout entendu des "tous les profs ont très bien fait leur travail mais", "on remercie tous les profs mais" - insérez en vrac : c'était un peu désorganisé et on a eu du mal à trouver le travail (les deux premières semaines), il y a eu trop de travail (les trois premières semaines), c'est dommage que tous les profs n'aient pas fait de classes virtuelles (profondément blessant pour la collègue de PC et moi qui n'en avons pas fait mais avons récupéré le travail et envoyé des corrections individuelles toutes les semaines), on n'a jamais réussi à trouver le travail de Monsieur Machin (collègue absolument largué avec l'informatique et qui a mis consciencieusement le travail en ligne toutes les semaines mais pas exactement au bon endroit, ce qui fait que la moitié des gamins n'a pas trouvé, et d'ailleurs la chef qui vérifiait toutes les semaines qu'on postait bien le travail n'a pas vu le problème), les cours de Monsieur Machin ne sont pas assez structurés pour la partie langue (même collègue, dont c'était décidément la fête). Tout ça de la part de la FCPE dont j'ai déjà évoqué les exploits sur un autre fil ("les profs du collège ont tous assuré, heureusement parce que visiblement c'était pas le cas partout, hihihi.") Pour info ce sont des gens qui ont demandé à un CA vers la fin du 2e trimestre qu'elles seraient les modalités de rattrapage des jours de grève.

Donc moi j'aime mieux qu'on ne demande pas leur avis aux parents de mon collège, en fait.... Les remerciements et autres témoignages spontanés de sympathie c'est bien mais j'estime qu'ils ne sont pas à leur place en jugeant notre travail. La moitié de ma famille travaille aux impôts et les contribuables qu'ils reçoivent pourraient éventuellement dire avoir été bien ou mal reçus, ou si on a répondu ou pas à leurs questions, mais on ne leur demande pas s'ils ont correctement appliqué les procédures.

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par Sphinx le Mer 24 Juin 2020 - 17:42
Ah oui et j'oubliais la famille qui a fini par avouer, après moults appels de la vie scolaire, qu'ils n'avaient aucun moyen informatique à part les smartphones pour faire travailler leur enfant, à qui on a prêté un iPad, et qui s'est plainte à la FCPE que l'écran était trop petit.


Dernière édition par Sphinx le Mer 24 Juin 2020 - 17:43, édité 1 fois

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par choup78 le Mer 24 Juin 2020 - 17:43
@MUTIS a écrit:
@choup78 a écrit:750 familles ne représentent pas la France , tu le dis toi même, tu évolue dans un milieu privilégié donc pas représentatif du tout... On dirait une étude de Didier Raoult 😋

Ah bon ? Seuls les publics difficiles sont représentatifs ? Et tu as des sondages plus négatifs à nous présenter ? Pour aider au Prof bashing ? Ce qui est bien avec les profs c'est qu'on n'a pas besoin de journalistes désinformés... Twisted Evil

ce que je voulais dire c'est qu'on ne peut pas généraliser à un seul établissement.
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par MUTIS le Mer 24 Juin 2020 - 18:18
@Sphinx a écrit:
Donc moi j'aime mieux qu'on ne demande pas leur avis aux parents de mon collège, en fait.... Les remerciements et autres témoignages spontanés de sympathie c'est bien mais j'estime qu'ils ne sont pas à leur place en jugeant notre travail.

Pour moi, toutes les bonnes nouvelles et les encouragements sont bons à prendre. Et je préfère ce genre de retour à celui de journaleux anti-profs adeptes du café du commerce plus que de l'information.

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"Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière" (Audiard)
"Ce n'est pas l'excès d'autorité qui est dangereux, c'est l'excès d'obéissance" (Primo Levi)
"La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue" (Enrique Vila-Matas)
" Que les dissemblables soient réunis et de leurs différences jaillira la plus belle harmonie ; rien ne se fait sans lutte." Héraclite
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par Ajonc35 le Mer 24 Juin 2020 - 21:52
@MUTIS a écrit:
@Sphinx a écrit:
Donc moi j'aime mieux qu'on ne demande pas leur avis aux parents de mon collège, en fait.... Les remerciements et autres témoignages spontanés de sympathie c'est bien mais j'estime qu'ils ne sont pas à leur place en jugeant notre travail.

Pour moi, toutes les bonnes nouvelles et les encouragements sont bons à prendre. Et je préfère ce genre de retour à celui de journaleux anti-profs adeptes du café du commerce plus que de l'information.
Je suis d'accord..... avec vous deux. L'avis des parents n'est pas assez objectif selon moi. Cela dépend de critères qu'on ne  connaît pas. Mais, en même temps, je préfère ça au prof-bashing qui lui est aussi établi sans critères clairs.
Dans mon lep, peu de remerciements mais globalement les élèves sont contents qu'on se soit occupé d'eux et cela toutes les semaines. Nos familles, pour beaucoup,  ne savent pas, n'ont pas les codes et il n'est pas rare de recevoir un mail sans bonjour, ni au revoir. Les élèves ont aussi rédigé des messages avec les mêmes codes mais souvent mieux d'ailleurs car le bonjour, comment allez-vous? Portez vous bien. Ont été nombreux et cela a suffi à mon bonheur, à notre bonheur.
Avec un collègue on s'est decarcassé pour un stage, entre le "trop loin", le "déjà pris", le " ils ne prennent pas" , le " on n'a pas téléphoné ", etc.... on recommence une nouvelle liste et appel de la maman le wé pour me dire que filsfille viendra lundi faire signer sa convention. Je me déplace exprès. Pas un merci, rien. Mais l'élève est en stage et pour son plus grand bien. On finit par avoir l'habitude et la satisfaction du devoir accompli nous suffit. Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 1482308650
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par Ha@_x le Mer 24 Juin 2020 - 22:14
@gauvain31 a écrit:Pour avoir connu tous les publics dans ma carrière de TZR (les CSP-- du Mirail aux CSP++ du centre-ville ou de la banlieue très chic de Toulouse et ceci sur 18 établissements (Collège/ Lycée général et pro pour les 3ème prépa-pro/ ITEP), il me semble difficile de faire des généralités : j'ai connu des familles défavorisées qui n'avaient pas confiance comme des familles bourgeoises hyper respectueuses qui te laissent en paix. La distinction "public bourgeois chiants /public défavorisé respectueux" n'est pas toujours aussi nette. Mais peut-être que c'est plus marqué à Paris, dans ton expérience personnelle qu'à Toulouse. Là où je rejoindrais Danska c'est sur l'exigence effectivement qui n'est pas la même, ainsi que la perméabilité aux discours du MEN. Plus tu montes dans les catégories sociales élevées, plus le discours vis à vis du MEN est critique. Mais la critique de la politique (récente) du MEN n'est pas la critique de l’École elle-même évidemment : la nuance est importante.

Je ne fais pas de généralités, mais je dresse un constat de long terme : j'ai fait (toujours en IDF) une année chez des très bourgeois, où je n'ai eu aucun froncement de sourcil, ni de plainte, bien au contraire, et je suis tombé en REP+ sur des parents fort capricieux, j'aime bien l'adjectif, mais ces derniers étaient très rares.
Mais globalement, nous croiserons toujours plus d'élèves et de parents qui méprisent les profs et l'institution scolaire chez les CSP++ que chez les pauvres ou très pauvres, où une majorité écrasante ne nous méprise pas, voire jamais, et respecte l'école. Par contre chez ces derniers on rencontre parfois une défiance exagérée. Mais là c'est un autre problème.

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par Ha@_x le Mer 24 Juin 2020 - 22:20
@Elaïna a écrit:Eh bien pas plus qu'ailleurs, in fine. C'est sûr que chez les bourges, j'ai eu deux-trois fois le "ah mais je demanderai à un ami avocat, ça me coûtera juste une bouteille de champagne"

La grande classe, assurément... Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 1665347707

J'ai un grand ami, prof de calcul Very Happy , et tuteur dans l'un des bahuts les plus bourgeois du 93, qui répète invariablement à ses stagiaires : "si un de tes élèves te demande si tu pars au ski, tu hausses les sourcils et tu réponds froidement : "oui, à St Moritz, et vous ? " Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 558662839

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par pseudo-intello le Mer 24 Juin 2020 - 23:14
@MUTIS a écrit:
@Sphinx a écrit:
Donc moi j'aime mieux qu'on ne demande pas leur avis aux parents de mon collège, en fait.... Les remerciements et autres témoignages spontanés de sympathie c'est bien mais j'estime qu'ils ne sont pas à leur place en jugeant notre travail.

Pour moi, toutes les bonnes nouvelles et les encouragements sont bons à prendre. Et je préfère ce genre de retour à celui de journaleux anti-profs adeptes du café du commerce plus que de l'information.

Dans un monde normal, je serais absolument d'accord avec Sphinx.

Malheureusement, dans le monde qui et le nôtre, puisque les journalistes nous attaquent à coups 'arguments à la louche et de chiffres établis au doigt mouillé, Mutis a plutôt raison.
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par Sphinx le Mer 24 Juin 2020 - 23:25
Je persiste à penser que ça fait certes plaisir, comme quand on reçoit une carte ou un cadeau en fin d'année, mais qu'organiser des sondages (même si en l'occurrence j'ai bien compris que ce sont les fédérations de parents qui s'en sont chargées) c'est tendre les verges pour se faire battre, et qu'on ne peut pas prétendre lutter contre la malhonnêteté des journalistes qui extrapolent à coup de "j'ai lu un commentaire sur twitter" et "ma tata Suzette a sa voisine qui dit que" en leur répondant uniquement par les témoignages qui nous sont favorables, parce que ça ne va nulle part. Parce que si on doit publier la satisfaction des parents de l'établissement de Mutis, on doit également publier les horreurs que j'écoutais dimanche déblatérer par une mégère dans le jardin à côté de ma résidence à propos de l'école de ses gamins. La seule façon de clouer le bec aux menteurs et aux diffamateurs, c'est de dire ce qui est une vérité officielle : les chiffres de "profs décrocheurs" sont totalement inventés ; nous avons des IPR pour évaluer notre boulot, ce n'est ni le rôle des parents ni celui des journalistes.

Mais j'ai bien compris que j'étais très minoritaire dans mon avis et je n'interviendrai plus ici Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 1482308650

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par pseudo-intello le Mer 24 Juin 2020 - 23:47
Le truc qui me gêne dans le texte transmis par améthyste, c'est
- que ce n'est pas vrai pour tout le monde
- et l'impression qu'il faille être martyr pour être légitime.

Si les parents de mes élèves lisent que j'ai bossé comme une malade tous les jours et tous les soirs, ils vont rigoler (et ne pas prendre le reste du texte au sérieux, ce qui est dommage). Alors qu'ils ont été très satisfaits (et soulagés, ai-je cru comprendre) de ma manière de travailler.

Avant le 7 mai, les maîtresses de mes enfants (en maternelle) ont vraisemblablement travaillé bien moins que d'habitude, ce qui n'a pas été un problème, car elles ont donné de précieux conseils au départ, que chaque famille a pu adapter (bon, au bout d'un moment, elles ont envoyé des fiches).

Dès le premier jour du confinement, mes collègues et mes ami(e)s parents d'enfants de primaire / collège ont paniqué devant la quantité de boulot envoyée, et l'éparpillement, et le stress de d'ENT qui ne fonctionne pas (Pronote fonctionnait, mais on ne peut envoyer de gros fichiers), et l'agenda ; 3 enfants à la maison, si chacun a deux cours virtuels dans la journée, ça fait 6, et il n'y a parfois qu'un PC. Et pour mes copines non-profs, l'organisation avec devoirs à rendre pour le surlendemain, c'était pas forcément top, puisque que certain(e)s prenaient du retard la semaine (parents au boulot) mais le comblaient le week-end...
Et la phase "prendre tout en photo, redimensionner, pivoter l'image et renvoyer via l'ENT qui fonctionnera peut-être", c'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Bref.

En français, j'ai donné pas mal de dictées (choisies soigneusement, certes, mais bon), parce que ça maintenait l'habitude d'écrire plusieurs lignes d'un coup (ce qui n'était pas le cap dans toutes les matières, dont le latin, où je n'ai pas envoyé des exos qui demandaient d'écrire des romans). Et parce que mes élèves sont faibles en orthographe, et font de nombreuses fautes d'inattention (outre leurs lacunes). La dictée, c’est formateur, et le parent n'a pas besoin d'imprimer (pénurie de cartouches dans les supermarchés...) ; il peut la lire directement de son smartphone. Et pendant ce temps, l'élève n'est pas devant l'écran. J'ai donné également des réécritures, des exercices de conjugaison, et quelques textes tout de même avec des questions, des exercices de révision de grammaire, mais pas trop, car c'est typiquement l’exercice où la présence du prof n’est pas du luxe.

J'ai envoyé les corrigés, je n'ai pas demandé de retours. J'ai envoyé le travail de toute la semaine d'un coup pour que les familles puissent moduler selon l'emploi du temps parental. D'ailleurs, au bout de quelques semaines, on nous a demandé de ne pas demander de retour, parce que les familles (par ailleurs sous-équipées pur certaines) étaient déjà assez occupées comme ça à télécharger et effectuer les travaux, inutile d'ajouter une étape. Et place que les profs qui demandaient des retours se sentaient de ce fait obligés de les corriger, et frôlaient le burn-out.

Alors oui, je me suis appliquée, j'ai fait des trucs cohérents, suivis (on est parvenus, de texte en texte, à un assez bon aperçu des Misérables), mais j'ai clairement moins travaillé que d'habitude (bon ceci dit, j'ai travaillé, alors qu'avec trois enfants en bas-âge, hein...)... Et alors ? Où est le mal ? Faut-il frôler le burn-out pour mériter son salaire ? J'ai fait simple, pour moi, pour mes élèves, et alors ? Est-ce qu'on demande aux autres salariés d'avoir "travaillé plus que d'habitude" et "les soirs" et "le dimanche" pour métier son salaire ? Est-ce qu'on va reprocher quoi que ce soit aux salariés en ASA ? Est-ce que les télétravailleurs du privés se sentaient obligés d'en faire plus que d'habitude" ? Est-ce qu'on leur demande d'en avoir fait plus que d'habitude ? Et les gens qui ont touché le chômage partiel, on vient les chicanier ? (certes, ils ont été payés à 84%, mais pour certains, en tout cas certains de ma connaissance, entre l'économie de carburant et les autres faux-frais liés au travail, ça a compensé).

Certains ont plus bossé que d'habitude, certains se sont épuisés, et je ne porte pas de jugement personnels, parce que si ça se trouve, dans certains cas, c'était peut-être nécessaire. Mais je parierais fort que pas mal de collègues ont une fois de plus confondu quantité et qualité, et se sont imposés des trucs tout seuls (dans notre entourage, un petit garçon avait 4 classes virtuelles par semaine (une par jour d'école, donc)... en moyenne section. Pour environ 6 élèves connectés, et clairement pas les décrocheurs. La maîtresse, pourtant de retour à l'école, a poursuivi même après le 7 mai).

Bon, quelque part, je peux comprendre : on a un instant de doute, à la rentrée, quand on a vécu un printemps plutôt cool, et qu'on entend certains collègues à mi-chemin entre plante et fierté, dire qu'heureusement c'est la reprise, qu'ahlàlà, ils n'en pouvaient plus, ils ont taaaant travaillé... sauf que la minute suivante, on les entendait dire que l'école à la maison, c'était l'enfer, avec tout le travail que les profs avaient donné aux enfants. Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 3795679266

Bref. Le paragraphe est bien, mais il n'y a pas besoin du mensonge sur le fait que tous les profs ont fait plus que leurs heures habituelles, parce que c'est faux (ça dépend des profs), et qu'on n'a pas besoin de faire plus que notre boulot normal pour être respecté. Attention aux pentes glissantes. Le prof qui a travaillé ni plus ni moins que d'habitude est tout aussi respectable, au même titre que celui qui a moins bossé, du moment qu'il s'est adapté avec pertinence à la situation. Pas besoin d'être un héros pur mériter son salaire. Être un salarié suffit.
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par MUTIS le Jeu 25 Juin 2020 - 8:33
https://www.francebleu.fr/infos/medias-people/medias-un-quart-des-francais-seulement-font-confiance-aux-journalistes-1573631898


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par Fires of Pompeii le Jeu 25 Juin 2020 - 8:39
@pseudo-intello a écrit:Le truc qui me gêne dans le texte transmis par améthyste, c'est
- que ce n'est pas vrai pour tout le monde
- et l'impression qu'il faille être martyr pour être légitime.

Si les parents de mes élèves lisent que j'ai bossé comme une malade tous les jours et tous les soirs, ils vont rigoler (et ne pas prendre le reste du texte au sérieux, ce qui est dommage). Alors qu'ils ont été très satisfaits (et soulagés, ai-je cru comprendre) de ma manière de travailler.

Avant le 7 mai, les maîtresses de mes enfants (en maternelle) ont vraisemblablement travaillé bien moins que d'habitude, ce qui n'a pas été un problème, car elles ont donné de précieux conseils au départ, que chaque famille a pu adapter (bon, au bout d'un moment, elles ont envoyé des fiches).

Dès le premier jour du confinement, mes collègues et mes ami(e)s parents d'enfants de primaire / collège ont paniqué devant la quantité de boulot envoyée, et l'éparpillement, et le stress de d'ENT qui ne fonctionne pas (Pronote fonctionnait, mais on ne peut envoyer de gros fichiers), et l'agenda ; 3 enfants à la maison, si chacun a deux cours virtuels dans la journée, ça fait 6, et il n'y a parfois qu'un PC. Et pour mes copines non-profs, l'organisation avec devoirs à rendre pour le surlendemain, c'était pas forcément top, puisque que certain(e)s prenaient du retard la semaine (parents au boulot) mais le comblaient le week-end...
Et la phase "prendre tout en photo, redimensionner, pivoter l'image et renvoyer via l'ENT qui fonctionnera peut-être", c'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Bref.

En français, j'ai donné pas mal de dictées (choisies soigneusement, certes, mais bon), parce que ça maintenait l'habitude d'écrire plusieurs lignes d'un coup (ce qui n'était pas le cap dans toutes les matières, dont le latin, où je n'ai pas envoyé des exos qui demandaient d'écrire des romans). Et parce que mes élèves sont faibles en orthographe, et font de nombreuses fautes d'inattention (outre leurs lacunes). La dictée, c’est formateur, et le parent n'a pas besoin d'imprimer (pénurie de cartouches dans les supermarchés...) ; il peut la lire directement de son smartphone. Et pendant ce temps, l'élève n'est pas devant l'écran. J'ai donné également des réécritures, des exercices de conjugaison, et quelques textes tout de même avec des questions, des exercices de révision de grammaire, mais pas trop, car c'est typiquement l’exercice où la présence du prof n’est pas du luxe.

J'ai envoyé les corrigés, je n'ai pas demandé de retours. J'ai envoyé le travail de toute la semaine d'un coup pour que les familles puissent moduler selon l'emploi du temps parental. D'ailleurs, au bout de quelques semaines, on nous a demandé de ne pas demander de retour, parce que les familles (par ailleurs sous-équipées pur certaines) étaient déjà assez occupées comme ça à télécharger et effectuer les travaux, inutile d'ajouter une étape. Et place que les profs qui demandaient des retours se sentaient de ce fait obligés de les corriger, et frôlaient le burn-out.

Alors oui, je me suis appliquée, j'ai fait des trucs cohérents, suivis (on est parvenus, de texte en texte, à un assez bon aperçu des Misérables), mais j'ai clairement moins travaillé que d'habitude (bon ceci dit, j'ai travaillé, alors qu'avec trois enfants en bas-âge, hein...)... Et alors ? Où est le mal ? Faut-il frôler le burn-out pour mériter son salaire ? J'ai fait simple, pour moi, pour mes élèves, et alors ? Est-ce qu'on demande aux autres salariés d'avoir "travaillé plus que d'habitude" et "les soirs" et "le dimanche" pour métier son salaire ? Est-ce qu'on va reprocher quoi que ce soit aux salariés en ASA ? Est-ce que les télétravailleurs du privés se sentaient obligés d'en faire plus que d'habitude" ? Est-ce qu'on leur demande d'en avoir fait plus que d'habitude ? Et les gens qui ont touché le chômage partiel, on vient les chicanier ? (certes, ils ont été payés à 84%, mais pour certains, en tout cas certains de ma connaissance, entre l'économie de carburant et les autres faux-frais liés au travail, ça a compensé).

Certains ont plus bossé que d'habitude, certains se sont épuisés, et je ne porte pas de jugement personnels, parce que si ça se trouve, dans certains cas, c'était peut-être nécessaire. Mais je parierais fort que pas mal de collègues ont une fois de plus confondu quantité et qualité, et se sont imposés des trucs tout seuls (dans notre entourage, un petit garçon avait 4 classes virtuelles par semaine (une par jour d'école, donc)... en moyenne section. Pour environ 6 élèves connectés, et clairement pas les décrocheurs. La maîtresse, pourtant de retour à l'école, a poursuivi même après le 7 mai).

Bon, quelque part, je peux comprendre : on a un instant de doute, à la rentrée, quand on a vécu un printemps plutôt cool, et qu'on entend certains collègues à mi-chemin entre plante et fierté, dire qu'heureusement c'est la reprise, qu'ahlàlà, ils n'en pouvaient plus, ils ont taaaant travaillé... sauf que la minute suivante, on les entendait dire que l'école à la maison, c'était l'enfer, avec tout le travail que les profs avaient donné aux enfants. Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 3795679266

Bref. Le paragraphe est bien, mais il n'y a pas besoin du mensonge sur le fait que tous les profs ont fait plus que leurs heures habituelles, parce que c'est faux (ça dépend des profs), et qu'on n'a pas besoin de faire plus que notre boulot normal pour être respecté. Attention aux pentes glissantes. Le prof qui a travaillé ni plus ni moins que d'habitude est tout aussi respectable, au même titre que celui qui a moins bossé, du moment qu'il s'est adapté avec pertinence à la situation. Pas besoin d'être un héros pur mériter son salaire. Être un salarié suffit.

Tout à fait d'accord.

_________________
Je ne dirai qu'une chose : stulo plyme.
Daphné
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par Daphné le Jeu 25 Juin 2020 - 10:22
@MUTIS a écrit:https://www.francebleu.fr/infos/medias-people/medias-un-quart-des-francais-seulement-font-confiance-aux-journalistes-1573631898


25% ?? C'est beaucoup non ? Razz
Celadon
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Demi-dieu

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par Celadon le Jeu 25 Juin 2020 - 13:02
C'est énorme, mais pas très étonnant.
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Graisse-Boulons
Niveau 9

Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 Empty Re: Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !

par Graisse-Boulons le Jeu 25 Juin 2020 - 13:12
@Daphné a écrit:
@MUTIS a écrit:https://www.francebleu.fr/infos/medias-people/medias-un-quart-des-francais-seulement-font-confiance-aux-journalistes-1573631898


25% ?? C'est beaucoup non ?  Razz

Oui, 75% pensent qu'ils cachent des choses sur les fonctionnaires pour les protéger...c'est bon je sort...
Honchamp
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Esprit éclairé

Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 Empty Re: Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !

par Honchamp le Jeu 25 Juin 2020 - 13:56
@Fires of Pompeii a écrit:
@pseudo-intello a écrit:Le truc qui me gêne dans le texte transmis par améthyste, c'est
- que ce n'est pas vrai pour tout le monde
- et l'impression qu'il faille être martyr pour être légitime.

Si les parents de mes élèves lisent que j'ai bossé comme une malade tous les jours et tous les soirs, ils vont rigoler (et ne pas prendre le reste du texte au sérieux, ce qui est dommage). Alors qu'ils ont été très satisfaits (et soulagés, ai-je cru comprendre) de ma manière de travailler.

Avant le 7 mai, les maîtresses de mes enfants (en maternelle) ont vraisemblablement travaillé bien moins que d'habitude, ce qui n'a pas été un problème, car elles ont donné de précieux conseils au départ, que chaque famille a pu adapter (bon, au bout d'un moment, elles ont envoyé des fiches).

Dès le premier jour du confinement, mes collègues et mes ami(e)s parents d'enfants de primaire / collège ont paniqué devant la quantité de boulot envoyée, et l'éparpillement, et le stress de d'ENT qui ne fonctionne pas (Pronote fonctionnait, mais on ne peut envoyer de gros fichiers), et l'agenda ; 3 enfants à la maison, si chacun a deux cours virtuels dans la journée, ça fait 6, et il n'y a parfois qu'un PC. Et pour mes copines non-profs, l'organisation avec devoirs à rendre pour le surlendemain, c'était pas forcément top, puisque que certain(e)s prenaient du retard la semaine (parents au boulot) mais le comblaient le week-end...
Et la phase "prendre tout en photo, redimensionner, pivoter l'image et renvoyer via l'ENT qui fonctionnera peut-être", c'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Bref.

En français, j'ai donné pas mal de dictées (choisies soigneusement, certes, mais bon), parce que ça maintenait l'habitude d'écrire plusieurs lignes d'un coup (ce qui n'était pas le cap dans toutes les matières, dont le latin, où je n'ai pas envoyé des exos qui demandaient d'écrire des romans). Et parce que mes élèves sont faibles en orthographe, et font de nombreuses fautes d'inattention (outre leurs lacunes). La dictée, c’est formateur, et le parent n'a pas besoin d'imprimer (pénurie de cartouches dans les supermarchés...) ; il peut la lire directement de son smartphone. Et pendant ce temps, l'élève n'est pas devant l'écran. J'ai donné également des réécritures, des exercices de conjugaison, et quelques textes tout de même avec des questions, des exercices de révision de grammaire, mais pas trop, car c'est typiquement l’exercice où la présence du prof n’est pas du luxe.

J'ai envoyé les corrigés, je n'ai pas demandé de retours. J'ai envoyé le travail de toute la semaine d'un coup pour que les familles puissent moduler selon l'emploi du temps parental. D'ailleurs, au bout de quelques semaines, on nous a demandé de ne pas demander de retour, parce que les familles (par ailleurs sous-équipées pur certaines) étaient déjà assez occupées comme ça à télécharger et effectuer les travaux, inutile d'ajouter une étape. Et place que les profs qui demandaient des retours se sentaient de ce fait obligés de les corriger, et frôlaient le burn-out.

Alors oui, je me suis appliquée, j'ai fait des trucs cohérents, suivis (on est parvenus, de texte en texte, à un assez bon aperçu des Misérables), mais j'ai clairement moins travaillé que d'habitude (bon ceci dit, j'ai travaillé, alors qu'avec trois enfants en bas-âge, hein...)... Et alors ? Où est le mal ? Faut-il frôler le burn-out pour mériter son salaire ? J'ai fait simple, pour moi, pour mes élèves, et alors ? Est-ce qu'on demande aux autres salariés d'avoir "travaillé plus que d'habitude" et "les soirs" et "le dimanche" pour métier son salaire ? Est-ce qu'on va reprocher quoi que ce soit aux salariés en ASA ? Est-ce que les télétravailleurs du privés se sentaient obligés d'en faire plus que d'habitude" ? Est-ce qu'on leur demande d'en avoir fait plus que d'habitude ? Et les gens qui ont touché le chômage partiel, on vient les chicanier ? (certes, ils ont été payés à 84%, mais pour certains, en tout cas certains de ma connaissance, entre l'économie de carburant et les autres faux-frais liés au travail, ça a compensé).

Certains ont plus bossé que d'habitude, certains se sont épuisés, et je ne porte pas de jugement personnels, parce que si ça se trouve, dans certains cas, c'était peut-être nécessaire. Mais je parierais fort que pas mal de collègues ont une fois de plus confondu quantité et qualité, et se sont imposés des trucs tout seuls (dans notre entourage, un petit garçon avait 4 classes virtuelles par semaine (une par jour d'école, donc)... en moyenne section. Pour environ 6 élèves connectés, et clairement pas les décrocheurs. La maîtresse, pourtant de retour à l'école, a poursuivi même après le 7 mai).

Bon, quelque part, je peux comprendre : on a un instant de doute, à la rentrée, quand on a vécu un printemps plutôt cool, et qu'on entend certains collègues à mi-chemin entre plante et fierté, dire qu'heureusement c'est la reprise, qu'ahlàlà, ils n'en pouvaient plus, ils ont taaaant travaillé... sauf que la minute suivante, on les entendait dire que l'école à la maison, c'était l'enfer, avec tout le travail que les profs avaient donné aux enfants. Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 3795679266

Bref. Le paragraphe est bien, mais il n'y a pas besoin du mensonge sur le fait que tous les profs ont fait plus que leurs heures habituelles, parce que c'est faux (ça dépend des profs), et qu'on n'a pas besoin de faire plus que notre boulot normal pour être respecté. Attention aux pentes glissantes. Le prof qui a travaillé ni plus ni moins que d'habitude est tout aussi respectable, au même titre que celui qui a moins bossé, du moment qu'il s'est adapté avec pertinence à la situation. Pas besoin d'être un héros pur mériter son salaire. Être un salarié suffit.

Tout à fait d'accord.

Tout à fait d'accord aussi.

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"Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assise par terre comme ça.."
Elaïna
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par Elaïna le Jeu 25 Juin 2020 - 14:20
@Honchamp a écrit:
@Fires of Pompeii a écrit:
@pseudo-intello a écrit:
Bon, quelque part, je peux comprendre : on a un instant de doute, à la rentrée, quand on a vécu un printemps plutôt cool, et qu'on entend certains collègues à mi-chemin entre plante et fierté, dire qu'heureusement c'est la reprise, qu'ahlàlà, ils n'en pouvaient plus, ils ont taaaant travaillé... sauf que la minute suivante, on les entendait dire que l'école à la maison, c'était l'enfer, avec tout le travail que les profs avaient donné aux enfants. Journalistes et donneurs de leçons anti-profs, bouclez-la !  - Page 2 3795679266

Bref. Le paragraphe est bien, mais il n'y a pas besoin du mensonge sur le fait que tous les profs ont fait plus que leurs heures habituelles, parce que c'est faux (ça dépend des profs), et qu'on n'a pas besoin de faire plus que notre boulot normal pour être respecté. Attention aux pentes glissantes. Le prof qui a travaillé ni plus ni moins que d'habitude est tout aussi respectable, au même titre que celui qui a moins bossé, du moment qu'il s'est adapté avec pertinence à la situation. Pas besoin d'être un héros pur mériter son salaire. Être un salarié suffit.

Tout à fait d'accord.

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Je viens plussoyer également dans la joie et la bonne humeur.

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It took me forty years to realize this. But for guys like us... our lives aren't really our own. There's always someone new to help. Someone we need to protect. These past few years, I fought that fate with all I had. But I'm done fighting. It's time I accept the hand I was dealt. Too many people depend on us. Their dreams depend on us.

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par VinZT le Jeu 25 Juin 2020 - 14:22
Itou, et les discussions de salle des profs, hier, où c'était le concours de qui a la plus grosse (continuité pédagogique) m'ont prodigieusement agacé.

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« Il ne faut pas croire tout ce qu'on voit sur Internet » Victor Hugo.
« Le con ne perd jamais son temps. Il perd celui des autres. » Frédéric Dard
« Ne jamais faire le jour même ce que tu peux faire faire le lendemain par quelqu'un d'autre » Pierre Dac
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« Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » Laurence J. Peter
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par Elaïna le Jeu 25 Juin 2020 - 15:51
En même temps, ça a toujours été non ? Vous ne l'avez pas, vous, ce (cette) collègue qui dès le 3 septembre et jusqu'au 4 juillet, "ne touche plus terre", "n'a pas levé le nez de ses copies de tout le week-end", fait systématiquement la gueule le lundi car il a travaillé tout son dimanche ? Et je ne parle pas ici du malheureux T1 de lettres qui galère à préparer tous ses cours et qui enquille les deux établissements à 1h de route l'un de l'autre, hein, mais ce collègue qui enseigne depuis 25 ans en poste fixe dans une matière où les programmes changent peu et fait bien remarquer à tout le monde que LUI, CHAQUE ANNEE, il refait TOUS SES COURS pendant l'été sinon il a l'impression qu'il n'est pas sérieux LUI (oui, il fait déjà la gueule à la pré-rentrée parce qu'il n'a "pas levé le nez de son ordi" de tout le mois d'août).

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par Elyas le Jeu 25 Juin 2020 - 15:57
Si... et tu peux découvrir qu'en fait, il ne bosse pas tant que ça MAIS il fait croire qu'il bosse beaucoup.
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Ramanujan974
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par Ramanujan974 le Jeu 25 Juin 2020 - 15:59
@Daphné a écrit:
@MUTIS a écrit:https://www.francebleu.fr/infos/medias-people/medias-un-quart-des-francais-seulement-font-confiance-aux-journalistes-1573631898


25% ?? C'est beaucoup non ?  Razz

La même proportion que les électeurs de Macron.
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par Elaïna le Jeu 25 Juin 2020 - 16:00
Moi j'ai pire. J'en ai une qui, je pense, est vraiment débordée tout le temps. Mais bon elle fait une interro par cours et par classe, a plein d'heures sup (même quand t'es agrégé, au bout d'un moment, ça pèse...), fait faire et ramasse des DM chaque semaine pour chaque classe en plus des interros... Elle est visiblement au bord du burn-out (et c'est la terreur des élèves qui passent leur temps à flipper d'être évalués sans avoir le temps d'assimiler), mais si elle ne le fait pas, elle a l'impression d'être une mauvaise prof. Quand je vous dis que certains ont un sérieux syndrome de Stockholm...

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