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Balthamos
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Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ? - Page 2 Empty Re: Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ?

par Balthamos Dim 17 Oct 2021, 17:05
@Lisak40 a écrit:Je fais un très court HS (désolée...) : j'ai raconté sur un des rezosocios pourquoi que j'avais pas pu faire l'hommage à S. Paty (ce que j'ai décit ici ou sur l'autre fil, plus évidemment rappel de l'horrible évènement...). Une des réponses d'un ancien camarade de collège : "ban moi mon fils, il a pas de remplaçant depuis la rentrée, vous êtes vraiment qd même de grosses feignasses je comprends que tout le monde vous en veuille (sous entendu : "il faudrait assassiner les qqs profs restant (parce qu'en fait il n'y en a pas assez ?), et j'en sais rien m'embrouille pas avec ton collègue relou, bon là c'est des musulmans qui l'ont assassiné c'est des animaux, mais quand même faut comprendre pourquoi tout le monde vous déteste aussi"). Pfff, je ne sais plus quoi dire...

Protège toi, bloque le.
Protège la société, signale le.
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Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ? - Page 2 Empty Re: Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ?

par Prezbo Dim 17 Oct 2021, 17:57
@Tangleding a écrit:Cette notion d'autocensure me semble très largement une foutaise journalistique. La chose qui la favoriserait le plus (je parle de la vraie, l'autocensure consistant à ne pas traiter un pan du programme), c'est le fait que les programmes sont infaisables. L'enseignant va placer en fin d'année le plus souvent le thème sur lequel il est le moins à l'aise, puisqu'il sait qu'il devra sans doute sacrifier un plan du programme faute de temps.

J’avais posté la nuit dernière un témoignage à ce sujet, que j'ai effacé après rapide réflexion car il impliquait trop précisément une collègue.

Je le reformule donc, dans les limites de ce qu'il est possible de dire, même sous pseudonyme, sur un forum public : j'ai eu, très précisément, des témoignages (notamment un) de collègues titulaires, qui m'ont confié qu'ils n'avaient pas fait l'hommage à S. Paty parce qu'ils avaient peut d'être débordés par les réactions d'élèves, et plus globalement qu'ils évitaient délibérément et discrètement d'aborder certains thèmes sensibles avec certaines classes -pas toutes-.

Évidemment, tu auras du mal à obtenir des témoignages précis sur ce genre de thèmes autrement qu'en privé, parce que le fonctionnaire qui l'avoue avoue une faute, dans une administration qui fonctionne trop souvent sur la culpabilisation des enseignants. Et effectivement, cela se passe souvent dans les établissements les moins médiatisés (tu noteras que les deux témoignages les plus précis que nous avons sur ce forum sont ceux de deux collèges de LP).

Ce qui me gène dans ton discours est qu'il relève d'une forme de discours officiel, guère différent de celui du ministère : cela n'existe pas parce que les profs sont bien formées et respectent le programme. Cela permet d'éviter de se confronter à la réalité, et laisse seuls les collègues en difficulté.

Je ne prétends que la situation soit par ailleurs aussi caricaturale que celle décrite dans "Les territoires perdus de la république" et autre pamphlets réactionnaires mal dissimulés.

(Lisa, bon courage.)
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par Balthamos Dim 17 Oct 2021, 18:07
@Prezbo a écrit:
@Tangleding a écrit:Cette notion d'autocensure me semble très largement une foutaise journalistique. La chose qui la favoriserait le plus (je parle de la vraie, l'autocensure consistant à ne pas traiter un pan du programme), c'est le fait que les programmes sont infaisables. L'enseignant va placer en fin d'année le plus souvent le thème sur lequel il est le moins à l'aise, puisqu'il sait qu'il devra sans doute sacrifier un plan du programme faute de temps.

[...]

Ce qui me gène dans ton discours est qu'il relève d'une forme de discours officiel, guère différent de celui du ministère : cela n'existe pas parce que les profs sont bien formées et respectent le programme. Cela permet d'éviter de se confronter à la réalité, et laisse seuls les collègues en difficulté.

Je ne prétends que la situation soit par ailleurs aussi caricaturale que celle décrite dans "Les territoires perdus de la république" et autre pamphlets réactionnaires mal dissimulés.

(Lisa, bon courage.)

Je n'ai pas lu ici que l'autocensure n'existait pas, et encore moins que les enseignants étaient bien formés.

La critique, que je partage, est sur le chiffre qui circule dernièrement (50% des enseignants) et l'angle pris par les médias.
D'ailleurs ce chiffre, contestable à cause de la définition d'autocensure qu'elle induit, révèle justement l'importance de la formation et de l'expérience : ce sondage précise bien que c'est surtout du fait des jeunes collègues, sans formation ni expérience.
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 18:56
@Prezbo a écrit:
@Tangleding a écrit:Cette notion d'autocensure me semble très largement une foutaise journalistique. La chose qui la favoriserait le plus (je parle de la vraie, l'autocensure consistant à ne pas traiter un pan du programme), c'est le fait que les programmes sont infaisables. L'enseignant va placer en fin d'année le plus souvent le thème sur lequel il est le moins à l'aise, puisqu'il sait qu'il devra sans doute sacrifier un plan du programme faute de temps.

J’avais posté la nuit dernière un témoignage à ce sujet, que j'ai effacé après rapide réflexion car il impliquait trop précisément une collègue.

Je le reformule donc, dans les limites de ce qu'il est possible de dire, même sous pseudonyme, sur un forum public : j'ai eu, très précisément, des témoignages (notamment un) de collègues titulaires, qui m'ont confié qu'ils n'avaient pas fait l'hommage à S. Paty parce qu'ils avaient peut d'être débordés par les réactions d'élèves, et plus globalement qu'ils évitaient délibérément et discrètement d'aborder certains thèmes sensibles avec certaines classes -pas toutes-.

Évidemment, tu auras du mal à obtenir des témoignages précis sur ce genre de thèmes autrement qu'en privé, parce que le fonctionnaire qui l'avoue avoue une faute, dans une administration qui fonctionne trop souvent sur la culpabilisation des enseignants. Et effectivement, cela se passe souvent dans les établissements les moins médiatisés (tu noteras que les deux témoignages les plus précis que nous avons sur ce forum sont ceux de deux collèges de LP).

Ce qui me gène dans ton discours est qu'il relève d'une forme de discours officiel, guère différent de celui du ministère : cela n'existe pas parce que les profs sont bien formées et respectent le programme. Cela permet d'éviter de se confronter à la réalité, et laisse seuls les collègues en difficulté.

Je ne prétends que la situation soit par ailleurs aussi caricaturale que celle décrite dans "Les territoires perdus de la république" et autre pamphlets réactionnaires mal dissimulés.

(Lisa, bon courage.)

Je prends le message au vol et rebondis sur tes derniers propos car précisément le malaise actuel vient de là : ce qui peut passer pour des "pamphlets réactionnaires " sont hélas des transcriptions quasi exactes d'une réalité méconnue ou niée.
J'enrage et me désole en même temps de me dire que, alors que je suis quelqu'un au coeur à gauche qui, je l'espère, ne peut être taxée d'intolérance, décrire des situations-limite ( en l'espèce, celles qui sont liées à un empêchement d'enseigner à cause d'une pression islamiste extrémiste exercée en classe par certains élèves), ferait de moi une réactionnaire qui serait un peu islamophobe, un peu raciste, qui par ailleurs ne saurait pas mener un débat avec ses élèves et ne ferait donc preuve ni d'ouverture d'esprit ni de pédagogie en refusant de porter haut les valeurs de la Republique..
Ca me fait mal, parce que dans nos discours qui relatent une réalité, en effet on a vite fait de faire l'amalgame avec des propos d'extreme-droite.
Mais...
Les situations suivantes existent( j'en donne deux, ça suffira): des élèves qui tournent la tête pendant un cours entier, pour montrer qu'ils n'écoutent pas les propos du professeur, femme qui plus est, parce que le cours porte sur un sujet qui leur déplaît ( il y est question d'attentats, de groupes terroristes, de liberté de penser...); des élèves , jeunes filles qui se présentent dans un cours couvertes des pieds à la tête,refusent d'enlever leurs gants longs et fins, contestent chaque mot de l'enseignant en le ponctuant par "Sur le Coran vous avez pas le droit ", sont convoquées chez le CdE avec leurs parents qui choisissent de les retirer du lycée( on apprendra plus tard que ce marqueur vestimentaire fort était en effet un signe de radicalisation)
Etc. C'est un climat général.
Je dis souvent que pour connaitre la société dans son spectre le plus large, il faut prendre les transports en commun très tôt le matin ( la France dite "d'en-bas" s'y bouscule), et venir faire un tour dans les établissements ET les quartiers défavorisés.
De la même manière qu'il existe des zones de non-droit ( et les "territoires perdus de la République " ne sont pas un fantasme, c'est la réalité), il existe des zones de non-enseignement.
Si je n'avais pas enseigné là où j'enseigne (LP en l'occurrence mais hélas je me doute bien que dans d'autres types d'établissements c'est la même chose), j'aurais pensé que cela n'était qu'exagérations, peurs irrationnelles et allez, incompétence professionnelle pourquoi pas.
Oui mais non.
Alors maintenant les discours lénifiants me fatiguent, les suspicions devant les relations de tel ou tel fait, tout autant, et la question n'est pas, mais vraiment pas, de savoir si le chapitre 2 de la leçon 3 sera terminé ou pas.
La question, c'est de savoir si tel caïd de la classe machin, qui tient le quartier avec sa bande, trafique toute la journée, se trimballe avec de belles liasses dans son sac au su et au vu de tous et jure toute la journée sur le Coran que ce qu'on dit en cours "ça se dit pas, ça se fait pas, vous avez pas le droit, vous pouvez pas, et je vous interdis de dire que.... etc..." sans avoir ses affaires mais que l'on doit tolérer en classe car le soutien de l'administration est égal au néant, la question c'est de savoir si lui aura l'obligeance à un moment jugé crucial du cours, sur un sujet "delicat", de nous laisser mener le cours sans taper un scandale et entraîner d'autres élèves dans son sillage.
J'ai demandé une mut il y a quelques années pour éviter de subir ça encore pendant toutes les années à venir.
On est au-delà de ce que certains imaginent. Et il n'est pas question de noircir le tableau, il est question de parler vrai. Si je racontais tout ce qui se passe au quotidien....( et encore dans mon nouveau lycée en comparaison c'est soft).
Conclusion: sans exagération l'on peut dire que la liberté de dispenser son enseignement est ligotée dans certains lycées ou collèges aujourd'hui. Et le nier, le minimiser ou le détourner relève pour moi de l'inconscience.
Honnêtement, je pense que l'assassinat de Samuel Paty n'est pas le point d'acmé de quelque chose, mais le début de quelque chose enclenché il y a longtemps ( 10/15 ans je dirais).
J'espère très très fort me tromper...
Tangleding
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par Tangleding Dim 17 Oct 2021, 19:08
Discours officiel, ou discours basé sur 15 ans d'expérience en collège, plutôt. Si le problème était aussi massif que le prétendent les médias, j'aurais eu le loisir de le constater.

Le phénomène existe. Mais il relève à mon avis de deux problèmes distincts :
- les établissements perdus du fait de la lâcheté de leurs directions successives et de leur hiérarchie qui fait semblant de croire que tout va bien : cela existe, ce n'est pas non plus la majorité des bahuts, mais oui, cela existe et là, peu importe les collègues qui s'y trouvent, ce n'est pas un problème individuel
- les collègues réellement peu formés sur ces sujets.

Je suis professeur de lettres, et militant syndical, donc j'ai une double assise qui m'aide certainement.

Le LP j'y ai enseigné un mois à mes débuts comme vacataire, je n'en ai donc aucune expérience.

Cela étant dans ton propos, tu mélanges le disciplinaire et là, j'ai l'impression que c'est marginal, et l'hommage, et là par contre je pense qu'il y a beaucoup de difficulté pour les collègues mais c'est normal de mon point de vue.

Ce sont deux choses différentes.

_________________
"Never complain, just fight." Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ? - Page 2 2490015017
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par Ponocrates Dim 17 Oct 2021, 19:09
Merci pour votre témoignage Zigmag. Il faut du courage pour parler quand on sait que d'autres s'empresseront de tout mettre sous le tapis, même ici.

Edit : Tangleding vous êtes un homme. J'espère que vous pouvez imaginer que l'expérience d'enseignement de certaines de vos collègues puissent être différente de la vôtre face à des élèves éduqués à mépriser les femmes.
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:18
@Ponocrates a écrit:Merci pour votre témoignage Zigmag. Il faut du courage pour parler quand on sait que d'autres s'empresseront de tout mettre sous le tapis, même ici.

Merci ! Mais ce n'est pas du tout du courage. .
Je trouve qu'il est bon que les choses soient dites. Nous vivons des situations inouïes avec mes collègues, tous les jours. Ce sont les remarques des gens extérieurs à la profession qui me font réaliser que ce quotidien est anormal. Pourtant c'est le mien, et depuis tout ce temps je pense pouvoir dire que nous sommes aux premières loges de ce qui peut se passer dans la société ( au même titre que les pompiers, qui se font caillasser par exemple).
Il est d'autant plus remarquable de constater que des collegues, ici ou IRL, parce qu'ils ne vivent pas les mêmes choses, et pour qui c'est donc inconcevable, ne veulent pas admettre cette réalité...
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par maldoror1 Dim 17 Oct 2021, 19:18
Zigmag veneration . Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Et j'approuve également ce qu'a écrit Ponocrates. ( Et, partant, je me sens moins seule !)

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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:26
@Tangleding a écrit:Discours officiel, ou discours basé sur 15 ans d'expérience en collège, plutôt. Si le problème était aussi massif que le prétendent les médias, j'aurais eu le loisir de le constater.

Le phénomène existe. Mais il relève à mon avis de deux problèmes distincts :
- les établissements perdus du fait de la lâcheté de leurs directions successives et de leur hiérarchie qui fait semblant de croire que tout va bien : cela existe, ce n'est pas non plus la majorité des bahuts, mais oui, cela existe et là, peu importe les collègues qui s'y trouvent, ce n'est pas un problème individuel
- les collègues réellement peu formés sur ces sujets.

Je suis professeur de lettres, et militant syndical, donc j'ai une double assise qui m'aide certainement.

Le LP j'y ai enseigné un mois à mes débuts comme vacataire, je n'en ai donc aucune expérience.

Cela étant dans ton propos, tu mélanges le disciplinaire et là, j'ai l'impression que c'est marginal, et l'hommage, et là par contre je pense qu'il y a beaucoup de difficulté pour les collègues mais c'est normal de mon point de vue.

Ce sont deux choses différentes.

Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.
Je me demande combien d'attentats il va encore falloir pour que l'on comprenne. Je refuse cette culpabilisation stérile.
Et puis tu dis ? Le disciplinaire, c'est marginal? Les problèmes que l'on rencontre pour enseigner des pans entiers du programme, c'est marginal?  Eh bien pas dans les LP ou j'ai travaillé en tout cas.
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:33
Merci Maldoror! Non nous sommes pas mal je pense a vivre des situations ubuesques voire dangereuses dans notre profession.  Je suis pour la transparence , de toute façon dans mon lycée c'est obligatoire de dire les choses telles qu'elles sont, sinon on ne survit pas. Je n'en dirais pas autant de la direction( le tapis est boursouflé tant il y a de choses dessous)😁
Marxou
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par Marxou Dim 17 Oct 2021, 19:34
@zigmag17 a écrit:
@Ponocrates a écrit:Merci pour votre témoignage Zigmag. Il faut du courage pour parler quand on sait que d'autres s'empresseront de tout mettre sous le tapis, même ici.

Merci ! Mais ce n'est pas du tout du courage.  .
Je trouve qu'il est bon que les choses soient dites.  Nous vivons des situations inouïes avec mes collègues, tous les jours. Ce sont les remarques des gens extérieurs à la profession qui me font réaliser que ce quotidien est anormal. Pourtant c'est le mien, et depuis tout ce temps je pense pouvoir dire que nous sommes aux premières loges de ce qui peut se passer dans la société ( au même titre que les pompiers, qui se font caillasser  par exemple).
Il est d'autant plus remarquable de constater que des collegues,  ici ou IRL, parce qu'ils ne vivent pas  les mêmes choses, et pour qui c'est donc inconcevable, ne veulent pas admettre cette réalité...

Je pense qu'il est urgent d'entendre et de diffuser enfin les témoignages terribles de collègues du LP comme ceux de Zigmag. Généralement, ce qui se passe en pro préfigure ce qui arrivera bientôt dans le général. Et on sent déjà les prémices.
Le problème est que, comme l'explique très bien Zigmag, nous sommes tétanisés à l'idée de nourrir l'extrême-droite en décrivant simplement ce qui est. Mais mettre ces problèmes sous le tapis et nier le vécu de certains collègues  ne fait qu'empirer la situation. Il risque fort malheureusement d'y avoir d'autres tragédies comme celles de Samuel Paty.
Et invoquer le problème farfelu de la formation est carrément indécent vis-à-vis des collègues concernés.
Tangleding
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par Tangleding Dim 17 Oct 2021, 19:34
Tu peux changer de disque et te calmer ? Merci. Ce sera plus facile de discuter.

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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:36
Merci Marxou!😁 Oui c'est vrai, souvent ce que l'on vit en LP annonce malheureusement ce qui va se passer en LGT ( et c'est rarement pour le meilleur)
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par Catalunya Dim 17 Oct 2021, 19:37
Disons que se trouver face à un collègue qui ferme les yeux et se bouche les oreilles pour ne pas voir et ne pas entendre, cela peut crisper.
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:38
Tout à fait...
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par Balthamos Dim 17 Oct 2021, 19:39
@Catalunya a écrit:Disons que se trouver face à un collègue qui ferme les yeux et se bouche les oreilles pour ne pas voir et ne pas entendre, cela peut crisper.

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par Marxou Dim 17 Oct 2021, 19:40
@Tangleding a écrit:Tu peux changer de disque et te calmer ? Merci. Ce sera plus facile de discuter.

Ta réaction est carrément ..... Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ? - Page 2 2790680366 Les enseignants s'autocensurent-ils en cours ? - Page 2 999940070
mafalda16
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par mafalda16 Dim 17 Oct 2021, 19:40
@Tangleding a écrit:Tu peux changer de disque et te calmer ? Merci. Ce sera plus facile de discuter.

De même !
Et merci aux autres de ne pas remettre une pièce dans la machine.
Ce topic est bien le dernier endroit où s'invectiver les uns les autres apporterait quelque chose de positif !

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par Tangleding Dim 17 Oct 2021, 19:46
Disons que la discussion peut se faire sans hystérie. On parle d'enseignement même en conditions très difficiles, donc d'élèves, pas de terroristes.

Ce genre de réaction débile ne fait rien avancer :

Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.

J'ai dit qu'il fallait qu'on soit formés pour terrasser des terroristes ?

Non. Alors merci de se calmer.

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par epekeina.tes.ousias Dim 17 Oct 2021, 19:46
@zigmag17 a écrit:Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.

Je ne saurais être plus d'accord avec ca: à mon avis, tu as totalement raison (c'est d'ailleurs ce que j'explique à mes stagiaires, souvent en vain, mais je ne dis rien de mes collègues). Et quand ils me racontent, et de plus en plus souvent dans les 5 ou 10 dernières années, ce qu'ils rencontrent dans les classes (phénomène assez récent: depuis 2 ou 3 ans, jusqu'en maternelle), je ne mets jamais leur parole en doute: j'écoute et je prends des notes, puis j'en parle, quitte à reconnaître que je n'ai aucune solution en l'état actuel des choses.
Tangleding
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par Tangleding Dim 17 Oct 2021, 19:49
Je développerai une fois rentré avec l'ordi.

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par Balthamos Dim 17 Oct 2021, 19:52
@Tangleding a écrit:Disons que la discussion peut se faire sans hystérie. On parle d'enseignement même en conditions très difficiles, donc d'élèves, pas de terroristes.

Ce genre de réaction débile ne fait rien avancer :

Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.

J'ai dit qu'il fallait qu'on soit formés pour terrasser des terroristes ?

Non. Alors merci de se calmer.

Je suis d'accord avec toi.
Un terroriste agira, quelque soit nos formations ou préparations.
Qu'on soit a enseigner, à une terrasse, à un concert, sur un marché de noel, etc.

Ici, ce n'est pas le propos.
Il est plutot question de ce que nous pouvons faire :
- pour les jeunes qui pourraient être tentés par cette idéologie
- pour nos élèves qui ne comprennent plus, ne partagent pas les valeurs de la république.
La dessus, nous pouvons faire des séances, livrer un enseignement émancipateur, à condition d'être formé, considéré, respecté, pris en compte par la hiérarchie, etc.
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par Ponocrates Dim 17 Oct 2021, 19:56
@Tangleding a écrit:Disons que la discussion peut se faire sans hystérie. On parle d'enseignement même en conditions très difficiles, donc d'élèves, pas de terroristes.

Ce genre de réaction débile ne fait rien avancer :

Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.

J'ai dit qu'il fallait qu'on soit formés pour terrasser des terroristes ?

Non. Alors merci de se calmer. 
Quand je parlais de courage, zigmag, c'est à ce genre de réaction que je pensais. Mais bon, étant une femme j'ai l'habitude de me faire traiter d'hystérique dès que je signale un truc que d'autres ne veulent/ peuvent pas voir.
" Débile" est-ce au sens de stupide ou une autre épithète viriliste pour indiquer notre faiblesse  ?


Dernière édition par Hermione0908 le Lun 18 Oct 2021, 07:51, édité 3 fois (Raison : Balise de citation)

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"As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? "
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:56
@Tangleding a écrit:Disons que la discussion peut se faire sans hystérie. On parle d'enseignement même en conditions très difficiles, donc d'élèves, pas de terroristes.

Ce genre de réaction débile ne fait rien avancer :

Pardon mais il faut arrêter avec les " collègues peu formés sur ces sujets".
Qu'un prof soit formé à la laïcité ou pas, si un extrémiste islamiste veut l'égorger, il le fera.

J'ai dit qu'il fallait qu'on soit formés pour terrasser des terroristes ?

Non. Alors merci de se calmer.

Je suis très calme. Toi en revanche sembles avoir un léger souci d'argumentation ( autre chose à avancer que "réaction debile" peut-être ?)
Je parle bien de radicalisation dans les rangs de mes élèves.
Et puis celle qui donc a des réactions "debiles" t'invite à venir passer une heure( juste une heure seulement : Brel inside) dans son LP, dans une classe choisie, pour voir. Je t'en prête une.
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par zigmag17 Dim 17 Oct 2021, 19:58
Ponocrates laisse tomber! C'est du déni. Je connais ma réalité ( on dirait une chanson de Johnny!), le reste.... Faire et laisser dire..
😁
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par Balthamos Dim 17 Oct 2021, 19:59
je ne sais pas si l'enquête a déjà été publiée ici, mais elle est très intéressante :

https://www.lhistoire.fr/enqu%C3%AAte-%C2%AB-l%E2%80%99histoire-%C2%BB/professeurs-d%E2%80%99histoire-g%C3%A9o-une-profession-mobilis%C3%A9e


90% n’ont jamais renoncé à enseigner un sujet sensible

Sur les sujets sensibles, certains considèrent que l’idée de thèmes à éviter relève purement du mythe faisant l’objet d’une instrumentalisation politique. Mais beaucoup ne nient pas les difficultés : débats tendus en classe, réactions agressives des parents. Ce qui amène à prendre des précautions particulières, voire – mais pour 10% des réponses seulement –, à quelques renoncements. La liste des sujets qui peuvent poser problème est relativement courte : la guerre d’indépendance algérienne en premier (citée 47 fois sur 1 043 commentaires), le génocide des Arméniens (43), l’histoire de l’islam (35), la liberté d’expression et les caricatures du Prophète (31), Le conflit israélo-palestinien (28), la Shoah et l’antisémitisme (25), le fait religieux (20), la laïcité (20), la colonisation et la décolonisation (19). A quoi il faut ajouter le terrorisme, les droits des personnes LGBTQ et les questions de genre, l’esclavage, les migrations (en géographie), l’histoire du christianisme ou du judaïsme, l’IVG, le darwinisme (et la préhistoire). Même aborder la mort du roi en 1793 peut être délicat quand on enseigne à l’étranger, dans un royaume, signale un des professeurs.

Mais ce qui ressort c’est que, bien formés, avec de l’expérience, les professeurs arrivent à aborder tous les thèmes. C’est même un devoir pour eux. « Même si parfois je me sens en difficulté, il m’importe d’aborder tous les sujets en classe ne serait-ce pour développer le regard critique ou l’argumentation. Si j’en arrivais à renoncer à certains thèmes, je crois que c’est le moment où je démissionnerais. »

D’ailleurs, sans surprise, ce sont les 20-30 ans et ceux qui ont moins de cinq ans d’ancienneté qui disent plus souvent avoir déjà renoncé à enseigner certains thèmes. Ils sont également plus nombreux à enseigner dans un lycée professionnel et devant des élèves issus de milieux défavorisés et peu intéressés par l’histoire. Ce sont enfin ceux qui recourent le moins à l’autoformation pour enseigner l’éducation morale et civique (EMC).


Et sur les sujets sensibles :


Avez-vous déjà renoncé à enseigner des sujets parce qu’ils seraient trop sensibles ?
Pour certains : les sujets « sensibles » relèvent du mythe

« Cela peut arriver très épisodiquement de devoir couper court à certains débats, mais ce renoncement à l’étude de certains sujets est un mythe, récupéré et exploité par l’extrême droite. »

« Aucun problème à ce niveau, il ne faut pas écouter les élucubrations de politiciens et polémistes d’extrême droite. Pour mon cas, j’enseigne en REP et les élèves n’ont aucun problème à me faire confiance sur tous ces sujets. Ils sont touchés par les thématiques de l’esclavage et du génocide des Juifs et montrent de la sensibilité. Par contre, j’ai des élèves qui pleurent et trouvent insoutenables les récits de victimes de la Shoah ou de l’esclavage. »

« Il me semble que cela relève de la mythologie du métier. J’ai enseigné en REP plus de 15 ans. J’ai fait face aux propos parfois sexistes, racistes ou homophobes d’élèves (sans doute plus qu’ailleurs non pas parce que ces préjugés y seraient plus développés mais parce que les filtres à leur expression sont moindres). Il me semble que quand des élèves les expriment c’est qu’ils ouvrent la possibilité d’une discussion avec nous. A nous d’être intelligents et de savoir la mener – sans concession mais sans les braquer. »

Pour la grande majorité, aborder les sujets « sensibles » est un devoir absolu

« C’est le devoir du professeur d’histoire d’aborder chaque sujet, ainsi que le devoir de l’élève de se confronter à chaque sujet. »

« L’intérêt d’enseigner mes matières selon moi est justement d’aborder des sujets sensibles et d’y réfléchir collectivement, j’ai donc même tendance à m’attarder dessus. »

« Même si parfois je me sens en difficulté, il m’importe d’aborder tous les sujets en classe ne serait-ce pour développer le regard critique ou l’argumentation. Si j’en arrivais à renoncer à certains thèmes, je crois que c’est le moment où je démissionnerais. »

Une condition : faire preuve de pédagogie et d’ouverture d’esprit

« Tous les sujets peuvent être abordés. Pour ceux pris en exemple, selon le public, il faut avancer avec précaution et trouver l’approche pédagogique la plus pertinente (recherches, enquêtes, conférences…). Le choix des supports est important, les témoignages (filmés, audios, écrits, dessinés...) touchent pour enseigner la Shoah. Prendre le temps d’écouter les élèves, se préparer à entendre des paroles qui vont nous faire bondir peut-être mais toujours répondre, expliquer, s’appuyer sur la loi souvent, pour déconstruire ou dépasser l’émotion ou la réaction. »

« Un exemple: lorsque j’aborde le génocide des Arméniens, j’explique bien le rôle des musulmans qui ont aidé les victimes et avant de commencer le cours je parle du génocide des Rohingyas et des Ouigours. Il s’agit pour moi de montrer qu’un peuple, une croyance peut faire partie des victimes et des bourreaux. »

« L’utilisation d’exemples concrets permet les approches : à travers une biographie (Shoah), l’histoire de l’esclavage et de la colonisation se fait très bien à La Réunion. Lorsque les croyances sont respectées, l’enseignement de l’histoire des religions est très possible. Cela peut être parfois difficile, car on touche à l’intime des élèves. Une large part au dialogue, aux questions est laissée lors de l’approche de ces questions. »

« Dans mon lycée la question la plus sensible est l’enseignement du génocide des Arméniens, puisque nous avons une importante communauté turque sur place. Renoncer serait ridicule. En cas de remarques négationnistes, je leur demande d’expliquer, de me donner leurs sources et… je finis par leur expliquer l’histoire de leur pays d’origine, maîtrisant bien mieux le sujet qu’eux. Ils n’en sortent pas toujours convaincus, mais la situation a été mise sur la table, on a pu en parler et le message essentiel est passé. »

Quelques cas de renoncement

« J’ai renoncé à enseigner les mémoires de la guerre d’Algérie lors de mes deux premières années. Je suis dans un lycée avec une majorité d’élèves d’origine algérienne. A 25 ans face à des élèves de 20 ans (nombreux redoublements), je ne me sentais pas de le faire sereinement. Aujourd’hui, avec plus d’expérience, aucun souci. »

« La seule fois où j’ai renoncé, c’était pour montrer une caricature du prophète de l’islam suite à l’assassinat de Samuel Paty alors que je le faisais encore l’année précédente pour le cours d’EMC sur les libertés. J’ai des élèves très religieux et alors que j’osais habituellement, et que cela se passait bien, cet événement m’a profondément troublé. Le contexte a été déterminant. »

« J’évite certaines thématiques ou certains exemples développés comme la décolonisation de l’Algérie car la discussion avec les élèves ne seraient pas objectives (enfin issus du Maghreb par exemple avec qui il est difficile de mettre fin aux préjugés issus d’une tradition familiale). Donc je travaille sur l’Indochine. »

« En juin 2021, j’ai été confrontée au refus de mon chef d’établissement pour que je mène un projet sur les traces de la Shoah dans ma région d’exercice. Il craignait des réactions de la communauté musulmane du lycée, un débordement sur des questions de négationnisme. Et ce d’autant plus que deux élèves avaient prononcé des propos d’apologie du terrorisme après l’assassinat de Samuel Paty (l’une a été condamnée par la justice) et que de fréquentes atteintes à la laïcité sont signalées par les professeurs. Lors du CA, la représentante des parents d’élèves a elle aussi émis des craintes sur les conséquences d’un tel projet. Avec plusieurs collègues, nous observons une attitude de la direction qui veut absolument éviter de se confronter à des questions sensibles et préfère ne pas “faire de vagues”. On joue le politiquement correct en faisant croire que tout va bien. L’institution ne fait pas confiance à ses professeurs et craint d’affirmer les valeurs de la République, alors que nous observons une radicalisation des opinions chez les élèves. Ainsi, aborder des questions sensibles demande beaucoup d’énergie, de courage. Au vu de l’absence de reconnaissance dont bénéficient les professeurs (qu’elle soit salariale, ou tout simplement humaine), on peut être tenté de baisser les bras. »

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