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Vivivava
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par Vivivava le Dim 11 Oct 2020 - 15:20
@micaschiste a écrit:
@Pontorson50 a écrit:
@mgb35 a écrit:
@Mélusine2 a écrit:

CQFD.
Il est tout de même étonnant que l'on puisse nier l'évidence à ce point !
Attention ! Rien ne confirme les paroles de ce médecin. Aucune étude ni témoignages croisés.

Mais il ne fait qu'énoncer un truisme : une maladie répandue dans tout un pays où il y a énormément de profs, donc des profs nombreux parmi les malades. La belle affaire...
Les employés les plus nombreux sont les agents de services. Or apparemment ce seraient les enseignants les plus contaminés. Pourquoi y aurait-il ce biais ?
Chez moi ils ont été très touchés en mars. Peut-être qu’il y a moins de personnels qui ne sont pas déjà tombés malades. Et depuis, ils sont davantage protégés.
Autre hypothèse : si les contaminations se font dans des espaces confinés qu’on doit occuper plus de 20 minutes, alors ces personnels (et les personnels administratifs) courent moins de risques que les enseignants et leurs élèves confinés au minimum 55 minutes ensemble.
En tout cas je trouve absolument fou ce point aveugle qui consiste à accuser des gens d’être irresponsables sans jamais songer au minimum de 13 millions de personnes concernées par les écoles, collèges, lycées et post-bac.
Pontorson50
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par Pontorson50 le Dim 11 Oct 2020 - 15:39
@Albert Jarl a écrit:Je n'interviens plus sur ce fil car j'ai dis l'essentiel de ce que j'avais à y dire. Et très tôt...

Ceci étant, je continue de lire et je reste fasciné par la capacité de certains à nier l'évidence. Et surtout persévérer avec une grande constance, et sur tous les fronts, dans la minimisation systématique de ce qui se passe. Faire cours c'est prendre un bain de covid dix-huit fois par semaine, on le sait depuis mars. Le rôle de diffuseur de maladies infectieuses joué par les établissements scolaires est documenté depuis 30 ans. Les chercheurs asiatiques ont démontré ça en long, en large et en travers. Mais non, tout va bien. Ce qui est vrai pour tous les virus dans le monde entier ne l'est pas pour le sars-cov-2 en France. Quel est problème ? Il s'agit de couvrir le gouvernement ? D'appliquer la méthode coué ? Certains ont peur pour leur protefeuille d'action ? Est-ce tout simplement une manière d'exorciser votre angoisse ?

La tendance est claire et nette. Si aucune mesure n'est prise, d'ici moins d'un mois nous serons à 200-250 morts par jour. On peut considérer que c'est acceptable mais alors dans ce cas dites-le directement et cessez les contorsions intellectuelles.

J'ai insisté lourdement au printemps sur le fait que la Corée du Sud, seule démocratie non insulaire à avoir enrayé complètement l'épidémie, avait fermé durablement les écoles. Je suis donc parfaitement convaincu que je prends des risques en enseignant.

La question n'est pas le déni, elle est de savoir ce qu'on fera si on referme les écoles, même partiellement, dans une société française où le travail des deux parents est nécessaire pour faire vivre correctement la plupart des familles, et où la natalité est cependant plus de deux fois supérieure à celle de la Corée.

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sciences-et-ethique/Pourquoi-Sud-Coreennes-veulent-denfants-2019-12-16-1201066814

Il est donc bien plus facile en Corée de fermer les écoles qu'en France. Si j'ai soutenu en mai-juin que nous devions imiter la Corée, c'était parce que je pense que les familles en France pouvaient supporter un mois et demi sans cours. Mais huit mois, ce n'est pas du tout pareil.

Les politiques comme les scientifiques hésitent donc à fermer les écoles en France tout simplement parce que le risque de crise sociale est massif, et que cette crise sociale tuerait indirectement des centaines de milliers de personnes voire plus. Et ces morts seraient alors beaucoup plus souvent des parents d'enfants encore pas autonomes

La seule solution serait de financer le maintien à domicile d'un des parents en cas de fermeture, mais la facture serait sans doute rondelette, et, surtout, la structure des salaires pousserait à remettre la mère à la maison dans la majorité des cas, ce qui susciterait des oppositions cinglantes, y compris ici. En effet, même dans les couples les plus féministes, ce serait le plus gros revenu qui continuerait à travailler car le gouvernement serait astreint à financer le parent qui gagne le moins pour que ça passe budgétairement, ou à plafonner cette compensation.

Je regrette le manque de franchise du gouvernement et de la plupart des médecins sur ce point : quand bien même la contagion ne peut pas épargner les écoles, celles-ci semblent difficilement pouvoir s'en défaire complètement.


Dernière édition par Pontorson50 le Dim 11 Oct 2020 - 15:43, édité 1 fois
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Enaeco
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par Enaeco le Dim 11 Oct 2020 - 15:40
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Combien de décès quotidiens sont "acceptables" ? Car c'est de ce curseur qu'il s'agit.
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chmarmottine
Grand sage

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par chmarmottine le Dim 11 Oct 2020 - 16:02
@Enaeco a écrit:
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Combien de décès quotidiens sont "acceptables" ? Car c'est de ce curseur qu'il s'agit.

Tu as certainement raison ...
Tout cela me rend hyper triste, comme s'il n'y avait rien à faire, juste attendre et compter les morts à la fin, les convalescents, les chômeurs, ...
Tellement triste qu'on ait à vivre et assister à ça ...
Tellement triste que mes enfants baignent dans ce nouveau monde ...
Que mes parents finissent leur vie en vivant cela ...

Halybel
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par Halybel le Dim 11 Oct 2020 - 16:16
@Albert Jarl a écrit:Je n'interviens plus sur ce fil car j'ai dis l'essentiel de ce que j'avais à y dire. Et très tôt...

Ceci étant, je continue de lire et je reste fasciné par la capacité de certains à nier l'évidence. Et surtout persévérer avec une grande constance, et sur tous les fronts, dans la minimisation systématique de ce qui se passe. Faire cours c'est prendre un bain de covid dix-huit fois par semaine, on le sait depuis mars. Le rôle de diffuseur de maladies infectieuses joué par les établissements scolaires est documenté depuis 30 ans. Les chercheurs asiatiques ont démontré ça en long, en large et en travers. Mais non, tout va bien. Ce qui est vrai pour tous les virus dans le monde entier ne l'est pas pour le sars-cov-2 en France. Quel est problème ? Il s'agit de couvrir le gouvernement ? D'appliquer la méthode coué ? Certains ont peur pour leur protefeuille d'action ? Est-ce tout simplement une manière d'exorciser votre angoisse ?

La tendance est claire et nette. Si aucune mesure n'est prise, d'ici moins d'un mois nous serons à 200-250 morts par jour. On peut considérer que c'est acceptable mais alors dans ce cas dites-le directement et cessez les contorsions intellectuelles.

Merci, mais ils savent que ce n'est pas acceptable de le dire directement, ils préfèrent donc faire passer les autres pour gens négatifs alors qu'ils appliquent un darwinisme social primaire (si ce virus touché tout le monde sans distinction et surtout les enfants, on aurait un discours totalement différent et un mort serait un mort et non plus un chiffre et une statistique).

Le problème de la France ce n'est pas d'avoir confiné, on peut voir le confinement comme un "investissement" dans la santé de tous. Le souci est comment la France a géré l'après et le résultat parle de lui même, c'est 8,5% du PIB parti en fumée car le gouvernement l'a joué YOLO. Des ministres disent en coulisse d'après libé que le gouvernement a lancé le mauvais message au déconfinement car cela sous entendait que le virus était derrière nous.


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Je soigne ma dyslexie pardon si elle ressort trop parfois.

On ne fait pas bouger les choses en dressant seulement des constats.
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Monsieur_Tesla
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par Monsieur_Tesla le Dim 11 Oct 2020 - 16:22
@chmarmottine a écrit:
@Enaeco a écrit:
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Combien de décès quotidiens sont "acceptables" ? Car c'est de ce curseur qu'il s'agit.

Tu as certainement raison ...
Tout cela me rend hyper triste, comme s'il n'y avait rien à faire, juste attendre et compter les morts à la fin, les convalescents, les chômeurs, ...
Tellement triste qu'on ait à vivre et assister à ça ...
Tellement triste que mes enfants baignent dans ce nouveau monde ...
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...


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Ce que j'entends je l'oublie.
Ce que le lis je le retiens.
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Tchuang Tseu
Pontorson50
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par Pontorson50 le Dim 11 Oct 2020 - 16:23
@chmarmottine a écrit:
@Enaeco a écrit:
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Combien de décès quotidiens sont "acceptables" ? Car c'est de ce curseur qu'il s'agit.

Tu as certainement raison ...
Tout cela me rend hyper triste, comme s'il n'y avait rien à faire, juste attendre et compter les morts à la fin, les convalescents, les chômeurs, ...
Tellement triste qu'on ait à vivre et assister à ça ...
Tellement triste que mes enfants baignent dans ce nouveau monde ...
Que mes parents finissent leur vie en vivant cela ...

Allons, nos problèmes sont des problèmes de riches, nous avons des hôpitaux tellement perfectionnés (personnels et appareillages) que c'est réellement compliqué de les faire tourner plus (on ne forme pas un médecin hospitalier en trois semaines). Mais nous sommes parvenus à sauver plus de vies que celles que nous avons perdues, grâce à nos efforts depuis le début de l'année. Nous ne sommes pas aussi faibles que dans les grandes pandémies de naguère. Notre espérance de vie moyenne n'est remise en cause qu'à la marge, même dans les plus mauvais scénarios. Simplement, nous avons les moyens de nous accrocher finalement plus à la vie que nous ne le pouvions naguère. Devons-nous en être affligés? Le bilan dépasse les 30 000 morts, il aurait pu être dix ou vingt fois plus élevé quand nous n'avions pas les respirateurs par exemple : la massification de ceux-ci date des années 60, et ils avaient cruellement manqué pour sauver les jeunes adultes, premières victimes lors de la grippe de 1957. Or il y a eu un monde après 1957...

Nos élève ne meurent quasi pas du covid, en tout cas moins que des rares méningites, et nous sommes loin des diphtéries tétanos et polio d'avant les années 50. Haut les coeurs!

Ne pas faire la fête, restreindre les contacts physiques à nos intimes, avoir un peu de mal à respirer par moments en classe ou dans les transports collectifs, mal voir nos élèves, c'est quand même pas cher payé pour avoir sauvé des dizaines voire des centaines de milliers de vies dans ce pays.

Last but not least, nous allons avoir une chute drastique des diverses infections classiques, à commencer par les grippes.

Enfin nous soignons bien mieux les cas graves qu'il y a pas même six mois.

Le seul dilemme, c'est cet arbitrage qui semble défavoriser les jeunes sans pour autant assurer une fin de vie digne à bien des vieillards. Mais c'est une question qui se posait déjà, au moins financièrement, bien avant cette pandémie.


Dernière édition par Pontorson50 le Dim 11 Oct 2020 - 17:45, édité 1 fois
micaschiste
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par micaschiste le Dim 11 Oct 2020 - 16:54
@chmarmottine et @Pontorson50, vous avez tous les 2 raison mais votre raisonnement n'est pas à la même échelle. L'un est statistique, à l'échelle de la population et l'autre est à l'échelle personnelle. C'est un peu comme le patient qui apprend qu'il a une maladie grave. il n'est pas beaucoup plus rassuré de savoir que sa maladie se guérit dans 60% des cas. Pour le malade cela sera 100% sur la vie ou la mort.
Les semaines à venir risquent d'être dures pour les hospitaliers, les médecins généralistes et un grand nombre de familles touchées. La suite à moyen/long terme risque de ne pas être très réjouissante.

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Mathador
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par Mathador le Dim 11 Oct 2020 - 17:31
@Pontorson50 a écrit:J'ai insisté lourdement au printemps sur le fait que la Corée du Sud, seule démocratie non insulaire à avoir enrayé complètement l'épidémie, avait fermé durablement les écoles. Je suis donc parfaitement convaincu que je prends des risques en enseignant.
Peut-être non insulaire, mais avec l'une des frontières terrestres les plus contrôlées du monde.

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par Pontorson50 le Dim 11 Oct 2020 - 17:45
@Mathador a écrit:
@Pontorson50 a écrit:J'ai insisté lourdement au printemps sur le fait que la Corée du Sud, seule démocratie non insulaire à avoir enrayé complètement l'épidémie, avait fermé durablement les écoles. Je suis donc parfaitement convaincu que je prends des risques en enseignant.
Peut-être non insulaire, mais avec l'une des frontières terrestres les plus contrôlées du monde.

C'est vrai.
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chmarmottine
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par chmarmottine le Dim 11 Oct 2020 - 18:23
@Pontorson50 a écrit:
@chmarmottine a écrit:
@Enaeco a écrit:
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Combien de décès quotidiens sont "acceptables" ? Car c'est de ce curseur qu'il s'agit.

Tu as certainement raison ...
Tout cela me rend hyper triste, comme s'il n'y avait rien à faire, juste attendre et compter les morts à la fin, les convalescents, les chômeurs, ...
Tellement triste qu'on ait à vivre et assister à ça ...
Tellement triste que mes enfants baignent dans ce nouveau monde ...
Que mes parents finissent leur vie en vivant cela ...

Allons, nos problèmes sont des problèmes de riches, nous avons des hôpitaux tellement perfectionnés (personnels et appareillages) que c'est réellement compliqué de les faire tourner plus (on ne forme pas un médecin hospitalier en trois semaines). Mais nous sommes parvenus à sauver plus de vies que celles que nous avons perdues, grâce à nos efforts depuis le début de l'année. Nous ne sommes pas aussi faibles que dans les grandes pandémies de naguère. Notre espérance de vie moyenne n'est remise en cause qu'à la marge, même dans les plus mauvais scénarios. Simplement, nous avons les moyens de nous accrocher finalement plus à la vie que nous ne le pouvions naguère. Devons-nous en être affligés? Le bilan dépasse les 30 000 morts, il aurait pu être dix ou vingt fois plus élevé quand nous n'avions pas les respirateurs par exemple : la massification de ceux-ci date des années 60, et ils avaient cruellement manqué pour sauver les jeunes adultes, premières victimes lors de la grippe de 1957. Or il y a eu un monde après 1957...

Nos élève ne meurent quasi pas du covid, en tout cas moins que des rares méningites, et nous sommes loin des diphtéries tétanos et polio d'avant les années 50. Haut les coeurs!

Ne pas faire la fête, restreindre les contacts physiques à nos intimes, avoir un peu de mal à respirer par moments en classe ou dans les transports collectifs, mal voir nos élèves, c'est quand même pas cher payé pour avoir sauvé des dizaines voire des centaines de milliers de vies dans ce pays.

Last but not least, nous allons avoir une chute drastique des diverses infections classiques, à commencer par les grippes.

Enfin nous soignons bien mieux les cas graves qu'il y a pas même six mois.

Le seul dilemme, c'est cet arbitrage qui semble défavoriser les jeunes sans pour autant assurer une fin de vie digne à bien des vieillards. Mais c'est une question qui se posait déjà, au moins financièrement, bien avant cette pandémie.

C'est sûr.
Albert Jarl
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par Albert Jarl le Dim 11 Oct 2020 - 18:54
@Enaeco a écrit:
@dita a écrit:Ouf, merci, Albert Jarl.
On est en plein dans ce que Joule et Beauvois appellent un piège abscons. On persiste dans une erreur, et plus çadure, plus c'est coûteux en efforts, plus on persiste. 
Dire que le danger de faire classe est "acceptable", c'est un piège abscons.

La suite de ce raisonnement, c'est le confinement. Ni plus, ni moins.

Il y avait plein de choses à faire avant de confiner. Maintenant il est trop tard, on aura les morts et le confinement (dans une formule plus ciblée qu'en mars).

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chmarmottine
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par chmarmottine le Dim 11 Oct 2020 - 21:42
Clecle78
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par Clecle78 le Dim 11 Oct 2020 - 21:58
Ben oui ! On le sait tous mais pas un de [modéré] ces journalistes n'en parle. C'est révoltant cette omerta et toutes ces mesures qui ne serviront à rien tant qu'on ne reverra pas le protocole dans les établissements scolaires...
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par Proton le Dim 11 Oct 2020 - 22:04
Les journalistes en France ne s'intéressent pas à l'information, aux faits, aux enquêtes ou à chercher à la vérité ... ils veulent le buzz.
Ils veulent savoir si Madame A va se présenter à l'élection Z ou ce que le professeur R a pu dire au ministre V.

Voilà le niveau des médias en France. Du buzz, du people, ... 0 neurone.
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par Clecle78 le Dim 11 Oct 2020 - 22:30
Ce qui est insupportable c'est que le mot collège ou lycée n'est presque jamais prononcé concernant les lieux de contamination. On se contente de dire que les enfants ne sont pas contagieux et basta ! Les cantines, les cours d'EPS, les parvis devant les établissements où chacun se checke, tous ces lieux de contamination ne sont jamais évoqués a la télévision ou la radio ( ou alors j'ai raté ça) alors que l'épidémie se propage à toute vitesse . On ferme les cafés et les salles de sport mais on laisse personnel et élèves se contaminer et contaminer autrui sans intervenir. J'ai vraiment du mal à comprendre qu'on puisse laisser faire ça sans réagir.
Vivivava
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par Vivivava le Dim 11 Oct 2020 - 22:42
C'est parce que, comme le dit Proton, les journalistes, comme la majorité de l'opinion publique, se fichent des écoles, collèges, lycées et post-bac. Ils imaginent que les établissements sont sous contrôle, puisque Blanquer le dit. Il y a pourtant plusieurs médecins qui disent que les enseignants sont les patients qu'ils voient le plus, mais ça n'intéresse pas les journalistes qui ne rebondissent pas quand ces médecins leur en parlent. Quand nous parlons de nos conditions de travail, des établissements mal ventilés, des couloirs bondés, ils n'y croient pas, alors que des photos des transports en commun parisiens les affolent. Peut-être devrions-nous faire des photos de nos établissements.
Ils vivent aussi sur de vieux souvenirs de l'école (beaucoup des journalistes ont plus de 40 ans).
A la place, on préfère dire que les jeunes font n'importe quoi. Or, ils sont peut-être plus à l'abri dans plein d'autres lieux que dans leurs établissements.
Pourtant, on aurait pu faire autrement, sans avoir à imaginer des confinements locaux.


Dernière édition par Vivivava le Dim 11 Oct 2020 - 23:02, édité 1 fois
Clecle78
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par Clecle78 le Dim 11 Oct 2020 - 22:46
J'ai une photo effrayante prise dans le couloir de mon lycée. Élèves compressés et plusieurs sans masque. Quant à la cantine c'est un poème ...
vyneil
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par vyneil le Dim 11 Oct 2020 - 23:59
Merci pour le protocole sanitaire allégé 🤐💀☠
Clecle78
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par Clecle78 le Lun 12 Oct 2020 - 8:22
Deux articles édifiants
Un article du Monde relatant une contamination massive dans une crèche et un article formidable de Christian Lehmann dans Libération où Blanquer en prend pour son grade ainsi que Vidal. Ce médecin n'est pas journaliste, il n'est pas médiatique mais il dit ce qui est depuis le début de l'épidémie. L'attitude du gouvernement est criminelle et le scandale est qu'avec des dizaines de radios et de chaînes d'information cette information cruciale ne passe pas, n'intéresse pas.
https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/10/11/covid-19-cas-groupes-dans-une-creche-en-pologne/
https://www.liberation.fr/france/2020/10/11/parce-que-le-covid-s-accelere_1802015
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Angela
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par Angela le Lun 12 Oct 2020 - 8:27
@Clecle78 a écrit:Deux articles édifiants
Un article du Monde relatant une contamination massive dans une crèche et un article formidable de Christian Lehmann dans Libération où Blanquer en prend pour son grade ainsi que Vidal. Ce médecin n'est pas journaliste, il n'est pas médiatique mais il dit ce qui est depuis le début de l'épidémie. L'attitude du gouvernement est criminelle et le scandale est qu'avec des dizaines de radios et de chaînes d'information cette information cruciale ne passe pas, n'intéresse pas.
https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/10/11/covid-19-cas-groupes-dans-une-creche-en-pologne/
https://www.liberation.fr/france/2020/10/11/parce-que-le-covid-s-accelere_1802015

Merci pour cet article. La conclusion est particulièrement intéressante :
Selon Magdalena Okarska-Napierała et ses collègues, la survenue de cet agrégat de cas dans une crèche ne peut qu’interroger sur le rôle des jeunes enfants dans la diffusion du coronavirus. Et les chercheurs de conclure que du fait que la plupart des enfants étaient asymptomatiques, « ce cluster n’aurait sans doute pas été détecté si l’on n’avait pas décidé de tester toutes les personnes qui avaient été en contact avec le patient index »*.
Guermantes729
Guermantes729
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par Guermantes729 le Lun 12 Oct 2020 - 8:49
@Vivivava a écrit:C'est parce que, comme le dit Proton, les journalistes, comme la majorité de l'opinion publique, se fichent des écoles, collèges, lycées et post-bac. Ils imaginent que les établissements sont sous contrôle, puisque Blanquer le dit. Il y a pourtant plusieurs médecins qui disent que les enseignants sont les patients qu'ils voient le plus, mais ça n'intéresse pas les journalistes qui ne rebondissent pas quand ces médecins leur en parlent. Quand nous parlons de nos conditions de travail, des établissements mal ventilés, des couloirs bondés, ils n'y croient pas, alors que des photos des transports en commun parisiens les affolent. Peut-être devrions-nous faire des photos de nos établissements.
Ils vivent aussi sur de vieux souvenirs de l'école (beaucoup des journalistes ont plus de 40 ans).
A la place, on préfère dire que les jeunes font n'importe quoi. Or, ils sont peut-être plus à l'abri dans plein d'autres lieux que dans leurs établissements.
Pourtant, on aurait pu faire autrement, sans avoir à imaginer des confinements locaux.

Je ne sais pas...l'immense majorité des journalistes (qui ne sont pas des stars donc), ont des enfants qui vont dans des établissements scolaires "normaux". Et ils savent tout ça. Ni plus ni moins que les autres parents d'élèves. Notamment tous les journalistes (là aussi, très majoritaires) de la presse régionale qui sont loin d'être des stars surpayées.

Je pense que bien plus prosaïquement, les journalistes, comme les autres salariés, ont besoin d'avoir leurs enfants gardés. Donc que les écoles restent ouvertes tout le temps, à fonctionnement plein (cantines, garderie, etc,...), tout simplement :/
Halybel
Halybel
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par Halybel le Lun 12 Oct 2020 - 8:53
@Angela a écrit:
@Clecle78 a écrit:Deux articles édifiants
Un article du Monde relatant une contamination massive dans une crèche et un article formidable de Christian Lehmann dans Libération où Blanquer en prend pour son grade ainsi que Vidal. Ce médecin n'est pas journaliste, il n'est pas médiatique mais il dit ce qui est depuis le début de l'épidémie. L'attitude du gouvernement est criminelle et le scandale est qu'avec des dizaines de radios et de chaînes d'information cette information cruciale ne passe pas, n'intéresse pas.
https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/10/11/covid-19-cas-groupes-dans-une-creche-en-pologne/
https://www.liberation.fr/france/2020/10/11/parce-que-le-covid-s-accelere_1802015

Merci pour cet article. La conclusion est particulièrement intéressante :
Selon Magdalena Okarska-Napierała et ses collègues, la survenue de cet agrégat de cas dans une crèche ne peut qu’interroger sur le rôle des jeunes enfants dans la diffusion du coronavirus. Et les chercheurs de conclure que du fait que la plupart des enfants étaient asymptomatiques, « ce cluster n’aurait sans doute pas été détecté si l’on n’avait pas décidé de tester toutes les personnes qui avaient été en contact avec le patient index »*.

Je préfère celui de libé :

Les choix d’un exécutif n’ayant pas la crédibilité nécessaire pour prendre des mesures fortes, du fait de ses mensonges originels, du fait de sa gestion calamiteuse de la pénurie, du fait de sa tendance à pointer du doigt la responsabilité des individus sans faire pression sur les employeurs pour privilégier le télétravail. Du fait de la satisfaction béate de ministres fustigeant le comportement négligent de jeunes qu’ils n’hésitent pas à entasser dans des amphithéâtres bondés.

Non pas que le virus ait muté ou soit devenu moins virulent, comme le martelait Didier Raoult dix jours avant d’affirmer exactement le contraire tandis que les hôpitaux de Marseille quémandaient des renforts, mais probablement parce que le respect même imparfait des mesures barrière, le port de masques généralisé, diminue l’inoculum viral dans nombre de contaminations. Mais à la différence de la première vague, l’ensemble du territoire est touché. D’où l’importance en médecine de ne pas uniquement se référer à son expérience personnelle, mais de l’intégrer dans une vision globale, ce dont semblent incapables certains mandarins, apparemment. Je ne vois pas de Covid graves, et pourtant les hôpitaux en sont pleins.

Nous allons vers des semaines très difficiles, avec une vague que nous tentons d’aplatir mais qui va probablement rester sur un plateau élevé du fait du retard de mise en œuvre de mesures plus restrictives, du fait des petits arrangements locaux de politiques chauvins, et de la pusillanimité d’un exécutif qui a un temps été tenté par la théorie de l’immunité collective, alors que comme me le dit un spécialiste de santé publique : «L’immunité collective est un concept de vaccinologie, ça n’a jamais été une stratégie de contrôle épidémique.»






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Celadon
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par Celadon le Lun 12 Oct 2020 - 9:04
Oui, l'article est excellent, merci Halybel.
Encore un qu'on ne verra jamais sur aucune chaîne télé...
C'est terrible. On se sent livré pieds et poings liés à l'incompétence crasse, arrogante et méprisante.
micaschiste
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Grand Maître

Gestion de la crise du Coronavirus dans l'Éducation Nationale Empty Re: Gestion de la crise du Coronavirus dans l'Éducation Nationale

par micaschiste le Lun 12 Oct 2020 - 14:50
Les chiffres montrent que l'épidémie s'est accentuée chez les 20-29 ans dès la mi-juillet (regarder le compte twitter de Germain Forestier).
Une version dynamique est désormais disponible mais elle commence au 8 août. On peut suivre l'évolution chez les enfants du primaire et collégiens-lycéens. Chez les 10-19 ans le seuil d'alerte de 50 pour 100 000 a été franchi fin août.
 
Le gouvernement a privilégié le tourisme estival, de ne pas casser le moral des français, de laisser faire jusqu'en septembre. On va désormais en payer le prix. J'ai l'impression que la note va être salée dans plusieurs domaines.

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