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Mat'him
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"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Mat'him le Mar 21 Juil - 7:15
@Leclochard a écrit:Oui. C'est très différent.
Notre profession me fait penser, je sais que c'est tiré par le cheveux, à ces métiers qui ont un revenu de base assez bas et qui obligent à des efforts particuliers (atteindre des objectifs de vente par ex) pour obtenir un salaire correct.
Quand on regarde sur le site de l'EN les cas qui sont présentés, ce sont toujours des enseignants qui font des heures supp, qui sont PP ou qui animent des clubs etc... qu'on donne en exemple. Le sous-entendu est clair: c'est une profession où il faut faire des activités en plus de l'enseignement pour gagner correctement sa vie.

https://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid100728/une-remuneration-evolutive-pour-les-enseignants.html

D'abord, il y a cette formidable étoile rouge qui suggère une formidable rémunération... 2000 euros.. bruts... qui se transforment en 1600 euros nets (écrits en petit).
Toutes les façons d'augmenter sa rémunération sont présentées (du départ pour l'outre-mer jusqu'à la réussite du concours pour devenir chef d'établissement...  "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 3795679266  en passant par l'indemnité de résidence et le supplément familial...  "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 2314601941 ).

Le tout accompagné d'exemples délicieux: l'enseignant de 25 ans: 2100 euros nets car il enseigne en REP+ et fait deux hsa.
L'enseignant de 33 ans, il faudra qu'il soit PP et fasse deux HSA pour toucher 2200 euros nets...

Tu as raison mais cela rejoint aussi la réalité, à savoir que beaucoup d'enseignants font des HSA (la grande majorité) que ce soit voulu ou non d'ailleurs car on peut nous en imposer.
J'ai été surpris du fait que gloabement 24 % n'en font pas (voir pourcentages visibles sur l'image de cet article) et que ce pourcentage a même tendance à diminuer.
De toute façon sans revalorisation un moyen pour ne pas voir son pouvoir d'achat s'effriter chaque année est d'en faire quand c'est possible mais ce n'est pas une solution à long terme.
Leclochard
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Empereur

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Leclochard le Mar 21 Juil - 8:43
Merci pour ton lien. Il va dans le sens de ce que j'écrivais il y a quelques temps ici: il est rare qu'un enseignant ne vive que de son traitement de base. Dans mon collège, on sera PP, on fera des HSA, on animera un club ou encore on aura une mission indemnisée (IMP). Même moi qui fuis ces charges, j'ai deux heures supp à cause de l'AP sans pouvoir les refuser. Ceux qui n'ont rien sont d'abord les documentalistes et les personnes à temps partiel.

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Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. (W.B)
Dame Jouanne
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"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Dame Jouanne le Mar 21 Juil - 9:21
@Mat'him a écrit:
@Leclochard a écrit:Oui. C'est très différent.
Notre profession me fait penser, je sais que c'est tiré par le cheveux, à ces métiers qui ont un revenu de base assez bas et qui obligent à des efforts particuliers (atteindre des objectifs de vente par ex) pour obtenir un salaire correct.
Quand on regarde sur le site de l'EN les cas qui sont présentés, ce sont toujours des enseignants qui font des heures supp, qui sont PP ou qui animent des clubs etc... qu'on donne en exemple. Le sous-entendu est clair: c'est une profession où il faut faire des activités en plus de l'enseignement pour gagner correctement sa vie.

https://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid100728/une-remuneration-evolutive-pour-les-enseignants.html

D'abord, il y a cette formidable étoile rouge qui suggère une formidable rémunération... 2000 euros.. bruts... qui se transforment en 1600 euros nets (écrits en petit).
Toutes les façons d'augmenter sa rémunération sont présentées (du départ pour l'outre-mer jusqu'à la réussite du concours pour devenir chef d'établissement...  "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 3795679266  en passant par l'indemnité de résidence et le supplément familial...  "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 2314601941 ).

Le tout accompagné d'exemples délicieux: l'enseignant de 25 ans: 2100 euros nets car il enseigne en REP+ et fait deux hsa.
L'enseignant de 33 ans, il faudra qu'il soit PP et fasse deux HSA pour toucher 2200 euros nets...

Tu as raison mais cela rejoint aussi la réalité, à savoir que beaucoup d'enseignants font des HSA (la grande majorité) que ce soit voulu ou non d'ailleurs car on peut nous en imposer.
J'ai été surpris du fait que gloabement 24 % n'en font pas (voir pourcentages visibles sur l'image de cet article) et que ce pourcentage a même tendance à diminuer.
De toute façon sans revalorisation un moyen pour ne pas voir son pouvoir d'achat s'effriter chaque année est d'en faire quand c'est possible mais ce n'est pas une solution à long terme.
Et de plus, ce que ne disent surtout pas les exemples du site gouvernemental, c'est qu'on arrive à cette merveilleuse paye en effectuant plus de 40 heures de travail par semaine.
Balthazaard
Balthazaard
Grand sage

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par Balthazaard le Mar 21 Juil - 9:25
@Graisse-Boulons a écrit:
@Une passante a écrit:Cela me conforte dans l'idée que les collègues qui n'enseignent qu'en BTS ne font pas le même métier que les autres ! pas le même public, pas la même charge de travail, pas le même nombre de semaines de travail (les stages), et la plus grande possibilité d'HSA (du fait de la pondération) qui fait que le salaire n'est pas non plus le même...
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.
Dame Jouanne
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par Dame Jouanne le Mar 21 Juil - 9:35
@Balthazaard a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
@Une passante a écrit:Cela me conforte dans l'idée que les collègues qui n'enseignent qu'en BTS ne font pas le même métier que les autres ! pas le même public, pas la même charge de travail, pas le même nombre de semaines de travail (les stages), et la plus grande possibilité d'HSA (du fait de la pondération) qui fait que le salaire n'est pas non plus le même...
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom  de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.
Je rajoute qu'il y a un paquet de mairie, administrations, ... qui ont accordées des primes exceptionnelles pour la période covid : prime d'équipement, de télétravail. Nous, rien, nada. Ont-ils faits plus d'effort que nous? Même pas dans les cas que je connais.
Et nous sommes là à discuter si la pondération de 1,25 est justifiée ou non pour tous.
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ee
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"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par ee le Mar 21 Juil - 10:03
Juste sur un point de la discussion : je ne comprends pas la levée de boucliers face à l'idée que nous pouvons travailler un peu comme une profession libérale.

Certes, statutairement, nous sommes fonctionnaires (salaire même mauvais assuré y compris en période covid, horaires contraints devant élèves, notation administrative, "sécurité de l'emploi" etc). Mais dans l'esprit, avec seulement 3 rdv de carrière sur toute une carrière justement, un chef d'établissement qui n'a pas à s'immiscer dans le contenu de nos cours, des programmes suffisamment vastes et flous pour que chacun en tire ce qu'il peut/veut, la possibilité d'organiser librement notre temps de travail quand nous ne sommes pas en classe, le fait - aussi, et ça me parait essentiel - que notre seule "production" est intellectuelle... je trouve qu'il y a effectivement plus de points communs avec une profession libérale qu'avec un cadre intermédiaire d'une grosse entreprise bien hiérarchisée.

Isis39
Isis39
Bon génie

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Isis39 le Mar 21 Juil - 10:05
@ee a écrit:Juste sur un point de la discussion : je ne comprends pas la levée de boucliers face à l'idée que nous pouvons travailler un peu comme une profession libérale.

Certes, statutairement, nous sommes fonctionnaires (salaire même mauvais assuré y compris en période covid, horaires contraints devant élèves, notation administrative, "sécurité de l'emploi" etc). Mais dans l'esprit, avec seulement 3 rdv de carrière sur toute une carrière justement, un chef d'établissement qui n'a pas à s'immiscer dans le contenu de nos cours, des programmes suffisamment vastes et flous pour que chacun en tire ce qu'il peut/veut, la possibilité d'organiser librement notre temps de travail quand nous ne sommes pas en classe, le fait - aussi, et ça me parait essentiel - que notre seule "production" est intellectuelle... je trouve qu'il y a effectivement plus de points communs avec une profession libérale qu'avec un cadre intermédiaire d'une grosse entreprise bien hiérarchisée.  


Cela dépend des matières ! "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 1482308650
Danska
Danska
Modérateur

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Danska le Mar 21 Juil - 10:15
@ee a écrit:Juste sur un point de la discussion : je ne comprends pas la levée de boucliers face à l'idée que nous pouvons travailler un peu comme une profession libérale.

Certes, statutairement, nous sommes fonctionnaires (salaire même mauvais assuré y compris en période covid, horaires contraints devant élèves, notation administrative, "sécurité de l'emploi" etc). Mais dans l'esprit, avec seulement 3 rdv de carrière sur toute une carrière justement, un chef d'établissement qui n'a pas à s'immiscer dans le contenu de nos cours, des programmes suffisamment vastes et flous pour que chacun en tire ce qu'il peut/veut, la possibilité d'organiser librement notre temps de travail quand nous ne sommes pas en classe, le fait - aussi, et ça me parait essentiel - que notre seule "production" est intellectuelle... je trouve qu'il y a effectivement plus de points communs avec une profession libérale qu'avec un cadre intermédiaire d'une grosse entreprise bien hiérarchisée.  


Pour une fois, je ne suis absolument pas d'accord avec toi Wink La différence entre libéral et fonctionnaire n'est pas seulement dans l'aspect hiérarchique, ça va bien plus loin.

Mes parents travaillent tous les deux en libéral, et la différence est évidente. Ils choisissent leurs dates et leurs nombres de congé, leurs horaires, leur temps de travail ; évidemment, plus ils travaillent et plus ils gagnent d'argent, et inversement. Ils gèrent eux-mêmes leur clientèles, également.

Ma mère dirige une petite entreprise de formation professionnelle, par exemple, et ses conditions de travail n'ont rien à voir avec les nôtres : elle décide elle-même combien de stagiaires elle accueille en même temps dans un groupe, si elle travaille en groupe ou en individuel, l'heure et la durée des cours, le contenu des programmes de formation, et ainsi de suite. Elle peut aussi refuser de prendre un stagiaire (c'est arrivé une ou deux fois avec des personnes odieuses, dont une à tendance franchement lubrique, elle a refusé de retravailler avec lui). En retour, elle se coltine une paperasse monstrueuse pour obtenir des certifications et faire financer les formations, et ses revenus dépendent de son travail. Mais elle n'a de compte à rendre à personne, aucun supérieur hiérarchique, rien : personne ne viendra lui reprocher de faire des formations de mauvaise qualité - en revanche, elle y perdra ses clients, donc ce n'est évidemment pas dans son intérêt de bâcler les contenus.


Nous, rien à voir : le prof fainéant au possible (il y en a, comme dans toutes les professions) qui se contente de balancer des exos du manuel en cours et ne fait aucune interro sera payé de la même façon que le prof consciencieux qui fait son travail correctement. Nous ne décidons pas du contenu de nos cours, ou plutôt nous en décidons mais dans un cadre contraint, pas plus que des horaires ou de leur durée, pas plus que du nombre d'élèves que nous acceptions en même temps en classe, pas davantage encore que du volume horaire avec chaque classe. Et même notre temps de travail à domicile n'est pas complètement libre : on peut travailler jusqu'à 2h du matin ou se lever à 7h si ça nous chante, mais il y a quand même des échéances précises à respecter (les bulletins doivent être remplis avant les conseils de classe, les livrets scolaires avant une date fixée à l'échelle nationale, les copies de bac corrigées et notées avant une date précise, etc.). Nous avons en contrepartie la sécurité de l'emploi et celle d'un salaire fixe - quelle que soit notre activité : le TZR qui n'a aucun remplacement sera payé quand même par exemple (ok, c'est de plus en plus rare, mais c'est un exemple).


Edit : une différence encore est l'aspect "fourniture du matériel". Dans le cas d'une profession libérale, c'est au professionnel de se débrouiller pour se procurer le matériel dont il a besoin, et le prix de ce matériel est prélevé directement sur les bénéfices réalisés ; dans le cas d'un fonctionnaire, c'est à l'employeur de fournir, l'employé n'a pas à utiliser son salaire pour s'acheter des masques, des stylos ou un ordinateur de travail (je sais, c'est la théorie, pas la pratique pour nous).


Dernière édition par Danska le Mar 21 Juil - 10:20, édité 1 fois
Dame Jouanne
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par Dame Jouanne le Mar 21 Juil - 10:18
@Isis39 a écrit:
@ee a écrit:Juste sur un point de la discussion : je ne comprends pas la levée de boucliers face à l'idée que nous pouvons travailler un peu comme une profession libérale.

Certes, statutairement, nous sommes fonctionnaires (salaire même mauvais assuré y compris en période covid, horaires contraints devant élèves, notation administrative, "sécurité de l'emploi" etc). Mais dans l'esprit, avec seulement 3 rdv de carrière sur toute une carrière justement, un chef d'établissement qui n'a pas à s'immiscer dans le contenu de nos cours, des programmes suffisamment vastes et flous pour que chacun en tire ce qu'il peut/veut, la possibilité d'organiser librement notre temps de travail quand nous ne sommes pas en classe, le fait - aussi, et ça me parait essentiel - que notre seule "production" est intellectuelle... je trouve qu'il y a effectivement plus de points communs avec une profession libérale qu'avec un cadre intermédiaire d'une grosse entreprise bien hiérarchisée.  


Cela dépend des matières ! "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 1482308650
Je confirme!! Nos programmes sont vastes mais pas flous en PC Wink
Et j'ai beau chercher, comme Danska, je vois plus de différences que de similitudes entre enseignant et profession libérale
Danska
Danska
Modérateur

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par Danska le Mar 21 Juil - 10:25
J'ajoute encore un élément au sujet de la hiérarchie : qu'on le veuille ou pas, on a bel et bien une hiérarchie au-dessus de nous. Exemple tout bête : un libéral qui veut prendre un rendez-vous médical un mardi à 10h (ou assister au mariage de sa soeur, ou aider sa fille à déménager) se contente de ne pas prendre de rendez-vous professionnel à cette date-là. Nous, si on a cours à cette heure, on doit demander une autorisation d'absence, qui peut parfaitement nous être refusée - sauf si elle est de droit - échographie pour une femme enceinte par exemple - mais même alors il faut avoir cette autorisation d'absence : on ne peut pas juste prévenir les élèves que puisqu'on n'est pas disponible à l'heure habituelle on rattrapera l'heure un peu plus tard.
Balthazaard
Balthazaard
Grand sage

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par Balthazaard le Mar 21 Juil - 10:28
Je ne suis pas si sur..je connais un expert comptable, il doit sans cesse se tenir ua courant des modifs au niveau de la fiscalité et c'est aussi fréquent que pour les programmes. Quant aux médecins, quant à savoir ce qui est remboursé ou pas ce n'est guère mieux. J'ai déjà eu des prestations refusées et d'autres prises en charge à 100% alors qu'en principe cela ne devait pas être le cas...pour les deux exemples qui me viennent.
Danska
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Modérateur

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par Danska le Mar 21 Juil - 10:52
Evidemment que les professions libérales doivent effectuer une veille documentaire pour connaître les évolutions de leur métier, mais quel rapport avec tout ce que je viens d'écrire ? "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 3795679266
kortonneko
kortonneko
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par kortonneko le Mar 21 Juil - 10:53
Un petit message juste pour dire que l'évolution de ce topic depuis deux jours est très intéressante, et que c'est un plaisir de vous lire tous Smile
LadyOlenna
LadyOlenna
Niveau 9

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par LadyOlenna le Mar 21 Juil - 11:02
Quand j'ai fait allusion au fait que ce n'était pas une profession libérale, je faisais surtout référence au fait que "tout agent public est tenu de se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique", et je suis toujours surprise que certains profs semblent totalement ignorer cela.
celitian
celitian
Expert spécialisé

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par celitian le Mar 21 Juil - 11:03
@Balthazaard a écrit:Je ne suis pas si sur..je connais un expert comptable, il doit sans cesse se tenir ua courant des modifs au niveau de la fiscalité et c'est aussi fréquent que pour les programmes. Quant aux médecins, quant à savoir ce qui est remboursé ou pas ce n'est guère mieux. J'ai déjà eu des prestations refusées et d'autres prises en charge à 100% alors qu'en principe cela ne devait pas être le cas...pour les deux exemples qui me viennent.
Comme beaucoup de matières qui doivent être au courant des dernières modifications, des dernières actualités, de l'évolution des entreprises...ce qui signifie que certains collègues sont obligés d'effectuer une mise à jour des cours tous les ans (hors changement de programme).
Balthazaard
Balthazaard
Grand sage

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par Balthazaard le Mar 21 Juil - 11:16
@Danska a écrit:Evidemment que les professions libérales doivent effectuer une veille documentaire pour connaître les évolutions de leur métier, mais quel rapport avec tout ce que je viens d'écrire ? "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 3795679266

Je veux dire que les changements de programmes demandent du travail et sont agaçants mais que c'est le lot de beaucoup de professions libérales, certains citaient cela à contrario...
Lisak40
Lisak40
Niveau 9

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Lisak40 le Mar 21 Juil - 11:24
Je ne vois pas non plus vraiment en quoi notre métier se rapproche d'une profession libérale : pour moi il y a plus de divergences que de ressemblances ! Outre tout ce qui vient d'être très bien expliqué par Danska, j'ajouterais que nous ne choisissons absolument pas notre emploi du temps et notre lieu de travail. A la limite, on peut rapprocher le travailleur en libéral du prof en free lance (que ce soit de danse, de musique ou de français), même si les revenus sont rarement comparables je pense, mais c'est tout !! Au contraire, je dirais même que parfois, oui on peut avoir l'impression de travailler en libéral, aka les élèves et les parents qui se comportent parfois comme des clients, alors qu'ils ne paient rien, mais sans en avoir aucun bénéfice, sauf celui de pouvoir travailler entre 2 et 3h du matin si on a décidé que c'était ce qui nous plaisait, mais cela n'a pas grand chose à voir avec la "clientèle" ou les élèves, et donc avec un médecin ou un avocat (qui peut faire sa paperasse aux mêmes heures, mais pas recevoir de patients), plus avec n'importe quel employé dont une partie du travail n'est pas soumise au présentiel, ni aux horaires de bureau.
pseudo-intello
pseudo-intello
Expert spécialisé

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par pseudo-intello le Mar 21 Juil - 11:41
@Balthazaard a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
@Une passante a écrit:Cela me conforte dans l'idée que les collègues qui n'enseignent qu'en BTS ne font pas le même métier que les autres ! pas le même public, pas la même charge de travail, pas le même nombre de semaines de travail (les stages), et la plus grande possibilité d'HSA (du fait de la pondération) qui fait que le salaire n'est pas non plus le même...
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom  de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.

Je pense qu'il était davantage question d'élargir la pondération à davantage de personnels, voire à tous les personnels, que de la supprimer.


@Balthazaard a écrit:
@Danska a écrit:Evidemment que les professions libérales doivent effectuer une veille documentaire pour connaître les évolutions de leur métier, mais quel rapport avec tout ce que je viens d'écrire ? "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 3795679266

Je veux dire que les changements de programmes demandent du travail et sont agaçants mais que c'est le lot de beaucoup de professions libérales, certains citaient cela à contrario...

Ce qui est du reste particulièrement agaçant avec les changement de programme, c'est que pendant des décennies, on changeait de programme tous les 20/30 ans, et encore, avec parfois des modifications à la marge, et que maintenant, ça change tous les 3-4 ans.
Yazilikaya
Yazilikaya
Neoprof expérimenté

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Yazilikaya le Mar 21 Juil - 11:46
@Leclochard a écrit:Merci pour ton lien. Il va dans le sens de ce que j'écrivais il y a quelques temps ici: il est rare qu'un enseignant ne vive que de son traitement de base. Dans mon collège, on sera PP, on fera des HSA, on animera un club ou encore on aura une mission indemnisée (IMP). Même moi qui fuis ces charges, j'ai deux heures supp à cause de l'AP sans pouvoir les refuser. Ceux qui n'ont rien sont d'abord les documentalistes et les personnes à temps partiel.

Et pourtant, beaucoup de PE adjoints (pas de direction, pas de rep, pas de possibilité d'études...) le font. Il faut faire attention aux dépenses, c'est sûr.
Cleroli
Cleroli
Expert

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Cleroli le Mar 21 Juil - 11:51
@Balthazaard a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
@Une passante a écrit:Cela me conforte dans l'idée que les collègues qui n'enseignent qu'en BTS ne font pas le même métier que les autres ! pas le même public, pas la même charge de travail, pas le même nombre de semaines de travail (les stages), et la plus grande possibilité d'HSA (du fait de la pondération) qui fait que le salaire n'est pas non plus le même...
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom  de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.
Exigeons au contraire que la pondération soit étendue à tous Wink
Monsieur_Tesla
Monsieur_Tesla
Niveau 10

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Monsieur_Tesla le Mar 21 Juil - 11:59
@Yazilikaya a écrit:Les conditions de travail, me semble-t-il, se sont dégradées oui: réunions plus nombreuses et plus inutiles, classes très chargées,  élèves difficiles (mais cela dépend de la cohorte).
Il y a également des satisfactions : relations entre collègues (bon, ça dépend où), avec les élèves...)

Au niveau du salaire,  si on compare avec l'ensemble des salariés,  on est pas mal. Si on compare avec avec les fonctionnaires de même catégorie, on est mal.

Du temps libre, pas vraiment (je m'exprime en tant que PE) mais modulable.
Cette année est cependant la première année de ma carrière où je ne fiche rien des vacances, trop dégoûtée du prof bashing. Et que ça fait du bien!

+10^10^100

Je ne suis plus PP (ça me manque un peu !)

plus de projets chronophages, je refuse tout !

Plus de voyages scolaires (où les parents te disent : bonnes vacances !)

Plus de réunions, sauf obligation de service.

Un EDT de merde (8h de trous), je ne travaille plus qu'au collège.

C'est reposant abi abi


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Ce que j'entends je l'oublie.
Ce que le lis je le retiens.
Ce que je fais, je le comprends !

Tchuang Tseu
Une passante
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Expert

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par Une passante le Mar 21 Juil - 12:44
@Cleroli a écrit:
@Balthazaard a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
@Une passante a écrit:Cela me conforte dans l'idée que les collègues qui n'enseignent qu'en BTS ne font pas le même métier que les autres ! pas le même public, pas la même charge de travail, pas le même nombre de semaines de travail (les stages), et la plus grande possibilité d'HSA (du fait de la pondération) qui fait que le salaire n'est pas non plus le même...
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom  de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.
Exigeons au contraire que la pondération soit étendue à tous Wink

En effet, la remarque initiale avait été suscitée par la satisfaction, notamment salariale, exprimée par un collègue de BTS, dont la situation n'est donc pas la même que celle des PE ou des collègues n'enseignant que dans le secondaire. il n'était pas question de baisser la rémunération des collègues de BTS, mais de rappeler que certains éléments de leur pratique n'étaient pas communs à tous les enseignants.
D'ailleurs, je crois qu'il devient de plus en plus fréquent sur ce forum de réclamer une rémunération identique à celle des autres cadres A de la Fonction publique que de se jalouser entre nous, justement par nos conditions d'enseignement ne sont pas toutes les mêmes, tandis que notre statut de cadre A l'est.
Elaïna
Elaïna
Bon génie

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par Elaïna le Mar 21 Juil - 12:57
@Danska a écrit:

Nous, rien à voir : le prof fainéant au possible (il y en a, comme dans toutes les professions) qui se contente de balancer des exos du manuel en cours et ne fait aucune interro sera payé de la même façon que le prof consciencieux qui fait son travail correctement. Nous ne décidons pas du contenu de nos cours, ou plutôt nous en décidons mais dans un cadre contraint, pas plus que des horaires ou de leur durée, pas plus que du nombre d'élèves que nous acceptions en même temps en classe, pas davantage encore que du volume horaire avec chaque classe. Et même notre temps de travail à domicile n'est pas complètement libre : on peut travailler jusqu'à 2h du matin ou se lever à 7h si ça nous chante, mais il y a quand même des échéances précises à respecter (les bulletins doivent être remplis avant les conseils de classe, les livrets scolaires avant une date fixée à l'échelle nationale, les copies de bac corrigées et notées avant une date précise, etc.). Nous avons en contrepartie la sécurité de l'emploi et celle d'un salaire fixe - quelle que soit notre activité : le TZR qui n'a aucun remplacement sera payé quand même par exemple (ok, c'est de plus en plus rare, mais c'est un exemple).

Je rebondis sur ta première phrase : rien, absolument rien, ne te permet de décider que le prof qui donne des exos du manuel est "fainéant au possible", ça c'est la propagande rectorale qui le fait croire, mais ce n'est pas parce que tu utilises un manuel que tu es une feignasse. Et ce n'est pas parce que tu bosses 45h par semaine à faire TOUTES tes séquences de A à Z que tu es plus consciencieux qu'un autre. Au bout d'un moment ça va bien les clichés.

Pour le reste, je suis d'accord. Non, nous ne sommes pas une profession libérale, nous faisons partie du service public en tant que fonctionnaires. D'ailleurs je ne sais plus quel néo (Dita, peut-être ?) expliquait : nous rendons un service, aux usagers de s'en servir, point final. Et c'est grâce à ça qu'on se libère de l'énorme culpabilité distillée par les institutions ("si un élève ne réussit pas c'est de votre faute, etc"). Non. On fait des cours (avec le manuel ou pas), des exos (du manuel ou pas), des évals avec corrigés, un élève qui glande c'est SON problème. Va-t-on pleurer sur le mec qui se prend une blinde d'impôts parce qu'il n'a pas été foutu de faire les bonnes démarches et qu'on lui impose un forfait ? non. Bah pour les profs c'est pareil. On doit faire cours, évaluer, tout le reste c'est hors de notre champ.

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It took me forty years to realize this. But for guys like us... our lives aren't really our own. There's always someone new to help. Someone we need to protect. These past few years, I fought that fate with all I had. But I'm done fighting. It's time I accept the hand I was dealt. Too many people depend on us. Their dreams depend on us.

Kiryu Kazuma inYakuza 4 Remastered
Danska
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Modérateur

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par Danska le Mar 21 Juil - 13:12
@Elaïna a écrit:
@Danska a écrit:

Nous, rien à voir : le prof fainéant au possible (il y en a, comme dans toutes les professions) qui se contente de balancer des exos du manuel en cours et ne fait aucune interro sera payé de la même façon que le prof consciencieux qui fait son travail correctement.

Je rebondis sur ta première phrase : rien, absolument rien, ne te permet de décider que le prof qui donne des exos du manuel est "fainéant au possible", ça c'est la propagande rectorale qui le fait croire, mais ce n'est pas parce que tu utilises un manuel que tu es une feignasse. Et ce n'est pas parce que tu bosses 45h par semaine à faire TOUTES tes séquences de A à Z que tu es plus consciencieux qu'un autre. Au bout d'un moment ça va bien les clichés.

Heu, ça ne va pas de m'agresser comme ça ?!

J'ai écrit textuellement " le prof fainéant au possible qui se contente de balancer des exos du manuel en cours et ne fait aucune interro" pour éviter d'allonger encore un message déjà interminable, j'aurais pu rajouter "et alterne entre "bien" et "correct" comme appréciations pour ses bulletins, et fait du cours magistral pour éviter de corriger ses copies, et ne prépare pas ses cours, et refuse de rencontrer les parents d'élèves, et ne maîtrise pas sa discipline, et ne répond pas aux questions d'élèves, et tout ce que tu veux encore", m'enfin je pensais que l'idée de base était assez claire.

Pour le reste je me contrefous de ce que fait le collègue d'à côté ou de ce que tu fais toi en particulier, de savoir si les uns utilisent un manuel ou pas, font quinze évaluations à la semaine ou non, bossent 45 h par semaine ou pas : je ne suis pas IPR, ce n'est pas mon boulot et ça ne m'intéresse absolument pas. Et "rien, absolument rien, ne te permet de décider" que tu sais ce que je pense !

Édit : et puis franchement, "la propagande rectorale" ? D'habitude tu es la première à dire que les mots ont un sens et je suis la première à approuver, là c'est juste n'importe quoi.
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Graisse-Boulons
Niveau 9

"Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne - Page 4 Empty Re: "Le métier de prof est-il encore possible ?" interview d'une prof qui démissionne

par Graisse-Boulons le Mar 21 Juil - 15:25
@Une passante a écrit:
@Cleroli a écrit:
@Balthazaard a écrit:
@Graisse-Boulons a écrit:
Et bien d'apres ce que j'ai vécu, we l'intérieur, ça dépend beaucoup de la discipline enseignée...et je n'irais pas plus loin car je sais qu'il y a la un point extrêmement  sensible, l'" impression" d'avoir beaucoup de travail étant subjective et en partie liée à la nature des études qui, qu'on le veuille ou non sont déterminantes pour construire la force et l'efficacité de travail...une chose est sûre : la pondération 1.25  bts peut être soit justifiée, soit injustifiée par rapport aux collègues qui n'en n'ont pas...

Je n'interviens pas dans le sujet...pour moi je n'ai rien à ajouter.
Par contre, cela recommence, on ne peut s'en empêcher, les 1,25 ne sont pas justifiés...encore un effort pour l'isoe, pour les 15 heures des agrégés...encore et encore...nous avons une rémunération de misère compte tenu du niveau d'étude, encore un effort rabaissons la encore au nom de l'égalité, supprimons les pondérations de lycée puisque les collègues de collège ne les ont pas....De Robien avait voulu le faire, "au nom  de l'égalité et de la justice" croyez vous une seconde que cela aidera ceux qui ne bénéficient d'aucun avantage?
C'est nous qui minons notre métier de l'intérieur...au nom de quoi? de grands principes auxquels personne ne croit mais qui sont la bouée morale de ceux à qui il ne reste que cela.
Exigeons au contraire que la pondération soit étendue à tous Wink

En effet, la remarque initiale avait été suscitée par la satisfaction, notamment salariale, exprimée par un collègue de BTS, dont la situation n'est donc pas la même que celle des PE ou des collègues n'enseignant que dans le secondaire. il n'était pas question de baisser la rémunération des collègues de BTS, mais de rappeler que certains éléments de leur pratique n'étaient pas communs à tous les enseignants.
D'ailleurs, je crois qu'il devient de plus en plus fréquent sur ce forum de réclamer une rémunération identique à celle des autres cadres A de la Fonction publique que de se jalouser entre nous, justement par nos conditions d'enseignement ne sont pas toutes les mêmes, tandis que notre statut de cadre A l'est.

C'est vrai : j'ai été maladroit. Je voulais dire qu'entre un prof qui ne fait pas de bts et un qui en fait, la charge de travail n'ewt pas systématiquement plus élevée pour le second qui, pourtant, bénéficie de la pondération...j'ai même connu un prof d'anglais qui allait en bts " les mains dans les poches" alors qu'il bossait pour ces heures " lycée"...il disait adorer ces heures " débridées" ou il lançait des discussions en direct/ live....MAIS je n'ai pas dit qu'il fallait supprimer la pondération, ça non! même avec cette derniere nous sommes les oubliés de la france....alors plutôt l'accorder aux autres profs....bien entendu.
Elyas
Elyas
Empereur

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par Elyas le Mar 21 Juil - 15:50
C'est tout de même magnifique que sur un fil de revendication, on sorte l'image du "professeur fainéant". Je suis abasourdi.
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