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Louise100
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De médecine à enseignante  - Page 12 Empty Re: De médecine à enseignante

par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:02
@pailleauquebec a écrit:C'est très positif que tu aies eu cette première expérience d'enseignement.

Je crois maintenant que ton problème c'est plus un problème d'entrée dans la vie active.
Tu es à l'âge où tu es en train de sortir de l'adolescence et de prendre conscience de ce que ça peut être d'avoir un travail salarié.
Au fond la problématique de départ qui était de quitter médecine n'est peut-être pas la bonne.

Je me rappelle que mes premières années quand je suis sorti du monde étudiant et que je suis entré dans le monde du travail ont été éprouvantes (je n'étais pas prof à l'époque). Quand j'ai commencé à travailler il a vraiment fallu que je change en profondeur.

Tu sais, ça me fait sourire que tu évoques ce problème parce que je me demandais la même chose !
Hier, je suis tombée sur une vidéo explicative du syndrome de Peter Pan et je crois que j'en suis atteinte : ne pas vouloir grandir, sortir de ce cadre scolaire, envier les plus jeunes, rejeter la faute sur les autres (alors que j'ai ma part de responsabilité)... Quand je me compare aux filles de mon âge, elles sont bien plus indépendantes que moi. Peut-être qu'au fond, le cadre de l'école m'attire parce qu'il me donne l'illusion de retourner en enfance, dans ma zone de confort !
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:10
@Aphrodissia a écrit:
Personnellement, je n'ai pas fait médecine parce que je n'en avais pas les moyens intellectuels Razz . Mais on peut retourner la question: si c'est si génial que ça d'être professeur, pourquoi y a-t-il de moins en moins de candidats?

Pour ce qui est de ton dernier post, je crois que tu n'as pas eu une réelle expérience de la réalité des professeurs : en ligne, dans une boite de cours particuliers, cela te donne une idée, c'est sûr, du contact avec les élèves, mais il ne faut pas s'attendre à remporter leur adhésion après une ou deux heures de cours (ou bien c'était quatre heures avec les mêmes?).
Il y a le temps du cours, mais tu as aussi eu tout l'avant: combien de temps as-tu passé à préparer ce cours ? quelle énergie y as-tu mis? Quel plaisir y as-tu pris? C'est important aussi.
Il ne faut pas oublier que le travail du professeur se décompose à peu près dans ces trois étapes: 1) préparer le cours (faire des recherches, réfléchir à la didactique et à la pédagogie), 2) faire le cours (partie visible de l'iceberg), 3) corriger les copies, préparer la correction, l'éventuelle remédiation. Les étapes 1) et 3) peuvent être particulièrement prenantes et plus ou moins intéressantes et ce sont les parties qui se font "à la maison", c'est-à-dire sur un temps que l'on croit être libre.
Dans beaucoup de métiers, et je suppose que la médecine en fait partie – sauf cas d'astreinte ou autre contrainte de ce genre et que je ne connais pas – quand on quitte le lieu de travail, on quitte le travail: on n'a pas de cours à préparer, de copies à corriger. On peut certes continuer à réfléchir à des situations de la journée, se dire que demain on fera comme ci, comme ça, mais ce n'est pas la même chose que de s'asseoir à son bureau avec son paquet de 35 copies ou bien avec ses manuels et j'en passe.

Je crois que tu fais bien de persévérer en médecine.

Pour mon expérience, en effet j'avais les mêmes élèves pendant 4h et pendant plusieurs jours de suite. Du coup, j'ai pu créer des liens avec certains !
Concernant la préparation, t'inquiète j'en ai conscience. Pour mes séances précédentes, je me souviens que j'avais mis 4h de travail pour 2h de présentiel (je voulais que tout soit parfait et même anticiper les questions). De même, l'été dernier j'avais des cours à créer entièrement pour le tutorat de ma faculté et c'était pas de tout repos...

Comme je suis quelqu'un de très impliquée, mais surtout de très perfectionniste, j'ai peur de ne pas être capable de trouver un équilibre entre ma vie personnelle et mon boulot (par exemple pendant une des journées où j'avais le job dont je vous parle je suis restée plus de 20 minutes pour répondre à des questions, alors que je ne suis pas payée pour, et si mes parents ne m'avaient pas appelée pour me faire revenir sur terre, je crois que j'aurais pu rester des lustres).
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:14
@berzeko a écrit:c'est très bien que tu aies pu tester comme ça en condition réelle. Après j'aimerais nuancer, 3h aller retour c'est inhumain, pour moi c'est intenable plus de 6 mois pour n'importe quel taf même le plus beau du monde. Ensuite 7h sans pause c'est du délire total, il te faut au moins tous les 2h 5-10 mn de pause on est pas dans les goulags de Staline ici quand même ! Tu es en train de toucher au plus difficile là. Les élèves sont effectivement peu généreux parfois, même si tu arrives à avoir de belles victoires quelques fois dans l'année (ils viendront te remercier si tu t'accroches et là ça vaut tous tes efforts). Effectivement, tu es sollicitée sans arrêt parfois tu sais même plus où donner de la tête, ça fait partie du job. Je trouve qu'ils ont été sévère quand même et les élèves qui notent le prof est toujours très dangereux (il n'y a qu'à voir aux USA les abus que cela engendre). On dit toujours ici de tenter de donner des cours avant de faire quoi que ce soit et à raison.

Tu as des élèves qui paient alors imagine des gens qui ont un niveau très faible, là par pur hasard et qui en plus vont te tester ! Le post au-dessus sur toute la partie invisible est très intéressant, beaucoup l'oublient, mais ça fait une grosse partie de ton taff. Bien sûr tu dois aussi réfléchir à comment les motiver et innover chose parfois très difficile vu le peu d'attention dont ils disposent. Si tu aimes découvrir/apprendre des choses en faisant tes cours ça passe, mais autrement ça peut être très pénible. C'est pour ça qu'il est important de toucher ce côté très pratique.


J'espère que tu sais vers quoi partir maintenant ?

Pour le 7h sans pause, effectivement j'additionnais le temps de trajet 1h30 x 2 + les 4h de cours !
C'est ça, je me dis que déjà là, même si globalement ça m'a plu, j'ai déjà pu entrevoir beaucoup de points négatifs, alors je n'imagine même pas en ayant une classe d'ingrats avec qui je devrai passer 50% du temps à faire la police. Je commence vraiment à comprendre le burn out de certains profs, payés 1700€ net pour autant de responsabilités.

Pour l'instant, comme je l'ai dit, je continue ma deuxième année de médecine du mieux que je peux. Je vais continuer de tâter le terrain en prenant d'autres stages d'enseignement, ainsi qu'attendre le stage de médecine qui m'attend au deuxième semestre pour avoir plus de recul !
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:17
@Pointàlaligne a écrit:
Il n'y a pas eu non plus de problèmes de discipline à gérer, que ce soit des problèmes classiques (absentéisme, bavardage, insolence...) ou plus hardcore (voir la section idoine du forum pour avoir une idée). Il n'y a pas eu non plus la partie relations avec les parents et avec la direction... Ni le sentiment d'érosion et de perte de sens que donne la confrontation avec une réforme mal pensée (et on finit toujours par en rencontrer une).

J'ai eu un collègue (retraité maintenant) ex- médecin. Il avait exercé plusieurs années. C'est peut-être la solution pour ne pas avoir de regrets... Être allé au bout d'une expérience avant d'en tenter une autre.
Bon courage pour tous ces choix !

Ouaip, c'est pour ça que je vais continuer de tâter le terrain !
Concernant ton collègue, il était médecin puis il est devenu prof c'est ça ? Est-ce que tu sais ce qui l'a amené à sa reconversion, qu'est-ce qu'il en a pensé au final, quel était le meilleur choix ?
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:24
@Shajar a écrit:
Je réagis juste là-dessus : c'est normal que les élèves ne te répondent pas quand tu poses des questions très générales du genre "c'est bien compris ?" ; "avez-vous des questions ?" ; "y a-t-il quelque chose que vous n'avez pas compris ?". Je te rassure, on le fait tous, mais ce n'est pas une bonne manière de vérifier la compréhension, car les élèves n'identifient pas nécessairement là où ça bloque, ils ont peur d'embêter les camarades, de passer pour un imbécile, etc. Il vaut mieux faire reformuler par un élève ce qui vient d'être expliqué. ("Machin, vous avez compris ? Parfait, réexpliquez-moi donc cela à votre manière"). Là, tu vois s'il a vraiment compris ou non, de même que le reste de la classe. Ca permet de faire parler des élèves timides et qui ont des difficultés et par ailleurs, c'est bien meilleur pour la mémorisation.

L'une des grandes difficultés du métier, je trouve, c'est justement ce manque de retour. Aucun élève ne te dira jamais que ton cours était hyper intéressant ou tout pourri. Certains éléments peuvent te le montrer indirectement : le niveau d'implication (questions, discussions, remarques), le nombre d'élèves qui regardent leur carnet ou leur portable ou l'horloge en te disant de temps en temps "madame, ça va sonner" (quand ils n'anticipent pas la sonnerie, quelle victoire !), le brouhaha en classe... Mais c'est difficile à déchiffrer. Avoir un retour anonyme peut être très utile, à condition de savoir l'utiliser de manière constructive.

D'accord je vois, mais en désignant les élèves j'ai peur de les intimider justement. C'est comme lorsque j'étais en stage avec une classe en présentiel, je leur disais clairement "je vais pas désigner quelqu'un au hasard pour venir au tableau, je sais que c'est stressant, mais si quelqu'un veut venir vraiment qu'il se manifeste personne va se moquer ça va vous aider". Et au final, à force d'insister ça marchait, certains venaient d'eux-mêmes et c'était gratifiant !

Je suis d'accord, les élèves en balancent par derrière mais n'ont pas le courage de dire tout simplement ce qu'il ne va pas, ce qu'il faudrait améliorer...
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:28
@Pat B a écrit:Je ne dirais pas que c'étaient des conditions idéales ni même améliorées.
Les cours en visio demandent une concentration soutenue, on n'a pas de "vrai" retour en face, c'est assez déstabilisant. Certes, pas de discipline à gérer, c'est appréciable... Mais le fait de ne pas avoir préparé toi-même les supports, ça enlève toute une partie de ce qui est appréciable dans ce métier, cette liberté de création.
Mais dans la vraie vie, on a des pauses ! (il est illégal de passer plus de 3h sans pause-pipi... même si en pratique, je sais très bien qu'en primaire c'est pas si simple... dans le secondaire on y arrive, on a une récré le matin et une l'après-midi, et même si les élèves nous retiennent à la fin de l'heure, on prend le temps...).
Essaie plutôt de trouver de "vrais" remplacements en présentiel, sur 2-4 semaines...
Et bonne réflexion !

Effectivement, trouver de vrais remplacements avec des conditions réelles me paraît être une excellente idée. Mais je ne sais pas si avec mon niveau, j'ai les qualifications requises (je n'ai même pas encore de licence, je ne peux pas prétendre à être prof contractuelle par exemple). Du coup je ne sais pas où je pourrais faire ça.
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par Louise100 le Jeu 24 Déc 2020 - 15:31
@Theriakos96 a écrit:
Je doute que le cours ait été fait en visio si @louise100 a dû se déplacer pour aller à 1h30 de chez elle, non? Sinon je ne comprends vraiment pas le sens de la chose!

En fait, dans l'établissement où je travaille, je dois utiliser le matériel fourni. Du coup, je suis obligée de me déplacer (en gros, il y a une caméra connectée à un ordinateur pour le zoom et je dois faire mon cours devant cette caméra pour améliorer la qualité, les conditions de travail) !

Après, j'ai déjà effectué des missions en présentiel, j'avais moins d'élèves par contre (une classe de 20 environ) !
berzeko
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par berzeko le Jeu 24 Déc 2020 - 15:40
En tout cas tu as l'air d'avoir la tête sur les épaules et tu t'impliques sérieusement (chose très rare quand tu vois le nombre d'incompétents sur tous les métiers possibles et imaginables !). Je me fais pas de soucis pour la suite Wink
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Cath
Bon génie

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par Cath le Jeu 24 Déc 2020 - 16:40
Je rebondis que l'exemple de ta généraliste qui ne finit jamais avant 21h et enchaine 50 consultations par jour : rien ne t'oblige à travailler autant. Mon ancien médecin me racontait que les jeunes générations de généralistes ne veulent plus de ces conditions d'exercice et préfèrent travailler 1, 2, 3 jours par semaine (je ne sais plus quel nombre exactement il a dit, mais bien moins de 5) pour gagner confortablement tout en se ménageant une vie perso.
Clecle78
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par Clecle78 le Jeu 24 Déc 2020 - 16:45
Je plussoie. La plupart des jeunes généralistes ne travaillent que quelques jours par semaine et très rarement 50 h.
Waylander1234
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par Waylander1234 le Jeu 24 Déc 2020 - 20:38
@Theriakos96 a écrit:Par contre, ces concours ne sont pas ultra-sélectif, la PACES est de loin moins sélective que d'autres concours (ENA, ENS, X, agrégation de philo/histoire) et les ECN ne sont pas sélectifs du tout parce qu'il y a une place pour tous (bien sûr, ce qui est ultra difficile c'est d'avoir la place et la ville qu'on désire, et ça c'est très dur, mais tout le monde est assuré d'avoir une place à la fin, donc non, ce n'est pas sélectif, c'est très dur, mais pas sélectif).

Pour estimer la "sélectivité" d'un concours le taux d'admis est insuffisant: il faut aussi considérer la qualité des étudiants qui le tentent. Comparer PACES à l'ENA, ENS, X en disant que la PACES est moins sélective, donc sous entendu "plus facile" résulte d'un raisonnement incomplet. En effet, les points communs à l'ENA, l'ENS et l'X sont qu'il y a une sélection en amont du passage du concours, par la prépa: si on a un excellent dossier scolaire donc une excellente prépa, les chances de réussir augmentent considérablement (par exemple jusqu'à 40% de chances de réussir l'X avec la meilleure prépa, à Louis le grand).
Il n'y a pas plus d'excellents élèves qui tentent l'X ou l'ENS que PACES, seulement ces excellents élèves partent avec des chances accrues de réussir car ont accès à une meilleure prépa.
La plupart des meilleurs élèves sortant de terminale scientifique se dirigent soit en classe préparatoire pour les concours des grandes écoles (garçons ++, soit en PACES (filles ++), très peu vont en licence.
Pour réussir ces concours, que ce soit ENA ou ENS ou X ou PACES, dans tous les cas, même en étant excellentissime à la sortie du lycée, il faut cravacher comme un malade pendant 1 à 2 ans, voire 3. Ils sont tous aussi difficiles les uns que les autres.


Ensuite honnêtement Louise100, j'ai lu quasiment tout le fil de discussion, et... Tu sembles déjà lassée par la filière de médecine alors que tu n'es qu'en 2ème année. Je me reconnais un peu en toi. Médecine... Il faut pas continuer là dedans pour le soit-disant "confort de vie" que te vantent les précédents intervenants...
Au début on ne se rend pas forcément compte mais cette filière est DESTRUCTRICE de par la masse énorme de travail demandé, croissante d'année en année (penser que PACES est le plus dur, comme tu le disais, est une idée reçue très répandue chez les gens qui ne connaissent pas ces études), la pression qui pèse sur les étudiants jusqu'à la fin, cette pression de l'excellence "si tu ne bosses pas 14 heures par jour tu vas perdre des places aux ecns, tu seras un mauvais médecin", pareil en stage pendant l'externat tu verras des trucs atroces, tu parleras quotidiennement à des gens dont l'état de santé se dégradera de jour en jour jusqu'à leur décès sans qu'on puisse rien faire d'autre que soulager leur souffrance, c'est une charge émotionnelle énorme à supporter pour des jeunes qui ont la vingtaine.

Et pour ce qui est du confort financier ben franchement là aussi c'est la désillusion, on est loin d'être riches contrairement à ce que certains pensent. La plupart des médecins sont généralistes et bossent pour 25 euros (dont il leur restera à peine 12 euros après déduction des charges sociales, impots et frais) la consultation, sachant qu'en faisant bien ton taf une consult' ça dure en moyenne 20 minutes pour un médecin expérimenté, ça te fait du 36 euros l'heure... On pourrait espérer mieux pour ce niveau d'études et de responsabilités (d'ailleurs faisons remarquer qu'on dans les médecins les moins bien rémunérés de l'OCDE). Même une consult' de paramédical c'est mieux payé (40 euros l'ostéopathe, la diét, la psychomot, etc). DONC le cliché du jeune médecin qui bosse 2 jours par semaine et qui se sort du 4000 net par mois on peut oublier, ça n'existe pas.

Et il faut bien se dire que le médecin généraliste pépère dans son bureau à la campagne qui voit que des rhumes toute la journée c'est encore une fois un gros fantasme des gens qui ne connaissent rien du métier de médecin. Dans la réalité c'est BEAUCOUP plus compliqué et stressant que ça, avec une majorité de vieux polypathologiques, de maladies au tableau clinique bâtard dont il faut se dépatouiller comme on peut avec nos 10 ans d'études, enfin c'est vraiment pas évident au quotidien et c'est générateur d'un gros stress, parce que si tu te trompes dans ton diagnostic ou si tu rates un signe de gravité, le patient peut mourir.

Franchement, réfléchis bien. Si la médecine générale ne t'intéresse pas, alors il te faudra viser une spé à l'ECN, certaines sont accessibles (psychiatrie, biologiste, médecin du travail, gériatre, pédiatre), mais bcp sont atrocement difficiles à avoir, avec un classement nécessaire au dessus des 3500/8000 (8000 mecs en médecine qui ont réussi la PACES, qui sont des bêtes de travail et d'efficacité). Et si tu réussis pas à obtenir un classement suffisant pour avoir ce que tu veux après 6 ans d'études atroces... Ben c'est un coup à se tirer une balle quoi.
Toi tu n'es qu'en 2ème année, CE N'EST PAS TROP TARD, au pire si tu te rediriges tu n'auras perdu "que" 3 ans, c'est RIEN sur une vie. Et si tu penses que tu adorerais être prof', alors tu as tout à fait la possibilité de le devenir. Et même de tenter l'agrég', ce sera difficile évidemment mais tu as des capacités de travail et une efficacité hors du commun, la preuve tu as réussi PACES (n'écoute pas tous ceux qui te disent que tu risques fort de rater, tu dois croire en toi et en ta force).

Tu dis que tu as carrément la nausée à l'idée de bosser tes cours de P2... Crois moi ça va pas s'arranger avec les collèges de l'externat, autant certains cours sont intéressants, autant il y en a tout autant qui sont très complexes (eh oui la médecine c'est loin de n'être que du "par coeur") et REBARBATIFS. Avec toujours cette pression permanente sur les performances en toile de fond. C'est pas pour rien qu'en médecine t'as un taux de dépression et de troubles anxieux graves bien plus élevé que dans toutes les autres filières.

Tu as pensé à dentaire d'ailleurs? Il est toujours temps de faire un droit au remord. Comme tu l'as dit c'est moins long moins difficile et ça gagne bcp mieux qu'un médecin, de quoi bosser 3 jours par semaine tranquillement quoi.
Je te dis tout ça parce que déjà pour quelqu'un qui adore soigner et avoir l'intéret intellectuel qu'il y a en médecine, c'est difficile d'aller au bout et ça n'en vaut pas forcément la peine (en tout cas pour bosser en France, personnellement je pense me diriger vers la Suisse dès mes études terminées), alors pour quelqu'un qui a déjà du mal à bosser dès la P2... J'aurais tendance à te dire fuis tant qu'il est temps sinon tu risques vraiment de le regretter quand tu seras allée trop loin pour revenir en arrière (même s'il n'est jamais trop tard évidemment, mais plus tu restes plus ce sera dur d'appréhender de partir du cursus, même si ce n'est pas si rare de voir carrément des internes arrêter pour se rediriger).

En plus tu dis que ça t'intéresse pas de bosser en libéral... Sachant que pour faire un cursus hospitalo universitaire (et donc éventuellement enseigner en médecine à la fac) c'est encore plus dur que les études "de base", ça consiste en une sorte de dévouement de ta vie à l'hôpital, tu feras des semaines avec des horaires pas possibles, il te faudra faire de la lèche aux chefs dès l'internat pour espérer avoir des places de clinicat, faire de la recherche, des publis... Enfin ça n'en finira pas quoi. Adieu vie privée.

En conclusion: tu es au tout début. Te rediriger maintenant ne constituera pas un si gros gâchis que ce que tu peux penser. Mais bon comme disent les profs plus haut... L'enseignement ça a pas l'air non plus dêtre top niveau qualité de vie (avec les parents à l'heure actuelle qui sont complètement désintéressés de l'éducation de leur gamin) et rémunération. Sauf si tu passes une agrég'. Ce qui est accessible (faut pas croire hein, j'ai un pote qui avait raté la PACES malgré un boulot de dingue, et qui a ensuite fait une licence-mémoire-thèse en physique et ensuite qui a fini premier de l'agrég' en physique chimie en la bossant tranquillou, si t'es motivée et que t'aimes la matière ça se fait).
En plus tu seras pas cantonnée au collège/lycée, tu pourras très bien faire de la prépa privée, ce qui est bien plus rémunérateur, et je pense aussi plus intéressant dans le sens où les gamins qui vont en prépa n'y vont pas pour se la couler douce donc sont bien plus impliqués. Y'a des solutions quoi.
Mathador
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par Mathador le Jeu 24 Déc 2020 - 20:54
@Waylander1234 a écrit:En conclusion: tu es au tout début. Te rediriger maintenant ne constituera pas un si gros gâchis que ce que tu peux penser. Mais bon comme disent les profs plus haut... L'enseignement ça a pas l'air non plus dêtre top niveau qualité de vie (avec les parents à l'heure actuelle qui sont complètement désintéressés de l'éducation de leur gamin) et rémunération. Sauf si tu passes une agrég'. Ce qui est accessible (faut pas croire hein, j'ai un pote qui avait raté la PACES malgré un boulot de dingue, et qui a ensuite fait une licence-mémoire-thèse en physique et ensuite qui a fini premier de l'agrég' en physique chimie en la bossant tranquillou, si t'es motivée et que t'aimes la matière ça se fait).
En plus tu seras pas cantonnée au collège/lycée, tu pourras très bien faire de la prépa privée, ce qui est bien plus rémunérateur, et je pense aussi plus intéressant dans le sens où les gamins qui vont en prépa n'y vont pas pour se la couler douce donc sont bien plus impliqués. Y'a des solutions quoi.
Dans l'enseignement, l'agreg résout les problèmes de pognon (et encore, ce n'est pas le pactole: un néo-tit inspecteur de la DGCCRF touche plus qu'un néo-tit agrégé sans heure sup) mais pas le reste (réformes destructrices, gamins mal élevés, etc.). Si celle de maths ne fait plus le plein depuis 2013, ce n'est pas un hasard…

_________________
"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
Waylander1234
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par Waylander1234 le Jeu 24 Déc 2020 - 21:02
@Mathador a écrit:Dans l'enseignement, l'agreg résout les problèmes de pognon (et encore, ce n'est pas le pactole: un néo-tit inspecteur de la DGCCRF touche plus qu'un néo-tit agrégé sans heure sup) mais pas le reste (réformes destructrices, gamins mal élevés, etc.). Si celle de maths ne fait plus le plein depuis 2013, ce n'est pas un hasard…

C'est sûr que je n'aimerais pas être prof dans le public à l'heure actuelle, mis à part dans les prépas publiques élitistes (mais bon ça c'est extrêmement compliqué d'y accéder il me semble?). Ca m'a l'air d'être assez ingrat, que ce soit par rapport à la rémunération mais aussi par rapport à la gestion des gamins avec le désengagement des parents qui pour beaucoup pensent que l'éducation et la réussite scolaire de leur enfant ne doit dépendre QUE de l'éducation nationale et ne relève certainement pas de leur implication à eux.

Après il reste la solution du privé, non?
nounours
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par nounours le Jeu 24 Déc 2020 - 21:22
@Waylander1234 a écrit:
@Theriakos96 a écrit:

Par contre, ces concours ne sont pas ultra-sélectif, la PACES est de loin moins sélective que d'autres concours (ENA, ENS, X, agrégation de philo/histoire) et les ECN ne sont pas sélectifs du tout parce qu'il y a une place pour tous (bien sûr, ce qui est ultra difficile c'est d'avoir la place et la ville qu'on désire, et ça c'est très dur, mais tout le monde est assuré d'avoir une place à la fin, donc non, ce n'est pas sélectif, c'est très dur, mais pas sélectif).


Pour estimer la "sélectivité" d'un concours le taux d'admis est insuffisant: il faut aussi considérer la qualité des étudiants qui le tentent. Comparer PACES à l'ENA, ENS, X en disant que la PACES est moins sélective, donc sous entendu "plus facile" résulte d'un raisonnement incomplet. En effet, les points communs à l'ENA, l'ENS et l'X sont qu'il y a une sélection en amont du passage du concours, par la prépa: si on a un excellent dossier scolaire donc une excellente prépa, les chances de réussir augmentent considérablement (par exemple jusqu'à 40% de chances de réussir l'X avec la meilleure prépa, à Louis le grand).
Il n'y a pas plus d'excellents élèves qui tentent l'X ou l'ENS que PACES, seulement ces excellents élèves partent avec des chances accrues de réussir car ont accès à une meilleure prépa.
La plupart des meilleurs élèves sortant de terminale scientifique se dirigent soit en classe préparatoire pour les concours des grandes écoles (garçons ++, soit en PACES (filles ++), très peu vont en licence.
Pour réussir ces concours, que ce soit ENA ou ENS ou X ou PACES, dans tous les cas, même en étant excellentissime à la sortie du lycée, il faut cravacher comme un malade pendant 1 à 2 ans, voire 3. Ils sont tous aussi difficiles les uns que les autres.



Lol !
Le dernier de ma classe de math spé à LLG a réussi médecine en se promenant alors qu'il avait échoué à tous les concours de centrale des mines et bien sûr a fortiori X ou ENS ... La différence entre la difficulté du concours de médecine et celui de l'ENS ou de l'X est proprement abyssale !


Dernière édition par nounours le Jeu 24 Déc 2020 - 22:08, édité 1 fois
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par Mathador le Jeu 24 Déc 2020 - 21:25
@Waylander1234 a écrit:Après il reste la solution du privé, non?

Dans le privé il n'y a pas que les lycées de centre-ville qui ont 98% de réussite au bac parce qu'ils éjectent tous les élèves de seconde un peu tangents… on y trouve aussi des établissements qui font dans le social et qui prennent les jeunes dont on ne veut pas ailleurs.
Ensuite, au niveau statutaire, être maître du privé sous contrat c'est:
-avoir la même paye brute que les collègues du public, mais avec plus de prélèvements dessus;
-subir le régime de retraite du privé, que la réforme de Macron passe ou pas;
-une paye qui peut être amputée jusqu'à 50% s'il n'y a pas assez d'heures à assurer, et c'est au maître d'aller chercher des heures ailleurs s'il veut être payé plein temps;
-l'impossibilité d'être détaché ailleurs dans la fonction publique;
-en cas de reconversion par un autre concours de la fonction publique, une reprise d'ancienneté vexatoire par rapport à celle des collègues du public;
-l'impossibilité d'être recruté directement sur l'échelle de rémunération des agrégés.

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"There are three kinds of lies: lies, damned lies, and statistics." (cité par Mark Twain)
« Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum in uno oculorum tuorum, et in uno crine colli tui.
Quam pulchrae sunt mammae tuae, soror mea sponsa! pulchriora sunt ubera tua vino, et odor unguentorum tuorum super omnia aromata. » (Canticum Canticorum 4:9-10)
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par Waylander1234 le Jeu 24 Déc 2020 - 22:58
@nounours a écrit:Lol !
Le dernier de ma classe de math spé à LLG a réussi médecine en se promenant alors qu'il avait échoué à tous les concours de centrale des mines et bien sûr a fortiori X ou ENS ... La différence entre la difficulté du concours de médecine et celui de l'ENS ou de l'X est proprement abyssale !

C'est absolument faux, un cas particulier ne faisant pas une généralité. Comme dit plus haut, les modalités de sélection sont différentes, l'un se reposant plus sur le dossier via les prépas, et l'autre sur le travail uniquement durant les années PACES et absolument pas le dossier.
Sachant que mon propre petit frère est à l'X. Si tu veux réussir PACES tu bosses au taquet, pas moins que pour réussir l'X. Va dire à la majorité de bac S mention TB avec 19 de moyenne qui se ramassent en PACES que bah les grandes écoles c'est plus dur. Irréaliste.
A ton avis les filles d'excellent niveau, elles vont où après le bac? Sachant qu'en prépa y'a une majorité de mecs.
nounours
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par nounours le Jeu 24 Déc 2020 - 23:37
@Waylander1234 a écrit:
@nounours a écrit:Lol !
Le dernier de ma classe de math spé à LLG a réussi médecine en se promenant alors qu'il avait échoué à tous les concours de centrale des mines et bien sûr a fortiori X ou ENS ... La différence entre la difficulté du concours de médecine et celui de l'ENS ou de l'X est proprement abyssale !

C'est absolument faux, un cas particulier ne faisant pas une généralité. Comme dit plus haut, les modalités de sélection sont différentes, l'un se reposant plus sur le dossier via les prépas, et l'autre sur le travail uniquement durant les années PACES et absolument pas le dossier.
Sachant que mon propre petit frère est à l'X. Si tu veux réussir PACES tu bosses au taquet, pas moins que pour réussir l'X. Va dire à la majorité de bac S mention TB avec 19 de moyenne qui se ramassent en PACES que bah les grandes écoles c'est plus dur. Irréaliste.
A ton avis les filles d'excellent niveau, elles vont où après le bac? Sachant qu'en prépa y'a une majorité de mecs.

Je n'ai rien compris ... N'importe qui entre en PACES même des bac non généraux.
Pour le reste c'est juste n'importe quoi.
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par Waylander1234 le Jeu 24 Déc 2020 - 23:53
@nounours a écrit:
Je n'ai rien compris ... N'importe qui entre en PACES même des bac non généraux.
Pour le reste c'est juste n'importe quoi.

Justement, tu ne comprends rien, c'est bien là le problème... N'importe qui entre en PACES mais très peu décrochent médecine. Tandis que près de 50% des MP étoile de LLG (classe de mon frère) réussissent X ou l'ENS chaque année. Ca s'appelle un biais de sélection. Mais ça m'étonne pas que tu ne comprennes pas.

De mon point de vue c'est toi qui dis n'importe quoi Smile
nounours
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par nounours le Ven 25 Déc 2020 - 0:07
@Waylander1234 a écrit:
@nounours a écrit:
Je n'ai rien compris ... N'importe qui entre en PACES même des bac non généraux.
Pour le reste c'est juste n'importe quoi.

Justement, tu ne comprends rien, c'est bien là le problème... N'importe qui entre en PACES mais très peu décrochent médecine. Tandis que près de 50% des MP étoile de LLG (classe de mon frère) réussissent X ou l'ENS chaque année. Ca s'appelle un biais de sélection. Mais ça m'étonne pas que tu ne comprennes pas.

De mon point de vue c'est toi qui dis n'importe quoi Smile

Visiblement en PACES on n'apprend pas la rigueur des raisonnements et on ne sait pas ce qu'est un "biais de sélection".
0% d'une classe de MP de Buffon entre à l'X, imaginons que l'on échange les élèves de Buffon avec ceux de LLG, tu penses que ça va donner quoi ?
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par Waylander1234 le Ven 25 Déc 2020 - 0:38
@nounours a écrit:
Visiblement en PACES on n'apprend pas la rigueur des raisonnements et on ne sait pas ce qu'est un "biais de sélection".
0% d'une classe de MP de Buffon entre à l'X, imaginons que l'on échange les élèves de Buffon avec ceux de LLG, tu penses que ça va donner quoi ?

Et en prépa vous n'avez pas l'air d'apprendre ce qu'est le respect.
Si tu transposes les élèves de LGG dans une classe prépa de moindre niveau, il est évident que la proportion de ces élèves admis à l'X ou ENS va diminuer.
En prépa vous êtes encadrés comme au lycée, en PACES c'est la loi de la jungle, personne ne sera derrière l'étudiant pour le pousser à bosser, on n'aura pas d'exercices à faire à la maison ni de comptes à rendre à qui que ce soit, ce qui ajoute encore à la difficulté.
Le mec pense vraiment que tous les meilleurs étudiants vont en prépa, quelle naïveté. Et quelle arrogance.
nounours
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par nounours le Ven 25 Déc 2020 - 0:50
@Waylander1234 a écrit:
@nounours a écrit:
Visiblement en PACES on n'apprend pas la rigueur des raisonnements et on ne sait pas ce qu'est un "biais de sélection".
0% d'une classe de MP de Buffon entre à l'X, imaginons que l'on échange les élèves de Buffon avec ceux de LLG, tu penses que ça va donner quoi ?

Et en prépa vous n'avez pas l'air d'apprendre ce qu'est le respect.
Si tu transposes les élèves de LGG dans une classe prépa de moindre niveau, il est évident que la proportion de ces élèves admis à l'X ou ENS va diminuer.
En prépa vous êtes encadrés comme au lycée, en PACES c'est la loi de la jungle, personne ne sera derrière l'étudiant pour le pousser à bosser, on n'aura pas d'exercices à faire à la maison ni de comptes à rendre à qui que ce soit, ce qui ajoute encore à la difficulté.
Le mec pense vraiment que tous les meilleurs étudiants vont en prépa, quelle naïveté. Et quelle arrogance.

Donc tu penses que qu'il est évident que ces élèves à Buffon auront de moins bons résultats ?
Et pour quelles raisons ? Tu ne peux arguer de l'émulation puisque tous les élèves de la classe ont été "transportés" à Buffon. Tu penses que ce sont les professeurs qui sont moins capables à Buffon alors ?
Pour la petite histoire, pas plus tard qu'il y'a 3 semaines j'ai eu en colle un ancien de PACES qui a tenté de se reconvertir en MPSI : c'était une catastrophe ! Il ne comprenait rien à ce qu'il écrivait, il était très en dessous du niveau moyen d'un élève de prépa. D'ailleurs il ne passera sans doute pas en 2ème année.
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par Waylander1234 le Ven 25 Déc 2020 - 1:02
@nounours a écrit:
Donc tu penses que qu'il est évident que ces élèves à Buffon auront de moins bons résultats ?
Et pour quelles raisons ? Tu ne peux arguer de l'émulation puisque tous les élèves de la classe ont été "transportés" à Buffon. Tu penses que ce sont les professeurs qui sont moins capables à Buffon alors ?
Pour la petite histoire, pas plus tard qu'il y'a 3 semaines j'ai eu en colle un ancien de PACES qui a tenté de se reconvertir en MPSI : c'était une catastrophe ! Il ne comprenait rien à ce qu'il écrivait, il était très en dessous du niveau moyen d'un élève de prépa. D'ailleurs il ne passera sans doute pas en 2ème année.

En effet, les résultats obtenus aux concours dépendent grandement des prépas, les professeurs et la qualité des cours/colles sont importants. D'où la sélection qui repose en partie sur le dossier pour vous. Alors qu'en PACES tout le monde est à égalité au niveau cours/colles (qu'ils soient excellents, et des excellents il y en a bcp aussi) ou nuls.
Et ton petit exemple d'ancien PACES reconverti ne signifie rien. Déjà il faudrait que ce soit un ancien médecine reconverti. Etre en PACES n'est pas une preuve d'excellence, c'est réussir le concours de médecine qui en est une.
Louise100
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par Louise100 le Ven 25 Déc 2020 - 1:23
@Waylander1234, j'ai lu attentivement ton message ! (Je ne le cite pas parce que c'est long, autant répondre direct Wink )

Concernant le fait que tu parles de filière destructrice, je suis d'accord avec toi. La médecine est un milieu toxique où règnent compétition et pression. On nous apprend à normaliser des choses aberrantes : réviser 6h par jour ses cours ce n'est rien, alors que n'importe quel étudiant en licence lambda ne dépasse pas ce chiffre. De même, lorsqu'on fait autre chose que de la médecine, l'entourage s'étonne, tente de faire culpabiliser (surtout quand y a un concours donc en P1 et en externat). J'essaie progressivement de m'en détacher même si c'est pas facile.

Pour l'argent, je pense aussi que la société alimente un cliché qui n'est pas fondé. Certes, certaines spécialités sont très rémunératrices (cardio, radio, la chirurgie aussi), mais le nombre d'heures à côté est conséquent (on est loin des 35h des salariés lambdas en entreprise). J'ai vu qu'un psychiatre par exemple commençait à 3000€ brut en début de carrière hospitalière, j'ai trouvé ça assez choquant après autant d'années d'études et de sacrifices.
Après, je pense qu'il faut aussi distinguer les médecins qui se conventionnent en secteur 1 de ceux qui choisissent le secteur 2. En secteur 2, les dépassements d'honoraires peuvent très vite permettre d'avoir un bon salaire tout en limitant ses heures. Après, certains pensent que ce n'est pas très éthique...

Par contre, pour les paramédicaux, je ne pense pas que la comparaison soit judicieuse. J'ai vu qu'une diététicienne diplômée commençait à 1300€ net. Je pense que les modalités de consultation et de charges sont également à prendre en compte...

Effectivement, la médecine générale ne m'intéresse pas du tout. Par contre, j'ai pensé à la psychiatrie. J'ai toujours été fascinée par tout ce qui touchait au cerveau, ses déficits mentaux, les syndromes psychologiques (Peter Pan, Munchhausen par exemple). Après, j'aimerais quand même effectuer un stage dans ce service pour entrevoir la réalité, la relation avec les patients. La pédiatrie pourrait aussi me plaire, je pense, mais j'attends aussi un stage.

Après pour le libéral, de base ça ne m'intéresse pas parce que tous les médecins que j'ai pu entrevoir m'ont un peu dégoûtée : c'était de l'abattage pur et dur, un défilé de consultation et ce quotidien ne m'attire clairement pas. Mais je pense que certains aspects du libéral peuvent me plaire : le fait d'être son propre patron, de définir ses horaires je trouve que c'est un luxe. Peut-être qu'en ayant une activité mixte, ou en faisant des vacations en tant qu'enseignante, je pourrai trouver un épanouissement (j'en sais rien pour le coup).

Et pour les cours de P2, bah disons qu'au moment où j'ai posté le fil j'étais dans un état vraiment lamentable. Là, ça va un peu mieux, j'arrive à retrouver de la motivation pour bosser un peu mes cours parce que certaines matières me plaisent. Après, je te crois à 100% quand tu me dis que les collèges sont à vomir (rien que voir leur taille ça fait peur m De médecine à enseignante  - Page 12 3854100262).

Du coup, tu es en quelle année de médecine ? Tu te sens épanoui, ou plutôt dégoûté du cursus (des regrets) ? Et que penses-tu faire ? (en terme de spécialité par exemple)
nounours
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par nounours le Ven 25 Déc 2020 - 1:24
@Waylander1234 a écrit:
@nounours a écrit:
Donc tu penses que qu'il est évident que ces élèves à Buffon auront de moins bons résultats ?
Et pour quelles raisons ? Tu ne peux arguer de l'émulation puisque tous les élèves de la classe ont été "transportés" à Buffon. Tu penses que ce sont les professeurs qui sont moins capables à Buffon alors ?
Pour la petite histoire, pas plus tard qu'il y'a 3 semaines j'ai eu en colle un ancien de PACES qui a tenté de se reconvertir en MPSI : c'était une catastrophe ! Il ne comprenait rien à ce qu'il écrivait, il était très en dessous du niveau moyen d'un élève de prépa. D'ailleurs il ne passera sans doute pas en 2ème année.

En effet, les résultats obtenus aux concours dépendent grandement des prépas, les professeurs et la qualité des cours/colles sont importants. D'où la sélection qui repose en partie sur le dossier pour vous. Alors qu'en PACES tout le monde est à égalité au niveau cours/colles (qu'ils soient excellents, et des excellents il y en a bcp aussi) ou nuls.
Et ton petit exemple d'ancien PACES reconverti ne signifie rien. Déjà il faudrait que ce soit un ancien médecine reconverti. Etre en PACES n'est pas une preuve d'excellence, c'est réussir le concours de médecine qui en est une.

Tu ne connais rien aux prépas : les cours et les professeurs des petites et des grandes prépa sont les mêmes. Durant sa carrière les professeurs passent de l'une à l'autre, un même professeur avec son même cours aura 0 élève à l'X une année et la moitié de la classe l'année suivante juste parce qu'il aura eu une mutation dans un grand lycée.
D'autre part j'ai déjà vu des cours et épreuves de CAPES : de l'apprentissage par coeur et des QCMs .... Ce ne sont pas du tout les mêmes qualités qui sont nécessaires pour rentrer à l'X ou même à Centrale : il faut savoir raisonner, comprendre un énoncé, avoir une certaine virtuosité dans le calcul ... La part de "par coeur" est assez faible et ceux qui apprennent tout par coeur sont souvent les plus mauvais élèves.
Waylander1234
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par Waylander1234 le Ven 25 Déc 2020 - 1:56
@nounours a écrit:
Tu ne connais rien aux prépas : les cours et les professeurs des petites et des grandes prépa sont les mêmes. Durant sa carrière les professeurs passent de l'une à l'autre, un même professeur avec son même cours aura 0 élève à l'X une année et la moitié de la classe l'année suivante juste parce qu'il aura eu une mutation dans un grand lycée.
D'autre part j'ai déjà vu des cours et épreuves de CAPES : de l'apprentissage par coeur et des QCMs .... Ce ne sont pas du tout les mêmes qualités qui sont nécessaires pour rentrer à l'X ou même à Centrale : il faut savoir raisonner, comprendre un  énoncé, avoir une certaine virtuosité dans le calcul ... La part de "par coeur" est assez faible et ceux qui apprennent tout par coeur sont souvent les plus mauvais élèves.

Faux, les professeurs de LGG et d'une prépa de moindre niveau par exemple à Toulouse ne sont absolument pas les mêmes et ne préparent pas les étudiants de la même façon, sinon les notions de "classement des meilleures prépas" n'auraient aucun fondement, de même que la sélection sur dossier pour y accéder.

J'ajouterai que tu ne connais rien à la PACES (CAPES...), il y a une part d'apprentissage "par coeur" comme tu le dis, mais seulement dans certaines matières. Et encore, ce sont ceux qui tentent de tout apprendre par coeur comme des imbéciles qui ratent le concours, pour bien réussir il faut comprendre le cours et le retenir de manière intelligente, en mettant en relation les différentes informations du cours.
D'autres matières, comme la physiologie rénale par exemple, nécessitent une capacité de raisonnement importante. Tu penses vraiment qu'il n'y a qu'en mathématiques qu'il y a besoin de raisonner? C'est typique des élèves de prépas coincés dans leur petit monde, de penser comme ça.

Et dans la suite des études c'est de pire en pire, non seulement il y a une quantité phénoménale de cours à connaître et à maîtriser, mais la part de raisonnement est de plus en plus importante (poser un diagnostic et adapter le traitement ne se résume pas à recracher des cours "par coeur", ce serait bien facile sinon). C'est un raisonnement moins abstrait que le raisonnement mathématique, mais tout aussi complexe et subtil, qui nécessite des années de pratique en plus des études théoriques, pour être maitrisé (comme disait un de mes anciens maîtres de stages, on ne comprend et maîtrise vraiment le raisonnement médical que plusieurs années après avoir terminé les études). Va dire à un médecin que tout ce qu'il a fait durant ses études c'est apprendre des cours par coeur, et qu'il ne sait pas comprendre un énoncé... Ton ignorance en la matière est flagrante.

Enfin bref, je n'ai plus de temps à perdre à répondre à un petit taupin persuadé que son cursus est le plus complexe, élitiste et méritant du pays, d'autant plus que ce n'est absolument pas le sujet de ce fil de discussion à la base. Si tu allais faire un tour en PACES, je pense que la désillusion qui en résulterait serait à la hauteur de ton arrogance qui paraît bien être sans bornes.
Bonne continuation dans tes études, ou tout simplement dans ta carrière future, si carrière il y a. Bisous Wink
Gatoby
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par Gatoby le Ven 25 Déc 2020 - 2:16
@Waylander1234 a écrit:Pour estimer la "sélectivité" d'un concours le taux d'admis est insuffisant: il faut aussi considérer la qualité des étudiants qui le tentent. Comparer PACES à l'ENA, ENS, X en disant que la PACES est moins sélective, donc sous entendu "plus facile" résulte d'un raisonnement incomplet. En effet, les points communs à l'ENA, l'ENS et l'X sont qu'il y a une sélection en amont du passage du concours, par la prépa: si on a un excellent dossier scolaire donc une excellente prépa, les chances de réussir augmentent considérablement (par exemple jusqu'à 40% de chances de réussir l'X avec la meilleure prépa, à Louis le grand).
Il n'y a pas plus d'excellents élèves qui tentent l'X ou l'ENS que PACES, seulement ces excellents élèves partent avec des chances accrues de réussir car ont accès à une meilleure prépa.
Tout est dit dans la phrase en gras : quelle est la "qualité" des gens qui tentent X/ENS (formés pendant 2 ans en CPGE, et sélectionnés même à l'entrée en CPGE) vs. les candidats en PACES (seul le bac, quelle que soit la section, suffit) ?

@Waylander1234 a écrit:
Et pour ce qui est du confort financier ben franchement là aussi c'est la désillusion, on est loin d'être riches contrairement à ce que certains pensent. La plupart des médecins sont généralistes et bossent pour 25 euros (dont il leur restera à peine 12 euros après déduction des charges sociales, impots et frais) la consultation, sachant qu'en faisant bien ton taf une consult' ça dure en moyenne 20 minutes pour un médecin expérimenté, ça te fait du 36 euros l'heure... On pourrait espérer mieux pour ce niveau d'études et de responsabilités (d'ailleurs faisons remarquer qu'on dans les médecins les moins bien rémunérés de l'OCDE). Même une consult' de paramédical c'est mieux payé (40 euros l'ostéopathe, la diét, la psychomot, etc). DONC le cliché du jeune médecin qui bosse 2 jours par semaine et qui se sort du 4000 net par mois on peut oublier, ça n'existe pas.
Les médecins ne sont pas les plus à plaindre du point de vue des charges sociales : l'assurance maladie (qui solvabilise leur demande contrairement à de nombreux paramédicaux par ailleurs) prend en charge une grosse partie de leurs cotisations maladie ... Quant à la consultation de 20mn en médecine générale : c'est un idéal, beaucoup font moins malheureusement. En revanche, certains actes paramédicaux (je pense à la psychomotricité que tu cites) nécessitent souvent 1h. Tu ne mentionnes pas non plus certains éléments de rémunération complémentaires (ROSP notamment), auxquels les seuls médecins ont droit.

La situation des médecins, même généralistes, est incomparable avec celle des paramédicaux. Et c'est normal compte tenu du rôle qu'ils doivent/devraient jouer dans le système de santé.

@Waylander1234 a écrit:En conclusion: tu es au tout début. Te rediriger maintenant ne constituera pas un si gros gâchis que ce que tu peux penser. Mais bon comme disent les profs plus haut... L'enseignement ça a pas l'air non plus dêtre top niveau qualité de vie (avec les parents à l'heure actuelle qui sont complètement désintéressés de l'éducation de leur gamin) et rémunération. Sauf si tu passes une agrég'. Ce qui est accessible (faut pas croire hein, j'ai un pote qui avait raté la PACES malgré un boulot de dingue, et qui a ensuite fait une licence-mémoire-thèse en physique et ensuite qui a fini premier de l'agrég' en physique chimie en la bossant tranquillou, si t'es motivée et que t'aimes la matière ça se fait).
En plus tu seras pas cantonnée au collège/lycée, tu pourras très bien faire de la prépa privée, ce qui est bien plus rémunérateur, et je pense aussi plus intéressant dans le sens où les gamins qui vont en prépa n'y vont pas pour se la couler douce donc sont bien plus impliqués. Y'a des solutions quoi.
Tu le dis toi même dans un message suivant : les exemples ne disent rien de la règle. Des docteurs dans leur discipline qui ratent l'agrégation, ça existe : il suffit de regarder les chiffres du concours d'agrégation externe spéciale dédiée à ces profils. Dans la guerre des exemples, j'ai celui d'un médecin biologiste recalé à l'agrégation de biochimie. Mais aussi celui d'une ex khagneuse, non admise à l'ENS (mais disons le, tout à fait douée pour les études), qui finit dans le top 10% du NC, primante, en PACES.

Rappelons le but du fil : Louise100 hésitait à quitter médecine pour l'enseignement. Ce serait assassin de lui dire que l'agrégation lui sera acquise parce qu'elle a réussi la PACES : les deux concours n'ont rien à voir. Et comme tu l'évoques plus haut, la qualité des candidats à l'agrégation ne doit pas être négligée (bac+5 nécessairement, normaliens, certifiés ... des personnes qui ont fait leurs preuves dans d'autres situations). Par ailleurs, l'agrégation mène à l'enseignement en collège et lycée. "Pas cantonnée" certes, mais c'est l'un des débouchés les plus probables. Autant le savoir et en avoir envie.

@Louise100 a écrit:J'ai vu qu'un psychiatre par exemple commençait à 3000€ brut en début de carrière hospitalière, j'ai trouvé ça assez choquant après autant d'années d'études et de sacrifices.
C'est le salaire comme assistant ? Si oui, celui-ci est amené à progresser rapidement : il faut aussi considérer la courbe d'évolution du salaire. Quant aux années d'études et aux sacrifices ... Cela n'a rien de spécifique à la médecine : que penser du docteur en lettres/SHS, souvent agrégé, qui commencera à 1900 net et des brouettes (entre 8 et 10 ans d'études après le bac) ? Que penser de l'expert comptable, qui commence à 2000/2200€ en collaboration dans un cabinet (8 ans d'études) ? De l'avocat pénaliste qui peine à gagner le SMIC parfois (entre 7 et 8 ans d'études après les bac, en droit, et après les examens d'entrée et de sortie du CRFPA) ?

Dans un contexte où les études s'allongent (ingénieurs qui reprennent 1-2 ans d'études de management, pharmaciens qui font des études d'ingénieur, juristes qui font des écoles de commerce ou un LLM ...) il faut aussi considérer les sacrifices/efforts que demande plus globalement aujourd'hui le marché du travail. Ce peut être un élément d'aide à la décision, du moins qui puisse te permettre de relativiser les efforts que demanderont ces années à venir (et dont je ne conteste pas qu'ils seront grands).

@Louise100 a écrit:J'ai toujours été fascinée par tout ce qui touchait au cerveau, ses déficits mentaux, les syndromes psychologiques (Peter Pan, Munchhausen par exemple). Après, j'aimerais quand même effectuer un stage dans ce service pour entrevoir la réalité, la relation avec les patients.
La psychiatrie évolue et les notions que tu évoques me font davantage penser à des notions de psychologie voire de psychanalyse. Il peut être intéressant de creuser cette voie en ce que je pense que l'orientation de la psychiatrie ces dernières années est très différente (moins "psychologisante", plus fondée sur les neurosciences ...). Je pense en tout cas, comme cela a été évoqué ici, que tu prends la bonne décision ! D'autant que tu te donnes les moyens de voir les réalités de l'enseignement en parallèle (même de façon imparfaite, même de façon incomplète ... c'est une expérience de prise !). Bon courage pour la suite.
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