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EdithW
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Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 Empty Re: Le ministère lance les évaluations d'établissements

par EdithW le Ven 9 Oct 2020 - 16:55
Divide et impera (Philippe de Macédoine, si tu nous écoutes...). Vieux comme le monde. Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 810795018
EdithW
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Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 Empty Re: Le ministère lance les évaluations d'établissements

par EdithW le Ven 9 Oct 2020 - 16:58
@dita a écrit:
@Lefteris a écrit:Oui, les titulaires, les "anciens", mais on compte sur leur départ progressif. 
Comment partir avant la date de sa retraite, quitte à avoir une décote importante ?

Tu ne peux pas... tu peux partir avec une décote avant la date où tu aurais ta retraite à taux plein. Ou démissionner et faire autre chose. Je pense qu'on ne peut tout simplement pas demander à liquider sa retraite avant les 6 mois réglementaires avant la date de son 62è anniversaire (à ce jour, sauf carrière longue).
Lefteris
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par Lefteris le Ven 9 Oct 2020 - 18:01
@gauvain31 a écrit:
Ayant travaillé à la Poste et ayant gardé des contacts avec quelques collègues , je confirme le propos souligné en gras. Le management a pris le pas dans pas mal de domaine : une amie qui est dans la recherche (biotechnologie végétale dans le privé) a le même problème : des managers non scientifiques qui réorganisent le service.... à part que cela n'a ni queue ni tête et rend l'entreprise où elle travaille "non performante" au regard de ce que l'on attendrait justement d'une entreprise privée dans ce domaine. Un comble.

Pourquoi ces changements dans le service public? Par pure idéologie et admiration béate devant tout ce qui vient de l'entreprise. On est passé d'une concurrence entre filières à une concurrence entre matières et bientôt une concurrence entre collègues (elle a déjà commencé de fait avec le PPCR) : car la lutte de tous contre tous (dans la précarité) est ce qu'il y a de plus efficace ... surtout pour laisser les premiers de cordées tranquilles. Il peuvent se distribuer les profits pendant que les gueux se font concurrence. Le management néolibéral réussit ce tour de force en rendant insensé des métiers qui en ont fondamentalement un.
Tu peux ajouter le secteur de la santé, confié à des managers-comptables, et qui fait l'actualité que l'on  sait. Effectivement , le PPCR, qui juge les enseignants au doigt mouillé, sur des critères extra-professionnels, sans repères nationaux, mettant en concurrence les individus  localement , est déjà une marque certaine de ce virage. Dans le puzzle qui se construit,  c'est une pièce importante, car tout ce qui concernera la vie professionnelle des  futurs entrants ( si on en trouve)  passera par cet arbitraire : affectation, maintien dans le poste, renouvellement du contrat, évolution de carrière. C'était un des grappins lancés pour prendre d'assaut le statut et le raser.
Quant au management ayant pour but de mettre en lice les petits entre eux, il n'est que l'application  systémique, à grande échelle, d'une sorte de loi tribale, instinctive. Pour être à l'abri de revendications, de coalitions, les chefs doivent créer des pommes de discorde, une compétition interne, distribuer des bouts de gras pur lesquels on se bat.  Outre mes incursions dans d'autres professions par le biais syndical, je l'ai vu de mes propres yeux. Certains chefs préfèrent casser la cohésion, même l'efficacité d'un service, en disloquant des équipes soudées qui  risquent de faire bloc, de dénoncer les aberrations des réformes. Tous les moyens sont utilisés,  tout ou partie de la liste suivante, non exhaustive : failles du statut pour déplacer un supposé "meneur", arrivée "au profil" de fonctionnaires choisis, ou de jeunes plus malléables prévenus contre les  "vieux cons" , introduction de la variabilité des  indemnités, avantages concédés aux uns et pas aux autres (véhicules de services, facilité à poser les congés...),  renversement des propositions au  tableau d'avancement pour semer la zizanie, menace sur les notes, etc. Inévitablement, au bout d'un moment, ça se fissure.

Sinon, il y a l’ineffable rapport annuel sur la FP, que j'ai souvent lu, et parfois commenté ici même. Dans celui d'il y a un ou deux ans , dans les pages de présentation, le terme de management revient environ 60 fois, avec le reste de la phraséologie qui va avec ("fonction publique agile" "souplesse" etc.).Le ton est donné.


@EdithW a écrit:
Tu ne peux pas... tu peux partir avec une décote avant la date où tu aurais ta retraite à taux plein. Ou démissionner et faire autre chose. Je pense qu'on ne peut tout simplement pas demander à liquider sa retraite avant les 6 mois réglementaires avant la date de son 62è anniversaire (à ce jour, sauf carrière longue).
On peut partir, et attendre l'âge légal pour toucher une misère. Mais que faire en attendant ? Il faut bien manger, faire vivre sa famille. Avec un conjoint riche, quand on fait ce métier pour s'amuser et qu'on ne s'amuse plus,  pourquoi pas. Mais je ne crois pas que ce soit la situation de la majorité des fonctionnaires de l'EN.

_________________
"La réforme [...] c'est un ensemble de décrets qui s'emboîtent les uns dans les autres, qui ne prennent leur sens que quand on les voit tous ensemble". La stratégie du puzzle, utilisée pour toutes les démolitions, expliquée sans fard par F. Robine.

Gallica Musa mihi est, fateor, quod nupta marito. Pro domina colitur Musa latina mihi.

Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβούμαι τίποτα, είμαι λεύτερος.
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Jaenelle
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par Jaenelle le Ven 9 Oct 2020 - 21:34
@Elyas a écrit:Certains perdir ont utilisé le mot "audit" pour annoncer ces inspections d'établissement à leurs équipes. Je crois que le mot dit tout.
Ah... Bon, ben, mon établissement fait partie du lot Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 1106105181 . Ça m'avait laissée perplexe, cette annonce, parce que mon établissement est en pleine reconstruction, je trouvais donc cet audit prématuré : j'en ai déjà connu un dans un précédent établissement, mais là, ce ne ressemblera pas du tout à cela ; après avoir lu l'article du Café pédagogique, je vois d'un autre oeil certaines actions mises en place par mon CDE depuis la rentrée et me rend compte qu'il nous manipule.
Et je suis furieuse car j'y ai participé et n'ai rien décelé. Dommage pour lui, je fais désormais partie du CA Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 1951591342 .
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may68
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par may68 le Sam 10 Oct 2020 - 8:23
J'en ai marre de vomir tous les 4 matins ... 🤢

Je crois que les collègues ne voient pas ce qui nous arrive dans la [figure] ou font semblant de ne pas voir.

Entre ça et la réforme de la formation continue où on s'obseve entre "pairs" "pairs experts" et "amis critiques" on nous prépare un truc suicidaire à la France Télécom (dont les agents nous prévenaient déjà il y 20 ans ...)

Il faut dire que tout est fait insidieusement car ils attaquent par petits ilots (pas tout le monde en même temps comme ça au mieux certains se croient sauvés, au pire ils ne savent pas car ne s'informent pas ) donc pour la riposte ... entre le silence des pantoufles et l'isolement, on est cuits.


Dernière édition par henriette le Sam 10 Oct 2020 - 11:00, édité 1 fois (Raison : Grossièreté)
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User17095
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par User17095 le Sam 10 Oct 2020 - 9:05
Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.
Isis39
Isis39
Bon génie

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par Isis39 le Sam 10 Oct 2020 - 9:35
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

Cette évaluation n'est-elle pas déjà faite régulièrement ? Notamment avec le "contrat" entre l'établissement, le rectorat et la collectivité ?
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User17095
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par User17095 le Sam 10 Oct 2020 - 9:55
@Isis39 a écrit:
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

Cette évaluation n'est-elle pas déjà faite régulièrement ? Notamment avec le "contrat" entre l'établissement, le rectorat et la collectivité ?

En partie, mais dans les faits c'est loin d'être généralisé : je n'en ai jamais eu.
En revanche quand on en a parlé il me semble qu'on devait tous mourir, dans des salles des profs transformées en open space France Télécom, et bon, finalement, ça n'a pas changé grand chose...
Pourquoi 3,14159
Pourquoi 3,14159
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par Pourquoi 3,14159 le Sam 10 Oct 2020 - 10:35
Si évaluer veut dire quota-iser ou faire des économies, rien ne va changer. Perso je refuse d'être évalué par des personnes incompétentes en la matière. Circulez, y a rien à voir !
Sans nous l'EN n'est rien, sachez le et surtout faites le savoir.

_________________
"Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C'est ça la relativité. " (Albert Einstein).
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may68
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par may68 le Sam 10 Oct 2020 - 10:51
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

Ah parce que d'après toi ce qui passait à France Télécom était étalé au grand jour ... ?
A part quand le nombre de suicides a commencé à vraiment se voir, les médias étaient absents pour voir ou dénoncer les placardisations, les burn-out et les dépressions en coulisses. Ces suicides c'étaient l'arbre qui cachait la fôret. Même encore aujourd"hui malgré le procès peu de monde s'y intéresse. La chape de plomb fonctionne bien sauf si on s'intéresse un peu au sujet.
Lokomazout
Lokomazout
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par Lokomazout le Sam 10 Oct 2020 - 11:05
@Pourquoi 3,14159 a écrit:Si évaluer veut dire quota-iser ou faire des économies, rien ne va changer. Perso je refuse d'être évalué par des personnes incompétentes en la matière. Circulez, y a rien à voir !
Sans nous l'EN n'est rien, sachez le et surtout faites le savoir.

Idem !
Il y a assez de précédents dans la sphère publique de ce pays ces vingt dernières années pour qu'on puisse DIRE STOP, et ce d'entrée de jeu.
Le PPCR aussi devait être un bien, et bon nombre de syndicats y avaient même souscrit... On voit le résultat aujourd'hui :
des attentes interminables pour le passage à la hors classe, peut-être à la saint-glinglin !
Il y a des choses bien plus urgentes à faire que ces pseudos évaluations dont le but, bien souvent, n'est que la recherche d'optimisations en matière de budget et de personnel.
Pour trouver des milliards d'euros ces derniers mois, nos "gouvernants" n'ont pourtant eu aucun mal... Quand on veut on peut ! Mais pour les enseignants, c'est clair qu'ils ne veulent pas. Pourquoi devrait-on encore une fois courber l'échine ? ASSEZ !
Marxou
Marxou
Niveau 10

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par Marxou le Sam 10 Oct 2020 - 11:51
@Lefteris a écrit:
@gauvain31 a écrit:
Ayant travaillé à la Poste et ayant gardé des contacts avec quelques collègues , je confirme le propos souligné en gras. Le management a pris le pas dans pas mal de domaine : une amie qui est dans la recherche (biotechnologie végétale dans le privé) a le même problème : des managers non scientifiques qui réorganisent le service.... à part que cela n'a ni queue ni tête et rend l'entreprise où elle travaille "non performante" au regard de ce que l'on attendrait justement d'une entreprise privée dans ce domaine. Un comble.

Pourquoi ces changements dans le service public? Par pure idéologie et admiration béate devant tout ce qui vient de l'entreprise. On est passé d'une concurrence entre filières à une concurrence entre matières et bientôt une concurrence entre collègues (elle a déjà commencé de fait avec le PPCR) : car la lutte de tous contre tous (dans la précarité) est ce qu'il y a de plus efficace ... surtout pour laisser les premiers de cordées tranquilles. Il peuvent se distribuer les profits pendant que les gueux se font concurrence. Le management néolibéral réussit ce tour de force en rendant insensé des métiers qui en ont fondamentalement un.
Tu peux ajouter le secteur de la santé, confié à des managers-comptables, et qui fait l'actualité que l'on  sait. Effectivement , le PPCR, qui juge les enseignants au doigt mouillé, sur des critères extra-professionnels, sans repères nationaux, mettant en concurrence les individus  localement , est déjà une marque certaine de ce virage. Dans le puzzle qui se construit,  c'est une pièce importante, car tout ce qui concernera la vie professionnelle des  futurs entrants ( si on en trouve)  passera par cet arbitraire : affectation, maintien dans le poste, renouvellement du contrat, évolution de carrière. C'était un des grappins lancés pour prendre d'assaut le statut et le raser.
Quant au management ayant pour but de mettre en lice les petits entre eux, il n'est que l'application  systémique, à grande échelle, d'une sorte de loi tribale, instinctive. Pour être à l'abri de revendications, de coalitions, les chefs doivent créer des pommes de discorde, une compétition interne, distribuer des bouts de gras pur lesquels on se bat.  Outre mes incursions dans d'autres professions par le biais syndical, je l'ai vu de mes propres yeux. Certains chefs préfèrent casser la cohésion, même l'efficacité d'un service, en disloquant des équipes soudées qui  risquent de faire bloc, de dénoncer les aberrations des réformes. Tous les moyens sont utilisés,  tout ou partie de la liste suivante, non exhaustive : failles du statut pour déplacer un supposé "meneur", arrivée "au profil" de fonctionnaires choisis, ou de jeunes plus malléables prévenus contre les  "vieux cons" , introduction de la variabilité des  indemnités, avantages concédés aux uns et pas aux autres (véhicules de services, facilité à poser les congés...),  renversement des propositions au  tableau d'avancement pour semer la zizanie, menace sur les notes, etc. Inévitablement, au bout d'un moment, ça se fissure.

Sinon, il y a l’ineffable rapport annuel sur la FP,  que j'ai souvent lu, et parfois commenté ici même. Dans celui d'il y a un ou deux ans , dans les pages de présentation, le terme de management revient environ 60 fois, avec le reste de la  phraséologie qui va avec ("fonction publique agile" "souplesse" etc.).Le ton est donné.


@EdithW a écrit:
Tu ne peux pas... tu peux partir avec une décote avant la date où tu aurais ta retraite à taux plein. Ou démissionner et faire autre chose. Je pense qu'on ne peut tout simplement pas demander à liquider sa retraite avant les 6 mois réglementaires avant la date de son 62è anniversaire (à ce jour, sauf carrière longue).
On peut partir, et attendre l'âge légal pour toucher une misère. Mais que faire en attendant ? Il faut bien manger, faire vivre sa famille. Avec un conjoint riche, quand on fait ce métier pour s'amuser et qu'on ne s'amuse plus,  pourquoi pas. Mais je ne crois pas que ce soit la situation de la majorité des fonctionnaires de l'EN.

Consigne clairement délivrée aux gouvernements par l'OCDE dans le cadre de la" libéralisation" et marchandisation du service public: diminuer  drastiquement les moyens alloués à ce dernier afin qu'il dysfonctionne; en faire porter la responsabilité sur ses agents, à savoir les fonctionnaires, fainéants, incompétents, trop payés et source  de dette publique (ah, la DETTE!). Une fois le service public désorganisé et ne pouvant fonctionner correctement: constat implacable, le secteur privé sera beaucoup plus efficace pour le gérer.
Politique déjà mise en oeuvre dans de nombreux secteurs du public (poste, hôpitaux, etc...) et qui s'applique désormais à l'enseignement, dernier bastion à déconstruire. Réformes ubuesques impossibles à appliquer, diminution des postes,individualisation des rémunérations, classes surchargées, injonctions contradictoires, manque délibéré d'infos claires sur le bac par exemple qui conduit tout le monde ( profs, élèves, CDE, parents) à la panique, sauf le ministre qui a provoqué tout ce bordel, qui s'en contrefout et qui pense désormais mériter des fonctions plus gratifiantes. Il les obtiendra dans la mesure où il a appliqué les directives délibérément délétères de son gouvernement. Bravo JMB. T'as fait le job.
Mathador
Mathador
Grand sage

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par Mathador le Sam 10 Oct 2020 - 11:59
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

La mention même du projet d'établissement dans l'article L912-1-1 du Code de l'éducation est une dérive déjà existante (depuis 2005 tout de même) qui ne peut qu'être renforcée par ces évaluations d'établissements.

_________________
"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
kroutu
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par kroutu le Sam 10 Oct 2020 - 12:28
pogonophile a écrit:
@Isis39 a écrit:
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.

Cette évaluation n'est-elle pas déjà faite régulièrement ? Notamment avec le "contrat" entre l'établissement, le rectorat et la collectivité ?

En partie, mais dans les faits c'est loin d'être généralisé : je n'en ai jamais eu.
En revanche quand on en a parlé il me semble qu'on devait tous mourir, dans des salles des profs transformées en open space France Télécom, et bon, finalement, ça n'a pas changé grand chose...

Du coup, quel est l'intérêt ?
beaverforever
beaverforever
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par beaverforever le Sam 10 Oct 2020 - 12:47
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.
Je suis d'accord avec toi qu'il n'y a pas de mal intrinsèque à l'évaluation d'un établissement. Seulement, le processus d'évaluation peut rapidement devenir toxique, même si tous les acteurs sont de bonne foi.

Si on prend l'exemple de la loi de Goodhart, une mesure qui est utilisée comme un objectif cesse d'être un bonne mesure. On a déjà le cas du brevet et de baccalauréat, où des chefs d'établissement ont joué sur l'évaluation continue pour augmenter le nombre de lauréats. Je ne pense pas que les CDE soient maléfiques ou corrompus, ils jouent seulement selon les règles que leur impose leur évaluation. Imaginons que la fin du collège ou du lycée ne soit pas sanctionnée par une note d'examen mais par une mesure objectivée de l'apprentissage des élèves, les comportements des CDE, des enseignants et des élèves seraient très différents.

Je pense qu'une partie du malentendu vient de la présence ici de nombreux intervenants qui suivent une théorie du conflit : si de mauvaises décisions sont prises, c'est parce que certains acteurs (néo-libéraux) prennent des décisions qu'ils savent mauvaises mais qu'ils poursuivent pour assoir leur domination. La seule solution est de combattre contre ces personnes malveillantes qui sont de véritables ennemis. Parfois, on concède que leur malveillance est due plus à l'aveuglement idéologique qu'à une volonté mauvaise de domination.

D'autres, moins nombreux, défendent plutôt une théorie de l'erreur : l'éducation nationale est malade, c'est une question complexe (car l'éducation seule est complexe et que toute décision pédagogique a des implications politiques, symboliques, sociologiques et économiques) et les remèdes proposés sont variés. Certains remèdes sont pertinents, d'autres sont nocifs et parfois, par erreur, ce sont les mauvais remèdes qui sont choisis. Pour trouver le bon remède, il faut une meilleure connaissance du système, des effets des remèdes et une discussion approfondie et difficile entre tous les acteurs.

Ainsi, pour les tenants de la théorie du conflit, toute production du ministère est une arme dans une guerre perpétuelle, pour les tenants d'une théorie de l'erreur, si une solution proposée par le ministère n'est pas pertinente, c'est parce qu'elle n'a pas été discutée rationnellement par tous les acteurs en amont, et que donc elle contient des erreurs d'appréciation qui sont propres au cabinet et à la DGESCO.
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User17095
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par User17095 le Sam 10 Oct 2020 - 13:18
@beaverforever a écrit:
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.
Je suis d'accord avec toi qu'il n'y a pas de mal intrinsèque à l'évaluation d'un établissement. Seulement, le processus d'évaluation peut rapidement devenir toxique, même si tous les acteurs sont de bonne foi.

Si on prend l'exemple de la loi de Goodhart, une mesure qui est utilisée comme un objectif cesse d'être un bonne mesure. On a déjà le cas du brevet et de baccalauréat, où des chefs d'établissement ont joué sur l'évaluation continue pour augmenter le nombre de lauréats. Je ne pense pas que les CDE soient maléfiques ou corrompus, ils jouent seulement selon les règles que leur impose leur évaluation. Imaginons que la fin du collège ou du lycée ne soit pas sanctionnée par une note d'examen mais par une mesure objectivée de l'apprentissage des élèves, les comportements des CDE, des enseignants et des élèves seraient très différents.

Je pense qu'une partie du malentendu vient de la présence ici de nombreux intervenants qui suivent une théorie du conflit : si de mauvaises décisions sont prises, c'est parce que certains acteurs (néo-libéraux) prennent des décisions qu'ils savent mauvaises mais qu'ils poursuivent pour assoir leur domination. La seule solution est de combattre contre ces personnes malveillantes qui sont de véritables ennemis. Parfois, on concède que leur malveillance est due plus à l'aveuglement idéologique qu'à une volonté mauvaise de domination.

D'autres, moins nombreux, défendent plutôt une théorie de l'erreur : l'éducation nationale est malade, c'est une question complexe (car l'éducation seule est complexe et que toute décision pédagogique a des implications politiques, symboliques, sociologiques et économiques) et les remèdes proposés sont variés. Certains remèdes sont pertinents, d'autres sont nocifs et parfois, par erreur, ce sont les mauvais remèdes qui sont choisis. Pour trouver le bon remède, il faut une meilleure connaissance du système, des effets des remèdes et une discussion approfondie et difficile entre tous les acteurs.

Ainsi, pour les tenants de la théorie du conflit, toute production du ministère est une arme dans une guerre perpétuelle, pour les tenants d'une théorie de l'erreur, si une solution proposée par le ministère n'est pas pertinente, c'est parce qu'elle n'a pas été discutée rationnellement par tous les acteurs en amont, et que donc elle contient des erreurs d'appréciation qui sont propres au cabinet et à la DGESCO.

Le point de vue que tu apportes est tout à fait éclairant, j'entends qu'on puisse penser que l'évaluation des établissements s'inscrit dans une stratégie, même si je doute que les réactions plus haut soient toutes consciemment pensées dans ce paradigme.
J'utilise à dessein le mot "réactions", parce qu'en définitive, je vois une posture systématique de réaction, pour conserver : quand on n'en change jamais, c'est du conservatisme réactionnaire. Où sont les propositions ? Où sont les alternatives ?
Et c'est une attitude qui fait du refus une fin en soi, pour ne pas "courber l'échine" : moi je veux bien qu'on ne courbe pas l'échine, mais après avoir dit "non", on veut quoi ? Le maintien, la conservation, et en passant parce que c'est plus qu'en retard, la revalorisation. Donc on n'avance pas, on essaie au mieux de ne pas reculer, en définitive on ne mène que des combats d'arrière-garde. Il faudra que je lise l'opuscule de Geoffroy de Lagasnerie mais ça y fait instantanément penser.

Vous vous souvenez de l'arrivée du conseil pédagogique, il y a une douzaine d'années ? Combien de cris d'orfraie on a entendus sur la "caporalisation en marche", et sur les appels au boycott ? Aujourd'hui qu'observe-t-on ? Non, il n'y a pas eu caporalisation, bien au contraire. Le conseil pédagogique est la seule instance où on peut effectivement parler du coeur des métiers de l'éducation, sans parents ni élèves à la table, et c'est à mes yeux la plus utile.
Le projet d'établissement, on peut en penser tout ce qu'on veut et ce n'est pas la panacée, mais la réflexion collective autour de l'établissement, le diagnostic partagé, la recherche commune de solutions, c'est constructif pour tout le monde, et le rejeter en bloc est une erreur.

Là c'est pareil. Que l'évaluation des établissements s'inscrive dans un processus discutable, pourquoi pas - encore qu'il faille se montrer vigilant quand on voit des liens partout, parce que ce mode de raisonnement poussé trop loin s'appelle du complotisme. On a dit la même chose du conseil pédagogique, on voit où on en est. Mais le refuser en tant que tel, par principe, c'est se priver d'une opportunité de mieux travailler ensemble. Tout le monde se plaint du caractère descendant et injonctif du fonctionnement de l'EN, bon sang mais emparons-nous des instances collégiales ! On lit mille fils sur des souffrances individuelles, des collègues en difficulté, mais c'est bien parce qu'ils sont seuls, travaillent seuls, et réfléchissent seuls ! On se plaint de l'effritement du collectif, servons-nous de ce qui est proposé pour le rétablir !

Enfin sur la "France Telecomisation" de l'EN, je suis bien conscient de la souffrance au travail, elle est réelle, croissante, et partagée. Mais ça n'est pas le fait de l'évaluation des établissements ! Le PPCR n'a pas tenu ses promesses financières (qui a cru ?), mais il n'est pas un outil de mise au pas ou je ne sais quoi - ou alors, franchement, il est bien inefficace !
Lokomazout
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Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 Empty Re: Le ministère lance les évaluations d'établissements

par Lokomazout le Sam 10 Oct 2020 - 13:19
Dans le lien de l'émission ci-dessous, on ne parle pas "théorie du conflit", "théorie de l'erreur" ou autre "complotisme" ... Là, il s'agit de FAITS.

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may68
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par may68 le Sam 10 Oct 2020 - 13:39
[quote="Lokomazout"]Dans le lien de l'émission ci-dessous, on ne parle pas "théorie du conflit", "théorie de l'erreur" ou autre "complotisme" ... Là, il s'agit de FAITS.

https://www.lemonde.fr/emploi/article/2020/06/10/retour-sur-le-proces-de-france-telecom-les-degats-de-la-langue-manageriale_6042415_1698637.html

Hop je viens de commander ça, parce que même si j'ai vécu de l'intérieur (de loin certes ! ) la casse de France Télécom, je veux savoir plus précisément comment on va être mangés.
zigmag17
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par zigmag17 le Sam 10 Oct 2020 - 13:46
"Orange stressé" de Yvan du Roy est très bien aussi Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 1482308650
menerve
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par menerve le Sam 10 Oct 2020 - 13:50
Mais cette nouvelle évaluation va encore nous ajouter des réunions, du boulot en plus, non payé bien sûr.. On finit par passer autant de temps en réunions qu'à s'occuper réellement des élèves.
Et avec toutes ces réunions on est loin des 35 h par semaine... On nous rétorque que l'on est cadre et qu'un cadre n'a pas de limite d'heures de travail... Et bien dans ce cas qu'on nous donne le salaire d'un cadre d'entreprise, la mutuelle moitié payee par l'entreprise, des tickets restaurants et un comité d'entreprise. Je ne parle pas de la médecine du travail.
Ça commence à bien faire de charger la mule de tâches nouvelles diverses et variées payées des clopinettes ou pas payées du tout...
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par micaschiste le Sam 10 Oct 2020 - 13:54
Et il y a pas déjà une évaluation du même style avec les projets d'établissements, la réflexion sur les indicateurs de réusssite ?

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Sisyphe
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par Sisyphe le Sam 10 Oct 2020 - 14:00
Pogonophile a écrit:Le conseil pédagogique est la seule instance où on peut effectivement parler du coeur des métiers de l'éducation, sans parents ni élèves à la table, et c'est à mes yeux la plus utile.
Le projet d'établissement, on peut en penser tout ce qu'on veut et ce n'est pas la panacée, mais la réflexion collective autour de l'établissement, le diagnostic partagé, la recherche commune de solutions, c'est constructif pour tout le monde, et le rejeter en bloc est une erreur.

Tout dépend sans doute des établissements. J'ai connu 3 établissements depuis l'instauration du conseil pédagogique et je ne peux pas parler pour l'instant de celui dans lequel je suis car je n'en suis pas membre. Dans les 3 que j'ai connu, le conseil pédagogique était au mieux un lieu où la parole des professeurs était écoutée mais à l'issue duquel les décisions prises n'étaient jamais celles auxquelles le conseil pédagogique avait abouti et au pire une imposture non déguisée sur le même modèle que les concertations du ministère. Il s'agissait de dire que les décisions étaient prises en concertation avec les enseignants, pas qu'elles le soient vraiment. Et quand nous avons boycotté le conseil pédagogique on nous a dit que nous refusions le dialogue et que c'était donc notre faute si les décisions prises ne nous convenaient pas.
En te lisant régulièrement, Pogonophile, j'ai de toi l'image d'un CDE désireux de construire une véritable coopération avec l'équipe enseignante. Mais je t'assure que ce n'est pas le cas partout. Moi, je ne l'ai pas encore vécu en 18 années de carrière et 7 établissements différents. J'ai eu des CDE aimables, d'autres moins, mais aucun qui écoutait vraiment les besoins de l'équipe enseignante.
Ce qu'expriment ici les professeurs c'est comme toujours la méfiance dans laquelle nous vivons chaque jour notre métier face à une institution qui ne parle de changement que pour envisager une détérioration de notre métier. Cela doit être difficile à vivre, cette méfiance pour les CDE de bonne volonté. Je le comprends.
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par musa le Sam 10 Oct 2020 - 14:19
A mon avis au contraire, on avait bien raison de pousser des cris d'orfraie à propos du conseil pédagogique. Encore une réunion de plus pour bien épuiser les troupes déjà harassées entre midi et deux, qui fait avancer la cause des classes sans notes, des rapports de stage au rabais, des projets àlac (ou pas parfois) dans tous les sens. On pourra toujours me rétorquer que je n'ai qu'à y faire entendre ma voix. C'est pas faux, c'est ce que je fais depuis des années mais je commence à en avoir marre de ramer tout le temps à contre courant pour finir par appliquer des décisions collectives que je n'approuve pas et qui génèrent même souvent chez moi un conflit de valeurs. En tous cas, moi c'est ça qui me fait souffrir. Je préférerais mille fois qu'on me f... la paix, qu'on me laisse appliquer les injonctions de ma hiérarchie lointaine plutôt que de me voir imposer des décisions locales prétendument collégiales. Je ne suis sûrement pas la seule dans mon cas et c'est la source de multiples tensions dans les établissements. On peut penser que ça disparaîtra avec le départ à la retraite de vieux c... comme moi certes mais je n'en suis pas sûre.
En général, je préfère la démocratie mais je commence à me demander si en matière de conduite d'établissement, le despotisme éclairé n'est pas plus pertinent. Evidemment, il faut pour cela des despotes éclairés, il en reste sûrement mais ça fait longtemps que je n'en ai pas croisés. Le ministère lance les évaluations d'établissements - Page 4 3795679266
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par Sphinx le Sam 10 Oct 2020 - 14:21
Je me suis contentée de donner un témoignage plus haut de la façon dont s'est passée la dernière évaluation (en l'occurrence du climat scolaire) dans mon établissement, évaluation qui a servi uniquement à mettre les problèmes (de climat scolaire) sous le tapis et à faire taire ceux qui protestaient.

On a aussi le CAAEE, dont l'objectif est peu ou prou le même (venir faire un diagnostic des problèmes, essentiellement de mal-être au travail), qui est venu deux fois dans notre établissement, sur commandite de la DSDEN, suite à nos remontées, qui a mené des ateliers à la mord-moi-le..., et dont la conclusion a été de dire à plusieurs de nous en entretien individuel de la fermer et de faire avec.

On a enfin le fameux projet d'établissement (je n'aurais pas pensé que ça rentrait dans ce chapitre des évaluations, mais puisque ça vient sur le tapis), qui est devenu chez moi un outil de management (axes imposés par la direction sans concertation, mise en place de commissions (obligatoires) pour travailler sur les axes en question, conclusions des commissions en bonne partie réécrites après coup par la direction.

Le conseil pédagogique, depuis trois ans, est aussi devenu une chambre d'enregistrement (la direction propose, nous on accepte, et si on n'accepte pas ça vire au conflit de dimensions homériques parce qu'il est impensable qu'on ne soit pas d'accord, et à la fin c'est imposé quand même), idem dernièrement pour le CA d'ailleurs, et c'est devenu aussi un outil de management (réunions très très nombreuses pour dire qu'on communique et qu'on se concerte, sauf qu'en fait rien du tout : par exemple pendant le confinement on avait une plénière toute les semaines, qui consistait non pas à nous donner des infos puisque la direction n'en avait pas, mais à ce que nous, nous fassions un compte-rendu de ce que nous faisions et nous essayions de nous imposer des façons de travailler les uns aux autres...)

Conclusion, les instances de discussion ne sont pas vraiment là pour discuter (ça peut, si le chef est honnête, mais ça n'a rien d'obligatoire), et quant aux instances d'évaluation, elles sont là pour faire remonter quand ça va bien, ben que ça va bien, et quand ça ne va pas, on dira quand même que ça va bien.

Pogonophile, j'imagine que tu es au rang des chefs honnêtes, et moi aussi quand j'avais un chef honnête j'avais tendance à dire que "mais non ça va bien" (j'ai d'ailleurs participé volontiers au précédent projet d'établissement). Mais tu n'imagines même pas ce que ça peut devenir dans les mains d'un mauvais chef (et à dessein, je n'emploierai pas d'autres épithètes) qui veut reprendre le contrôle sur ses troupes. Et je trouve un peu léger d'ironiser sur les suicides de France Télécom, parce que je t'assure que j'ai un certain nombre d'ex-collègues qui ont fini l'année au bord de la dépression (certains ont même été arrêtés d'ailleurs), et que le nombre d'inscriptions aux formations sur les reconversions est monté en flèche chez moi. Et oui, les outils listés ci-dessus n'y sont pas étrangers : parce que déjà que les évaluations de personnels se passent mal (je parle ici plutôt des personnels non profs, qui sont évalués plus souvent, même s'il y a eu quelques entretiens PPCR houleux), les évaluations collectives servent d'autant plus à écraser les individus qui ne font pas comme le chef veut, puisque dans l'évaluation collective le chef est impliqué aussi.

Et j'insiste, je ne suis pas là dans le chef-bashing, je ne l'ai jamais été, je parle d'un cas individuel précis qui montre dans toute son ampleur jusqu'où le système peut facilement être dévoyé.

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par RogerMartin le Sam 10 Oct 2020 - 14:27
pogonophile a écrit:Je regrette je ne vois pas où est le mal intrinsèque dans le fait que les établissements évaluent leur situation, ni que l'institution le fasse à son tour. Nous sommes tous évalués, individuellement, à différents moments de nos carrières, et la réflexion collective sur le projet d'établissement ou le conseil pédagogique font déjà les trois quarts de ce en quoi ces évaluations d'établissements vont consister.

Qu'on se montre vigilants face à de potentielles dérives, soit. Mais condamner la démarche dès ses prémisses, et refuser le principe d'une évaluation par le collectif lui-même, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain.
En Angleterre aussi, les collègues pensaient voir ainsi la solution à tous leurs soucis, et la possibilité de s'auto-améliorer dans la joie. On voit où en sont l'enseignement et les conditions de travail de tous (enseignants/administratifs) chez eux aujourd'hui dans le public. Bon courage et on en reparle dans cinq ans.

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par Une passante le Sam 10 Oct 2020 - 14:33
pogonophile a écrit: [

Vous vous souvenez de l'arrivée du conseil pédagogique, il y a une douzaine d'années ? Combien de cris d'orfraie on a entendus sur la "caporalisation en marche", et sur les appels au boycott ? Aujourd'hui qu'observe-t-on ? Non, il n'y a pas eu caporalisation, bien au contraire. Le conseil pédagogique est la seule instance où on peut effectivement parler du coeur des métiers de l'éducation, sans parents ni élèves à la table, et c'est à mes yeux la plus utile.
Le projet d'établissement, on peut en penser tout ce qu'on veut et ce n'est pas la panacée, mais la réflexion collective autour de l'établissement, le diagnostic partagé, la recherche commune de solutions, c'est constructif pour tout le monde, et le rejeter en bloc est une erreur.


Je m'en souviens bien, et ce que nous craignons s'est totalement réalisé dans mon établissement : choix des enseignants membres en fonction des désirs de la direction (qui choisit les enseignants les moins au courant des actualités de l'éducation, ou ceux qui n'osent pas s'opposer à la direction, ou encore ceux qui ont baissé les bras, tout a été fait pour que les enseignants ayant une vision globale de l'établissement, et pas uniquement de leur discipline, ceux qui osent mettre les pieds dans le plat soient évincés).
Et les conseils pédagogiques actuels se transforment en chambre d'enregistrement des décisions de la direction, laquelle va ensuite se vanter en CA que la décision a été prise par le conseil pédagogique.
Lors de la DGH, c'est devenu "on a tant d'heures, qui les veut ? qui va en perdre ?" et bien évidemment, aucune mention des conséquences sur les postes et généralement, les enseignants directement concernés ne sont avertis de rien puisqu'ils ne peuvent être présents et que les autres, bien merdeux, n'osent rien dire...
Bref, le conseil pédagogique peut vraiment être l'instrument de la "caporalisation en marche", cela dépend sans doute des établissements, des CDE, mais c'est un fait que cette évolution existe ! Et les petits chefs enivrés de leur pouvoir n'hésitent pas se servir de cet outil pour parvenir à leurs fins (lesquelles sont souvent obscures, puisque nous n'avons pas accès à leurs lettres de mission, mais deviennent claires après quelques années...).
Le pouvoir entre les mains de quelqu'un de juste, avec une conscience morale, n'est pas un problème, mais entre les mains de carriéristes sans humanité, cela devient mortifère (et je pèse mes mots).
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